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sujet; Vox Populi - Alteo
MessageSujet: Vox Populi - Alteo    Ven 16 Déc 2016 - 9:15

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‹ occupation : héroïne de guerre pour avoir lutté pendant huit ans au sein de l'Ordre du Phénix puis de l'insurrection. On me connait aussi sous le nom de Blackfish, informatrice au coeur d'un réseau particulièrement étendu; co-fondatrice de l'émission Potterwatch et militante active qui n'hésitait pas à dénoncer les manipulations publiques du gouvernement de Voldemort, la collaboration des médias, ainsi que tous ceux qui avaient des choses à se reprocher et dont j'avais déniché les petits secrets. Si j'ai arrêté l'émission, je n'ai cependant pas fini de fouiner dans les affaires des autres et surtout celles du gouvernement. J'ai acquis un statut de journaliste indépendant et le scroll est pour le moment mon seul support, mais ça ne va pas durer, j'y travaille...
‹ maison : Poufsouffle
‹ scolarité : 1989 et 1996
‹ baguette : actuelle n'était à l'origine pas la mienne mais j'ai tué son ancienne propriétaire et quand j'ai ramassé son arme l'utiliser m'a paru la chose la plus logique à faire. Elle mesure aux alentours de 23 cm, il semblerait qu'elle soit en bois de prunellier, probablement contenant du dragon, mais je ne suis pas certaine de sa composition. Elle est bien plus rigide que mon ancienne baguette de cèdre et crin de licorne dont je n'arrive maintenant plus à me servir.
‹ gallions (ʛ) : 1839
‹ réputation : il ne faut pas tenter de me cacher des choses. Que je sais tout et que ce que je ne sais pas encore, je le découvrirai bientôt. Si Blackfish et une figure de la résistance très respectée par la majorité de la population, mes anciens camarade rebelles ont un avis plus mitigés à mon égard... On dit que je serai prête à faire tout ce que je condamne pour arriver à mes fins: mentir, voler, tuer; que j'ai été dévoré par la haine. Après tout je suis une terroriste.
‹ particularité : prête à faire tout ce que je déteste et dénigre pour arriver à mes fins. Au point que j'en viens à me détester moi-même. Voler, mentir, trahir, me servir d'autrui comme un outil, parfois même de mes amis... "La fin justifie les moyens", c'est ce qu'on dit.
‹ faits : je vis avec le poids de mes actes sur la conscience particulièrement ma participation à l'attaque d'Herpo Creek, mais aussi la mort de mon petit frère dont je me considère responsable. Si certain de mais camarades héros de guerre estiment que je ne mérite pas ce titre, qu'ils sachent que je suis bien d'accord avec eux. Mais je suis libre et je travaille d'arrache pied à mes divers enquêtes pour oublier que je ne suis toujours pas capable de marcher sereinement dans la rue.
‹ résidence : dans un appartement pas bien grand sur Diagon Alley, mais il s'agit plus d'une espèce de bureau improvisé, constamment en bordel, que d'un véritable lieu de vie. Le seul endroit que je considère un peu comme chez moi et où je me sens réellement en sécurité c'est chez Tiago.
‹ patronus : Un grand ban de poisson argentés, c'est de la que je tien mon surnom de Black Fish.
‹ épouvantard : Thomas, moldu de dix-huit ans à peine que j'ai envoyé à la mort et qui revient régulièrement me hanter en pensée. Il a le regard vide et me demande constamment pourquoi je l'ai tué lui et pas l'autre.
‹ risèd : Cédric et moi. On boit une bière au beurre sous le porche de la maison de ma mère à Loustry. Mais Cédric est mort, la maison est détruite, ma mère ne reviendra surement jamais, et la Bière-au-Beurre est devenue beaucoup trop cher.
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I will not be controlled; And I will not let my future go on without the help of my soul.
15 décembre 2003 - J+7

Albane était appuyée contre le mur de brique noir en face de la porte qui mène à la salle d’audience. Il était sept heures et demie du matin et elle tenait dans sa main un gobelet de café encore brûlant. Il y avait quelques autres personnes qui étaient venues assister à la première séance de la journée. Elle avait échangé quelques mots avec l’un d’eux: son frère devait être jugé aujourd’hui, il était accusé d’avoir collaboré avec le gouvernement du Magister... Joyeux Noël.

Quelques minutes passèrent et on vint enfin ouvrir la porte, Albane resta appuyée contre le mur. Elle aimait rentrer en dernier histoire de ne rater la présence d’aucun membre emportant de l’assemblée. Finalement, l’homme qui présidait le tribunal de guerre depuis son procès à elle fit son arrivée. En la voyant, il parut mécontent. « Oswell. » Fit-il froidement en lui adressant un signe de tête. Il avait l’air fatigué. C’était épuisant, vraiment, de distribuer des baisers du Détraqueur à tour de bras. « Vous êtes toujours fidèle au poste on dirait. » Ho s’il savait, il n’avait encore rien vu. Elle lui adressa un sourire trop poli pour être honnête. « Toujours. » Répondit-elle. Il laissa échapper un petit grognement avant de lui tourne le dos pour entrer dans la salle.

Depuis qu’elle-même était sortie de son audience, Albane n’avait pas manqué une seule audience. Elle suivait avec assiduité tout ce qu’il se passait. Trop d’assiduité, probablement. Elle n’avait même pas réellement pu se rendre compte qu’elle était libre. Elle marchait toujours sur le chemin de traverse avec sa capuche sur la tête, parfois on l’arrêtait dans la rue pour la saluer et elle devait se retenir de ne pas partir en courant. Elle allait de chez Tiago au ministère de la magie et du ministère à chez Tiago. En chemin elle s’arrêtait prendre un café à emporter. La nuit elle dormait peu, organisait ses notes, rédigait quelques papiers qu’elle gardait dans un coin sans savoir encore quoi en faire. Elle avait enfin pu se servir du parchemin de Magic Scroll Netework qu’elle s’était procuré clandestinement des années plus tôt et y publiait les résultats des audiences, sans manquer de donner son avis sur la façon dont était géré le tribunal. En fait, le temps qu’elle ne passait pas dans la salle d’audience, c’était du temps où elle y pensait. Elle s’était plongée à corps perdu dans le travail, Albane. Ça lui évitait de trop penser au fait qu’on l’avait médaillé parce qu’elle avait exécuté des innocents.

À huit heures elle entra dans la salle et s’installa dans un coin un peu à l’écart, tira son Scroll de son sac, un parchemin et une plume à papote pour reprendre l’intégralité des propos de la journée et enfin son carnet et un crayon. Elle balaya l’assemblée du regard, aperçut quelques visages vaguement connus. Elle croisa rapidement le regard de Grimaldi, assis à deux rangs du sien. Il avait l’air amer et elle détourna les yeux, reportant son attention sur les juges et le président qui annonçait le programme de la journée. Peut-être qu’elle avait été graciée, mais tous ne lui avait pas pardonnés... Elle-même ne s’était pas pardonnée.

17 décembre 2003 - J+9

« Vous ne prenez jamais de vacances, Oswell ? » Elle laissa échapper un petit ricanement. « L’actualité ne prend jamais de vacances. » « Vous m’en direz tant » marmonna le juge avant de passer son chemin. Probablement commençait-il a regretter de l’avoir laissé si facilement s’en tirer. Malheureusement pour lui, il était trop tard pour faire marche arrière. L'homme s’éloigne à grandes enjambées alors qu’elle rassemblait ses affaires. Elle le regarda disparaitre de l’autre côté de la porte de la salle d’audience avec le regard sombre.

Albane en avait assez de ces gens et de leur fausse justice. Elle en avait assez de cette mascarade. Cette vaste blague médiatique qui se servait de la souffrance du peuple pour continuer de perpétrer d'autres horreurs. Son pays était en train de tomber dans le travers de la haine et de la vengeance et elle savait ce que c’était. Elle-même, il y a encore quelques mois, quelques jours, brûlait de ce feu-là. Elle savait ce que c’était de se laisser convaincre par l'extrémisme parce qu’on avait mal et parce que c’était facile, elle était déjà tombée dans le piège. Et quand on aurait dû lui faire purger sa peine, la forcer à assumer les concéquances de ses actes; on l’avait juste pardonnée. Comme ça. On lui avait dit que c’était bien, qu’elle avait rendu service. Non elle n’avait pas rendu service à qui que ce soit, encore moins à elle-même. Parce qu’aujourd’hui elle était rongée par la culpabilité et le dégout, parce qu’elle ne pouvait pas dormir ni se regarder dans le miroir. Parce qu’elle était coupable, qu’elle le savait et qu’elle allait devoir vivre avec.

Elle s’apprêtait à sortir de la pièce quand elle vit Mateo lui passer devant. Il venait souvent. Presque autant qu’elle. Elle eut une seconde d’hésitation. Puis elle fit quelque pas rapide dans sa direction. « He Grimaldi ! » À sa grande surprise, il s’arrêta et tourna la tête vers elles. C’était la première fois qu’ils s’adressaient plus qu’un simple signe de tête depuis la fin des combats; et pourtant elle le voyait presque tous les jours. Elle arriva à sa hauteur en se tripotant les doigts et se mordillant la lèvre, légèrement gêné. « Ça te dirait d’aller... boire un café... Discuter ? » Elle avait besoin de parler de tout ça à quelqu’un. De ce qu’elle voyait ici tous les jours. Tiago ne voyait pas; il l’écoutait, mais ne comprenait pas vraiment, et puis Tiago ça lui passait au-dessus tout ça. Matteo lui, il était là. Il

22 Décembre 2003 - J+ 14

Albane était en retard. Elle détestait être en retard. Mais il y avait une grosse manifestation, la troisième cette semaine. Elle n’avait pas pu s’empêcher de s’attarder, discuter avec des gens, prendre la température des événements. Elle n’aimait pas ça. Elle voudrait en savoir plus pour pouvoir en parler sur le Scroll. Depuis qu’elle avait ouvert le sien un peu plus de deux semaines plus tôt elle avait gagné plus de cinq cents scroller. La rumeur s’était répandue rapidement, Blackfish n’était pas morte. Mieux, elle avait repris du service. C’était étrange de travailler à visage découvert, d’ailleurs... mais elle finirait bien par s’habituer.

Quand elle ouvrit la porte de la salle d’audience du ministère, elle grinça sur ces gonds et plusieurs regards se posèrent sur elle. Elle vit certains juges lever les yeux au ciel en l’apercevant. S’ils avaient cru qu’elle ne viendrait pas, c’est qu’il n’avait pas encore bien compris à qui ils avaient à faire... En vérité elle aimerait bien ne pas être là, faire autre chose. Mais elle n’y arrive pas. Il fallait qu’elle vienne chaque jour, faire le bilan des condamnations. Peut-être que cela faisait partie d’un processus de guérison ou d’acceptation ou de je ne sais quel autre phénomène psychologique cathartique quelconque... Il fallait qu’elle vienne.

Elle aperçut Matteo assis dans un coin et se faufila silencieusement jusqu’à lui. Elle prit place sur la chaise à côté de la sienne. « Désolé, j’étais à la manifestation… C’est le bazar dehors… tiens. » Elle lui tendit le café qu’elle avait pris pour lui en passant. «  Qu’est-ce que j’ai raté jusque là ? » chuchota-t-elle en sortant plume à papauté et parchemin. La plume se mit immédiatement à retranscrire mots pour mot ce qui se disait à l’audience. L’homme qui était assis sur le fauteuil avait l’air terrorisé, les chaines étaient enroulées autour de ses poignets. Elle pouvait apercevoir son profil de là où elle était. Elle ne le connaissait pas. C’était probablement en civile qui avait collaboré avec le régime… Elle jeta un oeil autour de la salle. Comme d’habitude il n’y avait pas d’avocat à la défense, ni même de témoins extérieurs prêts à témoigner en sa faveur. En fait il n’y avait que très peu de public qui venait assister aux jugements, sauf pour les cas vraiment importants. L’homme était seul face à une fausse justice qui voulait seulement le voir disparaitre pour gagner un peu plus l'approbation d’un peuple en colère.

Albane n’avait jamais imaginé que s’ils gagnaient un jour, la victoire aurait un gout aussi amer. Pourtant c’était prévisible… Frappez quelqu’un, mettez-le à terre, piétinez-le; s’il a la force de se relever, soyez sûr qu’il vous frappera encore plus fort. C’était exactement ce qui était en train de se passer. Albane était partagée entre la déception, la colère et la culpabilité. Elle voulait faire quelque chose, elle voulait se dire qu’elle n’avait pas passé tant d’années à se battre pour la justice et la liberté, pour finalement laisser gagner à un nouveau régime aussi tyrannique que le précédent. Mais la presse se taisait et personne ne faisait rien tendit que le pays s’enlisait dans cette revanche interminable.

Albane voulait se prouvait à elle-même que celle qu’elle avait été autrefois et toutes les choses auxquelles elle avait cru si longtemps n’avaient pas brulées dans les flemmes d’Herpo Creek.

28 Décembre 2003 - J+22

« Ceux qui sont en faveur d’une condamnation ? » fit la voix de celle qui présidait la séance du jour. Quasiment l’intégralité des mains se levèrent et Albane vit le visage de l’accusé se décomposer. « Ceux qui sont en faveur d’une sentence de mort. » Moins de mains se levèrent, mais c’était plus de la moitié. C’était suffisant. « Lewis Copperweit, vous êtes condamné à recevoir le baiser du Détraqueur pour,  crime de guerre et crime contre l’humanité suite à votre participation à l’exploitation des rebus entre 2000 et 2002. » Le coup de marteau résonna dans la pièce, l’homme laissa échapper un hoquet de terreur, mais aucun avocat ne se leva pour protester ou faire objection. Le verdict était là: sanction froide et implacable que personne n’avait le pouvoir de discuter.

Pour l’exemple.

Lewis Copperweit c’était l’un des premiers directeurs de camp d’entrainement rebu, qui avait lui-même possédé près d’une dizaine d’esclaves. Elle le savait parce que c’était dans son camp que Tim avait été entrainé. Elle le savait parce qu’elle avait un million de fois souhaité sa mort. Et pourtant elle n’éprouva pas la moindre satisfaction à assister à cette condamnation; pas le moindre soulagement, aucun contentement quel qu’il soit. Parce que cet homme avait été enchainé à une chaise, pour être jugé, sans qu’on lui ait accordé le droit de se défendre. Elle, elle avait souhaité sa mort parce qu’il avait réduit son frère en esclavage, parce qu’il était mort, parce qu’elle n’avait que sa haine pour surmonter la douleur. Si elle s’était un jour retrouvée en face de lui, elle l’aurait certainement tué elle-même. Mais un tribunal ne devait pas agir de cette façon. Il y avait de règle, il y avait des droits, c’était bien pour ça qu’on appelait ça la justice, non ? Où était la justice ici ?

Albane avala difficilement sa salive alors qu’on emportait l’homme hors salle. On entendit un nouveau coup de marteau. « La séance est suspendue jusqu’à 13h. » annonça-t-elle. Albane s’affala légèrement contre le dossier de sa chaise avec un profond soupir tandis que les bancs déjà peu remplis se vidaient. Elle pensa au propos du gamin déscolarisé qu’elle avait recueilli à la manifestation une heure plutôt;  elle pensa aux hybrides qui n’avaient toujours pas gagné de place dans cette nouvelle société qui était censée leur apporter la liberté et l’égalité; elle pensa à la gazette qui paraissait une fois par semaine pour raconter seulement ce qu’on voulait bien qu’elle dise; et tout ça se mélangeait dans sa tête. Ce qu’ils pouvaient écrire sur le Scroll ne suffisait pas. C’était un bon outil, mais trop faible pour répondre concrètement à leurs objectifs. Ils avaient besoin de plus. Leur opinion et leur propos avaient besoin d’être portés mieux que ça. Il leur fallait un nom, une réputation, du crédit.  Albane tourna son regard vers Mateo. « Matt, faut qu’on publie. » Lâcha-t-elle. « Pour de vrai.»

On peut pas rester comme ça à rien faire. On n’a pas le droit de se taire. Il nous faut du pouvoir.

• • •


And if you're still breathing, you're the lucky ones 'cause most of us are heaving through corrupted lungs. And if you're still bleeding, you're the lucky ones 'cause most of our feelings, they are dead and they are gone.


Dernière édition par Albane Oswell le Sam 31 Déc 2016 - 21:25, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Vox Populi - Alteo    Sam 24 Déc 2016 - 1:45

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‹ occupation : tisseur de mots, journaliste, coureur de monde. à la dérive.
‹ maison : Gryffondor
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‹ baguette : était en bois d'érable, relativement flexible, mesurait 26,8 cm et contenait un coeur de phoenix.Désormais brisée, j'ai hérité d'une baguette récupérée sur le cadavre d'un mangemort: bois de noyer noir, 32 cm, coeur inconnu, et absolument pas faite pour moi.
‹ gallions (ʛ) : 1626
‹ réputation : j'ai l'air de regretter la fin de cette guerre, que ce qui secoue ce monde nouveau paraît me révolter bien plus que les atrocités commises par le précédent gouvernement, que je suis un piètre journaliste et écrivain qui tente de percer dans un milieu qui n'a jamais voulu de lui.
‹ particularité : en plein flou.
‹ faits : j'ai soutenu la rébellion, bien que je n'ai quitté ma vie que sur le tard pour aller les retrouver, au détour de la création de la Renaissance du Phoenix ; que beaucoup n'ont pas cru à mon implication, du fait de ma naissance surtout ; que j'ai une tendance fâcheuse à commencer des choses et à ne pas les terminer ; que ma plus grande ambition est d'enfin publier un livre ; que ma fiancée est en fuite et que je n'ai aucune idée de si je la reverrai morte ou vive, offerte aux bons soins des Détraqueurs ; que la nouvelle société me répugne presque autant que la précédente, voir plus ; que je ferai sûrement tout pour ma soeur.
‹ résidence : dans le loft de la Bran Tower ou Eirene et moi vivions avant que tout ne vole en éclat. J'ai réussi à garder l'appartement par je ne sais pas quel miracle, il sert aujourd'hui à ma soeur et à mon beau-frère, Elias, parfois. En vérité je n'y suis pas souvent, je fuis l'endroit.
‹ patronus : une méduse géante
‹ épouvantard : un grand feu, l'anéantissement total de ma famille, rester seul au milieu des cendres
‹ risèd : Eirene se tenant à mes côtés, aussi heureuse qu'elle l'était à nos débuts, lorsque nous étions encore pleins de promesses et de projets fabuleux avant que tout ne soit jeté aux flammes.
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(28 décembre) – L'air froid de décembre s'engouffra violemment dans ses poumons comprimés ; il l'avala presque, dans l'espoir de se débarrasser de l'horreur qui l'encrassait de l'intérieur. Il s'en voulait de ne pas arriver à ressentir quelque chose, alors qu'il ressortait tout juste de la chambre de sa nièce, petite et mal éclairée. Pour son bien, lui avaient-ils dit, quand il songeait qu'un peu de lumière du jour ne lui aurait pas fait de mal ; pas plus de mal qu'elle ne portait déjà en elle, si jeune, inoffensive enfant dont les frasques paternelles influençaient déjà la vie. Avant la fin de cette guerre qui lui avait semblé durer une vie entière, il aurait sans doute trouvé dans la maladie de Charlotte une raison supplémentaire d'en vouloir à Simon. Il n'y arrivait plus vraiment, aujourd'hui. L'inanition lui collait à la peau, et il s'alluma une cigarette moldue sans y trouver la moindre consolation (il n'était même pas fumeur, qu'espérait-il?). Il avait juste vu Charlotte, il avait juste haï de devoir la laisser là, il avait juste prié Merlin pour qu'elle guérisse, pour qu'Anna retrouve ses droits sur sa fille et – rien de plus, il n'arrivait même pas à être en colère contre toutes ces choses qui échappaient à son contrôle. Il y en avait tant, sûrement, qu'il avait laissé tomber l'idée d'en influencer le cours. Elles avaient fini par l'engloutir, le jeter dans un gouffre infini dont il se pensait incapable de ressortir ; il n'en avait même pas envie, pour tout dire. Toute combativité l'avait quitté, la seule chose qui le poussait encore à sortir de chez lui était l'espoir que s'occuper le plus possible l'empêcherait de sombrer pour de bon. Un œil jeté à sa montre lui indiqua qu'il avait encore une heure devant lui avant de se rendre au procès. Sans se dépêcher, il quitta la devanture de Sainte-Mangouste pour se rendre vers le Ministère, jetant au sol un mégot à peine entamé.

C'aurait été un mensonge de prétendre qu'il ne savait pas ce qu'il espérait trouver ici, dans la foule plus ou moins dense qui assistait chaque jour aux procès qui avaient lieu dans les sous-sols du Ministère. Revenir ici lui avait donné la drôle d'impression de rembobiner un vieux film, bien que les décors et les visages aient changé du tout au tout et que l'effervescence qui bouillonnait dans les bâtiments n'avait rien à voir avec celle qu'il avait connue, à l'époque où il travaillait au niveau sept. Quelques journalistes se planquaient parmi les spectateurs, lorsque le procès en valait la peine, plumes à papote et parchemins vissés aux doigts, l’œil acéré et l'oreille attentive. Aujourd'hui, le public était maigre ; aujourd'hui, aucun Mangemort jugé, aucun criminel notoire à jeter aux fers et ça n'intéressait donc personne. Bien des procès ressemblaient à celui-ci, et il s'était vite aperçu qu'il était bien le seul, avec Oswell, à se donner la peine d'y venir, seul à pouvoir témoigner, aussi, de la vitesse à laquelle tous ces jugements étaient expédiés. Les mains profondément enfoncées dans ses poches, Matteo assistait passivement à ce qu'il se passait autour de lui, distrait par des pensées parasites ; ce procès là n'avait rien de plus que les autres. Une énième victime condamnée au Baiser, une vie de plus jetée aux oubliettes pour les besoins de ce nouveau gouvernement en recherche constante de crédit et de légitimité. Et Matteo de songer, une journée de plus sans nouvelle d'elle. C'était bien elle qu'il craignait et espérait à la fois retrouver en ces lieux, sans réellement savoir comment départager l'ambivalence ; Eirene avait fui ses responsabilités, ne méritait-t-elle pas de payer pour ses actes ? Et en même temps, il ne pouvait s'imaginer la revoyant dans ces conditions, aux portes de l'enfer sans rien pour l'en tirer. Ces derniers jours, les procès avaient occupé tant son temps que son esprit, sans parvenir à l'intéresser réellement. Une fois avéré le fait qu'Eirene n'avait toujours pas été retrouvée, son esprit tanguait vers d'autres inquiétudes, dont la plupart portaient le nom de Charlotte, ou d'Anna. Il pensa aux fêtes de fin d'année qui avaient été passablement négligées, à la fête qui avait été bien triste cet hiver. Personne n'avait semblé se soucier réellement d'avoir l'air heureux, et surtout pas lui. Tout juste s'il avait réussi à décrocher un maigre sourire à sa sœur en lui souhaitant un joyeux noël, avant de replonger dans un silence contemplatif et morose. Seule Albane paraissait arriver à maintenir son esprit à flot, suffisamment éveillé pour ne pas qu'il s'égare définitivement dans des limbes inaccessibles.

« La séance est suspendue jusqu’à 13h. » Le mouvement de la petite foule se levant de leurs assises pour quitter les lieux le sortit de sa torpeur et il se redressa, s'apercevant qu'il s'était avachi sur son siège, les yeux dans le vide, ces yeux sous lesquels s'étalaient des valises aussi lourdes que Big Ben. « Mh ? » fit-il, persuadé qu'elle s'était adressée à lui, bien qu'il n'en fut rien. Elle s'adossa simplement à sa chaise dans un profond soupir, le regard flamboyant.  « Matt, faut qu’on publie. » L'intéressé mit un temps infini à comprendre de quoi elle voulait parler. Publier ? Ils le faisaient déjà, un peu, au travers d'un Scroll stupide qu'ils nourrissaient chaque jour en espérant il ne savait trop quoi, peut-être que des gens lisent et réalisent que ce qu'il se passait autour d'eux n'avait rien de normal, que la situation n'avait rien de meilleur que la précédente. Elle empestait le purin, même, à son humble avis. Où était la paix tant attendue ? La guérison des cœurs blessés ? Le gouvernement avait changé, mais la cruauté persistait, changeait juste de cible. Ils continuaient de s'insurger, elle, et lui qui ne savait même plus vraiment contre qui diriger sa colère, à présent. Tout lui semblait si vain. Tous lui semblaient si vides, si bêtes, de foutus suiveurs que les nouvelles têtes du Pays gavaient à grand renforts de prétendus procès pour calmer la haine – légitime, cela étant. Le nouveau régime était-il supposé leur rendre justice de cette façon ? Bullshit. Alors, publier, certainement. « On a déjà Pour de vrai.» Le coupa-t-elle. Son regard s'attarda sur le sien. Albane ne parlait pas du Scroll, elle ne parlait pas de prospectus jetés misérablement dans les boîtes aux lettres, elle ne parlait pas de vulgaires tracts appelant à manifester. Son visage n'exprima rien à mesure que la compréhension se faisait, avec lenteur et difficulté. Matteo demeura silencieux un temps infini, détourna le regard pour assister au départ des derniers spectateurs. Un remugle d'amertume lui tordit la bouche en une moue dubitative. Le condamné avait déjà été emmené et le juge avait déserté la place, désireux, certainement, de profiter de la courte pause déjeuner avant de se lancer dans une nouvelle série de jugements. Une immense lassitude s'était emparé de lui depuis qu'il avait laissé Charlotte à Sainte Mangouste, ce matin même. Il poussa un soupir à son tour, secoua la tête. Il ne voyait même pas comment c'était possible. « Que veux-tu publier, où ? Pour qui ? Qui aurait envie d'entendre ce qu'une criminelle a à dire ? Le Scroll c'est une chose, mais personne n'aura envie de lire sérieusement les états d'âme d'une terroriste. » – Ou d'un écrivain raté aux ambitions inexistantes. Un silence pesant accueillit sa déclaration, jetée d'une voix glaciale qui le surprit lui-même. « Excuse-moi, j'ai pas voulu dire ça. Je le pensais pas, oublie. » finit-il par dire sous le regard dur d'Albane, d'un ton formel qui n'avait rien de désolé. Il se leva brusquement et ramassa sa veste qui traînait par terre, la jeta sur ses épaules et amorça sa sortie de la salle d'audience. « J'ai des trucs à faire, on se voit plus tard. »



(31 décembre) – Matteo n'avait rien eu à faire. Rien, sinon noyer il ne savait trop quoi au fond d'un verre de firewhisky seul dans l'appartement trop vide dans lequel il était retourné habiter. A l'instant même où ses paroles avaient franchi ses lèvres il les avait regrettées, mais s'était trouvé trop têtu pour faire demi-tour et s'excuser. Il avait cette fâcheuse tendance, ces derniers temps, à renvoyer aux autres sa propre mauvaise humeur, sa propre colère, si prompte à exploser pour n'importe quoi depuis qu'il était sorti de son petit séjour de santé à Sainte-Mangouste. Il n'était pas retourné chez elle depuis, ne l'avait pas recroisée depuis la dernière fois, et se morfondait de son comportement. Il se rendait compte du vide pesant qui l'habitait quand il n'était pas occupé à parler de ce qui les révoltait, à s'interroger sur l'origine de ce mal qui touchait les nouveaux-nés, de cet outrage fait à l'humanité en retirant les mineurs à leurs familles sang-pur. Quand il n'était pas, tout simplement, pris dans quelque chose qui demandait à son cerveau de quitter la décadence qui le gangrenait. Anna entendait tout ça, mais avait ses propres soucis à gérer et il n'osait pas l'inquiéter davantage, feignant d'aller mieux que ce qu'il allait réellement devant elle en espérant la décharger d'au moins ça. Oswell était la seule capable de partager un minimum ce qu'il ressentait. Merlin, il s'en voulait maintenant.

Elle n'était pas au Ministère. Elle n'était pas chez elle, sûrement pas, pas à cette heure de l'après-midi. Il décida de tenter le café où ils allaient toujours pour débriefer sur la journée et s'en félicita lorsqu'il reconnut sa silhouette, tassée tout au fond, le nez penché sur des parchemins et des papiers divers. Il s'engouffra dans l'endroit, happé par une vague de chaleur qui le fit cligner des yeux et ôter ses gants, et s'installa à sa table. Albane releva les yeux et il préféra regarder ailleurs plutôt que d'affronter sa déception, sa colère ou quoi que ce soit d'autre susceptible d’accroître la honte qu'il ressentait. « Il faudrait commencer par trouver du matériel, publier dans le vide ne servirait à rien. J'ai l'intention de me pencher sur le... la maladie de Charlotte. » En particulier. Le Syndrome Rosier ne passa pas la barrière de ses lèvres ; ça restait encore trop difficile. Les informations à ce sujet étaient aussi maigres qu'inintéressantes. Les guérisseurs à qui il avait décidé d'arracher des explications avaient éludé les questions avec plus ou moins de grâce, sans jamais lui donner la moindre réponse. Et c'était bien là une chose qui arrivait, enfin, à le réveiller, à tirer un semblant de vie en lui, un certain désir de changer les choses. Matteo lança le sujet comme si de rien n'était, les yeux rivés sur les documents qui s'étalaient sur la table, entre eux. « Qu'est-ce que c'est ? » demanda-t-il après avoir commandé deux cafés, alors que trois tasses vides s'alignaient déjà devant Albane.

• • •


Que naissent, du tissu de notre rêve, des splendeurs énigmatiques et des ombres conquérantes, qu'un incendie total engloutisse ce monde et que ses flammes provoquent des voluptés crépusculaires, aussi compliquées que la mort et fascinantes comme le néant.
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MessageSujet: Re: Vox Populi - Alteo    Sam 31 Déc 2016 - 21:22

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‹ occupation : héroïne de guerre pour avoir lutté pendant huit ans au sein de l'Ordre du Phénix puis de l'insurrection. On me connait aussi sous le nom de Blackfish, informatrice au coeur d'un réseau particulièrement étendu; co-fondatrice de l'émission Potterwatch et militante active qui n'hésitait pas à dénoncer les manipulations publiques du gouvernement de Voldemort, la collaboration des médias, ainsi que tous ceux qui avaient des choses à se reprocher et dont j'avais déniché les petits secrets. Si j'ai arrêté l'émission, je n'ai cependant pas fini de fouiner dans les affaires des autres et surtout celles du gouvernement. J'ai acquis un statut de journaliste indépendant et le scroll est pour le moment mon seul support, mais ça ne va pas durer, j'y travaille...
‹ maison : Poufsouffle
‹ scolarité : 1989 et 1996
‹ baguette : actuelle n'était à l'origine pas la mienne mais j'ai tué son ancienne propriétaire et quand j'ai ramassé son arme l'utiliser m'a paru la chose la plus logique à faire. Elle mesure aux alentours de 23 cm, il semblerait qu'elle soit en bois de prunellier, probablement contenant du dragon, mais je ne suis pas certaine de sa composition. Elle est bien plus rigide que mon ancienne baguette de cèdre et crin de licorne dont je n'arrive maintenant plus à me servir.
‹ gallions (ʛ) : 1839
‹ réputation : il ne faut pas tenter de me cacher des choses. Que je sais tout et que ce que je ne sais pas encore, je le découvrirai bientôt. Si Blackfish et une figure de la résistance très respectée par la majorité de la population, mes anciens camarade rebelles ont un avis plus mitigés à mon égard... On dit que je serai prête à faire tout ce que je condamne pour arriver à mes fins: mentir, voler, tuer; que j'ai été dévoré par la haine. Après tout je suis une terroriste.
‹ particularité : prête à faire tout ce que je déteste et dénigre pour arriver à mes fins. Au point que j'en viens à me détester moi-même. Voler, mentir, trahir, me servir d'autrui comme un outil, parfois même de mes amis... "La fin justifie les moyens", c'est ce qu'on dit.
‹ faits : je vis avec le poids de mes actes sur la conscience particulièrement ma participation à l'attaque d'Herpo Creek, mais aussi la mort de mon petit frère dont je me considère responsable. Si certain de mais camarades héros de guerre estiment que je ne mérite pas ce titre, qu'ils sachent que je suis bien d'accord avec eux. Mais je suis libre et je travaille d'arrache pied à mes divers enquêtes pour oublier que je ne suis toujours pas capable de marcher sereinement dans la rue.
‹ résidence : dans un appartement pas bien grand sur Diagon Alley, mais il s'agit plus d'une espèce de bureau improvisé, constamment en bordel, que d'un véritable lieu de vie. Le seul endroit que je considère un peu comme chez moi et où je me sens réellement en sécurité c'est chez Tiago.
‹ patronus : Un grand ban de poisson argentés, c'est de la que je tien mon surnom de Black Fish.
‹ épouvantard : Thomas, moldu de dix-huit ans à peine que j'ai envoyé à la mort et qui revient régulièrement me hanter en pensée. Il a le regard vide et me demande constamment pourquoi je l'ai tué lui et pas l'autre.
‹ risèd : Cédric et moi. On boit une bière au beurre sous le porche de la maison de ma mère à Loustry. Mais Cédric est mort, la maison est détruite, ma mère ne reviendra surement jamais, et la Bière-au-Beurre est devenue beaucoup trop cher.
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Vox Populi

A hero into the masses, to those born without chances. There's a freedom that everyone deserves. I know there's greed and there's corruption, I've seen death and mass destruction. But I'm telling you, and I hope that I'm heard : I will not be commanded,
I will not be controlled; And I will not let my future go on without the help of my soul.
31 décembre - j+23 Dans le café un petit groupe de quatre adolescentes parlait avec enthousiasme de leur projet pour la soirée. Le reveillon de fin d'année s'annonçait grandiose pour la population sorcière de Grande Bretagne, l'année se terminait en beauté: on allait fêter la fin de l'oppression, la chute du tyran, le retour de la paix. La victoire le la liberté. Par contre on aurait pas le droit de transplaner, il faudrait prendre le métro moldu. Comme c'était excitant... Albane poussa un profond soupir et fit claquer sa tasse contre le boit de sa table après l'avoir vidée de ses dernières goutes de café. L'une des jeunes filles du groupe lui lança un regard en biais avant de donner un coup de coude à sa voisine de droite et de lui chuchoter quelque chose à l'oreille. Albane ne adressa un regard éloquant avant de retourner à ses notes.

La porte s'ouvrit, laissant entrer un bourrasque de vent froid qui vint secouer ses parchemins. On tira la chaise de l'autre côté de la table et Albane leva les yeux. Elle n'avait pas vue Matteo depuis qu'il lui avait gentiment fait remarquer qu'elle n'était pas le mieux placée pour faire des commentaires publiques sur la situation politique actuelle. Elle n'avait pas eu le temps de répondre, trop abasourdit par ce qu'il lui avait dit et il était parti avant même qu'elle n'ait finie d'emmagasiner tous les tenants et aboutissant de ces propos. Le regard de Matt balaya la table, mais ne croisa pas le sien. « Il faudrait commencer par trouver du matériel, publier dans le vide ne servirait à rien. J'ai l'intention de me pencher sur le... la maladie de Charlotte. » Albane haussa les sourcils. Il avait vraiment cru que ça allait être aussi simple ? Qu'il suffirait de faire comme si de rien n'était ? Il fit un signe à la serveuse pour commander deux autres cafés. « Qu'est-ce que c'est ? » Elle baissa les yeux sur son parchemin et se remit à griffonner rapidement, feignant d'ignorer sa question. « Mes états d'âme de terroriste." Lacha-t-elle froidement après un moment de silence. « Je pense pas que ça t'intéresse. Qui s'intéresse à l'opinion d'une criminelle,  » ajoutat-elle, en remettant une petite couche. Oui elle était encore en colère, encore vexée, encore blessée. Et si au fond elle savait qu'il avait raison, l'entendre de sa bouche à lui sur ce ton là avait été bien plus difficile qu'elle ne l'aurait cru. Elle en avait déjà assez de Lee, Angelina, Fred qu'elle ne pouvait pas croiser sans sentir une énorme brique tomber au fond de son estomac. Elle n'avait pas besoin que Matt, qu'elle avait jusqu'ici prit pour son seul allier dans le nouveau combat qu'elle sentait arriver, lui rappel à quel point elle ne méritait pas d'être libre. Elle en avait bien conscience, merci.

Elle entendit quelque chuchotement à la table des ados et sentit des regards se poser sur eux . Albane se tourna vers elle avec un air passablement irrité. Elle les vit regarder avec intérêt leur poketowl tout en lui lançant des regards en biais et en chuchotant des paroles indistincte, mais elle pouvait deviner ce sur quoi portait la conversation... Le regard féroce d'Albane croisa celui de l'une des gamines qui se figeât et marmonna quelque chose à ses amis avant de ramasser ses affaires et toutes quatre quittèrent la table précipitamment. Elle se pencha à nouveau sur son parchemin sans même prendre le temps de regarder Matteo. « Tu devrais pas trop trainer avec moi, c'est pas bon pour ta réputation. » Il ne bougeât pas et elle finit par enfin lever les yeux vers lui. Elle allait ouvrir la bouche pour une dernière remarque singlante mais la serveuse fit irruption près de leur table et déposa les deux nouvelles tasse de café sur la table puis récupéra les trois déjà terminées. Quand elle repartit elle laissa derrière elle un nouveau silence de plomb.

Il était revenu la chercher. Peut-être qu'elle devrait s'en contenter. C'était déjà pas si mal, ça voulait dire qu'il regrettait peut-être un peu. Qu'il la trouvait peut-être pas si infréquentable que ça. Albane poussa un soupir. « C'est des recherches sur les brainwashings. J'ai interrogé pas mal de témoins, et quelques personnes qui pensent en avoir été victimes. j'essais de tout raccrocher et je crois ça se tien. Je pense que c'est vraiment arrivé... C'est pas une surprise, on s'en doutait déjà. Mais c'est pas pour ça que la coure s'en soucie, hein... » Elle pensa avec amertume a Mina et il ne lui en fallut pas plus pour repartir dans ses explications. Dix minutes plus tard, elle avait déjà fini son café, Matteo lisait quelque notes et ajoutait une remarque qu'elle s’empressait de griffonner. C'était comme si l'incident du ministère n'avait jamais eu lieu.



5 janvier 2004 - j+28 « Matt ! Matt réveille toi ! » Albane secoua doucement Metteo qui était endormit sur le canapé défoncé de son appartement sur Diagon Alley. C'était un deux pièces sous les toits dont la grande pièce principale était assez lumineuse, ce qui constituait à peut près son seul avantage. Le jeune homme s'était endormit en lisant un vieux bouquin sur les maladies infantiles. Albane, elle, n'avait pas dormis. "Il faut que je te montre un truc !" Il se redressa et marmonna quelque chose sur l'heure qu'il était. « Cinq heure du matin. » répondit Albane en se mettant en quête du blouson de Grimaldi dans le bazar ambiant de l'appartement. « Je t'aurai bien réveillé avant mais je viens de rentrer avec le premier métro. » fit-elle d'une voix distraite. Elle en avait déjà marre de cette interdiction de transplaner. Elle songeat rapidement qu'elle devrait écrire un papier la dessus, il y avait de quoi faire.

Il y avait des semaines qu'Albane n'avait plus fait de nuit complète et ne pas dormir du tout était même devenu assez courant. Les insomnies la prenait presque tous les soirs et son cerveau se mettait à vriller, et elle passait des heures à travailler. Parfois elle finissait par tomber d'épuisement et dormait quelques heures d'un sommeil agité; parfois elle ne s'endormait pas et travaillait jusqu'au lendemain matin où, après une énième tasse de café elle partait au ministère pour assister aux procès du jour. Et les journées d'enchaînées dans ce schéma un peu interminable, mais ça lui allait très bien, elle avait des tas de choses à faire et à penser. C'était ce dont elle avait besoin.

Elle finit par dénicher le blouson de Matteo qu'elle lui balança dessus. « Bouge toi ! T'as dis qu'on avait besoin de matos... je t'en ai trouvé. » Une demie-heure plus tard ils sortirent du métro dans la banlieue Est de Londres et elle les guida jusqu'à un bâtiment qui ressemblait à un hangar un peu délabré. Elle se fraya un chemin parmis les herbes folles qui avaient commencées à pousser aux allantours du bloc abandonné, et s'avança vers la porte en verre qui devait être l'ancienne entrée de la boutique. Elle déverrouilla la porte d'un coup de baguette. Ils passèrent quelques pièces qui ressemblaient à des bureaux jusqu'à un lourd rideau de fer. Elle lui jeta un regard en coin avec un petit sourire. « T'es prêt ? » D'un nouveau coup de baguette, elle fit sauter le rideau qui s'ouvrit sur une immense salle aux fenêtres très hautes. D'un sortilège elle éclaira la pièce et La lumière révéla tout un ensemble de grosses machines assez anciennes. Les presses d'impression abandonnées semblaient prendre la poussière depuis quelques années déjà. "Elles sont plus très jeunes, et fonctionnent de façon plus mécanique qu'électronique. Ca veut dire que si on arrive à les ensorceler correctement... » Elle se tourna vers Matteo et prit une profonde inspiration. « On pourra imprimer à relativement grande échelle. »


Elle ne savait pas pourquoi ça lui avait pri tant de temps de trouver cette solution. Ils n'avaient pas besoin du matériel sophistiqué utilisés par la gazette et ils ne seraient pas les premiers à récupérer des machines moldues pour les adapter à l'usage sorcier, de toute façon. Et elle avait fouiné, l'endroit avait fermé quelques années plus-tôt; le propriétaire était décédé et ses enfants avaient simplement abandonné l'affaire. Il suffirait de quelque sortilège de camouflage et venir se servir de tout ça ne devrait pas être bien compliqué... Elle sentait une petite flamme qui venait de s'allumer en elle et elle eut la sensation de retrouver quelque chose perdue depuis longtemps; réminiscence de celle qu'elle avait été avant de se faire dévorer par la guerre et la colère.

• • •


And if you're still breathing, you're the lucky ones 'cause most of us are heaving through corrupted lungs. And if you're still bleeding, you're the lucky ones 'cause most of our feelings, they are dead and they are gone.
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MessageSujet: Re: Vox Populi - Alteo    Ven 20 Jan 2017 - 18:46

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‹ âge : trente
‹ occupation : tisseur de mots, journaliste, coureur de monde. à la dérive.
‹ maison : Gryffondor
‹ scolarité : 1984 et 1991.
‹ baguette : était en bois d'érable, relativement flexible, mesurait 26,8 cm et contenait un coeur de phoenix.Désormais brisée, j'ai hérité d'une baguette récupérée sur le cadavre d'un mangemort: bois de noyer noir, 32 cm, coeur inconnu, et absolument pas faite pour moi.
‹ gallions (ʛ) : 1626
‹ réputation : j'ai l'air de regretter la fin de cette guerre, que ce qui secoue ce monde nouveau paraît me révolter bien plus que les atrocités commises par le précédent gouvernement, que je suis un piètre journaliste et écrivain qui tente de percer dans un milieu qui n'a jamais voulu de lui.
‹ particularité : en plein flou.
‹ faits : j'ai soutenu la rébellion, bien que je n'ai quitté ma vie que sur le tard pour aller les retrouver, au détour de la création de la Renaissance du Phoenix ; que beaucoup n'ont pas cru à mon implication, du fait de ma naissance surtout ; que j'ai une tendance fâcheuse à commencer des choses et à ne pas les terminer ; que ma plus grande ambition est d'enfin publier un livre ; que ma fiancée est en fuite et que je n'ai aucune idée de si je la reverrai morte ou vive, offerte aux bons soins des Détraqueurs ; que la nouvelle société me répugne presque autant que la précédente, voir plus ; que je ferai sûrement tout pour ma soeur.
‹ résidence : dans le loft de la Bran Tower ou Eirene et moi vivions avant que tout ne vole en éclat. J'ai réussi à garder l'appartement par je ne sais pas quel miracle, il sert aujourd'hui à ma soeur et à mon beau-frère, Elias, parfois. En vérité je n'y suis pas souvent, je fuis l'endroit.
‹ patronus : une méduse géante
‹ épouvantard : un grand feu, l'anéantissement total de ma famille, rester seul au milieu des cendres
‹ risèd : Eirene se tenant à mes côtés, aussi heureuse qu'elle l'était à nos débuts, lorsque nous étions encore pleins de promesses et de projets fabuleux avant que tout ne soit jeté aux flammes.
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A hero into the masses, to those born without chances. There's a freedom that everyone deserves. I know there's greed and there's corruption, I've seen death and mass destruction. But I'm telling you, and I hope that I'm heard : I will not be commanded, I will not be controlled; And I will not let my future go on without the help of my soul.
(2003, decembre the 31th) – La réaction d'Albane était prévisible, et la violence de sa répartie méritée. Il accuse le coup sans broncher, attend que l'orage passe, et espère silencieusement qu'elle ne le repoussera pas. Elle ne le fait pas, et après lui avoir fait remarquer qu'il valait mieux pour sa réputation qu'il se tienne loin de la terroriste qu'elle est, lui tend ses notes. « C'est des recherches sur les brainwashings. J'ai interrogé pas mal de témoins, et quelques personnes qui pensent en avoir été victimes. j'essais de tout raccrocher et je crois ça se tien. Je pense que c'est vraiment arrivé... C'est pas une surprise, on s'en doutait déjà. Mais c'est pas pour ça que la coure s'en soucie, hein... » Il hausse un sourcil en signe d'assentiment, bien d'accord avec le fait que la justice laisse à désirer ces derniers temps et que les actions du Ministère, toutes concentrées sur les procès des criminels de guerre, délaissent d'autres sujets tout aussi importants. Ça lui donne l'impression que le gouvernement cherche un assentiment de la population, une popularité dans l'espoir de redorer un blason terni par l'ancien, au détriment de problèmes plus graves. « J'aurais jamais du te traiter de terroriste. T'en es pas une à mes yeux, loin de là. Fallait ce qu'il fallait, des choses horribles ont été commises par tout le monde, certaines plus évidentes que d'autres, espérons que tout ça servira à sortir quelque chose de bien de tout ce merdier, c'est tout. » Ils n'en parlent plus, et il baisse le nez sur ses notes, apporte quelques modifications, lui parle brièvement de ses propres recherches, du capharnaum qu'est sa vie, sa vie, qui reprend son cours.



(2004, january the 5th) – Une violente secousse le tire de son sommeil. Il n'a pas dormi comme ça depuis des jours, il prierait pour rester plongé dans ces limbes silencieuses, où les pensées se muent en rêves informes et flous, sans importance. Il est trop épuisé pour faire des cauchemars, et c'est bien la seule satisfaction qu'il tire de cette fatigue permanente qui lui scie le corps. Les yeux encore collés de sommeil, il soulève difficilement une paupière, s'aperçoit qu'il est encore sur le canapé éventré de chez Albane, le Recueil des pathologies sorcières infantiles – Histoire et évolution gisant ouvert sur son ventre. « Qu'el'heure 'l'est ?Cinq heure du matin. »  lance-t-elle d'une voix trop forte, le faisant grimacer. Il n'a pas du s'assoupir plus de deux heures, Merlin, il la maudirait presque d'être rentrée si tôt, bien qu'il ne l'ait pas vue depuis presque deux jours. « Je t'aurai bien réveillé avant mais je viens de rentrer avec le premier métro. » Albane s'agite au milieu du bazar ambiant et finit par lui jeter son blouson au visage. « P'tain. » jure-t-il à mi-voix en se passant les mains sur le visage dans l'espoir de chasser l'envie de l'insulter avant de se rendormir pour une petite heure. A huit heures tapantes, il doit être à Sainte-Mangouste et les guérisseurs vont encore le regarder de travers s'il se ramène avec une tronche pareille – pas comme si l'un de leurs collègues hantait les couloirs des bâtiments de sa carcasse pouilleuse tous les jours, songe-t-il chaque fois qu'il encaisse leurs regards désapprobateurs. Seule Anna semble leur inspirer confiance, et les questions de Matteo n'inspirent ni leur sympathie ni leur approbation. Ils comprennent, oh bien sûr, ils comprennent toujours l'inquiétude de l'entourage des malades mais ne se fendent jamais d'explications concrètes. Leur ignorance le remplit de rage à leur encontre, il a bien envie de secouer ces gros sacs pour leur tirer les vers du nez, de leur filer un bon coup à l'arrière train pour qu'ils se bougent enfin, qu'ils trouvent une putain de solution à la maladie de sa nièce, qui n'est plus la seule à subir les conséquences de leur inactivité. Le nombre de victimes de ce mystérieux syndrome continue de croître et aucune solution n'est encore au goût du jour.
Penser à Charlie et à tous ces incapables trop silencieux achève de le réveiller pour de bon, tandis qu'Albane s'impatiente. « Bouge toi ! T'as dis qu'on avait besoin de matos... je t'en ai trouvé. » Matteo serre les dents. « A c't'heure là ? Congrats. » qu'il grommelle en se levant. Il enfile son blouson, regarde avec envie la cafetière qui l'attend sur le comptoir. Albane ne semble pas se soucier de son besoin patenté de stimulant et le jette dehors sans plus de cérémonie. Par dépit, il allume une cigarette et suit sa collègue avec mauvaise volonté. Il s'aperçoit à la sortie du métro qu'il n'a pas pris sa baguette, en suit un léger moment de panique avant de songer qu'il n'aura pas à s'en servir, puisqu'Albane à la sienne. Pas comme si elle lui était d'une grande utilité ces temps-ci, réfractaire à toutes ses tentatives de la maîtriser.

Sa mauvaise humeur s'évanouit peu à peu lorsqu'ils pénètrent dans le bâtiment désert dans lequel elle l'emmène. « T'es prêt ? » fait-elle devant le rideau de fer, et il hoche la tête, comme un gosse qui s'apprête à voir un nouveau spectacle de marionnettes. Le rideau se soulève à l'injonction d'Albane, et son regard cueille à la volée les innombrables presses qui se dévoilent sous ses yeux. Il siffle entre ses dents, s'approche de l'une d'elles et passe une main appréciatrice sur le métal couvert de poussière. Elle est si dense qu'elle s'accumule sous ses doigts en des petits tas gris et sales. Les machines semblent en bon état quoi qu'abandonnées depuis des années, vraisemblablement. Il évalue les mécanismes, s'enchante de constater qu'elles fonctionnent à l'ancienne, et non pas avec une des technologies sophistiquées que les moldus inventent pour parer à leur absence de magie. « Elles sont plus très jeunes, et fonctionnent de façon plus mécanique qu'électronique. Ça veut dire que si on arrive à les ensorceler correctement... » Matteo se redresse et enfonce les mains dans ses poches de blouson. « On pourra imprimer à relativement grande échelle. » Il se tourne vers Albane, avec aux lèvres ce qui ressemble à un vrai sourire, chose que l'on a pas vu depuis des semaines, semble-t-il. Une intense chaleur s'insinue en lui et chasse le froid mordant qui règne dans les locaux. L'air semble immobile ici, collé par la poussière et l'absence d'activité humaine.

« Bien joué, vraiment. » Il n'aurait pas pensé de si tôt à chercher du côté des moldus, une tare commune aux sorciers de sang-purs, certainement. Il réalise qu'après en avoir parlé, il ne s'est pas donné tant de peine pour agir, pour chercher de quoi imprimer. De belles paroles jetées en l'air, vite balayées par le vent quotidien de ses inquiétudes. Une vague de gratitude pour Albane monte, et il l'exprime rudement par une tape sur l'épaule. « On peut pas transporter tout ça, heureusement que le quartier est peu fréquenté. Faudrait déblayer les lieux, peut-être les cacher avec quelques sortilèges repousse-moldu, au moins cette partie des locaux et, ouais, va falloir ensorceler ces choses pour qu'elles fonctionnent toute seules. Je plancherai sur le sujet en rentrant. » Ses yeux ne se lassent pas de regarder le matériel qui leur est tout offert, oublié depuis si longtemps que personne – du moins l'espère-t-il – ne cherchera à venir le récupérer. « J'ai quelques papiers sur le syndrome de Charlotte. Rien de très concret, personne ne se donne la putain de peine de me répondre. Je retourne à l’hôpital à huit heures, d'ailleurs. » Il regarde sa montre – six-heure vingt. Bon. « Mais j'ai de quoi publier, dès que... dès qu'on aura mis tout ça en marche. Écoute, je peux revenir ce soir pour qu'on essaye, si ça te va. Je sais pas si t'es occupée, mais j'ai besoin d'un – de quelques cafés là, je reviendrai ce soir. Tu viens ou tu restes là ? » L'hésitation dans le regard d'Albane hurle son envie de rester, de s'y mettre tout de suite, d'essayer d'ensorceler les presses immédiatement, de ne pas perdre de temps. Les cernes sous ses yeux creusent les traits de son visage et balaye la question de Matteo, qui claque la langue contre son palais et l'attire hors de la pièce. « Oublie, éteints tout, ferme tout ça, on va se boire un café, point barre. » Et tant pis s'il doit la forcer pour qu'elle quitte les lieux.

Il est trop tôt pour beaucoup de commerces. Seul un petit café miteux face à la gare est ouvert, et ils regardent silencieusement les passants matinaux défiler devant les carreaux sales. Quelques voyageurs attendent leur train ici, passent le temps en lisant les dernières nouvelles du monde moldu. Il fait un froid de chien dans le pub, et Matteo a les deux mains collées à la tasse de café fumant. Il se tourne vers Albane, qui a ouvert un calepin devant elle et relit ses notes. « T'as cherché toute la nuit ? Ça fait deux jours que t'es pas rentrée. T'as pas l'air d'avoir dormi depuis la dernière fois, d'ailleurs, » fait-il en avisant les marques d'épuisement sur son visage fermé. « Tu te souviens d'Anwar ? Maseed ? » lance-t-il de but en blanc au bout d'un moment.

• • •


Que naissent, du tissu de notre rêve, des splendeurs énigmatiques et des ombres conquérantes, qu'un incendie total engloutisse ce monde et que ses flammes provoquent des voluptés crépusculaires, aussi compliquées que la mort et fascinantes comme le néant.
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MessageSujet: Re: Vox Populi - Alteo    Mer 25 Jan 2017 - 20:38

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‹ résidence : dans un appartement pas bien grand sur Diagon Alley, mais il s'agit plus d'une espèce de bureau improvisé, constamment en bordel, que d'un véritable lieu de vie. Le seul endroit que je considère un peu comme chez moi et où je me sens réellement en sécurité c'est chez Tiago.
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5 janvier 2004 - j+28 Ce plan c'était un peu de la folie, si on y réfléchissait bien. Ils n'avaient rien, à part des tas de parchemins de textes inachevés, écrits un peu dans l'urgence; dans l'attente de quelque chose de mieux, sans y croire vraiment. Mais Albane en avait assez de n'avoir rien en quoi croire. Elle en avait assez d'écrire dans le vide, des mots que personne ne lirait jamais. Elle voulait plus. Plus qu'un POW et quelques scrolls. Elle voulait croire à ce plan un peu dingue: écrire des articles, monter des enquêtes, chercher ce qu'on avait bien pris soin de cacher; et publier, dévoiler au grand jour, faire entendre sa voix.

Albane avait passé les huit dernières années de sa vie à lutter. En tant que Blackfish, sur Potterwatch, avec les audacieux, avec les belliqueux... Et elle avait bien compris que la fin de cette guerre n'annonçait pas la fin de sa lutte, elle devait simplement changer d'armes. Ces presses: c'était leurs nouvelles armes. Elle pensait souvent à Angelina, qui errait incapable de trouver sa voie, incapable de continuer à avancer. Albane ne voulait pas finir comme Angelina, fantôme encore vivant de cette guerre qui n'était qu'à moitié achevée.

Oui ce plan c'était un peu de la folie, c'est vrai; mais c'était toujours mieux que pas de plan du tout. C'était toujours mieux qu'un tas de parchemin inutile dans un coin de son appartement, mieux que faire semblant que tout allait bien en lisant les aveuglément les lignes creuses de Daily Prophet, en attendre que les choses changent d'elles même. Albane savait depuis bien longtemps que les choses ne changeaient jamais d'elles-mêmes et de toute façon elle n'avait jamais été du genre attendre: la patience n'étant pas sa principale qualité. Si elle elle ne disait rien, alors personne ne le ferait pour elle. Et elle savait qu'elle n'y arriverait pas seule. Elle avait besoin de Matteo pour ça.

Alors quand elle voit le sourire naitre sur son visage et comment son regard se pose sur ses trouvailles, Albane lâche un soupir de soulagement. « Bien joué, vraiment. » Elle s'autorise à sourire un peu à son tour. « On peut pas transporter tout ça, heureusement que le quartier est peu fréquenté. Faudrait déblayer les lieux, peut-être les cacher avec quelques sortilèges repousse-mordu, au moins cette partie des locaux et, ouais, va falloir ensorceler ces choses pour qu'elles fonctionnent toutes seules. Je plancherai sur le sujet en rentrant. » Oui, il va la suivre dans ce plan un peu dingue et pourtant tellement important. Ils vont le faire. Même si elle ne sait pas encore comment ça n'a pas d'importance: ils vont le faire. Et elle a envie de s'y mettre tout de suite. Tout d'un coup ça se remet à tourner dans tous les sens dans sa tête, et elles pensent aux quelques sorts qu'elle avait déjà envisagés, elle pense à comment protéger les lieux, elle pense a contacter des elfes de maison pour faciliter leur déplacement, le transport et la distribution. Elle pense au papier qu'elle est en train d'écrire sur les brainwashés et à celui sur les loups-garous. Et ça tourne sa tourne; et elle a bien l'impression que ça tourne aussi un peu dans la tête de Grimaldi. « J'ai quelques papiers sur le syndrome de Charlotte. Rien de très concret, personne ne se donne la putain de peine de me répondre. Je retourne à l’hôpital à huit heures, d'ailleurs.  Mais j'ai de quoi publier, dès que... dès qu'on aura mis tout ça en marche. » Raison de plus pour s'y mettre rapidement  alors. Il y a encore trop à faire et ils ont trop à dire pour perdre plus de temps. N'est-ce pas ? « Écoute, je peux revenir ce soir pour qu'on essaye, si ça te va. Je sais pas si t'es occupée, mais j'ai besoin d'un – de quelques cafés là, je reviendrai ce soir. Tu viens ou tu restes là ? » Ce soir ? Non, il n'a pas bien compris. Elle vient de lui offrir une occasion en or il n'y a pas de temps a perdre, le café peut bien attendre. Ils doivent se mettre au travail, tant pis pour la fatigue. Elle ouvre la bouche pour protester, mais il la coupe avant qu'elle ait eu le temps de dire un mot. « Oublie, éteints tout, ferme tout ça, on va se boire un café, point barre. » « Mais-» Mais Matteo n'écoutait pas ses protestations, il était déjà en train de la pousser dehors avec l'air de celui qui ne lui laissait pas le choix, et elle savait que quand il le voulait, Grimaldi pouvait se montrer particulièrement tenace. Elle leva les mains en signe de défaite... « Très bien t'as gagné ! T'as de la chance que j'ai pas dormi de la nuit.» elle marmonna à moitié exaspérée. Et qu'elle ait développé une telle passion pour la caféine aussi. Parce que c'est vrai qu'un café ne ferait pas de mal. D'ailleurs pendant qu'il l'entraine à l'extérieur elle se promet qu'elle apporterait une cafetière ici à la première occasion.

Le seul café qu'ils trouvèrent n'avait absolument rien d'avenant et on s'y gelait presque autant qu'a l'extérieur, mais force était de constater qu'elle avait vue bien pire au cours de cinq dernières années et que cet endroit, -même s'il n'avait rien d'un palace- restait relativement acceptable. Elle n'était pas certaine que cette idée soit réconfortante cela dit. Ils commandèrent et elle ne tenue pas plus de trois minutes avant de sortir un calepin. Elle commença à faire une liste de ce qu'ils avaient à faire -le premier point indiquait donc "cafetière"- et s'apportait à lui demander à quelle heure il pensait être disponible le soir même pour revenir quand il la coupa encore une fois. Décidément Grimaldi savait bien choisir ses moments. « T'as cherché toute la nuit ? Ça fait deux jours que t'es pas rentrée. T'as pas l'air d'avoir dormi depuis la dernière fois, d'ailleurs, » Elle leva brièvement les yeux et fit la moue. « J'étais chez un ami.» Répondit-elle comme si c'était une explication suffisante. Ce n'était pas vraiment un mensonge, elle avait effectivement passé quelques heures chez Tiago la nuit précédente où elle avait dormi, brièvement - trois, quatre heures tout au plus, mais c'était déjà bien contenue de son rythme de sommeil actuel. Elle croisa le regard de Matteo. Il l'observait avec cet air mi inquiet mi-exaspéré. Tiago aussi la regardait un peu comme ça par moment; ça l'énervait. Qu'est ce qu'elle y pouvait elle si elle n’était pas capable de fermer l'oeil ? Ils pensaient que ça l'amusait peut-être ? Parce que non, ça ne l'amusait franchement pas. Elle aimerait bien pouvoir s'endormir sans se retrouver au milieu d'Herpo Creek ou de Pré-Au-Lard; Mais le fait est que ça ne marchait pas comme ça et que le filtre de paix n'était pas franchement dans ses moyens. Il y avait longtemps qu'elle avait renoncé à régler ses problèmes de sommeil, ça n'allait pas changer aujourd'hui quoiqu'en pense Matteo. « Faut bien que je m'occupe quand je dors pas, les journées sont longues. » Ajouta-t-elle avec un haussement d'épaules. Elle va bien. Il n'a pas à s'inquiéter de ces insomnies, elle a vu pire et il a déjà assez de soucis avec Charlotte.

Ça semble lui convenir d'ailleurs, parce qu'il n'insiste pas et au fond elle l'en remercie, elle n'a pas envie de se battre avec lui sur le sujet. « Tu te souviens d'Anwar ? Maseed ? » Évidemment qu'elle se souvient, d'ailleurs elle avait toujours admiré son travail et si Massed avait été une femme, elle l'aurait autant admiré que Mina, d'ailleurs. « Tu crois que l'idée pourrait l'intéresser ? » En vérité elle n'en doute pas vraiment; depuis la fin de la guerre, Anwar, tout comme elle utilisait énormément le MSN, beaucoup de ses scrolls faisaient polémiques et elle le croisait pratiquement à chaque fois qu'elle allait au ministère. Et puis évidemment, elle en avait parlé avec Mina.« Mina aussi voudra probablement en être. Quand elle ira un peu mieux. Mais je sais qu'elle fait beaucoup de recherche et qu'elle écrit aussi... » Par automatisme elle griffonna un rapide "anwar&mina???" dans le coin de son carnet. « Il faudrait leur en parler quand on sera sur de nous et de ce qu'on veut faire... Faut qu'on se fixe un angle, une ligne éditoriale. Mais c'est sur qu'il nous faut des collaborateurs. Il faut que chacun puisse s'exprimer, y a bien trop de censures dans les médias actuels, trop de règles, trop de hiérarchie... Faut qu'on s'émancipe de tout ça si on veut vraiment avoir de l'impact. » En même temps qu'elle parlait, elle avait continué à griffonner  un peu comme si elle pensait à voix haute. Elle leva soudain les yeux de sa page, croisa le regard de Matteo. « On va vraiment le faire, hein ? » Elle redemande pour être sure. Parce que ce plan, c'était un peu de la folie si on y réfléchissait bien. Mais elle en avait besoin.

8 janvier J+31 Matteo était encore réveillé quand elle entra dans l'appartement. À croire qu'elle devenait raisonnable et rentrait à des horaires acceptables pour le commun des mortels. À moi que ses insomnies à elle soit en train de détendre sur lui, ce qui était aussi fort probable. « Hey.» Lança-t-elle à travers l'appartement, il répondit vaguement, probablement en train de travailler sur quelque chose. Albane retira sa veste qu'elle abandonna sur un dossier de chaise, se rendit dans la cuisine, ouvrit le frigo dont elle observa avec un mélange de désespoir et de résignation le maigre contenu: une brique de lait, une bouteille de jus de citrouille, un reste de pizza, et quelques bières. Leur cohabitation manquait cruellement d'organisation en ce qui concernait les préoccupations du quotidien. M'enfin, sans s'attarder plus longtemps elle opta pour deux bouteilles de bières dont elle fit sauter les capsules et alla dans le salon. Elle en tendit une a Matteo et s'assis sur le vieux tapis, adossé au canapé. Elle but une gorgée. « Ça fait un mois aujourd'hui. » Lâcha-t-elle. Il y avait des moments ou elle avait l'impression que les combats avaient pris fin la veille, mais à cet instant elle avait l'impression que c'était il y a une éternité. Sans rien ajouter elle but quelque gorgées de plus et fixa un moment sa bouteille en se disant qu'elle aurait peut-être plutôt du opter pour du whisky. Tant pis. « Je me disais, on n’a toujours pas de nom. On veut faire un journal et on n’a même pas de nom. »
Un mois plutôt Voldemort avait disparu, on avait annoncé la fin de la guerre. Un mois plus tôt, la rébellion avait triomphé, la communauté sorcière était à nouveau libre. C'étaient ce qu'ils avaient cru. Albane but encore quelques gorgées de sa bière « Faut vraiment qu'on en trouve un. » Et un bon.

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