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sujet; oh, hide me safe away (eireneo #3)
MessageSujet: oh, hide me safe away (eireneo #3)   Jeu 23 Fév 2017 - 14:23

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‹ inscription : 04/10/2015
‹ messages : 953
‹ crédits : odistole.
‹ dialogues : #749585


‹ liens utiles :
‹ âge : trente
‹ occupation : tisseur de mots, journaliste, coureur de monde. à la dérive.
‹ maison : Gryffondor
‹ scolarité : 1984 et 1991.
‹ baguette : était en bois d'érable, relativement flexible, mesurait 26,8 cm et contenait un coeur de phoenix.Désormais brisée, j'ai hérité d'une baguette récupérée sur le cadavre d'un mangemort: bois de noyer noir, 32 cm, coeur inconnu, et absolument pas faite pour moi.
‹ gallions (ʛ) : 1702
‹ réputation : j'ai l'air de regretter la fin de cette guerre, que ce qui secoue ce monde nouveau paraît me révolter bien plus que les atrocités commises par le précédent gouvernement, que je suis un piètre journaliste et écrivain qui tente de percer dans un milieu qui n'a jamais voulu de lui.
‹ particularité : en plein flou.
‹ faits : j'ai soutenu la rébellion, bien que je n'ai quitté ma vie que sur le tard pour aller les retrouver, au détour de la création de la Renaissance du Phoenix ; que beaucoup n'ont pas cru à mon implication, du fait de ma naissance surtout ; que j'ai une tendance fâcheuse à commencer des choses et à ne pas les terminer ; que ma plus grande ambition est d'enfin publier un livre ; que ma fiancée est en fuite et que je n'ai aucune idée de si je la reverrai morte ou vive, offerte aux bons soins des Détraqueurs ; que la nouvelle société me répugne presque autant que la précédente, voir plus ; que je ferai sûrement tout pour ma soeur.
‹ résidence : dans le loft de la Bran Tower ou Eirene et moi vivions avant que tout ne vole en éclat. J'ai réussi à garder l'appartement par je ne sais pas quel miracle, il sert aujourd'hui à ma soeur et à mon beau-frère, Elias, parfois. En vérité je n'y suis pas souvent, je fuis l'endroit.
‹ patronus : une méduse géante
‹ épouvantard : un grand feu, l'anéantissement total de ma famille, rester seul au milieu des cendres
‹ risèd : Eirene se tenant à mes côtés, aussi heureuse qu'elle l'était à nos débuts, lorsque nous étions encore pleins de promesses et de projets fabuleux avant que tout ne soit jeté aux flammes.
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eirene mayfairOh, hide me safe away I wanna see myself painted an invisible grey Now feed me to the years And I will make myself harmless as a drawn-on tear And please, don't hold me in your soul like a heavy stone I am carrying my cold heart home
(2004, january 24th)L'appartement est vide, vide à en crever d'inanition tant l'air est immobile, tant la vie a déserté les lieux. Planté au milieu de la chambre, il réalise qu'il n'y a pas mis les pieds depuis qu'il est parti l'été dernier. Le lit est fait, et rien n'a l'air d'avoir bougé depuis. C'est à se demander où dormaient Anna et Elias quand ils occupaient les lieux en son absence. Son retard balaye les objets qui dorment sur les meubles, jamais touchés, jamais utilisés maintenant que leurs propriétaires leurs préfèrent des choses moins personnelles, moins douloureuses. Matteo reconnaît des bagues qu'elle aimait porter aux réceptions, un collier en argent qu'il lui avait offert il y avait des années au retour d'un voyage, un bouquin qu'elle lisait à l'époque, posé au sol devant la petite étagère où elle stockait ses livres barbants de droit et législation magique, laissé là comme s'il attendait juste d'être ré-ouvert. Les armoires doivent contenir encore tous ses vêtements, quelques uns des siens, aussi. En partant, aucun des deux n'a du trouver utile d'emporter avec lui la totalité de sa garde-robe. Il s'approche, conscient de la bêtise de son geste quand il ouvre grand les portes et qu'il accueille le parfum qu'elle portait sur elle et qui imprègne encore certaines de ses étoffes. Plusieurs fois, il a été tenté de le faire, de regarder ces tissus flasques pendant aux cintres, vides et méconnaissables sans la silhouette qui les portait habituellement. Ses vêtements ne sont plus rien sans elle, pourtant il a presque l'impression de la retrouver quand ses doigts les effleurent distraitement.

Un léger tressaillement au fond de sa poche le tire de sa contemplation. Le POW frémit dans sa main lorsqu'il l'en sort ; plusieurs quickies d'Albane, des mots tracés là sans verbe ni complément comme si elle était trop pressée pour faire une phrase, quelques messages de sa sœur, des « bon anniversaire » qui semblent s'adresser à un autre que lui, il ne comprend pas. C'est en regardant la date en haut du miroir qu'il réalise, qu'il capte comme le temps file d'une façon étrange depuis la fin de la guerre. Il lui coule entre les doigts et impossible de le rattraper. Joyeux anniversaire Matt... si tu as envie qu'on fasse quelque chose ce soir pour fêter ça rappelle-moi, je n'ai pas réussi à te joindre tout à l'heure. Anna. Il a trente-et-un ans et il ne s'en est même pas rendu compte. Le pire est certainement qu'il ne voit aucune différence, ou bien il a juste l'impression d'avoir vingt ans de plus qu'hier, et il s'en veut un peu de ranger le POW dans sa poche sans se fendre d'une réponse pour sa sœur. Ce n'est pas comme si c'était la première fois qu'il faisait semblant de ne pas avoir vu des messages pour ne pas avoir à en renvoyer.

Il soupire, plus trop sûr de ce qu'il est venu faire ici, à part chercher à mettre de la distance avec l'appartement de Blackfish. Elle aussi, il commence à la fuir. C'est comme s'il cherchait à renouer avec ce qu'il était avant, sans jamais y arriver. Sa vie d'autrefois est condamnée à rester une série de clichés lointains qu'il a de plus en plus de peine à se remémorer, et c'était stupide de venir ici, de croire qu'ouvrir les placards et se confronter au fantôme d'Eirene allait y changer quelque chose. Stupide stupide stupide.
La porte de l'armoire claque violemment lorsqu'il la repousse avec rage.
Stupide stupide stupide.

Il y a des jours où il se demande s'il ne devrait pas essayer d'avancer, comme dit Anna. Tourner la page. Mais avancer, c'est tout ce qu'il s'efforce de faire ! Il ne fait que ça, avancer sans arrêt, s'embarquer dans des aventures pas possibles pour trouver un remède à la maladie de Charlotte, au risque d'en rendre fou plus d'un à Sainte-Mangouste, monter un journal à partir de rien, s'intéresser à l'actualité, s'enrager pour tout et pour rien, il ne fait que ça, avancer. Et bien sûr, ce n'est pas ce qu'elles entendent par là ; elle voudrait peut-être qu'il l'oublie ? Qu'il commence à se faire à l'idée qu'Eirene est bel et bien évanouie dans la nature, peut-être morte, qui sait ? Il a admit, une fois, que c'était possible. Mais sa bouche peut bien dire ce qu'elle veut, son esprit lui, refuse catégoriquement d'y croire. C'est trop dur. Ça fait trop mal.
Et si ?
L'air lui manque. C'est cet appartement, c'est être ici seul au milieu de leurs affaires, dans cet endroit qui a été chez eux à une période bénie de leur vie dont il a du mal à se souvenir avec précision, qui le rend si mal, qui fait revivre avec violence le manque qui le hante, les regrets qui menacent de le couler dans des limbes dont il risque de ne jamais revenir. Il les sent guetter, prêtes à le happer à la moindre faiblesse. Parfois, il songe que si Eirene n'est plus là, il lui en faudrait peu pour se laisser entraîner vers le bas, et chaque fois qu'il pense de la sorte il se maudit d'être aussi vacillant.

La sonnerie de la porte d'entrée résonne dans l'appartement vide et lui fait rater un battement de cœur. Personne ne sonne plus ici depuis des lustres, tout le monde doit savoir qui hante les lieux et qui n'y est plus, et les voisins ont changé, à force ; ils sont devenus des rescapés perdus entre ces murs blancs, pas toujours aptes à en payer le loyer exorbitant, planqués dans ce logement de luxe offert généreusement et qui ne leur rappelle rien, à eux. Ils ne se connaissent plus, alors qui viendrait sonner ici ? Matteo se secoue et se dirige vers l'entrée, dont il ouvre la porte à la volée, peu soucieux d'arborer la même mine fatiguée et grincheuse qu'il se traîne depuis des semaines et dont personne ne se prive de lui faire la remarque. Une sorcière blonde se tient dans l'encadrement de la porte, l'air incertain, et lui est sûr de ne pas la reconnaître. Ses sourcils se plissent au dessus de son front. « Oui ? J'allais partir. » fait-il sans s'écarter, peu désireux de prolonger une quelconque conversation avec une étrangère — il ne parle déjà pas à sa propre famille. Et il faut qu'il retourne à l'hôpital, Charlie a du avoir ses résultats d'examen.

• • •


Que naissent, du tissu de notre rêve, des splendeurs énigmatiques et des ombres conquérantes, qu'un incendie total engloutisse ce monde et que ses flammes provoquent des voluptés crépusculaires, aussi compliquées que la mort et fascinantes comme le néant.
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PRISONERS • bloodstains on the carpet
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‹ occupation : enfermée à azkaban pour 50 ans, elle est persuadée qu'elle n'en sortira pas vivante
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‹ scolarité : 1984 et 1991.
‹ baguette : est en bois d'acajou ; elle mesure vingt-six centimètres et possède en son coeur un ventricule de dragon.
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‹ réputation : je suis un simple objet à la merci des mangemorts, prête à tout pour atteindre ses objectifs. A cela s'ajoute nouvellement l'appellation de criminelle de guerre; vivement recherchée par le gouvernement, je me suis rendue aux autorités début mars 2004
‹ particularité : métamorphomage.
‹ faits : que je suis devenue mangemort peu de temps avant la bataille finale mais que je ne soutiens pas les idéologies du Lord. C'est seulement une étape -indispensable- de plus pour faire mes preuves. L'utilisation de mon don m'épuise et il m'est impossible d'oublier les horreurs commises. Avec les blessures de l'attaque de Sainte-Mangouste et les dérèglements magiques qui s'ajoutent, garder le contrôle devient plus compliqué. L'orviétan (fabuleo) a été le seul moyen efficace pour supporter la douleur et reprendre vite le travail, une absence longue mettant en péril ma place dans le système et toutes les années de dur labeur qui vont avec.
‹ résidence : auparavant dans un minuscule appartement à Canterbury, du côté moldu, cachée de tous sous une fausse identité (Susie Marshall) avec Elizabeth Atkins (Leanne Marshall), je réside désormais dans l'une des nombreuses cellules d'Azkaban, toujours en compagnie d'Elizabeth
‹ patronus : une hirondelle, mais impossible d'en produire un depuis l'apposition de la Marque sur son avant-bras.
‹ épouvantard : mon corps vieilli par l'utilisation excessive de mon don. Plus récemment, il prendrait plutôt la forme de Matteo ensanglanté, allongé au sol et laissé pour mort.
‹ risèd : la liberté, un monde où je pourrais rester moi-même sans mettre ma vie en danger ou celle des personnes que j'aime. Matteo vivant, pas uniquement dans ses souvenirs.
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24 janvier 2004 – Depuis la fin de la guerre, Eirene ne s’aventurait que très rarement à Londres. Chaque voyage était mûrement réfléchi et elle évitait au possible les risques inutiles. Quelques affaires rassemblées rapidement dans son sac avaient suffi pour le peu de temps qu’elle comptait y rester. « Ne m’attends pas, je risque de rentrer tard. » prévint-elle Elizabeth, sans lui fournir plus d’explications. « Est-ce que ça va ? – Pourquoi ça n’irait pas ? » Est-ce qu’elle savait ? Eirene avait sans doute évoqué cette date lors de leurs conversations nocturnes, même si elle ne s'en souvenait pas. Son esprit pensait à tellement de choses à la fois qu’elle-même s’y perdait. « Tu as oublié ça. » ajouta-t-elle en lui tendant une photographie. Elle représentait une petite fille de quelques mois à peine, Charlotte, avec Eirene juste à côté. Elizabeth la connaissait assez bien pour savoir qu’elle ne sortait jamais sans. C’était comme un porte-bonheur, le souvenir d’un passé révolu. Ce qu’elle ignorait, c’était la face cachée du cliché.

Peu de temps après la mort de Matteo, Eirene avait dû dissimuler chaque image les représentant ensemble, ou seul. Une manière de prouver aux mangemorts qu’il n’était plus qu’un vague souvenir, une personne sans importance. En réalité, elle ne supportait plus de voir les images de leur ancienne vie, c’était trop difficile. Elle avait pourtant pris soin de garder celle qui lui était la plus précieuse. Elle avait tout perdu, mais elle refusait que l’on lui arrache leurs derniers souvenirs heureux. Il suffisait de tapoter la photographie avec une baguette pour en révéler le véritable contenu. Charlotte, gigotant dans son berceau, laissait place à une version plus jeune d’eux-mêmes, l’hiver suivant leur sortie de Poudlard. Ils étaient heureux. Et tellement amoureux. Les nombreuses tentatives de Matteo avaient été vains et le cliché était tout sauf réussi. Leurs rires les empêchaient de rester sérieux assez longtemps pour obtenir un cliché à peu près potable. Mal cadrée, légèrement floue, la jeune sorcière s'était longtemps moquée des talents artistiques du Grimaldi. En une fraction de seconde, il avait su capturer leur bonheur, le vrai. C’était naturel, sans artifices. Simplement eux. Voilà pourquoi elle appréciait tant cette prise aujourd’hui. Elle lui rappelait qu’être heureux, c’était possible. L'horloge la sortit brutalement de ses pensées et la ramena à la réalité. Elle ne voulait pas manquer son train. « J’ai juste une petite course à faire à Londres, ne t’inquiète pas. » Sur ces paroles, elle se faufila vers la sortie et claqua la porte.

Ce jour-là était différent des autres. Il marquait les trente-et-un ans de Matteo, ceux qu’il n’aurait finalement jamais. Ou peut-être que si, elle ne savait plus. Elle ne cessait de penser aux paroles d’Arhen, la révélation qu’il lui avait faite une semaine avant : il n’a jamais été déclaré mort. Contrairement à Katherine Atkins, Matteo ne figurait sur aucun registre. Et ce n’était pas le genre des mangemorts de taire l’arrestation, mais surtout l’exécution d’un traître à son sang engagé auprès des insurgés. Elle aurait dû s’en douter à l’époque et tout lui semblait tellement ridicule à présent. Elle manqua de s’effondrer en larmes devant la seule personne capable de deviner ce qu’elle ressentait vraiment. Et ça lui faisait du bien de ne pas avoir à faire semblant, savoir qu’il comprenait. Mais elle parvint difficilement à y croire. Elle lui avait demandé de répéter. Plusieurs fois même. Eirene était (presque) sûre de ce qu’elle avait vu. La méfiance l’empêchait d’accepter cette vérité – bien plus plaisante – qui s’offrait à elle, tant elle se sentait coupable. Jusqu’à ce qu’il n’appuie ses propos en lui donnant une adresse. Leur adresse. C’était un pari risqué, qu’elle voulait tenter. Une erreur qui pourrait causer sa perte, ou une chance qui lui permettrait de renouer avec l’être aimé. Elle n’avait pas confiance pour autant, mais avait décidé d’y croire. L'espoir revenait, tout doucement, et avec elle la peur de se retrouver face à un inconnu, que tout soit un tissu de mensonges. « Tu n’as qu’à aller voir par toi-même. » Ce qu’elle avait fini par faire. Ce trente-et-unième anniversaire s’annonçait inoubliable, quelle qu’en soit l’issue.

Le renforcement des contrôles à Londres la poussait à se montrer encore plus vigilante. Elle avait transplané dans une ville voisine, à deux heures de Londres qu’elle rejoindrait ensuite par train. L’envie de se renseigner était beaucoup trop forte, mais elle n’avait rien trouvé de concluant en lisant les exemplaires de la Gazette du Sorcier, récupérés à la va-vite lors de ses visites. Il lui restait l’option des pocketowls et de ce mystérieux réseau magique, mais elle préférait s’en tenir éloignée. Prendre son mal en patience était de loin l’option la plus raisonnable. Malgré les dégâts conséquents de la guerre, le gouvernement avait déployé de nombreux efforts dans le but de rétablir un semblant d’équilibre. A chaque nouvelle visite, elle découvrait de nouvelles enseignes, remarquait des détails passés inaperçus la dernière fois. La vie reprenait doucement son cours et c’était plutôt réconfortant. Se promener sur le Chemin de Traverse sans être remarquée était agréable. Elle avait presque oublié ce que ça faisait de se sentir libre. Ou du moins, en avoir l’impression. Elle n’était qu’un simple visage parmi la foule, rien de plus. L’illusion était parfaite mais lui plaisait. Le mensonge l’aidait à se sentir vivante, oublier quelques instants ce qu’elle était vraiment et imaginer ce qu’elle aurait préféré être. Cette sensation de légèreté s’en allait alors qu’elle se dirigeait vers l’Allée des Embrumes. L’atmosphère angoissante qui y régnait restait inchangée. Et parmi toute cette noirceur se dressait la Bran Tower, presque rassurante comparée aux rues avoisinantes remplies de sorciers douteux.

Elle y était enfin. Devant cette porte qui la séparait peut-être de Matteo. Il devait être là, à quelques mètres seulement, et elle ne s’était jamais sentie aussi proche du but. Cette flamme qui s’était éteinte lors de sa mort s’était soudainement ravivée. Elle ne voulait pas paraître impatiente, au risque de se donner de faux espoirs, mais difficile de s’en empêcher. Ces derniers mois, elle avait pensé à toutes ces choses qu’elle n’avait jamais pu lui dire. Aujourd’hui, elle avait peut-être une chance de se rattraper, ou du moins essayer. Lui prouver qu’elle ne l’avait pas oublié et qu’elle ne l’oublierait jamais. Elle finit par sonner à la porte, après plusieurs secondes à rester là, immobile. Son cœur battait à une vitesse folle et des tas de questions l’envahirent : et s’il ne voulait plus la voir ? s’il avait fini par tourner la page, refaire sa vie ? Il l’imaginait peut-être morte, ce qui restait l’hypothèse la plus probable, acceptant l’idée qu’elle ne rentrerait jamais. Il était toujours temps de faire demi-tour, mais ses jambes refusaient de bouger. Elle ne pouvait pas rester dans l’ignorance plus longtemps, elle devait savoir. « Oui ? J'allais partir. » Figée, elle avait l’impression d’être projetée plusieurs mois en arrière, lorsqu’elle le revoyait pour la première fois à travers leurs rêves partagés. Elle se concentra quelques instants sur ce visage qui lui avait tant manqué. Il était exactement comme dans ses souvenirs. A quelques détails près. Les traits marqués par la fatigue, Matteo ne ressemblait en rien à cet homme plein de convictions qui l’avait quitté l’année passée. Son attitude ne s’accordait pas avec celle d’un sorcier venant de remporter la guerre. Il avait fini par obtenir cette victoire tant convoitée, mais ne semblait pas pour autant la savourer. Cette dernière pensée lui fit froncer les sourcils, peu lui importait. Matteo est vivant. Et ce sentiment de joie intense, associé à un flot d’émotions mêlant le soulagement aux regrets persistants, la culpabilité à la nostalgie, lui rappela à quel point elle l’aimait. Que ses actes, aussi incompréhensibles soient-ils, n’avaient en rien changé les sentiments qu’elle éprouvait à son égard.

« Je… » C’est moi, Matt. Elle voulait s’avancer un peu plus, l’enlacer de toutes les forces qui lui restaient, lui répéter à quel point elle regrettait, que sans lui, tout était fade, que rien ne valait vraiment la peine. Elle voulait lui faire comprendre qu’elle n’était pas qu’une simple étrangère, l’inciter à voir au-delà de cette apparence. Elle se racla la gorge et finit par se resaisir. « Bonjour, excusez-moi. Matteo Grimaldi ? » s’empressa-t-elle d’ajouter avant de poursuivre, d’un ton peu assuré. « Je suis Susie Marshall. » En venant jusqu’ici, elle cherchait simplement à s’assurer qu’il était vivant. Elle devait désormais couper court à cette conversation, lui dire que c’était une erreur et s’en aller aussi vite qu’elle n’était arrivée. Un silence s’installa de nouveau, alors qu’elle luttait intérieurement pour se tenir à distance et ne pas se laisser submerger. Elle tenta un vague sourire, maladroit, beaucoup trop nerveux pour être naturel. Tout dans son attitude montrait son inconfort. Elle n’était pas à l’aise sous cette forme, face à lui, et ignorait combien de temps elle tiendrait encore. Elle devait repartir et vite, mais impossible de s’en séparer alors qu’elle venait tout juste de le retrouver. « Vous auriez une petite minute ? S’il-vous-plaît. » lâcha-t-elle sans vraiment réfléchir. Elle pensait regretter ses paroles presque immédiatement, mais ce fut tout le contraire. Après des mois de cavale, elle se sentait enfin à sa place. Elle aurait dû être à ses côtés, depuis le début. Mais c’était trop tard, elle ne pouvait plus rien attendre de lui. A part lui demander de ne pas oublier la personne qu’elle avait été, à des lieux du mangemort qu’elle était devenue, car elle-même ne s’en souvenait pratiquement plus.

Sa mère lui répétait souvent que ses yeux représentaient sa principale faiblesse. Elle n’avait jamais autant espéré que ce soit vrai.

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Once I wanted to be the greatest, no wind or waterfall could stop me, and then came the rush of the flood.The stars at night turned you to dust.
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‹ baguette : était en bois d'érable, relativement flexible, mesurait 26,8 cm et contenait un coeur de phoenix.Désormais brisée, j'ai hérité d'une baguette récupérée sur le cadavre d'un mangemort: bois de noyer noir, 32 cm, coeur inconnu, et absolument pas faite pour moi.
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‹ particularité : en plein flou.
‹ faits : j'ai soutenu la rébellion, bien que je n'ai quitté ma vie que sur le tard pour aller les retrouver, au détour de la création de la Renaissance du Phoenix ; que beaucoup n'ont pas cru à mon implication, du fait de ma naissance surtout ; que j'ai une tendance fâcheuse à commencer des choses et à ne pas les terminer ; que ma plus grande ambition est d'enfin publier un livre ; que ma fiancée est en fuite et que je n'ai aucune idée de si je la reverrai morte ou vive, offerte aux bons soins des Détraqueurs ; que la nouvelle société me répugne presque autant que la précédente, voir plus ; que je ferai sûrement tout pour ma soeur.
‹ résidence : dans le loft de la Bran Tower ou Eirene et moi vivions avant que tout ne vole en éclat. J'ai réussi à garder l'appartement par je ne sais pas quel miracle, il sert aujourd'hui à ma soeur et à mon beau-frère, Elias, parfois. En vérité je n'y suis pas souvent, je fuis l'endroit.
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eirene mayfairOh, hide me safe away I wanna see myself painted an invisible grey Now feed me to the years And I will make myself harmless as a drawn-on tear And please, don't hold me in your soul like a heavy stone I am carrying my cold heart home
(2004, january 24th) La patience pour les étrangers l'a quitté depuis longtemps ; il lui arrive souvent de se montrer coupant, presque désagréable lorsqu'on lui adresse la parole, et s'il s'en est voulu un temps d'être aussi revêche, il a fini par ressentir une certaine satisfaction à l'idée qu'on le laisse seul, une fois qu'il était avéré qu'on ne pouvait plus avoir une conversation normale avec Matteo Grimaldi ; qu'on ne pouvait s'attirer son attention qu'en abordant des sujets délicats tels que le déprimant système de justice qui était en œuvre ou le syndrome de Rosier, ou tout ce qui pouvait lui permettre de déverser sa bile avec revendication. Aussi, quand la sorcière s'interrompt après un « Je.. » hésitant, il doit se retenir de ne pas montrer son agacement ; ce n'est pas comme s'il avait quelque chose à faire, il n'était là que pour se confronter à l'avanie de son quotidien, et pleurer sur les affaires d'Eirene n'était pas ce qui allait le sortir du trou noir dans lequel il s'était perdu tout seul. « Bonjour, excusez-moi. Matteo Grimaldi ? » Ses sourcils se froncent alors qu'il se demande, déjà mécontent, s'il a affaire à une journaliste ou autre emmerdement du même acabit. Et pour quelle foutue raison s'intéresserait-on à lui ? Qu'aurait-il a dire de si important qu'on en fasse tout un papier ? La fiancée disparue avait parue être une bonne piste au début des procès des Mangemorts, mais l'envie de l'interroger leur était vite passée, il avait tout fait pour. « Euh, je, oui... » « Je suis Susie Marshall. » Et ? Se retint-il d'ajouter. « Vous auriez une petite minute ? S’il-vous-plaît. » Son front se contracte un peu plus devant l'évident malaise de la jeune femme. Elle paraît tendue, nerveuse, comme si elle s'apprêtait à lui faire une annonce délicate. Son ventre se tord ; se donnerait-on la peine de venir frapper chez lui s'ils mettaient la main sur Eirene ? Auraient-ils cette obligeance ? Il en doute, mais ça n'empêche pas la peur de refermer sa main glacée autour de son cœur. Et puis, ils ne se priveraient pas de faire savoir au monde entier qu'ils avaient eu un Mangemort en fuite, c'était toujours bon pour leur publicité. Une main soucieuse passe sur sa nuque pour chasser le froid qui glisse sur sa peau. Il s'écarte, ouvre plus grand la porte pour lui laisser le passage dans un effort pour se montrer correct. « Oui, euh, allez-y rentrez... » La porte se referme doucement derrière elle, et il lui jette un regard en biais avant de lui proposer à boire—une chose qu'il n'a pas faite depuis un millénaire, il lui semble. « Vous voulez quelque chose à boire ? » La demande est brève alors qu'il se dirige déjà vers le bar, un peu plus loin, l'éloignant de l'invitée. Il ne sait plus comment être poli, il ne sait plus comment s'intéresser aux autres, non plus. « Il y a du... café. » C'est drôle comme il s'est fait à cette boisson amère de moldu, comme il en est devenu dépendant pour survivre à sa journée. « Ou de l'eau, vraiment désolé il n'y a rien de mieux... » Leur appartement est devenu une coque vide où personne ne prend le temps de remplir les placards. Ce n'est plus qu'une halte dans leurs errances désespérées. Il se retourne, une tasse à la main, pour reporter son attention sur la sorcière blonde. Son œil capte le regard étrange qu'elle pose sur la pièce, tantôt sur le canapé froid et abandonné, tantôt sur la bibliothèque face à elle, puis qu'elle déporte sur lui. L'éclat qui brille dans le fond de ses prunelles à la couleur incertaine ressemble presque à de la nostalgie, à de la tristesse douce-amère. L'idée qu'elle est venue pour lui annoncer le pire le reprend à la gorge. Et ce serait quoi, le pire ? Ça pourrait être tant de choses, tant de cauchemars rendus vivants, tant de mauvaises nouvelles possibles.

« En quoi je peux vous aider ? » demande-t-il finalement, et le mouvement discret de la tête qu'elle exécute la fait soudain terriblement ressembler à Eirene. D'une pichenette mentale, Matteo chasse cette mauvaise habitude qu'il a prise de comparer toutes les femmes à son ancienne fiancée. Il y cherche toujours avec avidité un geste, un sourire, une mimique qui pourrait être elle, une miette du passé qu'on serait venu lui rendre. Le pire c'est qu'il le trouve, mais ce n'est jamais vraiment elle, ce n'est qu'une pâle imitation des parcelles qui la constituaient. Il a fini par réaliser qu'il attendait en fait n'importe quoi pour faire ressurgir les souvenirs d'avant, comme s'il avait peur de l'oublier. Son regard fixe s'anime de nouveau, embarrassé. « Vous pouvez vous asseoir, vous savez. » Ce n'est pas vraiment comme ça qu'on lui a appris à accueillir des gens mais c'est le mieux qu'il puisse faire aujourd'hui. Sa mère ne sera plus jamais là pour lui reprocher ses mauvaises manières, de toute façon.

Il s'affale sur le fauteuil à sa gauche, en ayant oublié les boissons dès lors qu'il a fini de les préparer, il ne sait même plus pour qui d'ailleurs, lui n'a envie de rien. La sorcière n'a même pas enlevé son manteau, et elle s'installe à la place où Eirene s'asseyait toujours, quand ils trouvaient encore le temps de discuter dans le canapé le soir et qu'il n'avait rien envie de plus que la prendre dans ses bras et plonger le visage dans ses cheveux pour la faire rire. Ça avait été si facile, fut un temps, de lui arracher des éclats de rire francs et ravageurs. Susie Marshall a l'air d'être à des lieues de rire, elle. Son dos est tendu comme une corde, on dirait qu'elle est sur le point de repartir. Son attitude ne lui promet rien de bon, et son mauvais pressentiment s'accentue. Elle va lui annoncer le pire, c'est sûr.

Matteo scrute le silence, scrute son visage, s'efforce de déterminer la couleur de ses yeux maintenant qu'il est assez près pour les voir, dans une démarche inconsciente et désespérée. Du vert, des échardes dorées bordées d'eau. Elle tourne la tête un instant, et quand il peut de nouveau appréhender son regard, il n'y voit que du bleu, translucide.

Il en reçoit un coup de poing dans l'estomac, à lui en couper le souffle, à lui ôter toute capacité vocale. Parce que cette fois, l'espoir s'enflamme et la certitude que c'est elle balaye toute contenance, ravage son bon sens. Le cœur dans la trachée et la gorge brûlante, il s'efforce de respirer normalement, de ne pas s'effondrer devant elle.
C'est une erreur qu'il a vue, une défaillance dans le schéma de contrôle parfait nécessaire à l'exécution d'une transformation aussi exigeante qui a trahi le subterfuge. La même qu'elle faisait toujours, la même contre laquelle elle pestait parce qu'elle risquait de la trahir lors de ses missions. Il pourrait décrire avec précision des milliers de choses qu'elle faisait sans même s'en rendre compte, des détails de sa personne quelconques aux yeux des autres mais parfaitement ancrées en lui. Personne ne la connaissait mieux que lui. Personne ne la connaît mieux que lui. Cette erreur au niveau de ses yeux ne laisse aucune place au doute. « J'allais finir par me demander si tu n'étais pas morte. » souffle-t-il alors qu'il sent quelque chose au fond de lui renaître, revivre à la simple idée d'être en sa présence, pour de bon, après l'avoir tellement rêvé. Il a les yeux ancrés dans ses iris qu'il meurt de revoir réellement, authentiques, familiers. Ce n'est pas un reproche, c'est juste une amère constatation qui hurle à quel point il était à deux doigts de cesser d'espérer. De baisser les bras. Il n'avait jamais cédé, mais elle avait toujours été à ses côtés, alors ; c'était moins facile sans elle.

Matteo avait cru mourir des centaines de fois pendant ses nuits blanches, lorsqu'il songeait qu'il ne la reverrait sans doute jamais, qu'il n'aurait jamais l'occasion de lui dire tout ce qui lui pesait depuis qu'il était parti. Des insomnies terribles, et des peurs dévorantes. Ses épaules s'affaissent et l'élan vers l'avant le projette vers elle, vers son amour prodigieux pour cette femme qu'il croit voir pour la première fois. Ses genoux buttent contre le sol, et ses mains empaument le visage sidéré qui lui fait face. « Tu m'as tellement—tu m'as tellement manqué... » Cela fait bien longtemps qu'il ne l'a pas regardée avec autant d'avidité, quant bien même ce visage n'est pas le sien. Ces derniers mois, il avait oublié de voir comme elle était en tout point ce qu'il désirait le plus. À quel point il l'aimait. Il l'avait laissée de côté, faite passer après d'autres priorités qui n'auraient jamais du lui passer au dessus. Il avait feint de croire que l'avis de son père n'était pas si important que ça, alors qu'il n'avait fait que prouver le contraire en se soumettant à l'autorité paternelle. Le Matteo frondeur et aventureux qu'il croyait avoir été ne l'avait pas été tant que ça finalement, puisqu'il avait suivi les ordres à la lettre et repoussé ses engagements simplement pour qu'on le laisse en paix. Un lâche, un foutu lâche, voilà ce qu'il avait été.

Il se fout de savoir pourquoi le tatouage à son poignet a fini par s'effacer, pourquoi l'anneau échangé a fondu autour de son doigt, il se fout de savoir si elle a finalement obtenu sa marque puisque aujourd'hui ça ne revête plus la moindre espèce d'importance à ses yeux. Les idéaux ancrés en eux sont violemment rejetés, rien de tout ça ne l'intéresse plus. Il ne veut plus qu'elle, pleine et entière. Il veut oublier, tout oublier, et tout recommencer. Vivre enfin la vie qu'ils attendaient de l'avenir avec elle, se marier avec elle, avoir des enfants avec elle, vieillir avec elle, s'engueuler encore et rire encore plus, ne plus jamais laisser la moindre folie du genre qu'ils ont vécue les gagner et les séparer une fois encore. À présent sa seule priorité sera elle, comme elle aurait toujours du l'être. « Montre-toi » il souffle dans un effort pour ne pas la supplier, les mains fébriles et tremblantes, pressées de toucher enfin son visage, après tout ce temps. Ils ont tant de choses à se dire mais rien ne presse, pour l'instant. La seule urgence à présent est d'être avec elle, les questions viendront ensuite, quand la tempête se sera calmée un peu, que les pensées se seront remises en ordre, suffisamment pour penser intelligiblement.

• • •


Que naissent, du tissu de notre rêve, des splendeurs énigmatiques et des ombres conquérantes, qu'un incendie total engloutisse ce monde et que ses flammes provoquent des voluptés crépusculaires, aussi compliquées que la mort et fascinantes comme le néant.
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PRISONERS • bloodstains on the carpet
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‹ dialogues : #rosybrown


‹ liens utiles :

‹ âge : 30
‹ occupation : enfermée à azkaban pour 50 ans, elle est persuadée qu'elle n'en sortira pas vivante
‹ maison : serdaigle
‹ scolarité : 1984 et 1991.
‹ baguette : est en bois d'acajou ; elle mesure vingt-six centimètres et possède en son coeur un ventricule de dragon.
‹ gallions (ʛ) : 1060
‹ réputation : je suis un simple objet à la merci des mangemorts, prête à tout pour atteindre ses objectifs. A cela s'ajoute nouvellement l'appellation de criminelle de guerre; vivement recherchée par le gouvernement, je me suis rendue aux autorités début mars 2004
‹ particularité : métamorphomage.
‹ faits : que je suis devenue mangemort peu de temps avant la bataille finale mais que je ne soutiens pas les idéologies du Lord. C'est seulement une étape -indispensable- de plus pour faire mes preuves. L'utilisation de mon don m'épuise et il m'est impossible d'oublier les horreurs commises. Avec les blessures de l'attaque de Sainte-Mangouste et les dérèglements magiques qui s'ajoutent, garder le contrôle devient plus compliqué. L'orviétan (fabuleo) a été le seul moyen efficace pour supporter la douleur et reprendre vite le travail, une absence longue mettant en péril ma place dans le système et toutes les années de dur labeur qui vont avec.
‹ résidence : auparavant dans un minuscule appartement à Canterbury, du côté moldu, cachée de tous sous une fausse identité (Susie Marshall) avec Elizabeth Atkins (Leanne Marshall), je réside désormais dans l'une des nombreuses cellules d'Azkaban, toujours en compagnie d'Elizabeth
‹ patronus : une hirondelle, mais impossible d'en produire un depuis l'apposition de la Marque sur son avant-bras.
‹ épouvantard : mon corps vieilli par l'utilisation excessive de mon don. Plus récemment, il prendrait plutôt la forme de Matteo ensanglanté, allongé au sol et laissé pour mort.
‹ risèd : la liberté, un monde où je pourrais rester moi-même sans mettre ma vie en danger ou celle des personnes que j'aime. Matteo vivant, pas uniquement dans ses souvenirs.
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24 janvier 2004 – Tout était si différent maintenant qu’Eirene ne savait pas tellement à quoi s’attendre en débarquant à leur ancien appartement. Cette visite se révélait être de l’inconscience totale et elle aurait dû y penser plus d’une fois avant de prendre de tels risques. Mais le simple fait de le savoir vivant avait réussi à lui mettre du baume au cœur, allégeant ce poids dont elle ne parvenait plus à se détacher. Malgré tout, ça n’enlevait en rien la culpabilité qui la rongeait toujours : Matteo avait survécu, mais ce n’était certainement pas grâce à elle… Légèrement brusquée par le comportement de ce dernier, tout portait à croire qu’elle n’était pas la bienvenue ici. Elle en avait presque oublié qu’à ses yeux, elle n’était qu’une énième inconnue. Vidé de toute joie de vivre, jamais elle ne l’avait vu si mal-en-point. « Vous voulez quelque chose à boire ? » Elle tenta de mettre de côté ses remords une nouvelle fois, en vain, puis le suivit à l’intérieur. « Ne vous dérangez pas pour moi, vraiment. » Mais le sorcier s’était déjà empressé de rejoindre le bar, n’accordant que peu d’intérêt à son éventuelle réponse. Elle longea ce couloir qu’elle ne connaissait que trop bien pour arriver dans leur salon.  « Il y a du... café. Ou de l'eau, vraiment désolé il n'y a rien de mieux... De l’eau c’est très bien. Merci. » Tout était presque exactement comme elle l’avait laissé. Et pourtant, l’endroit lui paraissait horriblement froid. Comme ça l’était quand elle y vivait encore, même plus. Elle n’osait pas imaginer ce qu’il avait pu vivre pour en arriver à cet état et l’idée qu’elle était en grande partie responsable de son malheur lui fit un gros pincement au cœur. Peu de choses avaient changées en réalité entre leurs départs successifs. Il n’avait cependant pas raccroché les photos dont elle avait débarrassé les murs, peu de temps avant la supposée mort de l’homme qu’elle aimait. Elle secoua légèrement la tête, qu’avait-elle bien pu espérer ? Comme si le retrouver en vie n’était pas assez suffisant, elle s’attendait à ce qu’il ne s’accroche à elle plus qu’elle ne s’était accrochée à lui. Quelle idiote, elle ne méritait pas tant d’attention de sa part, même disparue. Aujourd’hui, elle donnerait tout pour ouvrir un de ces cartons où s’entassaient leurs nombreuses photos, en attente d’être encadrées ou de trouver place dans un de ces albums jamais commencés. Perdue de nouveau dans ses pensées, elle réalisa trop tard que Matteo était de retour. Elle avait pris l’habitude de le voir uniquement dans ses pensées, à vrai dire, et cette situation lui paraissait tellement irréelle.

« En quoi je peux vous aider ? Vous pouvez vous asseoir, vous savez. – Oui oui, bien-sûr. » lâcha-t-elle avant de se rendre instinctivement là où elle s’installait toujours. Cet appartement était rempli de si nombreux souvenirs qu’il lui était impossible de ne pas se les remémorer. Seuls leurs fantômes habitaient les lieux désormais et elle avait l’impression de n’être qu’une simple spectatrice. « C’est assez délicat… » Eirene avait beau essayer de se détendre pour adopter un comportement plus ou moins normal, ses mains ne cessaient de trembler. Dans son petit appartement à Canterbury, elle avait plus d’une fois imaginé ce qu’elle aurait bien pu lui dire si la chance de le voir une dernière fois se présentait à elle. De longues phrases lui venaient à l’esprit, qu’elle débitait à une vitesse folle de peur qu’il ne lui laisse pas le temps de terminer. Cette situation se présentait enfin à elle et c’était encore mieux que dans ses rêves les plus fous, mais elle restait complètement muette. Tout se bousculait dans son esprit et elle n’arrivait pas à formuler quelque chose de cohérent. Elle perdait le contrôle, incapable de supporter ces émotions beaucoup trop fortes. Elle détourna le regard pour se concentrer sur quelques coins de la pièce, espérant que ça ne soit qu’une petite crise passagère. La fatigue des derniers mois mettait à mal ses capacités de métamorphomage et elle en vint même à se demander si après cette visite, elle serait toujours capable de maintenir sa fausse identité. Lorsque son regard croisa de nouveau le sien, Eirene sut qu’elle n’avait plus à faire semblant. Il avait compris. Le soulagement fut tel que son corps tout entier se détendit d’un coup alors que l’angoisse la quittait pour faire place au réconfort. « J'allais finir par me demander si tu n'étais pas morte. » Elle glissa presque immédiatement une main sur la sienne pour la serrer tendrement alors que les mots ne passaient pas la barrière de sa bouche, chamboulée par tout ce qui se passait. En secouant vivement la tête, elle confirmait ses dires : c’était bien elle et personne d’autre. « Tu m'as tellement—tu m'as tellement manqué... » Pour la première fois depuis trop longtemps, elle se sentit heureuse. Cette joie indescriptible s’était emparée de chaque parcelle de son âme alors qu’elle se croyait perdue à jamais. En quelques instants, il avait su raviver une flamme qui n’aurait jamais dû s’éteindre. Plus rien n’avait d’importance, si ce n’était lui. Une sensation de bien-être l’envahit, elle pouvait respirer sereinement. Elle n’était plus seule. Et les paroles qu’il avait prononcées balayèrent d’un coup ses craintes et comblèrent ce vide qu’il avait laissé ce fameux jour. « J’ai cru te perdre pour toujours… » murmura-t-elle, la voix brisée, sans même avoir la force de lui expliquer tout ce qui s’était passé dernièrement. Elle s’attendait à ce que tout ne soit qu’un rêve, qu’elle se réveille à chaque instant dans le lit de cet appartement minable à Canterbury. Elle n’osait même plus le quitter des yeux, de peur qu’il ne disparaisse. Mais elle ne rêvait pas. Et le réaliser enfin, l’accepter, était indescriptible.

« Montre-toi » En une fraction de seconde, elle abandonna avec plaisir les traits de Susie Marshall pour enfin redevenir Eirene Mayfair. Sans artifices, sans aucune tricherie. Seulement elle et ce qu’elle était devenue. Et la tentation était devenue beaucoup trop forte pour qu’elle ne puisse y résister. Elle s’était approchée un peu plus pour le serrer fort dans ses bras. Les yeux fermés, elle humait le parfum de l’homme qu’elle aimait tant et dont elle ne voulait plus se séparer. « J’ai tellement rêvé de ce moment. » articula-t-elle difficilement. Mais cet instant de tendresse fut rapidement écourté par les nombreux regrets qui l’assaillirent brutalement. Son cœur brûlait d’envie de lui avouer tout ce qu’elle n’avait pas pu faire jusque-là alors que sa raison la poussait une fois de plus à se taire. Pour une fois, elle voulait suivre ses sentiments plutôt que de se montrer raisonnable. Qu’avait-elle à perdre ? « J’aurais voulu que ça se passe autrement, que je sois différente, plus forte, comme toi. Que… » Elle s’interrompit, sentit son cœur s’emballer beaucoup trop fort. Que je sois partie avec toi, cette nuit-là, parce que ma place n’était nulle part ailleurs qu’à tes côtés. Elle avait été beaucoup trop bête pour l’ignorer, alors qu’elle le savait pertinemment. Elle aurait voulu s’être accrochée à leur amour plutôt qu’à ses convictions. Ne pas suivre ces choix qu’elle savait pourtant mauvais. « Je suis tellement désolée, Matteo… Rien ne pourra rattraper ce que je t’ai fait subir et je n’espère pas que tu me pardonnes un jour… » La peine infligée avait été trop forte. « Mais j’aurais aimé être plus à la hauteur... » Et sa voix se brisa encore plus alors que les larmes coulaient, sans qu’elle ne tente pour autant de les retenir. C’était trop difficile. « Tu mérites mieux que ça. » Mieux qu’une femme incapable de l’aimer correctement.

• • •

Once I wanted to be the greatest, no wind or waterfall could stop me, and then came the rush of the flood.The stars at night turned you to dust.
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