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sujet; two faces of the same coin (anwelia#1)

HERO • we saved the world
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‹ dialogues : #999966.


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‹ âge : trente-trois ans (21/08/70).
‹ occupation : journaliste politique (ancien du Daily Prophet), correspondant pour ScryNews et présentateur de l'émission politique The Chatty Wizard.
‹ maison : Serdaigle.
‹ scolarité : 1981 et 1988.
‹ baguette : bois de pin, ventricule de dragon, vingt-huit centimètres et demi.
‹ gallions (ʛ) : 787
‹ réputation : fouille-merde notoire.
‹ particularité : legilimens.
‹ résidence : dans un studio situé à deux pas de Monkstanley — autrement dit, rien de bien glamour.
‹ patronus : un caméléon
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two faces of the same coin

Les scrolls défilent sous ses yeux explosés, et entre deux articles, il reçoit un énième quicky qu’il décide d’ignorer, trop éreinté pour tirer sur la corde fragile de sa concentration. Il a repoussé son assiette, son café (probablement celui de trop), les coudes posés sur le comptoir, obnubilé par l’écran de son POW, barré de deux rayures bien distinctes. Une paire de binocles sur le nez, il fronce les sourcils, gribouille un carnet d’une ribambelle de pattes de mouche à peine lisibles, repose son minuscule crayon, reprend sa lecture, et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’il isole des bribes d’informations suffisamment pertinentes pour sa prochaine chronique. Il n’était pas mécontent de crouler sous le travail, quoiqu’en disent les cercles noirâtres soulignant ses billes sombres, et même si aucun temps mort ne venait perturber le rythme effréné de ses journées, il y a quelque chose de terriblement rassurant dans le fait d’être constamment occupé. Alors certes, il a manqué le finale de Lancelot Central, abuse de la caféine et dort dans son bureau, mais il est de retour. Il avait récupéré sa place de journaliste fouille-merde et rien, rien n’était plus grisant qu’être à l’affût de l’information. Qui plus est, s’abrutir au travail n’était jamais que la meilleure façon d’esquiver sa désastreuse vie personnelle — et cette pensée vagabonde lui arrache un soupir contrarié, tandis qu’il retire ses lunettes et presse ses paumes contre son visage. Sa MirrorTV, figée sur la chaîne d’informations à laquelle il ne prête pas attention, diffuse des images silencieuses à l’autre bout de la pièce. S’il allait dormir maintenant, qu’il songe, un œil vitreux rivé sur le cadrant de sa montre, il se reposerait deux heures avant la sonnerie de son réveil. Aussi préfère-t-il avaler la maigre distance qui le sépare de son canapé pour s’y vautrer en bonne et due forme, malgré un ressort qui lui bousillerait le dos, et somnole devant un reportage sur les réformes attendues du nouveau gouvernement.
Le sommeil peinait à trouver sa place, dans son agenda surchargé. Quelques heures glanées ici et là, entre le bureau et son appartement, plus rarement dans un lit digne de ce nom, ou, de temps à autre, dans le Magicobus, quand il ne souhaitait pas tester les limites de sa concentration magique — à dire vrai, il s’était fait une belle frayeur en se désartibulant accidentellement en juin dernier. (« Rien de grave, » qu’il avait maugréé, en dépit de l’épais bandage couvrant sa main. Trois doigts rafistolés par un guérisseur urgentiste.) Ce matin-là cependant, une vieille femme (à qui il a dû céder son fauteuil) commentait l’actualité avec une absence de sagesse plutôt aberrante. « … de mon temps, elle lui disait — car oui, elle l’avait aussi élu réceptacle de ses doléances —, c’était plus simple. Les créatures magiques d’un coté, les sorciers de l’autre, et les moldus restaient de leur coté! Enfin, je n’ai rien contre les moldus, mon gendre en est un, mais Merlin, ils sont d’un compliqué! Et ils ne comprennent rien à rien.Mmh, il hoche la tête, l’estomac malmené par les embardées du bus. — C’est dangereux pour notre société, vous verrez jeune homme, bientôt les moldus arriveront avec leurs armes et la chasse aux sorcières recommencera, je vous le dis. Je connaissais Gondulphus, il n’aurait jamais fait de mal à un gnome, et voyez comment il a fini–C’est mon arrêt, » il marmonne, coupant court à la discussion. Il était au fait des incessants bouleversements agitant le monde magique, et s’il croyait, avec tout l’idéalisme imbécile dont il était capable, à une alliance entre moldus et sorciers, force était de constater que les plaies de la guerre étaient encore béantes, les esprits fermés et la peur de l’autre tenace.
Les locaux de ScryNews sont surpeuplés — en perpétuelle effervescence. Des notes de service fusaient de tous les cotés, des plumes à papote se bagarraient entre elles et un groupe de stagiaires avait trafiqué des skateboards pour se déplacer plus vite, au détriment du reste du commun des mortels se bornant à utiliser leurs deux jambes. Les bureaux du Chatty Wizard se situaient au quatrième étage, là où sa productrice l’accueillit d’un, « c’est pas trop tôt! » furieux. « Salle de rédaction, dix minutes! » L’euphorie des débuts — lorsque ScryNews avait accepté d’adapter sa chronique en format télévisé — s’est rapidement estompée avec le retour de la liberté de la presse, sans compter les affaires scabreuses auxquelles s’étaient retrouvés mêlés certains personnages du gouvernement intérimaire, le débat de la question moldue ou encore le succès des Merlinois aux élections. Dans la salle de rédaction, les va-et-viens lui tapent sur les nerfs. « On va finir par en parler, du MACUSA qui a envoyé des espions à Londres pendant la guerre ou pas ?Pas cette semaine, on attend encore que des infos soient sourcées et vérifiées.Et le gars de The Wizard’s Voice, on le reçoit ?Ouais mais ça, je gère.Ok, donc on reste sur la question des sang-purs ?Mmh, pas le choix, par contre faut changer l’angle, virer le coté humain pour le moment—Et tu veux quoi ? (Il mordillait la branche de ses lunettes.) — Les biens confisqués, la position Merlinoise… on ne veut pas que l’audience les plaigne, c’est pas l’idée, mais qu’ils se questionnent sur de possibles injustices. Ça lance le débat de la réinsertion pure, faut creuser. » L’esprit ailleurs, il balance des idées qui ne le convainquent qu’à moitié, obnubilé par l’histoire du MACUSA. Et il a déjà faim.

« Tu prends jamais le thé ailleurs ? » Un sandwich entamé à la main, il arbore un sourire presque extatique. Il n’avait pas eu l’occasion de la contacter au lendemain de la victoire des Merlinois, mais il connaissait ses habitudes, et c’était toujours avec une légère déception qu’il passait devant le salon de thé que fréquentait religieusement Cornelia Rosier sans les y trouver, elle et ses airs altiers. Il jubile, soudainement requinqué par la vision de la sorcière à la défense, et sans y être invité, s’installe promptement face à elle. « C’est drôle, je te pensais plus Maeviste que Merlinoise. » Dès le moment où il avait entendu dire que Cornelia s’était rangée du coté des modernistes, il s’était douté qu’elle courait derrière autre chose que le progrès — ou tout du moins, il refusait de croire qu’un semblant de conscience se soit éveillé en elle. Elle s’en était plutôt bien tirée cependant, et s’il ne comprenait pas l’aisance avec laquelle elle changeait constamment de bord, il devait reconnaître que Nellie avait toujours eu plusieurs coups d’avance sur le reste du monde — sur lui-même, d’ailleurs. « De toute façon, si ça peut te consoler, tu partais perdante dans un cas comme dans l’autre, les Merlinois n’auraient pas voulu être représentés par une Rosier, » qu’il dit, en bon commentateur de l’actualité politique. « Encore moins par toi. » (La pique est acerbe.) Il ose pourtant un demi-sourire plus sincère. « Qu’est-ce que tu comptes faire maintenant ? »
Ça fait plaisir de te revoir, il se retient d’ajouter — malgré tout.

• • •

So many things I tried to tell you, So many things I tried to say, But my words all fall like empires Into the ocean, Like an ancient language We both used to know, Only you and I used to know. It's no longer spoken.
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WIZARD • always the first casuality
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‹ inscription : 28/07/2017
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‹ âge : n'évoquons pas les sujets qui fâchent (... 30 ans)(depuis 6 ans)
‹ occupation : Sorcière à la Défense de haut vol, particulièrement reconnue dans la matière du droit des créatures magiques, impliquée dans plusieurs associations liées à celles-ci, et plus récemment conseillère pro-bono auprès du groupe de soutien des victimes de brainwashing. A n'en pas douter future directrice du département de la justice magique.
‹ maison : Serpentard, de toute évidence.
‹ scolarité : 1979 à 1986
‹ baguette : Bois de rose, puisqu'il faut un cliché. Une fleur de mandragore, puisqu'il faut une surprise. Définitivement plus grande que la tienne, puisqu'il faut une logique.
‹ gallions (ʛ) : 506
‹ réputation : Christ Rédempteur des Rosier, égérie des créatures magiques, tyran de la Cour.
‹ patronus : Méduse.
‹ épouvantard : Plus un murmure. Plus un mot. Plus un son ne la concerne. Elle a été et n'est plus. Invisible. Ignorée. Oubliée.
‹ risèd : Un bureau à la taille de ses ambitions : celui du Ministre de la Magie.
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Anwar
&
Cornelia
LIFE IS TOO SHORT FOR
BAD TEA

- Your Honour, this is ridiculous !

Les mots rebondissent contre les pierres fraiches des murs nus.
Le bureau est étriqué.
Un cube étroit dans lequel sont plantés quatre silhouettes et un bureau presque trop large.
Pas d’étagères, pas de livres, pas de bibelots.
Rien d’autres que les dialogues effrénés ne viennent décorer la pièce.
Et celle-ci en semble déjà surchargée.

- I don’t understand what miss Rosier is…
- Oh don’t try the lost ingénue’s smile with me, dear, I invented it on my first year as Defense Witch.
- Miss Rosier, your tone.

Le juge dans sa robe parme, presque ratatiné derrière la table massive, lève une main lasse dans la direction de Cornelia.
Celle-ci, très droite dans son tailleur bleu, pointe d’un doigt inquisiteur une jeune sorcière asiatique aux traits délicats qui hausse les épaules en direction du vieux sorcier, lui adressant un air angélique travaillé.
Au fond, à côté de la porte, une encore plus jeune fille rousse semble vouloir se fondre dans le mur, tentant d’éviter les coups que les grands gestes de la Rosier manquent régulièrement de lui assener au fil de la discussion. Les plis crispés autour de ses orbites indiquent assez précisément à quel point elle doit mal vivre la teneur des aigus que prend la session.
La blonde lève le menton, le bras toujours agressivement tendu vers son opposante, plaquant sa main libre sur le bois ciré.
Toute deux debout, les chaises qui leur étaient destinées avaient disparus depuis bien longtemps.

- Your Honour, can we speak as adults here ? We all see the point of showing the private records of my client finances and it’s not…
- We just want to demonstrate that Yaxley Industries is still a growing company and that Mister Yaxley can handle a complete suit even when his Defense wants to play short-cut.
- And it’s not that.

Son regard ressemble à des éclats d’iceberg.
Evidemment que c’est ça.
Elle fait claquer sa paume contre la table, le juge sursaute un peu, des sourcils épais de plus en plus froncés.

- It’s a properly basic if not mediocre strategy to make my client look suspicious cause he still runs his businesses even in this crisis time.

Mais c’est également ceci.

- Which is perfectly legal…
- Then we can show it.
- No. It’s irrelevant. The amount of the taxes the governments put on my client’s accounts this last year are public record. The names of all the companies involved in his partnership network are also known. It’s more than enough to picture the kind of money we are discussing. We are talking about rehabiliting a man to society’s eyes. A man who is actually still sponsoring a lot of the members of the wizard community’s jobs. If he goes down any longer with the unbelieavable social bashing and the financial draining it’s a whole piece of the magic economy that will…
- Save your plea for the jury, miss Rosier.
- You bet I will. Your Honour.

Son bras retombe lentement.
Le regard fatigué va de l’une à l’autre.
Un silence tendu éclot.
La tiédeur des corps un peu trop proches fait glisser des gouttes de sueur le long des nuques.
Une toux racle finalement une gorge et laisse gambader quelques miasmes parmi les mots.

- Fine. Request is denied, the latest invesments of Yaxley Industries will remain a private matter. But miss Rosier if I hear an other objection…

Elle se contente de croiser les bras, un sourire presque trop doux sur les lèvres.
Le marteau frappe sèchement.

- Dismissed.

Les talons claquent sur le sol.
Les parchemins se replient précipitamment.
Des cervicales craquent. Un col de chemisier est réajusté.

- See you in Court.

Cornelia est déjà à la porte qu’elle ouvre brusquement, sans un regard en arrière. L’air frais des couloirs du Ministère crépite d’électricité contre son chignon bien serré. Elle inspire à fond. Avant même qu’elle n’en ait vraiment conscience, torches et portes défilent déjà autour d’elle. Sans un mot, elle envoie son sac de cuir bordeau par-dessus son épaule, droit dans la face de la sorcière rousse à l’attitude paniquée qui tente de rester dans son sillage.
Cornelia pourrait se contenter de le laisser lentement léviter derrière elle. Mais où serait la pédagogie de ramener son employée à sa place ?
Ses pas sont pressés, les mètres s’accumulent à une vitesse alarmante.
Sa voix grésille quand son poing s’abat sur le bouton de l’ascenseur, elle tape impatiemment le bout métallique de ses escarpins contre le grillage clôt :

- See. That was a Defense Bitch. « Fantastic Beasts and where to find them » wouldn’t have enough pages to describe that kind of pain in the ass…
- Yeah she was awfu…
- Soon you will be her.

Comme Cornelia l’a été avant elles.
Elle au moins avait cependant la décence de coucher avec la Défense pour obtenir des accords avant procès. Quitte à surprendre ce bien naïf ennemi avec un changement de stratégie de dernière minute, certes. Mais une demande d’ajout de preuves aussi grossière ? Une attaque de front ? A son âge ? Cornelia n’a pas ce genre de tolérance à disposition.
Elle va l’écraser.
Un cliquetis et elle s’engouffre dans la cabine exigüe. Au milieu, un masque dur et impassible à la place du visage, elle a déjà sorti son POW et fait méthodiquement défiler les scrolls. La stagiaire, cachée derrière un tas impressionnant de dossiers et formulaire couronné par le fameux sac que ses bras portent malgré leurs tremblements, appuie péniblement sur lui bouton du deuxième étage et semble chercher à respirer le moins possible pour ne pas l’importuner.
Bien dressée.
La gravité se renverse, l’univers se secoue.
Les rouages grincent bien au-dessus d’elles.
Cornelia reste stoïque.
Sous ses yeux, le monde se déroule en caractère gras.
Les drames, les crises, les joies.
Aucun scandale ne concernant un de ses clients à l’horizon.
Rien d’autres que de la propagande journaleuse et de l’hypocrisie politique nauséabonde.
Ouverture. Sortie. Tempête.
Elle bouscule le petit groupe de sorciers massés, fusant déjà dans le nouveau couloir mis à disposition pour sa course. Les actualités dévorées, elle jette son POW à la sorcière essoufflée sans prendre la peine de vérifier la fin de sa trajectoire.
Qu’est-ce que ça pouvait bien changer s’il venait à tomber ? Un accessoire, ça se remplace.
Téléphone comme assistante.
Pierres. Tapisseries. Fenêtres.
Elle s’arrête d’un seul coup, pivote et s’avance dans les toilettes des dames.
L’endroit est lumineux. Des portes d’un vert décrépi masque les trônes des reines digestives. Un carrelage moucheté répercute un échos trouble de ses pas décidés.
La porte claque en se refermant violemment, heurtant l’épaule de la stagiaire au passage.
Cornelia ignore facilement le petit cri qu’elle laisse échapper et se dirige vers un évier à la porcelaine émaillée. Un sort éteint d’un seul coup toutes les émissions d’informations que les glaces diffusaient.

- I need a murder !

Elle appuie les coudes contre le rebord, la tête penchée sur la vasque.
Le dernier mot résonne dans l’humidité.
La jeune fille reste interdite, le teint pâle aux nuances vertes inquiétantes. Les yeux de Cornelia montent vers le ciel pour la quarante-troisième fois de la journée, ses molaires crissent d’agacement.

- A trial for murder. To change my mind.

Arrachant son élastique du bout des ongles, elle secoue sa chevelure devant le miroir, tergiversant silencieusement si elle devait virer l’assistante ou se contenter de la gifler jusqu’à ce que son expression perdue disparaisse de son visage flasque.

- Murder is easy. Who killed. Who was killed. Who did it. Who didn’t. Who probably did so we can confuse the jury with some made up biaised persona and make the client get away with it.

Soupir.
Quelques mèches blondes libérées de leur chignon s’attardent entre ses doigts avant de retomber lentement le long de sa mâchoire.
Ses manches sont remontées.
D’un coup de la baguette, la bouche grande ouverte pour tendre la peau sous ses yeux, elle fait disparaître les chutes de fard à paupière qui s’y sont répandues.  

- But it’s too much to ask now. Corruptions. Always corruptions. It’s the new trend. The poors always love to hunt the big fortunes. It makes them feel like they matter.

Elle tapote le rouge de ses lèvres, réajuste ses bracelets. Fait disparaître une trace de sébum sur son front.

- And when the rich ones are pure blood, who are they gonna call ?
- Us ?
- Bingo.

Consciencieusement, elle glisse dans baguette dans sa ceinture et fait courir de l’eau pour se laver les mains.

- People love to remind you they are your friends when they are in trouble. I’m supposed to make muggle-borns sympathetic for names they would puke even just trying to spell them.

Dans le miroir taché, son reflet lui adresse un sourire carnassier.

- At least they are paying well for it.
- So what we’re gonna do ?
- Win. Of course.

Le robinet est coupé, elle fait quelques pas et une main déterminée arrache le sac des bras de la stagiaire pataude dont le visage bouffi apparaît à peine par-dessus les parchemins.

- Financials. Corruptions.  It’s all complicated. People don’t want to understand. Prosecution points a guilty guy for them and they trust it. Our job is to simplify the process. Create an easier truth. There’s no need for a guilty one. They don’t understand cause nothing was done. It was just war. People trying to survive. To protect their family. People trying to make money in troubled times. People who were thinking about financing the resistance, oh yes, but, oh shit, never got the chance cause they would have kill their kids. Forgive and forget. We are all brothers and sisters.

Tranquillement, elle passe son sac à son épaule, observe sa silhouette presque complète dans le miroir à présent plus éloigné, tire sur les bords de son blazer.

- We make them believe that our clients are the actual victims of the system. That they were almost in a worse place than the prosecution or even themselves, the jury, at that time. They were just being good guys in the bad side.
- But they made profit from all of…
- No. They didn’t. Until other proof, which I just managed to keep well buried. You would have seen it if you could pay a constant attention for more than three seconds.
- Oh… But people will…
- People will see what we show them. We will keep the incomes far enough of the conversation and they will see heroes, trust me on that.
- Okay so now…
- We are gonna prep the witness. Some fifty-something woman, hard-worker, a cook I think, muggle-born of course, all ready to testify that Yaxley’s start-up loan saved her business. I think she alone will be enough to convince them he is a saint who deserves a rehabilitation.
- But I heard Yaxley Industries were cutting their loan’s program… and a lot of businesses went bankrupt in a couple of days cause of the brutal lack of financing…
- I think the woman still received the gallions cause she was spleeping with him…
- What ?!
- Yeah I know « sleeping » feels weird I don’t see bedrooms here. More like an office thing. Probably some role play. Some muggle-borns love the supremacy thingy you know…

La minuscule rousse semble s’étrangler. Cornelia vérifie pensivement l’état de ses cuticules.

- Anyway. That’s why we need to prep her. To avoid this matter. Plus we can argue that if we keep restraining Yaxley’s fonds, her restaurant will collapse just like all the other little businesses the unfair taxes already took down by exploiting the ressources of this generous compagny which was just trying to make a good economy for all of us out here…

Les points restent suspendus bien hauts.
Elles échangent un regard en silence.
Si les Sang-purs sont massivement taxés depuis le renversement du Magister, il faut compter sur un sérieux manque de perspicacité pour croire que ce n’est pas des montages financiers étrangers et des protections de comptes qui ont poussé ces entreprises à retirer leurs investissements des petits commerces.
Cependant, la Rosier a appris au fil des années que le cerveau émotionnel d’un jury est toujours beaucoup moins intelligent qu’on ne le croyait. En évoquant un peu les questions de guerre et de famille, la procédure viendra inévitablement titiller ces neurones primitifs de l’assistance. Et elle compte bien sur ses adversaires pour croire qu’ils n’ont pas besoin d’exprimer des évidences et laisser ainsi des zones troubles qu’elle se contentera de remplir à sa guise.
C’est un art subtil mais elle a acquis une certaine expérience sur la question.
Après tout, elle, une Rosier, arrive encore à se faire inviter à des soirées de l’Elite, ce qui relève d’un challenge diplomatique autrement plus délicat.

- Now. You go back to the office. I want the testimony reviewed by tonight. Check my appointments between the trials tomorrow and don’t forget the report the Aurors’ Office asked for.
- And you…
- Got a very important meeting. A situation that might change the firm’s future and I’m already late for it.
- But the press is trying to…

Tout était déjà flou.
Tout était déjà mou.
Les toilettes.
Le Ministère.
La stagiaire.
Elle.
Broyée. Emiettée. Dispersée.
Réduite à un point.
A des milliards de points. Perdus dans d’autres milliards de point.
Lumières. Sons. Vibrations.
Elle n’est plus rien d’autre que les couleurs dans laquelle elle se noie.
Le bruit étouffé que l’air fait en l’avalant.
Dissoute. Coagulée. Palpable.
Matière. Sens. Existence.
Tout se reforme. Tout lui revient.
Ailleurs.

- Une meringue-citron et un Bergamote-Pur Feu.

Une odeur d’épices et de sucre roux.
Une salle violette mal éclairée.
Une banquette qui craque sous elle.
Transplanée à la table numéro trois.
Sa table.
Elle n’a pas menti.
Si elle ne prend pas sa pause, elle est capable renvoyer la moitié de Rosier & Associates avant la fin de l’après-midi. Autant dire que le futur de la firme dépend étroitement de la saveur de sa boisson.
Ce qui ressemble à un gobelin et une sorcière la regardent avec réprobation, figé dans des positions qui indiquent visiblement qu’ils s’apprêtaient à s’installer avant qu’elle n’apparaisse. Tranquillement, elle croise les mains au-dessus du menu qu’elle n’a pas ouvert. Ses avants bras claquent contre la nappe, leur laissant à comprendre qu’elle restera indéboulonnable. L’elfe serveur, à peine surpris par son apparition, s’abaisse bien bas et trottine vers le comptoir, délaissant le couple scandalisé.
Du coin de l’œil, elle les regarde s’éloigner en bougonnant.
Pauvres fous.
Personne ne se met entre Cornelia et son tea time.

- Tu ne prends jamais ton thé ailleurs ?

Personne.
Elle a reconnu la voix.
Le timbre.
L’attitude.
Elle ne le regarde pas.
Pas encore.
Comme si elle ne se sait pas vraiment s’il mérite cet honneur.
Une tasse flotte jusqu’à ses mains, une théière lui court après, crachant ses jets bouillants à grand renfort de sifflement.
Elle verse deux cuillérées de sucre, fait tourner trois fois le liquide, avant d’enchaîner, les syllabes monocordes.

- Je me contente du meilleur.

Son regard daigne avant croiser le sien.
Bleu dans noir. Noir dans bleu.
Retrace les traits de son visage brun que des miettes décorent. Les poils mal rasés, la pomme d’adam sous la peau tendue. Le torse qu’un bouton ouvert laisse entrevoir. Ses mains longues où elle regrette presque de ne pas distinguer de tache d’encre. Son sandwich humide qui lui donne une nausée floue. Sa dégaine effrontée.
Il a un peu changé.
Beau mais pire.

- D’ordinaire les prix suffisent à garder les gens comme…

Elle agite vaguement sa main vers le visage d’Anwar.

- …toi, de l’autre côté de la porte.

Elle souffle tranquillement sur la brume colorée que sa tasse émet.
Evidemment, il s’installe.
Ils savent tous les deux pertinemment que Cornelia ne le lui aurait jamais permis de le faire s’il le lui avait demandé. Ils savent aussi tous les deux qu’il ne verra jamais la nécessité de lui demander quoique ce soit. Et quelque part, au fond d’un sentiment de soulagement qu’elle n’explique pas vraiment, et n’admet encore moins, la sorcière est contente de le voir faire.

- C’est drôle, je te pensais plus Maeviste que Merlinoise.

Le contentement se désintègre derrière une mine qui transpire le sarcasme.
Nous y voilà.
Elle se concentre sur la chaleur qui pulse contre ses phalanges.

- Et je te pensais au fond de la morgue de Sainte Mangouste à l’heure qu’il est. Comme quoi, chacun ses déceptions.

Petit doigt bien tendu, elle lève sa tasse vers lui comme pour lui rendre hommage et avale une gorgée brûlante.

- De toute façon, si ça peut te consoler, tu partais perdante dans un cas comme dans l’autre, les Merlinois n’auraient pas voulu être représentés par une Rosier.

Sa langue se recroqueville au fond de sa bouche.
Une serviette ornée d’une dentelle très inutile vient récupérer une goutte brune au bord de sa lèvre.

- Encore moins par toi.

Elle décoche un sourire inquiétant.
C’est toujours un plaisir de voir, ou plutôt d’entendre, la voix du journaliste à l’œuvre.
Ce qu’il a toujours été capable de dire en ne disant rien.
L’équilibre des vibratos entre malice et acidité est parfaitement mesuré, proportionnel à l’envie progressive de la Rosier de lui balancer un maléfice dans l’œil.

- Je suis pourtant connue et reconnue pour mon progressisme. Regarde avec qui je partage mon oxygène.

Elle fait un petit signe sec de l’index et du majeur dans sa direction, signifiant qu’elle l’épargnât de la remercier.

- Qu’est-ce que tu comptes faire maintenant ?
- Attendre.

Pause dramatique.

- C’est ce que j’ai fait. C’était stratégique.

Ca ne l’était pas.
Ca a été une question de temps. Des délais serrés, des dossiers qui se sont chevauchés. Quand elle a fait la demande électorale, la machine était déjà en route.
Un nouveau train parti sans elle.
Un des vases de la collection d’art Rosier et le mur du salon de son appartement avaient gardés les séquelles de la soirée où elle a réceptionné le refus.

- Evidemment ça te dépasse mais il faut parfois réfléchir avant d’agir. Les Merlinois auraient été plus que chanceux d’être représentés par moi dès à présent. Mais ils le seront encore plus quand ils auront installé leur programme, qu’une bonne partie de leurs mesures…

Echoueront.
Mèneront la société à la dette publique et au mécontentement des classes aisées qui sont les seules en mesure d’assurer le développement magiquo-technologique.
Seront renégociées dans la douleur.

- … se retrouveront confrontées à la réalité du terrain et qu’ils devront éventuellement…

Une éventualité plus que certaine.

- …se tourner vers une aile plus… traditionnaliste du parti pour apaiser la situation.

L’effervescence d’un renouveau victorieux noie toujours les soucis.
Mais Cornelia n’est pas dupe.
L’écran de fumée des grands méchants purs finira par s’estomper. Jamais complètement, évidemment, mais suffisamment pour révéler les failles dans les grandes promesses des Merlinois. Il suffit de voir les réhabilitations progressives, les procès qui débouchent sur des peines de moins en moins lourdes, les arrangements à l’amiable de plus en plus rapides… Dans les boyaux de la justice, elle constate déjà la mue. Les nuances qui moirent lentement mais surement la radicalité.
La société blâme les purs pour les problèmes du passé. Les problèmes du futur, eux, trouveront le gouvernement comme cible évidente.
Les problèmes.
C’est là à peu près la seule valeur refuge sur laquelle elle n’a jamais parié.
Cornelia attend. Patiemment.

- Je serai alors ravie et honorée de servir mon pays.

Cheers to that.
Avec un atterrissage gracieux, une petite part de tarte dans une assiette décorée de fleur se pose juste entre-eux.

- Typiquement, je n’ai bien sûr pas besoin de te rappeler que j’ai été l’une des premières à me battre pour empêcher la terrible, la scandaleuse !, séparation d’une pauvre enfant innocente de sa famille…

Charlotte.
Sa nièce.
Une gorgée de thé contre son palais évacue les conflits d’intérêt, manœuvres fort peu licites et autres tentatives de s’approprier la garde de l’enfant malgré l’incontournable Anna que la question soulève.

- Le Parti comprend très bien le modeste atout que je suis. Dans un objectif à long-terme.

Elle hoche la tête sans une once de modestie.

- Tout le monde aura son rôle à jouer.

Et les Purs avant les autres.
Un coup sec brise la carapace blanche du dessert, les dents de la fourchette se plantent déjà dans sa chaire mousseuse.

- Peu importe ce qu’en disent les … nouveaux médias.

Le timbre employé est le même que celui qu’elle adopte quand elle prononce son nom. Un mélange hautain de moquerie et de polie répugnance.

- J’ai cru comprendre que tu pollues aussi les miroirs, maintenant ?

Il s’abaisse à ça.
C’est sa façon de le féliciter, en quelque sorte.
Tranquillement, elle mène sa fourchette débordant de meringue à ses lèvres, ne lui en proposant pas une miette.
Cornelia ajoute d’un ton joyeux avant de poser la bouchée sucrée sur sa langue :

- Tu as une mine affreuse.
CODAGE PAR AMIANTE
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