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sujet; Myth #2 + still want it all
MessageSujet: Myth #2 + still want it all   Ven 27 Jan 2017 - 1:49

WIZARD • always the first casuality
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‹ inscription : 01/12/2016
‹ messages : 353
‹ crédits : heresy.
‹ dialogues : teal.
‹ liens utiles : draco malfoy w/ lucky blue smith ; ginevra weasley w/ holland roden ; alicia spinnet w/ zoe kravitz ; calixe Davis w/ jennie kim ; ardal ollivander w/ matthew daddario ; indiana alderton w/ nicola peltz ; heath ravka w/ im jaebum ; even li w/ jeon jungkook.

‹ âge : 27
‹ occupation : chef cuisinier.
‹ maison : Poufsouffle
‹ scolarité : 88 et 95.
‹ baguette : est taillée dans 29,7cm de bois de charme et renferme un cœur de licorne.
‹ gallions (ʛ) : 1041
‹ réputation : j'ai quitté l'Angleterre après avoir décroché mes ASPICs pour ne rentrer de France qu'en 98, après avoir récupéré mon statut de Sorcier Britannique, temporairement perdu à cause du décret concernant les séjours de longue durée à l'étranger. Une blessure au genou m'a épargné de participer à la guerre. J'ai travaillé à l'Elysea (gastronomie française) à mon retour, mais les difficultés économiques des sorciers au terme de la guerre et les procès contre l'ancienne clientèle (mangemorts et élite) mettent le restaurant en faillite et en provoqueront probablement la fermeture.
‹ particularité : géokinésiste, du fait de mes racines nivkhes (indigènes de russie ayant longtemps subi l'occupation japonaise). Mais j'ai perdu mon père à 14 ans et mon apprentissage est resté incomplet — relativement instinctif et peu utilisé.
‹ faits : ma mère, française naturalisée britannique, est une ancienne Oubliator, hospitalisée à Janus Thickey à cause de de graves séquelles dues à son métier. • mon frère cadet, Aspen, a été adopté juste avant mon départ, mais a été officiellement déclaré né-moldu selon le statut de sang de ses parents adoptifs. La famille a été décimée durant la guerre et il s'est retrouvé à la rue. Je tente de renouer le contact avec lui, en dépit des griefs qui nous séparent depuis que je suis parti en le laissant derrière. • uc. • • • • •
‹ résidence : dans un immeuble récent du Chemin de Traverse.
Voir le profil de l'utilisateur
(Myth) don't give a fuck,
not giving up — still want it all
I see swimming pools and living rooms and aeroplanes, I see a little house on a hill and children's names, I see quiet nights poured over ice and Tanqueray... But everything is shattering.
Only fools fall for you, only fools.

19DEC. 03. Qu'est-ce que tu fais ? Le tapis de course est arrêté par une main autoritaire et Heath s'empresse de tendre le bras pour le relancer mais se fait stopper par un regard sévère. Je m'entraîne, ça se voit non ? Park lève les yeux au ciel, exaspéré. Tu te surmènes, voilà ce que tu fais. Descends de là avant de te bousiller le genou pour de bon, allez, oust. Ravka marmonne son mécontentement sous cape, mais s'exécute. Il se pose sur le bord de l'appareil le temps de reprendre son souffle et d'avaler quelques gorgées d'eau ; tamponne la sueur qui lui tapisse le visage et la nuque, de la serviette enroulée autour de ses épaules. La tension de ses membres et la douleur sourde qui lui vrille particulièrement la jambe gauche lui hurlent qu'en effet, il en a déjà trop fait. Il s'essaye à un massage improvisé pour détendre les muscles malmenés, doigts maladroits vite chassés par ceux, experts, de l'employé de la salle de sport qu'il fréquente un jour sur deux depuis quelques mois. Quelque chose ne va pas ? Il hausse les épaules pour signifier que ce n'est rien de bien important. Juste- le stress qui accompagne la période des fêtes, rien d'autre. Oh m'en parle pas, je risque de devoir rentrer en Corée pour l'occasion et j'ai tout sauf hâte d'y être. Heath esquisse un sourire compatissant, vite remplacé par un sifflement d'inconfort lorsque les phalanges du jeune homme s'enfoncent dans une zone sensible. Pas impatient de recevoir tes proches ? il questionne en haussant les sourcils, mais l'air de dire dis-moi d'me taire si c'est trop. Heath s'appuie sur ses deux bras tendus en arrière, hésitant. Le contraire. J'aimerais assez qu'ils puissent être là. Il est assez pudique, le chef Ravka, c'est un fait de notoriété publique. Réticent à trop en dire sur sa situation familiale, sur ses fréquentations, sobre par définition et peu enclin à faire des déclarations sur autre chose que les plats de l'Elysea. Mais parler a toujours été plutôt aisé avec Park, probablement en partie parce que lui-même parle beaucoup, comblant volontiers les vides des conversations, mais sans jamais pousser sur les sujets délicats. Incontestablement, également, parce qu'il est vraiment mûr pour son jeune âge — ou du moins, plus que ce à quoi on s'attendrait venant d'un étudiant du SAWL Center, supposé boire en soirée et profiter de la vie plutôt que travailler à 5h30 am avant d'enchaîner sur les cours. Je voudrais leur présenter quelqu'un, mais c'est sans doute un peu trop tôt de toute façon. Ooooh une compagne ? Il tousse dans son poing fermé, vaguement mal à l'aise. Un. La correction ne provoque aucun émoi — pas de dégoût, pas de sourire plus large et d'attendrissement aussi ridicule que dérangeant, rien du tout, et cette indifférence quant à ses préférences le soulage largement. Tu devrais en parler avec lui. Voir s'il est à l'aise avec l'idée ou s'il préfère attendre. Et ça semble si simple dit comme ça. Mylan demanderait assurément la même chose, mais Heath a encore un peu de mal à s'adapter au plan communication-honnêteté qu'ils ont établi après avoir fait le point sur leur relation. Il devrait lui parler de l'éventualité de célébrer Noël en compagnie de sa mère, lui parler du projet de café sur lequel il travaille depuis quelques semaines, lui parler de pas mal de choses importantes comme le fait que les recettes de l'Elysea sont en chute libre depuis la fin de la guerre et que la situation risque de ne pas s'améliorer à présent que la clientèle tombe sous le couperet de la justice — mais sa tendance à vouloir tout gérer lui-même et à ruminer dans son coin refait constamment surface. Ugh, oui. Bon point. Le jeune homme rit, captant manifestement que Heath n'avait pas du tout pensé à cette évidence, puis libère sa jambe en assénant une légère tape sur son mollet. Ok, fin de la séance, t'en as largement assez fait pour aujourd'hui. Ravka hausse les sourcils. C'est un ordre ? Nan, hyung, j'oserais pas, hyung, le gamin ricane, et pour le coup il lui fait tant penser à Mylan que Heath sent un sourire attendri lui étirer les commissures, la hâte de le revoir bourdonnant au creux de sa poitrine et le motivant à se bouger. Whatever, il lève les yeux au ciel en se relevant, le salue d'un geste de main et récupère son sac de sport pour rentrer à pied. Les barrières anti-transplanages sont toujours actives pour les civiles et de toute façon, il aime faire le trajet à pied, plongé dans ses pensées tout en regardant la ville sorcière s'animer peu à peu, renaissant de ses cendres.

A son arrivée bien sûr, seuls Gansey II et Golden sont là pour l'accueillir et, pour la énième fois depuis presque trois semaines, Heath se maudit d'avoir parlé de... fixer des limites. D'y aller lentement. Il voulait faire les choses bien, éviter de griller des étapes, qu'ils prennent le temps de mieux se connaître et de tester leurs attentes et besoins respectifs avant d'instaurer plus de proximité physique, mais la privation provoque un manque lancinant. A chaque fois qu'ils se quittent — de plus en plus tard depuis que le couvre-feu a été levé —, la tentation de demander à Mylan de rester pour la nuit lui brûle la langue et il la ravale péniblement, conscient pourtant du fait qu'il suffirait juste... qu'il propose, vraiment.

Le retour du restaurant à 22h30 a plus de chien. Qui dit vendredi dit que Mylan achève sa journée avant lui et le précède à l'appartement (il lui a donné une clé... passant sous silence le fait qu'il ait fait irruption chez lui par effraction et que Heath préfère vraiment que ce genre d'occurrence ne se reproduise pas) et se charge du dîner (Non mais j'sais cuisiner aussi hein !), alors le fumet agréable qui le fait saliver depuis le couloir de l'immeuble n'est pas inhabituel.

Pas inhabituel non plus, le fait qu'il ne s'annonce pas, préférant largement arriver sans prévenir et surprendre Mylan à se dandiner dans la cuisine. Heath enroule ses bras autour de sa taille, rit dans son cou en s'enivrant de son odeur. 'Soir. Bonne journée ? Il embrasse le creux juste derrière son oreille avant de le relâcher pour se mettre à l'aise — troquer sa tenue contre une de maison, plus confortable. Pas inhabituel non plus.

Ce qui l'est, en revanche, c'est la sensation qu'il éprouve en franchissant l'entrée de la salle de bain. ça lui prend une seconde pour se dire tiens...? Quelque... cloche, non ? Il fait marche-arrière. Entre à nouveau. Et puis- Mylan ? Où est passée la porte de la salle de bain ? Il demande, ahuri, en percutant l'absence du panneau de bois. Lorsqu'il se retourne, Mylan est quelques pas derrière lui et Heath remarque enfin son oreille blessée — l'autre, celle qu'il avait ignorée tout à l'heure. What the heck.

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MessageSujet: Re: Myth #2 + still want it all   Mer 1 Fév 2017 - 11:54

WIZARD • always the first casuality
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‹ inscription : 29/11/2016
‹ messages : 342
‹ crédits : moony.
‹ dialogues : lightsteelblue (design foncé), steelblue (design clair).


‹ âge : 24 ans
‹ occupation : criminel en période de probation | apprenti Mage Social.
‹ maison : gryffondor
‹ scolarité : 1991 - 1994.
‹ baguette : a été brisée à son emprisonnement à Azkaban. A sa libération, on lui a refilé une merde complètement bridée, de 25cm, taillée dans du noyer et contenant un crin de licorne.
‹ gallions (ʛ) : 1066
‹ réputation : on dit que c'est un délinquant, une petite frappe qui essaye de retrouver une vie normale, décente. Les anciens SM et les autres gangs du Londres Sorcier disent que c'est un traître, un vendu.
‹ particularité : c'est un maître du feu, le seul de sa famille puisqu'ils appartiennent tous à la tribu de l'eau.
‹ faits : il était le n°2 des shadow moses, qu'il a créés aux côtés de mood - mais ce dernier l'a trahi et il a passé un an et demi à azkaban - à son retour, mylan a décidé de quitter le gang - il a fait tout un tas de trucs nuls et c'était pour survivre, mais ça pèse lourd sur sa conscience - il ne supporte plus d'être enfermé - il est extrêmement tactile mais surtout, il a besoin qu'on le touche, qu'on lui rappelle qu'il est vivant - il ne ressent pas la douleur et ça le rend dangereux, mais c'est extrêmement pénible à vivre - il mange sans arrêt, adore cuisiner - il aime les chiens, déteste les chats - il ne supporte pas d'avoir froid - c'est un nabot, mais faut surtout pas lui dire, il déteste qu'on lui rappelle sa petite taille - il sait parler coréen, mais c'est un peu rouillé - il a deux petits frères qui sont sa seule famille, puisque ses parents et son aîné l'ont renié - il veut sortir les mômes de la rue, les aider avant qu'ils se retrouvent avec un casier judiciaire long comme le sien.
‹ résidence : techniquement, dans un appart' miteux au Chemin de Traverse, en réalité, chez Heath Ravka.
‹ patronus : il n'a jamais appris à en faire un.
‹ épouvantard : lui, dans sa cellule vide et glacée à Azkaban, privé de tous ses sens.
‹ risèd : lui, entouré de ses proches.
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(Myth) don't give a fuck,
not giving up — still want it all
In restless dreams I walked alone. Narrow streets of cobblestone 'Neath the halo of a street lamp, I turned my collar to the cold and damp When my eyes were stabbed by the flash of a neon light That split the night And touched the sound of silence.
19 décembre 2003 • Avant, Mylan n’hésitait pas à faire des heures sup’ si on lui en laissait la possibilité, parce que ça voulait dire plus d’argent et il ne peut pas tellement se permettre de cracher dessus. Mais surtout, parce que ça retardait le moment où il rentrait chez lui, dans son appartement minuscule et trop vide. Il vit mal la solitude, c’est un fait. A la maison, il y avait ses frères et une fois à Poudlard, il n’avait pas non plus de quoi se sentir seul, avec les dortoirs. Et ensuite il y avait toujours Seán. Ou Aspen, Crow ou Fox, toujours tout un tas de gamins pas très loin, qu’il pouvait entendre chuchoter ou ronfler. Et ça lui arrivait de s’en plaindre, du boucan que faisaient ses camarades de dortoir, des gosses du cimetière qui causaient en dormant. Il s’en plaignait parce qu’il ne se rendait pas compte qu’il pouvait y avoir pire qu’un peu de bordel la nuit quand on essaye de dormir. Il y a le silence d’une prison presque déserte. Le mugissement du vent glacé qui s’engouffre dans les couloirs comme seul témoin que le monde ne s’est pas tout simplement figé. Il y a devoir se parler à voix haute comme le font les alcooliques et les tarés dont il avait l’habitude de se moquer avec Mood ou Fangs, pour meubler le silence et ne pas complètement perdre la tête. Le bruit des autres qui vivent autour de lui, Mylan ne pensait pas que ça pourrait lui manquer autant. Et quand il rentre le soir dans son appartement trop petit, il peut entendre le vieil immeuble qui craque et tressaille mais les murs épais protègent du moindre bruit que ses voisins pourraient faire et c’est Azkaban all over again. Rester bosser plus longtemps, c’était un bon moyen d’éviter ça, de retarder le moment où il se retrouverait tout seul.
Maintenant, il est impatient de quitter le boulot pour rentrer. D’abord parce que depuis qu’il lui a donné sa clé, c’est chez Heath qu’il se rend presque tous les soirs et même si le cuistot n’est pas encore rentré lorsqu’il arrive, ce n’est pas comme se retrouver tout seul dans son placard à balais. Il a les deux chiots pour l’occuper et même s’il sait que Ravka est plus souvent à l’Elysea que chez lui, l’endroit semble vraiment habité, contrairement à l’appartement de Mylan. Et puis, il y fait chaud, au moins. Ensuite, il est impatient parce qu’il a réussi à faire comprendre à Heath qu’il était parfaitement en mesure de préparer le dîner en l’attendant, plutôt que de le voir courir partout dans sa cuisine alors qu’il vient de passer la journée à le faire. En plus d’avoir tout un tas d’ingrédients avec lesquels il peut préparer de vrais repas, Mylan se retrouve avec une véritable cuisine à sa disposition et ça, c’est une raison suffisante pour être impatient de quitter le Chaudron Baveur ou de terminer ses livraisons pour Belcher.

Au début, le Rhee a fait simple, peu désireux de se lancer dans des préparations qu’il ne maîtrisait plus. Et puis au fur et à mesure, les enseignements de son oncle lui sont revenus. Alors chaque soir, Mylan se lance un nouveau défi et parfois, il arrive même à oublier qu’il a passé autant de temps sans cuisiner. Il peut presque entendre la voix de Junho lui reprocher de s’y prendre comme un manche lorsqu’il se rate et pour la première fois depuis des années, ce n’est pas douloureux. Ça lui rappelle seulement lorsqu’il passait la majeure partie de son temps dans les cuisines de son restaurant et ce sont des bons souvenirs. Ce n’est pas comme lorsque les reproches qu’il se faisait à chaque fois qu’il exécutait un ordre de Mood prenaient la voix de Junho.
Ce soir n’échappe pas à la routine agréable qui s’est installée, à part pour la jarre de kimchi coincée sous son bras lorsqu’il est entré dans l’appartement de Heath. C’est Mika qui est venu le trouver après son service au Chaudron Baveur pour aller boire un verre et qui en a profité pour lui ramener avec un grand sourire. Autant dire que Mylan a manqué de l’étouffer dans une étreinte ressemblant plus à un plaquage qu’autre chose.

Son frère et lui ont descendu quelques bières et parce qu’il ne tient absolument pas l’alcool, le Rhee est peut-être un peu plus joyeux que d’habitude. Ce n’est donc pas étonnant que Gold et Gansey soient réfugiés au salon pendant que Mylan s’égosille plus fort que d’habitude. L’odeur du kimchi-jjigae qui n’est pas loin d’être prêt a envahi la cuisine et il n’est pas aussi bon que celui de son oncle, mais il s’en approche assez pour qu’il se mette à attendre le retour de Heath avec impatience. Il sait que le cuistot est là lorsqu’il entend les deux chiots se lever d’un bond et courir précipitamment vers la porte d’entrée alors il éteint le feu sous ses casseroles tandis qu’il sent Ravka qui se glisse derrière lui. Les bras qui s’enroulent autour de sa taille, le torse qui vient se presser contre son dos, des petits gestes mais qui suffisent à tirer un sourire à Mylan. « 'Soir. Bonne journée ? » « J’suis allé boire un verre avec Mika, et il m’a donné ça, » fait-il en pointant la jarre de kimchi sur le plan de travail avec un grand sourire. « Et toi ? J’ai si faim, va t’changer et on mange, viiiiite, » geint-il alors que le cuistot sort de la cuisine.  
« Mylan ? » lui parvient sa voix alors qu’il commence à remplir les bols de riz et de kimchi-jjigae. « Mmmh ? » fait-il et n’obtenant pas de réponse, il dépose la casserole qu’il avait en main et sort de la pièce à son tour. « Où est passée la porte de la salle de bain ? » A cela, le jeune homme se fige et pâlit un peu. Merde. C’est vrai. Il avait failli oublier que—et merde. C’est la tête basse et en se mâchouillant la lèvre inférieure que Mylan s’avance jusqu’à Heath. « Hm, c’est-à-dire que-- » Il passe une main dans sa nuque, lève les yeux vers le cuistot et peut-être que ses joues sont un peu rouges de honte. « J’ai peut-être un poil trop bu, avec Mika ? Pas de quoi être bourré hein juste-- joyeux ? Alors il est possible que—enfin peut-être que j’me suis mangé la porte de la salle de bain en tenant pas très droit et—mh. » Il détourne à nouveau le regard. « J’ai cassé la poignée ? » Il va enfoncer ses mains dans les poches de son jean, alors qu’il se balance d’avant en arrière sur ses pieds. « Du coup j’ai voulu la réparer, » fait-il avec une moue parce que quand même, il n’allait pas laisser la porte comme ça, il n’est pas chez lui. « Mais c’est—c’est cette baguette là, elle en fait qu’à sa tête c’est un scandale et— la poigné a littéralement explosé et, euh. » Il a vaguement envie de s’enterrer. « Çam’agravesoûléalorspeut-êtrequej’yaifoutul’feu, » lâche-t-il précipitamment et cette fois-ci c’est clair, il s’empourpre furieusement. « Mais tout n’a pas brûlé ? » tente-t-il avant d’attraper Heath pour l’emmener vers la terrasse où gisent les restes de la porte de la salle de bain. « Il reste ça alors tu peux—enfin, la réparer, right ? » Et de tenter un regard plus pitoyable encore que ceux de Gold et Gansey lorsqu’ils ont faim.

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MessageSujet: Re: Myth #2 + still want it all   Mer 8 Fév 2017 - 2:08

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‹ baguette : est taillée dans 29,7cm de bois de charme et renferme un cœur de licorne.
‹ gallions (ʛ) : 1041
‹ réputation : j'ai quitté l'Angleterre après avoir décroché mes ASPICs pour ne rentrer de France qu'en 98, après avoir récupéré mon statut de Sorcier Britannique, temporairement perdu à cause du décret concernant les séjours de longue durée à l'étranger. Une blessure au genou m'a épargné de participer à la guerre. J'ai travaillé à l'Elysea (gastronomie française) à mon retour, mais les difficultés économiques des sorciers au terme de la guerre et les procès contre l'ancienne clientèle (mangemorts et élite) mettent le restaurant en faillite et en provoqueront probablement la fermeture.
‹ particularité : géokinésiste, du fait de mes racines nivkhes (indigènes de russie ayant longtemps subi l'occupation japonaise). Mais j'ai perdu mon père à 14 ans et mon apprentissage est resté incomplet — relativement instinctif et peu utilisé.
‹ faits : ma mère, française naturalisée britannique, est une ancienne Oubliator, hospitalisée à Janus Thickey à cause de de graves séquelles dues à son métier. • mon frère cadet, Aspen, a été adopté juste avant mon départ, mais a été officiellement déclaré né-moldu selon le statut de sang de ses parents adoptifs. La famille a été décimée durant la guerre et il s'est retrouvé à la rue. Je tente de renouer le contact avec lui, en dépit des griefs qui nous séparent depuis que je suis parti en le laissant derrière. • uc. • • • • •
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19DEC. 03. Hm, c’est-à-dire que-- J’ai peut-être un poil trop bu, avec Mika ? Pas de quoi être bourré hein juste-- joyeux ? Alors il est possible que—enfin peut-être que j’me suis mangé la porte de la salle de bain en tenant pas très droit et—mh. L'air perplexe de Heath se teinte d'inquiétude. Tu t'es blessé ? Il avale la distance qui les sépare pour poser une main dans son cou, juste sous l'oreille abimée et cajole le creux juste derrière, d'un pouce précautionneux ; mais Mylan n'en est qu'au début de sa confession. J’ai cassé la poignée ? Il se balance sur ses talons comme un gosse pris en faute, qui se demande à quelle sauce il va se faire déguster. Hm... ok- No big deal, il devrait pouvoir la réparer et au pire, ils peuvent toujours faire appel à un professionnel. Est-ce que Mylan l'a sortie de ses gonds en craignant qu'il s'en rende compte et le prenne mal ? j’ai voulu la réparer, il avoue avec une moue navrée ou mal à l'aise, probablement les deux, Mais c’est—c’est cette baguette là, elle en fait qu’à sa tête c’est un scandale et— la poigné a littéralement explosé et, euh. Çam’agravesoûléalorspeut-êtrequej’yaifoutul’feu. Et cette fois Heath s'étrangle avec sa salive. Tu as fait quoi ? Et l'autre d'ajouter hâtivement : Mais tout n’a pas brûlé ? » Et c'est sur la terrasse que reposent (mais pas en paix) les restes de la malheureuse porte, victime d'une altercation contre un firebender face à la frustration duquel elle n'avait vraisemblablement aucune chance de se sortir intacte. Il reste ça alors tu peux—enfin, la réparer, right ? Euh- Heath cligne des yeux, consterné, tentant d'assimiler l'histoire, puis pose un genou au sol devant le tas de bois aux trois quart calcinés que le crachin incessant se fait un devoir d'achever. Elle est méconnaissable — je crois qu'à ce stade il faut plutôt se faire une raison. Il y a une touche de tension, une pointe d'agacement, fruit d'une longue journée au bout de laquelle il aspirait à se poser et non à retrouver son appartement en cendres — bon d'accord, c'est beaucoup dire, mais le surmenage, là vaisselle cassée par des commis stressés, les erreurs, la pression due aux quelques assiettes critiquées et renvoyés malgré ses efforts pour rendre tout parfait de mémoire, les pics d'Isobel, le changement de clientèle et les tables qui se vident progressivement, la curiosité des autres au sujet de sa vie privée, et maintenant ça. A croire qu'ils se sont tous passés le mot pour lui titiller les nerfs ? Heath se frotte les paupières du pouce et de l'index avant de se passer la paume sur le visage, tentant de gommer la lassitude et la bonne humeur qui se battent en duel pour surgir à la surface. Brûler une porte par frustration, ce n'est pas rationnel, c'est même sacrément disproportionné et il ne va tout de même pas prétendre que ce n'est rien si ? Et pourquoi pas lui donner carte blanche pour purifier tout son logement par les flammes, tant qu'à y être ?

Mais lorsqu'il jette un coup d'oeil par-dessus son épaule — oh Merlin, Mylan a déjà l'air si piteux que l'impatience retombe comme un soufflet et les mots meurent sur ses lèvres avant d'avoir pu être formulés, réprimande avortée. Bien sûr qu'il n'a pas à approuver. Mais il n'a pas non plus à lui faire la morale et à passer son exaspération sur lui. Mylan n'est ni son enfant ni son commis — il sait pertinemment qu'il a gaffé et clairement, il s'en veut déjà assez pour deux. Heath se mordille la lippe, hésitant, avant d'opter pour se laisser retomber assis au sol, à côté des restes de la malheureuse victime, adressant un regard piteux à son compagnon. Je tenais beaucoup à cette porte..., il geint. Puis soupire, résigné, tête basse.... Nouvelle œillade à Mylan et damn, le pauvre en est presque à se liquéfier de honte, il est temps d'abréger son calvaire. Heath abandonne la comédie et éclate sincèrement de rire, tête rejetée en arrière. La bruine glaciale le secoue cependant, alors il ne tarde pas plus longtemps avant de se relever, d'époussetter son pantalon et de jogger jusqu'à Mylan pour l'attraper par la main et l'entraîner à l'abri, juste dans entrebâillement de la porte. Il lui tapote le bout du nez avec un sourire attendri — indulgent. Oh bae, tu devrais voir ta mine. Il lui picore les lèvres, trois baisers aussi légers que brefs pour le rassurer (et se consoler, aussi, un peu), entre lesquels il souffle un you're really something. C'est pas dramatique, disons que tu te rattraperas en étant... de corvée de vaisselle pendant deux jours ? Ce n'est pas un cadeau, ils utilisent quantité d'ustensiles à chaque repas et l'évier est comme maudit — sitôt vidé, déjà rempli, à croire qu'ils passent leur temps à préparer tout ce qui leur tombe sous la main, du plus simple sandwich au plus copieux des mets. Il incline la tête, hésite mais : Ce serait trop cheesy de ma part, de dire que peu importent les portes cramées je suis comblé tant que je t'ai à mes côtés ? Oui ça l'est, cheesy, ; il secoue la tête de droite à gauche en se moquant de lui-même. Ils rentrent finalement, définitivement chassés par le vent désagréable qui siffle à l'extérieur, retrouvant avec délice la chaleur accueillante de l'appartement. Bon côté des choses, ça fait du bois pour la cheminée, il remarque à voix haute, avec un amusement mêlé d'incertitude. Cela dit, si tu te- cognes l'orteil contre un meuble par exemple, tu ne relanceras pas une bagarre du genre j'espère, si ? Il ne peut s'empêcher de taquiner, tandis qu'il s'attelle à récupérer les couverts et le repas et à les faire passer à Mylan qui dispose le tout sur le table en une chaîne familière, agréable, domestique. Mais une autre idée fait son chemin. Aspect négatif : je n'ai pas une minute à moi aux heures ou les magasins ouvrent, pour l'instant. La salle de bain restera dans cet état jusqu'à ce que je trouve un créneau, ce qui veut dire- il emprisonne Mylan entre ses bras, contre la table, torse calé contre son dos, effleure de ses lèvres la bosse au bas de sa nuque, peu d'intimité les fois où tu resteras pour la nuit, mais je pense que je pourrai y survivre... Il est plutôt habitué à ce que Mylan se douche chez lui à ce stade, ou à se baigner en le sachant dans la pièce d'à côté ; mais sans la fameuse défunte porte qui a toujours constitué une barrière tangible entre eux ?

Et peut-être qu'il est plus en paix avec lui-même à présent qu'ils ont eu la discussion, et peut-être qu'il s'est déjà suffisamment fait paniquer en se coupant de toutes les sensations que Mylan fait naître en plus, et peut-être qu'il a accepté le fait que fuir lesdites sensations est nettement plus pénible, presque physiquement douloureux, que les affronter et se laisser porter par elles. Mylan... Il a envie de le dire, maintenant, il a envie de lui demander reste cette nuit, et il voudrait qu'ils fassent un pas de plus — il veut ses lèvres, sa peau, il veut brûler à son contact.

Mais des coups résonnent à la porte avant qu'il n'ait eu le temps de formuler la proposition.
Il est très tard — ça ne peut rien annoncer de bon. Heath se redresse brusquement, l'inquiétude se frayant aussitôt un chemin en lui et lui glaçant les membres. Dans son esprit se tissent déjà des hypothèses, des scénarios par dizaines. Les pires d'entre eux concernent son frère : Aspen ensanglanté ? Les autorités venues lui annoncer sa mort ? Ce sont des peurs récurrentes depuis qu'il a eu un aperçu de la vie qu'il mène, ce sont les terreurs qui le talonnent, qui n'attendant qu'une raison d'émerger, de l'étrangler. Comme un automate, Heath se dirige jusqu'à l'entrée, ouvre, et son estomac lui chute dans les talons.

Des brigadiers.

Il est tellement sûr, tellement certain de ce qu'ils vont lui annoncer que la panique lui vrille les oreilles, l'assourdissant. Il lui faut un moment pour s'apercevoir qu'ils font irruption à l'intérieur en le poussant contre le mur pour se dégager un passage, articulant non pas le prénom de son cadet, mais celui de Mylan.

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MessageSujet: Re: Myth #2 + still want it all   Mer 8 Fév 2017 - 15:43

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‹ baguette : a été brisée à son emprisonnement à Azkaban. A sa libération, on lui a refilé une merde complètement bridée, de 25cm, taillée dans du noyer et contenant un crin de licorne.
‹ gallions (ʛ) : 1066
‹ réputation : on dit que c'est un délinquant, une petite frappe qui essaye de retrouver une vie normale, décente. Les anciens SM et les autres gangs du Londres Sorcier disent que c'est un traître, un vendu.
‹ particularité : c'est un maître du feu, le seul de sa famille puisqu'ils appartiennent tous à la tribu de l'eau.
‹ faits : il était le n°2 des shadow moses, qu'il a créés aux côtés de mood - mais ce dernier l'a trahi et il a passé un an et demi à azkaban - à son retour, mylan a décidé de quitter le gang - il a fait tout un tas de trucs nuls et c'était pour survivre, mais ça pèse lourd sur sa conscience - il ne supporte plus d'être enfermé - il est extrêmement tactile mais surtout, il a besoin qu'on le touche, qu'on lui rappelle qu'il est vivant - il ne ressent pas la douleur et ça le rend dangereux, mais c'est extrêmement pénible à vivre - il mange sans arrêt, adore cuisiner - il aime les chiens, déteste les chats - il ne supporte pas d'avoir froid - c'est un nabot, mais faut surtout pas lui dire, il déteste qu'on lui rappelle sa petite taille - il sait parler coréen, mais c'est un peu rouillé - il a deux petits frères qui sont sa seule famille, puisque ses parents et son aîné l'ont renié - il veut sortir les mômes de la rue, les aider avant qu'ils se retrouvent avec un casier judiciaire long comme le sien.
‹ résidence : techniquement, dans un appart' miteux au Chemin de Traverse, en réalité, chez Heath Ravka.
‹ patronus : il n'a jamais appris à en faire un.
‹ épouvantard : lui, dans sa cellule vide et glacée à Azkaban, privé de tous ses sens.
‹ risèd : lui, entouré de ses proches.
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(Myth) don't give a fuck,
not giving up — still want it all
In restless dreams I walked alone. Narrow streets of cobblestone 'Neath the halo of a street lamp, I turned my collar to the cold and damp When my eyes were stabbed by the flash of a neon light That split the night And touched the sound of silence.
19 décembre 2003 • « Elle est méconnaissable — je crois qu'à ce stade il faut plutôt se faire une raison. » Mylan s’empourpre un peu plus, mort de honte. Peut-être qu’il aurait dû aller demander à un voisin de la réparer au lieu de tenter quoi que ce soit avec cette maudite baguette qui ne l’écoute jamais. Ce qu’il peut être stupide, il le sait pourtant que c’est une mauvaise idée de faire de la magie avec, il aurait mieux fait d’attendre que Heath rentre et s’en occupe, plutôt que de s’énerver après la porte. Le voilà qui se met à détruire l’appartement du cuistot, bien joué Rhee, non vraiment, champion. Et si c’était ça, la connerie de trop ? Le fait d’avoir préparé le dîner ne suffit probablement pas à compenser le fait qu’il a foutu le feu à la porte de sa salle de bain, pas vrai ? Mylan marmonne de nouvelles excuses avant d’aller mâchouiller sa lèvre inférieure, beaucoup trop mortifié pour tenter d’alléger l’atmosphère avec une blague, il sent bien que ça n’arrangerait pas son cas. « Je tenais beaucoup à cette porte... » se plaint Ravka et le jeune homme ouvre la bouche, déjà prêt à promettre qu’il lui en payera une neuve, identique s’il le souhaite, lorsque le rire du cuistot résonne brusquement. Mylan fronce les sourcils et déjà, Heath est sur lui, l’entraîne à l’abri et vient lui tapoter le bout du nez qu’il fronce. « Oh bae, tu devrais voir ta mine. » Il fait la moue maintenant, un peu vexé qu’on se paye sa tête même s’il le mérite probablement.
Les baisers le surprennent un peu, mais il les accueille sans se plaindre et peut-être que la pointe de ses oreilles rougit un peu au murmure du cuistot. « C'est pas dramatique, disons que tu te rattraperas en étant... de corvée de vaisselle pendant deux jours ? » Etant donné qu’il se voyait déjà rentrer chez lui, foutu dehors par un Heath gavé par ses conneries, l’option corvée de vaisselle lui paraît beaucoup plus plaisante et ça arrive même à lui tirer un sourire. « J’peux même en faire trois ! » s’exclame-t-il précipitamment. « Ce serait trop cheesy de ma part, de dire que peu importent les portes cramées je suis comblé tant que je t'ai à mes côtés ? » Oh Merlin beurk, oui, c’est pire que cheesy, c’est dégoulinant de niaiserie et ça devrait carrément dégoûter Mylan mais son cœur, ce traître, a un raté à cette phrase qui devrait être interdite. Il fait bonne figure avec une grimace écœurée mais c’est difficile de manquer ses oreilles toujours un peu trop rougies.

Il est bien content de retourner à l’intérieur, parce qu’il n’a pas tellement envie de tomber malade pour une porte finalement. « Bon côté des choses, ça fait du bois pour la cheminée, » plaisante le cuistot et Mylan a un sourire en coin, moitié amusé, moitié mortifié, un mélange un peu étrange. « Cela dit, si tu te- cognes l'orteil contre un meuble par exemple, tu ne relanceras pas une bagarre du genre j'espère, si ? » Sérieusement, Mylan considère la chose. Etant donné qu’il ne ressentirait pas la moindre douleur, il y a peu de chance pour qu’il s’en rende compte, à moins peut-être de s’ouvrir tout l’orteil et de saigner abondamment, mais là encore, il le verrait après coup. En revanche, si toute une armoire venait à lui tomber dessus, là, sûrement que— « No promises, » répond-il avec un sourire penaud.
La table est rapidement mise, alors que Mylan finit de remplir les bols. « Aspect négatif : je n'ai pas une minute à moi aux heures ou les magasins ouvrent, pour l'instant. La salle de bain restera dans cet état jusqu'à ce que je trouve un créneau, ce qui veut dire- » Des bras viennent l’entourer et il ne sait pas trop si c’est de le sentir tout contre lui, ou le baiser dans sa nuque qui lui tire un frisson mais c’est suffisamment agréable pour qu’il arrive à trouver ça plaisant d’être coincé contre une table. « --peu d'intimité les fois où tu resteras pour la nuit, mais je pense que je pourrai y survivre... » Et son cœur bat peut-être un peu plus vite, alors que Heath mentionne le fait qu’il puisse à nouveau passer la nuit chez lui mais il masque ça derrière un sourire en coin à ce qu’il sous-entend. « Mmmh, » fait-il avant de tourner la tête et en se dressant un peu sur la pointe des pieds, il arrive à aller frôler les lèvres de Heath. « You’re sure your old-man-heart can handle how hot I am ? » susurre-t-il tout contre sa bouche.

« Mylan... » Et il ne sait pas exactement ce que Heath va dire, mais il sent à son ton que ça va lui plaire et il ne peut s’empêcher de pousser un soupir exaspéré lorsque des coups frappés à la porte résonnent brusquement. Déjà, Ravka se détache de lui et Mylan serre les dents. Fuckin’ cockblocking— what ? Ses sourcils se froncent parce qu’il est tard, genre vraiment tard et ce n’est pas comme si Heath était du genre à recevoir de la visite à cette heure-ci. Alors quoi, un voisin qui n’a plus de sucre ? Il entend la porte qui s’ouvre et curieux de ne percevoir aucun début de conversation, Mylan passe la tête par l’encadrement de la porte de la cuisine et pâlit.

Des flics.

« Mylan Rhee ? » appelle l’un d’eux et le jeune homme fait un pas en arrière, alors qu’ils repoussent Heath, entrent, se dirigent droit sur lui. Non, non, ils n’ont pas le droit, pas maintenant, pas comme ça, pas ici. Il s’est bien tenu, il cumule quatre jobs, il paye son loyer, il ne s’est pas fait remarquer, il n’a pas manqué un seul rendez-vous avec son agent de probation et la dernière fois qu’il a voulu y aller, on l’a mis dehors en lui disant que le type avait fui et que la Brigade avait d’autres chats à fouetter qu’une petite frappe maintenant que la guerre était finie. « J’ai pas manqué l’rendez-vous, » qu’il lance alors et il essaye d’avoir l’air de les mettre au défi mais sa voix tremble un peu trop pour ça. « On m’a dit qu’Murty s’était tiré et-- » « Mylan Rhee, vous êtes accusé d’avoir collaboré avec le gouvernement de Vous-Savez-Qui-- » Non, pas devant Heath, pas devant Heath, il n’avait pas le choix, pas le choix. « --et pour cela, nous devons vous escorter jusqu'à une cellule du Ministère de la Magie où vous demeurerez en attendant d’être soumis à un interrogatoire et d’être convoqué à-- »

Il ne l’entend plus.
Ses oreilles bourdonnent, il ne perçoit plus que le sang que son cœur pompe furieusement, désespérément.
Cellule.
Il le sent, le bracelet à sa cheville qui s’alourdit, qui vibre, le mettant presque au défi de tenter quoi que ce soit et il sait qu’il n’y a rien à faire, qu’à la seconde où il fera le moindre geste, il se prendra une décharge suffisamment forte pour le mettre KO. « J’ai pas—j’ai pas collaboré, j’avais pas le choix, Murty il—c’était la condition, j’ai-- » « Rhee-- » « J'ai l'bracelet, j'peux aller nulle part de toute façon, j'attendrai l'procès, j'vous dirai tout c'que vous voulez savoir sur Murty et-- » Il soulève son pantalon, baisse la chaussette qui recouvre le bracelet et lève un regard paniqué vers eux. Chains qui négocie et supplie il a envie de gerber, mais tout plutôt qu'une cellule, tout plutôt que d'être enfermé à nouveau derrière des barreaux. « --et Davis même, m'foutez pas en cellule, juste-- » « Rhee, si tu veux pas retourner à Azkaban sans passer par la case procès, j’te conseille de ne pas faire d’histoire, » réplique celui qui était resté silencieux jusqu’à présent.

Il a envie de vomir.
C’est peut-être parce qu’il n’arrive plus à respirer.
« Non. »
Il secoue la tête, de gauche à droite, désespérément. « Non, non, j’y retourne pas. » Pâle, tremblant, il affirme malgré sa voix qui vacille. « J’y retourne pas, je peux pas-- » Il faut qu’il sorte d’ici, il faut qu’il s’en aille, tout de suite, le plus loin possible, pour qu’ils ne le rattrapent pas, pour qu’ils ne le remettent pas là-bas, il ne peut pas retourner là-bas, il ne—son regard capte celui de Heath, qui a cette expression étrange de celui qui ne comprend rien à ce qui se passe et qui pourtant, comprend enfin beaucoup trop de choses et ça plus que le reste peut-être, ça le tue.
Il vacille et c’est le mur qui le rattrape, l’empêche de s’écrouler alors que comme un animal pris au piège, ses yeux parcourent la pièce avec affolement, à la recherche d’une sortie, d’une échappatoire. Et c’est pire encore, quand d’un sort des menottes magiques viennent enserrer ses poignets, lui faisant pour de bon perdre l’équilibre et tomber à genoux, quand il réalise que même en ouvrant la bouche, il n’arrive. Pas. A. Respirer.  

• • •


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MessageSujet: Re: Myth #2 + still want it all   Mer 8 Fév 2017 - 21:30

WIZARD • always the first casuality
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‹ crédits : heresy.
‹ dialogues : teal.
‹ liens utiles : draco malfoy w/ lucky blue smith ; ginevra weasley w/ holland roden ; alicia spinnet w/ zoe kravitz ; calixe Davis w/ jennie kim ; ardal ollivander w/ matthew daddario ; indiana alderton w/ nicola peltz ; heath ravka w/ im jaebum ; even li w/ jeon jungkook.

‹ âge : 27
‹ occupation : chef cuisinier.
‹ maison : Poufsouffle
‹ scolarité : 88 et 95.
‹ baguette : est taillée dans 29,7cm de bois de charme et renferme un cœur de licorne.
‹ gallions (ʛ) : 1041
‹ réputation : j'ai quitté l'Angleterre après avoir décroché mes ASPICs pour ne rentrer de France qu'en 98, après avoir récupéré mon statut de Sorcier Britannique, temporairement perdu à cause du décret concernant les séjours de longue durée à l'étranger. Une blessure au genou m'a épargné de participer à la guerre. J'ai travaillé à l'Elysea (gastronomie française) à mon retour, mais les difficultés économiques des sorciers au terme de la guerre et les procès contre l'ancienne clientèle (mangemorts et élite) mettent le restaurant en faillite et en provoqueront probablement la fermeture.
‹ particularité : géokinésiste, du fait de mes racines nivkhes (indigènes de russie ayant longtemps subi l'occupation japonaise). Mais j'ai perdu mon père à 14 ans et mon apprentissage est resté incomplet — relativement instinctif et peu utilisé.
‹ faits : ma mère, française naturalisée britannique, est une ancienne Oubliator, hospitalisée à Janus Thickey à cause de de graves séquelles dues à son métier. • mon frère cadet, Aspen, a été adopté juste avant mon départ, mais a été officiellement déclaré né-moldu selon le statut de sang de ses parents adoptifs. La famille a été décimée durant la guerre et il s'est retrouvé à la rue. Je tente de renouer le contact avec lui, en dépit des griefs qui nous séparent depuis que je suis parti en le laissant derrière. • uc. • • • • •
‹ résidence : dans un immeuble récent du Chemin de Traverse.
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I see swimming pools and living rooms and aeroplanes, I see a little house on a hill and children's names, I see quiet nights poured over ice and Tanqueray... But everything is shattering.
Only fools fall for you, only fools.

19DEC. 03.  J’ai pas manqué l’rendez-vous. On m’a dit qu’Murty s’était tiré et-- Ils n'ont jamais parlé de la guerre. Sujet savamment enterré, ignoré tout ce temps ; et c'était parfois comme ignorer l'éléphant au milieu de la pièce — lorsque le genou de Heath cédait sous lui sans raison et l'envoyait manger le sol par exemple, ou encore lorsque la baguette capricieuse de Mylan faisait des siennes, trop indocile pour être réellement la compagne de toute une vie, pour l'avoir choisi à ses onze ans comme étant le sorcier lui correspondant le mieux. Mais c'était occasionnel, ponctuel, et le reste du temps le fait d'être ensemble faisait office de havre, les murs de remparts entre eux et le reste du monde.

Ils n'ont jamais parlé de la guerre et sont sans doute trop peu attelés à parler du passé. Heath sait bien ce qu'il a tu pour sa part et pourquoi ; et il s'est douté, bien sûr, du fait que Mylan avait ses propres secrets. Mais ils avaient tout le temps du monde ; l'ont-ils cru ou ont-ils seulement été lâches, respectivement, craignant d'affronter un rejet s'ils ne prenaient d'abord le temps de consolider leurs sentiments naissants ? Ce sont des questions qu'il s'est posé malgré lui et qu'il a enterrées sciemment. Il y avait un frisson de délectation à l'idée que Mylan ne soit pas tout à fait innocent. La prudence entachée par la sensation d'avoir affaire à une pseudo crapule au grand cœur, au profil de l'anti-héros d'un bouquin. Il y avait l'ado en lui, celui qu'il n'est plus depuis longtemps mais qui se complaisait à dévorer des saga sans fin en s'entichant des personnages incompris, des faux vilains plus complexes que les protagonistes principaux, souvent trop droits dans leurs bottes ou désespérant d'imbécilité.
C'était facile de prétendre déchiffrer des recettes et expérimentations culinaires tard le soir tout en l'observant du coin de l’œil jouer avec Gold et Gansey II, et de lui imaginer un passé trouble et une rédemption.

Mais imaginer est une chose ; être confronté à la réalité en est une autre. Heath ne peut pas prétendre ne pas savoir ce qu'est ce bracelet que Mylan révèle à sa cheville, prétendre ignorer le frisson d'horreur qui lui traverse la colonne et les questions (comment, pourquoi ? Est-il un meurtrier ?), prétendre ne pas se sentir trahi.

Il ne lui a rien dit.
Il ne lui a même rien laissé entendre de tout ça.

Et le voilà pourtant qui plaide qu'il ne veut pas retourner à Azkaban et Heath veut disparaître. Ce qui grandit en lui est beaucoup trop grand et trop intense et menace de l'engloutir tout en entier, parce que ce n'est plus son Mylan — c'est un étranger. C'est l'étranger qui s'est hissé sur la table, insolent, en le menaçant de ruiner sa vie contre de l'argent. C'est l'étranger qui rentre blessé deux jours sur trois, toujours mêlé à d'obscures rixes, et qui brûle ce qui met ses nerfs à l'épreuve ; les choses, peut-être les gens également ? C'est l'étranger qui a passé il ne sait combien de temps à Azkaban à expier un ou des crimes, et qui semble à deux doigts d'y retourner à présent. Et Heath, comme un imbécile, l'a soigné et pansé et lui a demandé de rester sauf.

Mylan ne lui aurait pas fait ça, n'est-ce pas ? Il n'aurait pas menti tout ce temps et il ne l'aurait pas retenu pour mieux l'abandonner ensuite. N'est-ce pas ? C'est un putain de cauchemar. Ou la réalité nue, crue, le secret de polichinelle qu'il n'a plus d'autre choix que d'affronter en face. Et Heath se hait de le penser mais- tout a un sens à présent. La baguette n'est pas bourrée de lacunes, bien sûr, elle est bridée, bridée comme celles qu'on impose aux dangers publics qu'on relâche dans la communauté sans prévenir les honnêtes gens. Mais qu'est-ce qu'une baguette bridée lorsque Rhee Mylan aurait eu toutes les occasions de l'étrangler dans son sommeil, de le poignarder dans le dos, de l'enflammer jusqu'à l'os ? (Il a fait pire que ça, il l'a attaqué au cœur et Heath voudrait flanquer son poing dans sa face de menteur, lui faire ravaler les faux espoirs qu'il a disséminés pendant tout ce temps).

Leurs regards se croisent brièvement et Heath se tend. S'attend à croiser les prunelles d'un psychopathe, sans doute, à ne rien reconnaître de la chaleur devenue son oxygène ; peut-être de la moquerie, du mépris, un je me suis bien joué de toi sournois, muet.
Il n'y a rien de ça. Il n'y a pas de chaleur, mais un froid glacial, une hantise telle que seule Azkaban, de ce qu'en sait Heath, sait en causer. L'ombre des détraqueurs et de la lente agonie, des cris étouffés par les vagues enragées, des suppliques éclatant comme des bouteilles à la mer dont nul ne perçoit les appels à l'aide. C'est Mylan, c'est juste Mylan, sourire espiègle gommée et toute force évanouie, genoux heurtant le sol et souffle court. C'est juste Mylan, affreusement seul, ramassé par des mains brutales qui l'arrachent au plancher pour le pousser-trainer vers la porte et Heath sait au plus profond de lui-même qu'il ne le reverra jamais s'il le laisse partir. Que même libre, il ne reviendra pas après ça.

Oui, mais c'est un menteur. Pourquoi devrait-il retenir un menteur ? C'est peut-être la juste fin ; excessivement acide, exagérément amère, lame chauffée à blanc pour rompre tout lien définitivement. Il ne s'est jamais battu pour personne, Heath. Ni pour sa mère malade, ni pour son frère trop jeune pour être abandonné, et c'est mieux ainsi. Plus facile, moins éprouvant, les sentiments ne lui ont jamais réussi — finissent toujours par lui éclater au visage, comme maintenant.

C'est mieux ainsi, il songe en fermant la porte restée béante, en apercevant sans vouloir la voir l'absence de celle de la salle de bain, en s'asseyant seul à la table servie pour deux. C'est mieux ainsi, il s'assure tandis que les chiens pleurent, grattent de leurs pattes maladroites le panneau de bois qui a englouti Mylan, tournent en rond comme si conscients que quelque chose ne va pas. Vraiment pas. Heath plonge son visage entre ses mains moites, paumé. Qu'est-ce que je dois faire, il souffle à sa solitude soigneusement entretenue, Dis-moi quoi faire... Il s'est promis de changer, mais en est toujours au même stade ; à vouloir fuir lorsque confronté à des conflits sérieux, à souhaiter prendre le premier portoloin en partance pour quelque horizon éloigné lorsque tout s'effondre autour de lui.
Il pourrait faire ça et tout planter, ou il pourrait tenter de recoller les morceaux épars. Gold a vraisemblablement son propre avis sur le dilemme, tirant sur son haut de ses crocs pour le pousser à se lever. Et Heath le fait si brusquement que le siège chute. Il s'est promis de changer.

Il s'oblige à ne pas penser lorsque la porte claque contre le mur et qu'il la franchit à toute allure pour se précipiter dans l'escalier — trop à cran pour attendre l'ascenseur, mais se maudissant tout à la fois parce que s'y résoudre lui aurait peut-être permis d'arriver plus vite. Il dévale les marches le cœur battant, s'extirpe du bâtiment comme s'il avait le mage noir sur les talons. Ils s'éloignent en escortant Mylan avec brusquerie, et il sait qu'il lui reste peu de temps avant qu'il ne transplane simplement. Heath a tout juste le temps de les rattraper : sa main se referme sur le bras de l'un d'eux juste alors qu'ils s'apprêtent à disparaître. A quoi vous jouez ? L'enfoiré s'emporte aussi sec. C'est celui qui promet Azkaban lorsque ses cibles ont le malheur de lui répondre non. Ravka lui adresse un demi-sourire tendu, plus rictus crispé qu'agréable. Si j'en crois les journaux le ministère est déjà comblé de dangereux criminels et de véritables mangemorts. L'assignation à résidence est-elle envisageable dans le cas d'un collaborateur dont la gravité de l'implication n'a pas encore été établie par la cour de justice ? Il est aussi placide et respectueux que lorsqu'il dealait avec l'ancienne brigade, bien que cet agent là ne lui semble guère meilleur que ses prédécesseurs expulsés et jugés pour leurs abus. Mais il n'est pas objectif, parce qu'il est question de Mylan. Son interlocuteur semble vouloir protester, mais l'autre prend la parole avant lui, visiblement ennuyé et pressé, mais pas aussi agressif et borné que son comparse. C'est ce qu'a préconisé la juge chargée de son cas. Mais Rhee Mylan n'a pas de proches répertoriés — visiblement, même sa famille n'en veut pas. Et il n'est évidemment pas question qu'il reste à son propre domicile. Je me porte garant pour lui. Il n'y a pas réfléchi, à quoi bon ? Il n'a pas couru jusqu'ici pour les regarder l'emmener. L'agent est sceptique. Vous savez vraiment à quoi vous vous engagez ? Evidemment. On devrait lui rafraichir la mémoire Johns, pas sûr qu'il veuille vraiment s'charger de c'te racaille quand il se rappellera de ce que cache sa gueule d'ange. Si ça se trouve il n'est au courant de rien. Pitié, vous pensez que je mettrais ma réputation et ma propre sécurité en jeu sans savoir exactement à qui j'ai affaire ? Il bluffe, mais son regard assuré ne vacille pas un instant, rivé sur la main qui tord le bras de Mylan comme pour le défier de continuer en présence d'un témoin. La prise se relâche, à peine — mais Heath respire déjà mieux.

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MessageSujet: Re: Myth #2 + still want it all   Mer 8 Fév 2017 - 23:59

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‹ faits : il était le n°2 des shadow moses, qu'il a créés aux côtés de mood - mais ce dernier l'a trahi et il a passé un an et demi à azkaban - à son retour, mylan a décidé de quitter le gang - il a fait tout un tas de trucs nuls et c'était pour survivre, mais ça pèse lourd sur sa conscience - il ne supporte plus d'être enfermé - il est extrêmement tactile mais surtout, il a besoin qu'on le touche, qu'on lui rappelle qu'il est vivant - il ne ressent pas la douleur et ça le rend dangereux, mais c'est extrêmement pénible à vivre - il mange sans arrêt, adore cuisiner - il aime les chiens, déteste les chats - il ne supporte pas d'avoir froid - c'est un nabot, mais faut surtout pas lui dire, il déteste qu'on lui rappelle sa petite taille - il sait parler coréen, mais c'est un peu rouillé - il a deux petits frères qui sont sa seule famille, puisque ses parents et son aîné l'ont renié - il veut sortir les mômes de la rue, les aider avant qu'ils se retrouvent avec un casier judiciaire long comme le sien.
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‹ patronus : il n'a jamais appris à en faire un.
‹ épouvantard : lui, dans sa cellule vide et glacée à Azkaban, privé de tous ses sens.
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19 décembre 2003 • Stupide, stupide, stupide de ne pas avoir pensé qu’ils viendraient le trouver. Stupide de ne pas avoir pensé que si cette merde de Murty s’était tirée alors tout ça lui retomberait dessus. Stupide de ne pas s’être dit qu’ils ne le laisseraient jamais tranquille, même s’il se tenait à carreau. Stupide, stupide d’avoir pensé qu’il pouvait vraiment mener une vie normale et jouer au petit couple avec Heath et que tout ça ne reviendrait jamais lui exploser au visage. Stupide, si stupide, d’avoir voulu jouer au mec droit dans ses bottes, d’avoir tiré un trait sur Chains. Il aurait dû chercher un moyen de se débarrasser de ce bracelet. Quitter Londres, partir loin d’ici. Chains ne les aurait pas laissés l’embarquer comme ça, Chains se serait débattu, Chains aurait mis la ville à feu et à sang avant de les laisser le remettre en taule. Mais Chains il l’a enterré dans les décombres du Mausolée parce que sans Mood, il n’avait plus de raison d’être. Il s’en est débarrassé, a tout fait pour l’oublier et c’est son erreur, parce qu’il ne reste plus que l’idiot de Mylan qui se fait traîner jusqu’à la porte et qui n’a même plus assez de souffle pour supplier un peu plus.
Pathétique.
Ils s’arrêtent à peine une seconde devant la porte, le temps qu’il enfonce maladroitement ses deux pieds dans ses pompes alors que la tête de con le tire déjà dehors. Et puis l’ascenseur, le maudit ascenseur et ses fichues grilles qui le font sursauter lorsqu’elles se referment bruyamment. Il a un mouvement de recul, comme s’il venait de se faire frapper et cherche à se coller contre le mur derrière lui, s’éloigner le plus possible des barreaux mais on le ramène fermement et Mylan ferme les yeux parce que c’est toujours mieux que de fixer les grilles et le trajet lui semble durer une éternité.

Et puis ils sont dehors et il fait. Si. Froid. Ça lui traverse les os et pendant un instant il se demande s’ils ne l’ont pas déjà ramené là-bas. Ses pieds s’emmêlent et il trébuche, ne doit de rester debout qu’aux deux flics qui le tiennent encore fermement. Heath n’a rien dit. Et il ne peut même pas lui en vouloir, parce qu’il l’a cherché, parce qu’il a tout fait, comme le roi des idiots qu’il est, pour que Heath ne fasse pas le moindre geste pour lui venir en aide. Et maintenant, même s’il arrive à se tirer de cette situation, même s’il parvient à ne pas retourner à Azkaban, il est certain que Ravka le déteste et qu’il ne voudra plus jamais le voir. Et ça ne devrait pas l’angoisser autant que l’idée de retourner là-bas, ça ne devrait pas lui faire aussi mal mais le dernier regard de Heath qu’il a en tête crie TRAHISON et Mylan a envie de vomir.
Même s’il arrive à prouver qu’il n’a collaboré qu’à cause du bracelet qu’il a autour de la cheville, ils estimeront forcément qu’une année et demie passée derrière les barreaux n’est pas suffisante pour la mort d’un agent de la BPM. Et parce qu’il n’a pas un rond, il ne pourra compter sur rien d’autre qu’un avocat commis d’office qui n’en aura probablement rien à foutre de son cas. Il n’a aucune chance.

Il retourne à Azkaban.

La tête basse pour masquer les larmes qui perlent aux coins de ses yeux, il se demande quelles sont ses chances de mettre les deux agents KO et de réussir à filer avant que le bracelet ne l’assomme.

Putain il est prêt à se scier la cheville pour s’en débarrasser, si ça lui évite d’y retourner.

« A quoi vous jouez ? » aboie l’un des agents en s’immobilisant et Mylan redresse la tête, confus. Pour tomber sur les traits durs de Heath. Ses yeux s’arrondissent, son cœur manque un battement. « Si j'en crois les journaux le ministère est déjà comblé de dangereux criminels et de véritables mangemorts. L'assignation à résidence est-elle envisageable dans le cas d'un collaborateur dont la gravité de l'implication n'a pas encore été établie par la cour de justice ? » Son appartement miteux est toujours préférable à une cellule du Ministère, alors paniqué, il avise les deux agents du regard. « C'est ce qu'a préconisé la juge chargée de son cas. Mais Rhee Mylan n'a pas de proches répertoriés — visiblement, même sa famille n'en veut pas. » Sa gorge se noue et son regard se perd dans le vide, alors que la minuscule lueur d’espoir qui s’était ravivée s’essouffle. « Et il n'est évidemment pas question qu'il reste à son propre domicile. » « Je me porte garant pour lui. » La réponse est directe, automatique et Mylan braque un regard effaré sur Heath.
Quoi ?
« Vous savez vraiment à quoi vous vous engagez ? » Il ne sait pas, il n’en a aucune idée, il vient d’avoir la preuve que Mylan lui a menti et pourtant il—pourquoi, pourquoi ? « Evidemment. » Qu’est-ce qu’il fait ? « On devrait lui rafraichir la mémoire Johns, pas sûr qu'il veuille vraiment s'charger de c'te racaille quand il se rappellera de ce que cache sa gueule d'ange. Si ça se trouve il n'est au courant de rien. » Il serre les dents. La gueule d’ange va lui éclater la sienne, s’il ferme pas sa putain de— « Pitié, vous pensez vraiment que je mettrais ma réputation en jeu si je ne savais pas exactement à qui j'avais affaire ? » C’est exactement ce qu’il est en train de faire. Lui qui s’est battu pour la bâtir, lui qui y tient tant, c’est exactement ce qu’il fait, mettre sa réputation en jeu pour un type qui n’a fait que mentir et tromper et cacher la vérité, à un idiot profiteur.

La prise se desserre autour de son bras et les agents échangent un regard. Tête de con a l’air d’être prêt à refuser sans même réfléchir plus que ça mais l’autre soupire. « C’est vous qui voyez qui vous gardez sous vot’toit, » lâche-t-il finalement. « Johns-- » « Il a raison, les cellules sont blindées et Rhee n’est pas notre priorité. » Il se renfrogne, mais finit par lâcher le bras de Mylan. « Fine. » Ils font demi-tour et le jeune homme ne suit rien du trajet, trop confus pour vraiment réaliser ce qui est en train de se passer. Il ne peut que fixer Heath, s’accrocher désespérément à sa silhouette alors qu’ils retournent jusqu’à l’appartement, où l’agent pressé pointe sa baguette sur le bracelet à sa cheville. Il le sent qui chauffe et baisse les yeux d’un air perdu. Il entend à peine le type qui explique plus à Heath qu’à lui que le bracelet l’empêchera de quitter l’appartement, lui demander une dernière fois s’il est sûr de lui avant de soupirer et de faire apparaître un parchemin qu’il est apparemment censé signer.

Ils viendront le chercher pour l’interroger.
Un hibou viendra leur porter une lettre, pour lui communiquer la date de son procès.
Qu’il n’hésite pas à les contacter, au moindre problème.

Et puis ils ne sont plus que deux.
Ses genoux cèdent sous son poids et il se retrouve à nouveau par terre, le souffle court, les yeux écarquillés. Son cœur cogne si fort qu’il a l’impression qu’il va lui sortir de la poitrine. Heath est planté juste là mais il n’arrive pas à relever la tête. Il tremble comme une feuille, parce qu’il est frigorifié et terrifié, parce qu’il a envie de s’accrocher à Heath mais n’ose pas le toucher, n’a pas le droit de le toucher. « S—ry, » un hoquet. « ‘Am sorry, » d’avoir menti, d’être encore là, d’être lui.

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MessageSujet: Re: Myth #2 + still want it all   Jeu 9 Fév 2017 - 1:41

WIZARD • always the first casuality
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‹ inscription : 01/12/2016
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‹ âge : 27
‹ occupation : chef cuisinier.
‹ maison : Poufsouffle
‹ scolarité : 88 et 95.
‹ baguette : est taillée dans 29,7cm de bois de charme et renferme un cœur de licorne.
‹ gallions (ʛ) : 1041
‹ réputation : j'ai quitté l'Angleterre après avoir décroché mes ASPICs pour ne rentrer de France qu'en 98, après avoir récupéré mon statut de Sorcier Britannique, temporairement perdu à cause du décret concernant les séjours de longue durée à l'étranger. Une blessure au genou m'a épargné de participer à la guerre. J'ai travaillé à l'Elysea (gastronomie française) à mon retour, mais les difficultés économiques des sorciers au terme de la guerre et les procès contre l'ancienne clientèle (mangemorts et élite) mettent le restaurant en faillite et en provoqueront probablement la fermeture.
‹ particularité : géokinésiste, du fait de mes racines nivkhes (indigènes de russie ayant longtemps subi l'occupation japonaise). Mais j'ai perdu mon père à 14 ans et mon apprentissage est resté incomplet — relativement instinctif et peu utilisé.
‹ faits : ma mère, française naturalisée britannique, est une ancienne Oubliator, hospitalisée à Janus Thickey à cause de de graves séquelles dues à son métier. • mon frère cadet, Aspen, a été adopté juste avant mon départ, mais a été officiellement déclaré né-moldu selon le statut de sang de ses parents adoptifs. La famille a été décimée durant la guerre et il s'est retrouvé à la rue. Je tente de renouer le contact avec lui, en dépit des griefs qui nous séparent depuis que je suis parti en le laissant derrière. • uc. • • • • •
‹ résidence : dans un immeuble récent du Chemin de Traverse.
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I see swimming pools and living rooms and aeroplanes, I see a little house on a hill and children's names, I see quiet nights poured over ice and Tanqueray... But everything is shattering.
Only fools fall for you, only fools.

19DEC. 03. Ils ont l'air d'y croire heureusement — probablement trop pressés pour s'éterniser en questions et en mises en garde et Heath en est reconnaissant, parce qu'il suffirait de peu pour que la façade s'effondre. Le contact de Mylan est presque douloureux, mais il ne fait rien pour le fuir, malgré le malaise que provoque son poids contre lui. Il y a quelques minutes à peine il ne désirait rien d'autre que ça, mais à présent ? De la distance. Il lui faut de l'espace, pour ne pas suffoquer. Heath se détache lentement une fois qu'ils parviennent à l'appartement, de façon assez mesurée pour que les agents ne doutent de sa décision en devinant combien l'existence même de Mylan lui pèse en cet instant. Les regarde ajuster le bracelet sans avoir la force de fixer les traits du coréen, puis se concentre sur les dernières précisions distillées d'un timbre aigre, le parchemin chargé d'avertissements et de d'engagements qui se déroule sous ses yeux et qu'il lit rapidement, mais attentivement, avant d'apposer sa signature et son empreinte magique.

Ils se retirent, Heath salue poliment et ferme la porte contre laquelle il s'appuie pesamment, secoué. Il ne s'attendait pas à ça — il n'était pas prêt pour ça. Mylan n'a même pas jugé bon de l'armer contre les potentielles retombées de son passé... présent ? Le silence assourdissant se brise sur les hoquets brisés du Rhee. S—ry... ‘Am sorry. Et pendant une longue et éternelle minute, Heath le fixe, bouche entrouverte, sans savoir quoi lui dire. Le relever, le serrer contre lui, jurer que tout ira bien ? Mais il n'en sait rien, de la façon dont cette affaire se scellera. Mylan tient son avenir au creux de sa paume et Johns a raison : il n'est qu'un idiot, il n'a pas la moindre idée de ce dans quoi il s'est fourré.

Il n'a pas envie de le réconforter. Pas même envie de s'énerver, de hurler, de larmoyer, de demander pourquoi, il a juste besoin- il ne veut pas le voir, il ne peut pas. Alors Heath se détourne et trébuche vers l'extérieur, sans prendre la peine d'enfiler un manteau ; s'extirpe de son espace vital, ses pas cherchant désespérément un lieu où le visage de Mylan ne le poursuivra pas.
Souvent, le quart de siècle passé lui pèse considérablement. Mais il y a des moments, comme celui-ci, où il se sent à nouveau jeune et vulnérable et perdu, incroyablement seul pour affronter les défis qui viennent se heurter contre sa carapace de survie. Et l'armure s'effrite, et elle s'effondre, et il ne sait vers qui se tourner. Ses pas le mènent à l'hôpital, mais il est bien trop tard pour visiter les malades, qui plus est dans l'aile psychiatrique ; on le refoule évidemment. Il reste planté devant la façade éclairée, perdu, un long moment avant que son corps ne se mette en mouvement sans l'autorisation de son âme éteinte. Il marche un long moment, les pensées floues, pour atteindre le cimetière moldu où Aspen et lui ont enterré leur père il y a longtemps. Les grilles sont fermées elles aussi, bien sûr, mais Heath les escalade, comme avant. Sillonne le chemin de terre battue tracé entre les tombes, jusqu'à parvenir à l'emplacement que son esprit n'a jamais accepté d'oublier, bien malgré lui. La pierre tombale est rongée par la mauvaise herbe et le temps, plus de dix ans ; l'inscription gravée s'efface déjà à moitié. Dad... it's been so long, I'm sorry, il tente, voix rauque exhalée tel un souffle. Il est tellement fatigué, s'assoit avec hésitation et finalement s'allonge. C'est si étrange — si froid. Reste-t-il encore quoi que ce soit de son père ? Une trace de ce qu'il a été, quelque chose de plus qu'un tas d'os épars ensevelis sous terre. Je ne t'ai même pas emmené de fleurs, marmonne-t-il les yeux fermement clos, honteux. Quand il les rouvre, le ciel dépourvu d'étoiles lui apparait brouillé. Il y a quelqu'un que je- quelqu'un que j'aime beaucoup. Heath s'interrompt, déglutit difficilement. Quelqu'un que maman et toi n'auriez probablement pas approuvé. Et pourtant vous auriez pu l'adorer, je te jure- A quoi bon s'expliquer ? Est-ce que tout ça a encore de l'importance ? Heath bascule sur un côté, joue au creux de sa paume. Il a fait de mauvais choix... je suppose. On commet tous des erreurs non ? Je devrais lui demander quoi mais je ne sais pas si- je sais pas si j'arriverai à l'entendre. C'est l'étendue de sa lâcheté. Mais il y a quelque chose d’écœurant dans l'idée de n'avoir jamais réussi à pourchasser son frère, et de courir après un criminel. Il a peut-être brisé des familles, peut-être privé des gosses de leurs parents, des parents de leurs enfants, les agents de la BPM disent que même sa propre famille ne veut plus entendre parler de lui- Il ne sait même pas quoi dire pour contrebalancer. Peser le pour et le contre, d'accord ; mais quand rien de positif ne semble équilibrer la balance ? Est-ce que ça fait de moi quelqu'un d'immonde ? Si je veux- si je souhaite effacer son passé- Son Mylan n'est pas un monstre, il ne l'est pas. Tout ça est bien trop confus et confondant. Heath se masse le front un instant, proche de la rupture, puis laisse retomber mollement son bras au sol. Du bout des doigts il s'attelle à arracher quelques herbes hautes, ruminant les dernières heures sans percevoir celles qui s'écoulent. Le calme morbide refroidit le tourbillon fiévreux qui menaçait encore un peu plus tôt de l'engloutir — il a besoin de ça pour réfléchir. Pour faire le point. Tatoué dans ses souvenirs, l'image de ce garçon qui fixait Mylan avec admiration, tel un sauveur, lorsqu'il lui a remis l'argent extirpé par chantage ; pass vers la liberté. Est-ce que ça fait de moi un abruti, crédule, si je veux croire qu'il y a quand même du bon en lui ? C'est ridicule et minable et sa morale est sans doute en berne, son avis biaisé.

Mylan avait l'air sincèrement désemparé et il l'a laissé seul là-bas, comptant sur un bracelet pour l'empêcher de fuir... Peut-être le besoin inconscient de le tester. De savoir s'il aura le cran d'affronter ce qu'il a fait ou s'il est prêt à tout pour y échapper. Il a dit qu'il était obligé... Et quelque part, il peut comprendre la collaboration- ou du moins les raisons, pour avoir lui aussi subi la pression du gouvernement visant à obliger quiconque à se joindre à l'effort de guerre. C'est l'avant qui l'inquiète particulièrement. Je devrais y retourner. Pour le bien du contrat signé ; parce qu'il s'est engagé. Parce que Mylan est seul et secoué, si ce n'est aussi terrifié que lui-même. Parce qu'il est en colère ce soir, mais qu'il le perdra peut-être pour de bon d'ici peu. Un lourd soupire lui échappe, mais il secoue ses membres gourds constellés de terre et reprend sa marche en sens inverse.

Cette fois, il agite sa baguette pour appeler un magicobus et se crashe dans l'une des nombreuses banquettes vides. Le paysage se fond en un flou artistique, rendu imperceptible par la vitesse à laquelle se déplace le véhicule sorcier ; bien trop tôt, il parvient à son arrêt et Heath barricade la tentation de l'ignorer pour se laisser porter n'importe où ailleurs.

A son retour, les lumières sont éteintes, à l'exception d'une lampe dans le salon. Ravka se défait de ses chaussures terreuses et se rend silencieusement dans l'autre pièce. Mylan est enroulé sur lui-même dans le canapé, la tête sur les genoux, et ça lui fend le cœur, cette fois, de le voir ainsi. Mais qu'on ne lui demande pas d'offrir plus que des mots ; même l'approcher lui est pénible. Il a peur de se faire avoir, Heath, de tomber pour des mots creux, tissu de mensonges. Ils ont des raisons de te renvoyer là-bas ? demande-t-il à mi-voix, planté dans le chambranle, n'ayant toujours pas franchi le seuil de la pièce. Sous-entendu : as-tu fais quoi que ce soit d'équivalent à ce qui t'a valu d'y être envoyé en premier lieu ? Ne me mens pas- il quémande, supplie, se laisse échouer assis sur le plancher, incapable cette fois de lâcher des yeux ces mains immaculées, peut-être pleines de sang. Si tu as fait quelque chose- quelque chose de vraiment grave, dans le laps de temps où on s'est connus- Heath s'interrompt, la gorge nouée par l'émotion. Avoue : Je ne crois pas que je pourrai le supporter. Je ne crois pas que je pourrais te pardonner ça. Il ne peut pas concilier l'image qu'il a de lui et celle d'un assassin, il ne peut pas. J-je ne sais même pas qui tu es... et c'est la plus terrible des épiphanies ; il ne s'était jamais douté de la  véritable ampleur de ce qui lui échappe, concernant cet homme.

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MessageSujet: Re: Myth #2 + still want it all   Jeu 9 Fév 2017 - 3:29

WIZARD • always the first casuality
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‹ âge : 24 ans
‹ occupation : criminel en période de probation | apprenti Mage Social.
‹ maison : gryffondor
‹ scolarité : 1991 - 1994.
‹ baguette : a été brisée à son emprisonnement à Azkaban. A sa libération, on lui a refilé une merde complètement bridée, de 25cm, taillée dans du noyer et contenant un crin de licorne.
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‹ réputation : on dit que c'est un délinquant, une petite frappe qui essaye de retrouver une vie normale, décente. Les anciens SM et les autres gangs du Londres Sorcier disent que c'est un traître, un vendu.
‹ particularité : c'est un maître du feu, le seul de sa famille puisqu'ils appartiennent tous à la tribu de l'eau.
‹ faits : il était le n°2 des shadow moses, qu'il a créés aux côtés de mood - mais ce dernier l'a trahi et il a passé un an et demi à azkaban - à son retour, mylan a décidé de quitter le gang - il a fait tout un tas de trucs nuls et c'était pour survivre, mais ça pèse lourd sur sa conscience - il ne supporte plus d'être enfermé - il est extrêmement tactile mais surtout, il a besoin qu'on le touche, qu'on lui rappelle qu'il est vivant - il ne ressent pas la douleur et ça le rend dangereux, mais c'est extrêmement pénible à vivre - il mange sans arrêt, adore cuisiner - il aime les chiens, déteste les chats - il ne supporte pas d'avoir froid - c'est un nabot, mais faut surtout pas lui dire, il déteste qu'on lui rappelle sa petite taille - il sait parler coréen, mais c'est un peu rouillé - il a deux petits frères qui sont sa seule famille, puisque ses parents et son aîné l'ont renié - il veut sortir les mômes de la rue, les aider avant qu'ils se retrouvent avec un casier judiciaire long comme le sien.
‹ résidence : techniquement, dans un appart' miteux au Chemin de Traverse, en réalité, chez Heath Ravka.
‹ patronus : il n'a jamais appris à en faire un.
‹ épouvantard : lui, dans sa cellule vide et glacée à Azkaban, privé de tous ses sens.
‹ risèd : lui, entouré de ses proches.
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In restless dreams I walked alone. Narrow streets of cobblestone 'Neath the halo of a street lamp, I turned my collar to the cold and damp When my eyes were stabbed by the flash of a neon light That split the night And touched the sound of silence.
19 décembre 2003 • Et il n’est pas surpris, quand sa seule réponse est la porte d’entrée qui claque. Il n’est pas surpris et il le mérite, il l’a cherché, mais il n’empêche que ça fait mal. Il n’y a plus personne à qui tenter désespérément de cacher sa peur, plus personne à qui il a honte de montrer ses larmes alors le premier sanglot qui s’arrache à sa gorge est bruyant, pitoyable, alors qu’il agrippe ses cheveux et se recroqueville sur lui-même en espérant disparaître, probablement. Il a tenu bon là-bas, il a refusé de craquer parce qu’il n’en avait pas le droit, il ne pouvait pas, s’il flanchait il perdait tout. Il a tenu bon aussi, après le Mausolée, après Fox, parce qu’ils ne méritaient que son mépris, rien d’autre que sa colère. Il a gardé la tête haute, fier, quand ses parents se sont contentés de le regarder de loin, derrière la grille du manoir, comme s’il était une maladie. Il a lutté de toutes ses forces parce qu’une nuit alors qu’ils crevaient de froid et de faim avec Seán, Mylan s’est juré qu’il avait chialé pour la dernière fois. Depuis il a ravalé chaque sanglot, quitte à en crever. Mais l’idée d’y retourner, c’est trop. Voir le monde bancal qu’il a tenté de construire depuis sa sortie de prison s’effondrer, c’est trop. Réaliser qu’encore une fois, il détruit tout ce qu’il touche, c’est trop.
Il ne sait pas lequel des deux chiots vient poser sa tête sur sa cuisse dans un couinement pathétique, il ignore dans la fourrure duquel il va enfouir son visage pour y perdre ses larmes, il n’a aucune idée de combien de temps il reste là, à même le sol dans l’entrée, tout ce qu’il sait, c’est qu’il a peur et qu’il ne sait plus quoi faire. Lorsqu’il était perdu, lorsqu’il ne savait pas comment se tirer d’un mauvais pas parce que crier et cogner ne suffisait pas, c’était vers Seán qu’il se tournait, parce que Seán savait toujours quoi faire. Mais il a détruit Seán.

Le pire, c’est qu’il mérite de retourner à Azkaban.

Il le sait, il n’est pas stupide, il n’est pas aveugle au point de ne pas savoir qu’il a fait des choses impardonnables. C’est pour ça qu’il n’espère même pas se tirer de tout ça, il ne voit pas comment il pourrait mériter une autre chance alors qu’à chaque fois, il fait tout pour qu’elles partent en fumée. Et maintenant, il a entraîné Heath dans toute cette merde et il s’en veut, Merlin il s’en veut tellement. Il le savait pourtant, il aurait dû s’éloigner bien avant, lorsqu’il était encore temps, lorsque Heath ne représentait pas grand-chose d’autre que l’opportunité de découvrir un monde un peu moins terne. Il aurait dû décamper avant d’y goûter vraiment, avant de commencer à s’imaginer qu’il pouvait mériter tout ça s’il se tenait à carreaux maintenant. C’est trop tard pour ça, c’était avant qu’il fallait réfléchir. Il a tiré un trait sur tout ça le jour où il a eu l’idée stupide de retrouver ceux qui ont tué son oncle.
Il ne sait pas trop pourquoi il finit par se relever, sinon cet instinct qu’il n’a jamais perdu, qui lui rappelle que s’il reste à terre il est fichu alors il se dresse sur ses jambes et il lève des yeux hagards sur l’appartement trop vide. Presque glacial. Il chancèle et manque de s’effondrer lorsqu’il bataille pour retirer ses chaussures, une main plaquée contre le mur, avant de se traîner jusqu’à la cuisine.

Sur la table, le dîner qu’ils n’ont pas eu la chance de manger, froid. La vision lui donne envie de vomir alors il s’en détourne et son regard s’attarde sur l’horloge. Il est tard et Heath n’est toujours pas rentré, parce qu’un criminel squatte à présent sa maison et Mylan se déteste. Il aurait dû empêcher Heath de se porter garant, il aurait dû les laisser l’emmener au Ministère, mais au lieu de ça, égoïste et lâche, il n’a rien dit et il l’a laissé faire.

Comme il a laissé Seán quitter une maison et une famille aimante pour le suivre dans la rue.

Il se méprise.

C’est jusqu’au canapé qu’il se traîne, où il s’assoit, ses genoux ramenés contre son torse, avant d’attraper le plaid qu’il passe autour de ses épaules. Il est frigorifié. Il veut se rouler en boule là, mais il sait qu’il n’arrivera pas à dormir, il sait ce qu’il verra s’il ferme les yeux et ça le terrifie. Il ne peut pas dormir alors que Heath est dehors au beau milieu de la nuit, à faire il ne sait quoi pour le fuir alors qu’il devrait être tranquillement chez lui après une journée de travail crevante. Alors il cale son menton sur ses genoux, entoure ses jambes de ses bras et il attend.

Lorsque la porte d’entrée s’ouvre enfin, Gold et Gansey sont endormis de chaque côté de Mylan qui se raidit brusquement. Il n’ose pas bouger, n’ose pas signaler sa présence parce que peut-être, Heath veut juste aller se coucher et oublier tout ça et la moindre des choses qu’il puisse faire, c’est se faire tout petit et prétendre qu’il n’existe pas, si c’est ce dont le cuistot a besoin. « Ils ont des raisons de te renvoyer là-bas ? » lui parvient la voix de Heath et la gorge de Mylan se noue. « Ne me mens pas-  » la supplique lui serre le cœur mais déjà, le Rhee a pris sa décision. Il ne mentira pas. Pas cette fois, pas à Heath, plus jamais. « Si tu as fait quelque chose- quelque chose de vraiment grave, dans le laps de temps où on s'est connus- » A cela il ferme les yeux, retient son souffle. « Je ne crois pas que je pourrai le supporter. Je ne crois pas que je pourrais te pardonner ça. » Il s’en doutait, qui ne réagirait pas ainsi ?
« J-je ne sais même pas qui tu es... » Si, il sait. Il sait qui il est sans les conneries, sans les détails macabres, sans le passé qu’il cherche à effacer, à enterrer le plus profondément possible. Il sait qui il est, parce qu’il a menti en ne disant rien sur d’où il vient vraiment, ce qu’il a fait avant, mais il n’a jamais fait semblant d’être quelqu’un d’autre.

Ses bras se resserrent un peu plus autour de ses jambes et les yeux toujours clos, Mylan se met à parler. De ses parents, de Jaeho, Minki et Taemin, de son oncle et des circonstances réelles de sa mort, de sa colère, sa rage d’avoir perdu le seul adulte qui le comprenait vraiment et qui a cherché à l’aider, lui a permis d’être lui-même. Il parle de la nuit où Seán et lui, deux idiots d’à peine quatorze ans, ont eu l’idée de venger son oncle. Il lui parle de la situation qui dégénère, parce que bien évidemment, ils étaient plus nombreux et plus forts et à quoi ont-ils pensé par Merlin, deux ados contre un groupe visiblement habitué à faire ce genre de choses ? Il a le regard perdu dans le vide, quand il parle de Seán le visage en sang, Seán qui, il en est sûr, va mourir s’il ne fait rien et de lui qui agit, lui qui veut juste empêcher son meilleur ami de mourir parce qu’il a été stupide, lui qui tue.
Sa voix tremble un peu et il n’ose pas regarder Heath et voir probablement l’horreur sur son visage maintenant qu’il sait qu’il est un meurtrier. Alors il continue, enchaîne sur les hurlements de ses parents, sur Mika qui se retrouve tiré du lit par tout ce bruit et demande ce qui se passe en se frottant les yeux alors que son père attrape Mylan par le col et le jette dehors. Puis c’est la rue, Seán qui le suit parce que Seán est un idiot et parce qu’il n’a pas été fichu de lui dire de le laisser à son sort, c’est la faim et le froid et la mort, c’est la peur de crever et l’espoir de voir un matin le visage de ses parents qui le réveillent et lui disent de rentrer à la maison, qu’il est pardonné, qu’ils vont trouver une solution.

Il n’a jamais autant parlé de toute sa vie, pas de choses comme ça, à vrai dire c’est la première fois qu’il raconte tout ça, l’histoire complète de Rhee Mi Ran, Heath est le premier à l’entendre. C’est laborieux, il bute sur les mots et sa voix tremble, sa gorge se noue parce qu’il y a des choses qu’il ne veut pas dire mais il ne ment plus. Il ne ment plus à Heath.

Alors il enchaîne, les premiers larcins pour survivre, les petits cambriolages, les autres gosses qui les rejoignent, la rue qui les endurcit, qui les transforme, il épargne les détails les plus sanglants parce que Heath n’a pas à les subir mais il est suffisamment clair pour qu’il comprenne que ça n’avait rien du joyeux club des Enfants perdus. Il crache avec hargne et mépris le type qu’il est devenu en pensant qu’il n’avait pas d’autre choix s’il voulait survivre puis il arrive enfin au jour où tout a réellement merdé. C’est d’une voix blanche qu’il parle des agents de la BPM qui débarquent, de lui qui tente de faire en sorte que les deux gamins avec lui s’enfuient. Ses poings se serrent et c’est en sifflant entre ses dents qu’il mentionne l’agent qui n’a pas hésité à lever sa baguette sur un des mômes pour le tuer d’un sort dans le dos. Il avait peut-être douze ans, Mylan connaissait même pas son vrai nom et il se déteste pour ça aussi. Il avoue, articule difficilement que ça l’a rendu fou de rage et qu’il a tué le type pour ça. Probablement, c’est ce dont on l’a accusé en tout cas parce qu’il s’en souvient à peine, quand il pense à cette nuit-là, il voit rouge et c’est tout. Puis le réveil dans la cellule du Ministère, le procès qui n’en était pas vraiment un et enfin, Azkaban.

Mylan se tait, déglutit avec difficultés, parler devient compliqué, il a la gorge sèche. « J’y suis resté plus d’un an. Souvent, un type venait me voir et m’proposait d’devenir un Rebut pour sortir de là et j’refusais. » Hors de question de devenir un esclave. « Et puis un jour ils m’ont sorti de là, m’ont dit que j’étais intégré à un programme de réinsertion, ils m’ont mis ce bracelet autour de la cheville, m’ont montré sur une carte où j’pouvais aller ou non. Ils m’ont filé la clé d’un appart’, m’ont dit que j’avais un entretien pour un boulot le lendemain, que j’devais voir mon agent de probation une fois par mois et qu’ils me contacteraient probablement pour que je serve mon gouvernement et prouve que j’étais un bon citoyen et—basta. » Il grimace. « J’étais libre, sur le coup, j’en avais rien à foutre de ce qu’ils pouvaient me demander de faire. J’devenais dingue là-bas, j’te jure, j’aurais fait n’importe quoi pour pas y retourner. » Lui qui avait crié haut et fort qu’il ne deviendrait jamais un Rebut, qu’il ne s’agenouillerait jamais, il leur avait suffi de lui donner un aperçu de la liberté pour qu’il accepte de les servir comme un bon toutou.
« J’suis rentré dans l’rang, j’me suis dégoté tous les jobs possibles pour payer mon loyer et tenter d’bouffer pas trop mal, j’ai tiré un trait sur c’que j’étais avant et y a des fois putain c’était dur, quand il m’restait plus rien pour bouffer à la fin du mois j’me disais que c’était parfois plus simple quand j’essayais pas d’rester dans la légalité. » Il serre les dents, se rappelle des soirs où il se disait qu’il crevait moins de faim quand il était au Mausolée, avec Mood, quand il était Chains. « C’était chiant mais pour la première fois, j’me suis dit qu’mon oncle aurait été fier de moi alors—alors ça en valait la peine. Les seuls trucs illégaux que j’m’autorisais à faire, c’était pour tenter d’tirer d’autres gosses de la rue parce que—parce que personne l’a fait pour nous et j’me suis dit—j’me suis dit que si j’pouvais en empêcher d’autres d’finir comme moi, peut-être que j’méritais d’être sorti d’taule finalement parce que-- » Il secoue la tête. « L’agent d’proba, c’qu’il voulait que j’fasse c’était pas— j’ai tué personne, plus après—mais ils m’ont fait torturer des prisonniers, faire disparaître des corps, c’était-- fuck, j’voulais plus faire tout ça, j’m’étais juré que c’était terminé mais j’savais où j’finirais si j’refusais et—j’préfère crever que d’retourner à Azkaban, » avoue-t-il d’une voix misérable.

« Et puis—et puis il y a eu toi. Et j’aurais jamais dû—j’aurais dû te laisser tranquille, surtout pas t’approcher, surtout pas— mais j’ai jamais su prendre les bonnes décisions pour les autres. » Il n’a jamais su mettre l’intérêt des autres avant les siens, surtout. « J’suis désolé, j’ai été lâche et égoïste, j’aurais dû tout te dire, tu méritais de savoir c’que j’étais et pas—mais j’pouvais pas, j’pouvais juste pas, j’voulais plus être ce mec-là et avec toi—avec toi j’étais le Mylan que j’voulais être ? » murmure-t-il, vulnérable, alors qu’il ose enfin tourner la tête vers lui. « J’étais enfin celui que j’voulais être, pas celui qui faisait toutes les erreurs et—et j’voulais pas qu’tu m’détestes, j’voulais pas que tu saches, parce que le Mylan que j’suis avec toi j’arrive à l’aimer ? » Il baisse la tête, dépité. « Celui qu’tu vois—qu’tu voyais, c’est celui-là que j’veux être, pas—Mais j’ai tout foutu en l’air, j’suis désolé. » Il se sent vide, désespérément vide, maintenant que pour la première fois de sa vie, il s’est montré entièrement honnête avec quelqu’un. Ce n’est pas censé soulager, de dire enfin la vérité ? Peut-être pour les autres, lui il a juste l’impression de s’être arraché les tripes pour les remplacer par un vide effrayant.

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MessageSujet: Re: Myth #2 + still want it all   Jeu 9 Fév 2017 - 9:00

WIZARD • always the first casuality
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‹ inscription : 01/12/2016
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‹ crédits : heresy.
‹ dialogues : teal.
‹ liens utiles : draco malfoy w/ lucky blue smith ; ginevra weasley w/ holland roden ; alicia spinnet w/ zoe kravitz ; calixe Davis w/ jennie kim ; ardal ollivander w/ matthew daddario ; indiana alderton w/ nicola peltz ; heath ravka w/ im jaebum ; even li w/ jeon jungkook.

‹ âge : 27
‹ occupation : chef cuisinier.
‹ maison : Poufsouffle
‹ scolarité : 88 et 95.
‹ baguette : est taillée dans 29,7cm de bois de charme et renferme un cœur de licorne.
‹ gallions (ʛ) : 1041
‹ réputation : j'ai quitté l'Angleterre après avoir décroché mes ASPICs pour ne rentrer de France qu'en 98, après avoir récupéré mon statut de Sorcier Britannique, temporairement perdu à cause du décret concernant les séjours de longue durée à l'étranger. Une blessure au genou m'a épargné de participer à la guerre. J'ai travaillé à l'Elysea (gastronomie française) à mon retour, mais les difficultés économiques des sorciers au terme de la guerre et les procès contre l'ancienne clientèle (mangemorts et élite) mettent le restaurant en faillite et en provoqueront probablement la fermeture.
‹ particularité : géokinésiste, du fait de mes racines nivkhes (indigènes de russie ayant longtemps subi l'occupation japonaise). Mais j'ai perdu mon père à 14 ans et mon apprentissage est resté incomplet — relativement instinctif et peu utilisé.
‹ faits : ma mère, française naturalisée britannique, est une ancienne Oubliator, hospitalisée à Janus Thickey à cause de de graves séquelles dues à son métier. • mon frère cadet, Aspen, a été adopté juste avant mon départ, mais a été officiellement déclaré né-moldu selon le statut de sang de ses parents adoptifs. La famille a été décimée durant la guerre et il s'est retrouvé à la rue. Je tente de renouer le contact avec lui, en dépit des griefs qui nous séparent depuis que je suis parti en le laissant derrière. • uc. • • • • •
‹ résidence : dans un immeuble récent du Chemin de Traverse.
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I see swimming pools and living rooms and aeroplanes, I see a little house on a hill and children's names, I see quiet nights poured over ice and Tanqueray... But everything is shattering.
Only fools fall for you, only fools.

19DEC. 03. Il ne sait pas... à quoi s'attendre, ne sait pas ce qu'il escomptait entendre. Stupidement, une part de lui espérait avoir imaginé le pire et être presque- presque déçue une fois la vérité révélée, mais surtout, soulagée. Il l'a vraiment espéré, inconsciemment, il a voulu y croire.

Mais à tort, car le scénario que trace Mylan est plus complexe que tout ce qu'il avait pu imaginer, il n'y a pas qu'un crime mais des dizaines, des centaines. Ce n'est pas exposé aussi crument que ça pourrait l'être, mais ça l'est déjà trop. Et il veut compatir à la détresse dont suintent ses mots, bien sûr qu'il le veut, mais entre le vouloir et le pouvoir il y a un gouffre que Rhee a chargé de cadavres et Heath est révulsé. Il a envie d'implorer pitié, tais-toi, c'est assez- envie de- de tout gommer, de l'instant où il l'a rencontré à celui où il a craqué pour son sourire, jusqu'à l'instant présent. Heath appréhende sa propre apparition dans le tableau sanglant qui lui est dépeint. Il n'a pas sa place dans ce monde là, lui qui a toujours voulu marcher droit, lui qui s'est tant appliqué à ne pas sortir des clous, jamais... Il n'a pas les épaules pour ça, Merlin. Et en lui toutes les émotions se confondent. Imbroglio de compréhension et d'horreur et tellement de dégoût, par uniquement envers Mylan, mais à l'égard des parents qui l'ont abandonné lorsqu'il était encore rattrapable, de la communauté qui jamais ne se soucie de ces gamins sans avenir, et des frasques d'intensité variable, du plus banal à l'immonde. Comment peut-il vivre avec ça ? Heath expie chaque jour le poids de ses propres manquements, mais Mylan- il se traine des boulets chargés de tourments comme autant de poudre à canon menaçant de le consumer au moindre faux mouvement. Comment peut-il seulement se regarder en face ? Heath, lui, ne peut pas. Le fixer. Dos raide contre l'arête du mur, yeux fermés, il compte en pensées les mesures et poids d'une recette complexe, par instinct, tentant de conserver sa sanité d'esprit tandis que le flot d'informations abominables se déverse encore et encore sur lui, s'étirant plus qu'il ne peut le soutenir. Mylan a volé cogné tué des hommes réduit des corps en cendres et- et il a aussi tellement, tellement souffert, et Heath ne sait pas quoi faire. Il a l'impression de devenir fou, écrasé par toutes les contradictions qui lui coupent le souffle. L'envie de- de le protéger et celle de hurler et celle de simplement mettre son cerveau sur pause pour ne plus. y. penser. mais aussi celle de démolir quelque chose pour déverser les émotions nocives qui le bouffent ou de courir jusqu'au lever du jour en souhaitant que l'astre lunaire emporte avec lui ces révélations trop lourdes pour lui. Il a réclamé, mais ne veut plus savoir — voudrait arracher de ses ongles le souvenir, le déraciner de ses pensées jusqu'à la dernière once.

Et c'est quelque part entre les dernières lignes qu'il le vocalise, ce mal être, parce que Mylan lui sert des excuses qu'il n'est pas prêt à entendre, encore moins à accepter. J’suis désolé, j’ai été lâche et égoïste, j’aurais dû tout te dire, tu méritais de savoir c’que j’étais et pas—mais j’pouvais pas, j’pouvais juste pas, j’voulais plus être ce mec-là et avec toi—avec toi j’étais le Mylan que j’voulais être ? "This is so, so wrong", il ravale en se mordant la lippe, front plissé par l'angoisse qui le travaille au corps. J’étais enfin celui que j’voulais être, pas celui qui faisait toutes les erreurs et—et j’voulais pas qu’tu m’détestes, j’voulais pas que tu saches, parce que le Mylan que j’suis avec toi j’arrive à l’aimer ? Celui qu’tu vois—qu’tu voyais, c’est celui-là que j’veux être, pas—Mais j’ai tout foutu en l’air, j’suis désolé. Tu es désolé ? Désolé- ? Heath s'est tant de fois haï de formuler ces mots, a appris qu'à force de les user, délaver, ils n'avaient plus ni sens ni goût. Et c'est qu'il sont à présent : insipides. Pansement factice ou placebo n'annihilant nullement les symptômes. Un gémissement sourd lui échappe et il presse son visage contre ses paumes, incrédule. Oh bon sang, Mylan- Il s'interrompt, secoue frénétiquement la tête, sentant la morsure de l'hystérie à même sa chair. Ce n'est pas comme ça que ça marche, tu ne peux te défaire à ta guise de ce que tu as fait, tu n'avais pas le droit- pas le droit de me cacher ça- Pas le droit de jouer de cette attirance qui le ramenait incessamment à lui, de l'encourager à tenter quelque chose, à s'impliquer dans un début d'histoire sans même lui confier toutes les cartes, seulement pour le confronter à une montagne par la suite. Il se sent piégé — c'est le terme. Déjà trop attaché pour s'en laver les mains mais tellement réticent à accepter... Il aurait dû pouvoir choisir en connaissance de cause, mais Mylan l'a privé de ça. A présent il ne sait plus du tout où ils vont si ce n'est droit dans un mur et tout ça le rend dingue, dingue parce que leur équilibre précautionneusement établi se casse la figure, en même temps que toutes leurs bases, tout ce qu'ils ont commencé à construire. On dit que la confiance, comme le parchemin, n'est plus jamais la même une fois froissée, et Heath craint que ce soit le cas pour lui, craint de ne plus voir que les défunts anonymes en fixant les traits de Mylan ; eux ou les visages, déformés par la douleur, des misérables qu'il a torturés pour sauver sa propre peau. C'est trop, c'est juste... trop. Trop lourd à porter. Il abdique. Fixe ses mains ouvertes, posées sur son giron, comme s'il cherchait la solution entre leurs lignes. J'ai besoin de réfléchir. Même l'indulgence de Mylan à l'entente de ses propres confessions lui reviennent à l'esprit (tout, chaque infime instant passé ensemble) et se pare d'un autre aspect ; lui qui s'émerveillait de ne pas être jugé, il comprend mieux à présent — songe, de façon un peu mordante, que Rhee s'est bien fichu de lui, à le remercier de confier à lui sans réellement lui rendre la pareille.

Heath déplie sa carcasse crispée par la lassitude, remarquant finalement l'état dans lequel il est rentré du cimetière, et grimace. Il lui faut un bon bain. Un peu plus tôt encore, il aurait imaginé le partager avec Mylan ; mais à présent...
Il se nettoie soigneusement les mains avant de réunir couvertures et oreillers qu'il fait léviter depuis l'entrée du salon jusqu'au canapé, avant de se retrancher dans la salle de bain sans un ajouter un mot. Le Rhee en a formulé bien assez pour deux ce soir ; à vrai dire, Heath a peur d'exploser s'il tente de tout décortiquer immédiatement. Peur de dire quelque chose de trop, d'irréparable. Il se lave précipitamment, la porte manquante lui laissant une sensation atrocement désagréable, puis se cloître dans sa chambre qui ne lui accorde aucun répit : les souvenirs sont là aussi, ils se sont incrustés partout dans l'appartement, et les aveux le suivent jusque derrière ses paupières closes. Mylan, jeune, saignant une silhouette indistincte ; dominant les rues aux côtés de ce garçon — ce Sean qui a tant compté pour lui ; grelottant à l'approche de l'hiver ; Mylan qui le fixe du fond d'une tombe en le défiant de juger ce qu'il a dû faire pour survivre (il y avait sûrement d'autres moyens ! voudrait hurler férocement la raison de Ravka... mais l'infatuation lui souffle qu'il ne sait pas ce que c'est, que d'être au pied du mur de cette façon, que même l'estomac creux il est toujours parvenu à avoir un toit sur sa tête et n'a jamais connu la cruauté de la rue)...

Quelque part au milieu de la nuit il se réveille en sursaut d'une énième phase trop brève de demi-sommeil agité et tout sauf réparateur, pris d'une étrange frénésie. Certain que l'autre agonise de faim, Heath se retrouve dans la cuisine avant d'avoir vraiment pris le temps d'y songer, occupé à chauffer les plats abandonnés un peu plus tôt, avant de se glisser sans bruit dans le salon pour les poser sur la table basse aux côtés de Mylan au cas où — en se traitant d'idiot tout au long. Il voudrait partir immédiatement, mais il y a quelque chose de bouleversant dans la façon dont Mylan se replie sur lui-même. Heath sait combien il déteste le froid, ne parvient pas à s'éloigner immédiatement, comme pris entre deux feux. Il reste bras ballants un instant, puis récupère des couvertures supplémentaires qu'il enroule précautionneusement autour de Rhee, s'efforçant de ne pas le réveiller.

Tout cela est toujours aussi dur à croire, en le voyant ainsi, apparence incroyablement trompeuse. (...) pas sûr qu'il veuille vraiment s'charger de c'te racaille quand il se rappellera de ce que cache sa gueule d'ange, disait Johns, et Heath ne sait pas encore si l'agent a vu droit à travers lui ou si Mylan et lui peuvent affronter cette épreuve à laquelle ils s'étaient tout sauf préparés. Ses phalanges indociles s'attardent entre les mèches du plus jeune, puis sa joue, effleurant à peine, et il s'écarte presque aussitôt, comme si le contact l'avait brûlé. C'est trop tôt, alors il ajuste une dernière fois et inutilement les couettes avant de retourner dans son antre, souhaitant pouvoir s'en aller d'ici quelques heures avant le réveil de Mylan.

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MessageSujet: Re: Myth #2 + still want it all   Mar 14 Fév 2017 - 17:08

WIZARD • always the first casuality
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‹ dialogues : lightsteelblue (design foncé), steelblue (design clair).


‹ âge : 24 ans
‹ occupation : criminel en période de probation | apprenti Mage Social.
‹ maison : gryffondor
‹ scolarité : 1991 - 1994.
‹ baguette : a été brisée à son emprisonnement à Azkaban. A sa libération, on lui a refilé une merde complètement bridée, de 25cm, taillée dans du noyer et contenant un crin de licorne.
‹ gallions (ʛ) : 1066
‹ réputation : on dit que c'est un délinquant, une petite frappe qui essaye de retrouver une vie normale, décente. Les anciens SM et les autres gangs du Londres Sorcier disent que c'est un traître, un vendu.
‹ particularité : c'est un maître du feu, le seul de sa famille puisqu'ils appartiennent tous à la tribu de l'eau.
‹ faits : il était le n°2 des shadow moses, qu'il a créés aux côtés de mood - mais ce dernier l'a trahi et il a passé un an et demi à azkaban - à son retour, mylan a décidé de quitter le gang - il a fait tout un tas de trucs nuls et c'était pour survivre, mais ça pèse lourd sur sa conscience - il ne supporte plus d'être enfermé - il est extrêmement tactile mais surtout, il a besoin qu'on le touche, qu'on lui rappelle qu'il est vivant - il ne ressent pas la douleur et ça le rend dangereux, mais c'est extrêmement pénible à vivre - il mange sans arrêt, adore cuisiner - il aime les chiens, déteste les chats - il ne supporte pas d'avoir froid - c'est un nabot, mais faut surtout pas lui dire, il déteste qu'on lui rappelle sa petite taille - il sait parler coréen, mais c'est un peu rouillé - il a deux petits frères qui sont sa seule famille, puisque ses parents et son aîné l'ont renié - il veut sortir les mômes de la rue, les aider avant qu'ils se retrouvent avec un casier judiciaire long comme le sien.
‹ résidence : techniquement, dans un appart' miteux au Chemin de Traverse, en réalité, chez Heath Ravka.
‹ patronus : il n'a jamais appris à en faire un.
‹ épouvantard : lui, dans sa cellule vide et glacée à Azkaban, privé de tous ses sens.
‹ risèd : lui, entouré de ses proches.
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In restless dreams I walked alone. Narrow streets of cobblestone 'Neath the halo of a street lamp, I turned my collar to the cold and damp When my eyes were stabbed by the flash of a neon light That split the night And touched the sound of silence.
19 décembre 2003 • « Tu es désolé ? Désolé- ? » Mylan ferme les yeux à nouveau, tout plutôt que de voir cette expression qu’il souhaitait à tout prix éviter de faire naître sur les traits de Heath. Il ne sait pas quoi dire de plus, quoi dire de mieux. Et il sait que ce n’est pas suffisant, que rien ne sera jamais assez pour excuser ses mensonges, il sait qu’il a tout gâché en se comportant comme un idiot et un lâche. Mais il est désolé. « Oh bon sang, Mylan- » Oui, il sait. Il est allé trop loin, il aurait dû lui parler de tout ça il y a longtemps déjà, il n’aurait jamais dû le laisser le faire autant entrer dans sa vie sans lui dire dans quoi il s’aventurait. « Ce n'est pas comme ça que ça marche, tu ne peux te défaire à ta guise de ce que tu as fait, tu n'avais pas le droit- pas le droit de me cacher ça- » Mylan baisse la tête, détourne le regard. Il a raison, bien sûr qu’il a raison. Mais il ne peut s’empêcher de se dire que s’il avait su, Heath ne lui aurait pas donné la moindre chance. Et ça aussi, c’est égoïste, pour ça aussi il s’en veut. « C'est trop, c'est juste... trop. » Il hoche la tête, il comprend. Et il ne peut même pas lui en vouloir, de penser que tout ça est beaucoup trop à gérer, qui n’y verrait aucun inconvénient ? Déjà, Mylan serre les dents, se tient prêt à devoir finir dans cette cellule du Ministère en attendant qu’on l’en sorte pour son procès. Et probablement le ramener à Azkaban. « J'ai besoin de réfléchir. » Confus, il redresse la tête et regarde après un moment, les couvertures et l’oreiller que Heath fait léviter jusqu’à lui. Alors quoi, il reste ? Incapable de bouger, il écoute l’eau qui coule dans la salle de bain dépourvue de porte et un peu plus tôt, cela lui aurait donné bien des idées mais à présent, Mylan est seulement capable de fixer le vide devant lui. Viennent les bruits de pas de Heath qui change de pièce, puis la porte de la chambre qui se referme.

Et le silence.

Mylan déglutit avec difficultés et baisse les yeux sur Gold et Gansey qui n’ont pas bougé du canapé et le fixent avec tristesse. Au moins ils n’ont pas l’air déçu mais ce n’est pas tellement réconfortant. Il n’arrive pas à se résoudre à éteindre la faible lumière qui éclaire un peu le salon, n’a aucune envie de se retrouver dans le noir, alors il n’y touche pas et se recroqueville dans un coin du canapé laissé libre par les deux chiots, avant de rabattre la couverture sur lui. Il se fait tout petit, comme si prendre le moins de place possible chez Heath pouvait arranger quoi que ce soit. Il voudrait ne pas être seul ce soir, mais sans Ravka il serait déjà derrière des barreaux et il n’a pas le droit d’espérer plus que les deux chiots qui se collent contre lui. Il aurait dû les laisser l’embarquer sans faire d’histoire, songe-t-il amèrement. Les yeux grands ouverts, concentré sur le tic-tac incessant de l’horloge, Mylan rejoue la scène et se trouve pathétique. C’est parce qu’il a affiché ce spectacle affligeant, que Heath s’est senti obligé d’intervenir, qu’il s’est encore retrouvé à prouver à quel point c’est un type bien, contrairement à Mylan. Bien sûr qu’il lui devait des explications et le Rhee ne s’attendait pas une seule seconde à ce que Ravka prenne tout ça facilement et accepte son passé, mais il aurait préféré ne rien lui dire. Et c’est injuste de sa part, il le sait, mais Mylan aurait souhaité que ses erreurs ne viennent pas compliquer tout ça.

Il ne sait pas trop combien de temps il reste comme ça à ruminer et à s’en vouloir. Lorsqu’il ferme enfin les yeux, c’est pour les rouvrir peu après sur un chemin de gravier qui serpente sous un soleil aveuglant. Il connaît l’endroit et c’est sans surprise qu’en se retournant, il voit le portail du manoir Rhee, résolument fermé. Mylan s’avance, cherche à rejoindre l’entrée qui malgré ses efforts, ne semble pas vouloir s’approcher. Il refuse de s’arrêter, même si les grilles semblent s’éloigner et il se met à courir, déterminé à y arriver, cette fois. Il les voit, les silhouettes qui se tiennent solennellement derrière le portail et lorsqu’il arrive enfin à sa hauteur, Mylan s’accroche aux barreaux, le souffle court.  
Mika et Damian ont l’air confus, tristes. Sa mère n’ose même pas le regarder, comme si le simple fait de poser ses yeux sur lui risquait de la blesser. Puis il y a Jay, copie conforme de son père et tous deux ont les lèvres pincées, l’air constipé qu’ils adoptent à chaque fois qu’ils se retrouvent face à quelqu’un qu’ils méprisent, tout en étant trop polis pour le dire clairement. Il y a Siwon, planté juste à côté de Jay, bras croisés sur son torse et air hautain. Et puis c’est là qu’il comprend ce qui cloche, ce qui le perturbe depuis qu’il les a vus alignés là. Il y a une silhouette de trop, qui se tient derrière eux. Lorsque son regard s’arrête sur le visage familier de Heath, le cœur de Mylan manque un battement.

La trahison.
La rancœur.
Le dégoût.

Il l’appelle, voix rauque et un peu tremblante, mais les traits de Ravka se durcissent et tous se mettent à le fixer avec froideur, de ce même regard plein de mépris. Les barreaux du portail qu’il serre entre ses mains lui paraissent alors glacés et Mylan les lâche, s’écarte d’un pas, secoue la tête. Il veut fuir, partir le plus loin possible, où il ne verra plus ces visages qui le haïssent, alors il fait volte-face, prêt à courir mais le chemin de graviers a disparu.

Devant lui se dresse un mur de pierres grises et froides.

Mylan se redresse brusquement, bouche ouverte sur un cri resté bloqué dans sa gorge. Coincé dans les couvertures, trop nombreuses, étouffantes, il panique et se débat, cherche à libérer ses membres. Trop agité, il finit par tomber du lit dans un bruit sourd et se fige, haletant, le dos recouvert d’une sueur froide désagréable. Il se force à inspirer, à tenter de calmer les battements affolés de son cœur. Ses mains tremblent, quand il va les passer sur son visage, dans ses cheveux, pour écarter les mèches de ses yeux. Il observe la pièce, s’accroche à chaque de décor et du mobilier lui rappelant où il est et tente de se convaincre que les murs ne sont pas en train de se rapprocher de lui.
Et puis son regard s’attarde sur la table basse, où se trouvent deux bols dont il ne tarde pas à reconnaître le contenu et sa gorge se noue parce qu’ils ne sont pas arrivés tout seuls et il n’y a qu’une seule personne qui a pu les poser là. Un soupir tremblant lui échappe et Mylan se prend le visage entre les mains. Est-ce que c’est parce qu’il est cuisinier, qu’il ne peut tolérer l’idée d’avoir quelqu’un qui meurt de faim sous son toit, ou est-ce qu’encore une fois, Ravka s’inquiète pour lui alors que Mylan ne le mérite pas ?

Et puis il y a la couverture supplémentaire, qui n’était pas là lorsqu’il s’est endormi. Le jeune homme se relève sur ses jambes un peu fébriles et d’un coup d’œil à l’horloge, réalise que si c’est techniquement le matin, il est encore très tôt. Il ne peut s’empêcher de se traîner dans le couloir et de jeter un coup d’œil à l’entrée, où il ne sait pas trop s’il est soulagé ou angoissé de voir que les chaussures et le manteau de Heath sont toujours là. C’est vers la salle de bain qu’il se dirige ensuite et lorsque son regard s’arrête sur la porte absente, ce n’est plus seulement de la honte que Mylan éprouve. Il se passe le visage sous l’eau, se rafraîchit la nuque pour tenter de se débarrasser de la fatigue et de ses mauvais rêves. Lorsqu’il redresse la tête et croise son reflet dans le miroir, il déteste ce qu’il voit et préfère vite s’en détourner.
Lorsqu’il sort de la pièce, Gold et Gansey viennent le trouver et déjà, se dirigent vers la porte d’entrée en espérant que Mylan les emmène pour une promenade. Le jeune homme grimace et secoue la tête, avant de se diriger vers la terrasse dont il ouvre la porte-fenêtre. « Désolé, j’peux pas faire mieux, » murmure-t-il faiblement. S’ils sont déçus, les deux chiots ne le montrent pas et s’empressent de sortir sur la terrasse où ils sautent dans la neige qui est tombée cette nuit. La couche est assez épaisse pour presque les engloutir tous les deux et ça tire un petit rire à Mylan. Il fait froid, alors il croise les bras sur son torse et rentre la tête dans ses épaules. Mais il y a le soleil qui se lève et d’ici il peut le voir. Et puis, surtout, les murs ne se rapprochent plus ici, il n’y a que le bracelet à sa cheville, lourd, rappel que cette terrasse est la limite.

Il entend la porte de la chambre de Heath qui s’ouvre et se referme mais Mylan n’ose pas bouger de là. Il fait froid mais ce n’est pas un froid qui le dérange, c’est celui du dehors, celui qui va avec l’hiver et Merlin, il détestait l’hiver quand il devait le passer dans la rue. Mais ce froid-là s’est vite avéré préférable à celui des cellules d’Azkaban. Le ciel est plutôt dégagé et Mylan n’arrive pas à en détacher le regard. Il en profite, s’en abreuve, avant que Heath ne décide de rappeler les agents de la BPM pour qu’ils l’embarquent au Ministère. Parce qu’il sait à présent à quel point un carré de ciel bleu peut manquer et il sait aussi qu’il n’est pas prêt d’en revoir un.

• • •


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