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sujet; MORRISON • The ghost we can't see.
MessageSujet: MORRISON • The ghost we can't see.   Lun 23 Jan 2017 - 22:25

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19 Janvier 2004 & Moriyama's House

If you could read my mind, love, What a tale my thoughts could tell. Just like an old time movie, 'Bout a ghost from a wishing well. In a castle dark or a fortress strong, With chains upon my feet. You know that ghost is me. And I will never be set free As long as I'm a ghost that you can't see.
Les souvenirs de Nazir continuaient de hanter Angelina. Tous les jours, forcément, un milliard de choses lui rappelaient Nazir. Ce n'était pas tant que sa mort l'obsédait. Elle pensait juste à lui, parce qu'un détail le rappelait à sa mémoire. Puis elle se souvenait qu'il était mort. Cette réalisation, brusque, absurde, frappait toujours quelques secondes après que son visage s'impose à son esprit. Et à chaque fois, c'était comme de l'apprendre pour la première fois.
Elle avait l'impression qu'il y avait mille Nazir dont elle devait faire le deuil. Ils étaient tous là, à faire la queue, à attendre sagement que leur tour vienne. Tous les jours, il y en avait un nouveau. Le Nazir qui se faisait appeler Stromrage, celui qu'on refusait d'appeler Peterson, celui qui draguait comme une merde, celui qui tombait amoureux comme une merde, celui qui buvait, celui qui riait, celui qui, celui qui, celui qui. Angelina avait des milliards de Nazir. Elle essayait d'oublier celui des derniers mois, l'imposteur, pour ne se souvenir que du vrai mais tout se mélangeait parfois, et elle faisait le deuil de quelque chose d'immense, et d'étrange, et d'absurde.
Beaucoup de souvenirs échappaient à Angelina. Elle avait remarqué ça juste après Herpo Creek, même si cela devait durer depuis longtemps. Des pans entiers de sa vie, soudain, se vidaient de leurs dialogues. A force d'effacer des gens, à force de refuser d'assumer leur perte, Angelina se retrouvait avec une vie qui se creusait de plus en plus. Jusque là, elle avait relativement accepté cet état de fait. Oublier Georges, son père, ou Katie, lui permettaient de ne pas souffrir.

Pourtant, elle s'accrochait aux souvenirs de Nazir. Elle s'y agrippait avec une volonté que seule elle pouvait déployer. Elle plongeait parfois ses mains dans les méandres sombres et glauques de sa vie et en sortait de force un quelconque souvenir déchirant d'innocence. Elle refusait d'oublier Nazir. Les autres, elle n'avait pas fait tant de simagrées, tant elle s'était appliquée à nier ce qu'il avait pu se passer. Nazir, cependant, l'obsédait. Elle ne pouvait oublier le regard vide de corps dépourvu d'âme, ni la déchirure qu'avait provoqué en elle le désespoir de ses propres larmes.
Il y avait, surtout, des souvenirs qui n'appartenaient qu'à Nazir et elle. Il n'y avait personne d'autre qu'eux pour se souvenir de toutes ces années d'enfance passées ensemble. Des heures, des journées entières, passées dans la compagnie uniquement de l'un et de l'autre, pendant que le reste du monde subissait leur regard sec d'enfant. Il y avait un Nazir qui n'appartenait qu'à elle. Elle refusait de le laisser s'évanouir par faiblesse.

Angelina se disait parfois, rarement, qu'elle n'était pas la seule à conserver ces souvenirs. Le plus souvent, elle refusait de faire face à cette réalité, et aboyait quelque chose à la personne qui avait osé lui rappeler l'existence de Shin Moriyama. L'imposteur lui donnait envie de vomir. Elle voulait lui extraire ces souvenirs, les forcer hors de sa mémoire, les conserver quelque part où ils ne pourraient jamais s'effacer. Une sorte d'artefact qui serait immuable, et donc bien plus sûr que la cervelle trouée d'Angelina Johnson ou de Shin Moriyama. Elle ne se faisait pas confiance pour cette tâche, et en lui non plus. Ils étaient, pourtant, les derniers détenteurs de ce qui avait vraiment constitué Nazir Peterson, son Nazir Peterson (elle se moquait assez globalement de celui des autres). Il lui arrivait, aussi, de se souvenir qu'elle avait dit à Nazir (le vrai, le corps) qu'elle allait essayer de s'occuper du Moriyama. Elle ne lui avait pas exactement promis mais...
Le plus souvent, elle se haïssait d'avoir osé penser s'approcher de l'ennemi.

Et puis, deux semaines après le procès, Angelina avait oublié comment il avait réagi, le jour où elle avait débarqué dans sa chambre comme une furie pour lui parler du remariage de sa mère. Elle se souvenait de l'avoir fait, mais pas de sa réaction. Elle savait cependant que c'était un souvenir important, et qu'il avait dit quelque chose qui comptait. Elle en était persuadée. Pourtant, le souvenir lui échappait, et elle avait passé des heures et des heures, immobile, à fixer le plafond de sa chambre, mâchoire crispée, comme si elle allait pouvoir retrouver le dialogue juste en se concentrant assez.
Elle finit par craquer.
Elle se redressa, attrapa sa veste, dévala les escaliers, ne salua même pas Turner et s'enfonça dans les rues de Londres. Elle marcherait. Cormac lui avait, depuis longtemps déjà, enfoncé l'adresse des Moriyama dans une poche, pendant qu'elle grimaçait sans déchirer le papier. Elle marcherait. Ses chaussures claquaient sur le pavé pendant qu'elle sentait les rares personnes qu'elle croisait la laisser passer. Elle n'y faisait plus attention. On lui avait fait la remarque, pourtant, qu'elle avait l'air toute aussi sauvage qu'en novembre, mais elle s'en foutait. Elle ne savait pas comment faire pour ne pas avoir l'air d'être en guerre. Ce n'était plus le genre de choses qui lui était possible.

En arrivant devant l'adresse, elle eut tellement envie de vomir qu'elle hésita à tourner les talons directement. Un putain de manoir. Typiquement le genre de truc qu'elle avait foutu en flammes à Herpo Creek. (Le bruit de l'incendie ne la quittait jamais.) C'était absurde, de voir Nazir là-dedans. C'était débile. De toute manière, se rappela-t-elle, ce n'était pas Nazir à l'intérieur, c'était Moriyama. Et elle le savait, que Moriyama était un putain de fils de riche coincé du cul, insipide, niais et complètement déconnecté de la vie réelle. C'était chez lui. Il avait toujours vécu là-dedans, pendant que Nazir passait son temps à jouer chez Angie parce qu'il y avait clairement pas la place chez lui.
Alors pourquoi avait-elle l'impression qu'elle devait le sortir de là ?
Pourquoi se disait-elle qu'il devait avoir peur, là-dedans, et que ça devait lui foutre les jetons, d'être entouré des putains des Moriyama ?
Pourquoi n'arrivait-elle pas à oublier le cri déchirant de l'imposteur lorsqu'il l'avait suppliée de l'aider, des semaines auparavant ?
Angie, j’y comprends rien, je te jure que j’y comprends rien, je sais même pas comment je peux être comme ça ! Fais-moi sortir de là, j’t’en prie, j’deviens taré là-dedans !
Elle ferma les yeux brusquement, serra la mâchoire, expira profondément et se craqua rapidement l'épaule droite (la gauche ne faisait plus que grincer).

Elle monta sur le perron. Elle toqua. Putain que le loquet était lourd. C'était quoi, de l'or massif ? De l'acier ? C'était quoi cette barraque ? Elle pourrait revendre rien que cette porte et se faire des couilles en or, elle se demanda ce que Naz-
Ce fut Moriyama qui ouvrit la porte. Quelque chose en elle, d'idiot, avait toujours cru que ce serait Nazir qui ouvrirait. Il était petit, Moriyama. Plus petit que Shin et vraiment, vraiment, ils ne se ressemblaient pas. Pourtant, il avait sa manière de se tenir. Il avait son regard. Il avait, surtout, ce quelque chose au fond des yeux qui fit un écho terrible au creux des entrailles d'Angelina. Il la reconnaissait. Il ne reconnaissait pas Johnson, la camarade de classe à qui il n'avait jamais vraiment parlé. Il la reconnaissait, l'Angie de Nazir. Et qu'est-ce que ça faisait mal, de se dire que c'était ce mec là, cette petite créature qui n'avait jamais vécu le quart du millième de la vie de Nazir, qui pourrait lui dire ce qu'il avait répondu, le jour où elle lui avait annoncé que sa mère se remariait.

« Yo. »
Angelina se tenait droite dans l'encadrement de la porte. Sa crinière de cheveux encadrait comme d'habitude un visage fermé et froid. Elle portait toujours un des t-shirt de Cormac. En plus de cela, la veste en cuir de Turner. Elle avait oublié que c'était Nazir qui lui avait filé l'écharpe qui semblait être la seule chose la protégeant véritablement du froid de janvier.
« Faut qu'on parle. »
Angelina parlait encore comme si elle était toujours leader d'un groupe de belliqueux. Elle avait toujours cette autorité dans la voix, cette façon particulièrement grave de prononcer les phrases importantes, et le genre de regard qui faisait toujours flipper les jeunes recrues.
Elle n'avait jamais parlé à Nazir ainsi.
Mais, après tout, Nazir était mort.
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WIZARD • always the first casuality
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‹ inscription : 31/12/2016
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‹ crédits : nelliel.
‹ dialogues : chocolate


‹ âge : 26
‹ occupation : au chômage, pour le moment, il ne sait pas tellement quoi faire de ses dix doigts. Shin était Oubliator, et Nazir Chasseur de Trésors, autant dire que ça n'a rien à voir.
‹ maison : Shin était à Serdaigle et Nazir à Gryffondor.
‹ scolarité : 1989 et 1996.
‹ baguette : Nazir & Shin ont tous les deux perdu leur baguette, il a fallu leur en trouver une nouvelle : 29cm, taillée dans du saule, contenant une moustache de Tanuki.
‹ gallions (ʛ) : 625
‹ réputation : on disait de Shin qu'il était intelligent, calme, discret, le genre de mec pas chiant, pas intéressant non plus. De Nazir, on disait que c'était une tête brûlée, un cancre, un type violent parmi les Insurgés, mais efficace. Aujourd'hui, les deux sont un peu morts, alors on en parle beaucoup, mais sans trop savoir quoi dire.
‹ particularité : c'est un Métamorphomage, mais il ne sait plus du tout contrôler son don et le tatouage qu'il a dans le dos l'empêche de l'utiliser correctement. C'est également un Maître de l'Air, qui a tout à réapprendre.
‹ faits : shin s'est marié jeune et a eu une gamine qui a maintenant six ans, Sun - sa femme et sa gosse, c'était tout pour lui - c'était un mec brillant, capable de parler trois langues (anglais, coréen & japonais) très à cheval sur son éducation stricte et rigoureuse, très branché culture asiatique - mais shin a été capturé par le gouvernement en 2001 et est devenu le cobaye du département des mystères - ils ont trafiqué son corps, joué avec son don de métamorphomage, ont fait de lui l'espion ultime - en 2002, il est devenu Nazir Peterson, Insurgé Belliqueux, meilleur ami d'Angelina Johnson - aujourd'hui, il ne sait plus qui il est, Shin ou Nazir, les deux ?
‹ résidence : il vit au Manoir Moriyama, sa famille ne veut pas le laisser tout seul après ce qu'il a vécu.
‹ patronus : informe désormais, autrefois il prenait la forme d'un porc-épic, il paraît que celui de Shin avait la forme d'une tortue géante
‹ épouvantard : un miroir, le plus souvent reflétant les traits de Shin.
‹ risèd : il se voit sous les traits de Nazir, avec Rocket et Doxy.
Voir le profil de l'utilisateur http://www.smoking-ruins.com/t6866-shin-reflection
angelina johnson

If you could read my mind, love, What a tale my thoughts could tell. Just like an old time movie, 'Bout a ghost from a wishing well. In a castle dark or a fortress strong, With chains upon my feet. You know that ghost is me. And I will never be set free As long as I'm a ghost that you can't see.
Non coupable, qu’ils ont dit. Non coupable, c’est le verdict. Alors pourquoi a-t-il l’impression que c’est lui qu’on a mis en prison ? Oh il peut sortir du manoir à présent, le problème c’est de savoir aller. Le problème, c’est que c’est son corps, la cellule. C’est même moins que ça, rien de plus qu’une cage minuscule, où il étouffe. Le problème, c’est qu’à chaque fois qu’il ferme les yeux, il voit Nazir Peterson et son regard vide parce que plus personne ne l’habite. Alors il se réveille en sursaut, trempé de sueur, un cri rauque au bord des lèvres parce que le tatouage dans son dos le brûle. Il se traîne hors de son lit, jusqu’à la salle de bain et quand les lumières s’allument, quand il croise son reflet, c’est un visage informe, perdu entre celui de Shin Moriyama et Nazir Peterson qui lui fait face. Il n’est ni l’un ni l’autre, juste cette créature entre les deux, qui ne sait plus qui choisir. Il voudrait bien être Shin, juste Shin. Parce que Daiki aurait peut-être l’air moins triste, parce que ce gars-là a un père encore en vie, parce qu’il a beau ne pas savoir quoi faire de cette gamine de six ans, ça lui fait mal de la voir souffrir ainsi parce qu’il n’est pas fichu de se rappeler d’elle. Parce qu’il a beau le désirer fort, si fort qu’il en a mal aux tripes, il ne peut pas être Nazir. Il ne peut plus. Parce qu’il sait à présent, que Peterson est  un autre, que ça n’a jamais été lui, et que cet autre est mort.
Il voudrait être Shin, parce que les proches de Nazir lui manquent. Il n’a pas revu Angie depuis qu’elle a refusé de lui adresser le moindre mot et l’a laissé pourrir dans ce cachot. Il ne sait pas ce qu’est devenue Alicia. Il y a Cormac qui lui rend visite et heureusement qu’il est là, cet abruti trop blond. Et puis il y a Léopoldine, mais c’est compliqué, c’est douloureux à chaque fois, parce qu’elle s’attend à voir Shin mais c’est Nazir avec une autre gueule qu’elle retrouve à chaque fois, alors que Nazir est censé être mort. Il ne peut pas s’empêcher de s’en vouloir, parce qu’il sait qu’à chaque fois qu’il ouvre la bouche, il les empêche de faire leur deuil du type qu’ils ont côtoyé pendant des années et en même temps, il est incapable de leur dire de ne plus venir.

Parce que même si c’est peut-être préférable pour eux, ça ne l’est pas pour lui et il n’arrive pas à ne pas être un peu égoïste. Parce que tout seul dans ce vaste manoir, il devient dingue.  La maison est trop grande, trop vide. Chaque pièce a des airs de musée, entre les vases anciens et autres trucs qui lui donnent l’impression que les regarder un peu trop fort suffirait à les briser, les tableaux que la mère – sa mère ? – collectionnait et ceux qu’elle peignait. Il y a cette pièce où personne ne se rend, pas que ce soit interdit mais c’est ainsi, tout le monde sait qu’on ne va pas dans cette pièce, parce que c’est l’ancien atelier de Mrs Moriyama et il n’y a que l’elfe qui s’y rend pour faire le ménage.
Parce qu’ils ont un putain d’elfe, bien sûr. C’est comme si tout était fait pour lui confirmer qu’il n’a rien à foutre ici, qu’il n’y est pas à sa place. L’appartement minuscule à côté du Chemin de Traverse lui manque. Et pourtant, Nazir le détestait cet appart petit et minable, et  passait la plupart de son temps dehors, ou chez Angie.

Nobuo et Keiji sont faciles à vivre. Ils ne parlent pas pour ne rien dire et savent accepter un silence comme quelque chose d’apaisant et pas forcément comme un truc qu’il faut absolument combler. Ils répondent quand il a une question et ils ont la patience. Daiki a plus de mal et parce que le voir est pareil à se retrouver face à un miroir, il a tendance à l’éviter et ça, Daiki le supporte difficilement. Mais le pire, c’est la gosse. Sun. Nazir n’a jamais eu à gérer d’enfants, le seul qu’il a vraiment approché étant Joshua il y a quelques années et Léopoldine se gardait bien de lui confier son fils, puisque ça aurait été une très mauvaise décision. Alors il ne sait pas comment gérer une gamine de cinq ans et encore moins une môme autant en colère qu’elle. Et il paraît que Shin était un super père, qu’il est le héros que Sun attend de retrouver depuis presque trois ans mais ça, il ne s’en souvient pas.
On lui a montré des photos de Shin avec sa femme. Et il peut voir dans son regard combien il l’aimait, qu’elle était le centre de son monde. Et il a du mal de comprendre, parce qu’il est presque certain de n’avoir jamais éprouvé ça pour quelqu’un, jamais à ce point. Et surtout il s’en veut, parce qu’il se dit qu’il devrait pleurer, qu’elle devrait lui manquer terriblement et-- rien. Et ça aussi, ça plonge Sun dans une colère terrible, parce que sa mère lui manque et son père n’est pas fichu de se souvenir d’elle et n’est pas vraiment son père.

Alors il devient dingue et il en perd le sommeil. Parce que c’est la nuit que son cerveau malade semble se décider à faire remonter des souvenirs qu’il peine à comprendre parce qu’ils ne sont pas vraiment les siens. Ses nuits sont mouvementées et ses réveils souvent atroces. Comme ce matin, lorsqu’il ouvre les yeux pour se retrouver face à la tronche de l’elfe de maison qui fait un bond en arrière lorsqu’il se redresse brusquement en gueulant. « Il y a quelqu’un à la porte, monsieur, » fait l’elfe de sa voix fluette et il grogne en se passant une main sur le visage. « Ok, ok. » C’est avec une tronche de six pieds de long qu’il regarde l’heure qu’il est et se demande qui a l’idée complètement incongrue de se pointer à huit heures du matin. Le seul qui lui rend régulièrement visite est Cormac, mais il sait qu’il est rarement levé avant dix heures et n’aurait jamais l’idée de venir aussi tôt.
Il se traîne hors du lit, attrape un t-shirt qu’il enfile par-dessus son pantalon de pyjama et sort de la chambre, dévale les escaliers – il y a trop de marches dans cette baraque, c’est un scandale – et se plante devant la porte qu’il ouvre d’un air ennuyé. Pour écarquiller les yeux quand il la voit, puis se mordre durement l’intérieur de la joue pour se retenir de lui sauter au cou comme il le fait toujours lorsqu’il retrouve Angie.

Parce que ce n’est pas lui qui le fait toujours, c’est Nazir. Et il n’est pas Nazir. « Yo. » Il déglutit avec difficultés, alors que son regard s’attarde sur l’écharpe qu’elle a autour du cou parce qu’il sait d’où elle vient. (« C’est quoi ce truc immonde ? » « C’est une écharpe Johnson, t’es con ou bien ? » « Mais elle est-- jaune ? Pourquoi c’est aussi jaune ? » « Pour mettre un peu d’soleil dans ta vie, souris et dis merci, pétasse. ») Le froid lui agresse le visage, ses bras et ses pieds nus mais il reste planté là avec un air stupide. « Salut, » qu’il arrive finalement à croasser et c’est stupide mais il était sûr d’entendre la voix de Nazir le dire, sauf que c’est celle de Moriyama qui résonne dans l’entrée. « Faut qu’on parle. » Et il y a une part de lui qui a envie de lui répondre qu’elle se fout bien de sa gueule à vouloir lui adresser la parole maintenant, après des mois et que c’est vraiment qu’une connasse. Qu’elle avait pas l’droit d’lui parler comme ça et encore moins d’le regarder comme s’il n’était personne.
Et puis il y a l’autre, qui se rappelle qu’il n’est personne et qu’Angie lui a tellement manqué que même si c’est pour qu’elle le regarde comme un étranger, il peut bien la laisser entrer. Alors il s’écarte. « Entre, ça pèle, » qu’il marmonne avant de refermer la porte lorsqu’elle l’a passée. Elle est à l’intérieur et il reste planté là un moment, à la regarder, juste à la regarder, parce qu’elle a l’air plutôt en forme, enfin, elle l’a vu dans des états bien pires que ça alors probablement que ça va, qu’elle va bien. « Tu veux—tu veux boire un truc ? » Aussitôt, l’elfe de maison apparaît, prêt à prendre leur commande probablement et tout à coup, il est furieux.

Parce que Nazir n’a jamais eu d’elfe de maison à ses ordres, parce que Nazir méprise le simple fait de posséder un elfe de maison, parce qu’il ne veut pas qu’Angie voie qu’il a un elfe de maison, parce que c’est déjà horrible de l’accueillir dans cette immense baraque de putain de bourges. « Ça ira, j’m’en occupe, » siffle-t-il entre ses dents et l’elfe semble hésiter. « Je m’en occupe, va—je sais pas, te détendre, lire un bouquin, juste-- » Il fait de grands gestes avec ses mains, presque paniqué. « Je sais faire du thé tout seul, merde, » qu’il marmonne et enfin, l’elfe se décide à partir mais il a l’air déçu et triste et il a envie de se gifler. « ‘Chier, » jure-t-il avant d’oser lever un regard vers Angelina. « Désolé, c’est juste que-- » Il fait un autre geste de la main, désignant le manoir, la situation, tout ce qui ne va pas dans cette putain de baraque qui n’est pas la sienne. « Y a à bouffer aussi si tu veux. J’peux faire un truc. Il est tôt. Putain meuf, il est méga tôt, » se met-il à geindre en se traînant en direction de la cuisine.

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Bodies fill the fields I see, hungry heroes end. No one to play soldier now, no one to pretend. Running blind through killing fields, bred to kill them all. Victim of what said should be, a servant 'til I fall. Soldier boy, made of clay, now an empty shell. (disposable heroes)
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19 Janvier 2004 & Moriyama's House

If you could read my mind, love, What a tale my thoughts could tell. Just like an old time movie, 'Bout a ghost from a wishing well. In a castle dark or a fortress strong, With chains upon my feet. You know that ghost is me. And I will never be set free As long as I'm a ghost that you can't see.
Nazir était mort et pourtant, pourtant c'était Nazir qui se trouvait devant elle. Il pouvait se cacher avec sa petite taille, sa baraque immense et sa voix absolument pas pareille, mais il avait les mêmes intonations que lui. « Entre, ça pèle. » Jamais Moriyama lui aurait dit ça. Après, elle se souvenait pas trop de comment Moriyama parlait. Il faisait partie de cette immense partie de la population de Poudlard dont Angelina s'était complètement branlée. Elle regretterait presque. Parce que là, elle savait pas ce qui était l'autre, et ce qui était lui. Elle aurait voulu voir autre chose que ça, autre chose que les ressemblances. Mais il n'y avait que ça pour lui sauter à la gueule.
Elle aurait voulu être déçue, ne pas le reconnaître, ne jamais retomber dans le piège. Voir à quel point, vraiment, c'était pas Nazir. Mais déjà elle avait l'impression d'être un peu au Chemin de Traverse. « Tu veux – tu veux boire un truc ? » Parce qu'en fait elle pouvait le voir, qui essayait de ne pas avoir l'air trop intime avec elle. Elle pouvait voir qu'il se retenait d'être Nazir. Ce mec là, ce mec qui ne ressemblait rien à Nazir, elle ne savait pas comment, mais elle le comprenait. Elle resta immobile, à regarder autour d'elle, avant que son visage ne croise celui de l'elfe de maison. Elle eut presque un sursaut. Elle était habitué aux elfes de Turner mais en voir un, là, chez Nazir, c'était ridicule. « Ça ira, j’m’en occupe ; » Il avait la réaction qu'elle aurait attendu de lui. C'était ridicule. « Je m'en occupe va – je sais pas, te détendre, lire un bouquin, juste –  » Elle regarda ses grands gestes, elle le reconnaissait, elle le reconnaissait tellement et elle réalisait de plus en plus à quel point il lui manquait. (Lui avait manqué ?) « Je sais faire du thé tout seul, merde. » Elle esquissa un sourire. « 'Chier. » Elle avait le cœur qui battait à tout rompre, de l'entendre jurer comme ça. « Désolée, c'est juste que –  » Sur ces mots, il désigna l'ensemble du manoir et, aussitôt, elle comprit ce qu'il voulait dire. Elle acquiesça, en silence, la gorge nouée. Sur son visage, elle essayait de ne pas laisser paraître la profondeur de son trouble. Elle n'avait, cependant, jamais réussi à cacher quoi que ce soit à Nazir.
Sauf que ce n'était pas Nazir.

Angelina chassa cette pensée, et toutes les autres, et l'émotion, et le picotement des larmes, en se dirigeant droit vers la cuisine. Elle essaya, en tout cas. « Y a à bouffer aussi si tu veux. J’peux faire un truc. Il est tôt. Putain meuf, il est méga tôt. » Elle eut un grognement qui ressemblait à un ricanement, le genre de rire absurde qu'elle sortait toujours à Nazir lorsqu'il se plaignait. « J'suis levée depuis deux heures, c'bon, fais pas ta chochotte. On est habitué à- » Elle s'arrêta, déglutit, crispa un instant la mâchoire de s'entendre parler comme ça. Elle avait d'un côté envie de nier qu'il puisse être quoi que ce soit s'approchant de son ami d'enfance, et en même temps elle était obligée d'accepter les fait : oui, il avait eu le temps de s'habituer, pendant un an et demi, au fait de se réveiller tôt. Durant un an et demi, c'était bien lui qui s'était levé avec elle presque tous les matins. « 'Fin moi j'ai pas perdu mes bonnes habitudes, contrairement à certains. » C'était étrange, de le taquiner aussi facilement, et pourtant de se sentir aussi étrange en le faisant.
Elle fit irruption dans la cuisine. Elle était nerveuse, et énervée, et elle ne laissa même pas Na- Shin faire quoi que ce soit. Direct, elle ouvrit un placard, se heurtant aux assiettes. Elle fronça les sourcils, avisant de l'autre qui lui indiqua, automatiquement, la direction d'un placard. En l'ouvrant, elle réalisa qu'il avait tout de suite deviné ce qu'elle cherchait : les céréales. Bien sûr, qu'il savait ce qu'elle mangeait le matin. Il l'avait trompée pendant un an et demi, il s'y était habitué. C'était pas une info privilégiée de Nazir. N'importe qui pourrait le savoir. C'était pas comme si...

Pendant qu'il commençait à préparer le thé, elle s'installa, sans gêne, sur la table. Assise en tailleur, le paquet de céréales entre les jambes, elle commença à piocher dedans à mains nues. Elle n'en mangeait jamais avec du lait. Elle préférait quand ça croquait.
Ils restèrent un instant silencieux, avec le bruit de l'eau qui boue et le craque des céréales contre ses dents. Elle allait devoir se mettre à parler, assez vite. Elle allait devoir se dévoiler un peu, se laisser faire un peu, accorder quelques batailles à Cormac. Elle était là, donc, déjà, le pire était fait, non ?

« Bon, ouais, du coup, Cormac m'a dit que c'était pas la forme, dernièrement. » Elle eu un rictus en coin, presque surprise de son propre sarcasme. « Et que tu avais besoin d'aide. Et je sais que t'en as demandé, la dernière fois qu'on s'est vu. Et que bon, t'as vraiment l'air putain de perdu. Et qu'il paraît que ça a été prouvé que t'avais vraiment pas fait exprès. Bref. » Elle parlait trop. C'était parce qu'elle avait l'impression d'être face à Nazir, et qu'elle avait tellement eu la persuasion de ne jamais pouvoir lui reparler... Elle avait l'impression d'être de retour dans cette petite salle du Ministère, face à la coquille ville de son ami d'enfance, et de lui dire tout ce qu'elle n'avait  jamais osé lui dire. Sauf que cette fois-ci, il la regardait en face. Sauf que cette fois-ci, il avait les yeux bridés. « Ouais, j'sais pas trop c'que tu veux, ou c'que t'as besoin, mais j'suis là. 'Fin tu me connais, j'suis pas trop la meuf conseillée dans ce genre de cas genre, prendre soin des gens mais, voilà, si t'as besoin. J'suis là. »

Le truc qu'elle n'aurait jamais dit à Shin.
Le truc qu'elle n'aurait jamais eu besoin de préciser à Nazir.
Mais au fond, la personne devant elle n'était ni l'un et ni l'autre.
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WIZARD • always the first casuality
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‹ scolarité : 1989 et 1996.
‹ baguette : Nazir & Shin ont tous les deux perdu leur baguette, il a fallu leur en trouver une nouvelle : 29cm, taillée dans du saule, contenant une moustache de Tanuki.
‹ gallions (ʛ) : 625
‹ réputation : on disait de Shin qu'il était intelligent, calme, discret, le genre de mec pas chiant, pas intéressant non plus. De Nazir, on disait que c'était une tête brûlée, un cancre, un type violent parmi les Insurgés, mais efficace. Aujourd'hui, les deux sont un peu morts, alors on en parle beaucoup, mais sans trop savoir quoi dire.
‹ particularité : c'est un Métamorphomage, mais il ne sait plus du tout contrôler son don et le tatouage qu'il a dans le dos l'empêche de l'utiliser correctement. C'est également un Maître de l'Air, qui a tout à réapprendre.
‹ faits : shin s'est marié jeune et a eu une gamine qui a maintenant six ans, Sun - sa femme et sa gosse, c'était tout pour lui - c'était un mec brillant, capable de parler trois langues (anglais, coréen & japonais) très à cheval sur son éducation stricte et rigoureuse, très branché culture asiatique - mais shin a été capturé par le gouvernement en 2001 et est devenu le cobaye du département des mystères - ils ont trafiqué son corps, joué avec son don de métamorphomage, ont fait de lui l'espion ultime - en 2002, il est devenu Nazir Peterson, Insurgé Belliqueux, meilleur ami d'Angelina Johnson - aujourd'hui, il ne sait plus qui il est, Shin ou Nazir, les deux ?
‹ résidence : il vit au Manoir Moriyama, sa famille ne veut pas le laisser tout seul après ce qu'il a vécu.
‹ patronus : informe désormais, autrefois il prenait la forme d'un porc-épic, il paraît que celui de Shin avait la forme d'une tortue géante
‹ épouvantard : un miroir, le plus souvent reflétant les traits de Shin.
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angelina johnson

If you could read my mind, love, What a tale my thoughts could tell. Just like an old time movie, 'Bout a ghost from a wishing well. In a castle dark or a fortress strong, With chains upon my feet. You know that ghost is me. And I will never be set free As long as I'm a ghost that you can't see.
Il ne peut pas être Nazir, surtout pas avec elle. Parce que c’est la dernière chose dont elle a besoin, voir un type qui n’est pas son ami d’enfance agir et parler comme lui. Surtout alors que le vrai a été achevé quelques semaines plus tôt. Il ne peut pas être Nazir, parce qu’il sait qu’il n’en a pas le droit, pas devant Angie. Et pourtant, il ne sait être que lui. Et pourtant, plus que jamais, il a envie d’être lui. « J'suis levée depuis deux heures, c'bon, fais pas ta chochotte. On est habitué à- » A peine commence-t-elle à lui faire la leçon qu’il lève les yeux au ciel mais lorsqu’elle s’interrompt brusquement, il se fige à son tour, crispé, parce qu’il sait pourquoi elle s’est arrêtée. Parce qu’elle a fait l’erreur, comme beaucoup, de penser qu’elle s’adressait à l’un, avant de réaliser qu’elle avait l’autre en face de lui. Et comme tous les autres, elle va devenir bizarre maintenant qu’elle s’en est souvenue. Les gens s’excusent habituellement mais pas Angie, alors elle va juste agir étrangement et il n’est pas certain d’être capable de supporter ça. « 'Fin moi j'ai pas perdu mes bonnes habitudes, contrairement à certains. » Le soulagement lui arrache un rire rauque et il reprend son chemin en direction de la cuisine. « J’suis pas une chochotte, c’est toi qu’est pas humaine, » réplique-t-il avant de commencer à préparer du thé. Lorsqu’il l’entend ouvrir un placard et la voit se figer en se retrouvant face à des assiettes, il esquisse un mince sourire et du doigt, lui pointe le placard dans lequel elle trouvera des céréales. Il n’est pas parfaitement habitué à cette cuisine, mais ça il a retenu, parce que c’est ce que Sun aime manger les matins.
Lorsque l’eau chauffe, il se retourne, les mains sur le plan de travail, pour trouver Angie assise sur la table, le nez dans le paquet de céréales. Ça le fait presque sourire, Johnson juchée sur une table à prendre des poignées de céréales sans aucune grâce. Presque, parce que ça fait un peu mal, aussi. « Bon, ouais, du coup, Cormac m'a dit que c'était pas la forme, dernièrement. » Il secoue la tête, un air à moitié exaspéré, à moitié attendri sur ses traits, parce que pas la forme, c’est tellement loin de la vérité et tellement Angie de dire un truc aussi con. « Et que tu avais besoin d'aide. Et je sais que t'en as demandé, la dernière fois qu'on s'est vu. Et que bon, t'as vraiment l'air putain de perdu. Et qu'il paraît que ça a été prouvé que t'avais vraiment pas fait exprès. Bref. » Il se retient de répliquer amèrement qu’elle le saurait, si elle avait assisté à son procès et pas seulement laissé Cormac lui faire un compte-rendu, parce que c’est probablement ce qui s’est passé. « Ouais, j'sais pas trop c'que tu veux, ou c'que t'as besoin, mais j'suis là. 'Fin tu me connais, j'suis pas trop la meuf conseillée dans ce genre de cas genre, prendre soin des gens mais, voilà, si t'as besoin. J'suis là. » Okay, il a besoin d’une pause.

Alors il se retourne, les mains crispées sur le plan de travail, alors qu’il ferme les yeux pour inspirer profondément. Ne pas se laisser submerger. Quand il se laisse submerger, il ne respire plus très bien et son corps se met à faire n’importe quoi et— voilà, il peut sentir sa peau qui fourmille, son crâne qui le tiraille et dans le reflet de la porte du placard en verre devant lui, il peut voir sa tignasse qui grisaille. Il ferme à nouveau les yeux, parce que la dernière chose dont il a besoin, c’est de se dire que le visage qui lui fait face n’est pas le bon et qu’il devrait ressembler plus à Nazir et moins à—ça le brûle là, dans son dos et il serre les dents et ses doigts agrippent fermement le comptoir.
Ça siffle brusquement et il sursaute, attrape la bouilloire qu’il retire du feu pour la poser sur le plan de travail. Catastrophe évitée. Il n’arrive cependant pas à faire face à Angelina, alors qu’il met un sachet de thé dans chaque tasse et les remplit d’eau en essayant de ne pas trop trembler. « J’l’ai vu, tu sais ? » murmure-t-il d’une voix rauque, les yeux rivés sur les deux tasses qui infusent lentement. Il n’a pas besoin de préciser qui, Angie sait très bien de qui il parle. « C’est là que j’ai compris que— enfin, que c’était pas moi. Que j’étais pas lui. » Ses sourcils se froncent. « De toute façon j’me traîne cette gueule depuis des mois alors j’dois bien m’rendre à l’évidence, » siffle-t-il entre ses dents. Et à chaque fois qu’il essaye d’avoir des traits différents, c’est la douleur, son corps qui se rebelle et lui rappelle que ce n’est pas lui.

« Les autres – Daiki, Keiji et Nobuo – y m’racontent des trucs mais ça veut juste rien dire, c’est—je sais pas, c’est un autre type. » Un gars qui ne lui ressemble en rien. « Si tu m’demandes où j’ai grandi, c’est clairement pas dans un putain d’manoir. Si tu m’demandes des trucs sur ma famille, j’vois pas tous ces gens, j’vois—j’vois un gars qui fait d’son mieux pour élever son ingrat d’fils et j’me souviens des mandales de Turner et d’toi-- toi. » (« Ma mère se remarie. J’la hais. » « C’est l’moment où j’dis que tu détestes pas vraiment ta mère ou tu préfères que j’approuve ? » « A ton avis. » « Ah la pute. ») La gorge nouée, il déglutit avec difficultés et c’est bizarre de dire tout ça, c’est bizarre de le dire à Angelina parce qu’ils n’ont pas besoin de parler d’habitude, ils savent. « Quand j’pense à Poudlard j’t’entends te plaindre que Wood est une plaie et qu’il va finir par vous tuer à la tâche. J’me vois en train d’chouiner parce que j’vais foirer mes ASPICs et toi qu’essaye de m’faire réviser en m’enfonçant l’bouquin dans l’crâne. » (« Mais putain meuf arrête ! » « Tu m’empêches de me concentrer, arrête de chialer ! » « Je chiale pas, je me plains que c’est difficile ! » « Ce serait peut-être moins difficile si t’écoutais un peu en cours au lieu de pioncer. » « D’où tu m’fais la morale ? » « J’pionce parce que j’me dépense physiquement aux entraînements et c’est épuisant ! » « Mais moi aussi j’me dépense physiquement quand je-- » « Ta gueule. ») C’est plus fort que lui, le sourire qui se dessine sur ses lèvres.
« J’fais pas semblant, c’est pas—c’est pas des conneries que j’récite ou que—putain ce s’rait tellement plus simple si c’était qu’ça. » Il fait volte-face, enfin, ose lever les yeux vers Angie et si ses iris sont brusquement plus bruns que noirs, ce n’est pas de son ressort. « Y a des jours où j’voudrais qu’ils retournent trafiquer là-dedans pour effacer tout ça, » avoue-t-il en tapotant sa tempe d’un index tremblant. « Parce que—parce que j’ai pas l’droit d’savoir tout ça, pas vrai ? J’ai pas l’droit de—mais si j’le fais, j’suis quoi, il reste quoi, je-- » Sa voix se brise, ses dents viennent meurtrir sa lèvre inférieure. « J’ai besoin d’toi, Angie, » avoue-t-il enfin dans un murmure à peine audible. « J’ai besoin qu’tu m’dises que j’ai l’droit d’me souvenir de tout ça, que j’ai l’droit d’avoir envie d’te voir quand j’me sens comme une merde parce que j'm'en branle que tu sois nulle à ça, t’es la seule personne en qui j’ai confiance, j'ai besoin qu'tu m'dises que j’peux— j’ai b’soin qu’tu m’dises que j’peux être moi—lui, parce que si j’suis pas lui, j’sais pas qui j’suis, j’sais juste pas qui j’suis. » L’approbation d’Angelina Johnson, c’est la seule dont il a besoin. Et s’il ne l’a pas alors il peut bien la laisser lui retirer tous ces souvenirs elle-même, parce qu’il n’y a qu’à elle que Nazir appartient vraiment.

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Bodies fill the fields I see, hungry heroes end. No one to play soldier now, no one to pretend. Running blind through killing fields, bred to kill them all. Victim of what said should be, a servant 'til I fall. Soldier boy, made of clay, now an empty shell. (disposable heroes)
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19 Janvier 2004 & Moriyama's House

If you could read my mind, love, What a tale my thoughts could tell. Just like an old time movie, 'Bout a ghost from a wishing well. In a castle dark or a fortress strong, With chains upon my feet. You know that ghost is me. And I will never be set free As long as I'm a ghost that you can't see.
Les mots que prononça Angelina Johnson ce jour-là créèrent un vide de silence.

Elle n'était pas le genre de femme à ouvrir son cœur, ni à pleurer sur les genoux de ses amis, ni même à pardonner quelqu'un qui lui avait menti. Elle n'était pas, techniquement, capable de se laisser aller à être faible face à quelqu'un. Il fallait toujours lui arracher toute fissure. Il y avait des gens pour ça, pour éveiller en elle ce quelque chose de brisé qu'elle refusait toujours de voir : son père, Georges, Cormac, ils avaient toujours eu ce rôle. Les autres devaient faire avec le mur constitué par l'obstination d'Angelina. Ainsi donc, elle s'ouvrait rarement. Et lorsqu'elle le faisait, elle était habituée à ce genre de réaction, cet espèce de silence où on essaye d'encaisser ce qu'elle vient de dire.
Ce qu'elle avait dit, ainsi, l'air de rien, était loin d'être aussi évident qu'il n'y paraissait. Elle ne faisait pas ce genre d'offre. Si Angelina te proposait son aide c'était le plus souvent parce qu'elle te considérait faible et incapable de te débrouiller seul (ou que tu t'appelais Katie Bell). Elle ne disait jamais ce genre de choses à Alicia, même alors qu'elle l'avait vue dans ses crises les plus terribles. C'était Cormac, le mec cool qui soutenait les autres. C'était Nazir, qui s'occupait de toi sans que tu le remarques. Elle, elle ne faisait pas cela.
Elle se souvenait d'une fois, une mission, où Nazir et elle s'étaient laissés aller dans un câlin. Ils avaient eu peur pour leur vie respective et en se revoyant ils étaient juste tombés dans les bras l'un de l'autre. L'embrassade avait duré à peine cinq secondes, où il s'étaient serrés l'un l'autre avec une brutalité qui leur appartenait et... en se séparant, s'étaient raclés la gorge en riant nerveusement et se traitant de tarlouze. ( « P'tain Rocket je rêve ou tu chiales ? » « De dégoût face à ta gueule ouais. Je rêve ou tu m'as sniffé les cheveux ? » « Roh fais pas genre, j'ai senti ta main sur mon cul coquine. » ) Elle avait l'impression de revenir à ce moment.
Elle attendait que Nazir se retourne et lui ricane à la tronche.

Shin ne riait pas, cela dit. Il avait l'air véritablement secoué par ses paroles. Elle se demanda comment Nazir aurait réagi si elle  lui avait dit cela. Genre le vrai Nazir. Est-ce que c'était cela, qui les différenciait ? Mais en même, à sa place, comment aurait-elle réagi ? Putain, comment aurait-il réagi ? Il lui aurait jamais tourné le dos comme ça. Elle le savait, bien entendu, qu'il était quelqu'un de bien mieux qu'elle. Elle s'en souvenait distinctement. Elle lui avait dit d'ailleurs, quand - « J'l'ai vu, tu sais ? » Elle ferma les yeux, brusquement, pour canaliser l'élan d'émotion qu'elle ressenti en imaginant ce mec face au corps de Nazir. Elle savait qu'ils  l'avaient amené au procès. Il avait sûrement encore la trace de ses larmes sur ses vêtements. Est-ce que Cormac lui avait dit, qu'elle aussi l'avait vu ? Elle ne dit rien. Elle ne voulait pas voir son visage, s'il apprenait un jour qu'elle avait été à peine à quelques mètres de lui ce jour-là. Et qu'elle n'était pas venue. « C’est là que j’ai compris que— enfin, que c’était pas moi. Que j’étais pas lui.  De toute façon j’me traîne cette gueule depuis des mois alors j’dois bien m’rendre à l’évidence.  » Elle rouvrit vite les yeux pour le regarder, elle pouvait voir quelque chose qui se passait, avec son visage. Des contractions, des légères modifications, comme si quelque chose sous sa peau essayait de sortir à  l'air libre. « Les autres – Daiki, Keiji et Nobuo – y m’racontent des trucs mais ça veut juste rien dire, c’est—je sais pas, c’est un autre type.  Si tu m’demandes où j’ai grandi, c’est clairement pas dans un putain d’manoir. Si tu m’demandes des trucs sur ma famille, j’vois pas tous ces gens, j’vois—j’vois un gars qui fait d’son mieux pour élever son ingrat d’fils et j’me souviens des mandales de Turner et d’toi-- toi.  » Le visage d'Angelina resta impassible. Elle observait cet homme, cet étrange petit asiatique, cette Elite qu'elle n'avait jamais pu piffer, emprunter des mots qui n'étaient pas censés lui appartenir. Elle se souvenait, maintenant, du regard de Cormac lorsqu'il lui avait dit d'aller voir Shin. Il y avait eu une urgence dans ses yeux, comme s'il lui avait demandé autant pour le métamorphomage que pour elle, elle qui vivait son deuil comme un démembrement. « Quand j’pense à Poudlard j’t’entends te plaindre que Wood est une plaie et qu’il va finir par vous tuer à la tâche. J’me vois en train d’chouiner parce que j’vais foirer mes ASPICs et toi qu’essaye de m’faire réviser en m’enfonçant l’bouquin dans l’crâne.  » Elle fronça les sourcils, essayant de rassembler ces souvenirs sans vraiment réussir. Trop de révisions s'entremêlaient, trop de visages devaient être effacés et toujours, dans ces souvenirs, résonnait le rire de Katie qu'elle se refusait d'entendre. Elle n'avait cependant pas besoin de s'en souvenir pour sentir que c'était vrai. Qu'il se souvienne de choses qu'elle avait oublié importait, au final, assez peu. Ce qui l'hypnotisait et qui l'empêchait de détourner le regard de Shin était le fait qu'il le disait exactement comme Nazir. C'était comme si Nazir parlait. « J’fais pas semblant, c’est pas—c’est pas des conneries que j’récite ou que—putain ce s’rait tellement plus simple si c’était qu’ça.  »

Shin fit volte-face. Elle était toujours sur sa table, en tailleur, les céréales posées à côté d'elle tandis qu'elle le fixait, toujours immobile et impassible. Le regard qu'il plongea dans le sien, cependant, lui coupa le souffle. C'était un regard qu'elle aurait voulu frapper jusqu'à le faire disparaître, car c'était celui de Nazir. Un terrible tremblement la parcouru, comme un spasme, la faisant serrer les poings dans ses gants qu'elle n'avait pas retiré. « Y a des jours où j’voudrais qu’ils retournent trafiquer là-dedans pour effacer tout ça. » Elle aussi, s'était beaucoup dit cela. « Parce que—parce que j’ai pas l’droit d’savoir tout ça, pas vrai ? J’ai pas l’droit de—mais si j’le fais, j’suis quoi, il reste quoi, je--  » Non, il n'avait pas le droit de savoir tout ça. Il savait très bien qu'elle le pensait, il n'y avait pas besoin de le contredire là-dessus. Il la connaissait parfaitement, bien trop parfaitement, et alors qu'elle sentait sa voix vraiment se briser elle comprit qui était devant elle.

« J’ai besoin d’toi, Angie.  » Angie. Angie. Le surnom lui troue le ventre. Elle ne s'habituait toujours pas à ce qu'on la rappelle comme ça. Angie était morte depuis longtemps à ses yeux, surtout depuis qu'il n'y avait plus Stormrage pour faire la gaffe et l'appeler comme ça en plein campement. C'était à cause de lui que certains insurgés avaient appris son prénom. Les fous rires qu'il y avait eu en apprenant qu'elle s’appelait Angelina. Meilleure blague de l'année. Et cette blague, Nazir ne l'avait jamais entendue. « J’ai besoin qu’tu m’dises que j’ai l’droit d’me souvenir de tout ça, que j’ai l’droit d’avoir envie d’te voir quand j’me sens comme une merde parce que j'm'en branle que tu sois nulle à ça, t’es la seule personne en qui j’ai confiance, j'ai besoin qu'tu m'dises que j’peux— j’ai b’soin qu’tu m’dises que j’peux être moi—lui, parce que si j’suis pas lui, j’sais pas qui j’suis, j’sais juste pas qui j’suis.  » Elle inspira. Elle comprenait mieux, maintenant, pourquoi ce mec ne se comportait pas comme Nazir. Il en était incapable, si Angelina n'était pas présente pour lui faire écho. Ce bouffon était incapable de marcher droit sans sa Rocket pour lui balancer des reproches à la figure. Tout comme elle était incapable de comprendre quoi que ce soit à ce qu'elle traversait sans que Nazir ne le lui explique.

Elle regardait Shin, et elle était contente de le voir. Ce n'était pas Nazir, devant elle, c'était tout sauf Nazir, mais le regarder c'était comme d'être avec lui. Il lui manquait, ce bouffon, il lui manquait terriblement. Alors cela lui faisait juste plaisir de le voir.

Ce fut la réalisation finale, celle qui fit vibrer en elle un coup de sang, et s'écrier brutalement : « Oh putain mais j'te laisse cinq minutes et tu te transformes en putain de mauviette, c'est pas possible ! » La belliqueuse soupira, secouant la tête, avant de se laisser glisser de la table pour se retrouver debout face à lui. Elle le fusillait du regard. La mâchoire contractée, la voix sèche, elle lui lança à la figure : « Faut que t'arrêtes de demander la putain de permission d'exister. C'est bon quoi, tu cherches quoi, à faire plaisir à tout le monde ? C'est quoi ce blabla où tu cherches à plaire à des mecs que tu connais pas, qu'est-ce qu'on s'en fout de ce que pensent les autres putain ! » Elle leva les yeux au ciel, essayant de se calmer un peu, secouant sa crinière de cheveux avec un air désespéré. De nouveau, il y avait eux et les autres. « C'pas à moi de te dire quoi faire, crétin. Par contre, c'qui est clair, c'est qu'si tu oses oublier un seul petit morceau de souvenir de Nazir, si tu oses oublier quoi que ce soit de ce qu'on avait tous les deux, j'te jure qu'Herpo Creek ce sera une soirée feu de camp et marshmallow à côté. » Elle cracha presque au sol pour appuyer sa promesse, mais se contenta de le fustiger du regard.
Angelina n'était pas là pour le consoler, le câliner, le rassurer. Cela n'avait jamais été son rôle et ça ne le serait pas aujourd'hui. Elle ne récupérait pas les mauviettes. Les autres avaient peut-être envie de voir ce mec chialer mais franchement, elle, elle avait de lui en foutre une lorsqu'il se plaignait alors que Nazir, lui, était mort.
Sa voix réussit cependant par s'adoucir alors qu'elle ajoutait :

« Moi, en tout cas, ce que je sais, c'est que tu es Stormrage. » Elle déglutit, tant l’aveu lui coûtait. Ça lui brûlait les lèvres, ça lui lacérait les entrailles de l'avouer, mais elle avait promis qu'elle ferait tout pour aider la personne devant elle. « On était à peine habitué à nos surnoms quand vous avez été échangés. Alors voilà, pour moi, t'es Stormrage. Genre, tous les souvenirs de la rébellion, la vraie, ils sont à nous deux. Ste-Mangouste, c'était toi et moi. Apprendre à apprécier Cormac, c'était toi et moi. » Elle laissa échapper un sourire de travers, avant de faire un pas vers lui. C'était ces yeux, les yeux de Nazir, qui l'attiraient ainsi, et qui  la firent poser un peu brusquement (toujours avec eux) son front contre le sien. Elle murmura à son tour : « J'ai besoin de toi aussi, crétin. » Elle se détesta, de sentir sa voix trembler un peu, et elle garda encore un instant les yeux fermés, pour réussir à la stabiliser. « Plus rien n'a de sens, dernièrement. » Sans toi.
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WIZARD • always the first casuality
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‹ âge : 26
‹ occupation : au chômage, pour le moment, il ne sait pas tellement quoi faire de ses dix doigts. Shin était Oubliator, et Nazir Chasseur de Trésors, autant dire que ça n'a rien à voir.
‹ maison : Shin était à Serdaigle et Nazir à Gryffondor.
‹ scolarité : 1989 et 1996.
‹ baguette : Nazir & Shin ont tous les deux perdu leur baguette, il a fallu leur en trouver une nouvelle : 29cm, taillée dans du saule, contenant une moustache de Tanuki.
‹ gallions (ʛ) : 625
‹ réputation : on disait de Shin qu'il était intelligent, calme, discret, le genre de mec pas chiant, pas intéressant non plus. De Nazir, on disait que c'était une tête brûlée, un cancre, un type violent parmi les Insurgés, mais efficace. Aujourd'hui, les deux sont un peu morts, alors on en parle beaucoup, mais sans trop savoir quoi dire.
‹ particularité : c'est un Métamorphomage, mais il ne sait plus du tout contrôler son don et le tatouage qu'il a dans le dos l'empêche de l'utiliser correctement. C'est également un Maître de l'Air, qui a tout à réapprendre.
‹ faits : shin s'est marié jeune et a eu une gamine qui a maintenant six ans, Sun - sa femme et sa gosse, c'était tout pour lui - c'était un mec brillant, capable de parler trois langues (anglais, coréen & japonais) très à cheval sur son éducation stricte et rigoureuse, très branché culture asiatique - mais shin a été capturé par le gouvernement en 2001 et est devenu le cobaye du département des mystères - ils ont trafiqué son corps, joué avec son don de métamorphomage, ont fait de lui l'espion ultime - en 2002, il est devenu Nazir Peterson, Insurgé Belliqueux, meilleur ami d'Angelina Johnson - aujourd'hui, il ne sait plus qui il est, Shin ou Nazir, les deux ?
‹ résidence : il vit au Manoir Moriyama, sa famille ne veut pas le laisser tout seul après ce qu'il a vécu.
‹ patronus : informe désormais, autrefois il prenait la forme d'un porc-épic, il paraît que celui de Shin avait la forme d'une tortue géante
‹ épouvantard : un miroir, le plus souvent reflétant les traits de Shin.
‹ risèd : il se voit sous les traits de Nazir, avec Rocket et Doxy.
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angelina johnson

If you could read my mind, love, What a tale my thoughts could tell. Just like an old time movie, 'Bout a ghost from a wishing well. In a castle dark or a fortress strong, With chains upon my feet. You know that ghost is me. And I will never be set free As long as I'm a ghost that you can't see.
« Oh putain mais j'te laisse cinq minutes et tu te transformes en putain de mauviette, c'est pas possible ! » Il sursaute et se fige brusquement, les yeux écarquillés, comme foudroyé sur place par la puissance de son cri, par les mots violents. Il s’attendait à beaucoup, mais pas à ce qu’elle réagisse comme ça. Il s’attendait presque à ce qu’elle lui crache qu’en effet, elle ne voulait pas d’un imposteur avec les souvenirs de Nazir. Qu’elle comptait bien lui arracher tout ça du crâne, parce qu’il n’a pas le droit de se rappeler de tout ce qu’elle a vécu avec lui. Angie qui lui crache ça au visage, n’importe qui prendrait ça pour un refus et du mépris, mais lui il sait. Angie qui lui dit ça, c’est Angie qui l’accepte et putain de merde il pourrait en chialer s’il était quelqu’un d’autre. Elle a les yeux qui lancent des éclairs quand elle se plante devant lui et ils sont combien à avoir flanché face au regard terrible de Rocket ? Pas lui, jamais lui, parce que sa rage a toujours été aussi forte que celle de la Belliqueuse, parce qu’ils ont toujours été identiques, ils se sont toujours reconnus, même lorsque les autres ne savaient plus ce qu’ils étaient devenus. « Faut que t'arrêtes de demander la putain de permission d'exister. C'est bon quoi, tu cherches quoi, à faire plaisir à tout le monde ? C'est quoi ce blabla où tu cherches à plaire à des mecs que tu connais pas, qu'est-ce qu'on s'en fout de ce que pensent les autres putain ! » C’est vrai, il n’en a jamais rien eu à foutre de ce qu’on pense de lui.
Mais parce que Angie lui a arraché tous ses repères en disparaissant de sa vie, il s’est raccroché à ceux de Shin en espérant que ça suffirait, en se disant que ça devait suffire, puisqu’il n’avait pas le droit d’être Nazir. « C'pas à moi de te dire quoi faire, crétin. Par contre, c'qui est clair, c'est qu'si tu oses oublier un seul petit morceau de souvenir de Nazir, si tu oses oublier quoi que ce soit de ce qu'on avait tous les deux, j'te jure qu'Herpo Creek ce sera une soirée feu de camp et marshmallow à côté. » Il laisse échapper un rire rauque un peu pathétique, à ça. Il a le droit d’être Nazir, Angelina accepte qu’il soit Nazir et il n’a besoin de rien d’autre que ça. Il secoue la tête parce que non, il n’oubliera rien, il n’oubliera plus jamais rien.

« Moi, en tout cas, ce que je sais, c’est que tu es Stormrage. » Okay, peut-être que sa gorge se noue un peu et peut-être qu’il renifle et c’est vraiment pitoyable, mais si quelqu’un a toujours su le rendre émotif c’est Angie et il l’a toujours un peu détestée pour ça. « On était à peine habitué à nos surnoms quand vous avez été échangés. Alors voilà, pour moi, t'es Stormrage. Genre, tous les souvenirs de la rébellion, la vraie, ils sont à nous deux. Ste-Mangouste, c'était toi et moi. Apprendre à apprécier Cormac, c'était toi et moi. » Sourire faible cette fois, alors qu’il hoche la tête. Oui, c’était lui à ce moment-là. Avec les souvenirs et la tronche d’un autre, mais c’était lui.
Elle s’approche encore et lorsque le front d’Angie touche le sien, Nazir ferme les yeux et laisse échapper un soupir tremblant. Elle n’est pas tactile, elle ne l’a jamais été, mais lui, si. Bien souvent, elle subissait ses mains qui attrapaient les siennes, qui allaient se perdre sur sa peau, son visage qu’il allait cacher dans ses cheveux lorsqu’elle était trop crevée pour lui dire d’arrêter de la coller. « J’ai besoin de toi aussi, crétin. » Si elle le fait chialer, il la tue. « Plus rien n’a de sens, dernièrement. » Oh Merlin, ce qu’il peut l’aimer. C’est pas juste qu’ils se connaissent depuis qu’ils sont gosses et que l’avoir à ses côtés est devenu une habitude. C’est qu’elle est cette constante dans sa vie sans laquelle il ne peut pas fonctionner. C’est qu’elle est la tête de mule insupportable qu’il a envie de fracasser parfois, mais c’est parce qu’elle a souvent raison. C’est qu’il a même pas besoin de parler pour qu’elle sache ce qu’il a dans la tête. C’est qu’ils sont tellement pareils qu’il a l’impression qu’elle est la seule capable de vraiment le comprendre. Il a vu le pire d’Angelina Johnson et elle a vu le pire de Nazir Peterson et pourtant, aucun des deux n’est parti.

La guerre est terminée et ils devraient être soulagés, heureux, mais comme lui, elle ne peut s’empêcher de se dire que ce n’est pas vraiment fini. Que probablement, ça ne sera jamais vraiment fini, pas pour eux. Il y en a qui se réjouissent et qui ont sauté sur la première occasion de reprendre une vie normale mais eux, ils en sont incapables. Même s’il n’avait pas découvert qu’il était en vérité un pantin du gouvernement, il sait qu’il n’aurait pas réussi à vivre normalement. Pas après ce qu’ils ont fait.

« Tu m’dégoûtes, » lâche-t-il enfin, parce que c’est ce qu’ils se jettent au visage, quand ils trouvent que l’autre commence à être beaucoup trop sentimental, mais le tremblement dans sa voix, c’est la preuve qu’il est autant à deux doigts d’en montrer plus que ce que sa dignité l’autorise à afficher qu’elle. Ses mains viennent trouver celles de la jeune femme et il fait de son mieux pour ne pas avoir l’air trop surpris quand l’une d’elle s’avère être froide et dure. Il sait pourquoi, mais il n’avait pas encore vu. Il ouvre les yeux et quand elle arrive enfin à faire de même, il a rassemblé suffisamment de courage pour afficher un sourire de travers. « Même si t’es sacrément sexy quand tu brûles des trucs, j’te promets que j’oublierai rien, » murmure-t-il avant de détacher son front du sien, une lueur amusée dans ses yeux encore trop semblables à ceux de Nazir. Il lâche la main faite de chair, ramène l’autre entre eux, sourcils froncés. « Meuf, Cormac a ouvert sa grande gueule, mais j’vais avoir besoin des détails, qu'est-ce qui est arrivé à Liberté ? » Changement de sujet, pas qu’il souhaite éviter quoi que ce soit, mais c’est aussi comme ça qu’ils fonctionnent. Quand un problème est réglé, ils passent au suivant.
Alors il attrape les deux tasses bien infusées à présent et en tend une à Angie, il compte bien lui faire cracher tout ce qu’elle ne lui a pas raconté parce qu’elle était trop occupée à ne pas vouloir le voir pour ça. Cormac lui a raconté ce qu’il savait avec une tronche de dix pieds de long et s’il en a compris la moitié, il a quelques tronches à fracasser.

(« J’suis une grande fille, j’peux m’défendre toute seule, abruti. » « Je sais ça, mais j’aime vraiment pas sa gueule, tu pourrais partager, un peu. » « Tu peux pas t’empêcher d’vouloir me protéger, c’est bon, je-- » « T’es une femme libre et indépendante et t’as b’soin d’personne, je sais, tu pourras me casser la gueule avec Liberté et Indépendance quand j’en aurai fini avec lui. » « Abruti. » « Grognasse. »)

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Bodies fill the fields I see, hungry heroes end. No one to play soldier now, no one to pretend. Running blind through killing fields, bred to kill them all. Victim of what said should be, a servant 'til I fall. Soldier boy, made of clay, now an empty shell. (disposable heroes)
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19 Janvier 2004 & Moriyama's House

If you could read my mind, love, What a tale my thoughts could tell. Just like an old time movie, 'Bout a ghost from a wishing well. In a castle dark or a fortress strong, With chains upon my feet. You know that ghost is me. And I will never be set free As long as I'm a ghost that you can't see.
« Tu m’dégoûtes. »

Sa voix tremblait. Et Angelina pouvait se sentir trembler, en écho, alors qu’il lui balançait cette phrase. Cette phrase, elle s’en souvenait. C’était le signe qu’ils étaient niais, mielleux, qu’ils disaient un peu trop fort qu’ils s’aimaient et que c’était pas normal. Mais rien, rien dans cette situation n’était normale. Angelina avait à peine commencé à faire son deuil et, déjà, elle se retrouvait contre son meilleur ami, les yeux fermés, et même sans sa voix elle avait l’impression d’être avec lui. Elle avait l’impression d’être à la maison.
Elle se sentait enfin respirer, pour la première fois, peut-être, depuis la victoire. Depuis qu’elle avait vu Zacharias Smith apparaître, au milieu de nulle part, dans son petit monde qui était enfin en train d’avoir un sens. Elle se souvenait comment, ce jour-là, elle avait tout prévu : elle resterait avec Katie, Cormac resterait avec elle, ils allaient reprendre le pouvoir, tuer tous les collaborateurs, puis elle partirait à la recherche du véritable Nazir. Qui devait être en vie, quelque part. Qui devait l’attendre, soupirer qu’elle prenne autant de temps. Qui n’avait pas pu mourir sans elle.
Ce n’était pas Nazir, devant elle, mais c’était suffisant pour qu’elle s’y accroche avec désespoir, tout comme elle s’était accrochée aux genoux de son cadavre, deux semaines auparavant. Ils ne reviendraient jamais à ce qu’ils avaient pu connaître, et encore beaucoup d’épreuves les attendaient mais Angelina n’était pas du genre à chipoter. Une moitié de Nazir, c’était mieux que rien de Nazir. Ce n’était pas comme les autres, qui l’avaient trahi, abandonné, qui n’avaient pas voulu d’elle. Nazir n’avait jamais baissé les bras.
Il avait toujours voulu  qu’elle soit là.
Il avait toujours eu besoin d’elle.
Et c’était pour cela, c’était bien pour cela, qu’elle pouvait autant s’accrocher à lui.

Lorsqu’elle rouvrit les yeux, il la regardait avec un sourire bizarre. Ce con essayait de cacher leur émotion commune. Alors elle aussi, elle essaya de sourire, n’arrivant qu’à produire un drôle de rictus sur son visage fatigué de ne rien ressentir. Stormrage avait toujours été un rempart contre la lente dégénération de Rocket en machine et, ces derniers mois, il avait gravement manqué. Stormrage, celui qui faisait le lien entre Angie et Rocket. Celui qui se souvenait de tout, à sa place. « Même si t’es sacrément sexy quand tu brûles des trucs, j’te promets que j’oublierai rien. » Il s’écarta d’elle alors qu’elle ricana, encore incrédule de pouvoir, de nouveau, subir les blagues de merde de Stormrage. Et puis peut-être qu’elle souriait parce qu’il lui avait promis. Ils ne promettaient pas à la légère, tous les deux, parce qu’ils avaient tant conscience de l’éternité de leur lien, qu’ils ne pouvaient pas se permettre de faire des promesses creuses. « Sage décision, p’tit con. » Parce que c’était vrai que, maintenant, il était plutôt petit. Elle savait que, d’ici quelques minutes à peine, ils arriveraient à rire de ce qui, encore maintenant, lui donnait envie de pleurer.
Elle frémit lorsqu’elle le sent se concentrer sur son bras gauche. Une grimace remplace le sourire. Elle ne voulait pas parler de ça. « Meuf, Cormac a ouvert sa grande gueule, mais j’vais avoir besoin des détails, qu'est-ce qui est arrivé à Liberté ?  » Sans pouvoir s’en empêcher, elle ricana au surnom. Des mois, qu’on ne le lui avait pas sorti. Sans Nazir, trop de blagues mourraient. A chaque renaissance de ces petites habitudes, elle sentait les choses se réinstaller, se raccorder, s’expliquer. Et en même temps, elle détestait mieux se comprendre, et mieux réaliser tout ce qui clochait. Alors lorsqu’il lui dit  cela, elle eut l’impression, un instant de revenir en arrière, d’être de nouveau en septembre, face à Stormrage, et de rire ensemble de choses horribles. Elle riait, lorsqu’elle lui balança la réponse que, des mois plus tôt, elle lui aurait sûrement servi : « Bah les bites manquent à Katie, alors bon, j’me suis dévouée et Corm- »

Elle s’arrête net.

Elle a la tasse entre les mains, qu’elle pose précipitamment sur la table avant de la faire exploser. Elle inspire profondément, a un instant de panique, avec sa tête qui sonne, son ventre qui se tord et le bruit de l’incendie d’Herpo Creek, et la boule au fond de la gorge alors que Kat-

Elle se demande s’il sait, si on lui a dit, comment on lui a dit. Elle se demande s’il comprendra, s’il peut comprendre malgré tout ce qu’il s’est passé et-

Elle l’a bien dit à Nazir, au Nazir mort, alors pourquoi pas à Stormrage ? Lui, au moins, peut réagir. C’est peut-être pire, qu’il puisse réagir, qu’elle puisse sentir son jugement, ses doutes, qu’il s’en foute. D’un côté, Nazir a toujours su que le sujet de Bell était bien plus important pour Angelina que la culpabilité des meurtres en masse. Il a même su avant elle la profondeur de ses sentiments. Elle le sait, tout cela.
Cela ne rend pas l’aveu plus facile.

Elle réalise qu’elle doit ressembler à rien, à paniquer, à trembler comme ça, d’un coup, juste parce qu’elle a prononcé son nom. Mais ça, c’est la faute de Nazir. Parce qu’il a pas été là, quand elle a eu le plus besoin de lui. Parce que quand elle ne comprenait plus rien à ce qu’il se passait en elle, il était déjà mort. Elle lui en voulait, elle lui en voulait comme jamais de ne pas avoir été là.
Cela faisait longtemps qu’elle lui avait pardonné.

« Storm. Je. »
Elle déglutit, essaye d’affronter son regard, de garder la composition de son visage intacte. Elle amorce même un sourire, idiot, tordu, craquelé de douleur. Elle inspira, va pour avouer et-
« Liberté, c’est un mangemort qui m’a envoyé une malédiction à la gueule. Flint Senior. Puis y a eu Flint Junior. Il m’a sauvée, à sa façon. Mais il reste le bras. Et c’est pas si chiant que ça. Et le traitement coûte une blinde. Et je sais pas si- »
Elle s’arrête.
Ce n’était pas de cela qu’elle voulait parler avec lui. Son bras c’était du technique, c’était de la douleur physique, c’était gérable. C’était, surtout, le poids de sa culpabilité, et elle appréciait même de pouvoir l’avoir, toujours, sur elle. La preuve qu’elle avait donné dans cette guerre. La preuve qu’elle n’était pas finie. La confirmation que, malgré toute cette paix, on ne pouvait pas nier ce qu’il s’était passé.
Elle arrivait à le gérer ça, presque, à sa façon.
Mais il y avait autre chose, quelque chose qui avait besoin de sortir, qu’elle avait besoin de lui dire, parce qu’il était peut-être le seul qui avait vraiment le droit d’avoir une opinion sur le sujet.
« Pour Katie c’était une blague, bien sûr. »
Rien que prononcer son prénom lui fait terriblement mal.
« De toute manière, je suis célibataire maintenant. »
Contrairement aux derniers mois qu’ils avaient passé ensemble. Ces mois où elle y avait cru, comme une imbécile, elle y avait cru, et elle s’était jetée dedans, à bras ouverts.
« … Elle m’a quittée. »
Katie n’avait pas voulu d’elle.

(« Storm, Storm, STORM. » « … Quoi ?! Je dors putain, je retourne à PAL dans trois heures et tu viens me-… Ok il se passe quoi ? » « Je… elle…  » « Si Bell t’a fait un truc, j’te jure, j’la défonce comme elle a jamais été défoncée.  » « Non, non ! Elle m’a… Enfin on a… » « Attends… tu viens de me réveiller en panique juste pour me dire que tu t’étais enfin tapé ta meuf ? » «  » « Félicitations bouffonne. T’as réalisé le rêve de ta vie. J’suis content pour toi. Maintenant. Laisse-moi. Dormir. »)
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WIZARD • always the first casuality
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‹ âge : 26
‹ occupation : au chômage, pour le moment, il ne sait pas tellement quoi faire de ses dix doigts. Shin était Oubliator, et Nazir Chasseur de Trésors, autant dire que ça n'a rien à voir.
‹ maison : Shin était à Serdaigle et Nazir à Gryffondor.
‹ scolarité : 1989 et 1996.
‹ baguette : Nazir & Shin ont tous les deux perdu leur baguette, il a fallu leur en trouver une nouvelle : 29cm, taillée dans du saule, contenant une moustache de Tanuki.
‹ gallions (ʛ) : 625
‹ réputation : on disait de Shin qu'il était intelligent, calme, discret, le genre de mec pas chiant, pas intéressant non plus. De Nazir, on disait que c'était une tête brûlée, un cancre, un type violent parmi les Insurgés, mais efficace. Aujourd'hui, les deux sont un peu morts, alors on en parle beaucoup, mais sans trop savoir quoi dire.
‹ particularité : c'est un Métamorphomage, mais il ne sait plus du tout contrôler son don et le tatouage qu'il a dans le dos l'empêche de l'utiliser correctement. C'est également un Maître de l'Air, qui a tout à réapprendre.
‹ faits : shin s'est marié jeune et a eu une gamine qui a maintenant six ans, Sun - sa femme et sa gosse, c'était tout pour lui - c'était un mec brillant, capable de parler trois langues (anglais, coréen & japonais) très à cheval sur son éducation stricte et rigoureuse, très branché culture asiatique - mais shin a été capturé par le gouvernement en 2001 et est devenu le cobaye du département des mystères - ils ont trafiqué son corps, joué avec son don de métamorphomage, ont fait de lui l'espion ultime - en 2002, il est devenu Nazir Peterson, Insurgé Belliqueux, meilleur ami d'Angelina Johnson - aujourd'hui, il ne sait plus qui il est, Shin ou Nazir, les deux ?
‹ résidence : il vit au Manoir Moriyama, sa famille ne veut pas le laisser tout seul après ce qu'il a vécu.
‹ patronus : informe désormais, autrefois il prenait la forme d'un porc-épic, il paraît que celui de Shin avait la forme d'une tortue géante
‹ épouvantard : un miroir, le plus souvent reflétant les traits de Shin.
‹ risèd : il se voit sous les traits de Nazir, avec Rocket et Doxy.
Voir le profil de l'utilisateur http://www.smoking-ruins.com/t6866-shin-reflection
angelina johnson

If you could read my mind, love, What a tale my thoughts could tell. Just like an old time movie, 'Bout a ghost from a wishing well. In a castle dark or a fortress strong, With chains upon my feet. You know that ghost is me. And I will never be set free As long as I'm a ghost that you can't see.
Le rire d’Angie a des tas de variations. Il connaît chacune d’entre elles par cœur. Du rire nerveux au rire fatigué, en passant par le ricanement moqueur jusqu’au rire mauvais. La guerre n’a pas complètement effacé les rires de sa meilleure amie, elle les a simplement changés, en a rendu certains beaucoup plus rares. Il ne sait plus trop la dernière fois qu’il a entendu Angie rire franchement. Le genre bruits infâmes, larmes et ventre douloureux. Peut-être un soir au coin du feu, avec Cormac et Alicia, mais il devait forcément être tinté de fatigue. Ils n’avaient plus que ça, la fatigue. Le rire d’Angelina, c’est un son qui lui rappelle les soirées passées empilés sur un canapé de la salle commune de Gryffondor, à raconter des conneries. C’est les sorties à Pré-au-Lard après une semaine de cours crevante, c’est une expérience de Fred et George qui tourne mal et leur explose à la tronche, c’est lui qui se prend un râteau et s’insurge. Le rire d’Angie, c’est des souvenirs. Des tas de souvenirs qui lui rappellent la maison. Est-ce qu’ils seront en mesure d’en fabriquer de nouveaux ? Malgré tout ce qui s’est passé, malgré lui qui n’est plus vraiment lui, malgré tout ce qu’ils ont fait pour gagner cette guerre ?
Quand Angie rit, il se dit que oui, peut-être. Ses lèvres s’étirent dans un sourire, alors qu’il s’enivre de ce son léger, naturel. Si elle arrive encore à rire de ses conneries sans se forcer, alors peut-être que-- « Bah les bites manquent à Katie, alors bon, j’me suis dévouée et Corm- » Merde. Il cesse aussitôt de sourire et pince les lèvres. Il la regarde déposer la tasse sur la table avant de l’exploser et surtout, il la regarde trembler. Son Angie si forte, son Angie qui ne flanche et ne tremble jamais, même lorsqu’elle doit prendre les pires décisions, même lorsqu’elle doit faire face à la mort. Son Angie qui se jette tête la première dans les situations désespérées et dangereuses, son Angie qui affronte tout avec un sourire carnassier.

Cette Angie là est réduite à l’état de gamine pâle et tremblante, à cause d’une personne.
Non, pire, à cause d’un prénom.

C’est à son tour à lui, de serrer les poings.

« Storm. Je. » S’ils étaient un peu moins fucked up, probablement qu’il la prendrait dans ses bras. Glisserait ses doigts dans ses cheveux, passerait sa main dans son dos. Il lui murmurerait des paroles réconfortantes et lui dirait de se laisser aller. Qu’elle peut pleurer si elle veut, parce qu’il est là et il ne la juge pas et ils n’en parleront plus jamais après ça. S’ils étaient un peu moins fucked up, il ne resterait pas planté là à juste la regarder, sans trop savoir quoi faire, alors qu’elle affiche le sourire le plus mal fichu et le plus triste qu’il ait jamais vu. « Liberté, c’est un mangemort qui m’a envoyé une malédiction à la gueule. Flint Senior. Puis y a eu Flint Junior. Il m’a sauvée, à sa façon. Mais il reste le bras. Et c’est pas si chiant que ça. Et le traitement coûte une blinde. Et je sais pas si- » Il fronce les sourcils. C’est plus ou moins ce que Cormac lui a dit et clairement, ça ne comporte pas beaucoup plus de détails. A vrai dire, la version de Doxy en avait probablement plus que ce résumé d’Angelina.
Enfin, il n’est pas vraiment surpris. Il ne comprend pas tellement ce qui se trame entre Flint et Angie. Il se souvient qu’elle lui a dit une fois, il y a longtemps, dans une autre vie, que Flint n’était peut-être pas si terrible. Un haussement d’épaules, pas plus de détails que ça, il n’a pas cherché à en avoir plus. Comme toujours quand il s’agit de sa meilleure amie, il se doute bien que c’est compliqué, plus qu’il ne l’imagine.

Mais il sait aussi qu’une fois qu’Angie a décidé de garder quelque chose pour elle, il aura plus de chances de deviner la vérité en lisant dans ses entrailles que d’essayer de la faire parler. « Pour Katie c’était une blague, bien sûr. » Elle a vraiment besoin de le préciser ? « De toute manière, je suis célibataire maintenant. » Il voit que ça lui coûte. Ça lui coûte tellement de lui dire tout ça. « …Elle m’a quittée. » Il serre les dents, alors que comme toujours, la douleur qu’il lit sur les traits d’Angie, dans sa voix, font écho dans sa propre carcasse.
Quand Rocket souffre, Stormrage réplique. Et inversement. Comme une machine bien huilée, ils ont toujours fonctionné comme ça. Mais la douleur qu’elle éprouve à cet instant, il a l’impression qu’il ne pourra jamais la soulager en cognant quelques visages. Que les méthodes habituelles ne suffiront pas. Il ne sait pas ce dont elle a besoin. De Katie ? Non. Si Bell est capable de la mettre dans un tel état, alors elle est la dernière chose dont Angie a besoin. A vrai dire, si elle peut lui faire ça, alors Katie serait probablement mieux à l’autre bout de la planète.

« Alors elle savait pas c’qu’elle avait, » dit-il avec un reniflement méprisant. « Et si après tout c’temps, elle savait toujours pas c’qu’elle avait en étant avec toi, alors elle vaut pas un clou, cette meuf. » Angelina a toujours bondi pour défendre Katie, pour la protéger, comme si elle était un être fragile. Nazir a toujours vu ça d’un œil méfiant. Angie protège ses proches, c’est un fait, mais avec Katie c’était… différent. Même quand elle ignorait encore ou refusait de voir ce qu’elle éprouvait pour Bell, il avait compris. « Yo, Angie, » commence-t-il avant de chercher son regard, de s’y accrocher. « On a assez morflé, tu crois pas ? J’trouve qu’on a assez morflé. Et on a fait des conneries aussi ouais, mais-- » Il secoue la tête, hausse les épaules. « Décroche. Si penser à elle te fait faire cette gueule, juste— décroche. J’dis pas qu’on mérite d’être heureux, » un rire rauque lui échappe, parce qu’ils ont fait trop de choses pour ça. Pour la bonne cause ouais. Mais trop quand même. « Juste de pas morfler inutilement. » Et Bell l’a plus souvent foutue à terre qu’élevée, pas vrai ?

« Si t’as besoin d’un coup de main, on peut passer à un truc plus fort, » fait-il en désignant sa tasse, sur la table. Il a un mince sourire aux lèvres, le genre qui fait un peu grimace, parce qu’ils ne savent plus trop faire ça normalement. « Mais si tu chiales j’vais être obligé d’lui démonter la gueule, tu le sais, » conclut-il en prétendant soupirer de lassitude.

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Bodies fill the fields I see, hungry heroes end. No one to play soldier now, no one to pretend. Running blind through killing fields, bred to kill them all. Victim of what said should be, a servant 'til I fall. Soldier boy, made of clay, now an empty shell. (disposable heroes)
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MORRISON • The ghost we can't see.

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