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sujet; nasty #5 + blood, sweat, heart and tears

WIZARD • always the first casuality
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‹ disponibilité : dispo !
‹ inscription : 29/01/2017
‹ messages : 600
‹ crédits : cez.
‹ dialogues : sienna.


‹ liens utiles : draco malfoy w/ lucky blue smith ; ginevra weasley w/ madelaine petsch ; calixe Davis w/ audreyana michelle; ardal ollivander w/ matthew daddario ; indiana alderton w/ nicola peltz ; heath ravka w/ im jaebum ; even li w/ jeon jungkook.
‹ âge : 18 yo (19.12.85).
‹ occupation : ancien élève de Mahoutokoro, 1er cycle achevé au RU par correspondance (vitmagic). désormais étudiant à la WADA cursus Arts visuels. jobbe en tant qu'animateur au CEPAS en semaine et au dirico express le samedi (club d'art pour une ribambelle de gosses qu'il adore).
‹ scolarité : 1992 à aujourd'hui.
‹ baguette : cerisier, 27cm, écailles de kappa.
‹ gallions (ʛ) : 799
‹ réputation : party boy, slut assumée, toujours partant pour des hook up sans signification et probablement un brin obsédé par le sexe, sans limite, dork en compagnie de ses potes, skater taré, doué avec les gosses, artiste prometteur.
‹ faits :
personnalité:
 



steven jiélùn li, dit evenpyrokinésiste • il porte le nom de sa mère, sorcière pangcah (taïwanaise), plutôt que le "Matsuoka" hérité de son père (japonais) • il a 4 soeurs • tyrannisé à l'école, il a fait une tentative de suicide à 13 ans et est encore aujourd'hui terrifié par le vide. • il a un soft spot pour les gosses mal aimés de son club d'art. • sa famille paternelle est propriétaire de Shape the Future (grand groupe spécialisé en technomagie), où sa mère travaille en tant que directrice marketing de la branche brit. son père a délaissé l'entreprise familiale au profit de sa passion pour l'art et est désormais directeur de la Wada. sa soeur aînée est créatrice de mode, la cadette ingémage chez des concurrents, tandis que les deux dernières sont encore aux études.

vu par le monde:
 


il a toujours un appareil photo, des multiplettes ou un pinceau au bout des doigts • big softie sous ses allures punk • aime être sous les feux des projecteurs lorsqu'il est dans son élément mais devient socially awkward et mal à l'aise avec les gens aussitôt qu'il doute de lui-même. • praise kink • il préfère cependant se tenir derrière la caméra plutôt qu'être mis en avant. • dents de lapin, sourire de bunny. • veut devenir photographe pro. • poste des cover de chant et de danse sur son msn pour satisfaire ses autres passions. • trop d'alcool, trop de sexe, trop d'orviétan, trop de boissons énergisantes. il ne peut pas s'empêcher d'abuser, bien qu'il ait vu sa sœur Lily frôler la mort à cause d'une overdose. • ses potes et lui sont adeptes de bodypainting et font office de toiles humaines les uns pour les autres. • a l'air mort quand il dort. • infoutu de cuisiner, vit de bouffe à emporter et de gras de fast food. • passe un quart de son temps au skatepark, un autre à l'Espresso Patronum, et sèche beaucoup trop les cours pour son bien. • il a un caméléon (kowalski) et mickey et lui ont adopté d'autres animaux, dont un hérisson et un chien.
‹ résidence : vit au Sawl Yard, dans un appart pour deux avec son bff Rhee Min Ki (aka Mickey), rentre chez ses vieux un week-end sur deux environ.
‹ patronus : un kappa, encore une fois. Son animal totem, décidément : très protecteur de son territoire.
‹ épouvantard : ses proches privés de mémoire. Depuis qu'on leur a rendu un Shin tout sauf lui-même, Even s'aperçoit qu'être totalement oublié par quelqu'un qu'on aime est presque aussi terrible que le perdre à jamais... ou peut-être pire.
‹ risèd : quelque chose ayant trait à son paternel, probablement, mais Even préférerait crever plutôt que l'avouer.
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Nasty + blood, sweat, heart and tearsWhy did you leave me here to burn ? I'm way too young to be this hurt. I feel doomed in hotel rooms staring straight up at the wall, counting wounds, and I am trying to numb them all... (Et si tu veux l'meilleur pour moi je n'comprends pas pourquoi tu pars)


   
   
   

(previously ; #1, #2, #3, #4)

5juin 04. Se fier aux potes pour se remonter le moral est une foutue mauvaise idée.

La meilleure solution, c'est d'en revenir à ta dynamique d'avant. C'est la solution miracle que lui sort Yohan hyung, l'air pensif et concentré. Après la Débâcle Chang, Even s'est promis d'accorder plus de foi aux conseils de son hyung, prenant la bonne résolution d'écouter les dix prochains dont son éclairée personne le gratifierait, alors que fait-il ? Il se fié à sa parole comme s'il était un messager de Merlin, évidemment. ça semble être une évidence après tout : gommer les dernières semaines comme si elles n'avaient jamais eu lieu et reprendre le cours de son existence où il l'a laissé, pourquoi pas ? Fort de cette réflexion, Even se rend avec quelques potes douteux à la fête suivante dont ils ont vent ; parmi eux, Yohan, son nouveau conseiller en relations. Et lorsqu'ils se retrouvent à scanner la foule du regard, les défis commencent à tomber. File droit vers le type derrière la brune qui est à côté du mec là-bas et roule-lui un patin ; eyefuck la rouquine qui danse avec l'hôte jusqu'à ce qu'elle le lâche pour te rejoindre (pour un bon plan ou pour une baffe, suspens), et ainsi de suite. Le deuxième est pour sa poire et il s'exécute sans tenter de se défiler, regarde avec un brin d'angoisse la parfaite inconnue susurrer quelque chose à l'oreille de son compagnon (un étranger, ou du moins il l'espère ; au pire elle le dirait, non, si elle était prise ?) puis se faufiler vers lui à travers les corps éméchés ondulant sur la piste.

La suite est cool, sans plus, sans moins. Il n'arrive pas à s'enlever Nao de la tête, malgré tous ses efforts. Mais après coup, il jouit du sentiment d'avoir accompli quelque chose, un pas vers la guérison ou l'oubli. Du moins, jusqu'à ce que claque la porte de l'appartement de la jeune femme.

Il se fige, mais elle semble peu préoccupée lorsqu'elle s'étire lascivement et commente d'un ton trainant : Oupsy, that's probably my man, en riant contre le dos de sa main. L'espace d'un moment Even reste figé sur place, neurones en berne, et la seconde d'après- You must be kidding me ?? -l'information provoque une poussée d'adrénaline qui le fait jaillir du lit en direction de ses affaires. What the fuck ? Il ne sait même pas où sont ses fringues : elle a commencé à les lui ôter dès qu'ils ont franchi l'entrée et dans la piaule il ne trouve que son calbar, qu'il a le temps d'enfiler à l'arrache avant que ne retentisse une exclamation rageuse. He must have found your tee or something, elle suppose en se tapotant le menton du bout d'un index manucuré qu'il a envie de lui enfoncer dans l’œil. Mais avant qu'il ne crache une réplique furieuse elle lui désigne quelque chose, et il avise la fenêtre ouverte. Ni une ni deux Even s'y précipite, tentant de se faire une image mentale d'où ils peuvent se situer par rapport au sol. Il pleurerait presque de soulagement lorsqu'un brave coup d'oeil en bas lui apprend qu'ils ne sont qu'au premier (il avait l'esprit un peu trop occupé à l'arrivée pour en prendre conscience). Jump, jump ! elle chantonne, rit quand il lui sert un doigt d'honneur avant d'effectivement sauter, pieds nus et pas franchement vêtu. A peine s'est-il redressé que le boyfriend passe la tête par ladite fenêtre en vociférant des injures, puis disparaît sans doute aucun pour venir à sa poursuite — mais par la porte d'entrée.

Even ! interpelle la fauteuse de trouble avant qu'il n'ait réellement eu le temps de mettre de la distance entre l'appart maudit et lui. Elle lui adresse un signe de main, drapée dans une robe de nuit cotonneuse dont la chaleur évidente tranche drastiquement avec le froid qui mord la chair du taïwanais. You should have told me you have a boyfriend ! Elle glousse : Sooorry... For real ? Mais il n'a pas l'occasion de lui demander de lui envoyer ses fringues ou mieux, ses chaussures : la porte du bâtiment s'ouvre si brutalement qu'elle heurte le mur adjacent. Get back here you prick ! Uh, I'll pass, Even décline et détale dans la direction opposée, le sol désagréablement trempé sous ses pas et la bruine typique de Londres lui hérissant l'épiderme. Le dude est massif, mais lui est rapide, et le semer s'avère plus aisé qu'il n'osait l'espérer. Toujours est-il qu'il a l'impression de cracher ses poumons à chaque expiration sifflante et qu'il est glacé jusqu'à l'os lorsqu'il arrive devant la porte de son appart. Panique à l'arrivée : ses clés ? Son pow ?? Et puis soulagement : il a confié le tout, et son portemonnaie, à Mickey avant de quitter la fête bien (ou pas) accompagné.

Even tambourine contre le battant clos, sous lequel perce un jet de lumière, signe que le salon est occupé. Stop banging on the- ! L'exclamation exaspérée de Mickey meurt dans un couac choqué lorsqu'il voit l'état d'Even. Baby what happened ? D'abord l'inquiétude, le temps d'un rapide check up qui fait Even protester avec outrage : Don't manhandle me ! Et ensuite, la désapprobation : What did you do this time, you moron. Why would it be my fault ? Ask hyung ! Wait, isn't that mine ? Mickey est confortablement installé dans son onesie Ogden et les Niffleurs. What's yours is mine and what's mine is yours, my precious best friend. So ? Something went wrong ? Captain obvious, renifle Even en roulant des yeux. Puis il lâche, grumpy : She had a boyfriend. Mickey ouvre la bouche grand comme s'il voulait lui arracher la tête avec ses dents et, encore sous l'effet de la course-poursuite, Even se met en garde prêt à répliquer en cas d'attaque ou de morale à deux balle- Mais alors ce faux frère éclate d'un rire tonitruant qui lui met les larmes aux yeux et le plie en deux. My gratitude for your indisputably magnificent support is almost infinite. You disloyal ass. Avec tout ce qu'il ne lui reste pas de dignité, il force son passage à l'intérieur pour entrer dans le salon d'un pas rageur.

Et juste là, debout au milieu de leur salon, se tient précisément LE Chang Nao aka Enfoiré Notoire qu'il avait (efficacement !) tenté d'oublier. Even pile net, s'accorde un petit moment de silence pour prendre pleinement conscience de son état, mais il refuse d'avoir honte de quoi que ce soit (même si quelque chose en lui hurle wrong, wrong, wrong !!! à l'idée que Nao l'imagine avec quelqu'un d'autre) alors que le chinois s'est baladé dans sa rue pour le narguer après une orgie. Il espère juste que ses cheveux font naturellement cet effet "just had sex" que Chang kiffait et contracte un peu ses muscles pour faire ressortir subtilement ses abdo parce que. Sa mâchoire se crispe brièvement, tic agacé, et ses lèvres s'ourlent en un rictus dubitatif slash ennuyé de le trouver là. I would've thought you might have grown some balls and come to talk things out, if I took you for a man, il "salue" d'un ton ennuyé, avant de tourner les talons en direction de la cuisine pour se prendre un truc à bouffer (IL. SE LES. PELE. et attend juste le laps de temps réglementaire pour se casser sans avoir l'air de fuir). Mickey encore crevé de rire (à force de s'imaginer la scène de fuite, obv) pousse finalement une exclamation en déboulant brusquement (pour le prévenir ??? peut-être ???) dans le salon : WAIT EVEN, NAO IS- (un pEU ?? TARD ???? BRO ?????) Il s'arrête sur le seuil. Son regard va de l'un à l'autre, s'illumine en imaginant visiblement que l'ambiance est relax (sous prétexte qu'une chocogrenouille gigote en suspension entre les lèvres d'un Even dont les mains sont pleines d'autres snacks ?) et son boxy smile vient aussitôt lui ronger la face. Oh my Merlin did you guys actually talk and, like, clear the air ?? Even est tellement prêt à rétorquer un puissant et tonitruant nON !!!!! qu'il en ouvre la bouche sans réfléchir, sa chocogrenouille décapitée profitant de l'opportunité inespérée pour bondir sur le comptoir et essayer de lui échapper. BITCH, YOU WISH ! Il adresserait probablement ces mots à Chang ou Mickey ou les deux s'il n'était occupé à les gueuler à sa chocofugitive — sur laquelle il referme un poing victorieux avec la vivacité d'un aigle fondant sur sa proie.

• • •

I CAN'T FALL IN LOVE WITHOUT YOU
we're not nothing • don't feed me scraps from your bed, I won't be the stray coming back just to be fed. just pretend that you want me and be my babe.

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WIZARD • always the first casuality
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‹ crédits : heresy (avatar), the weeknd (paroles), tumblr (gif sign).
‹ dialogues : rosybrown.


‹ âge : vingt ans (02.09.83)
‹ occupation : attrapeur des falmouth falcons et étudiant au Centre London-I ; enchaîne également plein de petits jobs à côté pour payer ses études.
‹ maison : poufsouffle (de septembre 95 à juin 02).
‹ scolarité : septembre 02 à aujourd'hui (au Centre London-I en 2ème année).
‹ baguette : mesure trente centimètres, en bois de vigne, elle contient un crin de licorne.
‹ gallions (ʛ) : 1430
‹ réputation : true athlete, terre-à-terre capable de converser avec tout le monde, il reste humble et bienveillant en toutes circonstances ; mais il dégage aussi une image de snob, du gars inaccessible et froid, ça dépend surtout du point de vue.
‹ particularité : un maître de l'air.
‹ résidence : dans un appartement avec mes deux meilleurs amis, dans le quartier du Whitehorn.
‹ patronus : une hirondelle
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Why did you leave me here to burn ? I'm way too young to be this hurt. I feel doomed in hotel rooms staring straight up at the wall, counting wounds, and I am trying to numb them all


5 JUIN 2004. « I think it’s clean enough. » Non ?? C’est sale ?? Ils sont tous aveugles dans cette baraque ou bien ??? L’apparition soudaine de Yohan le fait lever la tête de la table basse qui n’arrête pas de le harceler littéralement pour qu’il la nettoie – c’est presque maladif, ça l’a tenu éveillé toute la nuit dans sa chambre parce qu’il savait que ses colocataires avaient laissé des tâches sur la table. Il a tenu jusqu’à 8h à tourner en rond dans sa chambre avant de déclarer la guerre et de venir nettoyer. Yohan mâchouille des chips dont il fait tomber des miettes sur le sol. Dammit Park. « I'm trying to remove, huh, this spot, like maybe caramelCaramel, huh ? » Sourcils haussés, Yohan le fixe en gobant cette fois-ci une poignée de chips et Nao ne peut absolument pas détourner les yeux des miettes qui continuent de chuter sur le sol. Qu’il a nettoyé il y a une heure. Why. Why. Ses doigts se crispent sur le torchon imbibé de produit qu’il essuie avec un peu plus de rage sur les quelques tâches qui restent. « Spots can be stubborn sometimes. They can be treated with scouring powder but they won’t go away easily. » Oui, il le sait parfaitement, c’est pour cette raison que son temps libre est entrecoupé par des séances de nettoyage. Il va bien. Really. C’est juste qu’il a tendance à mieux voir tous les défauts de leur appartement et que ça lui tape instantanément sur le système – ça n’veut rien dire. Il n’a vraiment aucun souci à se faire, à l’école tout va bien, le quidditch c'est yolo il kiffe ça, à la maison pas trop mais il s’anesthésie le cerveau pour ne pas y songer et Even – c’est du passé maintenant. Et il est vraiment bien. C’est juste que ça l’agace que son meilleur ami vienne interrompre son moment privilégié avec les tâches tenaces.

« And sometimes… It helps when you’re gentler. Maybe you should stop sending mixed signals. » Cette fois-ci, agacé, Nao laisse tomber le torchon sur la table et envoie à Yohan un regard ennuyé, lèvres pincées et la patience atteignant ses limites. « What ? » Fait-il sèchement. En ce moment, les changements d’humeur sont tellement fréquents que même lui n’arrive pas à suivre – mais irritable, il l’est souvent. Il peut être submergé par un trop plein d’émotions, instable émotionnellement ce qui provoque des crises de colère incontrôlées et dans des situations inattendues. Mais en dehors de ça, il est bien. Il a des tâches à récurer. « Spots can get confused. » Yohan termine le paquet de chips entièrement et lâche même le paquet vide sur la table basse – Nao se retient tellement fort de lui crier dessus qu’ils ont une poubelle, bordel. « There are many paths to the same place. Trust me. » Nao prend une longue inspiration, s’intime au calme et sort son pocketowl de sa poche quand il le sent vibrer. « Just so you know you sound like a fortune cookie. » Yohan grommelle quelque chose en piochant dans le placard magique qui contient la nourriture sous un sort de conservation mais Nao est trop occupé à regarder le nouveau quicky qu’il a reçu de Mickey pour se soucier de Yohan.

Mickey vient juste de lui écrire qu’Even est absent et qu’il peut venir chercher ses affaires. C’est cool. C’est ce qu’il voulait anyway, c’est pour ça qu’il avait contacté Mickey ce matin. Mais il ne sait pas pourquoi il se sent mal tout d’un coup, ni pourquoi il oublie son obsession pour les tâches, ni pourquoi il se lève comme un automate pour aller se préparer… sans y parvenir. C’est Even, c’est tout. Il est absent et Nao peut récupérer ses affaires. Et tirer un trait pour de bon. Il avait déjà menti à leurs amis en prétendant qu’ils en avaient discuté et que tout est en ordre – que tout est fini. Il ne s’était juste pas rendu compte que la réalisation soudaine que son mensonge est finalement devenu réel lui ferait se sentir aussi mal.

Ça lui prend plus de temps que prévu pour se rendre chez Mickey (et Even), déjà parce que Yohan lui tient la jambe en lui rappelant l’aprèm’ films moldus que Nina a prévu et surtout pour rassembler le courage de sortir de chez lui ; il s’y rend sans son accoutrement habituel et impeccable. Juste en survêt et le visage pas brouillé par du maquillage, ses cernes et toutes ses imperfections visibles. Ses cheveux de nouveau blonds lui tombent dans les yeux, ils sont un peu gras aussi mais il n’a pas vraiment une sale gueule – pas comme s’il s’en souciait aujourd’hui. Son sac de sport vide sur l’épaule, Mickey l’installe dans le salon, fait la conversation, passe dans la chambre d’Even et revient pour déposer les affaires que Nao avait laissées chez eux. Quelques vêtements, un balai, son ancienne coque de pocketowl (Even lui en avait offert une nouvelle parce que son ancienne était trop cabossée), une paire de bottines, des bouquins et quelques accessoires. Il rassemble le tout dans son sac avec une pointe de nostalgie mais s’en défait rapidement quand il tire la fermeture, fermant complètement la porte sur leur histoire. Il n’est pas triste juste – il ne sait pas trop ce qu’il est. Pas malheureux, pas non plus heureux mais il sourit sincèrement à Mickey quand il termine la boisson que ce dernier lui avait offerte et se lève. « Oh, we’re gonna watch some movies today. You down ? » Mickey a l’air quand même fatigué après la nuit qu’il a passée, emmitouflé dans un onesie (qu’il soupçonne appartenir à Even, l’ayant croisé dans le placard de ce dernier) et probablement voulant juste faire l’ermite pour quelques heures. Mais comme son groupe se prépare à faire l’ermite pendant tout l’après-midi et en soirée aussi, ça ne cassera pas la dynamique d’inviter Mickey – sans Even. « You can choose what we watch. Just so you know Nina has a thing for weird-ass muggle crap. » Et cette fille a des goûts particulièrement étranges pour ses films ; y’a pas longtemps, elle l’avait obligé à regarder des films étrangers sans sous-titres. Why ? « Yeah I’m down with tha- » Le bruit assourdissant provenant de l’entrée les fait sursauter tous les deux et Mickey oublie même ce qu’il avait à dire, se précipite pour ouvrir la porte. Une boule d’angoisse traverse Nao quand il se rend compte de qui va entrer dans l’appart’ et ses doigts se crispent sur l’anse de son sac. Il se prépare littéralement à prendre la fuite.

Et l’inévitable se produit quand Even rentre dans le salon, pratiquement nu et l’air plus en rogne de le voir que de la situation en elle-même. C’est risible. La dernière fois qu’ils s’étaient vus, c’était après l’orgie et la dernière fois qu’il avait entendu sa voix, c’était lors de l’appel d’Even quand il baisait quelqu’un d’autre. Et s’il en juge par l’allure légère du taïwanais, il vient juste de quitter le lit de quelqu’un d'autre. « I would've thought you might have grown some balls and come to talk things out, if I took you for a man. » La boule d’angoisse disparaît soudainement, c’est une colère froide qui l’assaille, alors qu’il le jauge du regard, qu’il le détaille, qu’il compte les marques sur son corps, qu’il se les grave sur les rétines comme un masochiste sans pourtant montrer à quel point ça le touche. Son regard devient le plus glacial au possible et il range ses mains dans les poches de son sweatpants. (il se trouve tellement hypocrite de vouloir crier sur Even, crier tellement fort qu’il n’aime pas ça, qu’il n’aime pas le savoir avec d’autres gens, que cette réalisation le dévaste plus qu’il ne l’aurait voulu mais il a pas le droit, il a pas le droit de le lui dire, de réclamer quelque chose alors qu’il lui a fait la même chose – la douleur est juste inattendue et il n'sait pas quoi faire de son cœur). Mickey débarque en fanfare dans le salon, probablement après avoir percuté qu'il avait fait une bourde quelque part. « WAIT EVEN, NAO IS- » Well, trop tard, l’inévitable clash s’est produit. Mais va savoir pourquoi, Mickey n’a pas l’air de paniquer alors qu’ils se regardent en chiens de faïence. Weird. « Oh my Merlin did you guys actually talk and, like, clear the air ?? » Ou pas vraiment. Mickey croit sans doute au mensonge que Nao avait sorti au groupe il y a quelques jours. Sa tentative de fuite est également un échec, surtout quand la bataille de la chocogrenouille et Even attire son attention. Sans déconner, pourquoi il est venu. Pas comme s’il avait absolument besoin de ses affaires en plus (surtout qu’il n’a toujours pas rendu les siennes à Even). « BITCH, YOU WISH ! » Il tente en loucedé de passer devant Mickey pour partir mais ce dernier pose instantanément ses mains sur son ventre et lâche un « oh-oh » avant de crier : « OUTTA MY WAY, GOTTA SHIT !! » Il bouscule Nao au passage et se précipite dans les toilettes. Très glam, Mickey. Surtout qu’il laisse Even Li et Nao Chang seuls et que le premier est sur le point de lui arracher les yeux tandis que Nao tente de l’éradiquer avec son regard – aucun des deux n’obtient des résultats très concluants. Even lui tourne le dos pour ouvrir un autre paquet de bonbon sur le comptoir et Nao ne peut s’empêcher de fixer son dos, le regard glissant de plus en plus bas, une nouvelle boule se formant dans la gorge. C’est quelque chose qu’il n’aura plus, désormais. « Quit looking at my ass, it's way out of your reach. » Un peu pris en flag, s’il n’avait pas les mèches recouvrant ses oreilles, Even aurait sans doute vu le rougissement qui les a colorées. « Listen, commence Nao en s’approchant finalement de lui, physiquement près, émotionnellement loin, they won’t stop bothering us, you know that. Don’t you think it’s better if we just pretend we’re okay ? » C’est un peu dur de masquer le sarcasme de sa voix, ça l’ennuie d’avoir cette conversation, de l’affronter alors qu’il n’a qu’une envie en tête, celle de partir.

• • •


I like the thrill, nothing's gonna make me feel this real. so baby don't go home I don't wanna spend tonight alone. baby please would you end your night with me ? don't you leave me all behind, don't you leave my little life, don't you leave my little lie.


Dernière édition par Nao Chang le Mer 14 Juin 2017 - 1:14, édité 2 fois
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‹ âge : 18 yo (19.12.85).
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‹ gallions (ʛ) : 799
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steven jiélùn li, dit evenpyrokinésiste • il porte le nom de sa mère, sorcière pangcah (taïwanaise), plutôt que le "Matsuoka" hérité de son père (japonais) • il a 4 soeurs • tyrannisé à l'école, il a fait une tentative de suicide à 13 ans et est encore aujourd'hui terrifié par le vide. • il a un soft spot pour les gosses mal aimés de son club d'art. • sa famille paternelle est propriétaire de Shape the Future (grand groupe spécialisé en technomagie), où sa mère travaille en tant que directrice marketing de la branche brit. son père a délaissé l'entreprise familiale au profit de sa passion pour l'art et est désormais directeur de la Wada. sa soeur aînée est créatrice de mode, la cadette ingémage chez des concurrents, tandis que les deux dernières sont encore aux études.

vu par le monde:
 


il a toujours un appareil photo, des multiplettes ou un pinceau au bout des doigts • big softie sous ses allures punk • aime être sous les feux des projecteurs lorsqu'il est dans son élément mais devient socially awkward et mal à l'aise avec les gens aussitôt qu'il doute de lui-même. • praise kink • il préfère cependant se tenir derrière la caméra plutôt qu'être mis en avant. • dents de lapin, sourire de bunny. • veut devenir photographe pro. • poste des cover de chant et de danse sur son msn pour satisfaire ses autres passions. • trop d'alcool, trop de sexe, trop d'orviétan, trop de boissons énergisantes. il ne peut pas s'empêcher d'abuser, bien qu'il ait vu sa sœur Lily frôler la mort à cause d'une overdose. • ses potes et lui sont adeptes de bodypainting et font office de toiles humaines les uns pour les autres. • a l'air mort quand il dort. • infoutu de cuisiner, vit de bouffe à emporter et de gras de fast food. • passe un quart de son temps au skatepark, un autre à l'Espresso Patronum, et sèche beaucoup trop les cours pour son bien. • il a un caméléon (kowalski) et mickey et lui ont adopté d'autres animaux, dont un hérisson et un chien.
‹ résidence : vit au Sawl Yard, dans un appart pour deux avec son bff Rhee Min Ki (aka Mickey), rentre chez ses vieux un week-end sur deux environ.
‹ patronus : un kappa, encore une fois. Son animal totem, décidément : très protecteur de son territoire.
‹ épouvantard : ses proches privés de mémoire. Depuis qu'on leur a rendu un Shin tout sauf lui-même, Even s'aperçoit qu'être totalement oublié par quelqu'un qu'on aime est presque aussi terrible que le perdre à jamais... ou peut-être pire.
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Nasty + blood, sweat, heart and tearsWhy did you leave me here to burn ? I'm way too young to be this hurt. I feel doomed in hotel rooms staring straight up at the wall, counting wounds, and I am trying to numb them all... (Et si tu veux l'meilleur pour moi je n'comprends pas pourquoi tu pars)


   
   
   

5juin 04. Oh Even soupçonne tellement la sortie dramatique de Mickey de n'être que des foutaises pour les laisser en tête à tête. Avec quel espoir, celui de les retrouver l'un sur l'autre une fois ressorti des chiottes — où il presse probablement l'oreille contre la porte en espérant capter une discu croustillante (ce serait totalement ce qu'aurait fait Even si les positions avaient été inversées en tout cas) ? Even lâche un pffff blasé en assaisonnant de chips à la viande la chocogrenouille engloutie plus tôt, parce que why not. Il tourne résolument le dos à Chang depuis une éternité (10 secondes), malgré la tentation dévorante de regarder s'il le regarde, ou d'essayer de déterminer s'il a pensé à lui depuis... depuis que tout est fini. De comprendre, aussi, pourquoi le chinois n'a pas immédiatement craché que non, rien n'est réglé ni ne le sera jamais (Even se déteste pour l'espoir qui se relève vaillamment- (pathétiquement) de ses cendres à cette idée). They won’t stop bothering us, you know that. Don’t you think it’s better if we just pretend we’re okay ? vient justement la réponse à son interrogation muette, piétinant ledit espoir naissant d'un ton sarcastique et le prenant de haut pour ne rien gâcher. Even se fourre une pleine poignée de chips dans la bouche et contemple l'idée de mitrailler Chang avec pour manifester ouvertement son dédain. Oh so just because you think it's convenient I should act like I don't hate you ? il crache à la place autour de sa bouchée (postillonnant un peu au passage ; détail).

(I don't hate you, I never will. I just act like I do, because it's easier than admitting once again that I miss you).

Even ne parle bas que pour frustrer Mickey en lui laissant croire qu'il rate peut-être quelque chose de réellement intéressant. Certainement pas parce qu'il a l'intention de marcher dans la combine de Chang. Convenient en guise de plan cul d'abord, et à présent en tant que fake "friend"/connaissance, juste pour lui assurer sa tranquillité, c'est ça ? Even ne le suivra pas sur ce terrain — no fucking way.

Cela dit, il faut avouer que lui aussi en a sa claque de vous tout le monde s'inquiéter et vouloir arranger les choses. Y'a plus rien à arranger et plus ils insistent plus c'est douloureux.
... Damn- quel crétin, il aurait dû avoir l'idée en premier pour pouvoir obliger Chang à le suivre plutôt que le contraire. Il lève exagérément les yeux au ciel pour montrer combien il est blasé. Fucking fine. I can try not to throw up when I see your ugly face, il consent avec réticence avant d'ajouter avec humeur : But just so you know- Révélation étouffée par la chasse d'eau et la porte des wc qui part embrasser le mur avec un grand BANG. BACK. Sooo, où on en était ? AH OUI ! Mickey trotte jusqu'à Even et le choppe par la taille pour l'enlacer par derrière, frottant sa joue contre ses cheveux. Baaaaby, aprèm films moldus ça t'tente ? Dis oui dis oui dis ouiiii, c'est Nao qui invite ! Nao ne l'a pas invité, mais il est à l'origine du foutu plan-torture consistant à prétendre que tout est réglé entre eux, alors soit. Qu'il soit servi. Sounds GREAT, il acquiesce avec emphase, même si sa mâchoire est dure tandis que ses yeux assassinent Nao. Gotta take a shower and get some shut-eye before I do anything else. Wake me up when it's time yeah ? Il lance en s'écartant de l'étreinte et en chopant ses snacks pour migrer vers sa chambre, et claque bruyamment la porte derrière lui une fois à l'abri de son antre.

Son premier réflexe une fois là est de vérifier via son pow la page wizkipedia de Nao, actualisant frénétiquement pour voir si elle a été mise à jour. Mais non. Frustration. Évidemment, lorsqu'il envoie le tour de cuisses de Chang sa contribution est prise en compte, mais quand il partage une info objective sur son caractère (also notez que c'est un ! gros !! FDP !!! ok thanks bye) on l'ignore. Bande de glands.

(Il est beau aujourd'hui. Naturel, un peu fatigué, mais il avait l'air bien et Even le déteste).

Les films au ciné moldu étaient assez cool. Ils en ont enchaîné plusieurs — la comédie Ladykillers ; le film d'animation Wonderful days réalisé par le génie coréen de l'industrie du film publicitaire, Kim Moon Saeng ; un autre truc devant lequel il a copieusement dormi et puis Shrek 2, animation encore et plutôt bien marrant. C'était cool, ouais, et Even a mis un point d'honneur à éclater de rire avec les autres, à faire une bataille de popcorn avec Yohan jusqu'à se faire réprimander vite fait par les rangées les entourant, et de chuchoter quasi non-stop avec Mickey. Mais la main de son bff a dû rester sur sa cuisse tout au long, mouvement apaisant espérant (vainement) calmer les tressautements frénétiques et nerveux de sa jambe, tandis qu'il refoulait une grosse vague de nostalgie et de semi-panique en repensant avec les ciné nocturnes partagés avec Nao, juste tous les deux. C'est dingue, à chaque fois c'est pareil : il se dit ça y'est, ça va, puis se retrouve confronté sans crier gare à un souvenir ou quelque chose qui lui broie le cœur et lui fait s'apercevoir que non, ça va pas du tout. C'est plus dur qu'il ne s'y était attendu (ça l'touche) mais il reste debout, refusant de craquer devant les autres, devant Nao.

Une fois revenus au Yard ils trainent un peu dans les ruels séparant les bâtiments pour grappiller un peu plus de temps ensemble (Even est à l'agonie), font remarquer assez fréquemment que c'est trop cool de pouvoir passer à nouveau du temps tous ensemble ! — ce à quoi Even répond par des yeah ! en levant un poing victorieux d'une façon qu'ils prétendent ne pas savoir fausse, et de désespoir il finit par envoyer un quicky du désespoir à Seamus (SEND HELP) pour se tirer de là lorsqu'il sent le vent tourner en sa défaveur. Comme de fait, Nina propose subitement un peu plus tard : Hey, et si on allait- et Even interrompt direct O-oh c'est trop dommage, j'dois vous laisser, désolé hein y'a un truc prévu avec les bro- Ah bon ?? Hmpf. Oui tu sais, le truc, il insiste entre ses dents crispées, et par chance c'est le moment que choisissent les dudes pour débarquer bruyamment d'un magicobus à l'arrêt le plus proche. Even les embrasserait presque.

Tandis qu'ils avancent vers le groupe d'étudiants offrant au Li l'alibi qu'il attendait désespérément, Axl slalome sur sa planche et enchaîne des tricks avec Seam, Mads suit avec l'air de se demander ce qu'il fout là, Slash déjà bien ivre renverse toutes les deux sec le goulot de sa bière au-dessus de ses lèvres comme pour pomper jusqu'aux dernières gouttes. Avant de brusquement s'illuminer en avisant Nao. Kitten ! il s'exclame sans crier gare et l'espace d'une seconde y'a un moment de silence du côté d'Even... avant qu'il ne se racle la gorge et ne lâche. So uh- see you around guys, il salue rapidement en marchant à reculons vers les skaters puis se retourne pour trottiner jusqu'à eux, toper dans leurs mains et leurs épaules en guise de salutation et se casser loin, très loin, sans un regard en arrière. Avec quand même un coup de coude tepu dans les côtes de Slash, cœur battant un peu la chamade : il n'arrive pas à croire que ce gros con ait sorti sans pression le kitten qu'il a entendu Even souffler à Nao dans l'une de leurs vidéos de baise, qu'il a eu le malheur de laisser voir à ses potes après la rupture (vous pouvez r'garder, j'm'en cogne, il avait dit. Avant de s'enterrer sous la couette une fois qu'ils lui avaient rendu son pow, faisant le deuil de Nao et lui en regardant lesdites vidéos en boucle).

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WIZARD • always the first casuality
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‹ occupation : attrapeur des falmouth falcons et étudiant au Centre London-I ; enchaîne également plein de petits jobs à côté pour payer ses études.
‹ maison : poufsouffle (de septembre 95 à juin 02).
‹ scolarité : septembre 02 à aujourd'hui (au Centre London-I en 2ème année).
‹ baguette : mesure trente centimètres, en bois de vigne, elle contient un crin de licorne.
‹ gallions (ʛ) : 1430
‹ réputation : true athlete, terre-à-terre capable de converser avec tout le monde, il reste humble et bienveillant en toutes circonstances ; mais il dégage aussi une image de snob, du gars inaccessible et froid, ça dépend surtout du point de vue.
‹ particularité : un maître de l'air.
‹ résidence : dans un appartement avec mes deux meilleurs amis, dans le quartier du Whitehorn.
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5 JUIN 2004. Les films ne s’enchaînent pas aussi vite qu’il l’aurait voulu, probablement parce qu’il s’attarde trop sur des détails minimes que sur ce que l’écran présente. Comme le fait que Yohan se trouve entre Even et lui et qu’il peut apercevoir le taïwanais s’agiter dans son siège, probablement à fond dans les films alors que Nao ignore même les noms des personnages. Inconsciemment, son pied s’agite également quand il voit Even taper du pied nerveusement, presqu’un tic qu’il lui transmet – comme toutes les petites habitudes qu’ils s’étaient transmis pendant la courte période où ils se fréquentaient. Même leurs goûts personnels. (« Why do you copy everything I do ? I’m wearing grey contacts, so are you. Yah, your eyes are weird.You’re weird.Your contacts are the same as mine !Nope, mine are blue and I wore them first.Stop copying me ! Do you like me that much ?Nope. » Et il avait beau se plaindre d’être copié par Even, il était celui qui copiait son attitude sans même le remarquer, sans forcer les changements. Comme le ton qu’Even employait pour certains mots, avec un léger accent que Nao reproduisait inconsciemment. Parce qu’Even était est spécial. Isopraxism.) Nina a l’air de beaucoup apprécier Wonderful Days vu les commentaires d’excitation qu’elle lui glisse ou quand elle lui tapote le bras pour lui dire t’as vu ce qui s’est passé oh merlin c’était trop beau !! ou pour lui demander si certaines traductions étaient bonnes – Nao répond des mmh et des yeah yeah sans même avoir suivi l’histoire du film, ni écouté les dialogues, trop focus sur le couple de garçons à quelques rangées d’eux qui ne cessent de se murmurer des mots avant de se voler des baisers. C’était eux, avant. Sauf que maintenant ils préfèrent avoir quelqu’un d’autre au milieu pour ne pas avoir à se supporter côte à côte. Même si c’est que Nao voudrait. Mais Even risque de vomir en voyant sa face horrible, so, hah, autant éviter de rendre Even malade. Presque comme si Yohan possédait une perception extrasensorielle, il embrasse la joue de Nao, avec son sourire habituel et son regard qui demande you okay ? et le sino-coréen lui retourne son sourire et ouvre la bouche pour dire I miss him, ce même type qui n’est pas si loin mais il a déjà l’impression de l’avoir perdu. Et comme d’habitude rien ne sort de sa bouche, il scelle ses lèvres et ses yeux retournent sur l’écran.

La soirée se poursuit en flânant dans les rues, promesse de se trouver du temps la prochaine fois pour se revoir, tous ensemble. Passer du temps avec la bande et Even, c’est pas ce qui dérange Nao, il se débrouille pour ne pas être submergé par les souvenirs et les émotions que la présence d’Even provoque, un peu comme s’il parvenait à les compartimenter et passait à un mode robotique. Y’a quelque chose d’effrayant à être émotionnellement affecté et de réussir à tout bloquer quand il est blessé, au point de réussir à évincer quelqu’un facilement de sa vie. Mais c’est dur quand ce quelqu’un est tout près et qu’à certains moments, ils tombent en marche côte à côte et que Nao a le réflexe de lever la main pour saisir les doigts d’Even – avant de se rappeler que c’est pas quelque chose qu’on fait avec quelqu’un qui ne peut même pas supporter sa gueule. Et c’est finalement la main de Yohan qu’il trouve, plus rassurante et familière alors qu’ils valdinguent sans réel but, les conversations simples, couplées aux rires. Nina propose un plan mais c’est la réponse soudaine d’Even que Nao enregistre, son regard pour la première fois de la soirée réellement posée sur le taiwanais. « O-oh c'est trop dommage, j'dois vous laisser, désolé hein y'a un truc prévu avec les bro- Ah bon ??Oui tu sais, le truc. » So… Il a tellement du mal à le supporter qu’il envisage n’importe quelle sortie de secours juste pour se barrer ? Okay. Non pas okay ça l’énerve putain, ça fait quoi, déjà un mois ? Even n’a pas eu de mal à l’appeler pendant qu’il baisait quelqu’un d’autre juste pour lui prouver qu’il était passé à autre chose – mais passer quelques heures avec ses potes et son ancien plan cul, c’est trop difficile ? C’est tellement insupportable qu’il n’est même pas discret dans sa façon d’agir, balance la première excuse très subtile pour se barrer ? Ça l’étouffe parce qu’il a à la fois envie de saisir n’importe quelle opportunité à la con juste pour passer du temps avec mais maintenant, il a envie de l’approcher et lui cracher à la gueule à quel point il le déteste (parce qu’Even n’est pas important et il n’a pas le droit d’avoir autant d’impact sur lui – mais somehow il en a et Nao le déteste tellement pour ça). Sauf qu’il n’a même pas le temps de capter ce qui se passe que la joyeuse troupe d’Even débarque, bruyants et excités.

Mais il n’sait pas ce qui le dérange le plus. Even qui l’évite comme la peste ou ses potes qui l’interpellent avec un simple « Kitten ! » qui le fait immédiatement lâcher la main de Yohan. Ils ont vu, ils ont entendu et Even – à en juger par son attitude, il n’a même pas de remords, il n’est même pas choqué qu’ils le sachent. Une voix lui répète c’est lui, c’est lui qui leur a montré mais Nao refuse d’y croire parce que-

Even
ne
lui
ferait
jamais
ça
pas vrai ?

Mais Even ne le regarde pas, il ne regarde personne, il retourne vers ses potes comme s’il ne venait pas juste d’écorcher Nao. Ils rigolent. La honte, c’est quelque chose qu’il avait ressentie tout récemment pour la première fois de sa vie. Mais ce qu’il expérimente maintenant c’est pire que la honte, c’est la réalisation soudaine qu’il n’a été qu’une blague pour Even depuis tout ce temps. Le gars qu’on baise pour ensuite se moquer de lui. Combien de personnes ont vu la vidéo ? Est-ce que Nina, Yohan et Mickey l’ont vue aussi ? C’est un peu désespéré, un peu faible qu’il les regarde, l’un après l’autre, la question dans son regard mais l’expression toujours aussi neutre. Il tire sur les manches de son haut pour couvrir ses mains, il a soudainement l’impression d’être complètement nu, d’avoir le regard de tout le monde braqué sur lui, moqueur et le jugeant tellement tellement fort. Pute. C’est ce qu’Even lui a dit. Even n’a pas eu de mal à montrer les vidéos aux autres. Even l’a même appelé en pleine baise juste pour lui montrer qu’il prend bien mieux son pied avec un autre. Even l’a traité de pute. Even s’est moqué de lui. Even se moque de lui. Even ne peut même pas supporter sa face horrible sans avoir envie de vomir. Even l’a traité de pute et l’a même prouvé en le ridiculisant devant les autres.

Il ne les voit pas partir, n’entend pas non plus les potes restants qui commentent la sortie d’Even comme étrange. Nina se tourne vers lui et l’interroge la première : « "Kitten" ? » Il balaye de la main, en tentant même un petit rictus pour éviter qu’ils ne l’interrogent sur cette histoire. « Nothing important. » Sauf que ça l’est. C’était le surnom qu’Even utilisait pour lui quand ils baisaient et même ce nom sonne sale à ses oreilles maintenant. Un peu comme lui. Dirty et nu et moqué et pris exactement pour ce qu’il est : juste un corps qu’on use avant de s’en lasser en riant. « Gotta go. » Il coupe toute tentative de questions de leur part pour transplaner, ne se sentant même pas apte à faire de longues phrases pour leur expliquer qu’il a l’impression d’avoir perdu toute sa valeur. Actions speak louder than words but words cut deeper than a knife.

Il arrive à l’auto-école, convainc la sorcière d’accueil de changer ses heures de demain pour les faire tout de suite. (est-ce qu’elle sait ? est-ce qu’elle a vu ?) C’est juste pour s’occuper. Pour éviter de s’enfermer dans la salle de bains. Il ne sait pas ce qu’il ferait s’il se retrouvait tout seul, avec cette impression sale que son propre corps est disséqué par le monde entier. Il n’a pas envie de penser à ce qu’il ferait à son corps s’il… Et heureusement qu’il n’attend pas longtemps dans la salle d’attente, sa monitrice vient le chercher après qu’un élève se soit désisté pour la soirée. Nao tente un sourire et la suit, fait semblant que sa journée a été impeccable et fait tout son possible pour se concentrer sur sa conduite. C’est bizarre de trouver du réconfort auprès d’une étrangère mais ça lui fait du bien de ne pas être seul et surtout pas avec quelqu’un qui le connaisse aussi bien que les autres. (est-ce qu’elle aussi, elle a vu ?) C’est réconfortant parce qu’il fait semblant mais en même temps elle ne le juge pas pour les saletés qu’on raconte à son sujet. (ou peut-être que si mais elle fait juste semblant – who cares, I am a big joke to everyone).

9 JUIN 2004. Ça lui a pris deux jours pour se reconstituer (la conduite en accéléré a vachement aidé), un autre jour pour se convaincre que les inconnus ne le dévisagent pas dans la rue et qu’ils n’ont certainement pas vu les vidéos (potasser les poèmes de Hafez avant de dormir lui a permis de s’éclaircir les pensées ; I wish I could show you, when you're lonely or in darkness, the astonishing light of your own being) et un jour de plus pour accepter une soirée avec les potes. Et pour la première fois en quelques jours, ses sourires ne sont pas fake et il n’est pas aussi éteint qu’il l’avait été après le désastre du kitten. Juste un peu plus incisif et on the edge qu’à l’accoutumée mais c’est pas trop grave, c’est Even qui prend pour tout anyway. Nina, Yohan et lui se sont rendus à l’appartement de Mickey et Even, pour chiller avec des snacks et des bières, tv allumée mais les jeux-vidéos branchés. Blades of Steel, un jeu sur le ice hockey, est lancé depuis un peu plus d’une demi-heure, les équipes ont été faites au hasard. Sauf que le hasard a voulu mettre Even et Nao dans la même équipe et c’est franchement la pire idée du siècle. Ils ont tous enfilé une paire de gants pour jouer mais c’est surtout ces deux-là qui sont à fond dedans parce que… compétitifs af. Et très salés. « I could have scored ! I was wide open and you didn’t even pass the puck, you moron !Shut up, the Hawks were all over you, you never would have made that shot ! They would have grabbed it and scored ! Again !Don’t you fucking tell me what I can do ! And watch your tongue I am two years older !Does it look like I care what you are saying ?? You know what, quit bitching at me. What about the shot you had just before that ? » À ça, Nao le fusille du regard, les yeux quittant l’écran. Il a tellement envie de sauter à la gorge d’Even là tout de suite. À cause de son sourire en coin. « You had a fucking chance to score and you didn’t take it.What are ya, the fucking scoring police ? And don’t talk to me like that, I’ve told you, you punk, I’m olde-You had an easy shot when their, Even le coupe (visiblement se fichant pas mal de ce qu'il a à dire) et montre de la main sa gauche là où normalement se trouvaient Nina, Mickey et Yohan (aka leur équipe adverse) mais les trois ont longtemps abandonné le match pour s’asseoir sur le canapé juste derrière eux et regarder leur spectacle, goalie went down. We could have won the game but you were interested in rubbing one out !…Say what ? » Il enlève les gants et s’approche d’Even d’un pas, prêt à lui demander de répéter ce qu’il a dit. Mais c’est le moment que choisit d’intervenir Nina (probablement après avoir senti que ça partirait en couilles assez vite – good girl). « Huh, guys ? » Ils se tournent vers elle à l’unisson et crachent d’une même voix, en même temps : « What ?!What ? » Yohan quitte le canapé à son tour pour s’approcher du duo colérique, posant une main sur l’épaule de l’un et l’autre. « Alright boys, you need to calm down- Do not tell me to calm down, he can’t play, it ain't my fault.Excuse me but- » le pocketowl de Nao sonne et il n’écoute même plus la fin de la phrase d’Even, tire le miroir de sa poche et appuie sur répondre sans regarder le nom de son correspondant. À peine deux secondes plus tard, toute trace de colère s’évapore de son visage quand il reconnaît la voix de Kyle, son nouveau boy toy du moment. Il le laisse parler pendant qu’il ancre son regard dans celui d’Even, son expression devenant plus espiègle et puis il ouvre finalement la bouche pour répondre à son correspondant : « Yeah, babe, your place or mine ? …Okay, cool… I’ll be there in five. » (et puis il n’a jamais compté pour Even, il était juste une blague qu’il racontait à ses potes).

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I like the thrill, nothing's gonna make me feel this real. so baby don't go home I don't wanna spend tonight alone. baby please would you end your night with me ? don't you leave me all behind, don't you leave my little life, don't you leave my little lie.
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WIZARD • always the first casuality
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‹ liens utiles : draco malfoy w/ lucky blue smith ; ginevra weasley w/ madelaine petsch ; calixe Davis w/ audreyana michelle; ardal ollivander w/ matthew daddario ; indiana alderton w/ nicola peltz ; heath ravka w/ im jaebum ; even li w/ jeon jungkook.
‹ âge : 18 yo (19.12.85).
‹ occupation : ancien élève de Mahoutokoro, 1er cycle achevé au RU par correspondance (vitmagic). désormais étudiant à la WADA cursus Arts visuels. jobbe en tant qu'animateur au CEPAS en semaine et au dirico express le samedi (club d'art pour une ribambelle de gosses qu'il adore).
‹ scolarité : 1992 à aujourd'hui.
‹ baguette : cerisier, 27cm, écailles de kappa.
‹ gallions (ʛ) : 799
‹ réputation : party boy, slut assumée, toujours partant pour des hook up sans signification et probablement un brin obsédé par le sexe, sans limite, dork en compagnie de ses potes, skater taré, doué avec les gosses, artiste prometteur.
‹ faits :
personnalité:
 



steven jiélùn li, dit evenpyrokinésiste • il porte le nom de sa mère, sorcière pangcah (taïwanaise), plutôt que le "Matsuoka" hérité de son père (japonais) • il a 4 soeurs • tyrannisé à l'école, il a fait une tentative de suicide à 13 ans et est encore aujourd'hui terrifié par le vide. • il a un soft spot pour les gosses mal aimés de son club d'art. • sa famille paternelle est propriétaire de Shape the Future (grand groupe spécialisé en technomagie), où sa mère travaille en tant que directrice marketing de la branche brit. son père a délaissé l'entreprise familiale au profit de sa passion pour l'art et est désormais directeur de la Wada. sa soeur aînée est créatrice de mode, la cadette ingémage chez des concurrents, tandis que les deux dernières sont encore aux études.

vu par le monde:
 


il a toujours un appareil photo, des multiplettes ou un pinceau au bout des doigts • big softie sous ses allures punk • aime être sous les feux des projecteurs lorsqu'il est dans son élément mais devient socially awkward et mal à l'aise avec les gens aussitôt qu'il doute de lui-même. • praise kink • il préfère cependant se tenir derrière la caméra plutôt qu'être mis en avant. • dents de lapin, sourire de bunny. • veut devenir photographe pro. • poste des cover de chant et de danse sur son msn pour satisfaire ses autres passions. • trop d'alcool, trop de sexe, trop d'orviétan, trop de boissons énergisantes. il ne peut pas s'empêcher d'abuser, bien qu'il ait vu sa sœur Lily frôler la mort à cause d'une overdose. • ses potes et lui sont adeptes de bodypainting et font office de toiles humaines les uns pour les autres. • a l'air mort quand il dort. • infoutu de cuisiner, vit de bouffe à emporter et de gras de fast food. • passe un quart de son temps au skatepark, un autre à l'Espresso Patronum, et sèche beaucoup trop les cours pour son bien. • il a un caméléon (kowalski) et mickey et lui ont adopté d'autres animaux, dont un hérisson et un chien.
‹ résidence : vit au Sawl Yard, dans un appart pour deux avec son bff Rhee Min Ki (aka Mickey), rentre chez ses vieux un week-end sur deux environ.
‹ patronus : un kappa, encore une fois. Son animal totem, décidément : très protecteur de son territoire.
‹ épouvantard : ses proches privés de mémoire. Depuis qu'on leur a rendu un Shin tout sauf lui-même, Even s'aperçoit qu'être totalement oublié par quelqu'un qu'on aime est presque aussi terrible que le perdre à jamais... ou peut-être pire.
‹ risèd : quelque chose ayant trait à son paternel, probablement, mais Even préférerait crever plutôt que l'avouer.
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5juin 04. ça l'a tellement travaillé. Kitten. Even a un goût de cendres dans la bouche. Il n'avait pas réellement percuté avant ça, avant cet instant précis où le visage de Nao s'est figé sous le poids de la compréhension, traits de glace mais regard si chargé d'une détresse que le Li commence tout juste à connaître — à reconnaître. Il n'avait pas réellement assimilé à quel point il avait désacralisé quelque chose, un souvenir qui n'appartenait qu'à eux deux, tout ce qu'il restait encore de palpable à travers les cendres de ce qu'ils ont perdu. Il s'engueule avec le squad après ça — plus précisément, il tire une gueule de deux mètres de long et sitôt hors du champ de vision de Nao et des autres, Even se fait agressif jusqu'à ce que Slash et lui finissent par se mettre sur la gueule. Après quoi, il part squatter chez Mads, parce qu'il n'a pas son skate anyway et qu'il ne se sent pas de rentrer à son appart et de confronter Mickey. Sur la défensive et agressif. C'qui est bien avec Mads c'est qu'il s'en tape de ses états d'âme, n'est pas trop un mec à confidences ou quoi. Alors il pose pas de questions gênantes, propose juste des trucs cool genre un joint d'orviétan à s'partager, des trucs gras pour s'empiffrer sur le chemin etc. Une fois arrivés, ils se défoulent aux jeux vidéos sorciers, déferlante de colère abattue sur les hologrammes que le casque fait apparaître et shots d'adrénaline concentrés sur la mise en situation plus vraie que nature pour l'arracher aux réflexions qui le torturent depuis la gaffe de Slash.

C'est une nouveauté que Mads teste en bêta en scrèd, parce qu'il a bien accroché avec un jeune ingémage qui bosse au développement des jeux vidéos de Shape the Fun et qu'il a très envie que Mads se charge du design de la pochette. Even est content pour lui mais une part de lui ne peut pas s'empêcher de trouver ça chiant, de le voir dessiner comme si de rien n'était, sur des parchemins qui trainent, les idées qui lui sont venues ; en parler avec fougue et faire de grands gestes, seulement réellement vivant quand il décrit ce qui le passionne.
Ils ont ça en commun habituellement, le dessin, la création, la flamme. Mais Even, lui, il est amer parce qu'il ne lui reste que des braises mourantes depuis que Nao est parti.  

Y'a bien sûr les pas-tout-à-fait-bro de Mads (les gosses sang-purs arrachés à leurs familles et largués au sein d'une foster home où personne n'a trop le temps de s'occuper d'eux) qui finissent par capter que Mads est de retour et tapent timidement à la porte de la chambre. ça arrache un grognement soulé à l'aîné mais il ouvre quand même ; il grimace de mécontentement en les voyant se déployer à travers sa piaule et s'mettre à l'aise, mais il ne les vire pas. Euphémisme que de dire Even choqué de trouver Scorpius dans le lot des enfants présents. Le ptit Malfoy a plutôt l'air de s'être laissé trainer par les autres jusqu'à la tanière de Mads alors qu'il préférerait être plutôt n'importe où ailleurs, mais il s'illumine en reconnaissant Even, se réchauffe peu à peu en reprenant ses habitudes avec lui dans un autre contexte que la salle du club d'art où ils se voient en temps normal. Ils concluent la nuit par une balade, tous ensemble ; Scorp sur son dos et les autres marmots ravis d'être en liberté, de pouvoir courir et faire les fous sur l'aire de jeux où ils finissent par se poser. Mads est un peu ennuyé d'être coincé là-dedans, mais il reste cool malgré tout, parce qu'il est comme ça : pas mordu des responsabilités et tout, mais incapable de les fuir, bien malgré lui. Tandis qu'il grimpe avec les plus jeunes sur les parcours, échelles et toboggans trop petits pour lui, Even est fier de parvenir à ne penser à rien (personne) d'autre (ou presque).

Au retour, il se crashe en caleçon sur des couvertures étendues au sol à son intention au pied du lit de Mads. Ils parlent à voix basse pour que la reum Foster ne se remette pas à gueuler qu'elle en avait marre de leur raffut ; jusqu'à ce que le Li se retrouve à monologuer, son pote trop occupé à baver sur ses couvertures, profondément endormi. Il fait putain de chaud et le sort qui fait tourner le ventilateur de plafond n'aide pas beaucoup : les pales en bois brassent de l'air chaud. Even shoote le drap du pied, s'agitant sans trouver une position réellement agréable, la peau moite et le corps en feu partout où il est en contact avec du tissu. Et partout ailleurs aussi, really.

Là, avec le silence et les murs couverts de designs de skates ou de tatouages et de photos des corps des jeunes du squad (Mads n'est pas un sentimental du genre à s'entourer de souvenirs de sa bande ; il aime les trucs aesthetic et faceless par contre, les tricks immortalisés, les membres dégingandés fixés sur le papier glacés, et taxe à Even tout ce qu'il photographie de ce genre-là) pour seule compagnie, ses pensées se tournent vers Scorp. Involontairement, mais logiquement, ça l'fait songer à Bao, sweet Bao, éloigné aussi de proches aimants pour tomber sous le joug de gardiens désintéressés.

Puis, fatalement, à Nao.

Even se tourne et se retourne, paupières pressées et front barré d'une ligne anxieuse. Il pense à Nao alors aussitôt — Kitten se répercute dans son esprit tracassé, formulé par sa propre voix en un quasi ronronnement tellement whipped qu'il ne peut s'empêcher de sourire-grogner d'embarras en se plaquant une main sur le visage. Il bascule sur le dos, bras écartés. Régule son souffle, ferme les yeux pour chercher le sommeil. Mais le pincement au cœur ne disparaît pas. Il entend encore Kitten ! mais cette fois, sur la tonalité empruntée par Slash ; et les rires de Nao cessent de s'égrainer à ses oreilles pour laisser le hanter son air heurté de tout à l'heure. Et cette fois, l'embarras n'a rien d'agréable, parce qu'il enveloppe une culpabilité croissante qui lui donne envie de s'enterrer sur place pour disparaître ou de voler un retourneur de temps pour empêcher son lui du passé de faire le con en laissant ses potes le regarder baiser Nao. Non mais vraiment, pourquoi ? Il saurait pas dire, Even, pourquoi il a fait ça. Et c'est le plus frustrant, le plus horripilant. Parce que s'il avait été dans un état d'esprit normal, s'il avait un tant soit peu réfléchi ce ne serait pas arrivé. C'était déjà assez mortifiant que Seam ait fait tourner la première sextape parmi tout le squad mais cette fois, c'est pire, parce que c'est pas un accident et qu'il ne peut blâmer personne d'autre. C'est de sa faute à lui et il a l'envie irrationnelle de se péter le nez comme il l'a fait à l'irlandais.

Un quicky de Mickey fait briller la surface amochée de son pow dans la nuit, interrompant le fil de ses idées. Mais le lire ne fait qu'empirer les choses. ça lui fout le cœur au bord des lèvres, parce que son meilleur ami demande naïvement s'il s'est passé autre chose avec Nao. Dit qu'il a viré weird et s'est cassé quasi tout de suite après lui. Even en déduit qu'il a compris. Bien sûr qu'il a compris qu'Even a merdé — soit en racontant une info de trop, soit en montrant, parce qu'il n'y a pas d'autre solution : le taïwanais ne l'a jamais appelé kitten en dehors du lit. Bébé, oui ; devant les mecs, et il s'est grave fait charrier pour ça, alors il n'a pas recommencé. Mais ça c'était- c'était juste à eux. Leur intimité qu'il a bafouée. tkt, il envoie seulement à Mickey en retour. Moins éloquent tu meurs, mais il éteint son pow pour ignorer les réponses frustrées qui affluent aussitôt derrière. Il met longtemps à s'endormir, avec le vrombissement des pales et les ronflements de Mads en arrière-plan, mais des rêves truffés de remords et des yeux pleins de reproches de Nao lui occupant entièrement l'esprit.

8juin 04. La nuit où Mickey lui annonce joyeusement Baaabe, on voit les potes demain ok ? n'est pas meilleure. Il n'a même pas besoin de demander quels potes, parce que bien sûr Mika ne parle pas des skaters, ou des mecs de son ancienne promo de médicomagie, ou des fêtards de Sawl Center avec lesquels ils trainent. Il ne parle pas de Shinazir ou de Mylan et son cuistot. Il parle de Nina, Hannie hyung et- Nao. Toujours Nao. Even geint On peut pas genre, je sais pas, faire comme s'ils n'avaient jamais existé ? Et bien sûr il ne parle pas de hyung, juste des deux autres, mais s'il peut passer outre la honte et le pang désagréable que provoque la pensée une fois émise, il ne peut pas ignorer aussi facilement la détresse qu'éprouve Mickey en entendant sa requête. Ils sont cool, tu l'sais, il lui rappelle à mi-voix, et puis S'te plait bébé, m'oblige pas à choisir... ça s'est pas arrangé entre vous ? Si si, Even prétend en ré enfonçant son visage dans le coussin du canapé où il est affalé sur le ventre, en t-shirt et calbut, à encaisser misérablement la chaleur humide d'une fin de printemps infecte. Ils tentent de """réviser""" parce qu'ils sont en pleine période d'exams mais honnêtement Even n'a rien foutu d'autre que fumer et se désécher sur place comme une étoile de mer échouée sur la rive, parce que ses neurones lui coulent par les oreilles à cause de ce temps lourd et pénible. Et de l'exam de ce matin qui l'a vidé. Des lèvres se posent brièvement entre ses omoplates (scapulas, corrigerait son Mickey d'un ton docte d'ancien apprenti médicomage, s'il lisait dans ses pensées) et ses commissures s'étirent légèrement tandis qu'il tourne un peu la tête pour pouvoir apercevoir son frère de cœur du coin de l’œil. Il est un peu stone et c'est parfait, parce qu'ainsi il peut repousser toutes idées inutiles : pas en état de trop cogiter. Dès que t'en as marre tu me dis et on rentre anyway, Mickey promet, et il hausse les épaules, bougeant juste la tête pour l'inciter à le cajoler. Ses yeux se ferment d'eux-mêmes. Si y'avait quelque chose tu m'dirais hein ? La voix d'Even se coince dans sa gorge une fraction de seconde. Il devrait lui dire, sûrement, mais il a tellement honte et il n'a pas envie de voir de la déception dans les yeux de Mickey parce qu'il a fait le con. Encore. C'est pire que la fois où il a mis le numéro de Nao partout dans les magicobus avec des propositions de pipes à volonté, pire que celle où il a bousillé tous ses cours et bouquins, pire aussi que celle où il a semé ses affaires dans des lieux publics avec des infos personnelles annotées dessus pour l'obliger à se payer un parcours de la honte en allant les récupérer les unes après les autres, pire également que la nuit où il l'a appelé pendant qu'il se tapait Nazir ; c'est pire que toutes les autres crasses datées d'avant qu'ils apprennent à se connaître et d'après la """rupture""" (mais Even se remémore amèrement qu'on ne peut pas parler de rupture quand on n'a été qu'un cul parmi d'autres). L'espace d'un instant il essaye de se chercher des excuses, une façon de le formuler qui ne le mettrait pas entièrement en tort ; il est tenté de dire c'est pas comme si le monde entier ne le voyait pas nu tous les quatre matins, c'est une pute, mais ça le rend encore plus misérable parce que c'est pas vrai, pas vrai, pas vrai. Nao est un mec bien et ses choix de vie n'y changent rien et toutes les injures qu'Even, petty et blessé, voudrait lui cracher, se retournent contre lui-même et laissent une entaille dans son cœur parce qu'il l'aime. Il l'aime tel qu'il est, talentueux et désinhibé et sensible et inconscient d'Ô combien il est précieux. Il l'aime à en perdre la tête et ces sentiments, ces souvenirs, son sourire lui sont gravés dans la peau comme rien d'autre, comme personne d'autre.

Je l'ai affiché et je l'ai humilié et il est- il est vulnérable mon Nao, tu sais ? J'pense qu'il me hait pour de bon cette fois et c'est ok parce que je me hais aussi. Il mérite tellement mieux hyung, tellement mieux que moi, il tait. Yeah, 'f course hyung, il marmonne à la place. Peut-être qu'il devrait aller voir Shinazir, avant de confronter Nao. Pour rebâtir son estime de soi qui s'effrite et se remettre les idées en place, histoire d'éviter si possible d'encore faire n'importe quoi. La nécessité est confirmée quelques minutes plus tard, lorsque Mickey annonce un peu mal à l'aise que finalement ils se retrouveront tous ici, à l'appart qu'ils partagent Even et lui, parce que c'est plus pratique pour les gars (quelque chose comme quoi Chang est encore en pleine frénésie ménagère et refait pour la millième fois le papier peint et a aussi utilisé un produit tellement décapant qu'une odeur toxique persiste dans l'air, bref). Ce qui veut dire qu'Even n'aura pas d'échappatoire : aucune chance pour que Mickey les foute tous dehors s'il lui fait comprendre qu'il est à bout ; il n'aura qu'à subir la proximité de Nao aussi longtemps que les convives décideront de rester.

9juin 04. Ils se regardent en chiens de faïence, chacun d'un côté du couloir, et Even depuis le sol où il est affalé (dos au mur, un genou relevé et l'autre au sol, plié) est assailli par une rage irrationnelle parce que Chang a posé son cul sur la rambarde. Il ne fait jamais ça, il est toujours sur les genoux du taïwanais. Etait, du moins. A cessé depuis longtemps déjà.
Mais là, tout de suite, ça blesse plus que jamais.

Yeah, babe, your place or mine ? …Okay, cool… I’ll be there in five.

Fucker.

C'était il y a quinze minutes mais Chang n'a pas pu se tirer aussi tôt qu'il l'escomptait. Son sourire espiègle et ses mots ont lacéré le cœur d'Even d'une façon si brusque et inattendue que le plus jeune en a perdu ses couleurs et a tenté de se jeter sur lui pour lui arracher son rictus satisfait. Et puis Yohan l'a coupé dans son élan en l'interceptant avec son bras — le bras déjà suffisamment mis à mal par ses entraînements intensifs — se fendant d'un bref râle douloureux en le tenant, et alors Mickey s'est énervé. ça a commencé à gueuler de partout (beaucoup de "merde à la fin, ça peut pas continuer comme ça ok ?), Nina nullement en reste parce que trop touchée par la dégringolade pour ne pas s'emporter à son tour. Mais les yeux d'Even ne voyaient que Nao et sa fureur aveugle s'est muée en une angoisse sourde qui est montée, montée, montée à une vitesse folle, parce que Yeah, babe, your place or mine ? ; et parce qu'il a fait mal à Yohan et parce que Mickey était exaspéré. I need some air, il a balbutié avant de bousculer quelqu'un (Nina) (pour ne rien arranger) pour passer. Perdu et suffoquant, les oreilles bourdonnant désagréablement, il a trébuché hors de l'appartement, prêt à disparaître n'importe où mais loin d'ici — seulement pour se faire rattraper devant la porte d'entrée et s'entendre ordonner de n'aller nulle part.

ça a abouti sur un face à face entre Nao et lui, sous prétexte qu'il leur faut supposément parler de l'engueulade, des sales proportions que prennent tous leurs échanges. Even n'est pas en état de parler. Il n'est pas en état de les entendre dire "c'est trop con parce qu'on s'amusait vraiment bien, même vous deux non ?" Oui ils se sont amusés et non il ne veut pas le reconnaître. Ils sont tous bouchés ou ils le font exprès ? Il ne veut pas bien s'amuser avec Chang fucking Nao, il ne veut pas s'entendre avec, ne veut pas le voir, ne veut pas lui parler, parce que cet enfoiré lui a arraché le cœur et s'amuse à le broyer à la moindre occasion, et avec le sourire ! Il a juste envie de lui refaire le portrait, de lui péter les dents contre la rambarde et aussi de lui faire cracher (du sang et) le nom de l'autre mec pour aller lui faire pleurer sa mère à lui aussi. Babe ? Babe !? Ils lui demandent de parler, d'exprimer ce qu'il ressent avec des mots plutôt que par la brutalité, mais les questions qui tournent en boucle dans ses pensées sont de l'ordre de j'étais vraiment rien pour toi, hein ? Tu les appelles tous comme ça ? Tous les mecs que tu sautes ? Je suis qu'un nom dans un cimetière de corps sans visage ? Et il ne les exprimerait à voix haute pour rien au monde. Trop peur de s'effondrer comme une lavette.

Descends de là, il éructe au final. Ils veulent l'entendre ? Bein voilà, ils l'entendent. Ses yeux sont braqués sur Chang avec une haine empreinte d'une frénésie irrationnelle. T'es bouché à force de te prendre toutes les bites de la terre ? Descends de cette PUTAIN DE RAMBARDE ! Il s'est relevé dans la foulée, il ne saurait dire quand, et il ne sait pas pourquoi c'est ça qui le tracasse, Nao au-dessus du vide.

Nao n'est pas comme lui (qui flippe comme un abruti), Nao aime la hauteur, mais ça rend Even malade de le voir là parce qu'il déteste ça. Il l'imagine basculer et s'écraser en contrebas et y'a aucune raison (ça n'arrivera pas parce que c'est un airbender), juste une phobie embarrassante qui resserre ses serres sur ses pensées chaotiques et qui donne du fuel à sa colère incontrôlée. T'as rendez-vous non ? Casse-toi, vas t'faire enfiler par le premier venu et rends service à tout le monde, CRÈVE ! Il est aveugle et insensé et il veut le trainer plus bas que terre, aussi bat que lui — tout à coup quelque chose heurte brutalement son oreille et sa joue, assourdissant son tympan et vrillant l'épiderme d'une sensation cuisante ; son visage bascule de côté sous le choc, tellement vite que sa nuque craque désagréablement. Un lourd silence tombe sur le corridor du bâtiment universitaire ; Even a plus ou moins conscience d'entendre une ou deux portes ou fenêtres s'entrouvrir, voisins de chambrée alarmés par le grabuge qui vient tout juste de cesser, mais il ne parvient pas vraiment à s'y attarder. Sa paume prend en coupe sa joue meurtrie tandis qu'il se tourne lentement face à Nina, qui vient de le baffer sans retenue, avec toute sa fougue de quidditch player. Ils le dévisagent tous mais Even ne peut pas affronter le regard de Yohan, il ne peut pas, il ne peut pas faire face à Mickey, il ne peut pas, et il ne veut pas voir Nao. Pour tous les gallions du monde. Le serrement déplaisant est de retour mais cette fois, il se développe dans toute son intensité, lui comprimant la poitrine et faisant affluer des larmes disgracieuses qu'il ne versera pas devant eux.

Allez tous vous faire foutre. Cette fois, personne ne le retient.  

11juin 04. Even émerge avec l'impression que dix kappas malveillants lui ont broyé la boîte crânienne de leurs mains palmées et griffues et que deux trolls des montagnes ont dansé la gigue sur ses intestins. Sa propre haleine manque de l'asphyxier lorsqu'il entrouvre les lèvres sur une expiration douloureuse et une vague de nausée se manifeste abruptement aussitôt que sa tête décolle de l'oreiller. Dragon Ball Z joue à volume moyen sur une télé moldue et des doc martens lui dégagent leur indélicate fragrance pied-esque juste dans le pif — ses neurones atrophiés en déduisent qu'il est chez Seam. What are you doing, il marmonne (ou croit marmonner) lorsqu'il finit par capter la silhouette de son hôte, occupé à taper sur un clavier visiblement ensorcelé pour répondre à un écran de MirrorTv plutôt qu'à son pow. La vision d'Even est floue mais il distingue des lignes et des lignes de texte qui s'entrechoquent, ponctuées ça et là de pixies. Un méga long hibou privé sur msn ? (du rp, en fait) Hush. J'dois tirer Seamus d'une situation délicate, m'interromps pas en plein élan créatif bouffon. Merlin, first Hazel, now you too ? Seam gronde un moi quoi plus agacé qu'intéressé mais Even ajoute quand même : L'égotrip. Tu parles de toi à la troisième personne j'hallucine. Il est assez fier de lui parce que réussir à formuler une pensée un peu cohérente dans son état est un exploit ; mais Seamus se retourne sur son siège pour le dévisager comme un abruti. Pas Seamus moi. Seam mon perso, duh. What ? Whatever, il abdique, il est trop tôt pour les bails insensés de Finnigan. Dude, les chiottes ? Toujours la première porte à gauche, t'es amnésique quand t'as la gueule de bois ? J'sais même pas où sont mes propres pieds. Il les retrouve à l'extrémité inférieure de son corps (surprenant !) lorsqu'il parvient à se lever, ses jambes menaçant de l'envoyer embrasser le sol tous les deux pas ; il ne saurait distinguer la gauche de la droite même si sa vie en dépendait, trop mort pour réfléchir, mais il finit quand même par déboucher devant les wc et y dégueuler une partie de ce qui lui révulse l'estomac. Avant de s'effondrer dans la salle de bain, à moitié habillé dans la baignoire dont il a maladroitement ouvert les robinets pour la remplir. Y'a une odeur vraiment répugnante qui le suit (c'était pas les pompes de Seam, alors) et il finit par en trouver la provenance : des traces louches et indéterminées qui vont de son t-shirt à ses veuch en passant par sa face. Il ne veut même pas savoir c'qui s'est passé.

Le bain a le mérite de le faire se sentir un peu plus humain mais vient avec... un contrecoup déplaisant. Il a les idées un brin plus clair, assez du moins pour se rappeler des raisons qui l'ont poussé à boire comme un trou la nuit derrière. Ce qui ne fait qu'accentuer son mal de crâne et le faire sentir encore plus misérable qu'au réveil.

Alors lorsqu'il rend dans la cuvette des wc, quelques heures plus tard, trois fois l'équivalent du petit-dèj hyper tardif qu'il s'était obligé à avaler, et qu'un Seamus beaucoup trop énergique et excité (h o w ? il a +++++ bu que lui ???) lui redemande s'il est prêt à aller de l'avant et à s'essayer à des blind dates pour cesser de moisir dans sa détresse, Even finit par répondre oui.

15juin 04. Avec juste sa baguette, son pow et deux sous en poche, une avalanche de quickies à lire et aucune intention d'y répondre de si tôt ou de rentrer non plus, Even se retrouve tout à fait à la merci de Seamus. Il ne va pas mentir : s'il râle, c'est surtout pour la forme, parce que c'est distrayant. L'irlandais lui balance des fringues à la tronche pour qu'il se change, lui remplit tellement les tifs de gel que sa tignasse reste figée en une crête qui pourrait rayer un mur en béton s'il skatait trop prêt, et il parle parle parle tellement qu'Even ne s'entend plus penser (tant mieux). A vrai dire, depuis qu'il est redevenu lucide il ne peut s'empêcher de penser que le plus vieux a l'air louche — genre h24 shooté, soit trop calme à broyer du noir en pensant à il ne sait quoi/qui ; soit complètement survolté comme s'il avait oublié de prendre son traitement pour tame down l'hyperactivité.

Il n'a pas eu l'occasion de questionner parce que le blind date est le sujet du jour. Et Even ne sait pas trop s'il est curieux ou s'il regrette amèrement d'avoir cédé.
Il n'a pas vraiment envie d'y aller à vrai dire. S'il s'écoutait il resterait plutôt terré dans un pieux loin de tout et de tous le temps que son cœur en miettes se rafistole d'une manière ou d'une autre, bancal mais au moins fonctionnel. Mais Seam est en mode c'est comme quand on tombe de moto, faut r'monter direct et Even n'a pas l'énergie de protester. Au moment de sortir il gesticule désagréablement dans le pantalon qui lui écrabouille les couilles, et ses cuisses menacent de faire craquer les coutures tant elles étirent le tissu, mais aucune protestation ne le sauve. Au lieu de quoi il se retrouve en moins de temps qu'il n'en faut pour dire cheese ! devant le restau où est prévue la rencontre, à marcher en canard derrière la serveuse qui le mène à sa table. Le type l'attend déjà à table et- soulagement. Il est, genre, assez mignon. Votre rendez-vous monsieur, l'employée annonce Even en le désignant d'une main gracieuse, et le mec vient lui tirer la chaise et tout, gentleman. Even craint un peu que le pantalon ne craque vraiment, à l'endroit le plus embarrassant possible, et s'assoit donc trèèès lentement, trèèès prudemment, laissant échapper un ouf soulagé quand il y parvient sans encombres. Dans la poche arrière où il est miraculeusement parvenu à glisser son pow, il sent l'objet vibrer encore et encore mais ne bronche pas. Faites-moi signe lorsque vous serez prêts à commander. Elle s'éloigne sur un sourire un peu crispé auquel le duo ne prête pas à attention.

I swear to Merlin, Seam's goal in life is to torment my existence ! Why else would he set me up with the absolute worst creeps in history ?? That bad ? Aucune compassion dans la voix de Scylla, mais c'est pour ça qu'il l'a appelée elle. Pas pour se morfondre, mais pour bitcher. The guy spent hours telling me about kale protein shakes. Then he took another twenty minutes to tell me how I should join him on a pickle juice cleanse because it’s doing wonders for his dick- Disgustin'. I know right ?? Then he asked me if I wanted to see it. In a fucking restaurant. Started to undo his belt and everything and I couldn't move because I was stucked between the window, the table and the wall- so I jumped over the table, ran away and never looked back. So you're telling you just... walk out on people during a date ? intervient Yummy Spice à l'autre bout du miroir à double-sens. S'il a bien compris, Scylla squatte chez une certaine Nell (??) et sa coloc Kida, Kidagakash, qui se trouve être la seconde moitié de la paire que forment les Vane sisters. Et il a eu la veine d'appeler à un moment où Romilda est apparemment venue la voir. Les organes d'Even fondent d'une façon pas du tout désagréable au son de sa voix parce que- well, il est et restera un fanboy ok ? Even if they’re weird, that’s a little… Yes, he does, coupe Scylla en reniflant dédaigneusement. It’s a timeless technique of removing yourself from a bad situation, passed down from mentor to apprentice, from me to Even. Even tourne la tête lorsque derrière lui, Shinazir cesse brièvement ses déplacements, serviette autour de la taille, cheveux humides goûtant sur ses épaules et t-shirt propre entre les mains. Mentor ? Ignore her. She’s been telling everyone that she’s my mentor lately, il répond en roulant sur le lit confortable pour se retrouver sur le dos et profiter du spectacle que lui offre l'aîné, pas prude pour un sou. C'était l'affaire d'une fois dans une vie, mais ça booste un peu l'égo à plat d'Even, de penser qu'il a eu ce mec là (fuck you Chang Nao). I’m offended. I thought I was your mentor. Le Moriyama croise les bras sur son torse et Even glousse et il peut quasiment entendre Scylla lever les yeux au ciel à l'autre bout de la ligne. Oh and I split my- I mean Seam's trousers while running, Even ajoute en fixant ledit pantalon comme s'il était responsable de tous ses malheurs. Yeah. Take this- I can see your underwear through that hole. Un bas plus large et sécuritaire atterrit sur l'oreiller à côté de lui et d'humeur flemmarde, Even ne prend pas la peine de quitter le lit pour forcer la seconde peau à se détacher de ses jambes (ça craque encore en chemin, définitivement ruiné, et même s'il affirme le contraire ça le tracasse un peu ; clairement il en offrira un nouveau à Seamus, parce que le dude aime ses fringues), puis s'accorde une seconde pour souffler avant d'enfiler le bas de Shinazir. Il a passé les derniers jours à squatter chez des potes, et principalement chez Seam, avant de fuir le responsable de ce rendez-vous pénible (son pow vibre contre son oreille pour signaler de nouveaux quickies et il se doute que c'est l'irlandais qui répond à la vingtaine de pixies d'AK et de pistolets moldus qu'Even lui a envoyés) en se réfugiant chez les Moriyama (enfin, dans la chambre de l'un d'eux et en passant par la fenêtre). As much as I like to hear about Pickle Dick Guy, reprend la voix mi-ennuyée mi-menaçante de Scylla, I gotta ask you something really important. About the last the last Mfactor live shows — who did you vote for ? Turn off the speakerphone. You wish. So ? I- Even Li. .... For you, okay ? YUMMY I'M SORRY ! I ADORE !! YOU ! I REALLY !! DO !!! Don't worry, it's okay, elle répond en riant aux éclats, et Scylla ne s'en formalise pas parce qu'elle est occupée à jubiler. That’s my boy. Shinazir s'apprête à partir chercher Sun à l'école ; Even décolle (littéralement) du lit pour le retenir par la manche et exiger qu'il lui claque un baiser sur le front. La porte se referme sur le rire amusé du plus vieux... et le moral du taïwanais chute d'un cran. Qui dit solitude dit qu'il pensera inévitablement à Nao et il n'a vraiment pas envie de retomber dans sa déprime ; vraiment pas envie de rester là tout seul pendant il ne sait combien de temps. Hey, thanks to... """Pickle Dick Guy""" I didn’t have dinner. You down to go out, grab something to eat and maybe watch a movie or two ? Of course. And you'll tell me more about the date. There’s nothing I’d rather do than viciously judge you for your life choices.

16juin 04. Il s'est changé les idées du mieux possible mais il fallait bien que, tôt ou tard, il affronte les conséquences de ses conneries. Alors Even est allé attendre Yohan à la fin d'un entraînement tardif et, alors que son hyung sortait tout juste du terrain, en sueur et exténué, le plus jeune lui est tombé dans les bras, le plaquant au sol en balançant d'une traite : HYUNG I'M SORRY I DIDN'T MEAN TO HURT YOU I'M SO SORRY HOW IS YOUR ARM ??? Passé le moment de surprise, le Park tente de se dégager et de maintenir une façade stern et mécontente ; mais Even est stressé et déterminé à le faire craquer parce qu'incapable de dealer avec l'idée qu'il lui en veuille plus longtemps. Alors il frotte le bout de son nez contre le creux de la joue de Yohan sans le laisser se relever. ça leur arrive, parfois, de s'empiler sur le sol du studio de danse parce qu'ils sont exténués, mais en dehors de ça ils ne sont pas si skinship. Leur affection mutuelle n'est pas aussi extravagante et démonstrative que les habitudes qu'ils ont l'un et l'autre avec Mickey — et dont ce dernier est d'ailleurs à l'origine — mais c'est un cas de force majeure. Even compte honteusement sur la cutance pour le tirer d'affaire parce qu'il n'est pas vraiment doué avec les mots, qu'il est conscient d'avoir merdé et qu'il a pétaillé bien trop longtemps avec de prendre ses balls en main pour aller s'excuser. Hyung pleaaaaase, I'm sorry, you can't hate me, il plaide misérablement et consent finalement à se redresser (assis), sans quitter les jambes de Yohan qui fait de même en grimaçant un peu, muscles douloureux. Even se met en tête de lui masser les épaules pour se faire pardonner pour le tacle. I can't hate you, il confirme avec un soupir, But what you said to Nao- Even détourne honteusement la tête, interrompant précipitamment : I know- I was just- it hurt so much hyung. I shouldn't have done that. And it was a mistake to confess to him in the first place. I don't- know how to deal with the mess I've made, it's so frustrating... You gotta talk to him. Il ouvre aussitôt la bouche pour protester, mais le regard solennel de Yohan la lui fait refermer. It has to stop, Even. You're both unhappy and miserable and it's hard for us to see you fight about nothing. You need each other. He doesn't want me. You need to understand that he's got issues. You love him and it's hard to let go, I know it is, I understand more than you think. But you're asking for something he can't give you. Not now. It's not fair. Injuste pour eux deux- c'est vrai. Even se laisse rouler sur le côté et tomber sur le gazon auprès de Yohan, ruminant ce qu'il vient de d'entendre. Yohan l'a toujours encouragé à se rapprocher de Nao, affirmant qu'ils seraient vraiment bien tous les deux mais sans jamais cesser de lui dire de faire attention, de prendre son temps, de ne pas oublier les limites de Nao. Il avait raison tout ce temps où Even a refusé d'écouter, et maintenant tout est plus compliqué parce qu'Even ne veut pas que tout le monde ait à souffrir de leurs engueulades, mais n'a pas non plus envie de se la jouer maso en prétendant pouvoir côtoyer Nao et l'écouter parler de ses conquêtes alors que ça le tue.

I'm searching for something that i can't reach.

ça a tout l'air d'être une impasse et pendant de longues minutes ils restent juste là, allongés dans l'herbe humide, épaule contre épaule à regarder la nuit sans étoile, sur le bord du terrain généreusement éclairé par des lampadaires ensorcelés. Et puis ils tournent la tête pour se fixer sérieusement, jusqu'à ce que loucher en se regardant de si près leur arrache un rire. I'll try hyung. I can't make any promises but... I'll try to talk to him. Peut-être que ça marchera, s'ils fixent des règles. Oh, et- Yohan lui pince vicieusement le côté, le faisant se tordre dans l'autre sens pour échapper aux doigts assassins. ça c'est pour l'état dans lequel t'as mis Mika en disparaissant pendant des jours sans donner de nouvelles.

De longues minutes plus tard, après qu'ils soient descendus chacun à son stop une fois arrivés au Sawl Yard, Even pénètre dans l'appart qu'il partage avec son meilleur ami ; pour la première fois depuis ce qui lui semble être une éternité. Toutes les lumières sont éteintes, fait peu surprenant au vu de l'heure. Il s'attend à moitié à ce que Mickey soit dans son atelier, est soulagé de le trouver roulé en boule dans son lit. Even lâche ses fringues quelque part dans la chambre (le haut de Seamus, le bas de Shin ; montage d'affaires disparates, en bon clodo) et se glisse derrière lui pour se caler contre son dos. C'est incroyable, l'intensité du soulagement qu'il éprouve à son contact ; incroyable combien le fait de le retrouver parvient à desserrer quelque peu le nœud persistant au creux de sa cage thoracique. Plus que l'appart, plus que quoi que ce soit d'autre, ça lui donne la sensation de rentrer à la maison. Babe ? Mickey lâche d'une voix rauque, lourde de sommeil, en émergeant un peu lorsqu'Even s'attelle à parsemer son front, ses joues et son cou de baisers. I'm home hyung. Il y a un instant d'hésitation, et puis Mickey se retourne dans ses bras pour nouer les siens autour de lui. Fucking finally. Even Li I swear to Merlin- il grimace, mais est interrompu par un bâillement qui manque de lui décrocher la mâchoire, et l'instant d'après il ronfle à nouveau comme un bienheureux.

Even s'expliquera demain. En attendant, il dorment membres entremêlés et le taïwanais y puise tout le réconfort qu'il peut, comblant de son mieux le vide béant qui ne le quitte jamais depuis qu'il a perdu Nao.

17juin 04. Il y a des gens enchaînés à des pancartes devant le Chaudron Baveur. D'autres qui sillonnent la rue plus ou moins calmement, selon les cas. Trois groupes opposés se confrontent avec une hostilité croissante (les pro moldus, les pro sorciers et les pro réunification), et toutes sortes de messages sont brandis hardiment en dépit de la chaleur caniculaire. Les agaçants Don't let the muggles get you down des sorciers conservateurs ; les plus sympathiques Muggle lives matter, les sarcastiques If only closed minds came with closed mouths qu'il affiche d'ailleurs lui-même d'un côté de sa pancarte, l'autre étant barré d'un : Different but humans all the same ; il y a aussi les Let Wizard love Muggle personnifiant l'un et l'autre comme s'il s'agissait de deux individus, et puis I'm a muggle a wizard HUMAN. Mais aussi les crispants No place for wizards ; This is my land, I don't know you. No to magic. Even est venu pour faire plaisir à Damian et Mickey en premier lieu, parce que les anti le débectent en second lieu, et aussi- parce que Mickey dit que Nao sera là. Y'a même une vieille qui manifeste avec le slogan Wizards, now you've pissed off grandma, et il ne sait pas s'il doit en rire ou l'injurier ou lui lancer un sort pour lui éviter une potentielle insolation. Enfin- la dernière option est prohibée ; il est fortement déconseillé (aka interdit) aux sorciers d'user de magie durant les manif, de peur de provoquer un mouvement de foule et de déclencher les hostilités.

Mais il a super chaud et ne voit Nao nulle part.

Jusqu'à ce qu'il l'aperçoive finalement. A distribuer des bouteilles d'eau aux manifestants.
C'est... putain, ça fait mal. ça le renvoie inévitablement à l'une de leurs toutes, toutes premières rencontres. Il se rappelle avec une acuité déstabilisante la façon dont leurs regards s'étaient croisés ce jour-là, lui revendiquant avec les étudiants et Chang ravitaillant comme aujourd'hui. C'était avant... tout. Avant que tout ne se complique à cause d'un café renversé, à cause de sentiments non partagés, à cause d'une confession ratée. Leurs doigts se frôlent lorsque Even récupère une bouteille et Nao écarte sa main comme s'il s'était brûlé, le regard glacé et la mine fermée, avant de se détourner.
Il y a un instant durant lequel Even n'entend plus rien de ce que scande la foule ; puis il y a la main de Damian qui lui secoue frénétiquement l'épaule, et le taïwanais reconnecte péniblement avec la réalité. Voit bouger les lèvres de son ami sans comprendre ce qu'il dit, puis perçoit le danger lorsqu'il s'ouvre enfin aux bruits ambiants, aux explosions de colère qui s'élèvent tout autour d'eux.

ça dégénère. Mickey, Damian et lui se regroupent, se tenant de leur mieux pour ne pas se perdre en dépit des bousculades de la foule, et Even cherche Nao des yeux, un sentiment d'urgence mêlé d'horreur lui courant dans les veines. Merlin, faites qu'il soit sauf ; dents crispées et lèvres bougeant en une litanie insistante, une supplique muette, il finit enfin par l'apercevoir, Nao et ses cheveux teints couleur argent.

Plus précisément, son œil capte l'éclat d'une bouteille de verre qui s'élève en un mouvement menaçant et son coeur cesse de battre lorsqu'il comprend que l'homme qui la tient compte la briser à l'arrière du crâne de Nao, qui lui tourne le dos. HEY ! Il gueule de toute la force de ses poumons, attirant seulement quelques regards tandis qu'il se précipite en direction de l'homme... mais son cri est absorbé par les exclamations rageuses qui fusent de partout, alors qu'il se jette en avant pour tenter de se frayer un chemin jusqu'à eux. GET AWAY FROM HIM, ASSHOLE ! Il étend un bras au maximum à travers des têtes, l'estomac retourné par la peur (Merlin, faites que Nao ne soit pas blessé) ; sa main parvient à agripper l'homme qui, déstabilisé dans son mouvement, manque sa cible de peu. La bouteille se fracasse dans une pluie d'éclats épais contre l'épaule de Nao plutôt que sa nuque et Even voit rouge,

Even va le tuer.

Il ne réfléchit même pas lorsqu'il abat son panneau contre le crâne du type une première fois, puis une seconde, hurlant de rage. Des bras tentent de le retenir, parviennent à lui arracher son arme improvisée, à s'enrouler autour de sa poitrine pour le faire reculer — l'homme en profite pour le frapper au ventre, au visage, alors Even s'appuie lourdement sur les avant-bras qui le maintiennent et balance son pied en avant pour cueillir violemment l'enfoiré à la mâchoire, la regardant décrocher avec une satisfaction dégueulasse. LÂCHEZ-MOI, il proteste, lutte comme un diable pour s'arracher à la prise qui le tire en arrière, toute son attention dirigée vers Nao à présent. NAO ! il a un goût de sang dans la bouche, mais le t-shirt blanc de Chang est tellement tâché de rouge qu'il en a la nausée. Il parvient il ne sait comment à se libérer (Mickey s'est interposé pour qu'on le lâche et Damian essaye désespérément d'inciter au calme alors que la manif tourne à la plus pure violence), mais ses mains tremblantes trouvent le visage de Chang aussitôt qu'il réussit à l'atteindre et il respire quand ses pouces entrent enfin en contact avec les pommettes, rougies par la chaleur, du chinois. You okay ? Il demande, mais c'est rhétorique parce que lorsque Nao cingle Fine ! à travers ses dents serrées tant à cause de la douleur que de la réticence à se retrouver à proximité de lui, Even refuse en bloc de le croire. No, you’re not. Let’s get out of here, il lui crie pour tenter de se faire entendre, tournant la tête juste le temps d’adresser un Hyung ! à Mickey ; d’un geste il lui fait signe qu’il s’apprête à transplaner, le pouce levé de l'aîné faisant office de feu vert. Il enlace fermement Nao et dégage de cet enfer, les menant directement devant l'entrée sorcière de St Mungo's.

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I CAN'T FALL IN LOVE WITHOUT YOU
we're not nothing • don't feed me scraps from your bed, I won't be the stray coming back just to be fed. just pretend that you want me and be my babe.

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WIZARD • always the first casuality
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‹ scolarité : septembre 02 à aujourd'hui (au Centre London-I en 2ème année).
‹ baguette : mesure trente centimètres, en bois de vigne, elle contient un crin de licorne.
‹ gallions (ʛ) : 1430
‹ réputation : true athlete, terre-à-terre capable de converser avec tout le monde, il reste humble et bienveillant en toutes circonstances ; mais il dégage aussi une image de snob, du gars inaccessible et froid, ça dépend surtout du point de vue.
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‹ résidence : dans un appartement avec mes deux meilleurs amis, dans le quartier du Whitehorn.
‹ patronus : une hirondelle
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Why did you leave me here to burn ? I'm way too young to be this hurt. I feel doomed in hotel rooms staring straight up at the wall, counting wounds, and I am trying to numb them all


9 JUIN 2004. C’est terrible comme il se sent satisfait après l’avoir blessé, ce feeling malsain de voir Even s’énerver – à cause de lui. Mécanisme d’attaque complètement toxique parce qu’Even l’a sali de ses mots tellement qu’il ne se sent pas bien dans sa propre peau (mensonge, c’était déjà le cas avant qu’il ne le rencontre, sa haine de soi, ça fait longtemps qu’il l’a : profondément ancrée, lâchant son venin de temps en temps comme des piqures de rappel pour ne pas qu’il oublie à quel point il est minable. sauf que Nao n’oublie pas, il n’oublie jamais). Satisfaisant, tellement tellement satisfaisant de voir qu’il compte juste un peu pour qu’Even s’énerve à cause de ses mots (est-ce qu’il comptait quand Even l’a humilié ? quand il s’est moqué de lui avec ses potes ?) mais… mais ça lui fait mal de savoir qu’il en est la cause. Parce que c’est pas son genre de blesser les gens volontairement, encore moins Even qu’il ai- qu’il appréciait avant. Je suis fatigué. Perché sur la rambarde, le regard qui tombe dans le vide et l’envie de se laisser tomber traverse son esprit une seconde. C’est le genre de pensées qu’il a depuis longtemps en lui mais qu’il refoule parce que… parce qu’il n’a pas le cran. Il n’a aucun courage, aucune détermination, aucune volonté. Il n’entend pas les autres, il ne voit personne, pas même Even, son regard fermement cloué sur les différents étages qui semblent augmenter en nombre alors qu’en réalité il n’y en a pas tant que ça. « Descends de là. » Ça serait tellement facile. Il pourrait se laisser tomber ou rester sur place et se laisser mourir lentement, il pourrait ouvrir la bouche et dire à tout le monde ce qu’il ressent ou la fermer et prétendre qu’il peut tout arranger tout seul (mais il a vingt ans et il n’a jamais eu l’impression d’avoir réussi à arranger quelque chose – lui, il n’fait que de saboter et gâcher tout ce qu'il touche). « T'es bouché à force de te prendre toutes les bites de la terre ? Descends de cette PUTAIN DE RAMBARDE ! » Il le regarde cette fois, le pourquoi dans ses yeux.

Est-ce qu’Even a peur pour lui ? Ou il préfère être celui qui le pousse ?

Avant, il était persuadé qu’Even était sa gravité, qu’il pourrait le rattraper à la moindre chute mais quelque chose a changé parce que le regard d’Even teint de haine et de dégoût et de colère – c’est un coup fatal qui le fait brusquement lâcher la rambarde des mains. « T'as rendez-vous non ? Casse-toi, vas t'faire enfiler par le premier venu et rends service à tout le monde, CRÈVE ! » Mais l’impact de ses mots est pire que tous les regards meurtriers qu’il lui lance, juste un seul mot et pourtant il se retrouve déstabilisé, désemparé, à bord d’une crise d’angoisse. Mais ça vient pas. Ça vient pas parce que la gifle de Nina résonne dans le couloir autant qu’elle résonne dans sa tête, constamment, continuellement. Les battements de son cœur se calment soudainement, presque inexistants, ses mains retrouvent leur prise sur le bois et il a l’impression d’être un simple spectateur de cette scène (de sa vie entière). L’impression de se séparer de son propre corps et de regarder d’un point de vue extérieur cette scène qui lui vrille pourtant tellement le cœur qu’il a envie de se l’arracher. Il a provoqué, il a provoqué Even et maintenant les répercussions ont touché tout leur entourage. « Allez tous vous faire foutre. » Son regard suit la silhouette d’Even alors qu’il descend les marches, une part de lui veut courir vers lui et le rattraper et une autre veut le pousser dans le précipice. Il hausse la voix juste pour qu’Even puisse l’entendre, quelques étages plus bas. « Oh, you’re giving me your permission to fuck. It’s very kind of you. » Si réponse il y a, il n’entend pas, sa main attrape immédiatement sa baguette et il transplane. Il l’a peut-être provoqué mais Even a porté le coup de grâce en disant crève.

Ce n’est pas à son propre appartement qu’il est retourné, ni celui du type qu’il avait prévu d’aller voir ce soir mais c’est devant la porte de l’appartement de ses parents qu’il s’est pointé, messy et anxieux, il se retrouve pourtant incapable d’ouvrir la porte tout de suite. Parce qu’il n’est pas en état, ses mains tremblent, ses yeux se remplissent de larmes et son cœur est tellement fracturé que son souffle se bloque soudainement – il se rend compte que c’est un sanglot. Il l’étouffe, les prochains aussi, front collé contre la porte, ses mains plaquées sur sa bouche pour ne faire aucun bruit possible, surtout pour ne pas alerter ses parents de l’autre côté de la porte ou les voisins trop curieux. Il refuse d’être un fardeau pour ses parents, il en a assez de l’être avec ses amis, dépendant de leur affection et les entraînant sans le vouloir dans sa chute. Il déteste ce qu’il est devenu, ce qu’il a toujours été en fait mais il déteste plus que tout le Nao d’aujourd’hui – celui qui est incapable d’accepter Even dans sa vie mais quand il se rend compte qu’il a bousillé tout ce qu’ils avaient, se retrouve à sangloter devant la putain d’porte de ses parents. Celui qui veut demander de l’aide mais ne sait pas comment faire, ne sait pas comment l’avouer à quelqu’un. Celui qui a tellement de haine pour soi-même que le peu d’amour qu’il arrive à avoir pour d’autres, ça l’effraie. Crève.

Quand il ouvre la porte, les larmes ont disparu, ses yeux sont encore un peu rougis mais il pourra toujours camoufler sous l’excuse de la fatigue. Porte refermée, il fait quelques pas dans le couloir aux lumières tamisées mais est surpris de n’entendre aucun bruit – une drôle d’odeur lui parvient, pourtant. Il avance jusqu’à la cuisine, là où il trouve sa mère devant plusieurs plats brûlés. Elle ne l’a pas vu ni entendu arriver, occupée à décorer un gâteau aux fraises et au chocolat – le gâteau préféré de Bǎo Lán. Il remarque d’abord son maquillage, totalement flawless, il sait qu’elle a dû y passer trois heures pour le rendre le plus parfait possible – sauf qu’il l’est un peu trop, justement, rehaussé par son expression joyeuse mais figée, il y a quelque chose de complètement off chez elle. Ses cheveux noirs sont attachés par un ruban rouge mais les produits de soin qu’elle a appliqués pour maintenir ses cheveux en place donnent un aspect tellement faux et figé à son apparence. Pour quelqu’un d’extérieur à sa famille, Iseul Chang est une perfect mom en tenue florale cheap mais élégante, parée de ses plus beaux bijoux qu’elle a réussi à sauver après la saisie de tous ses biens et sa fortune, maquillée et coiffée même pour préparer des plats dans sa cuisine impeccable et organisée ; une pin up mom sortie tout droit de son papier glacé. Pour un Chang, il y a quelque chose qui cloche, le sourire éblouissant qu’elle a fixé sur son visage est un miroir de sa joie fausse et excessive, elle est juste… whacked out. Et c’est quand il voit la tâche de chocolat sur son tablier favori qu’il se rend compte à quel point c’est grave. Nao ne voit pas son père ni sa sœur dans les parages. À en juger par les nombreux plats cramés, elle se trouve aux fourneaux depuis plusieurs jours (est-ce qu’elle a même dormi de la nuit ?). « Oh, Nao », son sourire est beau, sa mère est belle mais là tout de suite, sa beauté a quelque chose d’insane. « Take off your shoes, please. You know we don’t wear our shoes inside. » Il grommelle une excuse, embarrassé d’avoir oublié une telle habitude et passe rapidement dans le hall pour les enlever, les rangeant de façon symétrique, alignées avec les carrés du sol. Il n’a pas visité ses parents depuis... presque deux mois maintenant, envoyant régulièrement de l’argent sur leur compte ou faisant passer des requêtes via quickies ou en passant par Min. La dernière fois qu’il avait vu sa mère, elle lui avait dit que Bǎo Lán avait été placé dans une autre famille d'accueil et qu’ils ne le reverraient plus. Et il comprend que ce n’est pas seulement Bǎo Lán qui lui manque mais tous ses enfants : Jian et son gâteau de lune, Min et son mung bean cake, Nao et ses hotteok sans cacahuètes parce qu’il en est allergique. « I made your favourite », dit-elle lorsqu’il revient, elle passe ses doigts manucurés dans ses cheveux qu’elle écarte de son front, avant de retourner à la décoration de son gâteau. Il n’ose pas ouvrir la bouche.

Il se retrousse les manches et se tourne vers la montagne de vaisselle, sans attendre qu’elle ne lui en donne l’ordre de la faire. C’est en silence et le plus discrètement possible qu’il lave parce qu’il sait qu’un mouvement brusque pourrait la bouleverser quand elle est dans cet état. « So… How’s school ? » Il déglutit et retient les mots qui lui enserrent la gorge depuis qu’il a transplané. « Fine », qu’il répond sans élaborer, la voix un peu rocailleuse mais Iseul ne s’y attarde pas – Nao n’est même pas sûr qu’elle l’ait entendu. Hi, mom. I let the boy I like slip through my fingers. I want to die. Do you think the funeral company gives students a discount ? En fredonnant un vieil air, elle contourne la table pour partir dans la direction de la salle de bain – il suppose qu’elle veut parfaire son maquillage déjà parfait. Encore une fois, il est venu pour demander de l’aide mais se retrouve avec les lèvres scellées, à encaisser les remous de son cœur tout seul et à se persuader que tout va s’arranger (crève). Sa mère n’est toujours pas revenue, même quand il termine toute la vaisselle ; il prend place à table et sort son pocketowl pour envoyer un rapide quicky à Yohan et Nina pour leur dire que tout va bien, qu’il est juste venu visiter ses parents. Il leur précise également que sa mère leur fait des bisous parce que sa mère leur en fait toujours, tactile et affectueuse qu’elle est, alors qu’elle n’a même pas songé à eux une seconde ; il tente de se persuader que c’est juste un épisode de manie, que ça ira mieux maintenant qu’il est là. Il envoie un autre quicky à Min et Jian pour leur demander où ils sont et leur prévenir que maman est en train de faire un épisode. Se concentrer sur sa mère, pour l’aider, ça lui permet de mettre en sourdine ses propres problèmes parce qu’il est déjà mort pour Even de toute façon. Crève.

11 JUIN 2004. « Oh, I nearly forgot. I just got my driver’s license. » C’est un peu sa fierté du moment, d’avoir réussi quelque chose, tellement il a l’impression que tout le reste s’écroule. Les félicitations fusent dans le groupe, ils sont à leur spot habituel sur l’herbe pour déjeuner. Nina et Yohan lui lancent des regards prudents à cause des événements de ces derniers jours mais Nao leur a assuré que tout allait bien – ils ont fait leur possible pour le rassurer qu’Even ne pensait pas ce qu’il disait (mais c’est faux) et Nao leur a dit qu’il avait relativisé et qu’il n’y pensait plus (et ça aussi, c’est faux). In fact, depuis que sa mère va mieux, il s’efforce à penser qu’il n’a pas de raison pour se morfondre, même si les mots d’Even brûlent encore et qu’il arrive à entendre distinctement crève même plusieurs jours après. « How’d it go ? » Kida et sa Posh, c’est toujours un plaisir quand elle prend quelques-uns du groupe pour aller en balade, les autres s’entassant soit dans la Posh de Nell, soit dans la voiture de Moe. Mais Chang rejoint aussi la team des chauffeurs – il ne lui manque plus que le bolide. Il coupe sa nourriture en mille morceaux sans rien mettre dans la bouche, répondant à la question de Kida avec enthousiasme – at least, son enthousiasme n’est pas fake. Il n’a pas faim mais il n’veut pas les inquiéter en leur avouant qu’il n’a pas mangé depuis hier midi. « Good but I was nervous. The parallel park can be intimidating and I lost points for being too close to the curb. My examiner let me play music while I drove, it helped a lot. The thing that scares me is that I passed my test with just 15 hours of driving.Oh, I had the parallel park too and I failed but my examiner told me to forget about it and I got my license anyway.You must have caught him on a good day.What kind of car would you like ?I don’t know yet, I have an appointment tomorrow.Insurance is a bitch, have fun. » L’intervention de Moe fait un peu ricaner le groupe et Nao oublie complètement son assiette (dont il n'a avalé aucun morceau) quand les petits bras de son bébé se tendent vers lui – il le pique à son père et le cale contre lui, l’une des petites mains collée sur la sienne (tout aussi petite). Il intercepte le regard des autres et il voit Scylla qui s’apprête à commenter sur la taille de ses mains mais il ignore leurs commentaires pour se focaliser sur le petit bonhomme qui n’arrête de rire à cause de ses grimaces idiotes.

14 JUIN 2004. Le vacarme provenant du salon le sort brusquement de sa sieste, au point qu’il chute de son lit et glisse sur des chaussettes dans sa tentative pour sortir de sa chambre et d’aller voir ce qui se passe de l’autre côté. Il grogne et lâche une injure en se tenant les côtes qui avaient touché le bord du lit et parvient tant bien que mal à sortir enfin dans son état semi-groggy. S’il s’attendait à prendre en flagrant délit un cambrioleur, c’est pourtant une toute autre scène qu’il voit quand il atterrit enfin dans le salon. Là, sous ses yeux, deux chats (de putain d’siamois) ont arraché les rideaux, tiré la nappe, griffé et déchiqueté les coussins, fait tomber le vase qui s’est brisé en mille morceaux – oh, c’est sans doute ce qui l’a réveillé. Les coupables s’immobilisent dans leur carnage, le regardent comme s’ils attendaient que Nao s’excuse pour les avoir interrompus. « Dirico ! Express ! » Mais ni l’un ni l’autre ne fait signe quand il crie leurs noms (et honnêtement, il ne sait même pas lequel est son chat tellement ils se ressemblent). « Pas bouger », il les pointe même du doigt comme s’ils allaient comprendre quelque chose. Il sort son pocketowl et appelle immédiatement Anthea qui répond au bout du troisième appel. « Hey, ChangTON CHATwow, pourquoi tu m’agresses ??Express est chez moi et il a influencé Dirico et maintenant ils ont sacagé mon salonhow dare you, Express est un ange, c’est Dirico le monstre sauvage qui l’entraîne dans ses bêtisesMoriarty, j’crois que t’es dans le déni, en plus ton chat me regarde malt’es sûr que c’est le mien ? parce que ça peut très bien être Dirico, j’arrive jamais à les différencierje crois que Dirico a une petite tâche sur la patte gauche, attends je vérifie. » Il s’approche des deux bestioles, se met à quatre pattes devant les chats (tout en faisant abstraction du bordel qu’ils ont causé – de toute façon, il voulait changer ces rideaux depuis longtemps) et leur saisit délicatement les pattes avant pour vérifier. « Okay, c’est Dirico qui me regarde mal, il a bien une tâche à la patte. Bref, viens chercher ton monstre. » En attendant Moriarty, Nao sort les sacs de poubelle pour commencer à y balancer les miettes. Heureusement que le nouveau papier peint n’a pas de traces de griffes, ça fait quelque chose comme une semaine qu’il a terminé les murs ; il avait prévu d’aller faire un tour à Furniture Village anyway pour changer un peu la déco du salon. Les chats abandonnent leur spot sur le canapé pour aller s’ennuyer ailleurs, Nao les ignore, occupé à remplir les sacs de leur crime. Thea arrive quelques minutes plus tard et l’aide à débarrasser les débris du vase et les fleurs fanées ; ils rangent un peu tous les deux même si Nao lui assure qu’il fera le reste tout seul (pour être honnête, il n’aime pas quand on dérange sa façon de faire) et ils finissent chacun par attraper son chat et se laissent tomber sur le canapé. Dirico et Express se laissent câliner par leurs maîtres même si Nao prévient le sien qu’il ne lui donnera pas de snacks ce soir. Ils discutent de leurs prochains matchs, de leurs entraînements et de sujets sans importance comme le nouveau scroll de DJ Martha ou les tenues canons de Hot Spice des Little Jinx dans son dernier photoshoot. « Oh j’ai failli oublier, tu viens jeudi ? Y’a une manif’ devant le Chaudron Baveur.Mmh, j’ai entraînement jeudi mais j’essayerai de venir. Nina va venir aussi j’suppose ?Ouais, enfin, c’est elle qui m’y traîne surtout.Elle en discutait avec Lynch ce matin. Honnêtement, Nina est une sainte pour la supporter, j’sais pas comment elle fait.Mais oui ! Elle mérite une médaille. » Le bitchage sur Hazelnut dure encore quelques minutes parce que Moriarty et Chang sont souvent en clash avec Lynch (et non, Nao ne l’antagonise pas du tout juste parce qu’elle est l’ex d’Even, nope, pas du tout). Mais Anthea décide de rentrer après, emportant son chat et il n’insiste pas pour lui demander de rester encore un peu – c’est okay, Nina ou Yohan, l’un d’eux finira par rentrer un peu plus tôt aujourd’hui. Ou pas mais at least quand la porte se referme, il a toujours son chat dans les environs et Dirico ne semble pas d’humeur à l’énerver. Nao se traîne encore jusqu’à son lit pour continuer sa sieste, à cause de ses nuits d’insomnie. Y’a toujours quelque chose qui le tient éveillé (crève). Il boit une seconde potion de sommeil avant de se laisser échouer sur son lit, sans même en tirer la couverture mais il entend son chat pousser la porte et grimper jusqu’à son lit. Nao tapote la place qu’il lui a laissée à côté et Dirico farfouille un peu sur les couvertures avant de venir se nicher tout près de lui – sauf que le chat dépose quelque chose à côté de lui. C’est un bonnet noir mâchouillé, parsemé de petits trous que Dirico a fait de ses canines. Mais il reconnaît le bonnet d’Even parce qu’il n’a jamais eu le cran de le lui rendre et parce qu’il a passé plus de nuits à dormir avec qu’il en connaît la moindre couture. Et même si le bonnet n’est plus ce qu’il était, y’a quand même quelque chose qui se brise en lui parce que d’Even, il ne lui reste plus qu’un bonnet déchiré. Y’a pas moyen que son chat comprenne que ce bout de tissu lui est précieux mais il se plaît à penser que c’est sa façon de l’aider à se reconstruire après le vide qu’Even a laissé dans sa vie. Dirico vient s’allonger sur son bras et Nao porte le bonnet à son visage et se rendort.

17 JUIN 2004. Ça fait quelques jours maintenant qu’il a sa Red Queen, une voiture offerte par un sponsor après qu’il ait obtenu son BBVC. Il se retrouve propriétaire d’une Barone Veyron rouge, originellement de deux places mais équipée d’une option (un bouton, en réalité) qui permet d’ajouter des sièges arrière si besoin. Il fait plusieurs tours à Pinkstone pour trouver une place libre ; sans surprises, pratiquement toutes les places sont prises près du lieu où se tiendra la manifestation mais il trouve miraculeusement un spot libre sur la place principale après qu’un véhicule familial soit sorti, il s’y gare sans plus tarder. Baguette, portefeuille et pocketowl sur lui, il part ensuite prendre un ticket de stationnement qu’il place ensuite sur le parebrise de l’intérieur de la voiture. Un quicky de Nina lui indique où ils sont regroupés parmi les autres bénévoles – il n’en est pas un mais il est venu donner un coup de main à Nina pour le ravitaillement. Il les retrouve une bonne dizaine de minutes plus tard, à se frayer un chemin dans la foule dense et compacte sous la chaleur cuisante (il se maudit d’avoir oublié ses lunettes de soleil dans sa voiture). Moe, comme toujours, est venu avec son bébé qu’il a maquillé et inscrit sur la joue M + W. Heri et Jazz se chargent de lui coller des pins sur son t-shirt pendant que Nina lui peint une fleur de lilas sur la joue droite. C’est Yohan qui se charge de lui poser une couronne de fleurs sur la tête, comme pour tous les autres membres du flower squad. Il ne participe pas en scandant des slogans ou en brandissant des pancartes mais à sa manière, discrètement, en aidant ceux qui se battent pour les mêmes causes et c’est comme ça qu’il passe quelques heures à distribuer des bouteilles d’eau et des snacks, c’est déjà pénible de se tenir sous cette chaleur alors il n’imagine pas ceux qui doivent crier et protester pour défendre leurs convictions.

Jusqu’à ce qu’il se retrouve face à quelqu’un qu’il fuit comme la peste. Il ne veut pas le voir, il ne veut pas lui parler, il n’a même pas la force de se disputer avec Even – à chaque fois qu’ils se voient, c’est comme s’il drainait toute son énergie. Et même là, en lui passant juste une bouteille d’eau, leurs doigts qui se frôlent, ça le renvoie à… plusieurs mois en arrière. Un an peut-être ? La toute première fois qu’ils s’étaient vus. Le moment dure à peine quelques secondes mais Nao fuit comme un lâche, la sensation de brûlure toujours dans ses doigts et l’irrésistible envie de se retourner pour le regarder (Even et ses cheveux, Even et ses yeux, Even et ses doigts, Even juste Even, là, pas hostile juste aussi paumé que lui). Il le fuit parce qu’il ne sait pas s’il aura assez de contrôle pour supporter un autre crève sans passer à l’action. Il est beaucoup trop fatigué, beaucoup trop vulnérable et surtout malade pour encaisser ses sales coups, ses sautes d’humeur, ses mots qui le touchent plus que les mots de n’importe qui.

Sauf qu’il a suffi de quelques secondes pour qu’il se retrouve désorienté, qu’il n’entende même plus les cris de la foule, qu’il ne voie pas les gens qui le bousculent, il veut juste partir, partir, partir loin parce qu’Even est là et que pour la première fois Nao a peur de le voir. (est-ce qu’il est venu pour l’achever ? pour l’humilier ? pour lui dire qu’il n’a jamais compté ? même quand il lui avait dit there's so many things to like about you ?)

Y’a un moment de pure stupeur quand il envisage de retourner dans sa voiture et de fuir absolument tout et l’instant fatidique où il sent quelque chose se briser sur son épaule gauche. Y’a un moment d’arrêt complet quand il se retourne tant bien que mal, qu’il voit son tshirt se tâcher tâcher tâcher de rouge tellement tellement de rouge – et cette douleur, pas juste à l’épaule mais à l’œil gauche aussi. Ça lui prend quelques secondes de plus pour percuter que c’est avec une bouteille en verre qu’on l’a attaqué, quelques secondes de plus pour ne même pas réussir à faire aucun mouvement avec son bras gauche. Il est perdu, tellement tellement perdu et la douleur qui s’accroit à chaque seconde, qu’il tente de ses mains tremblantes d’enlever les bouts de verre qui sont coincés profondément dans sa chair mais ça fait trop mal pour qu’il parvienne même à toucher son épaule. Et le sang qui coule, qu’il goûte sur sa langue parce qu’il n’arrive même pas à ouvrir son œil – il ne tente même pas de le faire, la douleur est trop intense (est-ce qu’il va devenir borgne ?). Et puis il lui faut quelques secondes de plus pour relever la tête et voir qu’à quelques mètres de lui, Even se bat avec quelqu’un, Even qui se prend des coups, Even qu’on retient comme s’il avait causé tout ce raffut. « LÂCHEZ-MOI », la partie rationnelle de son cerveau voit le restant de la bouteille dans les mains du type à terre mais la partie encore trop à bout de leurs clashs songe est-ce que c’est Even… ? « NAO ! » Et Even qui se précipite vers lui, qui se saisit de son visage, inquiet pour lui mais tout ce que Nao voit c’est le sang sur Even. De sa main valide, il attrape la main d’Even qui s’approchait trop près de son œil et la garde fermement dans la sienne dans l’espoir qu’il le stabilise parce qu’il ne fait plus trop confiance à ses jambes.

« No, you’re not. Let’s get out of here, »  il tente d’acquiescer mais la douleur dans son œil est tellement insupportable qu’il n’arrive même pas à formuler des mots, juste à serrer des dents et retenir ses râles, s’appuyant sur Even quand le transplanage est terminé (Merlin, il avait l’impression que ça avait duré des heures). « E-Even I can’t move my arm- » qu’il murmure tant bien que mal entre ses dents serrées, peinant à garder son œil droit ouvert, il se laisse guider par Even à l’hôpital, il suppose, il a un peu le tournis, il a l’impression qu’on lui a ouvert le crâne en deux, il a aussi l’impression de patauger dans son sang et il a perdu la couronne de fleurs (pardon Hanie, t’as passé du temps dessus et maintenant elle tâchée de sang) ; mince il vient de perdre un bout de verre, faut le ramasser pour éviter que quelqu’un marche dessus avec des pieds nus- « Even » il ne sait pas pourquoi il l’appelle, ni comment il arrive même à trouver la force en lui pour murmurer son prénom alors que la douleur s’accentue dans tout son corps à chaque pas qu’ils font. La main d’Even dans son dos, son autre bras qui le soutient, ses murmures pour lui dire que tout va bien, qu’ils sont à l’hôpital. Et puis soudainement ça le frappe et il commence à paniquer parce qu’il n’aime pas les hôpitaux, parce qu’il a peur de ce qu’ils pourraient lui faire (détecter), parce qu’il n’a pas d’argent sur lui et qu’il ne pourra pas payer les frais. Les pensées stupides et futiles qui le traversent dans un moment pareil alors qu’il entend plus qu’il ne voit les infirmières se précipiter vers eux, Even qui leur explique ce qui s’est passé et qu’il sente ensuite des inconnus le toucher pour le tirer ailleurs- il panique encore plus quand les médicomages le touchent, il se tourne vers Even, agité et extrêmement anxieux et sa main valide s’agrippe désespérément à lui comme s’il lui était vital et il l’est, oh Merlin, qu’il l’est, Even est sa vie, faut qu’il lui dise, faut qu’il lui dise maintenant- « Even- pl-please don’t leave- please please don’t leave m-me I need you- » mais les médicomages sont plus tenaces et parviennent à le stabiliser en lui injectant quelque chose dans son bras et il lui faut juste quelques secondes pour que le produit agisse et que ses agitations cessent complètement. Il n’est pas en état de voir ce qu’ils font, de réfléchir, ou de savoir ce qui s’est passé, il n’est même pas en état de voir tout court, il se sent juste déposer sur un lit et quelques secondes plus tard c’est le blackout.    

Quand il reprend conscience, il n’arrive pas à ouvrir son œil droit, son instinct le pousse à ouvrir les yeux mais c’est impossible parce que quoi qu’il fasse, son œil gauche est broyé sous les bandages et que le moindre mouvement provoque une nouvelle décharge de douleur qui traverse tout son corps. Un léger grognement s’échappe de ses lèvres à cause de la douleur qui le tiraille mais il parvient à se concentrer et finalement son œil s’ouvre. La première chose qu’il voie, c’est Even. Le taiwanais est assis sur une chaise tout près de son lit mais il a calé son visage sur la hanche de Nao, la main du plus jeune tenant fermement la sienne, tout près de son visage. Il dort. Et la vue si paisible conforte Nao parce que les battements de son cœur se calment – Even va bien. Et somehow il est toujours là. Pourquoi… ? Il ne sait pas si c’est encore les effets de tout ce qu’ils lui ont injecté ici mais il ne sait même pas pourquoi il détestait Even – parce que là, tout de suite, il sait qu’il l’aime. Ce garçon paisiblement endormi, à ses côtés, ce garçon qui est la raison même de son sourire. Il tente de défaire le plus discrètement possible la prise d’Even sur sa main et du bout des doigts il caresse la joue un peu rougie de Li, traçant ses pommettes, sa mâchoire de ses doigts, sa cicatrice qu’il embrassait à chaque fois qu’il en avait l’occasion, son nez, ses lèvres, ses oreilles, ce visage si parfait pour lui, ses expressions – toutes ses expressions qui font d’Even quelqu’un de si complet jusque dans ses imperfections mais quelqu’un qui complète Nao. Et c’est cette pensée qui le fait rougir, qui transforme son sourire en quelque chose de plus timide, ses doigts glissant dans les cheveux bruns ; c’est ce garçon qu’il a toujours voulu et qu’il voudra toujours.

Even qui l’exaspère autant qu’il donne une raison sincère à ses sourires habituellement fake, Even qui s’agace facilement quand Nao geint comme un gamin pour qu’il le porte mais il le fait quand même et en lui embrassant même la main et en le serrant si fort pour ne pas que Nao pense que la chute fera mal, Even qui est souvent si mauvais avec les mots mais qui soudainement trouve les plus beaux mots du monde pour le réconforter quand il se sent si mal que ça lui donne envie de mourir, Even qui est sans hésitation le garçon le plus beau que Nao ait vu et qui le devient encore plus quand il sourit pour lui parce que ses sourires sont les préférés de Nao et s’il pouvait les mettre en bouteille pour s’enivrer tous les soirs il le ferait, Even qui est solide et stable et qui le soutient dans ses moments de vulnérabilité autant qu’il se repose sur lui quand il flanche, Even qui a autant de défauts que lui mais qui d’une façon étrange a réussi à rendre Nao complètement amoureux de lui. Quand il le sent gigoter sous ses doigts, il se sent presque coupable de l’avoir réveillé à cause de ses caresses mais il continue de lui sourire timidement, les potions faisant encore effet qu’il oublie complètement tous les points négatifs de leur relation. « Hey, sweetheart », murmure Nao quand Even ouvre brusquement les yeux pour se relever et le regarder avec de grands yeux. « How you doing ? » Les mots sont un peu difficiles à produire, sa gorge est enrouée et les mouvements de son visage tirent sur les bandages de son œil mais il supporte ces légères douleurs. Even se précipite soudainement vers lui, sans doute pour le serrer dans ses bras mais maladroitement touchant son épaule blessée qui arrache un gémissement douloureux à Nao. Le taiwanais se répand en excuses que Nao efface avec un autre sourire mais c’est là qu’il voie enfin l’attelle qui immobilise son bras sur son ventre. Il n’arrive pas bien à voir jusqu’où vont les bandages sur son épaule mais il préfère se focaliser sur des choses plus importantes – comme regarder Even qui vient juste de se réveiller. Avec des cernes sous les yeux et des coupures à la lèvre. « Are you hurt ? » Nao tend sa main vers lui, l’inquiétude sincère quand il replace de nouveau sa main sur sa joue, délicatement pour ne pas lui de mal.

Mais la porte qui s’ouvre les interpelle tous les deux et la main de Nao tombe pour attraper celle d’Even – parce qu’Even est safe, Even a toujours été safe. « Don’t go. » Sauf qu’il n’a pas à avoir peur parce que c’est sa famille qui vient d’arriver. « Hi, mom. » Sa mère se précipite de l’autre de son lit, sa main se posant sur sa joue qui n’a pas de bandage. « Oh, xīngān bǎobèi », Jian joint Iseul, suivie par Min et Nina et Hanie. Son père a probablement été recalé par la sécurité à cause de son bracelet à la cheville. Quand le regard d’Iseul tombe sur ses doigts toujours fermement entrelacés avec ceux d’Even, Nao ne flanche pas, il resserre sa prise. Sa mère voit mais ne commente pas, se focalise sur les blessures de son fils, pose des milliers de questions mais elle reste composée tout du long, retire même sa main de son visage pour se saisir du dossier de Nao près du lit. Ce n’est pas que sa mère soit froide ou qu’elle manque d’affection, c’est juste que chez les Chang l’affection est montrée différemment. Les démonstrations affectives sont présentes mais toujours chargées en émotions et souvent dans l’intimité de la demeure familiale – pas dans un hôpital et il se doute bien que la présence d’Even n’aide pas, aux yeux d’Iseul il est un inconnu. Mais ça suffit à Nao, il ressent l’inquiétude dans la voix d’Iseul. Jian par contre, c’est différent, elle lui attrape les doigts qui sont hors de l’attelle et les serre entre ses doigts – Nao voit le mouchoir qu’elle enserre dans son autre main, ses yeux rougis, signe qu’elle a pleuré. « Meimei, don’t cry, I’m fine » mais si ça a l’effet inverse, Jian qui laisse quelques larmes couler, sa petite-sœur lui offre quand même un sourire (plein de larmes et de morve). « I hope you’re telling the truth. » Jian s’écarte vers Iseul pour lire avec elle le dossier. « Ya look like shit. I’d touch ya but shit stains. » …Comptez sur Min pour être le plus blunt possible. Iseul est la première à réagir en le frappant à la tête avec le dossier médicomagique. « Chang Min ! » Nao ne peut retenir le sourire, pourtant, parce qu’il est habitué à Min et aux vacheries qu’ils se balancent depuis qu’ils sont petits. « Thanks big bro, I ain’t saying I hate you but I’d unplug your life support to charge my pow. » Exaspérée, Iseul prend le dossier, dépose un baiser sur la joue droite de Nao et quitte la chambre (sous prétexte qu’elle ne comprend plus rien aux jeunes de nos jours). Les ricanements de Nina et Yohan lui parviennent et il se tourne finalement vers ces deux-là, qui s’étaient légèrement tenus à l’écart de sa famille (et d’Even). Honnêtement, il ne sait pas trop ce qu’ils mettent dans les perfusions mais ça lui donne l’impression d’être heureux, de ne pas avoir de problème, d’aimer tout le monde et d’être aimé en retour. Il reste éveillé quelques heures, à répondre aux questions des guérisseurs, à ne pas trop comprendre ce qu’ils lui disent en retour (son cerveau est encore un peu cotonneux pour piger leurs termes médicomagiques) ; sa famille reste quelques heures mais ils finissent par partir, promettant de revenir demain. Nina et Yohan restent un peu plus mais finissent par partir aussi, parce qu’ils ont un entraînement tôt demain matin avec leurs équipes respectives – Nao ne comprend pas pourquoi ils regardent presque avec insistance Even, pourquoi ça les surprend que Nao le veuille près de lui ? Surtout qu’Even reste le plus longtemps possible. Il ne parle pas beaucoup mais Nao est fatigué pour parler anyway alors ça lui fait plaisir de l’avoir près de lui, même quand il se rendort et que la seule pensée qui lui tourne dans la tête c’est la main d’Even dans la sienne.

18 JUIN 2004. Le deuxième jour à l’hôpital est un peu plus brutal, il n’a plus autant l’impression d’être sur un nuage. Sauf qu’il est quand même surpris de trouver Even là. Est-ce qu’il est rentré chez lui ? Quand est-ce qu’il est revenu ? Il est quelle heure ? Les guérisseurs passent pour un nouveau contrôle et cette fois, Nao est plus apte à comprendre la situation. Ils lui disent qu’il a subi deux opérations : une première pour son œil, une deuxième pour son épaule. Son œil va guérir mais la clavicule a été fracturée et qu’il devra faire une rééducation. Les plaies, par contre, étaient trop profondes à l’épaule et il en gardera des cicatrices. Le diagnostic n’a pas l’air trop mauvais mais quand ils lui disent qu’il sera en arrêt, c’est comme s’il recevait un coup de poing dans la gueule. C’est vers Even qu’il se tourne après qu’ils soient partis et il ne sait pas trop pourquoi, ça l’agace de le voir.  C'est soudain et brutal, parce qu’il se rappelle très bien son comportement d’hier et sa façon qu’il avait de coller le taïwanais à la moindre occasion. Mais aujourd’hui – c’est différent. Peut-être que c’est à cause du verdict, la réalisation que la manifestation a été la pire chose qu’il ait vécue. Peut-être que voir Even ça lui rappelle aussi leurs antécédents. Peut-être que c’est à cause de sa convalescence soudaine et du Quidditch qu’il ne pourra pas reprendre avant quelques mois.

« I left my stuff in my car. Can you get it ?I already did. I parked your car at a nearby car park. » Il fronce les sourcils. Il se rappelle presqu’en détails tout ce qui s’est passé hier and yet, il n’a aucun souvenir de lui avoir demandé d’aller chercher ses affaires – encore moins, de savoir qu’Even a conduit sa Red Queen. « … Really ? I don’t remember anything.You asked me yesterday.Like I said, I don’t remember. You woke up, stayed awake a little and fell back asleep. And you woke up again, this time right before your family arrived.The first time. Did I do… or say something weird ?No.Oh. Ok. » C’est un feeling étrange d’avoir l’impression qu’il a en effet dit (ou fait) quelque chose mais sa mémoire lui fait défaut, il n’arrive pas à mettre le doigt dessus. Les heures défilent assez vite, une infirmière passe pour lui changer le bandage de son œil et lui donner une potion antidouleur parce qu’il ne cesse de grimacer à cause de la douleur à l’épaule mais refuse de les prévenir qu’il a mal – c’est Even qui se charge de faire passer le message et juste pour ça Nao le déteste (depuis quand est-il devenu transparent pour Even ?). Sa mère et Jian passent pour une ou deux heures, Nina, Hanie et Mickey sont les suivants et Nao leur assure à tous que son état n’a pas empiré – demain il sera déchargé anyway.

19 JUIN 2004. Le lendemain, il est encore un peu plus sur les nerfs. Sa phobie des hôpitaux est revenue en force, il se rappelle avec une nette précision avoir visité Hanie et Nina ici quand ils étaient blessés, gravement, et qu’il n’avait jamais eu peur pour quelqu’un de sa vie comme ça. Depuis son réveil, il ne cesse de presser les infirmières pour qu’un guérisseur vienne signer sa décharge et qu’il se barre d’ici le plus vite possible. Et Even est toujours dans le coin. Nao est confus. Trop confus même. Il refuse de lui dire de partir mais en même temps, depuis son réveil, il refuse qu’Even le touche. En fait, il ne sait surtout pas sur quel pied danser avec lui – il a peur d’appuyer sur le mauvais bouton et de faire exploser la bombe. Mais c’est une peur irrationnelle parce qu’il sait, il voit qu’Even a eu peur pour lui – sinon il ne serait pas dans ses pattes trois jours consécutifs, right ? Il a l’impression d’avoir vu Even plus qu’il n’a vu sa famille. C’est sa façon de lui demander pardon pour lui avoir dit crève ? Putain, il est tellement tellement fatigué de ses bullshits. Mais Nao la ferme. Il ne le confronte pas à l’hôpital, pas quand il ne s’y sent pas à l’aise, pas quand il a la trouille qu’ils lui diagnostiquent d’autres choses (il a tout fait pour ne pas cracher des choses qui leur auraient mis la puce à l’oreille – quand le guérisseur lui a dit qu’il avait évité de justesse un coup fatal sur sa nuque qui lui aurait coûté la vie, Nao a répondu « so what ? I can’t play Quidditch, it’s practically the same. » et il a flippé qu'ils découvrent quelque chose).

Quand enfin, le guérisseur en charge de son état passe pour vérifier que tout va bien et signe la décharge, Nao est beaucoup trop enthousiaste à l’idée de partir. Even l’aide à enfiler une tenue propre (celle qu’il avait portée à la manifestation est tellement en sang que sa mère a décidé de tout jeter) et il rougit… juste légèrement parce qu’il se retrouve en sous-vêtements devant lui sans qu’ils ne soient intimes. « Don’t look.I already saw you naked ! Besides, I can’t help you if I can’t see you. » Il consent à le laisser faire même s’il se sent un peu intimidé par le regard d’Even sur lui ; pour une fois, ce n’est pas pour le baiser qu’il le regarde mais avec autre chose que Nao n’arrive pas vraiment à saisir. Concentré, délicat et lent dans ses gestes, pour éviter de lui faire mal. Et… c’est une facette de sa personnalité que Nao apprécie énormément. Et qu’il déteste aussi. Parce qu’il n’est pas censé être aussi gentil et attentionné avec lui, Even le déteste, Even veut qu’il soit mort.

Habillé et prêt à quitter Ste-Mangouste, une infirmière lui change son attelle à l’épaule pour quelque chose de plus discret ; on lui annonce aussi que les frais d’hôpital ont déjà été payés et ça le frustre parce qu’il sait que c’est de sa mère. On lui donne aussi les dernières instructions pour changer les bandages (celui de son épaule, il devra le changer ce soir – ça va faire putain d’mal, il n’est surtout pas pressé de le faire). Et enfin on le laisse partir. Il suit les indications d’Even pour savoir où il a garé sa voiture et quand ce dernier s’approche du côté conducteur, Nao l’écarte. « I’ll drive. » Mais Even fronce les sourcils et croise les bras. « You can’t drive, not like this.Watch me. I’m going, with or without you. » Il fait tourner les clés dans sa main valide et ouvre la portière pour s’installer au volant. Il fait les installations nécessaires, prend absolument tout son temps pour ranger ses affaires, mettre en marche les différentes options du véhicule et- à peine deux minutes plus tard, Even ouvre l’autre porte et s’installe sur le siège. Il n’a pas l’air ravi mais Nao n’est pas d’humeur à le charrier ou lui faire plaisir ; il veut des réponses. Quand la Queen rentre dans le trafic, Nao baisse le son de la musique et jette un coup d’œil à Even via le rétroviseur central. « You hate me, remember ? You wanted me to die. So why did you stop the guy ? » Son ton acide semble avoir son effet sur le plus jeune, Nao accélère quand le feu passe au vert. « I’m tired of your bullshit. What do you want ? Talk. Right fucking now. » Il se rappelle à quel point c’était facile d’être en symbiose avec lui, deux jours plus tôt, tellement il était shooté – il se rappelle encore qu’il ne voulait pas lâcher sa main, même pour quelques secondes, même quand sa famille est venue. Pourquoi ce changement brusque ? Pourquoi il a l’impression que toute cette merde qui leur tombe dessus, c’est sa faute ? Est-ce qu’il y a… est-ce qu’un truc cloche vraiment chez lui ? Est-ce qu’Even l’a senti, est-ce qu’il sait ?

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I like the thrill, nothing's gonna make me feel this real. so baby don't go home I don't wanna spend tonight alone. baby please would you end your night with me ? don't you leave me all behind, don't you leave my little life, don't you leave my little lie.
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WIZARD • always the first casuality
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‹ disponibilité : dispo !
‹ inscription : 29/01/2017
‹ messages : 600
‹ crédits : cez.
‹ dialogues : sienna.


‹ liens utiles : draco malfoy w/ lucky blue smith ; ginevra weasley w/ madelaine petsch ; calixe Davis w/ audreyana michelle; ardal ollivander w/ matthew daddario ; indiana alderton w/ nicola peltz ; heath ravka w/ im jaebum ; even li w/ jeon jungkook.
‹ âge : 18 yo (19.12.85).
‹ occupation : ancien élève de Mahoutokoro, 1er cycle achevé au RU par correspondance (vitmagic). désormais étudiant à la WADA cursus Arts visuels. jobbe en tant qu'animateur au CEPAS en semaine et au dirico express le samedi (club d'art pour une ribambelle de gosses qu'il adore).
‹ scolarité : 1992 à aujourd'hui.
‹ baguette : cerisier, 27cm, écailles de kappa.
‹ gallions (ʛ) : 799
‹ réputation : party boy, slut assumée, toujours partant pour des hook up sans signification et probablement un brin obsédé par le sexe, sans limite, dork en compagnie de ses potes, skater taré, doué avec les gosses, artiste prometteur.
‹ faits :
personnalité:
 



steven jiélùn li, dit evenpyrokinésiste • il porte le nom de sa mère, sorcière pangcah (taïwanaise), plutôt que le "Matsuoka" hérité de son père (japonais) • il a 4 soeurs • tyrannisé à l'école, il a fait une tentative de suicide à 13 ans et est encore aujourd'hui terrifié par le vide. • il a un soft spot pour les gosses mal aimés de son club d'art. • sa famille paternelle est propriétaire de Shape the Future (grand groupe spécialisé en technomagie), où sa mère travaille en tant que directrice marketing de la branche brit. son père a délaissé l'entreprise familiale au profit de sa passion pour l'art et est désormais directeur de la Wada. sa soeur aînée est créatrice de mode, la cadette ingémage chez des concurrents, tandis que les deux dernières sont encore aux études.

vu par le monde:
 


il a toujours un appareil photo, des multiplettes ou un pinceau au bout des doigts • big softie sous ses allures punk • aime être sous les feux des projecteurs lorsqu'il est dans son élément mais devient socially awkward et mal à l'aise avec les gens aussitôt qu'il doute de lui-même. • praise kink • il préfère cependant se tenir derrière la caméra plutôt qu'être mis en avant. • dents de lapin, sourire de bunny. • veut devenir photographe pro. • poste des cover de chant et de danse sur son msn pour satisfaire ses autres passions. • trop d'alcool, trop de sexe, trop d'orviétan, trop de boissons énergisantes. il ne peut pas s'empêcher d'abuser, bien qu'il ait vu sa sœur Lily frôler la mort à cause d'une overdose. • ses potes et lui sont adeptes de bodypainting et font office de toiles humaines les uns pour les autres. • a l'air mort quand il dort. • infoutu de cuisiner, vit de bouffe à emporter et de gras de fast food. • passe un quart de son temps au skatepark, un autre à l'Espresso Patronum, et sèche beaucoup trop les cours pour son bien. • il a un caméléon (kowalski) et mickey et lui ont adopté d'autres animaux, dont un hérisson et un chien.
‹ résidence : vit au Sawl Yard, dans un appart pour deux avec son bff Rhee Min Ki (aka Mickey), rentre chez ses vieux un week-end sur deux environ.
‹ patronus : un kappa, encore une fois. Son animal totem, décidément : très protecteur de son territoire.
‹ épouvantard : ses proches privés de mémoire. Depuis qu'on leur a rendu un Shin tout sauf lui-même, Even s'aperçoit qu'être totalement oublié par quelqu'un qu'on aime est presque aussi terrible que le perdre à jamais... ou peut-être pire.
‹ risèd : quelque chose ayant trait à son paternel, probablement, mais Even préférerait crever plutôt que l'avouer.
Voir le profil de l'utilisateur http://www.smoking-ruins.com/t6592-even-human-soul-on-fire
Nasty + blood, sweat, heart and tears(What's love ?) I came so close to seeing in- (What's love ?) Yesterday was. What the fuck were you thinkin' ? (Is this love ? What's love ?) You took it too far this time. What love could make a person feel what i feel inside ? (What's love?) You laid it out to see : no love will ever be between, I see that. The days are changing fill my cup, yeah, I gotta stop thinking. Is this love ?


17juin 04. Improviser est plutôt son fort. Il est du genre spontané, Even, à vouloir élaborer les étapes sur le tas, au fur et à mesure plutôt qu'à l'avance, à l'aveugle. Alors le sang-froid, ça va pas mal, il gère, il gère. C'est ce dont il essaye de se convaincre alors que le liquide poisseux et d'un rouge soutenu gorge de plus en plus les fibres du haut que porte Nao et son visage : il s'oblige à avancer et à agir aussi rapidement que l'exige l'urgence, pour ne pas laisser la panique l'asphyxier. E-Even I can’t move my arm- I got you, il promet, prenant soin de ne pas aggraver sa blessure à l'épaule. Even- I'm here, il chuchote en retour, sans se lasser, à chaque fois que son prénom dégringole tout bas des lèvres de Nao. Le chinois vacille et Even resserre sa prise pour le stabiliser slash trainer à l'intérieur, s'empressant de s'exclamer à voix haute qu'ils ont besoin d'aide pour capter l'attention des urgentistes à proximité. Que s'est-il passé ? Manif' qui part en cou- en vrilles, il informe et corrige rapidement lorsque le regard acéré du médicomage le met en garde. Un moldu lui a éclaté une bouteille sur l'épaule et il a reçu des bris de verre au visage. Even serre les dents et les poings alors qu'on lui enlève Nao pour l'allonger dans une civière flottante ; le souvenir du mec fait à nouveau enfler sa colère et il ne peut s'empêcher de souhaiter qu'il se fasse piétiner par la foule. Identité ? Nao Chang, 20 ans, euh- noich, il vous faut quoi d'autre ? Vous pouvez arranger son épaule ? Il est quidditch player c'est méga important- Even- pl-please don’t leave- please please don’t leave m-me I need you- Son cœur manque un battement et toute son attention se concentre sur Chang qui cherche sa main comme s'il était son point d'ancrage ; qui lui demande de rester à ses côtés. C'est si inattendu qu'Even en perd ses moyens, baragouinant : Tu- tu veux qu'je reste ? Je veux dire- bien sûr que je reste, je- Nous ferons ce qu'il faut. Joueur de quidditch vous dites ? Déstabilisé, il peine à retrouver le fil de la conversation. Oui pourquoi ? L'articulation est vulnérable en soi, mais d'autant plus chez certains sportifs. Hm, l'épaule me semble fracturée. ça peut s'régler vite ? Il va péter les plombs si on le met en congé ou quoi- euh m'sieur j'aime pas trop que vous tâtiez les balls de mon mec ok. Il se braque soudain à mi-chemin en avisant les paumes qui s'égarent trop bas à son goût. Le malotrus sort ses mains baladeuses des poches de Nao... mais non sans en avoir tiré un porte-monnaie qui tenait miraculeusement dans le tissu hyper cintré. Il le tend à Even en lui lançant un regard sévère à nouveau. Ah. Vous êtes certains que c'est une manifestation ? Vous m'avez l'air de vous être battus. Il me un moment à percuter. Se braque, sur la défensive. C'est parce que j'ai dit que c'est mon mec, forcément on s'tape dessus ? il crache, serre un peu plus fort la main de Nao. J'ai stoppé l'homme qui l'agressait ok ? Jamais je mettrais Nao en danger comme ça ! (vieux con, il retient de justesse, même si l'insulte lui brûle les lèvres). Hm. J'emmène ce jeune homme en observation. Passez au bureau d'admission pour remplir les formulaires pour sa prise en charge. What ? Non mais j'suis juste le mec qu'il a ken quelques fois, pas sa mère, comment vous voulez que je remplisse sa paperasse ?? Contactez sa famille. Ces documents et les formalités de règlement sont obligatoires pour la prise en charge. Menace sous-jacente de le larguer dans cet état dans un couloir et d'attendre que les papiers soient en règle, leurs gallions assurés, avant de faire quoi que ce soit ? Heureusement médicomage et patient s'éloignent sans attendre et disparaissent de son champ de vision, ne lui laissant d'autre choix que de suivre l'indication qui lui a été donnée.

Mal à l'aise au possible, Even fait la queue devant le bureau de la secrétaire tout en pianotant sur son pow pour contacter Yohan hyung ou Nina, histoire de leur demander de joindre les Chang (outre les cuisses de Nao, Even ne connait que Bao et well, ça ne le fera pas aller loin vu les circonstances). Déjà qu'il remplit ses propres docs administratifs de bullshit, lorsqu'il se retrouve avec les formulaires en main au nom de quelqu'un d'autre il a l'impression qu'on lui demande de parler, genre, grec ou quoi, mais pas le grec vivant là, plutôt le grec à l'ancienne qu'on ne trouve que dans les bouquins. Au final il se retrouve à dessiner des cartoons dans les coins, puis de plus en plus vers le centre à mesure que l'espace sur le parchemin se réduit, activité hautement passionnante interrompue toutes les dix secondes par des échanges avec la sorcière à l'accueil : Eh dites j'peux le voir ? Voir qui ? Nao Chang, agression pendant une manif, blessure à l'épaule et au visage. J'peux le voir ? Je vérifie... Oh les visites ne sont pas encore possibles, navrée. Okay.
...
...
Et maintenant j'peux le voir ?
J'pourrai le voir quand ? Genre, uh, en gros, approximativement. Vous auriez une idée ? Sérieux si vous pouviez faire, juste, une supposition ça m'irait, même si c'est pas à 100% accurate, mais au moins (...)
La meuf est complètement exaspérée par lui au bout de la troisième fois mais Even s'en tape un peu parce que lui aussi en a ?? marre ?? d'elle ?? Elle sait rien ??? A quoi elle sert ???? Il a épuisé toutes les surfaces imaginables des feuilles qu'on lui a confiées et élabore en pensées des mensonges à sortir au cas-où quelqu'un sort brusquement de peu-importe-où-ils-ont-emmené-Nao pour checker les formulaires. Ce serait terrible qu'on lui dise pas d'formulaires pas de soins et il rêvasse les yeux (et la bouche) ouverts en s'imaginant la scène : le personnel médical lui fourrant dans les bref un Nao ensanglanté en s'excusant de ne pouvoir le traiter parce qu'il n'a pas su remplir la ligne demandant la taille de ses pieds (s'ils demandaient celle de ses cuisses ou de sa dick, Even serait leur homme et les aiderait à la vitesse de la lumière, mais les trucs qu'ils demandent à la place sont ?? sans intérêt ??? Bande de gueux inconscients des bonnes choses de la vie). Nao à l'agonie lui disant qu'au fond il l'a toujours aimé et qu'il regrette de ne s'en être aperçu plus tôt, avant de rendre son dernier souffle comme dans l'une de ces pièces de théâtre super tragiques.

A un moment une dame débarque en faisant claquer les battants sur son passage, se précipitant jusqu'à l'accueil pour se plaquer une main sur le front en criant au désespoir. Elle est là pour son fils et Even lâche un Yikes ! paniqué quand il entend Chang. OMFM !!! C'EST !! SON EX FUTURE BELLE-MERE !!!! Well, celle qu'il ne charmera jamais parce que Nao ne veut plus de son cul. Il voit avec horreur la crétine d'employée tendre un index dans sa direction (il l'imagine d'ici expliquer que quelqu'un est justement en train d'attendre pour la même personne, ou a commencé à remplir les formulaires pour le patient, et soudain il se sent vraiment minable et en-dessous de tout parce qu'il a passé tout ce temps à dessiner des E + N = LOVE (et leur version imaginée : even + nao = : bunnies ), mais aussi lui en version super héros portant dans ses bras musclés un Nao blessé puis usant de pouvoirs de soigneurs (sa reum est vraiment une incapable, elle aurait quand même pu glisser ce don dans le package quand elle l'a mis au monde mais oh, c'est trop demander à Daxia Li obv ?? et maintenant Nao décède et Even ne peut rien faire et honnêtement il va péter un câble) pour le remettre à neuf ; scène suivante ? Ils baisent comme des lapins. Happy. End. (et nope il n'est pas un obsédé, merci, mais tout le monde sait que les efforts des d'un héros ne sont pas gratuits, dans la plupart des cas la personne sauvée en tombe amoureuse à la fin).

Bref, la sorcière d'accueil cafte, donc, et Even a un réflexe tout à fait logique et sain dans la mesure où il n'a pas rempli les documents et ne ressemble à rien avec ses cheveux en pétard et ses fringues bof et le sang qui les tâche (le sang de Nao ! Et si la mère Chang s'évanouissait de détresse en le voyant ?) : il bondit sous les sièges pour se soustraire (plus ou moins) aux regards. Ok il n'est stupide non plus d'accord ? Il s'est réfugié sous une chaise devant laquelle trône une plante en pot. ça aurait pu être pire. Pendant de longues minutes qui lui semblent éternelles il tremble recroquevillé sur lui-même en attendant l'instant fatidique où l'ex future belle-mère viendra le déloger de sa planque subtile pour lui demander POURQUOI il n'a pas protégé son fils. Et franchement Even ne saurait pas lui répondre parce qu'il se pose ?? la même question ?? depuis ce qui lui semble être des heures ??? Il en est à pester tout bas à cause d'une crampe au mollet lorsqu'une main lui tapote l'épaule. For real, son âme manque de sortir de son corps comme sous l'effet d'un baiser de détraqueur tellement il flippe sa race. Mais c'est l'employée useless, pas la mère Chang. Et il se retient de lui hurler dessus parce qu'il est un mec civilisé et qu'il a vraiment besoin de lui demander là, tout de suite : Ah oui vous tombez bien, j'voulais savoir, c'est possible de voir Nao Chang maintenant ? Elle a tellement l'air à deux doigts de s'éclater (ou de lui éclater) la tête contre un mur, but he can't bring himself to care. Nao est quelque part, seul dans le mal, abandonné dans sa détresse, et il lui a dit de rester avec lui mais Even est coincé là à essuyer la poussière et une toile d'araignée avec son jean troué (donc avec son pauvre genou). Est-ce quelque chose comme un coup du karma ? Non parce que si oui il veut protester, il sait pas trop quelle était sa vie antérieure mais il est certain d'avoir été quelqu'un de bien et de ne pas mériter tout ça.

D'ailleurs il jette un coup d’œil à droite, un autre à gauche, puis s'extirpe de sa cachette vu que (ha ha), il a été démasqué (that. awkward. moment). Est-ce que la- ahem- (raclement de gorge gêné) -mrs Chang est partie ? Etrangement, ça radoucit son interlocutrice. Ma belle-mère aussi est terrifiante, elle fait mine de compatir, et il ouvre la bouche pour dire (wtf ?? Pour qui tu te prends, meuf indigne, ravale ton ?? blasphème ??? Cette femme mérite un fucking award pour avoir engendré Nao Cul-à-se-Damner Chang ???) mais. Comme il est un type intelligent. Il saisit ce que son esprit affuté désigne comme une opportunité. Prend un air mi piteux mi gêné. Ha ha... ouais, de vraies dragonnes hein ? Ils frissonnent en cœur, ça y'est, elle croit qu'ils sont amis, c'est l'moment. Si elle savait que je suis là elle ne me laisserait probablement pas le voir... Et. C'est. Le. Jackpot. Mademoiselle qui semble soudain bien plus agréable à Even semble s'investir dans leur cause de Couple Maudit™ : sa mâchoire se serre en un rictus résolu et elle hoche la tête comme si elle venait de parvenir à un accord avec elle-même. Je vais voir ce que je peux faire. Et la voilà qui part en claquant ses talons hauts, prête pour un fight avec les médicomages ou infirmiers (il suppose). Even en verserait presque une larmichette s'il n'était occupé à faire une danse de la victoire intérieure en s'auto-congratulant pour sa performance.

Turns out que la mère de Nao est bel et bien repartie après avoir rempli les fameux formulaires (ouf) d'admission, bien qu'Even ne sache pour quelle raison (lui-même a l'intention de camper sur place tant qu'il n'aura pas vu la touffe de silver hair qui le fait fondre), quelque chose de silly comme des affaires à régler en vitesse, une histoire d'assurance à gérer, et aussi une gosse à récupérer à l'école or something, bref. Toujours est-il qu'Even est seul au chevet d'un Nao inconscient durant un long, long moment. Il en profite pour croiser leurs doigts, lui souffler des confidences (jeu de ce que j'aime chez toi entre lui et lui-même avec un comateux pour seul témoin), caler leurs phalanges jointes contre sa joue. Nao a formulé des mots dangereux que son cœur espère depuis trop longtemps et Even s'en veut, il s'en veut tellement de les laisser nourrir l'espoir qu'il pensait plus ou moins éteint.

Le chinois a l'air si paisible ainsi endormi qu'Even fond. Il s'efforce de ne pas trop approcher de ses bandages lorsqu'il pose un baiser contre sa tempe, son nez, avant d'effleurer du bout du nez sa joue moelleuse, migrant dangereusement vers le coin de ses lèvres. Il ne l'embrasse pas, parce qu'il n'en a plus le droit et que Nao est inconscient, mais il s'immobilise juste comme ça, au-dessus de lui, luttant contre l'irrépressible envie et le manque cuisant qui lui perfore le cœur comme au premier jour. Juste à cet instant, Nao papillonne des yeux. Even résiste au réflexe de reculer brusquement ; reste immobile plutôt que de nier leur proximité, respirant à peine tandis que les prunelles floues de son vis-à-vis le font captif de leur irrésistible toile. Et comme pour l'achever, Nao esquisse un petit sourire fatigué qui fait naître un désir involontaire au creux de la cage thoracique d'Even (un désir platonique et interdit, celui de le serrer contre lui et de ne jamais le lâcher). Son palpitant s'agite, juste un peu, protestant contre le sevrage, et y'a ces picotements tout le long de ses lèvres, comme si leur sensibilité s'exacerbait sous le seul effet du regard interminable que le taïwanais concentre tantôt sur les yeux, tantôt sur la bouche de Nao. Il a presque peur de rompre l'instant ne serait-ce qu'en clignant des paupières, aime la façon dont leurs souffles se heurtent et se mêlent, instant intime (il est réveillé ?). Instant volé (non, il n'est pas vraiment conscient. C'est ridicule, le degré de déception qu'éprouve Even à ce constat). Hm hm. Le médicomage n'a pas l'air aussi sympathique que la sorcière de l'accueil l'a été lorsqu'elle les a pensés en couple ; il croyait l'avoir imaginé mais non : il leur adresse réellement un air torve, et Even percute à retardement qui font sans doute partie des fdp ayant apprécié, durant la guerre, que les gens comme eux soient refoulés au placard et tabassés s'ils avaient malheur d'essayer d'en sortir. ça lui donne la foutue envie de le provoquer en le fixant bien en face, mais le mec a un peu la santé de Nao entre les mains alors Even recule lentement pour que s'apaise sa gueule de stipécon dégoûté (dégoûtant). Pas un mot ne lui est adressé à lui, l'homme le snobbe superbement et se contente de donner des indications ou de poser quelques questions auxquelles Nao répond à côté de la plaque d'un air extasié en gloussant (Fixez la lumière. M'naaaan les pingouins n'ont pas de plumes !). C'est trop mignon et adorable mais aussi tellement ooc que le sourire attendri d'Even est brodé d'inquiétude. Il se mord la lippe, passe une main caressante dans les mèches d'argent pour calmer l'enthousiasme un peu hystérique de Nao et finit par demander : C'est normal ? Il arrive pas à se réveiller tout à fait, ça fait plusieurs fois et les rares fois où il reste conscient plus de quelques secondes il délire. Réaction à l'anesthésie. T'es le plus beau bébé, Chang glisse entre deux phrases et Even rougit parce que- Ne prenez pas ce qu'il dit pour gallion comptant. Comme vous l'avez dit : il délire. Vient la réponse sèche, et Even répond seulement par un rictus mauvais, inspire profondément pour contenir une envie de lui péter la gueule. Il est on the edge et le gars pousse sérieusement, mais la dure réalité c'est qu'il a raison.

Nao dirait pas ça s'il délirait pas (il lui demanderait même de dégager maybe).

ça aide Even, en tout cas, à s'rendre compte qu'il est trop clingy et à se détacher pour s'avachir dans son siège, sur les hanches (même si la voix de son prof de danse résonne dans sa tête en mode vénère parce que c'est pas une bonne position). Il sort son pow, use d'un Auditus pour se distraire avec de la musique (what's love ? I came so close to seeing in) le temps que s'achève l’auscultation. Reste borné sur ses jeux même une fois que Nao et lui sont à nouveau seul. Faut qu'il se calme putain. Faut qu'il assimile que c'est vraiment fini et que Nao ne s'accroche à lui que parce que y'a personne d'autre. Et parce qu'il est high sur les potions. ça veut rien dire et ça devrait pas faire aussi mal, après tout ce temps. The Red Queen is all alone... What was that ? le Li demande en ôtant un écouteur ; You gotta bring the Queen here... Wtf. Quelle reine ?

Il devrait pas être jaloux.
Nao n'est pas seulement gay jusqu'au bout des ongles, il est aussi un foutu hétérophobe refoulé et Even adore le charrier sur ça.
Donc ça peut pas être une meuf.

I miss her... The fuck. Il se redresse et ses poings sont clos mais son visage reste impassible parce qu'il s'exhorte à tempérer le monstre de jalousie qui gronde à l'intérieur. Who dat ? il demande sèchement, mais Nao désigne mollement les clés de voiture sur la table de chevet et sombre à nouveau. Avec une mine triste. A cause de laquelle Even se sent obligé de lui ramener... cette meuf, qui qu'elle soit.

(Il n'a pas l'envie irrationnelle de pleurer, il est juste... ses émotions sont juste all over the place, c'est tout).
Il tape vite fait un nouveau quicky à l'attention de Nina, et les réponses fusent presque aussitôt (il capte à retardement qu'elle l'a bombardé de messages qu'il n'avait pas lus, à propos de Nao, mais n'est pas en état de les consulter right now, parce que trop occupé à angoissé en faisant les cent pas (est-ce que Nao a viré hétéro tellement il le hait ?)) :
whos da bitch
dunno who you're talking about ??
he asked me to go fetch someone but i don't know wh the fuck she is
who*
well, what did he say exactly
that i gotta bring his red queen here
bcz he misses her
so cheesy i may actually vomit
...
omm this is gOLD
the Red Queen is
his C A R
your inner jiélous is showing ;)
...
fy
you're welcome ;)
.

La Red Queen porte bien son nom ; elle est divine à conduire. Il vient tout juste de décrocher son permis, Even, alors il s'est dit au départ qu'il serait hyper prudent, et puis au bout de quelques miles parcourus il a jeté la notion aux orties pour ne ressentir que le plaisir. Mais il évite de se remémorer les quickies qu'il échangeait avec Nao avant. La promesse selon laquelle la première voiture que l'un d'eux aurait deviendrait leur refuge. Et la banquette arrière leur lieu favori, où faire l'amour baiser du haut du toit du monde (enfin, du plus haut des immeubles du coin). Faut vraiment qu'il stoppe ce genre de pensées mais c'est comme si les mots formulés par un Nao à moitié lui-même seulement ont fait fondre toutes les mailles du filtre qu'Even avait apposé entre son esprit et son cœur. ça fait mal et pourtant il n'hésite même pas un instant à retourner à l'hôpital, parce qu'il n'est physiquement pas capable de s'éloigner alors que Nao n'a pas encore repris connaissance.

D'ailleurs, ça ne tarde pas. Plus ou moins, du moins : quand il arrive dans la chambre, grisé par le vol, et rend les clés, Nao est à nouveau dans cet état de semi-éveil et Even se sent mal un peu, à l'idée qu'il ait été seul au moment d'émerger. J'suis là bébé. Comment tu te sens ? Il s'autorise seulement parce que Nao porte encore sur lui ces hearteyes qui prouvent qu'il n'est pas lui-même. Léger doute lorsque l'expression bienheureuse est remplacée par une grimace, un nez plissé. I feel like a cyclop. Disgustin. Nah, you look like a pirate. Pretty cool, if you ask me. Et son sourire fait à nouveau naître ces sensations au creux du ventre du Li (ça devrait être interdit, bordel).

Il ne s'aperçoit pas du moment où il sombre, entre fatigue et ennui, après avoir usé son stock de jeux en solo sur pow. Il le sait, Even, qu'c'est abusé de se doper à ses délires mais c'est plus fort que lui : junkie de la tendresse artificielle que lui offre Nao. ça cessera sous peu, il le sait, alors Even se dope à cette simili affection tant qu'elle est à sa portée. C'est la sensation des doigts de Nao lui caressant slash massant plus qu'agréablement le cuir chevelu qui le tire des limbes, d'abord en douceur — paupières encore closes, puis en sursaut. Comme à chaque fois, la même interrogation, les mêmes doutes terribles ; mais : Hey, sweetheart. Even se détend, coupable impénitent. L'illusion n'a pas encore cessé. How you doing ? You're asking me ? il demande, mi incrédule mi amusé en attrapant le poing de Nao pour embrasser le dos de sa main et l'empêcher de retracer ses cernes et ses infimes blessures de guerre. Pas que le contact soit réellement désagréable, mais Even ne veut pas qu'il songe à ça. Are you hurt ? Had to beat the shit out of some fucker but I'm fine. Could have been worse, il rassure sans préciser de qui il est question, hésitant à perturber Nao en mentionnant son agresseur. Even lâche sa prise le temps d'arranger un peu la paillasse sur sa tête, ce qui est stupide parce que Nao l'a déjà vu en pire état et semblait toujours s'extasier devant sa gueule de déterré au réveil ; seulement voilà, il ne peut pas s'empêcher d'être... self conscious en sa présence, soucieux d'être vu sous son mauvais jour et de briser leur bulle. Mais la porte s'ouvre à grands fracas, les faisant sursauter tous les deux et-
C'est-
Mrs
Chang !!!
Si l'idée de plonger sous le lit lui vient brusquement, il n'a pas le loisir de réitérer sa prouesse de la veille parce que Nao récupère sa main d'autorité et réclame : Don’t go. Or qui est Even pour résister à une telle requête ? Il reste figé tel un vivet doré dans le viseur d'un attrapeur, ses yeux écarquillés cherchant par réflexe une porte de sortie mais ses jambes comme coulées dans le carrelage et incapable de bouger. Hi, mom. Mère et fille se rapprochent, suivies du frère qu'Even ne connait pas, puis de Nina et Hanie young auxquels le Li lance des appels de regard désespérés. Ils ont les yeux aussi écarquillés que les siens lorsqu'ils avisent les mains jointes sur le lit, ne disent rien pourtant. Mais si Even s'attendait à une effusion d'affection et à des commentaires de la part de la mère en particulier, moment incroyablement gênant comme l'aurait garanti Daxia si leurs positions avaient été inversées, il n'en est rien : Mrs Chang est même un peu... froide, dans l'attitude, bien qu'elle se renseigne dans les plus infimes détails sur la condition de son fils. Il ne sait franchement pas quoi en penser : les larmes de la frangine lui semblent déjà plus normales, même si l'ensemble de cette scène est incroyablement malaisante (il ne sait vraiment pas quoi faire de lui-même, où se mettre, tente de tirer subtilement sur sa main mais Nao est déter à le tenir). Ya look like shit. I’d touch ya but shit stains, lance soudain le bro et Even réplique sans réfléchir : Well stupidity is contagious so stay away and get well soon dude. Avant de. Cligner des yeux. Une fois. Deux fois. Figé et en pleine liquéfaction intérieure. Parce qu'il. N'a pas vraiment dit ça n'est-ce pas ? Au frère de Nao. Devant leur mère. Il ne l'a pas fait n'est-ce pas ? Omfm. Tous les yeux sont braqués sur lui à le scruter, pression, alors il tourne la tête dans la même direction que les autres ; pour fixer le mur, pour sa part. C'est un... mur très intéressant si on le regarde sous le bon angle. Avec de jolies petites fissures. Fascinantes. Thanks big bro, I ain’t saying I hate you but I’d unplug your life support to charge my pow, rit Nao, détendant l'atmosphère restée temporairement immobile ; parmi les jeunes, du moins : la reum a l'air large moins ravie et quitte la pièce en mode Les jeunes de nos jours ! Au moins Even est tiré d'affaire et il pourrait embrasser Nao là tout de suite, tant il est soulagé d'avoir évité le pire.

La visite s'écoule au calme, enfin sans encombres du moins, mais Even reste complètement rigide, regard fuyant, l'air de dire me regardez pas je suis juste là pour la déco et de vouloir fusionner avec le chevet (ce qu'il ne parvient pas à faire, malheureusement, ou heureusement sachant que tenir la main de Nao en tant que chevet aurait été un peu délicat). Il ne se détend qu'une fois tout le monde parti, anxiété apaisée.

Le soir venu, rentrer lui semble inenvisageable alors, après avoir été expédié hors de la chambre par une infirmière, Even passe les heures qui suivent dans la salle d'attente, attendant impatiemment de pouvoir retourner au chevet de Chang. S'exécute à la première heure le lendemain et profite pour récupérer de sa nuit quasi sans sommeil ; vautré dans le fauteuil de visiteur et tête posée contre la cuisse de l'alité, non sans emprisonner la main du quidditch player dans la sienne.

18juin 04. Nouveau réveil peu après ; le vrai cette fois. C'est inscrit sur ses traits plus reposés, dans ses yeux plus alertes ; il est sur ses gardes. Les potions ont cessé leurs effets indésirables et non, Even ne serre pas les dents, une oreille accordée à Chang et l'autre à nouveau dédiée à sa musique en guise d'exutoire (What love could make a person feel what i feel inside?). Il lâche la main de Nao et aucun d'eux ne commente, il se surprend même à espérer que le chinois n'ait rien remarqué. I left my stuff in my car. Can you get it ? I already did. I parked your car at a nearby car park. Nina l'a encore teasé avec ça par quicky ce matin. Jiélous, Jiélous, ça n'arrête plus. Le malaise est si tangible qu'il hésite presque à déclarer qu'il est temps qu'il rentre et prenne, genre, une vraie douche. Mais Nao souffre comme un con au lieu de juste dire qu'il a putain de mal alors Even ne peut pas le laisser, faut que quelqu'un harcèle les infirmières à la place de l'aut' martyr (c'est son excuse et il n'y renoncera pas ok). Cette fois cela dit, Even s'éclipse quand Mrs Chang et sa fille reviennent, prétextant vouloir se dégourdir les jambes ; il déambule dans les couloirs et ne revient qu'un bon moment plus tard, réserves d'eau en main pour Nao. Il s'incline poliment en les croisant sur le départ, mais renonce à tenter de sortir quoique ce soit de plus qu'un Euh r-revenez b-bien, i mean, rentrez- enfin, b-bonr'tourchezvous étranglé avant de se précipiter dans la chambre et de manquer s'évanouir sur le bord du lit, à deux doigts de la crise cardiaque. Il aime pas trop les inconnus de base mais alors, le stress est tellement intense à l'idée que les Chang le détestent, et c'est carrément stupide parce que peu importe après tout : Nao et lui c'est passé, révolu, ça n'a même jamais existé. Si ça se trouve il est déjà grillé auprès d'eux tous. Si ça s"trouve, Nao leur a raconté qu'il est juste un con qu'il a sorti de sa vie y'a plusieurs semaines de ça mais qui n'arrête pas de revenir en rampant.

Très probable. Et ça lui fout le moral à plat, truc de fou. Alors tout le reste de la journée, Even le passe assis à côté du lit mais sans parler, attention rivée sur des dessins, pour les cours, que sa mère lui a ramenés à l'hosto à sa demande durant la journée.

19juin 04. Le lendemain l'ambiance est vraiment différente : la normalité reprend ses droits. Nao est lui-même, avec ses souvenirs et ses griefs et la conscience aiguë d'être privé de sa passion pour les prochaines semaines, et autant dire qu'il le prend mal. So what ? I can’t play Quidditch, it’s practically the same, il clame quand on lui dit qu'il aurait pu crever si la bouteille l'avait atteint à la nuque ; et Even a envie de le baffer putain. Se retient vraiment tout juste de demander What the hell is wrong with that dumb brain of yours ?? Mais Yohan et Nina l'ont pris entre quatre yeux la veille pour lui rappeler que Nao est d'autant plus vulnérable à présent et qu'il a intérêt à se tenir à carreau cette fois. Il a assuré qu'il ferait méga gaffe alors il se contente de serrer les dents et de ravaler la boule de nerfs qui danse à l'orée de sa gorge à lui en donner la nausée ; ils sont passés tellement près de la catastrophe et il ne sait pas comment il aurait encaissé ça mais Nao, lui, s'en cogne royalement. De la terrible possibilité autant que de l'impact que ça aurait pu avoir sur Even parce que peu importe hein ? Il n'est rien (ou peut-être pense-t-il qu'Even aurait apprécié qu'il crève ? L'éventualité, horriblement crédible et justifiée, le rend malade).

C'est très tendu entre eux à nouveau, silence lourd de non-dits et de reproches informulés, mais ça s'améliore lorsque l'autorisation de sortie de Nao est ENFIN signée. C'est pas qu'Even en ait marre du camping et de s'laver les aisselles dans le lavabo mais un peu ; il n'a pas sué ou quoi avec les sorts régulateurs de température de l'hosto mais il a quand même l'impression de schlinguer, même dans les vêtements et sous-vêt propres laissé par sa vieille. Don’t look. I already saw you naked ! Besides, I can’t help you if I can’t see you. Inflexible, Even ne bouge pas tant que Nao n'a pas abaissé les bras qu'il avait brandis en un mouvement défensif. Pas la tête aux idées salaces, il ne dévisage même pas son corps quasi nu : ne songe qu'aux blessures à ne pas irriter par ses gestes, tandis qu'il l'aide à se débarrasser de la robe d'hosto pour enfiler une tenue décente. A vrai dire il est tellement préoccupé par ça qu'il ne s'aperçoit même pas que Nao a empoché les clés, décidé.  

Watch me. I’m going, with or without you, il contre lorsqu'Even tente de le stopper, ne lui laissant d'autre choix que de se glisser sur le siège passager alors qu'il démarre déjà. Avec un seul bras valide, un œil bandé et des antidouleurs dans le sang. Tu t'crois au-d'ssus d'tout ? le plus jeune se retient de cracher avec agacement, mais plus énervé que Nao refuse de se reposer et recommence direct à se pavaner comme une foutue diva alors qu'il est blessé.

Ok, c'est sex — de le voir gérer son volant à une main, normal, avec sa gueule de prétentieux et sa dégaine de snob. C'est fou comme ce décor lui va, habitacle de voiture de luxe plutôt qu'avalanche de jobs de galériens. Il est beau et dévisager son profil n'est pas un bon plan parce qu'Even a l'envie incongrue de poser sa main haut sur la cuisse de Chang, de se glisser à genoux entre ses jambes pour adoucir le pli dur et sentencieux de sa lippe. Les vieilles habitudes sont dures à oublier. You hate me, remember ? You wanted me to die. So why did you stop the guy ? ça le prend pas surprise. Il reste muet à le fixer d'un air abruti tandis que Nao lui demande de s'expliquer sur des conneries qu'il a lâchées alors qu'il ne pensait pas correctement, aveuglé par la colère et la jalousie. Even ne peut pas lui avouer ça. Pas alors qu'il l'a jeté sans regret après avoir entendu qu'il l'aimait. Pas alors que Nao ne lui a, à vrai dire, jamais accordé le droit d'être jaloux ou d'avoir l'exclusivité sur lui. I’m tired of your bullshit. What do you want ? Talk. Right fucking now. Question piège. I-I don't know- il finit par s'arracher péniblement après quelques secondes de silence. Even le veut lui mais ce n'est pas réciproque ; ne peut pas pour autant se passer de sa présence, mais souffre d'être plus ou moins proche de lui sans pouvoir rien espérer. C'est gonflant, trop compliqué, inextricable. But I can't lose you, il avoue pourtant à voix basse, presque honteux d'être encore là, honteux de céder, de ne pas parvenir à se casser la tête haute. Puis, un peu plus sur la défensive : Of course I don't want you dead ! I wasn't thinking straight, I-I dunno. Shouldn't have take it out on you anyway. 'm sorry. Il bouffe tellement les derniers mots qu'ils sont difficilement perceptibles. Pendant un moment, il restent tous deux muets, crispés, à attendre que l'autre dise quelque chose pour diminuer la tension ou la faire éclater pour de bon en l'une de ces disputes agressives qui leur servent de mode d'anti-communication depuis des semaines. Et Even est terrifié à vrai dire, à l'idée que Nao lui dise que cette fois il en peut plus, que c'était celle de trop. Il est déjà prêt à lui demander Et toi tu crois qu'je le vis bien ? Tu crois qu'je suis le seul en tort ?? Mais il imagine d'ici Nao lui dire que justement non, que cette histoire fait d'eux des connards, qu'il est temps qu'ils prennent de la distance. Sa main s'enroule autour de sa ceinture au point que ses phalanges en blanchissent. Quand ce mec- quand tu t'es fait attaquer pendant la manif-, il tente, s'interrompt, cherche les mots, peine à les sortir à travers ce nœud qui se forme à chaque fois, avorte pour s'essayer à un nouvel angle. - ça m'rend dingue de penser qu'il va s'en tirer sans encombre parce que la police moldue s'en talque de nous sorciers. De toi. Je m'en fous pas moi. Je l'aurais pas lâché si j'avais pu. Mais t'étais- tu pissais l'sang. (J'étais terrifié, il souffle en filigrane, espérant que Nao le capte et tout à la fois, qu'il ne le devine pas). Tu m'as aidé, c'était très- humain. Normal, quoi. Un geste qu'un vulgaire inconnu aurait pu faire aussi, c'est ça ? Ou quelqu'un qui ne compte pas, somebody that I used to know. Euh, ouais. La base du civisme hein ? Il demande sans masquer son amertume. Pourquoi t'es resté ?  Mode défensif activé : Tu m'l'as d'mandé. Je délirais. Douleur, anesthésie, potions. Tu le savais. Il rappelle, cassant. Et Even s'emporte, parce qu'il est acculé. T'aurais préféré que je me casse c'est ça ? J'te demande pourquoi t'as choisi de rester. Quoi ça t'dérange tant qu'ça ?? Tellement tu peux plus me saquer ? Vas-y c'est bon, tu soules, pose-toi quelque part je descends. Even, merde- Tu voulais qu'je dégage non ? Bein t'es servi connard ! N'ouvre pas cette PUTAIN DE PORTE EN PLEIN VOL Steven ! L'exclamation vient alors qu'Even le fait déjà, et l'air qui s'engouffre brusquement par l'ouverture déséquilibre la voiture, lui fait faire une embardée ; Nao redresse un peu péniblement de son seul bras valide avant de se garer précipitamment sur la borne d'arrêt d'urgence. Un concert de klaxons retentit en rétribution tandis que les voitures qui les suivaient les dépassent en rage.

Pas un son dans l'habitacle durant les secondes qui suivent. C'est étouffant : choc, incompréhension, adrénaline qui retombe. Du coin de l'oeil et sans oser tourner vers lui ses yeux écarquillés, Even le voit toucher en grimaçant son épaule malmenée, heureusement coincée dans une attelle. On peut pas continuer comme ça, Nao murmure enfin au bout d'une éternité. Et Even a envie de vomir. Je suis désolé- Putain mais qu'est-ce qui t'a possédé, t'as 5 ans ou quoi ? C'est même pas furieux, juste ahuri et tellement tellement fatigué, il a l'air crevé de le subir et c'est encore plus douloureux que son dégoût. J-j'aurais pas dû, je voulais pas, j'suis désolé- Il est pas loin de la crise de panique à ce stade, voudrait arrêter le temps et fuir ce moment horrible. Il ne veut pas vivre une deuxième rupture, définitive et totale cette fois, il peut pas. Faut qu't'arrêtes de me faire payer comme ça, ça devient dingue mec. Je sais- On avait un accord- Je SAIS. On n'était pas sensés en ressortir blessés. Oh pas ça encore. Mais moi je le suis. Que tu le veuilles ou non c'est trop tard pour moi et même si tu t'en fous ça change rien okay ? Tu crois que j'ai voulu ça peut-être ? Je l'ai pas calculé c'est arrivé tout seul. T'étais- on était- (on était tellement tellement bien ensemble, tu vois pas ? plaidoyer déjà usé, inefficace). Mais c'est de l'amour ça Even ? Remets PAS. MES SENTIMENTS. EN DOUTE. T'as l'droit de pas en vouloir, t'as le droit de m'envoyer me faire voir mais ça- Si tu m'aimes pourquoi tu fais ça ? Les insultes, les affaires semées partout, le coup d'tel en pleine- (baise. Avec un autre). Il stoppe abruptement ses questions cinglantes pour prendre une grande inspiration par le nez et c'est la première fois qu'Even voit que ça lui a fait de l'effet. Il a l'air vraiment en colère, une colère glacée, poing crispé sur le volant comme s'il contenait un torrent. Un rush de culpabilité et de honte se mêle à l'emportement et au sentiment d'injustice qui secoue Even et il se tasse sur lui-même, il se sent trop jeune et trop con. Ses yeux se baissent sur son giron, sur ses mains qui triturent nerveusement les déchirures de son jean le long des cuisses et des genoux. Piteux. Je sais pas. C'est tout ce que t'as à dire Even ? Tu ne sais pas ? Il hausse les épaules. Désolé mais c'est pas suffisant. Et puis. Relève ses genoux contre son torse pour y enfouir son visage. Il s'est rarement senti aussi... aussi démuni, dépassé, stupide. J-je sais pas.. quoi faire, il avoue, réellement sincère, dent serrées alors que des larmes de frustration dévalent pathétiquement ses joues, qu'il s'efforce de masquer à Nao. J'ai jamais voulu tout ça.

Nao se cale complètement contre son dossier, guère plus avancé visiblement, tandis qu'Even reste muré dans sa détresse, attendant juste la sentence. J'vais juste rester jusqu'à ce que tu guérisses, il tente pourtant, bravache mais n'y croyant guère. J'aurais dû réussir à stopper le gars. Tu ne me dois rien. Il assène : Je me le dois à moi. Regarde quelqu'un que- quelqu'un qui compte pour toi manquer de clamser juste sous tes yeux et on en reparlera. Il se rend pas compte, Chang. Il comprend pas à quel point ça a été dur.  

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I CAN'T FALL IN LOVE WITHOUT YOU
we're not nothing • don't feed me scraps from your bed, I won't be the stray coming back just to be fed. just pretend that you want me and be my babe.

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WIZARD • always the first casuality
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‹ scolarité : septembre 02 à aujourd'hui (au Centre London-I en 2ème année).
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‹ gallions (ʛ) : 1430
‹ réputation : true athlete, terre-à-terre capable de converser avec tout le monde, il reste humble et bienveillant en toutes circonstances ; mais il dégage aussi une image de snob, du gars inaccessible et froid, ça dépend surtout du point de vue.
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Why did you leave me here to burn ? I'm way too young to be this hurt. I feel doomed in hotel rooms staring straight up at the wall, counting wounds, and I am trying to numb them all


19 JUIN 2004. Y’a personne à blâmer. Ils se sont liés par erreur, comme des jouets bas de gamme qui se brisent continuellement. Coincés dans la voiture, qui elle est surélevée par une masse de regrets et de non-dits, les mots sont jetés comme des ahans et d’autres (plus vrai, tellement tellement vrais) sont gardés précieusement pour eux alors que les couleurs de leur histoire se couvrent d’anthracite – y’a personne à blâmer mais ils sont quand même blessés. À ce stade, c’est presque de la suffocation dans cette prison moderne de leurs sentiments effrénés. Mais si le clash plein de tensions était supportable jusque-là, c’est absolument rien comparé à l’après, quand Even ouvre la portière et qu’il perfore le cœur de Chang d’une putain de trouille qui le laisse momentanément incapable de voir clair. Parce qu’il a eu peur, parce qu’il a eu peur pour ce putain d’connard qui aurait préféré se jeter dans le vide juste pour prouver un point. Il n’sait pas comment il arrive à guider le véhicule d’une main tout en se retenant d’étrangler lui-même Even. C’est qu’un idiot, qu’un putain d’idiot, il le sait, il l’a toujours su mais Merlin la peur qu’il ressent à cause de lui n’est comparable à rien. C’est une peur qui se mélange à la douleur de perdre un être cher, le genre de douleurs qui lui donnent l’impression de suffoquer et même s’il parvient à garer la voiture sur la bande d’arrêt d’urgence, ça n’change rien aux tremblements qui le parcourent. Des tremblements qui lui rappellent aussi qu’il y a des choses qu’il ne peut pas lui dire alors qu’il a eu la trouille de sa vie et que jamais encore il n’avait connu une peur pareille ; mais comment dire à quelqu’un qui est tout et rien à la fois qu’il pourrait crever s’il lui arrivait quelque chose ? « On peut pas continuer comme ça », qu’il murmure à la place alors qu’il a l’impression qu’on lui a drainé toute son énergie et qu’il se retrouve maintenant à faire face au torrent qu’il a dans le cœur – torrent qu’il est pour le moment incapable d’accepter.

« J-j'aurais pas dû, je voulais pas, j'suis désolé- » désolé de t’être mis en danger juste pour prouver un putain d’point ? Il n’sait pas ce qui l’insupporte le plus, qu’Even soit aussi impulsif ou qu’ils soient tous les deux incapables de briser ce mur de non-dits qui s’est dressé entre eux ; il a envie de lui dire qu’il a eu peur que le soudain mouvement de la voiture fasse éjecter Even, il a envie de lui hurler qu’il a eu l’impression qu’on lui ouvrait la cage thoracique pour planter son cœur parce que son vrai cœur, il a cru qu’il allait le perdre. Mais à la place des paroles qui lui viennent du cœur, des trucs qu’il retient depuis longtemps, il lui parle de sa frustration parce qu’il est trop flippé pour dire des mots vrais, Nao, il peut pas, il peut juste pas lui dire que c’était pas rien depuis le début, que c’était tout ce qu’il avait rêvé. I let the boy I like slip through my fingers. « …On n'était pas censés en ressortir blessés.Mais moi je le suis. Que tu le veuilles ou non c'est trop tard pour moi et même si tu t'en fous ça change rien okay ? Tu crois que j'ai voulu ça peut-être ? Je l'ai pas calculé c'est arrivé tout seul. T'étais- on était- » Rien, qu’il tente de terminer, sans y parvenir. Mais c’est faux. Il le sait. Il l’a toujours su. Même dans sa propre tête ça sonne faux. Even voulait quelque chose, il voulait du sérieux mais Nao était incapable de le lui offrir sauf qu’il- il est quand même tombé. Et il a beaucoup trop minimisé ce que ce quelque chose était et- il se rend compte qu’il n’aurait pas dû ignorer ce que ça signifiait depuis le début et qu’il a eu putain de tort de le mener en bateau en le nourrissant de faux espoirs. Et s’il ose couvrir leur histoire par le mot amour, il n’sait pas si c’est le cas maintenant – parce que ça s’est terni, c’est devenu toxique et émotionnellement ils sont tous les deux à bout. « Mais c'est de l'amour ça Even ? » C’est tellement dur d’oser dire ce mot, quelque chose qu’il fuit depuis trop longtemps. (c’est pas possible c’est pas possible c’est pas possible Even a forcément menti depuis le début c’est pas de l’amour Nao n’le mérite pas c’est que des conneries il n’a rien pour lui il n’a rien qui donne envie qu’on l’aime Nao est une pute obligé c’est du mytho il va s’en rendre compte tôt ou tard et le j’ter) « Remets PAS. MES SENTIMENTS. EN DOUTE. T'as l'droit de pas en vouloir, t'as le droit de m'envoyer me faire voir mais ça- (il ment il ment il ment c’est pas de l’amour ça c’est une punition) – Si tu m'aimes pourquoi tu fais ça ? Les insultes, les affaires semées partout, le coup d'tel en pleine- » Il ose jeter un regard côté passager et ils sont tellement en colère tous les deux qu’il n’sait plus quoi dire ou faire pour que ça s’arrange entre eux. Ou que ça ne s’arrange pas, il sait pas, il s’en fout, il veut juste que- que ça se termine. D’habitude, Even porte des étoiles dans les yeux mais Nao sait la vérité, lui, il sait que c’est du feu qu’il a dans le regard, ce même feu qui le consume de l’intérieur. Chaleureux comme le sépia et les feux de bois, il est, en cet instant, un clash de couleurs : corrosif comme des cocktails aux milliers de flammes, agressif comme des néons iridescents bas de gamme. Et l’incandescence d’Even s’éteint subitement alors qu’il prend une posture qu’il n’avait encore jamais adoptée devant Nao – vulnérable, il l’a déjà été, mais pas perdu et plein de culpabilité. Il enchaîne les je sais pas et Nao voit les larmes mais ne fait pas de mouvement pour le calmer. Il est lui-même trop secoué et en colère par le coup de la portière et fatigué de leurs clashs. Il culpabilise d’être aussi dur avec lui, d’être responsable de son état actuel mais il est blessé autant physiquement que dans son cœur alors il ne trouve pas la force en lui pour lui dire des mots réconfortants, des on oublie et on passe à autre chose parce que c’est justement pas son rôle. Parce qu’il n’y personne à blâmer, les torts sont partagés. Sauf qu’en général, quand les deux parties sont en tort, on tente de trouver une solution mais Even et Nao sont incapables d’y arriver.  

« J'vais juste rester jusqu'à ce que tu guérisses. J'aurais dû réussir à stopper le gars.Tu ne me dois rien.Je me le dois à moi. Regarde quelqu'un que- quelqu'un qui compte pour toi manquer de clamser juste sous tes yeux et on en reparlera. » La vérité, c’est qu’il l’a fait. À peine quelques minutes plus tôt. La vérité, c’est qu’il a envie de lui dire mais ne sait pas comment formuler les mots toi, tu comptes alors que ça semble pourtant si facile dans sa tête mais si dur dans sa bouche. Il comprend ce que ça fait parce qu’il a eu la peur de sa vie à peine quelques minutes plus tôt. Ce qu’il n’comprend pas c’est comment peut-il être ce quelqu’un pour Even tout en étant celui qu’il pourrit de ses coups bas. « Me refais plus de coup pareil » et c’est pas grave si Even interprète ça comme s’il parlait de ses coups de pute parce que Nao sait qu’il parlait de ses crises de saut dans l’vide (perdre Even ça serait comme se perdre soi-même : rapide et aliénant). Le silence se propage, les englobant tous les deux, ils restent comme ça longtemps pour se reconstituer un semblant de contrôle. Des minutes, des heures, des décades, des siècles ; c’est le temps que ça leur prendra pour arriver à se dire des choses simples mais vraies. Nao finit par appuyer sur l’autoradio et de sélectionner une musique d’ambiance lente et sans paroles, assez bas juste de quoi couvrir toute cette tension qu’ils ont instaurée dans la voiture. Et d’une main, il met la position drive de la boîte de vitesse et sort le véhicule de la bande d’arrêt d’urgence, roulant sans interruptions. Il se gare près du bâtiment d’Even et ce dernier sort de la voiture sans un mot et Nao démarre pour rentrer chez lui.

Il galère un peu pour trouver les clés de l’appartement mais parvient à rentrer chez lui, le salon désert en guise d’accueil après trois jours à squatter un hôpital. Ses chaussures éjectées de ses pieds, il trotte jusqu’à la cuisine et voit le planning de Hanie et Nina sur le placard magique qui leur sert de frigo ; les deux ont entraînement. C’est… pas dérangeant d’être seul mais après une dispute aussi drainante avec Even il aurait préféré un peu de compagnie juste pour oublier toutes les erreurs qui ne cessent de lui tourner en boucle dans sa tête. Son chat est absent également, s’il se focalise sur le silence presque sinistre de l’appart’ – ce démon est probablement parti chasser des souris (ou emmerder Express). Son ventre trouve le bon moment pour s’éveiller et il s’rend compte que ces derniers jours il n’avait pas vraiment touché à la nourriture de l’hôpital (disgusting, qui bouffe de la gelée ?) et les placards ne contiennent pas grand-chose qu’il pourrait réchauffer. Et s’il se réfère aux cartons de bouffe que la poubelle vomit, ses colocataires se sont essentiellement commandés de la bouffe. Il plisse le nez quand il repère la poussière sur les autres meubles mais ne trouve pas la force en lui pour nettoyer – il a à peine la force pour sortir quelques ingrédients et préparer un truc comestible. Le problème c’est qu’avec un seul bras, sorcier ou pas, c’est dur de faire quelque chose. Il tente de se préparer un bubble tea plein de vitamines avec des perles dorées et des muffins aux bleuets mais comme il n’arrive à rien à part s’en mettre partout et encrasser encore plus la cuisine, il s’effondre sur le canapé (et geint de douleur parce que fuck il est tombé sur son épaule douloureuse comme un con). Il contemple l’idée de commander à bouffer quelque part. C’est pas qu’il soit contre la nourriture livrée mais ça le fait chier de se sentir aussi démuni et incapable de faire quelque chose soi-même. Il sort quand même son pow et concède à commander (parce qu’il a trop la dalle, p’tain). « Hey TM donne-moi- » mais il s’interrompt immédiatement quand la sonnette de l’appartement résonne.

En coupant la requête vocale au navigateur, il glisse jusqu’à la porte d’entrée et regarde d’abord à travers le judas mais ne voit pas grand-chose à part une touffe noire qui bloque tout. Mais quand il ouvre la porte, il fait de nouveau face à Even sauf que cette fois, le taïwanais a une expression déterminée sur le visage et un sac sur l’épaule. « Ah, t’étais sérieux en fait », qu’il commence à lui dire avant que ce dernier le coupe en s’invitant à l’intérieur. Nao claque la porte derrière lui (et s’il pouvait croiser les bras c’est ce qu’il ferait). Il retourne dans son salon et s’avachit sur le canapé, dardant un coup d’œil en direction d’Even qui semble un peu out of place et qui regarde partout autour de lui. « Even ? » Mais Even semble s’attarder sur le bazar que Nao a mis dans la cuisine (Chang espère qu’Even ne voit pas la poussière ou la vaisselle qui commence à s’entasser dans l’évier, c’est la honte). « T’essayais de préparer un truc ? » Il acquiesce et se retient de lui avouer qu’il était même prêt à commander, c’est déjà trop honteux de ne même pas avoir réussi à faire un putain d’bubble tea alors quelque chose à manger, c’est encore pire. « J’peux m’en charger. » À ça, Nao hausse les sourcils. (enfin, il essaye, parce que sinon ça tire sur les bandages). « No offence mais c’est pas vraiment toi que j’appellerai pour cuisiner. Ou pour faire le ménage. » Mais quelque chose change dans le regard d’Even, comme si les mots de Nao avaient ravivé sa compétitivité. Il croise les bras et hausse un sourcil, Nao se rend compte qu’il vient d’éveiller la bête. Oopsy. « C’est un défi, Chang ?Un pari plutôt ? Tu me prépares quelque chose de bon et je te laisse mon lit. Tu me prépares un truc dégueu et tu dors sur le canapé.Homme de peu de foi. Casse-toi, laisse-moi la cuisine, mon nouveau domaine.Euh, j’suis pas vraiment dans la cuisine en fait-WHATEVER, LAISSE MOI. » L’instant d’après, Even lâche son sac, se retrousse les manches et va préparer quelque chose de comestible, complètement déter ; Nao regrette légèrement de lui laisser les rennes de sa cuisine parce que honnêtement, il ne sait pas du tout dans quel état elle sera. Ou son appartement tout court. Est-ce qu’il devrait envisager d’appeler dès maintenant la brigade magique d’incendie ? Ah, il espère qu’ils ont payé l’assurance ce mois-ci, ça serait bête que l’appartement prenne feu et qu’ils se retrouvent sans indemnisation.

• • •


I like the thrill, nothing's gonna make me feel this real. so baby don't go home I don't wanna spend tonight alone. baby please would you end your night with me ? don't you leave me all behind, don't you leave my little life, don't you leave my little lie.
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