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sujet; (crow) + fire walk with me.
MessageSujet: (crow) + fire walk with me.   Mar 23 Mai 2017 - 0:00

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Nersès (Scare)crow SarkarAND FOR EVERY KING THAT DIED OH THEY WOULD CROWN ANOTHER BUT IT'S HARDER THAN YOU THINK TELLING DREAMS FROM ONE ANOTHER AND YOU THOUGHT THE LIONS WERE BAD WELL THEY TRIED TO KILL MY BROTHERS.
☇ Avis sur le contexte : La fin de la guerre et ses complications, la belle affaire. Aux yeux du gouvernement, Nersès Sarkar n'est rien de plus qu'un énième délinquant à abattre, un paria qui s'est perdu en chemin. Et face à ce monde qu'il a tant aimé, et qui l'a rejeté par la suite, ce dernier ne ressent rien de plus qu'une rancœur palpable et une haine qui alimente sa loyauté à l'égard du gang pour lequel il officie. Il fait les poches des acteurs de cette société qu'il avait perçue comme étant salutaire mais qui n'était qu'un mensonge éhonté ; il vole, il ment, il punit sans surprise la cruauté de ceux qui sont loin, très loin, dans une bulle de verre ou qui ont placé haut leurs idéaux dérisoires. Le gouvernement est à chier, peu importe le moment où celui-ci a été mis en place, et la victoire des insurgés sur le régime passé ne change rien : Nersès a vu des choses qu'il aurait préféré oublier, des actes qui l'ont changé à jamais. Il sait que tout n'est pas blanc, ou noir, il existe des nuances qu'il préférait pourtant ignore, s'isolant dans cette mascarade qui lui est propre. Mangemorts, insurgés – même combat lorsque ceux-ci sont placés sous le sceau du pouvoir (et que dire de ces enfoirés de moldus ?).
❝ We're running in circles again ❞Outcast ; SC

☇ nom & surnoms ; Nersès Sarkar, surnommé Scarecrow ou plus couramment Crow au sein des Shadow Moses. ☇ naissance ; 12/07/1983, à Manchester en Angleterre (UK). Né sur le sol anglais, Nersès porte pourtant ses origines Bengalies et Arméniennes à la fois comme des souvenirs amers et des fardeaux dont il voudrait se délester. ☇ ascendance & origines ; né-moldu, un crime dont il a toujours porté la culpabilité, que ce soit au sein de sa propre famille qui l'accablait continuellement de tous les maux de la terre puis de manière certainement plus virulente lorsque la guerre au sein du monde qu'il adulait tant a éclaté. ☇ métier ; numéro 4 de Shadow Moses, les mains agiles et rapides, lieutenant irrécupérable du Path. ☇ camp ; la désinvolture de l'extrême ; Nersès a appris à s’accommoder, à se fondre là où le vent le menait. Il n'a jamais été accepté dans sa famille, au sein de son peuple et là où la sorcellerie l'a finalement poussé à exister. Il a été hérétique, il a été Rebut. Il n'est plus qu'un déchet de la société, une tête de plus à abattre ; il appartient à son propre camp, et au gang auquel il a offert sa loyauté. ☇ réputation ; soldat qui obéit aux ordres, débrouillard incontesté dont la loyauté à l'égard de son chef de gang n'a jamais été mise en doute. ☇ orientation & état civil ; célibataire, encore trop jeune pour se soucier d'autre chose que de sa libido. ☇ rang social ; délinquant, membre d'un gang, dont le gouvernement ne s'occupe plus des crimes, trop focalisé sur la recherche des criminels de guerre et des jugements à bafouer. ☇ baguette ; Sa baguette mesure vingt-deux centimètres, contient un crin de licorne et est faite en bois d'acacia. Il ne s'agit pas de sa première baguette, celle-ci ayant été confisquée lorsqu'il a été fait rebut, et il a eu du mal à s'habituer à celle qui lui a été attribuée par ses comparses après sa fuite - mais avec un peu d'exercice et de patience, il a été capable de la contrôler. ☇ épouvantard ; Mood. La colère de Mood. Ce que Mood est capable de faire lorsque sa patience est mise à rude épreuve. Si Crow essaie de faire son possible pour tempérer tout ça, il y a une crainte qui continue à le faire frémir ; et s'il était un jour la victime d'une attaque de son prétendu leader ? ☇ risèd ;  Sans surprise, le retour de son ami et véritable chef Chains au sein de Shadow Moses. Le gang ne s'en porterait pas plus mal. ☇ patronus ; Crow parvient tout juste à créer des volutes de fumée argentée mais de patronus, il n'y en a point. Il se souvient qu'à une époque, il était encore capable d'en produire un, même légèrement brouillé, mais le manque de pratique et de souvenirs heureux et tangibles ont suscité chez lui un problème de taille qu'il ne parvient pas à combler. ☇ particularités ; magiques, aucune. Mais ses mains sont rapides, et ses crimes insoupçonnés.  ☇ caractéristiques ; Son corps est couvert de cicatrices, souvenir glaçant du temps où il était Rebut - il ne se sent pas pour autant taraudé par ces marques, dans l'sens où dans un gang les estafilades sont la preuve d'une bravoure enviable (ou d'un lourd passif qui empêche les plus téméraires de s'approcher de trop près). Il compte deux tatouages à son actif, l'un représentant son rang au sein de Shadow Moses et l'autre soulignant son engouement pour le monde environnant (FUCK). ☇ animaux ; aucun. ☇ objets connectés ; Crow a racheté à un petit merdeux son pow qu'il utilise plus ou moins fréquemment ; depuis son cimetière, il n'est pas vraiment connecté l'gamin, il a du mal à suivre même s'il essaie de suivre ces avancées technologiques qui le dépassent.

☇ Anecdotes & infos ; (001), agra hadig ; une cérémonie arménienne visant à célébrer la pousse de la première dent chez l'enfant. Nersès, haut comme trois pommes et incapable de s'en souvenir des années après, s'est vu offrir quantité de cadeaux et la tradition veut que le gosse en choisisse un, afin de définir son avenir. Entre un livre, une liasse de billets et un pistolet, Nersès a choisi ce dernier et les membres de sa communauté ont alors décrété que soit il deviendrait gangster, soit un flic. Lors de son entrée chez Shadow Moses, l'histoire de cet événement qui lui avait été racontée lui est revenu en mémoire mais il n'en a parlé à personne. Il refuse de penser que l'avenir est écrit et que cette tradition, liée à une communauté dont il exécrait tous les vices, ait une once de clarté sur l'avenir des enfants nés en son sein. (002), muggle-born ; L'un des plus gros crimes dont il a été jugé coupable. Dénigré par des parents inquiets et vivant dans la peur de voir ses pouvoirs découverts, vaguement exécré par les sorciers ségrégationnistes – mais il était encore capable de supporter les remarques, doté d'un flegme britannique qui lui sciait au teint, Nersès n'a réellement commencé à souffrir qu'en juillet 1997 où des détracteurs, qui avaient accusé sa famille de sorcellerie, ont mis le feu au domicile des Sarkar. Envoyés chez ses grands-parents qui se sont faits un plaisir de lui faire sentir que sa présence n'était pas la bienvenue parmi eux, Nersès n'a gardé son calme que dans l'espoir de retrouver Poudlard le plus rapidement possible – un espoir qui parut brutalement vain lorsqu'en septembre, il découvrit le monde qu'il avait laissé derrière lui n'était plus qu'ombres et désolation. Né-moldu de son état, il passa la majeure partie de son temps dans les cachots plutôt qu'en cours, ayant alors tout le temps de réfléchir, de songer à la place qui lui était réservée dans ce monde. Il n'y avait aucune société prête à l'accepter, aucune susceptible de lui rendre ce qu'il perdait en privilégiant un monde plutôt que l'autre. Né-moldu, cette connerie lui collait à la peau.  (003), wizard ; Si être un né-moldu était son plus gros problème lorsqu'il franchissait les grandes portes de Poudlard, et si cela l'a poussé à devenir un fugitif, puis un rebut, Nersès s'est vu asséner le mot de sorcier comme une insulte par ceux, moldus, qui l'entouraient. Sorcier, c'était de sa faute quand rien n'allait. Sorcier, c'était lui qui devait être tenu à distance lorsque les choses paraissaient agréables. Sorcier, il a accumulé les accusations désagréables et injustifiées, et les reproches grotesques. Alors qu'il n'était rien de plus qu'un enfant innocent, Nersès n'a jamais rien porté que ce nom maudit qui le suivait de près, lui collant à la peau et l'épousant sous toutes ses coutures. Il n'a plus revu sa famille depuis son départ pour Poudlard, en 1997, en route pour une nouvelle année qui le réduisit au silence. Mais jamais il ne vit la moindre affiche de recherche portant son visage, jamais il n'entendit dire que les Sarkar le recherchaient encore activement – il était mort pour eux, à partir du moment où leur maison flamba de la cave au grenier.  (004), battle ; En mai 1998, Nersès en vit tomber des têtes. Il se souvient encore des corps qui jonchaient le sol crasseux, les murs du château qui étaient à moitié défoncés et dont les pierres écrasaient les cadavres qui n'avaient pas encore été pris en charge. Alors âgé de quinze ans, un gamin encore, Sarkar avait conscience de la chance qu'il avait d'être encore en vie, lui qui ne connaissait pas encore tous les contours houleux que pouvait posséder la sorcellerie. Voir tous les gosses qui avaient le même âge que lui à terre, les yeux vitreux et les lèvres entrouvertes en un dernier soupir, le fit relativiser durant les quelques mois qu'il passa à courir d'un bout à l'autre de l'Angleterre en compagnie d'autres fugitifs ; il était en vie, lui au moins, et ça c'était déjà assez incroyable pour être fêté. Durant cette bataille, Nersès se découvrit alors une vivacité qui lui était jusqu'alors inconnue, et un goût pour la bagarre qui le rendait intrépide. Adieu flegme britannique. (005), shadow moses ; Alors qu'ils en étaient à leur début, Mood et Chains ont sauvé Nersès alors qu'il avait le nez dans un caniveau londonien. Ils l'ont flanqué dans une tombe le temps qu'il se réveille, l'y ont laissé cinq minutes alors qu'il s'étranglait à force d'hurler, et lui ont offert une opportunité qu'il s'était empressé de saisir. Ils l'ont appelé Scarecrow, et lui ont fait une place dans le gang. Crow n'était plus un né-moldu, il n'était plus un fugitif : il était un organe à part entière au sein d'un simulacre de communauté qui lui donnait la force de se relever à chaque fois que les temps se faisaient durs et ponctués d'une amertume écœurante. Les membres de Shadow Moses lui ont tout donné : une famille et des amis, tout à la fois, ainsi que des objectifs qu'il n'a jamais eu peur d'accomplir.  (006), rebut ; Nersès a été capturé par les autorités fin 2000 et placé directement dans un centre de formation de rebuts. Il y a vécu l'enfer, mais ce n'était rien face à ce qui l'attendait. Alors qu'il redoutait la vente et le lien qui le lierait à un maître, il a été choisi par Alastar Doherty pour participer aux combats de rebuts et aux jeux d'échecs version sorcier. Crow a alors découvert la véritable signification de calvaire – mais il tentait de relativiser. Au moins, il échappait à ce que d'autres devaient endurer, à savoir une éternité de servitude et l'incapacité de fuir. Lui a été sauvé par Chains qui a marchandé son sauvetage ; Crow a été déclaré pour mort, et en retour il devait aider au Marché Noir dès qu'il était appelé. Même s'il n'en parle pas, Nersès pense énormément à l'exécution de rebuts qui a fait office quelques mois après sa fuite - il aurait pu y passer, mais Shadow Moses l'a sauvé. Encore une fois. Cette idée l'aide à rester droit dans ses bottes. (007), soldier ; Aux yeux de tous, Nersès est resté loyal à Mood et ce, même après le départ de Chains. On évite de critiquer Mood devant lui, tant il paraît ne pas accepter le moindre écart à ce propos. Crow est pourtant le plus fidèle allié de Chains, et son départ l'a placé en situation de doute. Tant et si bien qu'il s'est décidé à le suivre lorsqu'il est parti, à l’abri des regards. Son chef l'a convaincu du contraire, le pressant de rester avec Shadow Moses afin de tempérer les humeurs dévastatrices de Mood. Lorsque Chains l'appelle, Crow répond présent. Sa loyauté indéfectible à l'égard de Mood n'est qu'un mirage, même si ce dernier lui inspire un respect mêlé de crainte, puisque c'est à Chains qu'il répond de ses actes. (008), tattoos ; Crow possède deux tatouages. Un présent à droite de l'index de la main gauche, un crâne et une courbe noire avec un 4 au bout du doigt qui indique sans surprise le rang qu'il occupe chez Shadow Moses. Son second tatouage est le symbole du gang, celui que tous possèdent, et celui-ci est présent sur son flanc droit : il s'agit d'aiguilles de boussole dont les quatre points cardinaux ont été sobrement remplacés par quatre lettres, F U C K. (009), outcast ; C'est ce qu'il est, c'est ce qui l'inspire à continuer dans la voie qu'il a choisie. Nersès s'est toujours senti en marge de la société et, pour lui, être le membre d'un gang signifiait et signifie toujours appartenir à une communauté, quelque chose qui ne le dépasse pas et qui se contente simplement de l'envelopper, de lui permettre de se battre et d'avoir des objectifs qui le motivent. Il s'est trouvé des comparses à son image, qui lui ressemblent, et qui attisent une proximité qu'il n'a jamais été capable d'éprouver auparavant. Il a trouvé une famille parmi les délinquants et les déchets de la société. Il a trouvé quelque chose qu'il n'a jamais osé espérer.

❝ Nothing compares to you ❞Deux mots sur l'IRL

Appelez-moi ophélia (aka trou du cul suprême qui se fait supprimer comme un trou du cul mdrr lol kill me). J'ai 23 ans, je viens de la belle France et j'ai connu le forum via la gueuse ultimate (draco). Si tout va bien vous me verrez connectée 5 jours sur 7. Pour les scénarii uniquement : j'ai l'aval du créateur concernant ma fiche [] oui / [] non.

Approuvé par le Ministère de la Magie


Dernière édition par Nersès Sarkar le Dim 28 Mai 2017 - 23:37, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: (crow) + fire walk with me.   Mar 23 Mai 2017 - 0:00

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they will come for youThese are the days that bind you together, forever And these little things define you forever, forever.
❝ We were caught up and lost in all of our vices in your pose as the dust settles around us. ❞juillet 1997 & Manchester

Les flammes léchaient les briques, les fondations de cette maison dans laquelle ils avaient vécu des années durant, emportant dans l'épaisse fumée qui se mêlait à la nuit tous les souvenirs qui s'y reliaient. Seul Nersès était fasciné par ce spectacle que lui offrait la bêtise humaine, vêtu de son bas de pyjama et d'un t-shirt enfilé en toute hâte lorsqu'il avait été réveillé en sursaut par les cris paniqués de ses géniteurs, légèrement refroidi par la température nocturne. Sorciers, brûlez – c'était ce qu'il avait entendu en sautant hors de son lit, alors que leur domicile commençait tout juste à s'embraser. Et il n'était pas le seul à avoir capté ces accusations, de ça il en était certain ; les prunelles des membres de sa famille, concentrées sur l'incendie grandissant lorsque Nersès essayait de leur parler, se reportaient immédiatement sur la carcasse du pauvre bougre lorsqu'il jetait les armes à terre, adoptant alors le manque de communication que ses comparses lui infligeaient. Il les connaissait suffisamment pour savoir qu'ils le blâmaient déjà. Les Sarkar avaient des détracteurs au sein de la communauté Bengalie de Manchester – des individus qui avaient observé cette famille des années durant, la fréquentant même à certains moments, des peuples fracturés qui n'acceptaient ni sorcellerie, ni once de différence. Tel était donc le résultat aujourd'hui auquel la famille assistait ; une ségrégation amplifiée par les rumeurs et des accusations, des inquisiteurs qui utilisaient le feu pour soigner les maux d'une communauté qui ne souffrait guère, mais qui ne s'étendait plus. « On a tout perdu. » sa mère se cacha le visage entre ses mains tremblantes, tandis que son époux l'entourait d'un bras qui se voulait protecteur, assuré. Depuis des années, à vrai dire depuis l'apparition des pouvoirs de leur dernier fils, les disputes jonchaient leur couple et, main dans la main, ils avaient détruit l'équilibre familial dans lequel tout le monde s'était reposé. Et maintenant, les voilà qui se rapprochaient et se serraient les coudes face à cette menace qui provenait de l'intérieur de leurs entrailles, de cette conception humaine qui leur avait tout arraché - bien malgré lui. La peur, l'angoisse permanente de voir leur secret être révélé aux yeux de la communauté – toujours captivé par cette danse que lui offrait le feu, Nersès était conscient d'avoir été promulgué implicitement au rang de paria. Il allait payer pour ce qu'il était et rien de ce qu'il pouvait dire ne changerait ça.

La maison ayant été réduite en cendres, la famille fut obligée de se séparer, chacun étant hébergé par des amis ou des membres de la famille de la mère souffrante, réduite à l'état de martyre qui avait vu son existence entière brûler sous ses yeux. Pour la peine, Nersès avait été envoyé chez ses grands-parents paternels, deux figures Bengalies qui l'avaient toujours tenu hors de portée de toute chose et qui avaient tout su de sa situation dès qu'elle était apparue ; rien ne leur avait été passé sous silence. Flitwick intervenant chez les Sarkar pour leur parler de la particularité de Nersès, Poudlard qui faisait office de refuge pour leur dernier fils, et enfin la culpabilité du gamin à propos de l'incendie qui avait ravagé leur maison. C'était lui, le monstre idiot, la bête immonde, c'était lui le fou, celui qui était visé par la haine et les rumeurs qui s'alourdissaient de jour en jour. Eux n'étaient que des dommages collatéraux, les victimes de l'anormalité qui ne les touchaient guère mais avec qui ils vivaient pourtant. Ses grands-parents ne l'aimaient pas, le jugeant responsable – comme tous les autres – des malheurs qui s'abattaient sur la famille, et faisaient tout leur possible pour le lui montrer puisqu'ils étaient coincés sous le même toit. En désespoir de cause, Nersès relativisait – il n'avait que deux mois à tenir avant de retourner à Poudlard, cet havre de paix qui lui tardait de retrouver. Jamais l'été ne lui avait paru aussi long et désolant. De plus, pour éviter leur compagnie (et un éventuel meurtre – il ne savait jamais trop sur quel pied danser en leur compagnie), il passait la majeure partie de son temps dans les rues, à flâner sous le soleil et à rêver de ce qui l'attendait en septembre. Il ne savait pas que le Ministère de la Magie commençait à sombrer, il n'avait pas la moindre idée de la corruption qui alimentait ses rangs – il ne savait rien.

« -et tu n'as pas la moindre idée de ce que tu as fait, n'est-ce pas ? Tu as jeté un maléfice sur cette famille et c'est écœurant, tu entends ? Tu n'es qu'une saleté qu'on aurait mieux fait de noyer à la naissance. » Nersès ferma les paupières, encaissant les insultes et accusations sans frémir. Il avait l'habitude de ce genre de discours, de ces digressions qui le tenaient à la gorge tandis que sa grand-mère s'emportait souvent à son encontre en Bengali ; la teneur de ses propos n'était pas étrange aux yeux de son petit-fils, même s'il avait perdu la main depuis quelques années. Ses traductions étaient fébriles, presque foireuses, mais il avait retrouvé le sens de chaque mot prononcé, de chaque insulte, avec une précision dont il n'était plus guère habitué. Coup après coup, elle abattait la haine. La rancoeur. Elle lui faisait comprendre que, finalement, il n'était lié à leur famille que par le nom – qu'il était indigne d'être un Roi au milieu de leur clan. « Quand je pense que tu étais un charmant petit garçon, se lamenta la femme à la peau fripée en faisant claquer ses couverts contre son assiette, quand je pense que tes parents t'ont correctement élevé ! Désolant, que c'est désolant de te voir en arriver là, à apporter la honte et la destruction partout où tu passes, à arracher les biens de ta famille par ta seule existence. » Nersès avait toujours pensé que son aînée s'amusait du drame, et s'en regorgeait dès qu'elle en était capable. Elle piaillait, se courbait, secouait ses bras, en faisait toujours bien trop, peu importait l'occasion qui lui était proposée. Lui, il se contentait de manger en silence, ses dents mastiquant et arrachant, l'oreille se dressant toutefois à l'écoute de toutes ces horreurs qui lui étaient attribuées. Il essayait de ne pas y prêter attention, mais sa jeunesse rendait difficile le contrôle qu'il essayait d’apposer à sa fougue. Il était calme, d'ordinaire, poli, observateur et gentillet. Nersès sentait pourtant poindre dans son cœur la grain d'une colère qu'il peinait à maîtriser – et cet éclair d'injustice qui l'aveuglait mettait ses nerfs à rude épreuve. « Mon enfant, tu auras de la chance si tes parents t'acceptent de nouveau au sein de leur foyer l'été prochain. » conclut sa grand-mère, en anglais cette fois-ci, persuadée que l'absence de réaction de Nersès était liée à un manque de compréhension. Il ne leva pas les yeux de son assiette. Il aurait aimé se défendre, mais qu'avait-il à dire ? Sa maison avait brûlé, sans doute à cause de ce qu'il était – allait-il seulement s'excuser pour ça ? Non, car c'était trop facile de lui demander de se mettre à genoux alors qu'il n'avait rien fait de mal.

❝ But if you close your eyes, does it almost feel like nothing changed at all ? And if you close your eyes, does it almost feel like you've been here before ? ❞1997 - 1998 & Poudlard

décembre. Il se mordit la lèvre inférieure, plissa les paupières et releva la tête. L'humidité des cachots lui donnait le tournis. Nersès sentait sur ses mains, posées contre les parois moites et sombres, toutes les délicatesses inscrites sur son épiderme creusé jusqu'au sang – les bonnes vieilles habitudes étaient de retour, là où violence physique s'entremêlait joyeusement avec la certitude de ne plus jamais être capable de se relever. On lui avait fait comprendre depuis les prémices de cette année scolaire qu'il était précisément le genre de charogne à abattre ; on lui avait laissé sous-entendre qu'en tant que né-moldu, il aurait sans doute mieux faire de se barrer à l'autre bout du monde. Mais il n'avait découvert la situation que le jour même de la rentrée, cloîtré chez ses grand-parents durant l'été, dans l'incapacité la plus totale de recevoir la moindre information venant de ce monde qu'il percevait de plus en plus comme étant salvateur. Mon cul, ne cessait-il alors de penser, alors qu'il venait d'être envoyé pour la énième fois dans les cachots dont il connaissait désormais tous les recoins à éviter. Plus le temps avançait, plus Nersès ressentait la brutale certitude qu'il n'était finalement accepté nulle part – ni au sein du peuple qui l'avait vu naître, ni dans celui qui l'avait vu évoluer. Son regard fut attiré par Louise Rowle qui venait d'apparaître en catimini dans la noirceur des  cachots, magnifique comme à son habitude et détentrice d'une petit pain enveloppé dans une serviette. « Tu as un petit creux ? » « Tu parles, je suis affamé » affirma-t-il en tendant la main vers le pain qu'il ne tarderait pas à avaler d'une traite. « Qu'est-ce que tu as fait encore ? » lui demanda Louise en esquissant un petit sourire, la commissure de ses lèvres ne se relevant qu'à peine. « Oh tu sais, je crois que je suis coupable d'exister. » lui répondit Nersès d'un ton lugubre avant de mastiquer sans joie un morceau de son repas. Il vit l'effet que sa réponse eut sur son interlocutrice et se rattrapa immédiatement. « ..tu ne trouves pas ça super cool d'avoir ton copain coincé dans les cachots au moins quatre jours sur sept ? » aucune réponse ne vint l'effleurer et, un peu gêné, Nersès baissa la tête afin d'observer les moindres détails et contours du petit pain. Il aimait bien ça, faire le fier et prétendre que tout allait bien en roulant ses maux dans des plaisanteries idiotes qui pourtant criaient un fond incontestable de vérité – Louise n'était pas idiote. Louise n'était de ceux qui se laissaient prendre facilement à ce piège qu'il tendait. Alors le silence perdura, un silence dans lequel il se laissa volontiers bercer, toujours dans ce cachot, toujours en proie à l'humidité. Il y avait cette craquelure qui était apparue, cette conscience aiguë, soudaine et vile que la place qui lui restait à prendre était aussi évasive qu'inexistante. L'adoration qu'il portait à tout ce que ses parents répugnaient se transformait peu à peu en rancœur, en exécration totale et nette. Il n'était plus qu'un gueux parmi les martyrs de retour à Manchester, et un chien qui ne tarderait pas à être laissé pour mort à Poudlard.

mai. Le château était à feu et à sang. Nersès titubait, le col de son uniforme déchiré, les doigts fermement enroulés autour de sa baguette. Autour de lui, tout ce qu'il avait connu s'écroulait, l'espoir qu'il avait entretenu des mois durant n'était plus qu'un grain de poussière – futile, rapidement essuyé du revers de la main. Au loin, il aperçut des flammes qui ravageaient le pont (sorciers, brûlez) et lorsqu'il quitta la fraîcheur du mur contre lequel il s'était adossé, son pied se prit dans la robe d'un élève. Il tomba à genoux, les mains s'écrasant sur le sol. Lentement, presque timidement, il se détourna de la poussière et des éclats de murs, et considéra le gosse qui était face contre terre, les yeux révulsés et le corps formant un angle étrange. Il ne le connaissait pas, n'avait aucun souvenir de son visage émacié – mais ils avaient le même âge, et lui était mort.

On le tira alors sur ses pieds, et Cole lui flanqua un bon coup de poing contre le torse. « Putain mais t'étais où, du con va, p'tain » Annie secoua la tête et écarta son acolyte de Nersès dont la bouche s'était entrouverte, sans toutefois laisser le moindre son s'en échapper. « Fous-lui la paix » lâcha-t-elle, l'air mauvais avant de se retourner vers Sarkar qu'elle avait pris en affection depuis leur première année à Poudlard « il faut qu'on parte, Ners, avant qu'ils nous chopent. Mais Cole dit que- » « j'ai rien dit, merde » « il dit qu'on devrait rester encore un peu, histoire de voir si ça se décante. » « Je vois pas comment ça pourrait se décanter, on a passé la nuit à échapper de justesse à tous ces tarés. Et il a pas l'air d'être prêt à arriver. » persifla Nersès en observant les alentours, le cœur lourd d'une anxiété qu'il ne parvenait pas à refouler. Ils n'étaient que des gamins après tout, des gosses qui vivaient quelque chose qui leur échappait – et pourtant, un pas de travers pouvait vous tuer. Du coin de l'oeil, Nersès s'aperçut que Cole avait baissé le nez vers ses chaussures ; en tant que grand adorateur d'Harry Potter, ça devait lui faire mal de voir que ce dernier s'était visiblement heurté à un mur. Et quel mur ! Brusquement, Sarkar se sentit abject. « Ce que je veux dire, c'est qu'on ne peut pas attendre ici éternellement, à éviter les sorts et à se tourner les pouces. Il faut qu'on s'en sorte malgré tout. Rester ici fait de nous des condamnés à mort. » expliqua Nersès en essayant de capter le regard clair de son comparse. Il évita de dire qu'avec leur niveau en magie, il était déjà étonnant de voir que leur survie avait perduré toute la nuit. Nersès avait une conscience poussée de tout ce qu'ils étaient ou non capables de faire. Ils n'étaient qu'en cinquième année, des enfants sur la grande échelle alimentaire qui les avait vus évoluer. Les plus jeunes étaient morts. Le brun observa le corps disloqué du gosse sur qui il avait trébuché – il essuya son front brillant de sueur du revers de la main, attendant l'accord de Cole avant de continuer à déblatérer pendant mille ans. Ils resteraient avec lui, s'il souhaitait absolument pourrir entre ces murs écroulés. « La bataille est finie, tu sais, elle n'a pas de raison de continuer sans le Lord. » souffla Annie. Pour la première fois depuis des mois, Nersès s'aperçut que le visage si enjoué de son amie s'était transformé – devant lui, il voyait une adolescente malheureuse, aux joues griffées et aux yeux brillant de larmes qu'elle refoulait continuellement. « D'accord, d'accord » maugréa Cole en tournant les talons « on peut y aller. » Si le soulagement d'Annie fut grand, il n'en était rien face à celui ressenti par Nersès.

Déchiré, fracassé, exténué.
(sorciers brûlez)

juin. La chambre de Louise Rowle était au rez-de-chaussée d'un immense manoir situé à Herpo Creek, et Nersès y avait séjourné trois jours. A l'aube du quatrième, il devait retourner vers les fugitifs avec qui il faisait route sinon ils partiraient sans lui – ils le lui avaient dit, sans sourciller. Pourtant, Cole et Annie étaient ses meilleurs amis depuis leur première année à Poudlard, les personnes les plus proches avec qui il avait eu bon nombre de hauts et de bas, sans jamais subir la moindre fêlure. Ils savaient à qui Nersès rendait visite et, même s'ils prenaient l'initiative de ne pas s'en mêler, ils le menaçaient imperceptiblement de le laisser tout seul s'il se risquait à prolonger son séjour chez la sang-pur. (« J'vois pas pourquoi il s'acharne à aller la voir celle-là, c'est qu'une sal- » « Cole, stop. » « Oh mais arrête un peu, tu vois très bien c'que j'veux dire..elle est pas comme nous, elle peut pas comprendre ce qu'on vit et- il va certainement lui demander de nous rejoindre là, j'en suis sûr, j'te le parie. Et tu penses qu'elle réussira à nous suivre ? Tu crois que bourrée de fric comme elle, bardée de notoriété à en crever, elle va supporter tout ça ? Ca fait un mois qu'on y est et j'en ai déjà marre, alors elle.. » « Ecoute, je ne l'apprécie pas plus que toi mais si Ners veut aller la retrouver le temps de quelques jours, on ne peut rien faire pour l'en empêcher. Il est assez grand pour savoir ce qu'il fait, non ? Alors, on lui fait confiance et basta, on verra bien ce qui se passe au bout de quatre jours. » « On aurait dû leur en donner moins. J'aime pas l'savoir avec elle. » « Oh, Cole, par pitié... » « Aah, évidemment, quand on s'en prend à Monsieur Nersès, on peut être sûr que tu vas monter sur tes grands chevaux, et bien laisse-moi t'dire que- » ) Et pour la première fois depuis des lustres, Nersès appréciait l'endroit (même restreint, comparé à l'ensemble de la gigantesque maison) qui lui avait  été attribué. Il parlait beaucoup à Louise, passait tout le temps qui lui était imparti avec elle. Il n'avait pas encore abordé le sujet qui l'intéressait, celui qui l'avait fait venir à elle. Il était inquiet à l'idée de se manger une veste, de comprendre que leur lien, aussi infime pouvait-il être désormais, était voué à un échec certain et de tirer un trait sur cette relation qui avait constitué une partie confortable de son adolescence. Mais la guerre accélérait les choses, donnait un coup de pied à tout ce qui aurait dû être lent et agréable. Plus rien ne pouvait se dérouler sans le moindre drame, la moindre ambiguïté malsaine. Cette dernière année l'avait rendu plus froid qu'il ne l'avait jamais été, plus réservé et secret – mais il parlait ouvertement à Louise, plus ouvertement qu'il ne le faisait avec Annie et Cole.

La porte s'entrouvrit et le visage de Louise, fendu d'un sourire délicat, apparut. Aussitôt, Nersès, auparavant assis sur le sol et adossé au lit, se releva. Derrière lui, ses maigres bagages avaient déjà était bouclées. Tout était contenu dans un sac-à-dos. Un sac qui n'avait même pas besoin de magie pour contenir ce qu'il possédait. Louise le remarqua et son visage sembla se décomposer quelque peu. « Tu te prépares à partir ? » « Demain matin à la première heure, ils m'attendent. Je me demandais si- on pouvait parler ? » Nersès s'installa sur le lit, vite rejoint par son interlocutrice qui s'assit à ses côtés. Un silence confortable s'installa mais il n'était pas là pour ça ; il devait parler, il devait s'ouvrir. L'espace de quelques instants peut-être, mais il devait faire un effort de communication. « Voilà, alors.. c'est un peu dur de te demander ça. Est-ce que tu veux venir avec moi ? » « ..tu veux dire pendant quelques jours ? » « Non, indéfiniment. » La demande tomba lourdement. Il n'avait rien préparé et peut-être aurait-il pu enjoliver tout ça autour de jolis discours, afin de faire paraître sa question moins brutale qu'elle ne l'était réellement. Il savait qu'il lui demandait implicitement de tout quitter pour le suivre et suivre un mode de vie qui ne convenait à personne. Nersès sentait qu'il l'aimait, qu'ils avaient partagé quelque chose au milieu de toute cette merde. Mais il était jeune, il ne se souciait guère des incidences. Il suivait les flammes et ce qui le faisait frémir. « J'ai des responsabilités avec les insurgés, il faut que je reste ici. Je suis vraiment désolée mais on peut toujours- » Nersès encaissa le coup et n'écouta déjà plus ce que Louise disait. Le rejet, même s'il n'en était vraiment pas un, était amer et il n'avait plus envie de continuer si leur avenir n'était pas lié d'une manière ou d'une autre. La guerre ne se terminerait peut-être jamais, et ils étaient d'un côté différent de la barrière, malgré tout ce qu'elle disait. Des responsabilités avec les insurgés – comment un mensonge pouvait-il être aussi gros ? S'il ne voulait pas s'emporter à ce sujet, car il ne désirait pas provoquer une dispute qui alerterait les sens de la mère de famille qui rôdait sans doute dans le coin, Nersès se sentait poussé au vice le plus élémentaire : celui de taper là où ça faisait mal. « Ecoute, Louise » l'interrompit-il brusquement en se relevant, et en se baissant pour attraper son sac qu'il flanqua dans son dos. « franchement, ça ne sert plus à rien. C'est- c'est trop gros comme mensonge, t'aurais pas pu en trouver un autre ? Avec les insurgés ? Mais qu'est-ce que les insurgés veulent faire avec une Rowle qui est constamment fliquée par sa mère et qui ne sait rien faire de ses dix doigts ? Enfin excuse-moi mais t'as franchement pas le profil type de ce qu'ils semblent rechercher et..et qu'est-ce que tu fous là alors qu'ils sont tous en train de crever de froid dans les bois ? Oh oui, j'oubliais : le confort est si précieux à tes yeux que tu ne l'abandonnerais pour rien au monde. » même pas pour lui, et ça faisait mal. Nersès n'eut pas le temps de se rattraper aux branches mais c'était déjà trop tard ; il l'avait jugée. Sans un mot d'excuse, car il n'avait rien sur le bout de la langue qui était susceptible de le sauver à présent, il s'enfuit. Il s'enfuit car c'était bien tout ce qu'il était capable de faire.

❝ All this bad blood here, won’t you let it dry ? It’s been cold for years, won’t you let it lie ? ❞janvier 1999 & Londres

Les fugitifs courraient dans tous les sens, paniqués. Les sorts fusaient au travers de leur petit groupe de lapins effrayés, l'un d'entre eux passa juste au-dessus de l'épaule de Nersès. Les doigts serrés autour de sa baguette, courbant le dos et serrant les dents à s'en faire mal aux mâchoires, il tentait de se frayer un passage jusqu'à la tente d'Annie mais l'endroit avait été déserté. Du coin de l'oeil, il vit Cole accourir vers lui, dépossédé de son arme et l'arcade sourcilière fendue. Il pissait le sang, mais n'avait pas l'air de s'en soucier. Il gueulait le nom d'Annie. Nersès fit volte-face et l'arrêta d'une main. « Elle est pas là, elle est pas là » se contentait-il de répéter face à la détresse de son ami – il ne l'avait jamais vu de la sorte, le visage couvert de liquide carmin et la lèvre inférieure tremblotante. Nersès avait eu plus de chance. « Où elle est ? OU EST ANNIE ? » « Je sais pas mec, je t'assure qu- » un éclair le toucha dans le dos. Il tomba sur Cole qui resta bien fermement sur ses pieds, tandis que Nersès s'agrippait à ses épaules. Il avait glapi. Simplement glapi. La douleur était atroce et semblait vriller chacun de ses muscles. Il avait envie de gerber. Brusquement, même son affreuse grand-mère lui paraissait affectueuse désormais. Une idée simple lui traversa l'esprit comme une balle de revolver ; je ne veux pas mourir. Greg – ou Craig – leur sauta dessus et transplana. Cole et Nersès se tenaient à leur escorte comme à une bouée de sauvetage et pourtant, ils avaient tous les deux l'impression d'être des lâches, d'avoir abandonné Annie derrière eux. Qu'adviendrait-il d'elle s'ils n'y retournaient pas immédiatement ? Crac. Cole se redressa. Greg – ou Craig – fit de même. Nersès s'écroula. Ses comparses baissèrent leurs yeux vers sa pauvre carcasse et Cole recommença à gueuler mais cette fois-ci, à quelques millimètres du nez de leur prétendu sauveur « Oh putain.., SON BRAS, SON BRAS PUTAIN DE CONNARD » En un clin d'oeil, Nersès comprit. La douleur était telle qu'il était certain d'avoir laissé une partie de son bras derrière lui – il remarqua l'absence d'un morceau de chair non loin de son épaule, et une nausée lui prit l'estomac avec vigueur. Il avait envie de tourner de l'oeil. « Cole, stop, Cole ! » L'interpellé ne cessa son furieux manège qu'après bien des insultes. « Cole, faut..faut que vous retourniez au camp maintenant..Annie, il faut que vous retrouviez Annie. » « On peut pas transplaner avec toi dans cet état Ners, tu vas finir en petits morceaux et j'préfère éviter ça. » « Sans moi, allez-y sans moi. Je v-vous attends l-là. » Ils n'avaient pas le choix. Greg – Craig ? - suivait leur conversation avec intérêt et n'intervenait guère. L'avait-il déjà entendu parler ? Peu importait au fond, Cole ne savait pas transplaner et ne pouvait donc retourner vers Annie qu'avec l'aide de l'autre acolyte qui ne soufflait mot. Cole le considéra un bref instant. L'amour n'avait jamais été fou entre eux, mais par la force des choses ils étaient devenus proches. Amicaux par moment. Le grand gaillard posa un genou à terre et lui souffla « On revient vite, lâche rien vieux. » Lâche rien, non. Lâche rien, parce que la vie est tellement belle, il faut la vivre. Lâche rien, vieux, mec, bro. Lâche rien parce que quand t'es au fond du trou, tu n'peux que remonter hein. Et là putain, j'sais pas ce que t'as fait, mais j'ai comme l'impression que tu vas crever alors calme-toi un peu sur les adages et b o u g e t o n c u l.

Il vivait dans un rêve. A peine les deux autres étaient partis qu'il s'était laissé tomber sur le sol glacial, l'esprit en proie à des questions qui le taraudaient plus que de coutume. Nersès ne voulait pas fermer les yeux, il ne voulait pas dormir. Dormir laissait le champ libre à ceux qui voulaient lui faire la peau – étaient-ils nombreux, d'ailleurs, dans cette ruelle ? Étaient-ils nombreux à l'attendre au tournant, à voir ses paupières lourdes se fermer, pour mieux l'exécuter ? Le temps passa. Un temps infini qui s'étira en longueur. Il avait froid, il frémissait et ne pouvait plus bouger. La douleur avait incendié ses membres et le laissait pour mort sur le pavé. Du coin de l'oeil, il vit une jambe. Dans un ultime râle de souffrance qui lui coûta le restant de ses forces, Nersès tendit le bras et attrapa la cheville qu'il était capable d'atteindre, faisant trébucher le propriétaire. Lorsqu'il entendit un bruit mat, signe que l'attaquant était tombé, Nersès se jeta en avant mais, mis en sourdine par une douleur sans nom, s'évanouit sur l'assaillant tandis que son compagnon s'esclaffait ouvertement.

Lorsqu'il rouvrit les yeux, Nersès était dans ce qu'il imaginait être une tombe. Même si son bras le faisait toujours souffrir, il donna des coups de poings et de pieds sur toutes les surfaces qu'il pouvait rencontrer. Il braillait à s'en faire mal à la gorge. Il était paniqué à l'idée d'avoir été enterré vivant – surtout qu'il gardait en tête l'image de la jambe qu'il avait tirée. Une jambe, rien de plus. Aucun visage. Aucun propriétaire sur lequel mettre un nom et sur qui diriger sa vengeance dès qu'il sortirait de ce trou. « T'as fini de gueuler comme une fillette ? » La voix le fit sursauter. « T'es pas enterré, gars. Le fond du caveau débouche sur des tunnels. Flippe pas comme ça, hé, et bouge-toi un peu. » Les lèvres pincées – gueuler comme une fillette –, Nersès suivit les brèves directives données et se dirigea vers le fond du caveau qui menait vers la porte de sortie. Deux visages chafouins l'admiraient en silence. Les deux connards étaient très satisfaits de leur petite blague. « Salut mec » « T'as vraiment une gueule d'épouvantail vu d'là » « Ouais, ouais, c'est peut-être la lumière qui fait ça » grommela Nersès, ses yeux s'habituant peu à peu à l'obscurité. Il se demandait qui il avait en face de lui – tellement obnubilé par cette question qu'il en avait oublié sa blessure à l'épaule. « Z'êtes qui ? » « Mood et Chains. » « On est les fondateurs de Shadow Moses, t'connais ? » « Jamais entendu parler. » « C'est un gang, mec, qui en est à ses débuts mais qui prend d'l'ampleur. » Nersès était fasciné par ces deux gus qui rigolaient encore de l'avoir laissé paniquer quelques minutes avant de lui avoir dit où était la foutue sortie. Il était plus fasciné encore par toutes les explications qu'ils lui fournissaient, à propos de ce gang – Shadow Moses, que ça s'appelait. Plus ils en parlaient, plus il sentait qu'il pouvait demander à y entrer. Qu'il était même légitime de le demander. Mais ils lui offrirent la position les premiers. Il ne laissait rien derrière lui ; rien, vraiment. Annie et Cole seraient mieux juste tous les deux, ça les forcerait sans doute à faire un pas l'un vers l'autre. Il partait pour le plus grand bien ; pour ravager cette société qui avait été injuste. Constamment, de la plus odieuse des manières. Mood et Chains étaient aussi niqués par la société que lui, et ça le faisait se sentir proche d'eux. Ca lui donnait un idéal enfin, un objectif à atteindre et des ordres à suivre. Ca le mettait en marge d'une norme qui puait la ruine et le calvaire. Alors, puisque Mood lui avait dit qu'il ressemblait à un épouvantail, Nersès devint Scarecrow. Ils le bousculèrent un peu aussi, en guise de cérémonie d'entrée, il le supposait du moins.

Shadow Moses était devenu sa famille.



Dernière édition par Nersès Sarkar le Dim 28 Mai 2017 - 23:27, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (crow) + fire walk with me.   Mar 23 Mai 2017 - 0:00

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this is survival of the fittestbones are sinking like stones all that we fall for, homes places we've grown all of us are done for.
❝ Run and tell the angels that everything is alright. ❞2001, rebut

mars. « Ils ne nous ont même pas bien habillés- » « Pourquoi ils nous habilleraient correctement pour aller au casse-pipe ? » « Sois pas bête, Dave, y vont quand même pas nous tuer. » Nersès se tourna vers les deux emmerdeurs qui chuchotaient dans son dos – à croire qu'ils n'avaient rien d'autre à faire – et lâcha d'un ton d'outre-tombe « Vous sortez de quelle putain de campagne, vous deux ? » avant de reprendre sa place initiale, les mains tombant constamment sur des poches inexistantes. Il se haïssait d'avoir été pincé, il se détestait d'avoir été fait rebut – et les fringues qu'on leur avait filé à tous n'étaient que des guenilles dont ils auraient très bien pu se passer. Autant y aller à poil et en chantant ; se faire caillasser la gueule, c'était toujours une activité festive où l'enthousiasme du public frôlait l'hystérie. Après s'être fait choper et flanqué dans le camp d'entraînement, il était sûr et certain d'avoir entendu à un moment que les combats de rebuts commençaient à être de plus en plus appréciés. Si, dans cette pièce, les prisonniers avaient tous fait un petit tour dans le camp de formation de rebuts, aucun n'avait été vendu mais tous avaient été choisis par le détestable Alastar Doherty. Doherty qui s'occupait de toutes ces merdes, allant des jeux d'échec grandeur nature jusqu'aux fameux combats – Crow n'avait pas tardé à faire le lien et, plus le temps passait, plus il redoutait l'ouverture de ces battants boisés. Malgré sa vulgarité outrancière, qui ne lui ressemblait guère, et toutes les insultes que Nersès déblatérait dorénavant en Bengalie en compagnie de ses comparses d'infortune, plus il y pensait, plus il comprenait la bêtise de ceux à qui il tournait le dos – la mort paraissait plus confortable que ce qui les attendait. Mais c'était affreux, non ? De penser ça, d'espérer une exécution publique alors que c'était la satisfaction de sorciers blindés de tunes qu'ils devraient satisfaire. Lorsque la porte grinça, Crow sentit son estomac dégringoler dans ses talons. Les gens hurlaient, secouaient des bras. Cette foule le rendait malade, les éclairages grossiers l'aveuglèrent un instant et, dans un éclair de lucidité morbide, il comprit que ce qu'il avait en face de lui, peut-être n'était-ce pas si mal en comparaison d'un lien indéfectible, indétrônable et impérissable avec un odieux personnage. Puis, ses prunelles s'habituant au feu des lumières, il aperçut un ring. « Qu'est-ce que c'est-qu'est-ce » geignit un gamin aux muscles saillants, incapable de faire le lien entre ce qu'ils avaient tous vécu depuis des semaines et ce qu'ils avaient sous les yeux. On les avait entraînés pour ça, eux qui pensaient devenir des soldats il n'en était rien, on les avait entraînés pour se battre mais les rebuts que Crow avait pour compagnie étaient tous si différents les uns des autres ; le jeu était injuste, peu importait sa finalité. Nersès, bien malgré lui, leva l'un de ses bras, incapable de soutenir plus longtemps les éclairages qui recommençaient à irradier sa vision. Du coin de l'oeil, il vit que la fille qui avait subi ses aboiements se cachait le visage derrière les mains, incapable de faire face à ce que les pantins du gouvernement lui réservaient. « On peut- on peut- toujours ne pas se battre, si c'est c'qu'ils demandent ? On peut toujours dire non, hein, les gars ? On peut- dire non ? » suggéra son compagnon, essayant malgré la tension ambiante de passer un bras autour des épaules de la sorcière qui se dégagea d'un mouvement brutal. C'était une nouvelle portée. Des petits chiots qui reprenaient les arguments des fantômes qui avaient été ici autrefois, au début. Son imagination le faisait divaguer mais s'ils avaient besoin de viande fraîche, alors cela signifiait peut-être que – « Je ne pense pas que dire non soit envisageable, ni même..ne pas frapper fort. Ils veulent du sang, ces bâtards, ils veulent qu'on crache nos dents à leurs pieds. » souffla Nersès d'une voix brisée. Pour un peu, il en aurait chialé. Ils n'avaient pas la possibilité de leur refuser ce spectacle qu'ils quémandaient tous. Crow venait d'achever sa phrase lorsqu'on les tira à l'intérieur de cette immense usine (ou ce qu'il considérait de la sorte). Pour la première fois, il fut capable de  voir les visages des spectateurs, pas seulement d'entendre les hurlements ou d'imaginer que cette masse grouillante située juste au-dessus de leurs têtes faisait office de nombreux bras agités. C'était effrayant, et Nersès se sentait pris au piège. Ils n'avaient jamais eu la moindre sortie de secours, et ils avaient toujours pu imaginer en trouver une, mais là – là, il n'était plus question d'imaginer. Ils étaient coincés.

juin. Louise Rowle. Il la voyait à travers le voile de souffrance qui couvrait sa perception environnante ; il avait appris à battre comme un chiffonnier, il avait appris à donner ce que le glorieux public souhaitait. Il souffrait toujours comme jamais mais la douleur était devenue habituelle et, même s'il grinçait des dents de la même façon qu'à l'accoutumée, elle appartenait désormais à son quotidien et ne s'en plaignait plus. Voir Louise – celle qu'il pensait avoir aimée, celle à qui il avait demandé de l'accompagner – dans cette masse grouillante et écoeurante le détournait de son objectif premier. Elle paraissait aussi surprise que lui de le voir là, presque affolée. Il entrouvrit la bouche, voulut lui hurler quelque chose (tout, n'importe quoi vraiment), mais un poing heurta sa mâchoire et l'envoya valser sur le sol. Il se releva aussitôt, ignorant sa joue endolorie et ce qu'il devait faire pour survivre. « Lou- » un deuxième coup s'abattit sur lui. Il releva la tête, l'aperçut au loin – elle ne hurlait pas avec les autres. Mais elle était avec eux, et c'était suffisant à ses yeux pour la détester, même s'il n'y parvenait toujours pas. Troisième. Il ferma les yeux, se sentit mystérieusement partir. Il serra les dents et hurla « Louise ! » Quatrième. Cette fois-ci, les doigts saillants de son opposant envoyèrent sa tempe frapper le sol du ring. Sonné, il papillonna des paupières. Cette impression de départ immédiat le reprit de nouveau, le noir s’épaississant autour de lui. En quelques secondes, son K.O fut prononcé. La mort attendrait un autre jour avant de l'emporter.

Le noir qui venait de l'envelopper était pétri de souvenirs. Il sentait pourtant des mains l'agripper, le porter hors de ce ring qui l'avait vu pour une fois échouer. Il sentait tous les contacts physiques qu'on pouvait lui administrer – mais Crow était là, quelque part dans l'obscurité, à rêver du passé. Il revoyait Mood, Chains, Fangs, et même Fox – Merlin seul savait qu'il n'avait jamais porté cette gonzesse dans son cœur (m'ont-ils remplacé m'ont-ils remplacé) et elle habitait maintenant ses songes au même titre que les autres qui l'entouraient. Il repensait à tout ce qu'il avait acquis à leurs côtés. Il repensait à (m'ont-ils remplacé m'ont-ils remplacé) des choses qui ne le quittaient vraiment jamais. Il avait été respecté pendant un temps et aujourd'hui, le nez écrasé contre le sol, vêtu d'habits poisseux et le corps lézardé d’hématomes, il était un chien à la merci des riches. Toujours inconscient, ses doigts se refermaient en boucle autour d'une prise invisible, passant continuellement au travers du vide. Crow revoyait Louise (m'ont-ils remplacé m'ont-ils remplacé) qui avait couvert sa bouche de ses doigts tremblants. Elle avait eu l'air de hurler avec lui. Elle était comme tous les autres cependant, trop riche, trop adulte désormais, pour se soucier de ceux qui crevaient pour son bon plaisir.

octobre. Redressé comme jamais, Crow suivait la cadence de ceux qui le précédaient. Il était mal en point, ayant vécu des mois à un rythme infernal où les combats faisaient suite à des heures d'entraînement, sans oublier les nombreuses prises d'Orviétan qui l'avaient laissé patraque la plupart du temps. Son dos était toutefois bien droit, tirant derrière lui la fierté incommensurable d'avoir survécu à cet enfer alors que d'autres y avaient laissé assez rapidement leur peau. Ils en avaient vu beaucoup, de ceux-là, qui s'écrasaient sur le ring et qui, malgré les acclamations, ne se réveillaient pas. Les visages offusqués qui bardaient le public puaient l'hypocrisie. Ils prétendaient tourner le regard alors qu'ils s'alimentaient de ce que le sang leur offrait – ils tiraient la langue, dégoûtés, mais leurs iris ne lâchaient rien de ce qui se passait. Ils étaient assoiffés de sang. Ils en redemandaient. Parmi les rebuts lancés dans cette conquête du ring – bien malgré eux, évidemment – et des échecs version sorcier grandeur nature, il y en avait qui étaient encore très jeunes. Trop jeunes pour supporter ce que la beauté du sport leur faisait endurer. A travers ce prisme qui s'était imposé à lui, Scarecrow comprenait que les adultes avaient perverti ce monde et l'avaient rendu amer. Jamais des adolescents n'auraient pensé à ça. Jamais des étudiants n'auraient fait ça. Jamais des enfants auraient pris le dangereux parti d'arrêter de jouer au profit d'une tuerie de masse. Un monde sans adultes – qu'est-ce qu'il en rêvait, bon Dieu. Le gang n'aurait toutefois plus aucune raison de vivre sans cette cible première qu'était cette norme à achever à grands coups de talon. Alors, plus le temps passait, plus il était consciencieux dans tout ce qu'il faisait. Il l'avait toujours été, mais il souhaitait l'être davantage. Chains s'est arrangé avec Doherty pour qu'tu t'en sortes mec, en revanche il faudra que tu - putain qu'il haïssait les revers de la médaille ailles bosser sur le Marché Noir quand tu s'ras appelé. Allez, fais pas cette gueule vieux, dis-toi qu't'es mort pour tout l'monde. Shadow Moses l'avait secouru sous les doigts de Chains. C'était bien ça qui le motivait à suivre ces directives qui n'avaient, en soi, rien de déplaisant. Il n'aimait toutefois pas être redevable, spécialement à celui qui avait fait de son existence un véritable enfer des mois durant. Mais c'est pas grave, c'est pas la mort gars.

❝ Chains I was bound now have been broken, doors that were shut have been flung wide open. ❞2002 & Londres

avril. Il était là, Nersès, avec son sac-à-dos sur l'épaule, à suivre Mylan comme son ombre. S'il partait, alors lui aussi – malgré cette fidélité qu'il pouvait encore et toujours entretenir à l'égard de Mood. Chains, c'était différent – bien plus qu'un leader, il y trouvait un ami. Qui plus est, Mood le faisait flipper parfois et ses coups de sang allaient en s'intensifiant. Chains s'immobilisa, le dos toujours tourné. « Qu'est-c'que tu fous là, Crow ? » « Je me promène. » Dialogue de sourds, son sac et ses maigres possessions ne trompaient personne. Son acolyte fit volte-face et le toisa, remarquant sans peine la besace qu'il ne prenait même pas la peine de cacher. S'il leur dit fuck off, alors moi aussi. La perspective de continuer au sein des Shadow Moses sans la véritable figure d'autorité dont il suivait les directives le rendait morose, vaguement irritable. La loyauté ne s'offrait pas au premier venu, et entre Mood et Chains, le choix était fait (même s'il n'avait pas été rapide) – et tout était un effort de réflexion, car l'idée même de quitter le gang, ou sa tentative plus tangible et réelle, lui crevait le cœur à l'en faire gémir. Shadow Moses, c'était tout ce qu'il méritait de la vie et les membres qu'il avait côtoyés des années durant étaient devenus des alliés, les membres d'une même famille. Un clan. Quelque chose qu'il n'avait trouvé ni à Poudlard, ni chez les Sarkar. C'était hors-circuit. « Je sais ce que t'essaies de faire, et je te dis de ne même pas y songer. » « Si tu claques la porte, pourquoi j'peux pas en faire de même ? » « Parce que t'as nulle part où aller. » « J'peux te suivre alors, c'est pas interdit ça. » Chains esquissa un sourire qu'il eut du mal à réprimer, puis secoua la tête. Crow explosa alors. « Oh arrête un peu ! On sait très bien pourquoi je te suis. » « Et pourquoi ? » « Parce que t'es mon pote » car Mood, en sa qualité de leader désormais incontesté, ne l'était pas – il lui inspirait beaucoup de choses, ce type-là. De la crainte, des questions relativement paranoïaques, mais de l'amitié il n'y en avait point. « et celui, d'entre tous, que je préfère suivre. » Tout lui revint en pleine gueule, tout ce qu'ils avaient partagé, et tout ce qu'il abandonnait au profit d'une existence incertaine. Peut-être était-ce ça aussi qu'il recherchait avec les Shadow Moses ; un objectif, aussi peu séduisant puisse-t-il être. Il préférait l'amitié à tout ça, la loyauté à la vie qui lui paraissait idéale dans la mesure du possible. « C'est pour ça qu'il faut que tu restes. » puis, Chains lui expliqua tout. Ce qu'il comptait faire, ce qu'il voulait tirer de Crow. Il comptait sur lui pour tempérer Mood (good luck, bad boy) et l'aider parfois, dès qu'il faisait appel à lui ; et Nersès, en bon soldat, répondrait présent à chaque fois. Il essaierait aussi de limer les contours épineux de son autre leader, celui qui lui filait les chocottes quand il se mettait en rogne. Tous penseraient le voir du côté de Mood, car sa loyauté (l'autre, la fausse qu'il affichait ouvertement) semblait sans équivoque. Personne ne se poserait de questions, sauf Crow qui se demanderait si agir de la sorte l'amenait à être un traître - pas vraiment, non, se disait-il, il aidait un ami et s'occupait des affaires des Shadow Moses, tout à la fois. Il n'y avait aucune traîtrise là-d'dans. Pas la moindre.

juillet. Les rebuts avaient été exécutés. Les uns après les autres. Ou tous en même temps. Nersès ne parvenait pas à comprendre le déroulement des événements, malgré l'article qu'il relisait en boucle avec un seul nom qui lui sautait aux yeux ; Annie Silverman. Il l'avait perdue de vue depuis tellement longtemps qu'il en avait presque oublié son visage, ou le son apaisant de sa voix – et sa mort le ramenait à celle de Cole, cet autre allié qu'il avait perdu malgré lui en rejoignant Shadow Moses. Etait-il... se pouvait-il que... mais son nom n'apparaissait pas dans cette liste de noms. Certains possédaient des consonances familières, mais il n'y avait pas celui de Cole. Il revint vers le journal trente minutes plus tard. Les noms n'avaient guère changé. Il relisait, arrêtait, y revenait comme indubitablement attiré par cet article morbide qui ne lui donnait aucune paix de l'esprit. Et plus Crow y pensait, plus la vérité le troublait ; les insurgés, ou ceux qui suivaient, n'étaient pas mieux que les mangemorts. C'était de leur faute – mais Annie était morte, et rien de ce qu'il pouvait penser ne lui permettrait de revenir à la vie. Elle avait son âge, et elle était partie. Qu'avait-elle vécu ? Une adolescence traumatisée par une guerre sans merci. Et elle avait été jetée en pâture aux mangemorts, alors qu'elle n'était une gosse comme eux tous. Trop jeune pour s'inquiéter des conséquences, trop jeune pour assimiler l'objectif premier de cette guerre – c'était ce qu'ils disaient tous, ces adultes sur un élégant piédestal qu'eux seuls voyaient, que les plus jeunes n'y comprenaient rien. Peut-être comprenaient-ils tout ça beaucoup mieux qu'eux.

(Il se souvenait. Annie était entrée dans sa tente de fortune ce soir-là, après l'avoir vu retourner de sa visite chez Louise Rowle. Elle avait été – compréhensive, sinon aimable, comme à son habitude. Cole avait beau le répéter, et il avait raison, elle était toujours gentille avec lui – plus gentille qu'avec les autres. Mais c'était Cole pour qui elle avait le béguin, pas pour lui. Ça lui avait convenu comme ça, cet accord implicite où ils s'aimaient suffisamment pour être amis, sans se désirer comme on pouvait le penser. « Elle n'est pas là, ta copine. » « Je crois qu'elle n'est plus vraiment ma copine. » Annie ne disait jamais qu'il était jeune. Annie ne disait jamais qu'il l'oublierait rapidement au profit de quelqu'un d'autre. Annie ne disait jamais ces choses-là – elle le voyait comme elle se percevait elle-même. Des gosses, certes, mais plongés dans un univers qui les avait faits grandir trop vite. « Je suis désolée. » Elle s'était assise et l'avait regardé en silence pendant quelques instants. « Qu'est-ce que tu comptes faire maintenant ? » « Pas grand chose. Rester avec vous, courir, éviter qu'on se fasse choper. Et apprendre à connaître..Greg et Clarice ? » « Craig et Clare. » « Ouais, eux, ouais...des bons gars avec de grandes pattes pour courir plus vite. » Elle pouffa, et fut incapable de reprendre son sérieux avant cinq bonnes minutes. Sa joie était communicative. Il aimait ça.)

Des souvenirs idiots lui revenaient en tête, rien d'autre, rien de vraiment concret. Des moments sans grande importance marqués à jamais dans son esprit. Il s'en voulait de ne plus se souvenir de ce qui faisait de son amie une grande femme en devenir ; il se détestait de ne plus être capable de savoir quand ils avaient pris le parti de s'adresser la parole pour la première fois et si Nersès n'avait pas pensé à elle depuis des semaines, voire des mois, Annie lui manquait maintenant et ce, plus que jamais, puisqu'il n'était plus capable de la retrouver. Disparue, envolée. Un avenir brisé pour punir l'incompétence de certains, l'innocente avait été mise sur l'autel d'une violence qui ne leur était plus étrangère, à tous. Et peut-être était-il le seul encore vivant qui parvenait à la pleurer.

Dans tout ça -
Dans tout ça, Cole - cette tête de con - lui manquait.
Dans tout ça, Chains lui manquait aussi même si leurs retrouvailles étaient régulières, perpétuelles, tournaient en boucle à la manière d'un cycle où il lui demandait un truc, et Crow s'exécutait avec plaisir. Mais il pouvait pas l'faire ouvertement. A la vue de tous, c'était Mood son Roi. Chains lui manquait parce que sans lui, Mood semblait s'enfoncer dans les méandres d'une colère à la fois vivace et de plus en plus impossible à fendre. Crow essayait malgré tout, il tempérait du mieux qu'il pouvait. Les résultats étaient à la limite du vulgaire tant il avait moins d'impact sur lui que pouvait l'avoir l'ancien chef de gang. Il essayait pourtant, bardé d'un respect craintif à l'égard de Mood et d'une loyauté sans faille pour Chains. Il essayait, il faisait ce que Chains lui avait demandé. Il tentait, tentait, tentait.

Et dans tout ça -
Dans tout ça, Annie était morte.
Et putain, qu'il était malheureux.

❝ Think I need a devil to help me get things right, hook me up a new revolution. ❞décembre 2003 & Londres

Ses yeux avaient pris goût à l'obscurité et, parfois, Crow essayait de faire flipper les gamins au détour d'une tombe. Ils étaient petits, durs, faisaient preuve d'une imagination notable dans la rue, mais ils restaient des gosses qui chialaient à la première contrariété. Ils pleuraient quand Crow sortait du néant, toutes dents et doigts dehors, s'étranglant d'un boo ! puissant - mais ils se tenaient à carreaux devant Mood, ou les autres. Ils ne frémissaient qu'à peine lorsqu'ils s'en mangeaient une. Ils serraient les dents. Ils apprenaient vite. Ils l'impressionnaient, lui qui avait appris à observer et à remarquer par la force des choses. Certains, aurait dit qu'ils étaient nés pour ça ; la délinquance, le crime, les coups. Crow tirait de cette idée une joie malsaine, palpable, alors que devant ses yeux grandissaient des enfants qui ne seraient toutefois jamais grands. C'était des gosses pourtant, et les gosses avaient peur des monstres et du monde dont les pires résidus d'humanité étaient constamment mis en relief.Ils comprenaient tous la situation dans laquelle était plongée la société à côté de laquelle ils étaient mis en marge. Criminels oubliés au profit d'autres dont l'importance était conséquente et susceptible de les renverser. Un gouvernement temporaire ne changerait rien. Ils étaient des insectes, et entre insectes ils s'attaquaient à ceux qui essayaient de les pervertir. A tout moment, partout où ils allaient. La guerre est finie ! Mais la guerre continuait, la guerre ne changeait jamais réellement de visage malgré tout. Les têtes à abattre restaient les mêmes.

Perché sur une tombe, une clope au bec, Crow releva le menton et son visage se fendit d'un sourire à moitié carnassier lorsqu'il aperçut sa longue chevelure dorée. « Bonne journée, Mist ? » rentable? aurait-il pu ajouter, mais le caractère de la donzelle ne se mariait pas avec l'ironie avec laquelle il marquait ses demandes. Elle marmonnait parfois dans sa barbe. Elle ne semblait jamais contente, cruellement aux faits de ce qui se passait autour d'elle. Il l'aimait bien, cette sorcière, elle l'attirait. Il le sentait parfois au creux de ses reins, comme un battement manqué au sein d'une jeunesse ardente qui se prolongeait. Elle lui renvoyait l'image de cette fille, au milieu de la brume, qu'il avait vue des mois plus tôt, alors qu'il réceptionnait le frère d'un des protégés de Chains débarquant d'un bateau arrivé à bon port, également attendu par la BPM. La panique avait mêlé insurgés, déserteurs, agents du gouvernement entre eux. Et il y avait cette fille ; celle dont les iris l'ont envoûté, en l'espace de quelques brèves secondes. Il avait l'impression d'avoir rêvé ce moment, tant il semblait futile et hors de portée. Mais lorsqu'il y repensait, Mist était cette fille-là. Parfois, il en était persuadé. Parfois, il aurait pu le parier. C'était à ce moment-là que le changement survenait, qu'il n'était plus si sûr que ça, que cette attirance était fausse, et qu'elle était le résultat des pouvoirs de semi-vélane que possédait la sorcière. Il vaguait inlassablement d'un côté à l'autre, ne sachant jamais sur quel pied danser et quelle position adopter à son égard. Il l'aimait bien, mais il n'était pas clair à son encontre et elle le remarquait forcément. « Rentable, j'dirais. » Son sourire s'élargit, et il la laissa passer sans plus de cérémonie. Il aurait voulu la rattraper, continuer à faire un brin de causette ; mais il était dans l'une de ses phases don't. Don't touch, c'est pas elle. Don't touch, c'est du chiqué. Don't touch, c'est faux.



Dernière édition par Nersès Sarkar le Dim 28 Mai 2017 - 23:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (crow) + fire walk with me.   Mar 23 Mai 2017 - 0:02

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iiiiih à moi inlove kr
(je repasserai jule )
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MessageSujet: Re: (crow) + fire walk with me.   Mar 23 Mai 2017 - 0:04

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‹ âge : quarante-quatre ans.
‹ occupation : Remus a été beaucoup de choses, de bibliothécaire à simple serveur avant d'être sans emploi pendant un très long moment (qui voudrait d'un loup-garou ?) avant qu'Albus Dumbledore ne lui fasse une faveur immense et lui donne le poste de professeur de Défense Contre les Forces du Mal en 1993, après ça, il n'a plus travaillé. Peu de temps après, l'Ordre du Phénix renaissait de ses cendres et il a été un membre plus qu'actif jusqu'à sa mort. Enfin... pseudo-mort. Désormais il erre sans trop savoir où, sans trop savoir pourquoi.
‹ maison : gryffondor.
‹ scolarité : de sept. 1971 à juin 1978
‹ baguette : Il n'a plus de baguette, Remus. La sienne a dû brûler avec celles de ceux qui sont tombés le 2 mai 1998. Quand il s'est réveillé sur cette pile de cadavres, il n'a pas pensé à chercher sa baguette, il était trop occupé à se rendre compte que Dora ne se réveillait pas et ne se réveillerait jamais plus. Il en a pris une au hasard avant de s'en aller. Son tortionnaire lui a confisqué et il ne l'a pas récupéré en s'échappant. Remus est donc sans baguette.
‹ gallions (ʛ) : 391
‹ réputation : mort, tout le monde le croit mort. Emporté par un mauvais sort lancé par Antonin Dolohov pendant la bataille d'Hogwarts le 2 mai 1998. Quelque part, c'est un peu vrai. Il est mort ce jour-là. Surtout le lendemain, quand il s'est réveillé à côté du cadavre de Dora. Il a hurlé hurlé hurlé avant de laisser l'animal prendre le dessus et il s'est enfui. Il a pris la fuite en laissant le loup le guider et en oubliant la guerre, la misère et la douleur. Il a fui comme le jour où il a voulu suivre Harry en abandonnant Dora et Teddy derrière lui. Alors tout le monde le croit mort et c'est mieux comme ça. loup, il a caché son statut comme il pouvait. Quand il était pris pour des petits boulots, il a fait de son mieux pour qu'on ignore tout de son côté loup-garou. Il a étouffé les soupçons comme il a pu, mais à force d'être absent aux alentours de la pleine lune, les soupçons arrivent vite et les regards changent. Ils passent souvent des regards amicaux à des regards remplis de méfiance et de dégoût. Remus y est habitué depuis le temps. Mais on l'associe beaucoup à son anomalie. maraudeur, par les quelques élèves de sa promo encore en vie aujourd'hui, on l'associe aux maraudeurs. Ils faisaient une sacrée équipe à Hogwarts. C'est avec eux que Remus a fait les pires conneries, mais avec eux, il a aussi trouvé une famille et des amis tolérants et remplis d'amour à son égard.
‹ particularité : loup-garou, mordu peu avant ses cinq ans, Remus est un loup-garou depuis quarante ans maintenant. On pourrait croire qu'il a fait la paix avec ses instincts et sa condition, mais détrompez-vous. Remus se hait et se haïra probablement toute sa vie. Il a su donner le change quand June Winchester - une amie de Dora - s'est fait mordre et qu'elle ne comprenait pas ce qui lui arrivait, mais il se déteste et il déteste le fait d'être un loup-garou encore plus depuis la bataille d'Hogwarts.
‹ résidence : la forêt.
‹ patronus : loup, ordinaire le loup, pas garou. Là aussi, Remus a cru à une blague. Mais il oublie vite que les loups dans la nature sont très centrés sur la famille et ne sont pas agressifs ce qui correspond totalement à la personnalité de Remus. Sa famille est plus importante que n'importe quoi d'autre et il est d'une gentillesse parfois un peu agaçante. C'est rare de le voir agressif. Le jour où il a réussi à faire un patronus corporel et qu'il s'est rendu compte de sa forme, il n'a plus jamais réussi à en produire un. Tout ce qui est relatif aux loups lui donne la nausée.
‹ épouvantard : pleine lune, sa plus vieille ennemie. Remus est toujours autant terrifié par la pleine lune principalement parce qu'il se rappelle de la douleur qu'il a ressenti lors de sa première pleine lune en février 1965. L'astre était maîtresse de son domaine et Remus a toujours redouté sa lumière. Alors malgré les tortures qu'il a subies, malgré l'horreur de son réveil après la bataille d'Hogwarts, la pleine lune reste son épouvantard.
‹ risèd : Son désir premier est de retrouver Teddy, mais il souhaite également revoir Nymphadora, Sirius, James, Lily et Albus en vie. Son risèd est un mélange de tout ça. Une vie de famille bien heureuse avec son fils et sa femme et ils sont tous les trois entourés d'une grande famille. Il sait que pour les personnes mortes, il ne peut rien faire alors il se focalise sur le fait de retrouver Teddy. Un jour.
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gaah
merde je suis pas sous le bon rouge facepalm
je repasse moi aussi, je m'endors sur le clavier là rip

• • •

moony so what if you can see, the darkest side of me? No one would ever change this animal I have become.
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MessageSujet: Re: (crow) + fire walk with me.   Mar 23 Mai 2017 - 0:09

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@louise, à toi à toi à toiiiii. yeah

@remus, han. toi sous remus en james mcavoy, je bande sec. I love you
(gnn toi, toi toiii, je suis trop désolée de m'être faite supp - surtout que je devais faire notre sujet - et faudra que je le fasse, y a pas de raison que je ne m'en occupe pas - anyway, j'ai été un peu embarquée par l'anxiété de la vie d'adulte qui approche à grands pas et des questions très importantes comme "est-ce que je dois me prostituer pour payer la traduction de ces certificats scolaires ou comment ça se passe ? :euh: " bref, je suis trop désolée meuh j'ai pas géré du tout meuh )
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MessageSujet: Re: (crow) + fire walk with me.   Mar 23 Mai 2017 - 1:31

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CROW LE BG iiih iiih iiih iiih iiih
courage pour l'irl TU VAINCRAS MEME S'ILS TE METTENT DES BÂTONS DANS LES ROUES fck vivement qu'ils te donnent leurs sous au lieu de pomper les tiens, les vilains èé

• • •

We Found Love in a hopeless place
mine, mine, mine • It's like you're screaming, and no one can hear. You almost feel ashamed that someone could be that important, that without them, you feel like nothing. Yellow diamonds in the light, now we’re standing side by side as your shadow crosses mine, what it takes to come alive.
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MessageSujet: Re: (crow) + fire walk with me.   Mar 23 Mai 2017 - 6:58

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‹ âge : dix-sept (16/08)
‹ occupation : une gamine des rues, membre d'un gang, les Dregs.
‹ maison : poufsouffle
‹ scolarité : 1997 et 1998.
‹ gallions (ʛ) : 330
‹ réputation : je suis une folle furieuse.
‹ particularité : une folle furieuse.
‹ faits : je suis la fille du fameux Wicked Wickham, un tueur en série sorcier cannibale qui a sévi côté moldu il y a douze ans en Cumbria. J'ai grandi dans le système moldu jusqu'à Poudlard à son enfermement à Azkaban. Je suis officiellement morte lors de la Bataille de Poudlard. J'ai été trouvée par un gang, les Dregs, et je suis sous leur protection depuis. Je suis atteinte du syndrome de Bole (équivalent sorcier du trouble borderline).
Fait non négligeable, je tape très fort. On m'appelle Floo même si mon surnom officiel est Spider.
‹ résidence : dans un vieil entrepôt désaffecté avec le reste de mon gang.
‹ patronus : impossible à invoquer
‹ épouvantard : un homme écorché vivant.
‹ risèd : rien de particulier.
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MAIS NON J'ÉTAIS TROP TRISTE QU'UN FAUX CROW SE SOIT INSCRIT PSK C'EST TOI EN VRAI DU COUP J'SUIS CONTENTE SIDHGPSDHFSPDIHFPSHG. iiih iiih fire fire fire fire re parmi nous bb je suis contente de te voir là, bon courage pour la fiche et te remettre dans le bain tout ça. yeux toi et moi va falloir qu'on parle biz aussi, niveau lien, tout ça. hinhin #FLOW

(astuce: vends un rein ça va plus vite! jk)

• • •

All this other shit I'm talkin' about they think they know it, I've been praying for somebody to save me, no one's heroic And my life don’t even matter, I know it, I know it, I know I'm hurting deep down but can’t show it, I never had a place to call my own, I never had a home, Ain't nobody callin' my phone, Where you been? Where you at? What's on your mind? They say every life precious but nobody care about mine.
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MessageSujet: Re: (crow) + fire walk with me.   Mar 23 Mai 2017 - 13:20

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‹ maison : gryffondor
‹ scolarité : 1996-1997
‹ gallions (ʛ) : 1095
‹ particularité : méta animal et maître de la terre.
‹ résidence : au Wuthering Heights Cemetery (QG des SM).
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TOIIII OMGGGGG REEEEE firefirefireiiihiiihiiihkrkr

• • •

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MessageSujet: Re: (crow) + fire walk with me.   Mar 23 Mai 2017 - 23:03

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‹ âge : dix-neuf (24/07)
‹ occupation : underboss des shadow moses.
‹ scolarité : je n'ai jamais été à l'école de magie.
‹ baguette : est taillée dans de l'acacia, renferme une plume de phénix en son cœur et mesure vingt-six centimètres, que des détails que j'ignore parce que je l'ai récupérée sur un cadavre et qu'à ce stade-là j'aurais pris n'importe quoi pourvu que ça puisse faire quelques étincelles.
‹ gallions (ʛ) : 493
‹ réputation : je n'existe pas, la société me connaît pas, les autorités me connaissent pas, mes parents sont à l'autre bout du monde et me croient morte depuis longtemps. Y a qu'auprès des autres exclus, des autres rebuts de la société, que j'existe, et eux trouvent juste que je suis plus "sympas" que Mood (ce qui n'est pas dur à faire), mais redoutable avec un peu de sable sous la main.
‹ particularité : je suis une sorcière de la terre (earthbender).
‹ faits : née en Inde, j'ai pris le mauvais train un jour et me suis retrouvée au Népal, incapable de retourner chez moi, raflée ensuite pour un réseau de trafic d'enfants perdus j'ai été vendue pour servir sorcier résidant à Singapour. J'ai fini par m'enfuir dans un bateau et c'est comme ça que je me suis retrouvée parfaitement clandestinement en Angleterre.
J'ai encore un accent quand je parle anglais, mais je le comprends très bien.
Je contrôle le sable que je mélange à de la poudre de plantes venimeuses pour endormir mes ennemis.
‹ résidence : au Wuthering Heights Cemetery.
‹ patronus : inconnu, j'ai jamais appris à l'invoquer
‹ épouvantard : une cage, claustrophobe que je suis.
‹ risèd : des retrouvailles avec les Mehndi.
Voir le profil de l'utilisateur http://www.smoking-ruins.com/t6867-sand-savages
j'allais venir avec Mafie mais quand même j'ai sorti l'underboss hinhin hinhin
trop contente de te revoir jpp iiih iiih iiih iiih iiih
courage pour l'irl kr kr kr

• • •

What you have lost will not be returned to you; it will always be lost. You’re left with only your scars to mark the void. All you can choose to do is go on, or not. But if you go on, it’s knowing you carry your scars with you.
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