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sujet; (JANV. 04) BASTUS#6 + Will you remember all the danger we came from?

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Buttermere & Mi-Jan. 2004

Wishin' I could see the machinations, understand the toil of expectations In your mind. Hold me like you never lost your patience. Tell me that you love me more than hate me All the time... And you're still mine
Augustus Rookwood était tranquillement installé dans le salon de la petite maison de Buttermere. Assis sur son fauteuil, journal sorcier en main, il fumait sa cigarette tout en parcourant d’un œil distrait les affligeantes nouvelles du monde extérieur. Il était là depuis plus d’un mois, n’était presque pas sorti depuis son arrivée, et passait son temps entre ses livres, son jardin et le journal. Il s’occupait beaucoup avec de la cuisine, un peu de potions, des recherches sur quelques artefacts. Il attendait. Comme il l’avait maintes fois déjà expliqué, il attendait que les choses se tassent, qu’il puisse sentir, ou non, une quelconque opportunité de récupérer un peu de pouvoir, ou de quitter le pays. En bref, il prenait des vacances ou, d’après les médisants, il profitait de son chômage. La maison de Buttermere était calme, et il pouvait se ressourcer, végéter, être immobile.
Un sport qu’il n’avait pas pratiqué depuis des années. Durant toute la période de son implication au coeur du Département des Mystères, il ne s’est jamais arrêté que pour cuisiner ou pour marcher, et là encore, il réfléchissait et administrait. Il ne s’était jamais laissé le loisir de se poser, poussé par un sens du devoir exacerbé et, surtout, une crainte quasi phobique de l’oisiveté et de ses dangers. Comme si, immobile, il n’aurait plus d’autre choix que de faire face à ce qu’il vivait. Il aurait du réfléchir à la mort de Laeticia, aux conséquences de son séjour à Azkaban ou même aux véritables raisons qui l’accrochait aux ordres du Lord. A présent, cependant, le Lord était mort et il ne lui restait plus d’ordres à recevoir de lui.
Dans le silence, abominable, de la campagne, l’ancien mangemort avait du se forcer à réaliser certaines choses. Il n’était pas ambitieux. Il ne désirait pas spécifiquement de pouvoir. Il appréciait, certes, le jeu de manipulation qu’il pouvait entraîner, mais il avait soudain vu s’évanouir cette étrange passion de justice qui l’avait animé, toutes ces années. Il regardait, finalement, tous ces efforts déployés presque avec auto-dérision, attendri par sa propre naïveté. Rendre le monde ordonné ? Soigner tous les vices ? Instaurer un Etat autoritaire et dictatorial afin d’enfermer toutes les folies et obliger le monde à être aussi froid et sec que lui ?
Le Rookwood, en imaginant pleinement le monde qu’il avait tout ce temps cherché à construire, avait finalement réalisé que cette utopie serait cruellement ennuyante. Ses peurs, sa crainte de l’échec et de l’incompréhension, ne devaient pas l’empêcher de profiter de la vie.

Il attendait. Calmement, tranquillement, parce qu’il savait que sa cible ne tarderait pas à lui passer devant et, effectivement, il pinçait des lèvres devant la partie sports de  la Gazette lorsque l’ombre d’un Murdock vint titiller sa vision périphérique. Un mince sourire vint craqueler son visage. Il le sentit lui passer devant, attraper son manteau et se préparer à partir. Ce fut à cet instant que la voix du maître se fit entendre : « Murdock. » La voix était calme, tranquille, mais claqua tout de même dans l’air avec la tension de l’ordre. « Où allez-vous comme ça ? » Son regard n’avait pas quitté le journal, ses lèvres ne s’étaient pas détachées de sa cigarette, et il n’avait entamé aucune amorce de mouvement vers lui. « J’espère que vous ne pensez pas que j’ignore vos sorties. Je vous prierai cependant d’être prudent dans vos escapades. »

Pas de ronronnement dans sa voix, à peine une politesse détachée. Cela faisait plus d’un mois que le tyran ne touchait plus son vassal. Il ne l’appelait plus par son prénom, ne le tutoyait plus, ne lui murmurait plus rien à l’oreille en le rhabillant. Sans jamais s’expliquer, il avait brusquement mis fin à tout le jeu qu’il avait pris dans de plaisir à instaurer. C’était, après tout, son droit. Le Murdock n’avait pas à comprendre tous les comportements de son maître, sa seule mission était de lui obéir et, au fond, qu’importait son opinion sur le sujet ? Le monstre lui avait retiré tout droit à une opinion le moment où l’animal avait refusé, platement, de véritablement aider son amant lorsqu’il lui avait demandé. Tout droit à la tendresse et à la sensualité avait été nié lorsque  la mémoire avait été effacée. Ainsi, ce n’était pas seulement une nuit que le despote avait effacée, mais bien l'immensité sourde de leur relation. Tout ce que le Murdock avait pu estimer comme précieux lui avait été spolié.

Rien, cependant, n’avait été oublié. Tout continuait de tourner, de façon incessante, derrière  les yeux d’Augustus. Tout ce que Bacchus lui avait montré et donné, tout ce qu’il avait ressenti, effroyablement ressenti, pulsait sous sa peau en continu, prêt à exploser. L’enfermement ne prenait jamais fin, ne  lui laissait jamais de repos et la tension ne se relâchait jamais autant que lorsqu’il faisait souffrir l’homme désiré.
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Buttermere & Mi-Jan. 2004

So smoke them if you got them 'cause it's going down All I ever wanted was you I'll never get to heaven 'cause I don't know how Let's raise a glass or two To all the things I've lost on you, Tell me are they lost on you ?
Augustus Rookwood est assis dans son fauteuil. Tu déboules devant lui, ne lui prêtant que ce coin de regard, pour être certain qu’il a remarqué le raffut que tu faisais juste avant de partir. Il n’aime pas trop quand tu sors, il te le fait observer à chaque fois. « Où vas-tu comme ça ? » qu’il demande, l’air de rien, l’air de s’en foutre, alors qu’il s’en fout pas du tout et que, si ça ne tenait qu’à lui, tu serais depuis longtemps enchaîné à la patte au fond de la cave. « Si ça vous fait tant chier qu’j’me casse, dissuadez-moi d’sortir » que tu rétorques. L’instant d’après, t’as laissé tomber le manteau que tu étais en train d’enfiler, et même tout le reste de tes vêtements, et tu lui grimpes dessus, il ne lit plus son journal, et il te grimpe dessus, et tu le-

Tu bondis hors de ton sommeil comme un diable hors de sa boîte, la main encore dans le pantalon, le visage rouge comme si tu venais de courir un marathon. Tu commençais à te faire à ses laisser-aller nocturnes, ça n’avait rien de nouveau. En revanche, ce qui l’était, c’était qu’à présent, au réveil, en plus d’être excité et désorienté, tu te retrouvais à pleurer abondamment. Tu n’aurais jamais pensé ressentir du chagrin du fait de ce genre de rêves moites, au contraire.
Ça faisait à peu près un mois que ça avait commencé. Régulièrement, tu te réveillais en sursaut, manquant de te noyer dans tes propres larmes. Et, à chaque fois, c’était en reconstituant un rêve entre les bras d’Augustus Rookwood.

Que cela ait un rapport avec le nécessaire effacement de mémoire auquel il avait dû procéder, il y a un mois de ça, tu ne saurais l’assurer. Peut-être que le lien ne résidait pas dans la raison de ce lavage de cerveau, mais plutôt dans ses conséquences.
En effet, quand on se contente de n’effacer qu’un bout de mémoire, sans prendre la peine de le remplacer par d’autres événements, c’était comme laisser une fenêtre brisée et propice au courant d’air refroidir toute une maison. D’ailleurs, tu n’avais que machinalement réparé la vitre dans ta chambre, contrairement à ton patron qui avait laissé béant le trou dans ta tête.
Et c’est précisément là que quelque chose clochait.
Jusqu’à présent, Rookwood t’avait toujours façonné et rempli à l’image de la brute épaisse dont il avait besoin. Jamais encore il n’avait porté la main sur sa création que pour en optimiser la loyauté.

Qu’est-ce qu’il avait bien pu effacer ?
Cette question te taraudait donc depuis un mois. Un mois que tu avais essentiellement passé dans les eaux sombres du lac, comme si barboter dans l’abysse relative à l’intérieur de ton crâne pouvait t’aider en quoi que ce soit à retrouver la mémoire.
Et puis, il avait bien dit que ça ne te servirait à rien de retrouver la mémoire ; auquel cas, il ne se serait pas donné la peine de l’effacer.
Pour la seconde fois de ta vie, tu te retrouvais en face d’un fait indéniable et pourtant terrifiant : tu remettais en cause une décision d’Augustus Rookwood. La première fois ne comptant que de moitié, puisqu’il avait ordonné à ton ouroboros de le tuer (tu refusais encore aujourd’hui de concevoir qu’il ait pu te demander une chose pareille à toi, et te consolais en te disant que la malédiction voulait qu’il s’adresse à la marque autour de ton oreille).

Toujours est-il que tu n’étais pas prêt de savoir ce qui s’était passé ce jour-là pour en arriver à de telles extrémités. Et ça n’était pas la flegme de ton patron qui allait t’éclairer, et encore moins ton absence de persévérance à insister pour connaître la vérité.
A croire que vous vous complaisiez tous les deux dans votre silence. Sauf que, dans ta petite tête de piaf, le fonctionnement était assez simple : quand il y a un trou, il doit être rempli… si bien que, faute de mieux, tu avais rebouché les dégâts à grands coups de non-dits, de frustration et de terreur, à l’idée que tu aies pu t’en prendre à son intégrité.
Qu’avais-tu bien pu faire de si grave pour qu’il soit dans l’incapacité de te raisonner ou tout simplement de te punir, et résigné à t’amputer d’un bout de souvenir.

Tu te prépares promptement, décidé à t’aérer la goule dans une énième escapade dans la nature. Depuis que tu avais réussi à mettre la main sur Hell, tu ne désespérais pas à l’idée de ramasser quelqu’un d’autre, maintenant que Flint s’était échappé. Tu en avais encore sur le coeur, et redoutais de le retrouver, mais d’arriver cette fois-ci trop tard pour sauver son cul. Et, y’avait pas à rechigner, jusqu’à présent, c’était lui qui occupait ton esprit.
Mais à présent, tu étais tout seul, avec ton trou à combler du mieux que tu pouvais.

« Murdock. Où allez-vous comme ça ? »
Parce que ça aurait été trop facile qu’il n’y ait pas d’autres conséquences.
En effet, ça faisait bientôt un mois qu’Augustus Rookwood te vouvoyait, t’appelait par ton nom de famille, restait ferme et courtois les rares fois où il daignait t’adresser la parole, pour des badineries, la plupart du temps.
Plus jamais il ne se glissait derrière toi avec fourberie, il ne glissait plus ses griffes sous ta gorge ou dans le col de ton manteau, il ne te touchait plus, ne te regardait qu’à peine et te parlait comme si tu étais le plus insignifiants des gratte-papiers avec qui il lui avait été donné de travailler.
Sauf que pendant six ans, t’avais pas été ça. Pendant près de six ans, t’avais été tout sauf ça. Jamais comme tout le monde, jamais comme personne. Personne ne d-

Si ça vous fait tant chier qu’j’me casse, dissuadez-moi d’sortir. Tu jettes ton manteau sur tes épaules, prenant étrangement sur toi pour ne pas répéter texto le scénario de cette nuit. Peut-être que tu le dégoûtais trop, à présent. « J’vais juste… faire un tour, voir si j’peux r’tomber sur Hell… » Voilà, ça, c’était suffisant, et honnête en plus, en quelque sorte… tu espérais en tout cas, que ça sonne honnête. Parce qu’il était facilement compréhensible, bien que difficilement imaginable, que tu fuyais celui que tu avais jusqu’à présent suivi comme son ombre.
Tu fuyais parce que tu te sentais irrémédiablement chassé, répulsif qu’il était, à ne même plus essayer de te retenir, même en abusant de son autorité. Tu t’en serais presque projeté six années plus tôt, quand il te gardait à portée de main pour le simple confort de se rappeler à quel point il pouvait t’abhorrer.
T’allais quand même pas devoir faire la forte tête comme aux prémices de votre rencontre pour que les choses redeviennent comme avant ?
« C’est bien l’seul truc qu’vous ignorez pas, mes sorties… » que tu siffles, en terminant d’enfiler la seconde manche.
J’vous en supplie, patron, détestez-moi, crachez-moi, retenez-moi, mais m’ignorez pas comme si j’étais personne à vos yeux. Regardez-moi !
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Buttermere & Mi-Jan. 2004

Wishin' I could see the machinations, understand the toil of expectations In your mind. Hold me like you never lost your patience. Tell me that you love me more than hate me All the time... And you're still mine
Il était évident, aux yeux du Rookwood, qu’il avait fait une erreur quelque part. Il n’aurait jamais du, en premier  lieu, se laisser aller avec le Murdock. Surtout, il n’aurait pas du lui céder l’os, lui offrir son corps, lui permettre de toucher au sacré. En somme, il aurait du rester divin, lointain et, plus encore, Bacchus aurait du rester le chien. Un instant, Augustus lui avait cédé la possibilité d’être humain et qu’avait-il eu en retour ? Rien. Son erreur avait été là. Bien avant cela, son erreur avait été de se laisser aller à taquiner de la sorte un être aussi intellectuellement diminué. Sans qu’il s’en rendre compte, il avait développé tout un système autour du rafleur pour l’enfermer sous son emprise, des efforts qu’il aurait du dévouer ailleurs. Quand, exactement, était-il devenu nécessaire qu’il lui appartienne ? Comment, surtout, avait-il pu se laisser aller de la sorte ? Augustus cherchait, enfin, à rectifier le tir de son erreur. Avec une brusquerie rare, il récupérait ses biens : indifférence et dédain. Bacchus ne méritait plus que cela. Augustus n’avait plus que cela à lui offrir.

Son regard restait donc figé sur son journal, son oreille à peine tendue. Il pouvait malgré tout percevoir tous ses mouvements, tant il était habitué à le sentir, toujours, dans un coin de son champ de vision. Toutes ces années, il avait prétendu ne prêter aucune attention à ce parasite de son paysage, et payait actuellement le lourd prix de son inconscience. L’abîme s’était noyé dans son propre piège et n’avait plus qu’à lâcher les reines pour espérer, encore, contrôler ce qui se déroulait sous ses yeux. Lâcher les reines, ou plutôt les couper net, sans pour autant permettre à l’animal de faire un pas vers lui, ou un pas vers la sortie.
Augustus condamnait sa créature à l’immobilité totale. Lui retirant tout, il continuait d’attendre de lui la plus absolue des obéissances. Ultime caprice, il cherchait à prouver que son contrôle était si parfait qu’il pouvait faire le pire, commettre l’irréparable, et toujours s’en sortir sans rien y perdre. Il devait pouvoir tout prendre de Bacchus, le posséder absolument, et pouvoir se permettre de ne rien lui céder. La passion de Bacchus devait être sans égoïsme. Il devait se donner aveuglément, avec la plus pure des abnégations, car lorsqu’on lui avait offert plus que cela, il avait osé détourner le visage. On n’aurait jamais du lui offrir la clef hors de sa cage, car le prisonnier avait depuis longtemps décidé de rester sous son joug.
Augustus lui offrirait donc la plus terrible des prisons, si tel était son souhait.

Sauf que le Murdock se débattait. Il demandait à être considéré comme le plus docile des chiens, et simultanément osait se plaindre que cela ai des conséquences. Augustus était irrité de ce comportement, et trouvait ses distances ingrates. On dirait presque, à le voir ainsi, que Bacchus cherchait à lui échapper. « J’vais juste… faire un tour, voir si j’peux r’tomber sur Hell…  » Un petit claquement des lèvres d’Augustus se fit entendre à ces mots, un des rares signes qu’il pouvait donner de son irritation. Sa langue passa lentement contre son palais avant de répondre : « J’espère que vous réalisez les risques que vous prenez lorsque vous agissez de la sorte. » Il entendait, bien sûr, le fait de sortir à la vue de tous, sans potion, et de retrouver une autre criminelle qui n’était définitivement pas connue pour sa discrétion. Il ne se sentait pas menacé par Hell, qui avait très certainement cherché à récupérer Bacchus entre ses griffes, sans succès. Pourtant, sa présence autour de son chien irritait Augustus. Elle était le genre d’insecte qu’il aurait sûrement écrasé depuis longtemps, si elle n’avait pas été protégée par Rodolphus.
A ces mots, Augustus s’attendait à des excuses, à ce qu’il s’aplatisse sur le sol pour se faire pardonner d’avoir osé menacer leur sécurité. Il n’en fut rien. Pire encore, un reproche déguisé se faufila jusqu’aux oreilles du tyran : « C’est bien l’seul truc qu’vous ignorez pas, mes sorties…  » Derrière le journal qu’Augustus ne lisait plus depuis un moment, un sourcil se haussa. Il n’y eut d’abord que le silence, puis, doucement, les doigts commencèrent à délicatement replier le papier entre ses mains, avant de le déposer sur la table basse face à lui.

Il leva les yeux vers Bacchus. Un regard froid et chirurgical, qu’il réservait à toutes ces personnes qui ne méritaient pas son opinion. Aucun sourire ne garnissait ses lèvres. Dans cette absence d’expression, Augustus lui offrait peut-être la plus grande preuve de l’impact que la situation avait sur lui. Ou peut-être n’était-elle que la confirmation de son indifférence la plus profonde. « Vous avez visiblement quelque chose à me dire. » Combien de fois lui avait-il dit cette phrase, en le recevant sur son pallier, un sourire tendre aux lèvres, avant de le guider du bout des doigts jusqu’à un fauteuil pour lui glisser dans les mains un verre quelconque ? Un nombre incalculable de fois, qui semblaient pourtant toutes s’effacer contre l’aspérité de sa cruelle insensibilité. « Je vous écoute. » Il décroisa les jambes, lentement, et se releva. Il fit même quelques pas vers lui, se retrouvant à quelques mètres de la masse hirsute. La fumée de sa cigarette semblait l’envelopper, dissimulant parfois son regard sec sur la créature. « Mais rappelez-vous que je ne suis pas là pour réproduire les pulsions affectives que Flint a pu vous témoigner. Vous n’êtes peut-être plus mon employé,  » il ne l’avait, en vérité, jamais été, « mais vous n’échappez toujours pas à mon autorité. » Et  le regard torve dériva sur l’oreille marquée.
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