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sujet; carglass#7 † nothing makes me stronger than your fragile heart

HERO • we saved the world
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‹ inscription : 31/05/2016
‹ messages : 723
‹ crédits : SHIYA. EXCEPTION POUR LA SIGNA.
‹ dialogues : #indianred.


‹ âge : VINGT-HUIT ANS
‹ occupation : AUROR.
‹ maison : GRYFFONDOR
‹ scolarité : 1987 et 1994.
‹ baguette : 30 centimètres, bois de noisetier, crin de sombral.
‹ gallions (ʛ) : 1568
‹ réputation : on dit d'elle qu'elle est loyale et intransigeante + on la trouve parfois désagréable, mais c'est juste parce qu'on la connaît mal et qu'elle n'est pas très avenante au premier abord + elle est une auror brillante et fonceuse + on la sait proche de la cause des loups-garous. on a du mal à comprendre pourquoi elle a fait le choix de se lier par triumvirat à un loup-garou.
‹ particularité : animagus en formation + son animal est un ours brun massif.
‹ faits : amelia a fait sa formation d'auror avec un an d'avance + quand le lord est arrivé au pouvoir, elle est restée, en pensant que ça n'allait pas durer + coincée et surveillée, elle prétendu être à ses côtés + c'est lors de la vente aux enchères des rebuts (2001) qu'elle arrive à fuir sans se faire remarquer et à échapper à la surveillance des mangemorts + elle passe deux ans à fuir, en solitaire, une situation qui l'a rendue plus sauvage et froide + elle a rejoint les insurgés en 2003 et a mené de nombreuses missions pour eux, forte de sa formation et de son expérience d'auror + elle a participé à la grande bataille de décembre 2003 + pendant les combats, elle a choisi d'être liée par triumvirat à édouard douglas afin de lui sauver la vie in extremis. ils ont failli ne pas s'en sortir + elle s'est battue contre le gouvernement intérimaire mis en place après la guerre, qui a injustement envoyé édouard en prison pour en faire un exemple, et a participé à faire échapper plusieurs criminels injustement jugés de la prison d'azkaban + elle a repris son poste d'auror après la guerre.
‹ résidence : entre son appartement du londres sorcier et storm's end.
‹ patronus : UN RENARD
‹ épouvantard : perdre les membres du pack. surtout perdre eddie.
‹ risèd : UNE SOIRÉE HEUREUSE ENTRE AMIS.
Voir le profil de l'utilisateur http://www.smoking-ruins.com/t4645-amelia-can-anybody-save-me-no
Ça n’a pas été facile, d’obtenir ce foutu jour de congé. Pourtant, ça fait des semaines qu’elle a mis dans les têtes de ses collègues qu’elle comptait bien échapper au ministère un jour, voire deux, cette semaine en particulier. Elle n’a jamais clairement dit pourquoi, sûrement parce qu’elle savait très bien qu’ils savaient tous sans qu’elle ait besoin de s’expliquer. Il n’y a pas une seule personne au bureau des aurors qui ignore ce qui la lie à Édouard, puisque tout a été rendu publique lors du procès. Mais au-delà du Triumvirat, ils savent aussi tous très bien que le binôme a toujours été explosif, et qu’il reste, encore à ce jour, irremplaçable. Plus d’une fois depuis qu’elle a retrouvé son travail d’auror, Amelia s’est un peu emportée face à ses partenaires, estimant qu’ils n’anticipaient pas assez ses actions, qu’ils ne comprenaient pas. Jusqu’à ce que Rose intervienne, et lui explique gentiment, calmement, que c’était comme ça maintenant, et qu’elle ne pouvait rien y faire. Que de toute manière, il était presque humainement impossible d’anticiper les actions de ses partenaires. C’est quelque chose qu’Amelia n’avait jamais pleinement réalisé, au fond. Elle a toujours cru qu’Eddie et elle étaient la norme, alors qu’en fait, ils étaient une entité presque alien. Elle le ressent plus que jamais depuis qu’il est enfermé à Azkaban. Parce qu’on la regarde différemment, et que ce n’est pas spécialement positif. Certains font semblant, prétendent que rien n’a changé, mais elle lit dans leurs yeux que rien n’est comme avant. Si cela avait à voir avec le fait qu’elle soit restée auprès du Magister jusqu’aux enchères de rebuts, elle n’en aurait strictement rien à faire. Mais lire dans les yeux qu’ils se méfient d’elle à cause de ce qu’Édouard a fait à Sainte-Mangouste, ou parce qu’elle est liée à lui par cette chose étrange et incomprise qu’est le Triumvirat, ça la met en colère, et ça l’épuise.
Ça n’a pas été facile, d’obtenir ce foutu jour de congé. A croire que tout le monde s’était ligué pour faire en sorte qu’elle ne puisse profiter de la première occasion pour aller rendre visite à Édouard. Personne ne voulait échanger ses jours, personne ne s’est dévoué pour lui permettre de réaliser quelque chose qui lui tenait à coeur. Bande de lâches. Amelia a été contrainte de demander l’aide de Duncan pour avoir gain de cause. Elle déteste avoir à demander de l’aide, encore moins quand ça la force à expliquer pourquoi elle en demande. Heureusement, Rosebury est assez intelligent, et elle n’a pas eu à jouer les gamines capricieuses non plus. Ça aurait ruiné sa réputation, déjà égratignée, pour de bon.
Ça n’a pas été facile, d’obtenir ce foutu jour de congé. Mais elle a réussi. Et maintenant, elle est là, à attendre dans cette bulle à Azkaban, les mains repliées sur ses bras parce qu’il fait froid - ou qu’elle a froid. Elle ne sait pas trop. Ses ongles s’enfoncent un peu trop dans ses avant-bras, tandis qu’elle ne quitte pas des yeux l’entrée par laquelle Édouard est censé arriver.
Elle ne s’est pas posé une seule fois la question de venir le voir ou non. C’était une évidence, c’était… viscéral. Cela fait un mois qu’elle vit avec ce sentiment oppressant, cette impression qu’on la tire constamment en arrière et qu’elle est obligée de se battre pour ne pas se laisser entraîner. Parfois, ça lui coupe même la respiration. Parfois, elle a l’impression qu’un étau s’abat sur ses épaules, et ça survient toujours quand elle s’y attend le moins. Le matin au petit-déjeuner. Quand elle prend sa douche, et qu’elle se surprend à trembler du bout des doigts. En pleine mission, et qu’elle est stoppée net dans son élan sans pouvoir l’expliquer à ses coéquipiers. Vivre sans Édouard, c’est un combat de tous les jours, et parfois, elle se demande si c’est à cause du Triumvirat - ou de l’autre chose. L’autre chose, qui l’étreint quand elle est seule, quand personne ne regarde, dont elle ne parle pas, jamais, jamais.

« Amelia, please. » Elle sait ce qu’il essaie de lui dire. Elle ne le sait que trop bien, et ça lui donne envie d’abattre ses poings une nouvelle fois sur sa chemise - qui devait être la tenue de sa victoire, du début de leur nouvelle vie. Elle ne veut pas. Elle ne veut pas.
Elle ne veut pas reprendre sa vie, elle ne veut pas tomber amoureuse, elle ne veut pas continuer. Elle ne veut pas - ne peut pas le laisser partir. Elle a beau essayer de chercher du sens à sa vie, au-delà d’Édouard, c’est comme s’il n’y avait rien. Rien du tout. Elle ne veut pas prendre soin de tout ce qu’il croit qu’il est en train de perdre. Elle ne veut pas lui dire qu’elle lui écrira et viendra le voir - parce qu’il ne peut pas aller à Azkaban, il ne peut pas. Elle veut juste qu’ils rentrent à la maison. C’est la première fois qu’elle y pense ainsi. Storm’s End. Jusqu’à maintenant, ça a toujours été chez Eddie. Mais maintenant, en cet instant précis, elle a envie de rentrer à la maison, et c’est cet endroit qui s’impose à son esprit. Cette cuisine dans laquelle ils se sont disputés et retrouvés après près de quatre ans de séparation. Ce salon dans lequel ils ont passé des soirées trop longues et trop alcoolisées en compagnie de leurs amis. Cette salle de bain qui fonctionne bien une fois sur deux. Cette chambre, leur chambre. Ces draps dans lesquels ils ont l’habitude de se glisser, le plus naturellement du monde, ensemble. Elle ne veut que ça : l’étreindre, l’étreindre au creux de la nuit et se perdre comme elle l’a fait des centaines de fois sans jamais se rendre compte de ce que voulaient dire les frissons qui parcouraient sa peau.
Maintenant, elle sait. Et elle a l’impression qu’elle voit Eddie pour la première fois.
Leurs respirations se mêlent, dans le Silence de tout ce qu’ils ont à se dire, jusqu’au moment où il se penche et l’embrasse. Bien sûr, le coeur d’Amelia s’arrête, sous le choc. Mais la surprise ne dure qu’un millième de seconde, et laisse place à autre chose, qu’Ames ne cherche même pas à analyser, parce qu’elle a complètement arrêté de réfléchir.
Les bras d’Édouard viennent étreindre sa taille, et ses mains à elle glissent sur ses épaules jusque dans son cou, tandis qu’elle heurte le mur. Elle lui rend son baiser avec une avidité irréfléchie, passionnée, et elle a littéralement l’impression qu’on a enflammé tout son corps. Tout son corps. Tout entier. Elle ne respire qu’entre ses lèvres, certaine que s’il la lâche, elle ne saura plus vraiment fonctionner correctement. Leurs corps se cambrent au rythme de ce baiser qui est en train de tout consumer. Amelia a envie d’enrouler ses jambes autour de sa taille, et de continuer, continuer, continuer, jusqu’à ce tout le reste disparaisse, et tant pis si le monde s’arrête.
Mais déjà, Édouard se détache, et Amelia aimerait le retenir, a du mal à respirer, déjà. Il la regarde, et elle jure qu’elle n’a jamais vu Ça dans ses yeux. Jamais.
« Am sorry, » Elle secoue la tête, peinant à trouver des mots, à assimiler ce qui vient de lui arriver. De leur arriver. Quand ses collègues aurors débarquent sans ménagement, elle n’arrive pas à détacher ses yeux d’Eddie. Leur bulle explose quand les hommes se saisissent d’Édouard brusquement, et que Jackson la tire en arrière. Elle envoie un regard plus qu’assassin à son collègue, qui tente de ne pas se laisser impressionner et l’entraîne vers la sortie. Elle a envie de tous les tuer, et le feu qui brûle en elle exacerbe tout, absolument tout. Oh, elle essaie bien de se débattre, elle essaie. Mais bientôt, ils ne sont plus un, mais deux, trois à l’entraîner à l’extérieur, alors qu’elle retrouve les yeux d’Eddie et devient plus hargneuse. Elle a beau jouer des coudes, ils sont trop forts pour elle, et ils l’entraînent toujours un peu plus loin, et ça lui fait toujours un peu plus mal. Jusqu’au bout, jusqu’à la dernière seconde, elle soutient le regard du brun, elle lui dit plein de choses et rien à la fois. Quand leur contact visuel est rompu, Amelia lâche un cri de rage et se débat un peu plus. Mais les trois aurors, déjà, l’entraînent à l’extérieur du bureau des aurors, et en un rien de temps, elle est embarquée dans un ascenseur, direction l’atrium. Ses joues sont en feu, sa respiration saccadée. Jackson et les autres la forcent à atteindre les cheminées, devant plusieurs regards surpris de membres du ministère et de visiteurs.
Amelia n’avait jamais connu un départ forcé par poudre de cheminette, mais quand elle atterrit lourdement sur l’herbe mouillée, elle a l’impression que tout son corps est paralysé. Elle reste de longues secondes à terre, incapable de respirer correctement, avec des larmes au coin des yeux avant de se relever difficilement, la rage au ventre. Quand elle se rend compte que c’est Storm’s End qui se dresse devant elle, elle pousse un cri de rage et de désespoir à la fois, c’en est presque un rire jaune. Elle trébuche un peu en courant vers la porte de la cuisine, et pénètre dans la pièce comme une tempête. Sans vraiment réfléchir, elle avance vers les plans de travail, et commence à les débarrasser avec rage de tout ce qui passe entre ses mains. Elle fait un boucan monstre, mais ne contrôle plus vraiment ce qu’elle est en train de faire. Elle a juste envie de tout casser, de s’arracher ce coeur qui bat trop vite et ce n’est que quand June arrive et la tire en arrière qu’Amelia retrouve un semblant de raison. Sans affronter le regard de la rousse, elle se laisse glisser contre l’îlot central, le visage ravagé de larmes.

Et il y a son coeur qui s’emballe. Elle essaie de respirer correctement, mais plus les secondes passent, plus l’attente se fait lourde, plus elle a l’impression que ça devient compliqué.
Elle essaie de penser à d’autres choses. Les rapports de mission qu’elle doit remplir demain, entre autres. Elle ne sait même pas pourquoi elle a besoin de ça maintenant. Mais ça l’aide à garder un minimum le contrôle de ses émotions qui partent un peu dans tous les sens.
Ils ne se sont pas vus depuis un mois, mais Amelia a déjà l’impression que ça fait des années. C’est pour ça qu’elle doit trouver une solution. Qu’elle essaie de trouver une solution. Elle pense à des moyens de faire tomber la décision des juges un peu tout le temps, même quand elle devrait se concentrer sur d’autres choses. Édouard n’aimerait pas ça, et c’est la raison pour laquelle elle a décidé qu’elle ferait de son mieux pour qu’il ne remarque pas. Elle sait très bien ce qu’il voudrait. Mais elle est bien incapable de suivre les demandes silencieuses qu’il lui a faites le jour du procès. Comment pourrait-elle ? Alors oui, elle a eu des contacts avec sa famille. Ça, elle l’a fait. Oui, elle a gardé un oeil sur le pack, même si Rohan ne rend pas les choses faciles. Elle continue à ouvrir et fermer les volets de sa chambre à Storm’s End comme s’il était là, aussi. Mais le reste… Le reste ? Elle a presque envie de rire tant ça lui paraît absurde.

Elle a l’impression que ça fait une éternité qu’elle attend quand il entre dans la pièce, et tout de suite, toute l’atmosphère change. Amelia en est bien consciente, et ça la paralyse un peu. Elle l’observe de haut en bas, ses yeux s’accrochent à tous les détails, à toutes les familiarités. Mais aussi aux petites nouveautés, que d’autres n’auraient pas remarqué. Ses pieds semblent cloués au sol, et elle a un drôle de truc dans le creux du ventre.
Il lui faut quelques secondes d’une respiration un peu difficile avant de s’élancer vers lui. Elle ne sait pas vraiment si elle est prête. Alors sa main s’approche, doucement, très doucement, de son visage. Comme si elle testait la distance qui les sépare, comme si elle attendait la réponse de l’univers avant de poser ses doigts sur sa peau.
Leurs yeux se rencontrent, et elle se débarrasse des derniers centimètres qui les séparent. Un sourire vient illuminer son visage quand ils se touchent, et elle ferme les yeux. L’étau s’envole, et elle se sent débarrassée de cette impression qu’on la tire en arrière. Elle prend une grande inspiration avant de rouvrir les yeux. Elle passe ses bras autour du cou d’Eddie et ils se retrouvent joue contre joue, et les coins de leurs lèvres se frôlent. Un frisson la parcourt. Elle ferme de nouveau les yeux. « I missed you. » murmure-t-elle à son oreille, parce que rien ne lui semble plus vrai que ça en cet instant précis.

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‹ disponibilité : always.
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‹ messages : 559
‹ crédits : sweet poison, tumblr, neil gaiman.
‹ dialogues : cadetblue.


‹ liens utiles :
rolf ft. ryan gosling, astoria ft. lily collins, theodore ft. dylan o'brien, édouard ft. bob morley, neville ft. daniel sharman, elijah ft. chris evans, ambroise ft. sen mitsuji, alexander ft. alfie enoch, olivia ft. emeraude toubia, brienne ft. natalia dyer, dean ft. john boyega, gregory ft. alden ehrenreich, priscilla ft. daria sidorchuk, charles ft. james norton, hwan ft. vernon choi, jay ft. gong yoo, hiram ft. abel tesfaye, adidja ft. reece king.


‹ âge : vingt-huit
‹ occupation : à Azkaban.
‹ maison : poufsouffle
‹ scolarité : 1986 et 1993.
‹ baguette : mesure trente centimètres virgule cinq, est composée de bois de chêne et contient un crin de licorne. Elle est inflexible et rigide comme son propriétaire.
‹ gallions (ʛ) : 1378
‹ réputation : j'ai été injustement envoyé à Azkaban. Mon crime? Avoir été mordu et être devenu loup-garou.
‹ particularité : un loup-garou depuis avril 1998. Je suis en triumvirat avec Amelia Cartwright, un lien émotionnel qui nous unit et nous permet parfois de partager nos pensées.
‹ faits : je suis un loup-garou, un ancien Auror bouffé par la culpabilité d'avoir vu ma famille et mes anciens amis décimés autour de moi. J'ai été défiguré à vie par mon Créateur et je me soumettais tous les jours à un sortilège d'Illusion pour cacher les dégâts. J'ai perdu un oeil dans l'affaire. J'ai fatT partie du groupe qui a attaqué Saint-Mangouste et me suis rendu compte de l'horreur de la situation trop tard. Je suis le loup-garou qui a mordu Ginny Weasley. Je suis actuellement à Azkaban à cause de ça et de l'attentat de Saint-Mangouste, même si la rumeur est que le juge m'a plus puni pour ma nature que pour mes crimes.
‹ résidence : dans une cellule d'Azkaban, que je partage avec Aramis Lestrange.
‹ patronus : un ours
‹ épouvantard : les corps massacrés de mes proches, détruits par la Bête qui m'habite.
‹ risèd : moi tel que je l'étais avant, libre de l'influence du loup en moi.
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amelia cartwright–darkness settled around me when you left. it was as if someone had taken the light away from me. i first had to find myself once more.
C'est la pleine lune. Ce soir, c'est la pleine lune, la première qu'il passera à Azkaban. La première qu'il passera avec les runes.
C'était obligatoire, il l'a appris juste avant son transfert. C'était obligatoire, sinon, il allait être foutu en solitary pendant des semaines et des semaines et des mois et des mois et des années et des années. C'était pour son bien, qu'on lui a dit. Pour sa réinsertion.
Ça fait bien rire Édouard, cette histoire de réinsertion. Dans vingt ans, quand il sortira d'Azkaban, à quoi ça va lui servir? Il peut faire autant de sport qu'il veut, il est encore dans cette prison. Il peut voir un psychologue autant qu'il veut, il ne pipera pas un mot. On lui a même proposé une formation professionnelle pour devenir... c'était quoi, déjà? architecte sorcier? charpentier sorcier? un truc dans le genre.
Et puis les runes.
Édouard a eu l'impression qu'on les lui brûlait sur le corps. Qu'elles n'allaient jamais partir, même si on lui a promis que dans trois mois, il devrait se les faire refaire. Un maître des runes les a tracées sur son torse, son dos étant impraticable à cause des cicatrices récentes de la lune de septembre, et elles le brûlent de l'intérieur. Il comprend maintenant, et enfin, ce que Rohan a essayé de lui dire pendant des mois. Qu'on ne peut pas brider la Bête, que ce n'est jamais la bonne solution. Elle est silencieuse, maintenant, et Édouard a l'impression d'être aveugle, complètement aveugle, jeté dans un monde hostile sans outil ou arme pour se défendre ou construire quelque chose. Il n'a plus rien d'un loup; juste un semi-homme. On a levé les sortilèges de son visage, son oeil aveugle au milieu de l'amas de cicatrices; les t-shirts qu'on leur a donnés ont les manches trop courtes et on voit clairement les cicatrices, morsures et griffures et le reste, qui remontent de son coude à son épaule, à sa nuque. Il ressemble à un champ de bataille, Édouard. Il a toujours ressemblé à un champ de bataille.
Mais là, il se fait l'impression d'être un chien, pas un loup, un chien, oublié dans sa niche, à tourner en rond.

Sans compter que la plupart des autres prisonniers font partie de l'autre camp.
On l'a menacé tellement de fois de le mettre en solitary, cellule vide et nue et incapacité de sortir pendant 23h tous les jours, que les mots n'ont plus de sens à ses oreilles. La seule chose qui le fait tenir, c'est le fait qu'il va recevoir une visite, ce six février. Et il n'a même pas besoin de savoir qui va le visiter, parce que grâce à leur Lien, il connait la moindre des pensées d'Amelia.
La distance est terrible, la mer cruelle entourant Azkaban dérègle souvent le Lien établi par le Triumvirat: c'est comme des interférences sur un canal radio, il peut entendre sans comprendre, sans décrypter. Il entend ses pensées et ses émotions. Il la connait par coeur. Elle arrive.
Il aurait envie de lui dire de ne pas venir. C'est un jour de pleine lune, aujourd'hui. Il n'a pas réussi à dormir. Il n'a pas réussi à rester éveillé pleinement non plus. Il est un peu dans un entre-deux, anesthésié, éloigné du monde. Perdu. Complètement, misérablement perdu.

Jusqu'à ce qu'il la voie, bien évidemment. La bulle dans laquelle elle l'attend, étrangement, a empêché le Triumvirat de passer et il pensait qu'il était le premier à arriver; si il avait su qu'elle était là, il se serait préparé. Mais non, ça le prend tout à fait au dépourvu de voir Amelia. Un mois, un mois, un mois. Autant dire une éternité; autant dire une seconde, lui semble-t-il, quand elle se lève abruptement et se précipite vers lui.
Misérablement perdu; et puis, il retrouve sa place, en refermant ses bras autour d'elle, la serrant contre lui avec une force presque désespérée, son coeur s'emballant un peu malgré lui quand leurs bouches sont si proches. Elle pose sa joue contre la sienne, celle qui n'est pas ravagée. En un mois, il a appris à supporter les regards des autres sur son visage. Plus ou moins. De toutes manières, Amelia ne l'a jamais regardé comme ça. Comme si il était un monstre.
« I missed you. » Elle ne le déteste pas. Après ce qu'il a fait la dernière fois, il s'attendait à ce qu'elle le déteste, ardemment, qu'elle refuse de le voir. Il repousse rapidement ces pensées: il n'a pas envie qu'elle les entende par inadvertance. Il n'a pas envie qu'elle sache pour le noeud dans son estomac, la douleur dans sa poitrine, le vide derrière ses yeux, quand il pense à elle, quand il pense à leur bai- “ Me too, ” marmonne-t-il en retour, d'un ton bourru, en se détachant un peu. Il pose ses mains sur ses épaules, pour la tenir à distance et l'observer, avant qu'elles ne viennent doucement entourer son visage. Puis il se fend d'un sourire. Le sourire fait plisser la peau, barre son visage d'un air étrange; les chairs laminées se tordent et tirent et il les ignore. “ You look like shit, ” lui dit-il simplement, avant de l'attirer de nouveau contre lui un bref instant, la laissant seulement partir quand il s'est suffisamment rappelé combien il aimait son shampoing, combien ça lui faisait autant mal que du bien de la voir, l'avoir, là, juste là.

Finalement ils se séparent, et il a l'impression qu'on lui déchire chaque centimètre de peau qui l'a jamais touchée (ses lèvres, ses lèvres, ses lèvres). “ Tell me I'm MSN famous or else, ” lui demande-t-il, faisant écho à leur dernière rencontre... enfin, le début de leur dernière rencontre. Pas la fin. Pas le bai- “ Honestly? If I'm not MSN famous by now, I assume it's your fault and you're removed from my will.

• • •

There are a hundred things he has tried to chase away the things he won't remember and that he can't even let himself think about because that's when the birds scream and the worms crawl and somewhere in his mind it's always raining a slow and endless drizzle.
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Amelia sent quelque chose qui ressemble à de la surprise chez Édouard, quand ils s’étreignent. Elle ne sait pas trop comment l’interpréter. Est-ce que c’est positif ? Est-ce que c’est négatif ? Elle se doute que ce n’est pas parce qu’il s’attendait à voir quelqu’un d’autre. Grâce à leur lien, il sait sûrement depuis des jours qu’elle voulait être la première à le voir. Qu’elle en avait besoin. Il y a d’autres potentielles raisons à sa surprise, mais Amelia n’a pas le temps de les lister, et elle n’en a pas vraiment envie, de toute manière. Elle préfère s’accrocher un peu plus, comme s’ils pouvaient fusionner dans cette étreinte. Parfois, elle a vraiment l’impression que c’est possible.
« Me too, » Il se détache un peu, et la prend par les épaules comme pour mieux l’observer. Elle ne se gêne pas pour faire de même. Il y a une vraie familiarité dans sa gueule cassée. Amelia a connu Eddie avant qu’il écope de ces cicatrices et de cet oeil crevé, on pourrait croire qu’elle a eu du mal à se faire à ce nouveau visage. Mais non. Peut-être que parce que malgré le fait que leurs moments de complicité heureuse aient été plus nombreux avant l’accident, les moments plus intimes, plus marquants ont eu lieu après. C’est toujours ce visage qu’elle a connu dans les moments de Silence. Amelia remarque également que les vêtements qu’ils donnent ici ne lui permettent pas de cacher toutes les cicatrices qu’il a sur le bras et dans le cou. Elle se doute qu’il n’apprécie pas l’obligation de les porter à la vue de tous vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
Édouard pose ses mains sur son visage, et Amelia sourit, en baissant un peu les yeux. Elle se sent comme une gamine, un peu débile. « You look like shit, » finit-il par lancer avant de l’attirer une nouvelle fois contre lui, tandis qu’elle répond : « Oh please! » avec un petit rire qui a des accents de sanglot. Elle a envie de rire, et elle a envie de pleurer en même temps. De joie, de tristesse ? Elle n’en a pas la moindre idée, à vrai dire. Elle ferme une nouvelle fois les yeux et resserre un peu plus l’emprise de ses doigts sur son épaule et dans sa nuque. C’est tellement bien, tellement bon de l’avoir là, elle a presque l’impression qu’elle est en train de l’imaginer. Comme elle l’a fait tous les jours depuis qu’on l’a condamné injustement.
« Tell me I'm MSN famous or else » fait-il quand ils se détachent pour la seconde fois. Amelia lève les yeux au ciel. Elle se rappelle très bien qu’il lui a déjà évoqué MSN et sa popularité. Comment pourrait-elle oublier ? Ils ont échangé si peu de mots ce jour-là qu’elle a gravé chacun d’eux en elle. Tout comme ce qui est arrivé après les mots. « Honestly? If I'm not MSN famous by now, I assume it's your fault and you're removed from my will. » Amelia prend un air intéressé. « At least that means I’m on it. » Elle hausse les sourcils en le regardant. « I hope you put good things under my name. Not something like that stupid plane which keeps falling from the ceiling. » Il sait très bien duquel elle parle. Cette foutue maquette des années quarante lui est tombé trois fois sur la tête alors qu’ils étaient tranquillement en train de lire ou de jouer. Elle l’a menacé de le réduire en cendres s’il ne le bougeait pas de place. Maintenant qu’Eddie n’est plus là, elle refuse de le mettre ailleurs, pourtant.
« Well… I wouldn’t say famous, but you’re not a normal guy anymore, for sure. » déclare-t-elle. « After the trial, many people raised their voices to say they were not ok with what happened. The debate has not stopped since. » Et c’est la vérité. Le premier à avoir réagi a été Aaron, avec un message particulièrement marquant, et manquant cruellement de subtilité. Mais bon, ça a au moins eu l’avantage de créer une vague de protestations. « There’s also a petition-- Wait, forget it, now you’re gonna think you’re the king of the world. » se moque-t-elle gentiment. « I haven’t signed it, of course. » fait-elle en lui lançant un regard, feignant l’indifférence. « I’ve been wanting to get rid of you for what… Years? » Elle soupire. « Now that I’ve succeeded… »
Au fond, elle n’arrive pas à se faire à l’idée qu’il sera là vingt ans. C’est impossible. Elle réagit, pense, vit toujours comme si c’était temporaire, et que d’une manière ou d’une autre, Édouard allait lui revenir, dans un futur très proche. Elle l’observe, le sourire aux lèvres, de haut en bas, et son sourire s’étiole quand elle se rend compte qu’elle est un peu trop consciente d’à quel point ce t-shirt épouse les formes de son torse. Elle détourne un peu les yeux, essayant de faire comme si de rien n’était.

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rolf ft. ryan gosling, astoria ft. lily collins, theodore ft. dylan o'brien, édouard ft. bob morley, neville ft. daniel sharman, elijah ft. chris evans, ambroise ft. sen mitsuji, alexander ft. alfie enoch, olivia ft. emeraude toubia, brienne ft. natalia dyer, dean ft. john boyega, gregory ft. alden ehrenreich, priscilla ft. daria sidorchuk, charles ft. james norton, hwan ft. vernon choi, jay ft. gong yoo, hiram ft. abel tesfaye, adidja ft. reece king.


‹ âge : vingt-huit
‹ occupation : à Azkaban.
‹ maison : poufsouffle
‹ scolarité : 1986 et 1993.
‹ baguette : mesure trente centimètres virgule cinq, est composée de bois de chêne et contient un crin de licorne. Elle est inflexible et rigide comme son propriétaire.
‹ gallions (ʛ) : 1378
‹ réputation : j'ai été injustement envoyé à Azkaban. Mon crime? Avoir été mordu et être devenu loup-garou.
‹ particularité : un loup-garou depuis avril 1998. Je suis en triumvirat avec Amelia Cartwright, un lien émotionnel qui nous unit et nous permet parfois de partager nos pensées.
‹ faits : je suis un loup-garou, un ancien Auror bouffé par la culpabilité d'avoir vu ma famille et mes anciens amis décimés autour de moi. J'ai été défiguré à vie par mon Créateur et je me soumettais tous les jours à un sortilège d'Illusion pour cacher les dégâts. J'ai perdu un oeil dans l'affaire. J'ai fatT partie du groupe qui a attaqué Saint-Mangouste et me suis rendu compte de l'horreur de la situation trop tard. Je suis le loup-garou qui a mordu Ginny Weasley. Je suis actuellement à Azkaban à cause de ça et de l'attentat de Saint-Mangouste, même si la rumeur est que le juge m'a plus puni pour ma nature que pour mes crimes.
‹ résidence : dans une cellule d'Azkaban, que je partage avec Aramis Lestrange.
‹ patronus : un ours
‹ épouvantard : les corps massacrés de mes proches, détruits par la Bête qui m'habite.
‹ risèd : moi tel que je l'étais avant, libre de l'influence du loup en moi.
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Elle a envie de rire et de pleurer en même temps et lui aussi, et il se demande comment c'est possible. D'être si heureux de la revoir, et si triste à la fois. Évidemment, ils n'ont aucun mal à retourner à leurs vieilles habitudes, à se charrier et à dire de la merde pour pas parler de ce qui cloche vraiment chez eux. Ils sont bons à ça, Starsky et Hutch, dire de la merde pour pas que l'autre sache qu'ils souffrent, ou qu'ils sont tristes. Sauf que ça fonctionne plus trop avec leur Lien. « At least that means I’m on it. » Il hausse les épaules, avec un petit sourire en coin. Bien sûr qu'elle y est. « I hope you put good things under my name. Not something like that stupid plane which keeps falling from the ceiling. Oh fuck off. ” Il roule les yeux au ciel. La passion plutôt étrange pour la Seconde Guerre Mondiale d'Édouard, et sa collection de maquettes d'avion, ont toujours rendue Amelia... pas curieuse, mais presque. Plus judgemental qu'autre chose, ceci dit. “ Of course ye're on my will. How else would I get rid of those stupid ass snow globes if ye wernae? ” Il lui adresse un sourire moqueur, qui découvre un peu les dents; un sourire de con, qui va plus trop sur son visage déchiré, fatigué. Le genre de sourire qu'il avait avant, avant la Guerre, l'Accident, avant qu'ils se déchirent mutuellement. Ces putains de boules à neige... elle lui en envoyait tout le temps, et ça le faisait chier, il avait dû monter une étagère pour toutes les faire tenir au bout d'un moment. Évidemment, il prétendait qu'il les détestait, ces putains de boules de neige. Mais évidemment, personne n'avait le droit d'y toucher sauf lui. Et maintenant, il l'emporte partout où il va, la boule de neige: il en a tatoué une sur son bras. C'est tellement stupide.
Il ne lui dit pas, ensuite, qu'elle est littéralement partout dans son testament. Storm's End, l'appartement de Londres duquel il n'a toujours pas déménagé, le trust fund de sa mère à son nom. Tout. Si il crève entre ces quatre murs, elle l'apprendra bien assez tôt de toute façon.

Elle revient sur MSN et le sourire d'Édouard s'évanouit un peu. C'est un sourire presque indulgent, distrait; non pas que le monde extérieur ne l'intéresse plus, mais il n'a pas l'impression de faire partie de ce monde. Ils sont bien isolés, dans cette prison: pour un peu plus, il pourrait presque penser que la Terre a cessé de tourner, si ce n'était pas pour le Triumvirat qui l'unit à Amelia, qui lui rappelle qu'elle a sa vie de tous les jours, son métier d'Auror. « Well… I wouldn’t say famous, but you’re not a normal guy anymore, for sure. » Il arque un sourcil. Il n'est pas un normal guy depuis bien longtemps, lui semble-t-il, mais il comprend ce qu'elle veut dire. « After the trial, many people raised their voices to say they were not ok with what happened. The debate has not stopped since. » Il est sincèrement surpris. Il pensait qu'on allait le laisser pourrir ici, l'oublier, qu'il n'y aurait qu'Amelia, éventuellement le reste de la Meute, pour se souvenir de lui. Il ne mérite pas qu'on se souvienne de lui. Penny, Derek...
« There’s also a petition-- Wait, forget it, now you’re gonna think you’re the king of the world. » Et juste comme ça, il ravale sa tristesse et sa douleur, et lui resserre une nouvelle fois son sourire de con. “ Did ye sign it? I haven’t signed it, of course. Tsk.I’ve been wanting to get rid of you for what… Years? Now that I’ve succeeded… » Il comprend le sentiment, sincèrement. Si il avait été elle, si il avait été celle qui se fait détruire, repousser, saboter par lui, à chaque fois, à chaque instant, il n'aurait pas signé non plus. Il a le talent pour ça, Édouard. Détruire les choses et les gens autour de lui. Les tuer.

Cette pensée le fait froncer les sourcils et le sourire retombe, plutôt brutalement, comme un rideau se fermerait sur scène, brutalement, en plein milieu du premier acte d'une pièce. Il se détourne un peu, une expression indéchiffrable entre culpabilité et colère s'inscrivant sur son visage avant qu'il ne le détourne pour pas qu'Amelia puisse la lire. Inutile: elle a le Lien pour ça. “ My Da and his wife... did they... did they... ” Sont-ils revenus? Savent-ils? Que Penny et Derek sont morts à cause de lui? Qu'il n'a pas pu les sauver, comme il le leur avait promis en les laissant partir avec les Pacifistes pour la France? Et sa mère? Sait-elle ce que son fils adoré est devenu?
Édouard regarde les vagues, discernables à travers la consistance laiteuse de la bulle, qui s'échinent inlassablement sur la passerelle. Il repense à leur conversation de la dernière fois. Aux promesses qu'il l'a forcée à faire.
À leur baiser. Il sait qu'elle sait ce à quoi il pense: ça doit se lire dans leur Lien, et puis il sent sa gêne et sa timidité et sa curiosité quand lui-même laisse fleurir en lui le sentiment arrache-tripes tant embarrassant que... que... “ Am sorry, ” dit-il abruptement, avant qu'elle ait eu le temps de répondre. Il n'est pas sûr de vouloir la réponse, tous comptes faits, et il est sûr que sa famille lui écrira... ou viendra le voir, sans doute. “ About — ye know. Last time. ” Il lui jette un regard par-dessus son épaule, son sourire de con sur les lèvres, en raisonnant qu'entre meilleurs amis, on se dit tout, même les trucs qui vous arrachent les tripes et qui vous gênent et qui sont mal. “ Ah guess I panicked thinking I'd never be able to kiss a pretty girl again for the next twenty years and here ye were. ” Ils savent tous les deux que le baiser était plus que ça pour lui.
Il sait aussi que ce ne sera jamais grand-chose d'autre qu'un baiser volé. “ Not that I find ye pretty or anything, uh. But like, ye know. I was pretty in shock after being sentenced to two decades of jailtime, my vision was blurry and yer crusty ass was right there so... ” Il sourit toujours, moqueur, voulant qu'elle en fasse de même, s'il te plaît Amelia, joue au jeu auquel on joue constamment. Celui où on se fout de la gueule de l'un de l'autre pour pas parler de ce qu'il se passe vraiment dans nos têtes.

Spoiler:
 

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There are a hundred things he has tried to chase away the things he won't remember and that he can't even let himself think about because that's when the birds scream and the worms crawl and somewhere in his mind it's always raining a slow and endless drizzle.
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HERO • we saved the world
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‹ inscription : 31/05/2016
‹ messages : 723
‹ crédits : SHIYA. EXCEPTION POUR LA SIGNA.
‹ dialogues : #indianred.


‹ âge : VINGT-HUIT ANS
‹ occupation : AUROR.
‹ maison : GRYFFONDOR
‹ scolarité : 1987 et 1994.
‹ baguette : 30 centimètres, bois de noisetier, crin de sombral.
‹ gallions (ʛ) : 1568
‹ réputation : on dit d'elle qu'elle est loyale et intransigeante + on la trouve parfois désagréable, mais c'est juste parce qu'on la connaît mal et qu'elle n'est pas très avenante au premier abord + elle est une auror brillante et fonceuse + on la sait proche de la cause des loups-garous. on a du mal à comprendre pourquoi elle a fait le choix de se lier par triumvirat à un loup-garou.
‹ particularité : animagus en formation + son animal est un ours brun massif.
‹ faits : amelia a fait sa formation d'auror avec un an d'avance + quand le lord est arrivé au pouvoir, elle est restée, en pensant que ça n'allait pas durer + coincée et surveillée, elle prétendu être à ses côtés + c'est lors de la vente aux enchères des rebuts (2001) qu'elle arrive à fuir sans se faire remarquer et à échapper à la surveillance des mangemorts + elle passe deux ans à fuir, en solitaire, une situation qui l'a rendue plus sauvage et froide + elle a rejoint les insurgés en 2003 et a mené de nombreuses missions pour eux, forte de sa formation et de son expérience d'auror + elle a participé à la grande bataille de décembre 2003 + pendant les combats, elle a choisi d'être liée par triumvirat à édouard douglas afin de lui sauver la vie in extremis. ils ont failli ne pas s'en sortir + elle s'est battue contre le gouvernement intérimaire mis en place après la guerre, qui a injustement envoyé édouard en prison pour en faire un exemple, et a participé à faire échapper plusieurs criminels injustement jugés de la prison d'azkaban + elle a repris son poste d'auror après la guerre.
‹ résidence : entre son appartement du londres sorcier et storm's end.
‹ patronus : UN RENARD
‹ épouvantard : perdre les membres du pack. surtout perdre eddie.
‹ risèd : UNE SOIRÉE HEUREUSE ENTRE AMIS.
Voir le profil de l'utilisateur http://www.smoking-ruins.com/t4645-amelia-can-anybody-save-me-no
« Of course ye're on my will. How else would I get rid of those stupid ass snow globes if ye wernae? » Amelia lève les yeux au ciel. Bien sûr, les boules à neige. Le pire, c’est qu’au début, elle lui en a offert purement pour l’embêter. Elle trouvait ça tellement kitsch et ridicule... Elle ne sait pas vraiment à partir de quand c’est devenu une tradition, à partir de quand c’est devenu quelque chose de sérieux au point qu’Édouard se fasse tatouer une boule à neige sur le corps. En tous cas, elle ne sait pas très bien ce qu’elle ferait de sa collection. Elle serait sûrement trop difficile à regarder. Amelia ne répond rien aux provocations d’Eddie, elle sait très bien qu’au fond, il les aime bien, ces boules à neige. Il soupire toujours quand elle lui en offre une, il se plaint toujours de ne plus avoir de place sur l’étagère qui leur est réservée, et pourtant, il n’en a jamais jeté une seule, même quand les loups qui sont passés par là pendant la guerre se sont foutus de sa gueule.
Et puis, au fait, pourquoi ils parlent de testament, hein ?
C’est inutile de parler de testament, parce qu’Édouard ne va pas mourir. Et elle non plus. Et si leur visite ressemblaient toujours à des adieux, comme ça ? Amelia ne va pas le supporter. Hors de question qu’elle laisse ça arriver. Elle se promet qu’elle ne reparlera pas de testament avant un bon moment, parce que ça la déprime (comme si elle n’était pas déjà assez déprimée), même quand c’est sur le ton de la rigolade.
Il vaut mieux lui parler de ce qui se passe à l’extérieur. Elle évoque la mobilisation sur les réseaux sociaux, sans pour autant donner tous les détails. Ce serait trop long à expliquer, et très clairement, elle ne sait pas si elle a envie de gâcher le peu de temps qu’elle a avec lui à parler des autres, de l’extérieur. En fait, elle ne sait pas vraiment de quoi elle a envie de parler. Elle a été obsédée par cette visite mais au fond, qu’est-ce qu’elle peut lui dire qui ne revienne pas à marcher sur des braises ? Elle a envie de lui parler de certaines choses, mais ce sont des choses trop sérieuses, trop profondes pour le peu de temps qu’ils ont ensemble. Elle refuse qu’il se quittent aujourd’hui sur une note négative, ou gênante. Si elle avait le choix, elle refuserait tout simplement qu’ils se quittent, honnêtement.
Elle se sent comme sur une pente vertigineuse quand Édouard change d’expression, et se demande si elle a bien fait de dire ce qu’elle a dit. Peut-il avoir vraiment pris au sérieux le fait qu’elle dise qu’elle est heureuse de s’être débarrassée de lui ? Impossible. C’est autre chose, il le faut. Elle n’a pas bravé la mort pour quelqu’un dont elle aurait préféré se débarrasser. Il le sait, il le sent, il a toujours su que malgré ses blagues, elle ne se serait éloignée de lui pour rien au monde. Eddie se détourne un peu, fait face à la bulle et aux vagues, et Amelia est submergée par ses émotions. « My Da and his wife... did they... did they... » Amelia pince les lèvres. Elle ne sait pas trop quoi répondre à ça. Ils la connaissent, mais depuis qu’Édouard a été enfermé, ils n’ont pas pris contact avec elle, et elle n’a pas osé faire un pas vers eux. Elle ne se sent pas légitime. Pourtant, elle est de loin la personne la plus proche d’Eddie. Mais elle ne s’est jamais sentie légitime. Elle connaît mal les membres de sa famille, les seuls avec qui elle avait un lien digne de ce nom ne sont plus de ce monde. Elle aurait imaginé qu’ils auraient écrit à leur fils, quelque chose comme ça. Apparemment non. Ça l’attriste un peu. Elle n’a même pas eu à se battre pour être la première à lui rendre visite. Elle aurait aimé que la famille d’Eddie se manifeste. Une part d’elle espère que c’est parce qu’ils ne sont pas au courant - même si c’est presque impossible, puisque sa situation a fait le tour des journaux, et pas seulement au Royaume-Uni. Il y a forcément une explication.
Elle essaie de chercher les meilleurs mots pour répondre, mais avant qu’elle ait pu formuler quelque chose dans sa tête qui pourrait éviter à Édouard de souffrir, elle est coupée court par des pensées d’Eddie qui traversent son esprit à elle aussi. Elle se raidit un peu, baisse les yeux par terre en sentant l’électricité qui s’empare de sa poitrine. C’est un peu égoïste, mais la famille d’Édouard a complètement disparu de ses pensées, maintenant accaparée par un seul sujet qu’elle sent qu’il va mettre sur la table. Bordel. « Am sorry, » Il s’est déjà excusé. Elle s’en souvient très bien. Elle se souvient aussi ne pas avoir eu besoin d’excuses. Et elle en a encore moins besoin maintenant. « About — ye know. Last time. » Il la regarde avec un sourire aux coins des lèvres. « Ah guess I panicked thinking I'd never be able to kiss a pretty girl again for the next twenty years and here ye were. »
Oh. Elle ne s’attendait pas à ça. « Not that I find ye pretty or anything, uh. But like, ye know. I was pretty in shock after being sentenced to two decades of jailtime, my vision was blurry and yer crusty ass was right there so... » Il a pris cet air qu’il prend tout le temps quand ils plaisantent, et elle a vraiment, vraiment envie d’esquisser un sourire et de jouer à son jeu, mais y’a comme un truc qui la cloue sur place et empêche ses lèvres de s’étirer.
Et là, le premier truc qu’elle pense (et ça la surprend elle-même, parce que jamais, ô grand jamais elle n’a pensé ces mots auparavant, jamais elle n’aurait assumé de même penser ça) c’est : Et ce baiser, tu crois que je te l’ai rendu pourquoi ? Par charité ?. Immédiatement, elle envoie ces mots insensés s’échouer violemment dans un coin de sa tête, et les enferme à double tour.
Elle ne comprend pas.
C’était soudain, oui. Inattendu, oui. Mais meaningless... Elle n’avait pas vu comme ça. Amelia est étrangement blessée par ce qu’elle vient d’entendre. Elle ne devrait pas. Vraiment pas. Mais elle est blessée. Elle se sent inconfortable dans son propre corps et pour masquer tout ça, elle fait quelques pas vers la petite table qui est installée au fond de la pièce, prend place sur l’une des chaises, et se relève comme si elle était brûlante. « Don’t worry. » Elle ne sait pas quoi dire d’autre. Vraiment pas. « It’s not a big deal. » Elle croise les bras devant sa poitrine, hausse les épaules, et n’arrive toujours pas à lui rendre son sourire un peu moqueur.
Not a big deal. Elle n’a pas du tout passé des jours et des jours à y penser. Elle n’a pas du tout revu la scène dans son sommeil. Elle n’a pas du tout été complètement stoppée dans ses tâches quotidiennes parce que le souvenir des lèvres d’Édouard sur les siennes la paralysait complètement. Elle n’a pas du tout été incapable de faire un pas vers Meera, avec qui l’attirance physique subsiste, à cause de ça. Ça n’a pas bouleversé complètement sa vie autant que l’enfermement d’Eddie. Non, non, non. Pourquoi est-ce qu’elle se sent blessée comme ça ? Pourquoi ces pensées font-elles surface maintenant, ces pensées qui n’ont jusqu’alors habité que son subconscient, hein ? Pourquoi elle se sent en colère ? Elle oublie presque le triumvirat, qui est susceptible de rendre ses émotions aussi claires que de l’eau de roche.
Elle a l’impression que quelque chose s’est brisé.
Elle reprend contenance et feint un sourire avant de se rapprocher un peu d’Édouard, toujours face aux vagues, comme si de rien n’était. « June told me she would come to see you in a few weeks. » C’est le seul truc qu’elle a trouvé pour changer de sujet. « Don’t worry, we’re taking care of Storm’s End. » Les mots lui semblent fades. Elle fait purement la conversation. Depuis quand fait-elle purement la conversation avec Édouard ? « Are you getting used to your cellmates ? Do they give you enough to eat here ? »
Elle a attendu ce jour, elle l’a attendu. Et maintenant elle a envie de partir en courant.

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PRISONERS • bloodstains on the carpet
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‹ âge : vingt-huit
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‹ particularité : un loup-garou depuis avril 1998. Je suis en triumvirat avec Amelia Cartwright, un lien émotionnel qui nous unit et nous permet parfois de partager nos pensées.
‹ faits : je suis un loup-garou, un ancien Auror bouffé par la culpabilité d'avoir vu ma famille et mes anciens amis décimés autour de moi. J'ai été défiguré à vie par mon Créateur et je me soumettais tous les jours à un sortilège d'Illusion pour cacher les dégâts. J'ai perdu un oeil dans l'affaire. J'ai fatT partie du groupe qui a attaqué Saint-Mangouste et me suis rendu compte de l'horreur de la situation trop tard. Je suis le loup-garou qui a mordu Ginny Weasley. Je suis actuellement à Azkaban à cause de ça et de l'attentat de Saint-Mangouste, même si la rumeur est que le juge m'a plus puni pour ma nature que pour mes crimes.
‹ résidence : dans une cellule d'Azkaban, que je partage avec Aramis Lestrange.
‹ patronus : un ours
‹ épouvantard : les corps massacrés de mes proches, détruits par la Bête qui m'habite.
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« Don’t worry. It’s not a big deal. » L'entendre dire fait plus mal que prévu; il n'était pas prêt pour ça et pour masquer sa gêne, détourne le visage et fait craquer sa nuque, se tournant pour lui faire face en passant nerveusement sa main dans ses cheveux, essayant pitoyablement de les rassembler en quelque chose qui ressemble à une vraie coupe de cheveux. L'entendre dire fait plus mal que prévu, même si il a senti les étranges émotions qui ont traversées Amelia à la vitesse de l'éclair. Il devrait s'expliquer. Édouard sait qu'il devrait s'expliquer, explorer de rire ou peut-être rester sérieux, lui dire que non, non, ce n'était pas meaningless, qu'entre eux, le meaningless n'existe pas et n'a jamais existé, qu'ils ont grandi l'un avec l'autre, l'un autour de l'autre, comme deux arbres qui ont poussé côte à côte et dont les racines se sont entremêlées; il n'y a rien de meaningless et d'inconséquent entre eux, il n'y a rien d'irréfléchi et il n'y a rien, rien qui n'a pas de sens.
Mais une petite voix lui rappelle que c'est mieux ainsi. Parce qu'il aurait pu se battre, et lui dire qu'il veut recommencer, et que ça voulait dire quelque chose pour lui, que ça voulait tout dire pour lui; et ça pour quoi? Pour qu'ils passent vingt ans malheureux et séparés, loin des yeux loin d coeur? Tout ça pour souffrir, aussi, de sa réaction, parce qu'Amelia n'a jamais fait secret du fait qu'elle aime les femmes, seulement les femmes, et il n'est pas une femme. Et peut-être qu'elle a répondu à son baiser, mais peut-être qu'ils étaient juste désespérés et stupides, et que ça voulait dire qu'ils voulaient pas se laisser partir, rien d'autre.
Peut-être, peut-être, peut-être; les doutes le hantent et il les repousse, non sans mal, dans un coin de ses pensées où elle ne pourra pas venir, utilisant les rudiments d'occlumencie appris lors de sa formation d'Auror pour garder ses émotions sur le point d'exploser pour lui.

Ils sont agités, en feu; ils bougent en même temps, l'un vers l'autre puis dans des directions opposées, multipliant les petits gestes nerveux, Édouard qui s'appuie sur le dossier d'une chaise et laisse ses doigts taper la mesure, qui change de pied d'appui, qui détourne les yeux pour mieux les vriller sur elle une second plus tard, qui se mord la lèvre, pince des lèvres, froisse le nez, fronce les sourcils. Il a le diable au corps, son épiderme qui vibre, chaque iota de son corps qui appelle celui d'Amelia, qui veut se faire pardonner, se faire comprendre, qu'ils en rient plutôt qu'ils s'accablent; mais il reste silencieux comme la Mort, l'observant sans la regarder. Finalement, il retourne pour être face aux vagues, incapable de supporter de l'avoir dans son champ de vision parce qu'il ne peut pas pleinement la regarder, tremblant du bout des doigts et les coinçant entre ses côtes et ses biceps en croisant de nouveau les bras; il lui laisse la possibilité de reprendre ou de partir, s'il le faut, quitte à se revoir à une prochaine visite et où ils feront semblant de rien.

Ils aiment bien quand ils font semblant de rien, parce qu'ils sont très mauvais pour le faire, et que ça devient presque une blague entre eux. Il peut lire en elle comme dans un livre ouvert, et elle pareil. À quoi bon se mentir? À quoi bon faire semblant? Ils s'échinent pourtant, toujours en vain. « June told me she would come to see you in a few weeks. » June, June, June... il s'en fout, de June! Il veut savoir comment elle va, il veut savoir à quoi elle pense, si elle pense souvent à lui, il veut savoir comment c'est, de redevenir Auror après toutes ces années, il veut savoir comment est O'Malley, il veut qu'elle lui dise plein de trucs, sur elle, juste pour elle. “ Need me ma wee Alpha, ” marmonne-t-il simplement en commentaire, ses yeux caressant toujours les vagues qui se multiplient, se forment et s'écrasent et disparaissent à la surface de la Mer du Nord. Il a l'impression qu'il est un rocher sur lesquels les vagues se sont échinées pendant un millénaire, et qui est devenu sable, un sable rance et pernicieux qui s'infiltre partout et empoisonne tout ce qui existe. « Don’t worry, we’re taking care of Storm’s End. » Depuis quand ils font purement la conversation? Depuis quand est-ce qu'ils sont fades, stupides et des étrangers, des étrangers? Même quand il refusait de la voir, même quand ils étaient en fuite et ne se parlaient pas, même là ils n'étaient pas des étrangers, pas vraiment; ils étaient quelque chose qui n'était pas fini, qui méritait encore une rédemption, des excuses, une conversation.
Mais maintenant? Qu'ont-ils à se dire? Qu'ont-ils à faire quand il vient de faire exploser la première chance qu'il a pris avec elle depuis le jour où il s'est mis en tête de l'écraser dans toutes les catégories lors de leur formation d'Auror? « Are you getting used to your cellmates ? Do they give you enough to eat here ? »

Il respire profondément. Une fois. Deux fois. “ My cellmate is a Death Eater, that wee Lestrange boy... ye ken the one. Aramis. He's stupid and useless and a pussy and he's scared of me so it's pretty funny. ” Ça l'est vraiment pas, mais il va pas lui raconter le vide qu'il ressent, le dégoût qu'il voit (et ressent) à chaque fois qu'on le regarde, lui et ses cicatrices, là où elle a toujours été la seule à le regarder comme un humain depuis l'Accident, depuis qu'il a tout perdu du gars qu'il a été auparavant. “ And yeah, the food's not bad, nothing compared to my mac and cheese of course. I'm in a social reinsertion program, by the way. So I can get a formation and, ye know, find a job when am out of here. It's bullshit but at least they're not riding my dick all day about it. I was thinking about going back to bookshop keeping... or maybe become an History teacher or whatever... even though it didn't end pretty well with the last werewolf teacher. ” Depuis quand parle-t-il autant de trucs stupides, avec si peu de détails? Depuis quand fait-il mine d'être intéressé le small talk, les conversations vides de sens? Édouard il veut savoir des trucs vrais quand ils rencontrent quelqu'un, il veut savoir c'est quoi leur constellation préférée, leur parfum de glace favori, il veut parler politique et histoire et littérature, il veut parler de vrais trucs. Et Amelia? Amelia il sait déjà toutes ces choses sur elles; maintenant, il veut en savoir plus sur sa vie, il veut savoir si elle a résilié l'abonnement qu'il a pris au magasine moldu AVIONS DE LA WWII ou si elle garde ses maquettes ou si elle les assemble et les accroche; il veut savoir si elle a été bizutée une fois de retour en service, avec un petit délai; il veut savoir si Rose et Jackson couchent; il veut savoir si Rhaenys a fait preuve de magie; il veut savoir si Elijah et June se sont enfin embrassés; il veut savoir si Kenna se rappelle de lui et si il pense toujours que ses abdos sont en béton; il veut savoir ce qu'elle, elle pense des runes qu'on lui a mises; il veut savoir ce qu'elle pense sans le Lien; il veut savoir la première chose qu'elle voit le matin, et comment elle se débrouille quand il ne lui fait pas du bon café (le sien est dégueulasse; il veut savoir si elle poste plein de vieilles photos de lui sur MSN pour lui foutre la honte; il veut savoir... il veut tout savoir.
Elle est à côté de lui et il tourne la tête, côté oeil normal, et lui offre un petit sourire. “ What about ye? How's life?

Il se déteste. Ce sentiment, qui n'a pas quitté ses entrailles depuis des années, le prend comme un relent de nausée. Il se déteste tellement, en cet instant précis, qu'il a à peine le temps de mettre l'émotion en bouteille pour pas qu'elle n'y accède; il détourne les yeux, vite vite vite, en explorant de son côté leur Lien, curieux et inquisiteur, détruit et en train de se détruire.

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‹ réputation : on dit d'elle qu'elle est loyale et intransigeante + on la trouve parfois désagréable, mais c'est juste parce qu'on la connaît mal et qu'elle n'est pas très avenante au premier abord + elle est une auror brillante et fonceuse + on la sait proche de la cause des loups-garous. on a du mal à comprendre pourquoi elle a fait le choix de se lier par triumvirat à un loup-garou.
‹ particularité : animagus en formation + son animal est un ours brun massif.
‹ faits : amelia a fait sa formation d'auror avec un an d'avance + quand le lord est arrivé au pouvoir, elle est restée, en pensant que ça n'allait pas durer + coincée et surveillée, elle prétendu être à ses côtés + c'est lors de la vente aux enchères des rebuts (2001) qu'elle arrive à fuir sans se faire remarquer et à échapper à la surveillance des mangemorts + elle passe deux ans à fuir, en solitaire, une situation qui l'a rendue plus sauvage et froide + elle a rejoint les insurgés en 2003 et a mené de nombreuses missions pour eux, forte de sa formation et de son expérience d'auror + elle a participé à la grande bataille de décembre 2003 + pendant les combats, elle a choisi d'être liée par triumvirat à édouard douglas afin de lui sauver la vie in extremis. ils ont failli ne pas s'en sortir + elle s'est battue contre le gouvernement intérimaire mis en place après la guerre, qui a injustement envoyé édouard en prison pour en faire un exemple, et a participé à faire échapper plusieurs criminels injustement jugés de la prison d'azkaban + elle a repris son poste d'auror après la guerre.
‹ résidence : entre son appartement du londres sorcier et storm's end.
‹ patronus : UN RENARD
‹ épouvantard : perdre les membres du pack. surtout perdre eddie.
‹ risèd : UNE SOIRÉE HEUREUSE ENTRE AMIS.
Voir le profil de l'utilisateur http://www.smoking-ruins.com/t4645-amelia-can-anybody-save-me-no
Amelia souffre beaucoup du silence qui existe souvent entre elle et les autres. Elle n’est pas la fille la plus amicale du monde, et surtout, elle n’a jamais été douée pour faire la conversation. Pour faire semblant de s’intéresser aux autres, pour trouver un sujet sur lequel converser de manière légère ou hypocrite. Depuis toujours, le silence est un ennemi qu’elle essaie de combattre, sans grand succès. Mais avec Édouard, elle ne remarque jamais le silence. Il devient presque un ami, qui s’installe confortablement entre eux lorsqu’ils sont en train de jouer à la console moldue, qu’ils lisent des livres sur le vieux canapé, ou sont assis sur des chaises devant Storm’s End, à observer l’horizon. Amelia n’a jamais eu à prétendre, à essayer de trouver quelque chose à dire pour combler un malaise, un manque. Édouard a toujours été conscient qu’elle n’était pas la plus loquace, et il l’a toujours acceptée comme ça, ne la forçant jamais à ouvrir la bouche quand il sentait qu’elle n’en avait pas envie. Il lui a toujours fait sentir que ce n’était pas grave, que c’était même normal. Qu’elle avait le droit de rester silencieuse. Finalement, le silence a autant participé à la construction de cette drôle de symbiose qu’ils ont toujours partagé que leurs conversations. Vraiment, avec lui, elle ne remarquait jamais le silence. Jusqu’à aujourd’hui. C’est étrange, parce que ça lui donne l’impression qu’Eddie est un étranger, ce soudain inconfort - mêlé à une colère sourde - alors qu’ils n’ont jamais été aussi liés que depuis qu’ils ont scellé le triumvirat et sont revenus à la vie ensemble. Amelia a peur que tout ait changé. Elle savait bien que l’enfermement d’Édouard changerait des choses, elle n’a jamais été naïve. Mais elle n’a juste pas envie que ça arrive si vite. Et surtout, elle n’a pas envie que ce soit ça qui change. Si elle perd le confort qu’elle ressent auprès de lui, alors auprès de qui ira-t-elle ?
« My cellmate is a Death Eater, that wee Lestrange boy... ye ken the one. Aramis. He's stupid and useless and a pussy and he's scared of me so it's pretty funny. » Elle est de nouveau devant la paroi de la bulle, le regard sur les vagues. Leurs corps sont bien trop éloignés l’un de l’autre pour que les choses aient l’air normales. L’espace vital n’a jamais vraiment existé entre eux, alors qu’elle a pourtant du mal à accepter la présence des autres trop près d’elle (à part bourrée) (là, elle peut devenir très affectueuse). Amelia n’aime pas tout ça. Elle n’aime pas du tout ce qui est en train de se passer, mais elle est complètement clueless, ne sait pas du tout quoi faire pour corriger tout ça. Elle a même l’impression que ce qu’elle est en train de vivre est un peu irréel. Peut-être est-ce le contexte, peut-être est-ce ce setting particulier et un peu déséquilibrant, ces vagues qui s’étendent à perte de vue et lui donnent une petite sensation de vertige. « And yeah, the food's not bad, nothing compared to my mac and cheese of course. I'm in a social reinsertion program, by the way. So I can get a formation and, ye know, find a job when am out of here. It's bullshit but at least they're not riding my dick all day about it. I was thinking about going back to bookshop keeping... or maybe become an History teacher or whatever... even though it didn't end pretty well with the last werewolf teacher. » Elle esquisse enfin un sourire sincère. Elle tourne ses prunelles claires vers le profil d’Édouard. Elle a toujours pensé qu’il ferait un bon professeur d’histoire - même si elle n’a jamais osé lui dire, trop effrayée à l’idée que ça puisse le froisser et lui rappeler comment a fini sa carrière d’auror. Mais elle repense souvent à ces nuits entières qu’elle a passé à l’écouter parler des différentes étapes de l’aviation, des guerres napoléoniennes et de la mythologie grecque. Elle a souvent fini par s’endormir, ou par lui dire qu’elle n’écoutait plus - qu’il entrait trop dans les détails. Mais pourtant, c’est toujours les détails qu’elle a préféré. Édouard prenait tant de soin à les dépeindre avec réalisme et passion qu’elle aurait pu l’écouter des heures. Et c’est dans ces moments qu’elle se posait des questions. Parce que c’était pas normal, de ressentir ça. Alors c’était plus simple de lui envoyer un oreiller dans la tête et de lui dire de se taire parce qu’elle avait envie de dormir. Tout était plus simple.
« What about ye? How's life? » Amelia inspire, tourne de nouveau les yeux vers l’extérieur. « Okay. I guess. » Elle avale sa salive - un peu difficilement. Elle ne sait pas trop ce qu’elle peut lui dire. « Things are weird at work. » Elle hausse les épaules. Est-ce qu’elle a envie de rentrer dans les détails ? Il se blâmera encore pour tout. « I have a new appartment. With Seth. » Elle n’avait pas envie de vivre seule. Seth l’a compris, même si elle ne l’a pas dit. Il a été assez intelligent pour ne pas le soulever. « Kenna lives next door. With her ten thousand one-night stands. » Elle lève les yeux au ciel. La vérité, c’est qu’elle ne voit ça qu’une ou deux fois par semaine. Elle rentre plus souvent à Storm’s End qu’à Londres. Il lui arrive même de rentrer chez elle et de transplaner au milieu de la nuit dans le lit qu’ils partageaient, avant. Ça la rassure, elle s’y sent plus chez elle.
Mais elle n’en parle pas. Elle n’est plus sûre que ça veuille dire quelque chose pour lui.
Finalement, elle baisse la voix, et murmure, observant ses chaussures : « … Meera’s back. » Elle n’a pas le courage de relever les yeux, ou même de redresser les épaules. Elle s’était promise de ne pas en parler. Parce que c’est trop compliqué, parce qu’Édouard n’a pas besoin de s’inquiéter du fait qu’elle héberge une fugitive, et surtout, parce qu’elle savait que ça rendrait les choses entre eux encore plus confuses. Après tout, Meera et elle sont restées en couple près de deux ans. Amelia ne sait pas vraiment pourquoi elle en a parlé alors qu’elle était résolue à laisser le sujet sur la touche. « She wanted shelter, I didn’t know what to do. I still don’t know what to do. » Et il n’y a personne avec qui elle peut en discuter. Elle ne se sent pas d’aborder le sujet avec June ou Elijah. Seth la soutient, no matter what. Rohan n’est pas là, alors qu’elle sait qu’il aurait été de bon conseil. Il lui manque, un peu, lui aussi - contre toute attente. « Technically, she would have more reasons to be stuck here than you. » admet-elle avec un drôle de rire. Tout ça est absurde. Elle devrait être en train de cacher Édouard, et pas son ancienne petite-amie porteuse de la marque des ténèbres. Et surtout, elle n’aurait pas dû abattre cette carte au milieu de cette conversation déjà compliquée. Bordel, qu’est-ce qu’elle essaie de faire ?
Et là, c’est le moment où elle devrait ajouter, un peu awkward, que c’est bizarre depuis qu’il n’est plus là. Qu’il lui manque, et qu’elle essaie de trouver un moyen, qu’elle se bat tous les jours pour trouver un moyen de le faire sortir qui n’inclut pas un meurtre ou un crime quelconque. C’est le moment où elle devrait lui parler de l’avion qu’elle a monté toute seule (parce qu’il était toujours dans la boîte et qu’elle ne supportait plus cette putain de boîte), et accroché au plafond de leur sa chambre. Le moment où elle devrait lui dire qu’elle lui a définitivement volé l’une de ses chemises en flanelle pour en faire un petit haut, qu’elle rentre dans son jean. Qu’elle look pretty hot in it. Elle sent une pression derrière ses yeux, et elle sait que c’est son corps qui veut pleurer - mais elle veut pas pleurer. Déjà, l’humidité dans ses yeux la trahit, et elle se détourne complètement d’Édouard. « Hey, can I buy new armchairs for the basement? I was thinking about turning it into a mini-cinema. Rhaenys loves muggle Disney movies, and nothing would please her more than seeing them in red chairs with pop-corn. She loves pop-corn. » dit-elle pour noyer le poisson, même si ses yeux sont toujours baignés de larmes débiles. Amelia pleure - ou est au bord des larmes - un peu trop depuis quelques mois, il faut vraiment que ça cesse. Ce n’est pas elle, de pleurer. Pas elle du tout. Ça ne lui ressemble pas. Elle a horreur de cette Amelia émotive qui ne. veut. pas. se. casser.

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  - I CAN HARDLY STAND MYSELF, SO WHAT AM I TO YOU? -
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PRISONERS • bloodstains on the carpet
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‹ disponibilité : always.
‹ inscription : 19/06/2016
‹ messages : 559
‹ crédits : sweet poison, tumblr, neil gaiman.
‹ dialogues : cadetblue.


‹ liens utiles :
rolf ft. ryan gosling, astoria ft. lily collins, theodore ft. dylan o'brien, édouard ft. bob morley, neville ft. daniel sharman, elijah ft. chris evans, ambroise ft. sen mitsuji, alexander ft. alfie enoch, olivia ft. emeraude toubia, brienne ft. natalia dyer, dean ft. john boyega, gregory ft. alden ehrenreich, priscilla ft. daria sidorchuk, charles ft. james norton, hwan ft. vernon choi, jay ft. gong yoo, hiram ft. abel tesfaye, adidja ft. reece king.


‹ âge : vingt-huit
‹ occupation : à Azkaban.
‹ maison : poufsouffle
‹ scolarité : 1986 et 1993.
‹ baguette : mesure trente centimètres virgule cinq, est composée de bois de chêne et contient un crin de licorne. Elle est inflexible et rigide comme son propriétaire.
‹ gallions (ʛ) : 1378
‹ réputation : j'ai été injustement envoyé à Azkaban. Mon crime? Avoir été mordu et être devenu loup-garou.
‹ particularité : un loup-garou depuis avril 1998. Je suis en triumvirat avec Amelia Cartwright, un lien émotionnel qui nous unit et nous permet parfois de partager nos pensées.
‹ faits : je suis un loup-garou, un ancien Auror bouffé par la culpabilité d'avoir vu ma famille et mes anciens amis décimés autour de moi. J'ai été défiguré à vie par mon Créateur et je me soumettais tous les jours à un sortilège d'Illusion pour cacher les dégâts. J'ai perdu un oeil dans l'affaire. J'ai fatT partie du groupe qui a attaqué Saint-Mangouste et me suis rendu compte de l'horreur de la situation trop tard. Je suis le loup-garou qui a mordu Ginny Weasley. Je suis actuellement à Azkaban à cause de ça et de l'attentat de Saint-Mangouste, même si la rumeur est que le juge m'a plus puni pour ma nature que pour mes crimes.
‹ résidence : dans une cellule d'Azkaban, que je partage avec Aramis Lestrange.
‹ patronus : un ours
‹ épouvantard : les corps massacrés de mes proches, détruits par la Bête qui m'habite.
‹ risèd : moi tel que je l'étais avant, libre de l'influence du loup en moi.
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« Okay. I guess. » Okay. Juste okay. Édouard s'était pas rendu compte jusque là à quel point il avait besoin de savoir, de connaître sa vie, de comprendre. De comprendre ce qui se passe dans sa vie mais aussi de savoir ce qui se passe là-bas, au-dehors. Les murs de sa cellule forment une cellule si petite, qu'il doit partager qui plus est; et c'est infernal, de savoir que la vie qu'il s'était promise, la vie pour laquelle il s'est battu pendant des années, espérant et espérant et espérant et manquant de crever, continue, sans lui, alors qu'il est laissé pour compte; comme lorsqu'ils étaient dans les Limbes, assis sur le quai d'une gare où un train arrive, ce putain de train arrive, mais tu sais pas si tu vas monter dedans ou pas.

Édouard a l'impression de louper tous les trains du monde, alors qu'elle lui répond qu'un okay sans détail, comme si ça n'avait aucune importance. « Things are weird at work. » Il veut lui demander si les choses sont weird à cause de son absence. Édouard n'est ni égocentrique ni prétentieux (à part quand il joue au Trivial Pursuit) mais il sait, du moins il pense savoir, que sans lui les choses doivent être étranges et nulles, tout comme elle le sont pour lui quand elle n'est pas là. « I have a new appartment. With Seth. » Seth... Édouard ne peut pas s'empêcher de sentir un élan de... de quoi, exactement?
De jalousie. Et c'est plutôt simple de se convaincre. Il jalouse leurs vies normales. Le fait qu'ils soient en colocs, qu'ils puissent sortir tous les matins, que Seth sauve des petits bébés à l'hôpital sans doute alors qu'Amelia coure après les bad guys pour les mettre aux arrêts. De la jalousie, d'être enfermé alors qu'ils sont libres, d'être ici alors qu'eux ils sont là. Édouard a toujours été très bon pour être dans le déni. Toujours très bon pour s'y enfoncer jusqu'à toucher le fond, puis se mettre à creuser pour aller plus bas encore. C'est ce qu'il fait de mieux. « Kenna lives next door. With her ten thousand one-night stands. » Amelia roule des yeux mais Édouard ne peut s'empêcher de sourire: “ classic Kenna. ” Elle lui manque, Kenna. Avec ses blagues du même niveau que les siennes, son énergie et ses rires et son sourire qui illuminerait une putain de pièce. Elle lui manque, Kenna, il lui manque, Seth, elle lui manque, Amelia, même si elle est juste là, sous ses yeux. Avec le Lien, ils n'ont jamais été aussi proches. Mais dans cette petite cellule, lui semble-t-il, où le temps s'arrête et n'appartient qu'à eux, ils n'ont jamais été aussi loin l'un de l'autre. Pourquoi-

« … Meera’s back. »

La colère monte d'un coup, comme une vague inattendue. La colère monte d'un coup et à elle s'entremêle une certaine jalousie, une vraie jalousie cette fois, qui lui pèse sur le coeur. Il n'est pas particulièrement jaloux de nature, Édouard, pour être tout à fait honnête. Mais- mais- mais- il est jaloux parce que- parce que-
Meera est une Mangemorte. Elle n'a paS LE DROIT D'ÊTRE DEHORS ALORS QUE LUI EST LÀ! IL SAIT QU'IL A FAIT DES CHOSES TERRIBLES ET STUPIDES ET QUI ONT FAIT DU MAL À BEAUCOUP DE GENS ET QUE C'ÉTait de sa faute, tout était de sa faute, c'est vrai que c'était de sa faute, sans doute qu'il mérite d'être ici, le juge l'a dit, le sorcier de l'accusation l'a dit... Ginny, Derek, Penny, c'est sa faute, sans compter tous ces gens à Saint-Mangouste... « She wanted shelter, » La mention de Meera semble réveiller sa colère, qui s'agite, en même temps qu'il sent le regret quasi-immédiat d'Amelia — elle ne voulait apparemment pas aborder le sujet, sans surprise, « I didn’t know what to do. I still don’t know what to do. » Elle voulait un refuge... comment... comment Amelia a-t-elle pu envisager une seule seconde d'héberger une Mangemorte en fuite... « Technically, she would have more reasons to be stuck here than you. » Et elle rit.

Édouard se sent devenir très immobile.

Il a toujours eu des colères explosives, ardentes, destructrices et dangereuses, le genre qui explose et qui fait du mal, beaucoup de mal, autour de soi. Le genre de colère qu'on regrette immédiatement, le genre de colère malsaine, qui va et vient en vagues. Le genre de colère sourde, aussi. Le genre de colère horrible, qu'Amelia était la seule à pouvoir calmer.
Cette fois, c'est une colère froide qui s'empare de lui. Il essaie autant qu'il peut de ne pas la laisser se déverser dans leur Lien, mais il sait que c'est quasi-impossible, pas quand l'émotion est si forte, si... intenable. Elle le définit, en cet instant précis, lui et les poings qu'il serre, lui et les ongles qui rentrent dans la peau de ses paumes, à deux doigts de traverser l'épiderme pour ramener le sang à la surface.

Il sent clairement le moment où il se déconcentre complètement, se dépersonnalise jusqu'à se perdre, entre la personne qu'il est dans son corps, et la personne qu'il est dans sa tête. Ça lui arrivait souvent, pendant la guerre. Ces moments de vide total où il était incapable de reconnaitre son reflet, où il avait peur des ombres dans les coins de sa tente, où il regardait sa main, fermait son poing, sans avoir l'impression de donner l'ordre à ses doigts de faire ça. Ça a commencé à s'espacer, puis à s'arrêter, en retrouvant Amelia, en rencontrant Rohan, en faisant... pas la paix, avec son loup, avec la Bête. Mais en commençant à supporter sa présence, à accepter son existence.
Depuis l'apposition des runes, il n'a pas eu d'épisode comme. Pas de Bête, pas de dépersonnalisation.

Mais en cet instant précis, c'est violent et soudain, il est là sans être là, Amelia parle mais il ne l'entend pas, ses yeux vissés sur les vagues. Il s'imagine poisson ou il s'imagine goutte d'eau ou il s'imagine particule dans l'air; il est de retour à Storm's End, dans sa tête, arpentant le salon et usant le tapis; il est de retour à Poudlard, dans les jardins en été, en révisant les BUSEs et en riant avec Rick et Faust; il est de retour dans la maison française de sa mère, le patio ouvert et elle lui adressant un grand rire avec sa robe fleurie volant au vent; il est de retour dans le bureau des Aurors, O'Malley guidant une fille blonde et à l'air hautain jusqu'à devant lui: “ this will be your partner, Douglas, meet Cartwright. She's a year younger than you, but she's a real piece of work, you won't get bored with her, right Cartwright?

Il est de retour dans la Forêt, de retour avec les dents du loup s'enfonçant profondément dans sa chair; il est de retour dans l'ancienne chambre de Penny à Storm's End, avec le corps désarticulé de Ginny qui souffre; il est de retour dans sa voiture, avec Rohan et sa force tranquille à côté de lui; il est de retour à Noël, à épier June et Elijah avec un grand rire au coin des lèvres; il est de retour dans la cuisine de Storm's End, avec Susan qui attend avec lui les invités de Noël en touillant le vin chaud; il est de retour dans son appartement de Londres, avec Kenna qui dort sur son canapé et Seth qui dessine des choses obscènes sur sa joue; il est de retour à la maison, et il reçoit sa lettre pour Poudlard, et il hurle de joie; il est de retour à Storm's End, dans sa dans leur chambre et il se réveille et il y a Amelia dans ses bras qui le regarde avec un air endormi: “ Watching me sleep, weirdo? Someone's gotta watch over you, you big goof.

Il est de retour dans la salle d'interrogatoire du Ministère et il est de retour sur les lèvres d'Amelia; il est de retour sur son canapé, à jouer à Tomb Raider et à bitcher sur leurs copines respectives; il est de retour à Poudlard, à se battre pour un monde meilleur à Pré-au-Lard en partageant des mots simples et pleins d'espoir sur leurs futurs; il est de retour au bureau des Aurors, à s'entraîner sans relâche et à s'envoyer des horreurs à la gueule et à s'aimer, vraiment s'aimer, en fonctionnant ensemble correctement; il est de retour dans un bar, et Amelia est en train de chanter, et il est en train d'hurler que sa femme est sur scène juste pour l'embarrasser; il est de retour dans les Limbes, et elle est assise près de lui, et ils prennent ensemble le risque qui les ramènera à la vie; il est de retour-

-il est de retour à Azkaban, et il n'en sortira jamais avant vingt ans, alors que quelqu'un comme Meera est encore libre, protégée par Amelia.

Peut-être que lui ne le mérite pas.
Qu'elle se batte pour lui, qu'elle veuille le protéger, le garder chez elle. Peut-être que Meera, même si elle porte la Marque, le mérite plus que lui. Elle l'aime encore. Peut-être. Chez Édouard, il n'y a plus rien à aimer. Peut-être que son procès lui a ouvert les yeux, à Amelia. Peut-être. Peut-être.

Il se rend seulement compte qu'il est resté silencieux un long moment quand Amelia tourne un visage surpris et inquiet vers lui. Il se force à cligner des yeux, à faire le point sur son visage, à sourire aussi. “ Yeah of course, ” dit-il, se rappelant qu'elle lui parlait... de fauteuils et de cinéma. De Rhaenys. Il se concentre sur Rhaenys. “ The place's yours. ” Il y a quelque chose de presque défaitiste dans sa voix. D'éteint.

Il a envie de lui demander pour Meera.
Il a envie de lui demander de le sortir de là.
Il a envie de lui demander de le sortir de là et de mettre Meera à la place.
Il a envie de lui demander de mettre Cara aussi ici, loin des yeux loin du coeur.
Il a envie de lui demander si elle lui en veut, pour le baiser.
Il a envie de lui demander si elle aussi, elle a envie de recommencer.
Il a envie de lui demander...

Rhaenys, how is she? And Elijah? Did him and June shag yet? ” finit-il par demander, forçant la joie à revenir sur son visage, son sourire devenant rapidement goguenard comme à chaque fois qu'il évoque son Alpha et son mec. Il adore littéralement Elijah et June et se demande vraiment comment ils peuvent passer à côté de leur amour si évident l'un pour l'autre. Elijah au moins a la chance que ça soit réciproque...
Elle n'a pas voulu éviter le sujet de Meera alors il le fait pour elle, sciemment, avec la délicatesse d'un bulldozer qui écrase les questionnements d'Amelia à propos de la Mangemorte pour mieux les oublier. Il ne peut pas parler d'elle. Il a trop peur du ton de sa voix si jamais il parle d'elle. “ Ye really need to set 'em up, continue-t-il avec un ton presqu'insouciant. Christmas? Worse thing that ever happened to me to be honest, ah keep thinking about it, am sure they were this close to kissing. Is she alright, June? And Rohan, have you heard of him? Ah miss the Pack so bad... ah miss ye guys so bad, ah-- ” Il s'interrompt, grimaçant légèrement et détournant les yeux, un petit sourire triste sur les lèvres. “ It's not really important, is it? Life goes on and I'll be fine. Ye on the other hand... how do ye survive without me? That's a mystery. Et il rit.
Sauf que si le rire d'Amelia avait pu être stupéfait et un peu absurde, celui d'Édouard dégouline de mauvais sentiment, d'amertume et de dégoût, envers Meera, envers l'injustice du monde et envers lui-même surtout.

• • •

There are a hundred things he has tried to chase away the things he won't remember and that he can't even let himself think about because that's when the birds scream and the worms crawl and somewhere in his mind it's always raining a slow and endless drizzle.
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HERO • we saved the world
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‹ âge : VINGT-HUIT ANS
‹ occupation : AUROR.
‹ maison : GRYFFONDOR
‹ scolarité : 1987 et 1994.
‹ baguette : 30 centimètres, bois de noisetier, crin de sombral.
‹ gallions (ʛ) : 1568
‹ réputation : on dit d'elle qu'elle est loyale et intransigeante + on la trouve parfois désagréable, mais c'est juste parce qu'on la connaît mal et qu'elle n'est pas très avenante au premier abord + elle est une auror brillante et fonceuse + on la sait proche de la cause des loups-garous. on a du mal à comprendre pourquoi elle a fait le choix de se lier par triumvirat à un loup-garou.
‹ particularité : animagus en formation + son animal est un ours brun massif.
‹ faits : amelia a fait sa formation d'auror avec un an d'avance + quand le lord est arrivé au pouvoir, elle est restée, en pensant que ça n'allait pas durer + coincée et surveillée, elle prétendu être à ses côtés + c'est lors de la vente aux enchères des rebuts (2001) qu'elle arrive à fuir sans se faire remarquer et à échapper à la surveillance des mangemorts + elle passe deux ans à fuir, en solitaire, une situation qui l'a rendue plus sauvage et froide + elle a rejoint les insurgés en 2003 et a mené de nombreuses missions pour eux, forte de sa formation et de son expérience d'auror + elle a participé à la grande bataille de décembre 2003 + pendant les combats, elle a choisi d'être liée par triumvirat à édouard douglas afin de lui sauver la vie in extremis. ils ont failli ne pas s'en sortir + elle s'est battue contre le gouvernement intérimaire mis en place après la guerre, qui a injustement envoyé édouard en prison pour en faire un exemple, et a participé à faire échapper plusieurs criminels injustement jugés de la prison d'azkaban + elle a repris son poste d'auror après la guerre.
‹ résidence : entre son appartement du londres sorcier et storm's end.
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Volontairement, Amelia a mis de la distance entre eux. Pas seulement physiquement. Elle n’a jamais suivi assez bien les cours d’initiation à la légilimencie pour prétendre pouvoir cacher ses émotions parfaitement, et le triumvirat rend la tâche encore plus compliquée, mais elle essaie avec toute l’énergie qui lui reste. Elle sent la fébrilité - la colère? - d’Eddie malgré tout, et ça la met elle aussi encore plus en colère qu’elle ne l’était déjà - elle ne sait même plus pourquoi elle est en colère. Elle l’est, c’est tout.
En fait, peut-être bien qu’elle sait. Elle veut juste pas y penser.
« Yeah of course, » dit-il après un silence. Il ne l’écoutait pas, pas vraiment. Évidemment. « The place's yours. » Elle ne sait pas très bien pourquoi, mais ces mots lui donnent encore plus envie de pleurer. Elle serre les dents. Elle a envie de lui dire que c’était ce qu’elle croyait - ce qu’elle ressentait, aussi. D’ailleurs, elle a failli se lancer dans la transformation de la pièce sans même lui demander son avis, parce qu’elle savait qu’il serait d’accord - ou qu’il la laisserait faire pour lui faire plaisir, au moins. Ça n’a jamais été de la prétention, plutôt un espèce de truc tacite entre eux. Storm’s End est devenu sa maison à elle aussi, et Édouard a laissé les choses arriver sans jamais les freiner ou les stopper. Elle a toujours espéré que c’était parce qu’il en avait envie, qu’elle considère Storm’s End comme chez elle. Mais à la lumière de leur conversation d’aujourd’hui, elle se sent soudain illégitime. Même s’il vient littéralement de lui dire que l’endroit est à elle. Est-ce qu’elle a des droits sur ce foyer, son safe haven ? Cet endroit qu’il a bâti, pensé pour vivre de bons moments, pour une retraite bien méritée, avec quelqu’un qui, visiblement, ne sera pas elle ? Elle l’a toujours su, pourtant, que ce ne serait pas elle. Leur conversation l’a ramenée bien froidement à la réalité, une réalité qui ne devrait pas la toucher comme ça.
« Rhaenys, how is she? And Elijah? Did him and June shag yet? » Amelia se passe une main sur le visage, chasse les larmes qui veulent s’échapper en clignant plusieurs fois des yeux, en les écarquillant le plus possible. Elle se retient de renifler parce que ce serait comme se trahir. Elle devrait s’amuser de ce qu’il vient de dire. Ça devrait la faire sourire plus qu’autre chose. La ramener à de bons souvenirs. Ces soirs où, assis l’un à côté de l’autre, ils ont observé June et Elijah, éloignés physiquement mais reliés par ce putain de truc tangible dans l’atmosphère. Ils se sont moqués des dizaines de fois des gestes et paroles débiles qu’ils échangeaient alors qu’ils avaient des choses bien plus intéressantes, bien plus importantes à se dire! Ils se sont amusés du fait que Rhaenys gravitait beaucoup autour de June, comme si elle sentait les choses, comme si elle savait. Ils ont même parié, une ou deux fois. Ils sont partis se coucher avec un air malicieux quand Elijah et June se sont tous les deux endormis dans le salon - même si sur des canapés différents. Et il ne leur est jamais venu à l’idée que c’était tout aussi ambigu d’aller se coucher dans le même lit, enlacés comme des amants? « Ye really need to set 'em up, Christmas? Worse thing that ever happened to me to be honest, ah keep thinking about it, am sure they were this close to kissing. Is she alright, June? And Rohan, have you heard of him? Ah miss the Pack so bad... ah miss ye guys so bad, ah-- » Elle lève les yeux au ciel, les larmes remontent encore. Elle aimerait tellement que Rohan soit là, vraiment là. Jamais elle n’aurait imaginé penser ça un jour, mais bordel qu’il lui manque! Il était le seul à comprendre Édouard un peu de la même manière qu’elle. Elle a vraiment, vraiment besoin du blond, depuis des semaines! Drôle de se savoir si entourée et pourtant si seule.
« It's not really important, is it? Life goes on and I'll be fine. Ye on the other hand... how do ye survive without me? That's a mystery. » Il rit. Elle est tellement à fleur de peau qu’elle doit littéralement se retenir de se retourner pour le frapper.

A quoi ils jouent, exactement ? Elle est plus que certaine qu’il a attendu ce jour autant qu’elle. Cette situation n’est pas normale. Amelia finit par se retourner et par regarder Édouard. « No, they haven’t slept together. They haven’t even kissed yet. » balance-t-elle sans trop réfléchir, d’un ton un peu sec. Elle comptait parler plus, essayer d’alléger un peu la tension, dire autre chose que ça, même. Mais les mots sont sortis tous seuls.
Un silence s’étire.

Elle finit par lever les mains devant sa poitrine, comme dans un signe de reddition. « Ok. I think… I think I need to go. » Elle prend une inspiration, expire, va chercher sa veste sur le dossier de l’une des chaises. « This isn’t right. » Elle déglutit avec difficulté. « This is not how I wanted this to go. Not at all. » Elle souffle, tentant de ne pas se laisser exploser.
Elle fait trois pas vers la sortie, le visage sombre.

Elle veut partir. En courant. Elle veut vraiment partir.
Mais dans un élan qu’elle ne s’explique pas, elle finit par laisser tomber sa veste. « Fuck » La demi-seconde qui suit, elle est dans le dos d’Édouard et a passé ses deux bras autour de sa taille, a la tête plongée entre ses omoplates. Voilà. Elle se sent déjà mieux alors qu’elle devrait vraiment ne pas se sentir mieux. Elle le serre fort, fort, fort. Parce que c’est ce qu’elle veut faire depuis des semaines. Elle n’arrive même pas à croire qu’elle ait réussi à rester à côté de lui sans contact physique tant c’est ce qui l’a démangée depuis qu’ils ont été séparés. Elle veut croire que c’est le triumvirat qui parle (elle ne s’est jamais sentie mieux, depuis qu’ils se sont liés, que quand leurs corps se touchaient, même dans un simple frôlement d’épaule, même quand elle tendait juste une main pour enlever une saleté de ses cheveux fous). « I won’t fight with you again. » Elle a l’impression de garder encore des séquelles de cette fois, dans les ruelles de l’allée des embrumes. Et d’accord, ils ne se sont pas disputés. Ils ont juste conversé de manière débile, avec beaucoup trop de ressentiment et de colère. Mais elle ne veut pas prendre le risque. Ils n’ont pas droit de jouer aux cons alors qu’il est là, à Azkaban, et qu’ils n’ont aucune idée de ce qui peut se passer demain. Qui dit que sa mission de demain ne sera pas la dernière, hein ? Si elle se retrouve sous la baguette d’un mangemort en fuite, sans issue, est-ce qu’elle a vraiment envie de se dire que c’est ça, leur dernière discussion. Ses doigts s’accrochent un peu plus à sa taille. Elle a envie qu’ils fusionnent. Elle a envie de le cacher en elle pour le faire sortir d’ici. C’en est presque étouffant.
« I can’t sleep. » avoue-t-elle dans un murmure, contre le tissu de son t-shirt, qu’elle a peut-être bien légèrement tâché de larmes, aussi. « Even in your bed. » Elle soupire. « Do you feel it ? I feel it when you don’t sleep. » Elle pince les lèvres. « Can you feel… everything ? » Tout ce qu’elle ressent tous les jours, l’énervement, la frustration, la tristesse, la joie, l’affection, le manque, et cette impression étouffante qui lui donne l’impression de se noyer quand elle a juste besoin de le serrer dans ses bras, le soir, avant de dormir?

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  - I CAN HARDLY STAND MYSELF, SO WHAT AM I TO YOU? -
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PRISONERS • bloodstains on the carpet
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‹ disponibilité : always.
‹ inscription : 19/06/2016
‹ messages : 559
‹ crédits : sweet poison, tumblr, neil gaiman.
‹ dialogues : cadetblue.


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‹ âge : vingt-huit
‹ occupation : à Azkaban.
‹ maison : poufsouffle
‹ scolarité : 1986 et 1993.
‹ baguette : mesure trente centimètres virgule cinq, est composée de bois de chêne et contient un crin de licorne. Elle est inflexible et rigide comme son propriétaire.
‹ gallions (ʛ) : 1378
‹ réputation : j'ai été injustement envoyé à Azkaban. Mon crime? Avoir été mordu et être devenu loup-garou.
‹ particularité : un loup-garou depuis avril 1998. Je suis en triumvirat avec Amelia Cartwright, un lien émotionnel qui nous unit et nous permet parfois de partager nos pensées.
‹ faits : je suis un loup-garou, un ancien Auror bouffé par la culpabilité d'avoir vu ma famille et mes anciens amis décimés autour de moi. J'ai été défiguré à vie par mon Créateur et je me soumettais tous les jours à un sortilège d'Illusion pour cacher les dégâts. J'ai perdu un oeil dans l'affaire. J'ai fatT partie du groupe qui a attaqué Saint-Mangouste et me suis rendu compte de l'horreur de la situation trop tard. Je suis le loup-garou qui a mordu Ginny Weasley. Je suis actuellement à Azkaban à cause de ça et de l'attentat de Saint-Mangouste, même si la rumeur est que le juge m'a plus puni pour ma nature que pour mes crimes.
‹ résidence : dans une cellule d'Azkaban, que je partage avec Aramis Lestrange.
‹ patronus : un ours
‹ épouvantard : les corps massacrés de mes proches, détruits par la Bête qui m'habite.
‹ risèd : moi tel que je l'étais avant, libre de l'influence du loup en moi.
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« No, they haven’t slept together. They haven’t even kissed yet. » Le rire amer devient rictus ironique sur ses lèvres. Elle n'a certainement pas besoin de voir son visage pour savoir l'expression qu'il arbore en cet instant précis, l'expression qui était devenu son masque après l'Accident, quand il faisait comme si tout allait bien, comme si rien n'avait changé. Il lui a fallu des mois avant d'accepter qu'il souffrait, des mois avant de parler à quelqu'un, à quiconque. Encore aujourd'hui, l'expression amère pleine de ressentiment recouvre son visage quand il observe son reflet, son vrai reflet, et voit le désastre qu'il est.
Ils ne sont même pas embrassés, Elijah et June. Édouard, bien entendu, fait le lien qu'Amelia est sans doute en train de faire en même temps que lui. Eux ils se sont embrassés, après avoir clamé pendant des années que ce n'était pas comme ça entre eux deux. Après avoir dit qu'ils étaient amis, vraiment amis, qu'ils ne ressentaient rien d'autre que la fidélité, que l'amitié, que la complicité et la confiance qu'on voue à son âme-soeur amicale. Enfin, lui, il disait ça. Il disait ça et Amelia pensait ça, elle doit encore penser ça aujourd'hui. Elle n'aime pas les hommes. C'est une chose avec laquelle il doit vivre. Le fait que la seule personne qu'il veut, qu'il veut réellement, qu'il veut posséder et mériter et aimer, il ne peut pas l'avoir.
(Il mérite cette douleur, se rassure-t-il.)
(C'est moins insupportable de penser que c'est sa faute.)

Le truc, c'est que c'est pas pareil. June aime Elijah en retour. Il le sait, il le sent, c'est évident. On lui a déjà dit que lui et Amelia c'était évident, Derek et Penny notamment. Mais c'est faux, ça l'est pas, ça l'a jamais été. Aujourd'hui en est la preuve. Ils sont aussi bons pour être amis que pour se disputer. Et c'est pas comme si le fait qu'ils se soient embrassés avait amélioré quoique ce soit — au contraire. Elle a dû se sentir agressée. Lui il a été complètement stupide. Il regrette intensément. (Mensonge.) Il ne sait pas ce qu'il lu a pris. (Mensonge.)
Il ne répond pas. Regarde les vagues.

Elles se forment, grandes comme des maisons, ou des immeubles, ou des titans mythologiques, et s'affaissent, encore et encore et encore et encore et pour une fois, Édouard aimerait ne pas être dans son corps, se perdre une nouvelle fois, dans les vagues et les souvenirs et le reste mais non, il est bel et bien là et Amelia- « Ok. I think… I think I need to go. » -Amelia s'en va. Il inspire profondément. Expire longuement. Il ne se retourne pas. Serre les dents, les poings. « This isn’t right. » Non. Il ne devrait pas être ici. Meera devrait être là. Pas lui.
Mais Amelia a fait son choix, et lui a fait son lit. Il n'a plus que ses remords et ses regrets pour tout, tout ce qu'ils auraient pu être et ont été le temps d'un baiser. Il n'a rien d'autre. Meera a tout. « This is not how I wanted this to go. Not at all. » Il ne répond pas, attend qu'elle sorte de la bulle pour s'effondrer, exploser en milliers de morceaux.

« Fuck. »

Ses bras se serrent autour de lui et toujours Édouard reste immobile, tous ses muscles serrés et tendus, se détendant à peine au contact du corps d'Amelia. Elle a toujours été celle vers laquelle il se tournait au moindre problème à la moindre colère. Toujours celle qui pouvait le contenir, le calmer, l'apaiser, lui faire oublier ce qu'il ne voulait plus savoir. Mais là... là, son contact ne fait qu'attiser la colère et il sent, malgré lui, ses émotions se déverser et déborder dans leur Lien. La colère et la frustration et la jalousie.
Voilà. Il l'a dit.
Il envie Amelia et sa vie dehors. (Mensonge.)
Il envie Meera et sa liberté. (Pas un mensonge.)
Il envie Meera. (Certainement pas un mensonge.)

Il veut-- il sait ce qu'il veut. Pour la première fois de sa vie, Édouard ce qu'il veut réellement. But he can't have it. He can't have her. « I won’t fight with you again. » Mais il peut la garder dans sa vie. C'est sa meilleure amie. Ils sont revenus des Limbes ensemble. Ils ont survécu à une Guerre, à des missions, à une Bataille terrible. Ils ont vécu tout ça. Presque dix ans, maintenant, qu'ils se connaissent. Presque dix ans qu'ils grandissent ensemble, leurs racines mélangées comme celles de deux arbres millénaires. Partout où finit Amelia commence Édouard et partout où finit Édouard commence Amelia. L'idée de se battre avec elle, de ne plus jamais la revoir, lui fait du mal comme l'idée de se couper les mains. « I can’t sleep. » Édouard ferme les yeux. « Even in your bed. Do you feel it ? » I feel everything. Il sait. Tout comme elle doit savoir elle aussi. « I feel it when you don’t sleep. Can you feel… everything ? » Oui. Et il la connait mieux que personne donc c'est encore pire.
Il bouge lentement, pour qu'elle relâche un peu son étreinte, et se retourne pour la regarder. Il a envie de la prendre dans ses bras. De couler dans son étreinte, de s'effondrer contre elle, de s'effondrer tout court. Il a envie qu'elle lui dise que tout ira bien, même si ça veut dire mentir. Il a envie... il a envie de prendre son visage dans ses mains. (Il a envie de l'embrasser de nouveau.) “ Yeah, ” répond-t-il simplement.

Il lève la main, comme pour effleurer la joue d'Amelia, puis ses doigts retombent et son visage — où s'inscrivait, l'instant passé, une certaine vulnérabilité, la connaissance profonde et douloureuse du Lien qui les lie, combien ça le fait se sentir fragile, stupide, lui et ses pics d'angoisse et de colère et de fureur et de violence — tombe dans une expression distante. “ Ye can't sleep because Meera's keeping you up all night or is it because yer feeling guilty that she's there with you while I'm behind bars here? ” Le ton est presque factuel, froid et cruel, tellement cruel, parce qu'il sait qu'elle se sent coupable, quelque part, qu'elle ne veut pas qu'il soit ici, qu'elle se bat pour le sortir de là. Elle sait que cette journée représente beaucoup pour elle, et pour lui aussi. Il entend ses émotions mais aussi ses pensées, par bribes. Il sait tout ça. Il peut le sentir.
Alors il se fait cruel, artisan de sa propre destruction, parce qu'il a toujours eu un penchant pour l'auto-destruction et la douleur, parce qu'il le mérite mais que elle, justement, il ne la mérite pas et ne la méritera jamais, il ne l'a pas et ne l'aura jamais et il est fatigué de prétendre que passer vingt ans en cage va leur permettre de continuer à être ce qu'ils sont. “ Ah hope the sex is tremendously good though. It'd be a real shame for ye to hide an actual war criminal in yer bed if she can't even keep up with you, you know what I mean? ” Il la contourne, va ramasser sa veste, la lui lance violemment avant de se rendre à la porte de la bulle pour frappe sur le battant avec violence, attirer l'attention du garde le plus proche qui fera sortir Amelia de là. Elle ne reviendra sans doute pas. Il ne mérite pas qu'elle revienne.
Et de toutes façons, ils n'ont plus rien à se dire — leur small talk parle pour eux. “ If you think this isn't right, maybe open yer eyes when you get home, Ames. Because what you're doing is wrong and unfair, to me and to all the people she killed as a Death Eater. ” Et toujours la jalousie, coincée entre chaque battement de coeur, qui hurle à l'outrage et l'empêche de redevenir calme comme il pensait l'être quelques instants plus tôt. “ Don't worry, yer secret's safe with me. Tell her I said that.

• • •

There are a hundred things he has tried to chase away the things he won't remember and that he can't even let himself think about because that's when the birds scream and the worms crawl and somewhere in his mind it's always raining a slow and endless drizzle.
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