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sujet; (babane#2) open your eyes
MessageSujet: (babane#2) open your eyes   Ven 14 Avr 2017 - 23:24

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babane2

Open your eyes, open your mind Proud like a god don't pretend to be blind Trapped in yourself, break out instead Beat the machine that works in your head
Avec le boucan que Johnson avait fait, tu te serais attendu à avoir droit à un procès. Bien entendu, tu n’aurais pas su te défendre, on t’aurais refourgué un avocat commis d’office qui aurait autant voulu te coffrer que le reste de l’assemblée et de l’accusation. Parce qu’il n’y avait rien à défendre chez toi. Tu avais été modelé par le système, fort de tes antécédents familiaux, forgé de toutes pièces et pourri jusqu’à la moëlle, il n’y avait plus rien à sauver. Tu étais trop con pour pour être repenti.
Alors ils ont pensé rentabilité. Et, s’il restait une chose à sauver, c’était les informations que tu devais conserver à propos d’Augustus Rookwood. Faute de l’avoir attrapé, on allait se faire la main sur toi, jusqu’à ce que tu craches le morceau.

Quand on voulait qu’un travail soit fait de manière efficace et discrète, on le confiait à Jo. Elle était par essence efficace et discrète — les deux qualités primaires pour la survie, c’était ce que son père lui avait appris. Jo, c’était l’outil parfait quand on voulait se débarrasser d’un problème, d’un secret trop encombrant, d’un corps qu’on devait malmener sans oser le faire soi-même pour des raisons d’éthiques. Elle n’était pas emmerdante : elle comprenait très bien que la violence était un principe qui allait à l’encontre de la morale de certaines personnes. Ça ne la dérangeait pas, elle, comme principe. Elle acceptait volontiers de faire le sale boulot, pourvu qu’on lui fiche la paix à côté. Papa lui avait tout enseigné avec Oncle Wolf : elle n’avait pas besoin d’aide, juste d’un corps en vie, d’informations à arracher, d’une date butoire et d’un emplacement. Elle avait eu l’occasion de faire ses armes pendant la guerre sorcière, aux côtés des Belliqueux. Avec la fin du conflit, elle était à deux doigts de s’ennuyer — le gouvernement anglais n’était pas particulièrement chaud quant au recours à la torture, même si c’était sur des ennemis de l’État. Fort heureusement, on avait fini par l’appeler.  Elle n’était pas souvent au Ministère, n’y allait que lorsqu’elle y était forcée. En attendant qu’on la sonne elle restait dans sa chambre perchée sur les toits de la banlieue londonienne. La fenêtre était toujours ouverte, comme si elle se gorgeait de l’odeur de pollution qui encrassait la capitale, et le hibou en profita pour venir lâcher le pli scellé à trois endroits différents juste sur ses genoux. Elle en voyait de moins en moins, de ces bestioles. À croire que la guerre avait dégoûté les sorciers de leurs propres traditions — ça ne la gênait pas, elle s’était toujours senti plus proche des moldus que des sorciers. En dépliant la lettre, elle constate qu’il s’agit d’une convocation à des lieux d’être officielle : on voulait juste qu’elle vienne se présenter au bureau pour recevoir des instructions.  Jo savait qu’on ne l’appelait pas pour passer le balai dans le quartier des Aurors. Elle se prépare en cinq minutes : efficacité. Elle arrive au bureau sans que personne dans le hall ou les couloirs du Ministère n’ait tourné la tête vers elle : discrétion. Le boss aussi veut expédier l’affaire, comme le pensait Jo, ça mettait un peu tout le monde mal à l’aise ces histoires d’interrogatoires musclés. On lui tend un dossier, on lui lâche un nom du bout des lèvres : pas le nom du détenu, le nom de l’homme à propos duquel doit chanter le détenu, on lui dit qu’il est dans une salle en bas, tout en bas. Qu’elle prenne le temps nécessaire. On voulait juste apprendre tout ce qu’il était possible d’apprendre sur cet homme. Elle ne sourit pas mais tout son maintien exprime à quel point elle n’est pas impressionnée.  Rookwood, bien sûr qu’elle en a entendu parlé. Elle avait fait la guerre, merci beaucoup.  Murdock ? pareil, elle voyait très bien de qui il s’agissait.  Le maître et son chien.  Elle hausse les épaules : « Quand j’en aurais fini avec lui, il vous suppliera de pouvoir arracher lui-même le cœur de Rookwood. » Le boss a une grimace : « Vous savez que je ne veux pas savoir. Faites votre travail, c’est tout ce que je demande. » « Ce sera fait. »

Elle n’aimait pas qu’on lui amène des cibles déjà cabossées. Si on voulait mener un interrogatoire correctement, il falloir asseoir sa domination sur la victime et souvent ça passait par un marquage au corps. Mais là, quand elle entre dans la salle d’interrogatoire pour découvrir la masse Murdock déjà battue et abîmée elle sait que ça ne va pas être aussi simple que d’habitude. Alors elle passe le premier jour à le soigner, sans rien lui demander. Ses longs cheveux blonds détachés alors qu’elle les gardait toujours serrés en chignon lorsqu’elle travaillait. Ça le désoriente, il
n’arrive pas trop à comprendre qui elle est et à quoi elle sert. Elle le nourrit. Le rassure presque. Il est attaché à une chaise, elle lui laisse ce confort. Dès le lendemain, la chaise allait virer. S’assoir, c’était pour les faibles. Il parle pas, le Murdock. Pendant cette première journée il reste désespérément muet. Elle s’en moque pour le moment, elle l’entendrait bien assez souvent par la suite.  Les premières vingt-quatre heures sont douces, tranquilles. Puis finalement, quand les pommades font leurs effets, que les bleus s’estompent légèrement elle attrape une petite lanière de cuir de sa poche et relève ses cheveux. Comme son père le lui avait appris : pas une seule bosse, pas une seule mèche qui dépasse.  « Bien, on commence les choses sérieuses maintenant. » C’était les premiers mots qu’elle prononçait depuis qu’elle était entrée dans la salle. Elle le regarde un moment, lisse ses vêtements : « On y va doucement : comment t’appelles-tu ? » Vu le regard qu’il lui lance, elle comprend qu’il est loin du saint état d’esprit coopératif qu’elle souhaite implanter sous son crâne épais. « T’avais l’air de t’en souvenir hier soir. » Le pire, c’est qu’il avait presque l’air fier de lui. Elle a un petite grimace et va ouvrir le meuble en fer blanc presqu’abandonné dans un coin de la pièce. Elle sort une paire de ciseau : « C’est mieux avec une tondeuse mais nous n’avons pas tout le matériel dont on a besoin ici. » Elle a presqu’une moue désolée en revenant vers lui. « Tu permets ? » reprend-elle en levant la paire de ciseau juste sous ses yeux. « J’aime personnaliser mes détenus. Je trouve que ça fait tout de suite plus sympathique. » Elle donne un premier coup de ciseau dans la barbe, puis un deuxième. « Ça va prendre du temps. Ça te donne le temps de réfléchir à la prochaine réponse que tu me donneras, d’accord ? » Il essaye de se dérober, mais lié comme il l’était à la chaise il n’arrive qu’à faire pénétrer la lame des ciseaux dans sa peau. Elle fait claquer sa langue : « Te fais pas plus de mal que nécessaire. » Il lui répond quelque chose de grossier, Jo roule des yeux et déchire un bout de sa chemise sale pour la lui enfoncer dans gorge. « Je t’ai dit que tu parleras quand j’aurais fini, pas avant. Il va falloir que tu apprennes à écouter. » Comme dit, aux ciseaux c’est beaucoup plus long et beaucoup moins net. Il a plusieurs traces de coupures sur sa peau nue mais l’ensemble reste satisfaisant. Elle a un soupir de contentement : « Parfait, je te retire ton bâillon et tu vas me donner ta réponse. » Elle glisse ses doigts fins dans la bouche de Bacchus pour lui arracher le tissu et lui laisse un bref moment pour répondre. Tout sauf son nom, à moins que ses parents n’aient eu la bonne idée de l’appeler immonde salope ou autres prénoms composés du même genre. « Mein Gott, tu es lent à la détente toi hein ? Pas grave j’en ai eu d’autres des comme ça. Et toi on a de la couenne à tailler, n’est-ce pas ? » Elle lui renfonce le tissu dans la bouche et se met dans son dos, attrape une mèche de cheveux et la coupe. Elle enfonce volontairement la lame dans le cuir chevelu, traçant des sillons rougeâtre sur le crâne de sa victime tout en sifflotant une vieille musique traditionnelle allemande.  Elle entendait ses protestations s’étouffer contre son bâillon, c’en serait presqu’adorable. Il était quasi-attachant en fait ce colosse. À chaque nouveau coup de ciseaux elle passait une main sur la chevelure dévastée du prisonnier, presqu’affectueusement. Elle ne lui donne pas une nouvelle journée avant qu’il ne finisse par perdre ses grands airs. Deux jours grands maximum.

« En fait tu sais quoi Bacchus ? » Il relève la tête vers elle, Jo lui sourit avec douceur. Cela faisait un mois qu’il était là, avec elle, personne ne les dérangeait jamais. Elle sortait simplement pour se réapprovisionner en potions, nourriture et eau, lui n’avait pas bougé du centre de la pièce. C’était facile, comme cohabitation. Il avait appris à ne pas l’insulter et en échange elle le nourrissait via intraveineuse, changeait sa couche et lui chantait même des chansons. Elle avait viré la chaise le deuxième jour et lui avait fait adopter sa position préférée : nu, à genoux, les bras relevés au dessus de sa tête, les poignets liés entre eux par une bande adhésive qui les rattachaient à une barre de métal qu’elle soulevait et baissait d’un coup de baguette en fonction de son humeur. Il ne lui répond pas. Il avait arrêté de faire l’idiot mais n’avait pas commencé à parler pour autant, il était dans la phase intermédiaire. Il se disait sûrement que s’il ne desserrait jamais les lèvres, il ne livrerait jamais les informations qu’elle voulait entendre. Il était mignon. Jo l’aimait bien. Elle range sa baguette dans l’étui et tourne autour de lui, passe une main sur son crâne rasé : « J’ai plus envie de t’appeler Bacchus. Ça ne te va pas. Tu trouves que ça te va toi ? » Il garde les dents serrées, les lèvres closes. Jo roule des yeux. « C’est ce que je dis, Bacchus c’est un dieu non ? Un dieu romain ? Le dieu du vin et de la fête ? Tu n’es pas très festif. » Elle se remet en face de lui et se baisse légèrement. Elle n’était vraiment pas grande, elle n’avait pas besoin de se casser en deux pour être à sa hauteur. « On va t’en trouver un autre, d’accord ? » Elle lui donne une petite gifle, et fait claquer sa langue quand elle le voit fermer les yeux. « On en a déjà parlé, ne ferme pas les yeux quand je te gifle. » Elle recommence. Il ferme encore les yeux, par réflexe. Une nouvelle, plus forte. Elle les donnait toujours de plus en plus fort. Puis finalement il garde les yeux ouverts. « C’est bien mon gros. » Elle a un petit rire. « Mon gros, c’était comme ça que j’appelais mon chien quand j’étais petite. Son vrai nom c’était Wulf. Ça te dirait que je t’appelle Wulf ? » Les yeux qu’il lève vers elle sont dénués de toute expression. Elle lui fait un petit sourire « Allez, on va voir, comment tu t’appelles ? » Elle lui laisse une minute pour répondre, mais face à son silence elle pince les lèvres. D’un coup de baguette, la barre de fer à laquelle sont retenus ses poignets remonte et il se retrouve hissés sur la pointe des pieds avec un grognement de douleur. « Je répète : comment tu t’appelles ? » Une nouvelle minute pour répondre et un nouveau silence. Elle le regarde lutter pour rester sur la pointe de ses pieds, afin d’éviter à ses bras et ses épaules de porter tout le poids de son corps. Ses ongles se retournent sur le sol, ses orteils sont en sang, elle soupire et porte la main à sa ceinture pour se saisir de son bâton téléscopique. D’un geste elle le déplie. Le bruissement le fait frissonner. Elle lui a appris à craindre ce bruit.  Jo travaillait à la moldue, comme lui avait appris son père. Les Doloris et les Imperium, c’était bon pour les petites frappes sans imagination et de toute manière c’était interdit. Sa baguette n’était là que pour l’aider à certaines manipulations, rien de plus. Elle vient se placer derrière son prisonnier prend son bâton dans sa main droite et drôle le creux de ses genoux avec l’extrémité. Elle le sent se tendre : « J’ai dit... » Elle lève son arme et l’abat violemment sur les mollets de sa victime « comment-t’appelles-tu ? » Et elle ponctuait chaque syllabe par un nouveau coup, derrière les genoux, sur les cuisses, dans le creux des reins. Ses pieds finissent par lâcher et elle entend la bande adhésive crisser alors qu’il se relâche complètement, mais c’est de la bonne qualité et il reste suspendu. Sur sa peau des marques rouges s’ajoutent aux bleus déjà présent. Elle repasse devant lui : « Comment tu t’appelles ? Tu as une minute. » Au bout
d’une minute, il ne répond toujours pas. Elle enfonce l’extrémité de son bâton sur les pieds déjà martyrisés du détenu. « Comment t’appelles-tu ? » Elle lui frappe les rotules. « Comment t’appelles-tu ? » Elle lui frappe ses hanches « Comment t’appelles-tu ? » Elle lui cogne l'entrejambe « Comment t’appelles-tu ? » Elle lui donne un coup au thorax « Comment t’appelles-tu ? » Plusieurs coups sur les côtes « Comment t’appelles-tu ? » Sur les bras « Comment t’appelles-tu ? » Et elle reprend aux pieds « Comment t’appelles-tu ? » Sans jamais lui laisse une seconde pour répondre jusqu’à ce que finalement, ses cris se transforment en mot. En un mot d’un syllabe. Elle fait mine de ne pas entendre et continue jusqu’à ce qu’il le hurle. « WULF WULF » Elle pousse un long soupir et s’écarte du corps. Bien, maintenant qu’il avait la langue déliée, on pourrait aller plus loin. « C’est bien Wulf. » Elle replie son bâton et le remet en position à genoux d’un coup de baguette. Elle se rapproche de lui pour caresser son crâne « Gentil Wulf. »

Elle n’avait pas besoin de beaucoup dormir, en règle générale cinq heures lui suffisait et elle pouvait tenir deux jours sans sommeil si elle se permettait une plus large pause à l’issu des quarante-huit heures. Et surtout elle avait l’habitude de prendre ses pauses dans la salle où était retenu le détenu. Elle avait le sommeil suffisamment léger pour pouvoir entendre si jamais le prisonnier commençait à délirer et à lâcher des choses intéressantes, perdu dans sa fièvre. Quand elle rouvre les yeux, Wulf est toujours là, toujours dans l’éternelle position qu’elle ne lui faisait abandonner que pour d’autres exercices avec la baignoire principalement ou bien simplement pour permettre à ses bras de retrouver un peu de mobilité et de circulation sanguine. « Alors ça fait combien de temps que tu veilles mon gros ? » Il n’était plus si gros. Elle lui avait fait perdre du poids à son toutou. Il essaye de répondre, mais elle ne le comprend pas, pourtant elle note l’effort : « Quarante-six heures, tout à fait Wulf. Dans deux heures tu pourras dormir. » Elle s’approche de lui, son cou était percé de petits trous pratiqués avec une seringue. Elle devait bien accorder ça aux sorciers, ils avaient des potions très utiles. Son père devait conserver les détenus éveillés en surveillant chaque minute qu’ils ne s’endorment pas, leur administrer gifle et seau d’eau glacée en pleine figure. Elle, elle profitait des philtre d’éveil à haute dose pour conserver ses cibles conscientes pour des durées de quarante huit heures sans avoir de soucis à se faire. « Mais alors qu’est ce qu’on va faire en deux heures ? La baignoire ? On l’a déjà fait il y a deux séances, ça serait peut-être trop non ? Dis moi que tu n’as pas envie d’y retourner. » Il la regarde, ses lèvres tremblaient il articule des phrases sans cohérence. Elle fait gonfler ses joues : « En anglais, Wulf. Articule ! » Elle lui laisse un peu de temps pour que son esprit embrumé puisse lui sortir des mots avec un tant soit peu de sens « pas... y retour... ner. » « Excellent ! Est-ce que tu saurais supplier ? » Il avait du mal à respirer, à cause de la position de ses bras mais il arrive tout de même à marmonner, entre deux expirations douloureuses : « J’vous en... supplie. » « Parfait ! En allemand maintenant ! Comme je te l’ai appris. Allez Wulf. Et t’auras une récompense. » Sa réponse ressemble de loin à ce qu’elle veut entendre, mais elle ne peut pas trop lui en demander. Elle tire le tabouret pour s’asseoir à coté de lui et l’embrasse doucement sur le front avant de tirer un carré de chocolat de sa poche :
« Tiens, c’est pour toi, bravo mon gros. » Elle lui fourre dans sa bouche avec un petit rire. « Ça faisait longtemps hein que t’avais rien mangé ? Qu’est-ce qu’on dit ? » « m-merci. » Elle lui caresse le crâne, encore une fois. « Bon deux heures à passer le temps, sans la baignoire, on va parler alors ? Sinon c’est dans l’eau. Dis-moi, on va parler ? » « On v-va... paparler. » « Qui va parler, toi ou moi ? » « v-vous d...demandez j-je ré...ponds. » « On reste pas muet hein ? Sinon quoi ? » « L-la b-baignoire » Elle lui donne une petite tape humiliante sur le ventre. « T’es si intelligent. Je comprends pas pourquoi on raconte que tu es ralenti. » Elle s’étire, sur le tabouret. C’était maintenant que ça allait se passer. Elle pouvait le sentir quand ses cibles allaient se mettre à table. Ça se sentait dans leur posture, elle aime juste faire durer un peu le plaisir. « De quoi on parle alors ? Du beau temps ? Ou bien tu veux me faire plaisir et on parle de sujets importants ? » « Suj...et imp-portant. » Elle le gifle « Comment on demande ? » « j’vous... en... prie... » Elle le gifle une seconde fois « La phrase complète Wulf, qui t’as éduqué ? » Il expire difficilement, met du temps avant d’amasser assez de salive pour parler correctement : « des sujets... importants... j’vous en prie. » Nouvelle gifle « J’vous en prie ? J’ai l’air d’être une nana des rues ? Je t’ai pas appris à détacher tes syllabes ? » Il a un gémissement quasi désespéré avant de reprendre laborieusement : « des sujets imp...ortants... je... vous... en... prie. » Elle croise ses bras derrière sa tête : « En fait je ne suis pas certaine de vouloir t’entendre parler... » Elle ne le regarde pas mais l’entend sangloter. Elle esquisse un sourire. « Pas certaine que ça m’intéresse toutes ces histoires. Auguste Mootmoot, là... Je pense pas que ça me botte vraiment de t’entendre chouiner sur ton ancien maître. » « Si !... si ! » Elle fait mine de ne pas l’entendre. « J’vous dis... » Elle bouge juste son pied pour lui enfoncer dans les côtes, il pousse un cri de douleur avant de se reprendre : « Je vous... dis tout... ce que vous voulez. Tout sur... » Il s’arrête. Il crie. Elle se remet droite. Elle le voit se tendre, à la limite des convulsions. Elle sort sa baguette et ses bras sont libérés, il tombe immédiatement sur le sol. Elle pose sa botte sur ses omoplates : « Tout sur ?... sur ?... T’es pas très bavard là... » « N...non... j’vous... je vous... jure... je veux... je veux... je vais... parler. JE VAIS PAR- » Et il s’arrête de bouger, de convulser, de crier. Comme évanoui. Evanoui ? Avec la dose de philtre d’Eveil qu’elle lui avait donné ? Uhu pas possible. Elle lui donne un premier coup de pied : « Ne me provoque pas Wulf ! » Un deuxième, mais il ne réagit pas. Elle pince les lèvres, s’agenouille et vérifie ses signes vitaux. Vivant, mais bel et bien inconscient. Y avait une embrouille là-dessous. Il était littéralement prêt à parler mais... Encore une connerie de sorcier sans doute. C’était pas de son ressort. Elle roule des yeux, détache ses cheveux et réajuste son chemisier. Elle allait faire son rapport au chef. Elle ne pouvait pas vraiment compter ça comme un échec, il avait vraiment craqué. Faudrait juste sans doute trifouiller quelques petites conneries magiques. C’était comme l’hypnose. Pas dans ses cordes. Avant de refermer la porte de la salle d’interrogatoire derrière elle, elle lance un petit sourire à sa victime : « T’vas me manquer Bacchus. Toi, t’étais marrant. »

*
Hé, Bacchus, Bacchus réveille-toi ! Le danger est passé, tu peux te réveiller, maintenant. Bacchus ! J’ai besoin de ton aide ! Oh, tu m’entends, tu me sens ? Crois-moi, j’ai fait ça pour ton bien, réveille-toi maintenant ! Hé, Bacchus ! Ça aurait été trop simple de te faire mourir, il ne veut pas ça, Bacchus… Bacchus ! … Réveille-toi, Wulf !

Tu avais perdu l’habitude de te réveiller en sursaut, bondissant comme un diable. Tu ne le faisais plus parce que tu ne dormais plus autant qu’avant ; elle refusait toujours de te laisser dormir, ou seulement quelques secondes, quelques minutes ? Et c’était toujours elle qui te réveillait aussi, et tu pouvais pas bondir parce que t’étais toujours accroché, et tu ne pouvais plus bondir parce que tu n’avais plus de jambes. Si ? Tu ne sais plus ce qui te reste. Tu sens que ta barbe et tes cheveux repoussent n’importe comment, tu ne sais plus si tu as encore des ongles, ou des dents, peut-être même que tu n’as plus de langue -si, tu as encore une langue, tu avais beaucoup crié avec cette langue. Tu n’as plus de notion du temps, plus de force, tu te croyais vide, elle t’avait éventré pour en sortir tout ce que tu croyais qu’on ne trouverait plus. Tout ce que tu croyais bien attaché par des années de loyaux services, elle l’avait amoureusement piétiné, et piétiné tes pieds avec, et tes ongles et ton sommeil et-

Elle n’est pas là. Tu ne l’entends pas. Tu ne confonds pas sa silhouette menue et floue avec celle de Wil- elle ne part jamais pourt- et t’as plus les bras en l’air, tu les sens, ils sont attachés, mais le long de ton corps et ton corps est allongé et ça fait très mal mais en même temps ça fait du bien, tu n’as plus à tout le port- y’a juste ton cou qui te fait mal, parce que t’as la tête tournée sur le côté, la joue droite écrasée contre la table d’hôpital -on a changé d’étage ? On dirait un hôpital- et tu ne peux pas bouger la tête, comme si ta joue était collée à la table d’hôpital -on a changé d’étage ? On dirait un hôp- Une douleur aiguë, elle a pas coupé ta langue, elle est toujours là, à hurler. Un silencio te cloue le bec mais tu continues de l’ouvrir, parce que ça fait si mal dans ton oreille, dans ta tête, qu’est-ce qu’ils sont en train de faire ?
Tu sens des pointes de baguettes contre ta tempe -elle utilisait jamais la magie sur toi, pourtant, elle faisait pire, bien pire. Qu’est-ce qu’ils font ? Pourquoi ils font du mal à ma Marque ? Pourquoi on dirait qu’ils essayent de l’arracher, ça sert à rien, ça s’arrache pas, on dirait qu’elle est à l’extérieur mais elle est à l’intérieur, en vérit-

La douleur te ravage de nouveau l’intérieur, et tu te cambres sur la table, et c’est même plus par la force, mais bien par la faiblesse qui fait convulser tes membres prisonniers. Tu ne sais plus quand est-ce qu’ils t’ont redonné ta voix, même si c’est toujours pour la même chose : « Parlez-nous d’Augustus Rookwood. » Et aussitôt, l’ouroboros de se recontracter autour de ton oreille, l’ourboros tout abimé et tout ouvert et pourtant, intact dans sa malédiction. Et tu pleurniches, et tout ton corps dégouline d’effroi et de douleur parce que tu voudrais leur dire, tout ce que tu sais sur lui, tout ce dont tu crois te souvenir et même tout ce qu’il avait voulu que tu oublies et qui t’étais apparu, dans la fièvre du délire. Sauf que tu peux pas, la Marque ne veut pas et elle enfonce ses dents dans la chair, dans ton cerveau, ne se décidant pas à te tuer.
Et tu t’évanouis de nouveau, et on te réveille, et on fouille dans les méandres de cette inextricable magie noire de haut niveau. « Eh beh, mon gros » Je suis pas mon gros, je suis B- Wulf. « Je sais pas ce que tu lui as fait, à Rookwood, mais il devait sacrément t’en vouloir pour te coller un truc pareil. » « Arr… êtez, j-je vous en… supplie » Arrêtez de me parler de lui, ça fait si mal, arrêtez d’essayer de me faire parler de lui, vous voyez bien que je peux pas ! Je voudrais, oh oui, tout ce que vous voulez, vous le saurez, mais je peux pas ! Il me fait mal, si je le fais, il m’a toujours fait que du mal, j’vous en su- je vous en supplie, R-, arrêtez !

Ça a duré encore un moment comme ça. C’était encore du jamais-vu : un suspect brisé, le plus apte à divulguer des informations de taille quant à l’un des plus dangereux mangemorts qui se soient échappés, prêt à passer à la casserole, mais condamné par le susnommé mangemort à ne pas même pouvoir prononcer jusqu’à son nom, au risque de tomber dans les vapes.
On t’avait refusé un procès en bonne et due forme. On avait couru le risque de te garder en vie sans le déclarer à personne. On avait résisté à l’envie fourmillante de t’exécuter aussitôt mis en cage, sous prétexte que tu allais être utile. Sauf que tu ne l’étais pas. Cependant, on se sentait encore incapable de t’achever, et la routine continuait, et les recherches s’intensifiaient, en vain.
Tout ce qu’ils avaient réussi à faire, entre autres, avait été de te faire haïr celui qui te condamnait à subir tout ça. « Augustus Rookwood, ça te dit vraiment rien ?? » Ils s’impatientent, ils n’arrivent à rien et travaillent d’arrache-pied ; tout ça pour au final, t’entendre pleurnicher. « Dis-nous où se trouve Rookwood ! » « ...uez-moi »
Et, avant même que tu n’aies pu ouvrir davantage ta bouche au goût de fer, tu étais déjà inconscient.

Hé, Wulf, me lâche pas. C’est pour toi que je fais ça, Wulf… Tu mens, c’est pour lui que tu fais ça, c’est lui qui m’a fait ça. C’est toujours lui qui me fait du mal- Réveille-toi !
Tu émerges de retour dans ta cellule, les jambes sciées par la fatigue et par ton sens de l’équilibre désordonné. Une énorme compresse comprime ton oreille disséquée. Ils ont eu la décence de t’enrouler dans un pyjama qui leur restait des procès. Tu as tellement peur qu’elle revienne et qu’elle te l’enlève, et qu’elle t’attache et qu’elle te demande ton nom. Elle a beau ne plus être là mais le souvenir de la torture te hante, te hante, et tu ne peux plus fermer les yeux sans la voir avec son petit visage de gentille demoiselle et les gifles qui piquent, qui réveillent et t’es incapable de dormir, tremblant à t’en donner des crampes, au fond de ta cellule.
« J’vais p-parler, j’vous- je vous jure, je vais p-p-parler, je vous en sup-supplie, je vais t-tout dire- je peux pas le dire je v-vous en prie je peux pas- pas pas pas la b- tuez-moi »

Spoiler:
 


Dernière édition par Bacchus Murdock le Sam 29 Avr 2017 - 10:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (babane#2) open your eyes   Sam 29 Avr 2017 - 9:58

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‹ occupation : héroïne de guerre pour avoir lutté pendant huit ans au sein de l'Ordre du Phénix puis de l'insurrection. On me connait aussi sous le nom de Blackfish, informatrice au coeur d'un réseau particulièrement étendu; co-fondatrice de l'émission Potterwatch et militante active qui n'hésitait pas à dénoncer les manipulations publiques du gouvernement de Voldemort, la collaboration des médias, ainsi que tous ceux qui avaient des choses à se reprocher et dont j'avais déniché les petits secrets. Si j'ai arrêté l'émission, je n'ai cependant pas fini de fouiner dans les affaires des autres et surtout celles du gouvernement. J'ai acquis un statut de journaliste indépendant et le scroll est pour le moment mon seul support, mais ça ne va pas durer, j'y travaille...
‹ maison : Poufsouffle
‹ scolarité : 1989 et 1996
‹ baguette : actuelle n'était à l'origine pas la mienne mais j'ai tué son ancienne propriétaire et quand j'ai ramassé son arme l'utiliser m'a paru la chose la plus logique à faire. Elle mesure aux alentours de 23 cm, il semblerait qu'elle soit en bois de prunellier, probablement contenant du dragon, mais je ne suis pas certaine de sa composition. Elle est bien plus rigide que mon ancienne baguette de cèdre et crin de licorne dont je n'arrive maintenant plus à me servir.
‹ gallions (ʛ) : 2134
‹ réputation : il ne faut pas tenter de me cacher des choses. Que je sais tout et que ce que je ne sais pas encore, je le découvrirai bientôt. Si Blackfish et une figure de la résistance très respectée par la majorité de la population, mes anciens camarade rebelles ont un avis plus mitigés à mon égard... On dit que je serai prête à faire tout ce que je condamne pour arriver à mes fins: mentir, voler, tuer; que j'ai été dévoré par la haine. Après tout je suis une terroriste.
‹ particularité : prête à faire tout ce que je déteste et dénigre pour arriver à mes fins. Au point que j'en viens à me détester moi-même. Voler, mentir, trahir, me servir d'autrui comme un outil, parfois même de mes amis... "La fin justifie les moyens", c'est ce qu'on dit.
‹ faits : je vis avec le poids de mes actes sur la conscience particulièrement ma participation à l'attaque d'Herpo Creek, mais aussi la mort de mon petit frère dont je me considère responsable. Si certain de mais camarades héros de guerre estiment que je ne mérite pas ce titre, qu'ils sachent que je suis bien d'accord avec eux. Mais je suis libre et je travaille d'arrache pied à mes divers enquêtes pour oublier que je ne suis toujours pas capable de marcher sereinement dans la rue.
‹ résidence : dans un appartement pas bien grand sur Diagon Alley, mais il s'agit plus d'une espèce de bureau improvisé, constamment en bordel, que d'un véritable lieu de vie. Le seul endroit que je considère un peu comme chez moi et où je me sens réellement en sécurité c'est chez Tiago.
‹ patronus : Un grand ban de poisson argentés, c'est de la que je tien mon surnom de Black Fish.
‹ épouvantard : Thomas, moldu de dix-huit ans à peine que j'ai envoyé à la mort et qui revient régulièrement me hanter en pensée. Il a le regard vide et me demande constamment pourquoi je l'ai tué lui et pas l'autre.
‹ risèd : Cédric et moi. On boit une bière au beurre sous le porche de la maison de ma mère à Loustry. Mais Cédric est mort, la maison est détruite, ma mère ne reviendra surement jamais, et la Bière-au-Beurre est devenue beaucoup trop cher.
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babane2

My bones ache, my skin feels cold and I'm getting so tired and so old. Get up, get out, get away from these liars. 'Cause they don't get your soul or your fire
C'est pas facile de changer de vie. Ça demande du temps et beaucoup d'énergie. Calme-toi un peu Oswell, qu'ils disaient tous. Y a plus le feu. Tu devrais te détendre. Y a une soirée Quidditch au Chaudron Baveur, tu devrais venir, ça sera marrant, qu'ils ajoutaient en s'adossant non nonchalamment sur leur chaise. Non pas ce soir, j'ai un truc, qu'elle répondait toujours, même quand elle n'avait rien. En même temps, ça faisait longtemps qu'elle s'intéressait plus au Quidditch, Albane. Le dernier match qu'elle avait vu c'était la finale de la coupe du monde de 94 avec Cédric. Autant dire que c'était dans une autre vie. Ca aussi.



« Tu sais ma chérie, tu devrais te reposer un peu... T'as l'air fatigué.» Albane ne répondit pas, elle se reteint même de lever les yeux au ciel, se contentant d'un haussement d'épaules. Elle touillait son café d'un air absent. « Tu devrais venir passer quelques jours à la maison.» Cette fois Albane leva vers sa mère un regard dubitatif. Comme si elle allait foutre les pieds à Loustry. « Ou au moins venir dîner ? » Reprit celle-ci hésitante. « On vient de reboucher les trous dans le toit de la cuisine ! Je pourrais préparer de la tourte. T'as toujours aimé la tour-» « J'ai pas le temps, maman. Désolé.» La coupa Albane. Ce n'était pas vrai, elle pourrait avoir du temps. Après tout elle trouvait bien le temps pour faire voir Josiah plusieurs fois pas semaines; alors elle pourrait très bien trouvé un créneau pour aller diner avec sa mère fraichement rentré au pays, non ? Oui, si elle voulait, elle pourrait. Sauf qu'elle ne voulait pas du tout. Lyana Oswell se tut un moment, pinça les lèvres avec la même expression que sa fille prenait souvent. Il y eut un silence; long, lourd. Albane continuait de touiller son café, c'était plus simple que de faire la conversation. Elle n'avait rien à lui dire à sa mère qui revenait une fois la paix réinstallée et faisait comme si rien n'avait changé. Elle n'avait rien à lui dire qui comblerait le fossé que la guerre avait creusé entre elles. Ce n'était pas de sa faut, à sa mère, mais c'était comme ça. « François, aimerait bien te connaitre un peu plus... » Cette fois Albane soupira franchement. Elle allait répondre que si François voulait la connaitre une rapide recherche sur le scroll lui donnerait toute les informations dont il avait besoin, mais c'est à ce moment-là que son POW se mit à vibrer dans la poche de sa veste. Sauvée par le gong. Tant mieux, elle n'était pas d'humeur pour une autre discussion stérile qui aboutirait irrémédiable sur un autre tu comprends pas; ce à quoi sa mère répondrait que je comprendrais si tu m'expliquais. Et ça serait reparti pour un second round.

« Qu'est ce que c'est ?» Fit-elle. «Le ministère... je dois y aller.» Albane se leva rapidement, enfila son blouson et déposa quelques pièces sur la table. Sa mère la regarda, prise au dépourvu. « À- à bon ? Je croyais que tu travaillais pas pour eux..?» « Je t'appelle. » Fit Albane en jetant son sac sur son épaule. Elle fit un pas pour sortir du café, mais s'arrêta presque aussitôt et fit demi-tour. « Maman ? » Lyana leva les yeux vers elle. « Je suis désolé... Pour la maison.» Et c'était a peut près tout ce qu'elle pouvait dire. Cette fois elle s'en alla pour de bon, abandonnant sa mère seule et un peu perdue, à se demander où était la fille qu'elle avait quittée huit ans plus tôt.

Le message qu'Albane venait de recevoir de Cormac était clair. "Murdock est revenu. Ton nom est sur la liste des visiteurs." Bordel ça faisait bien presque deux mois qu'elle attendait, elle commençait à se dire qu'il avait été exécuté en secret, ou qu'il s'était échappé lui aussi et que personne avait rien dit, façon Lestrange. Albane remontât rapidement le chemin de traverse, entra dans le Chaudron Baveur et ressortie coté moldus sous le regard vigilant des agents de la BPM qui surveillaient les entrées du quartier sorcier depuis l'attaque qui avait eu lieu quelques jours plus tôt. Elle se dirigeait vers la bouche de métro qui se trouvait à quelques rues de là, maudissant cette fichue interdiction de transplaner. Qu'est-ce que ça faisait perdre comme temps, ces conneries. Et puis forcer les sorciers à se déplacer comme des moldus, franchement ! Qu'ils viennent pas s'étonner que le secret magique se soit effondré, tien. À croire qu'ils l'avaient fait exprès.

Dans le métro elle était de ces passagers qui restent plantés devant la fenêtre en tapant du pied d'un air impatient, avant de se jeter dehors, les portes à peine entrouvertes. Elle mit une vingtaine de minutes pour se rendre au ministère. Au guichet elle présenta sa carte de journaliste indépendant: symbole amer de l'échec total de sa reconversion, mais quand même bien pratique fallait l'avouer. Ce genre de truc, avec en plus son nom à elle écrit dessus, ça lui ouvrait un paquet de portes et même plus besoin de menacer qui que ce soit, c'était plutôt rafraichissant. La sorcière du guichet était plus lente qu'un comète 360 et Albane crue qu'elle allait vraiment perdre patience. Elle en avait ras le bol du ministère, Albane. Ces cinq derniers mois elle y avait passé plus de temps que dans son propre appartement, et elle se demandait franchement pourquoi elle devait encore faire toutes ses procédures. Pas comme si on connaissait pas son visage dans le coin, hein. Finalement la sorcière lui refila un badge avec son nom et ses autorisations et elle alla prendre l'ascenseur pour descendre aux cellules. Encore un truc qu'elle détestait, tien: ces maudites machines toujours pleines à craquer et qui faisait toujours vingt-cinq arrêts avant le votre, sans parlait de bruissement incessant des notes volante au-dessus de la tête des passagers: y avait facilement de quoi finir au service psy de Sainte Mangouste.

Quand elle arriva enfin à son étage et qu'elle put s'extirper de l'ascenseur, Albane réalisa soudainement ce qu'elle était en train de faire. Elle allait voir Murdock. En prison. La dernière fois qu'elle avait vu Murdock, elle avait failli le tuer. La dernière fois qu'elle avait vue Murdock, c'était parce qu'elle voulait le tuer. Elle eut une espèce de vertige et resta plantée au milieu du couloir. Est-ce qu'elle avait encore envie de le tuer ? Elle n'était pas sure. Pendant une seconde elle se dit que ce serait embêtant qu'elle le tue en plein milieu du ministère. Et puis elle pensa qu'il avait surement encore plus envie de la descendre elle que l'inverse. La vérité c'était qu'elle se souvenait parfaitement toute la fureur et la haine qui l'avaient submergé la dernière fois; mais elle s'en rappelait comme on se rappelle d'un vieux souvenir. Un truc qui est passé, que finalement avec du temps et de la distraction on a juste oublié. Pourtant elle s'était promis de pas oublier, ça aussi elle s'en souvenait. Ce qu'il avait fait et tout ce qu'il lui avait pris. Il avait tué son frère bordel, elle devrait être plus en colère que ça, non ?

Elle avait une brique dans l'estomac tout d'un coup. Et puis elle entendit une porte claquer et les éclats de voix d'une conversation «...est complètement apathiques ! Il répond même pas à son nom, c'est un peu effrayant...» « Ouais c'est bizarre... ils l'ont ramené de Sainte Mangouste hier mais y a pas eu une seule info sur la ScryNews.» «Enfin c'est pas très clair parce que moi j'ai entendu dire qu'il avait passé pas mal de temps au niveau neu...» Deux hommes apparurent à l'angle du couloir. Ils s'interrompirent immédiatement en apercevant Albane. Elle reprit sa route faisant mine de les ignorer, mais elle avait bien entendu ce qu'ils avaient dit. D'un pas rapide elle alla frapper à la porte de la section des cellules, avec l'étrange sensation qu'elle n'allait vraiment pas aimer ce qu'elle allait trouver à l'intérieur.

Un petit jeune ouvrit, à peine la vingtaine - il avait des restes de cicatrices d'acnés - et elle ne l'avait jamais vu. Encore un nouveau, surement. Vue que les trois quarts des anciens employés étaient soient mangemort soit collabos et que le dernier quart avait été brainwashé; il avait fallu renouveler à peu près tout le personnel, et on voyait des nouvelles têtes tous les deux jours. « Z'êtes sur la liste ? » Elle tendit son badge. «Oswell.» Il le regarda un instant en clignant des yeux et elle leva les siens au ciel. Bon sang, qu'est ce qu'elle donnerait pas pour retrouver un peu d'anonymat. « Ben Alors ?» « Ha heu... oui. Pardon.» Il se pencha pour regarder un parchemin avec quelque nom écrit dessus. Pas beaucoup, d'ailleurs. « C'est bon je vous vois. Vous venez voir qui ?» « Murdock.» «Ha.» Il vérifia un autre parchemin. « Heu... numéro 3. Heu... Je dois vous accompagner ?» Elle haussa les sourcils avec un air agacé. « C'est ton job ou c'est le mien ?» Le jeune homme s'empourpra. « Heu.. Oui. Je dois vous accompagner. Oui. Heu... suivez-moi. S'il vous plait.»


Il la guida le long d'un couloir ou s'alignait une demi-douzaine de portes à barreaux métalliques. Difficile d'imaginer le nombre de Mangemort et de collabos qui s'était entassé là-dedans quelques mois plus tôt. Le numéro trois se trouvait vers le milieu du couloir. « Voilà.» Albane s'arrêta. De là où elle était, elle ne voyait pas encore l'intérieur de la cellule. « Hé Murdock... T'as de la visite. » Tenta-t-il comme pour se donner contenance. Pendant une demi-seconde, elle eut la vision d'un Murdock enragé qui se jetterait sur les barreaux de la porte en la voyant. Et puis elle fit un pas en avant et l'intérieur de la cellule numéro trois entra dans son champ de vision, mais personne ne se précipita pour essayer de lui sauter à la gorge. En fait il n'y avait pas de bruit dans cette cellule. On aurait pue croire qu'elle était vide si on passait devant sans faire attention à la petite chose recroquevillée dans le coin là-bas.


Albane s'approcha, noeud dans l'estomac et coeur battant . « Ba- Murdock ?» appela-t-elle depuis l'autre côté de la porte. La chose eut un tremblement compulsif. « ...J’vais p-parler, j’vous- je vous jure, je vais p-p-parler...» fit sa voix à l'intérieur et elle ne l'entendait que parce que le murmure raisonné contre les murs froids de la pièce. Albane déglutit difficilement et observa le corps tremblant quelques secondes. Quelque chose n'allait pas. Elle se tourna vers le petit nouveau et l'attrapa par le col pour le plaquer contre le mur. « Qu'est ce que vous lui avez fait ?» fit-elle avec hargne, son visage à quelques centimètres du sien. Il la regarda avec des yeux terrorisés « Je... Je sais p-pas... 'suis a-arrivé hier... et lui aus-aussi...» elle le relâcha un peu brutalement et il tituba. « Ouvre la porte. » « Mais je- j'ai pas le droit si il-» « T'es con ou tu fais exprès ? T'as vu dans quel état il est ? tu crois qu'il va m'attaquer ? Ouvre.» « Me,-mais..» elle regarda le badge qui était épinglé à sa poitrine. « Jenkins, hein ? C'est pas ton père qui revend des bagnoles trafiquées sans autorisation ? » Cette fois il vira au rouge brique. « Donc tu l'ouvres cette porte où je dois la faire sauter moi-même ?» Il ne dit rien et se mit a cherche frénétiquement la cléfs d'une main tremblante. Finalement fallait toujours faire des menaces à un moment donné, certaines choses ne changeaient pas, c'était désolant.


Albane entra dans la cellule. Elle n'avait pas la moindre idée de ce qu'elle foutait, ni de pourquoi elle le faisait. Quelque chose lui disait qu'elle allait le regretter, qu'elle n'aurait jamais du venir et qu'elle ferait mieux de se barre tout de suite. Elle ne le fit pas, évidemment. De toute façon, depuis un an sa vie n'était qu'un enchainement de mauvais choix; un de plus ou de moins ne ferait pas grande différence. Elle fit encore un pas en avant. « Murdock ?» « ...peux pas- pas pas pas la b- tuez-moi » Fit sa voix. Elle avance d'un pas de plus, elle n'était qu'à deux petits mètres de lui et elle se pencha en avant. « Bacchus ?» Et elle aurait bien voulu que sa voix de tremble pas autant.



Non, c'est pas facile de changer de vie, ça demande beaucoup de temps, mais surtout beaucoup de volonté. Albane elle se demande des fois, si c'est pas ce qui lui manque justement; de la volonté. Elle est pas sûre d'avoir envie de changer. Elle est pas sûre d'être prête. Elle pense qu'il y a encore des choses qu'elle doit dire, qu'elle doit faire; mais la vérité c'est qu'elle a surtout des choses à terminer.

Bacchus Murdock fait partie de ces choses qu'elle n'a pas terminées.

• • •


And if you're still breathing, you're the lucky ones 'cause most of us are heaving through corrupted lungs. And if you're still bleeding, you're the lucky ones 'cause most of our feelings, they are dead and they are gone.
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(babane#2) open your eyes

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