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sujet; HEATHEN + it's funny how reflections change

WIZARD • always the first casuality
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‹ inscription : 01/12/2016
‹ messages : 353
‹ crédits : heresy.
‹ dialogues : teal.
‹ liens utiles : draco malfoy w/ lucky blue smith ; ginevra weasley w/ holland roden ; alicia spinnet w/ zoe kravitz ; calixe Davis w/ jennie kim ; ardal ollivander w/ matthew daddario ; indiana alderton w/ nicola peltz ; heath ravka w/ im jaebum ; even li w/ jeon jungkook.

‹ âge : 27
‹ occupation : chef cuisinier.
‹ maison : Poufsouffle
‹ scolarité : 88 et 95.
‹ baguette : est taillée dans 29,7cm de bois de charme et renferme un cœur de licorne.
‹ gallions (ʛ) : 1041
‹ réputation : j'ai quitté l'Angleterre après avoir décroché mes ASPICs pour ne rentrer de France qu'en 98, après avoir récupéré mon statut de Sorcier Britannique, temporairement perdu à cause du décret concernant les séjours de longue durée à l'étranger. Une blessure au genou m'a épargné de participer à la guerre. J'ai travaillé à l'Elysea (gastronomie française) à mon retour, mais les difficultés économiques des sorciers au terme de la guerre et les procès contre l'ancienne clientèle (mangemorts et élite) mettent le restaurant en faillite et en provoqueront probablement la fermeture.
‹ particularité : géokinésiste, du fait de mes racines nivkhes (indigènes de russie ayant longtemps subi l'occupation japonaise). Mais j'ai perdu mon père à 14 ans et mon apprentissage est resté incomplet — relativement instinctif et peu utilisé.
‹ faits : ma mère, française naturalisée britannique, est une ancienne Oubliator, hospitalisée à Janus Thickey à cause de de graves séquelles dues à son métier. • mon frère cadet, Aspen, a été adopté juste avant mon départ, mais a été officiellement déclaré né-moldu selon le statut de sang de ses parents adoptifs. La famille a été décimée durant la guerre et il s'est retrouvé à la rue. Je tente de renouer le contact avec lui, en dépit des griefs qui nous séparent depuis que je suis parti en le laissant derrière. • uc. • • • • •
‹ résidence : dans un immeuble récent du Chemin de Traverse.
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Aspen + it's
funny how reflections change
Can't run away from what's been said and done, with all these days gone. Been fighting so long I can't break away from it all.

DECEMBRE 03. Il y a eu ce moment — ce seuil, ce tournant. L'instant où il s'est dit maman n'est plus maman.

Naïvement, Heath a cru que ce serait la pire réalisation de son existence, la plus douloureuse de ses prises de conscience. Et pourtant, alors qu’il contemple son reflet blême dans le miroir, regard hagard et lèvres entrouvertes sur les relents d’un cri muet, le serrement au creux de sa poitrine est plus cuisant que celui de l’époque. Ou du souvenir qu’il en a. Sa main tremblante passe sur sa face crayeuse, frotte ses paupières lourdes des dernières images du cauchemar qui continue de lui peser depuis qu’il s’est jeté hors du lit pour s’en extirper. Rien à faire : il a, tatoués sur la rétine, les traits d’un Aspen d’une dizaine d’années ou un peu moins, gisant dans une ruelle sordide, dans une mare de son propre sang. La nausée lui retourne l’estomac, lui acidifie la gorge, mais rien ne sort. Ça reste logé au creux de sa poitrine, poids de sa culpabilité.

Quand les choses ont-elles tourné si mal ? Il ne se doutait pas, en rentrant en Angleterre, de l’état dans lequel il retrouverait sa terre natale, de l’état dans lequel il retrouverait son frère. Il était si certain de l’avoir laissé entre de bonnes mains — et parfois, lorsqu’il ne peut s’empêcher de se faire du mal en se demandant ce qu’il aurait pu changer pour éviter que les choses ne dégénèrent ainsi, il se blâme de ne pas avoir vu. De ne pas avoir compris que le sang des Dunstan serait un problème à long terme, que l’obsession croissante des sorciers conservateurs pour l’ascendance pure mettrait en péril l’engeance issue du monde moldu. Il aurait dû tiquer devant les papiers d’adoptions, en voyant les modifications apportées au statut d’Aspen ; il aurait -
Et à présent il n’a personne avec qui partager ce fardeau, si ce n’est son reflet ensorcelé, qui le toise avec tout le dégoût qu’il éprouve envers lui-même.

Well, techniquement, il y a aussi sa mère. Mère qu’il n’a pas été voir à l’hôpital depuis son retour — et donc, techniquement, depuis son départ même. Il lui a écrit des lettres en provenance de France, à quelques reprises, a envoyé des colis et surtout de l’argent pour assurer les frais de son internement. Ce n’était pas une sinécure, de payer un loyer, une place en aile psychiatrique et simultanément, d’envoyer quand il le pouvait quelque chose pour Aspen. Les Dunstan, bien sûr, étaient contre ; mais à défaut d’être présent Heath espérait s’assurer que son frère ne manque de rien. Oh comme il s’est trompé. Sur toute la ligne. Ce n’était pas rien, mais c’était surtout loin d’être assez. Alors sur un coup de tête, il songe à se rendre à l’hôpital, bien qu’il soit trop tôt pour les visites. Aujourd’hui le restaurant ferme exceptionnellement pour la journée — les travaux entamés à l’arrivée de Heath sont complétés progressivement et, outre l’aspect esthétique fait en une fois pour appâter le chaland, les révisions de fond ont été réparties sur les mois suivants pour raccourcir le délai de fermeture. Cette fois, c’est le système d’éclairage qui doit être entièrement rénové. Pas de réservations, donc : les clients en ayant demandé ont été prévenus de cette indisponibilité et pour les passants, une note a été accrochée à la porte d’entrée. Heath a donc devant lui une journée libre comme il en compte rarement et jusqu’à présent, son unique programme était de passer quelques heures dans une salle d’entrainement pour tester enfin les exercices de rééducation recommandés par son guérisseur. Rien ne l’empêche de passer une heure de sa matinée au chevet de sa mère. Ou une demi-heure. Quinze minutes. Le souffle un peu pénible, gorge nouée par une angoisse sourde, il s’extirpe de la salle de bain en s’accrochant autant que possible à sa résolution vacillante. Des halètements canins l’accueillent affectueusement aussitôt qu’il quitte son antre, deux petites boules de poils bondissant joyeusement tout autour de lui quémandant un peu d’attention. Gold et Gansey II étaient terriblement méfiants au départ, avant de se réchauffer avec un peu de temps, beaucoup de patience, et des croquettes beaucoup trop coûteuse. Chiens de rue peut-être, mais les deux gold retrivers s’accoutument déjà à chaque parcelle de confort et de luxe grappillé et ne veulent plus entendre parler de nourriture de moins bonne qualité, après avoir goûté au top du top. Ça tombe bien : c’est le sujet préféré de Heath et il se surprend à être aussi exigeant pour les plats des deux peluches qui se sont un jour imposées chez lui que pour ses propres repas.

Il tire un réconfort indicible dans l’interaction, surpris comme toujours de l’aisance avec laquelle les chiots se sont insérés dans sa routine, brisant la solitude dans laquelle il se complaisait. Et c’est d’un pas plus décidé qu’il retourne à sa chambre pour se préparer avec soin. Il remplit un sac de sport — serviette, bouteille d’eau, paire de tennis, tenue de sport et linge de rechange —, enfile une chemise immaculée, un pantalon noir à pince, le tout surmonté d’une robe de sorcier noire elle aussi, mine grave et cheveux domptés avec soin, il a l’impression de se rendre à quelque chose de solennel et de déprimant — un enterrement. C’est… c’est un peu le cas.

La sensation ne fait que s’accentuer lorsque, au terme d’une longue attente, il se retrouve confronté au fantôme de celle qui était un jour sa belle, sa radieuse mat’. Mama, il entame, à peine un murmure. Mais elle tend une main vers lui, l’invitant à approcher, elle le reconnaît malgré toutes ces années et il a de l’espoir- Heath ! Heath, te voilà enfin, elle lui souffle et les larmes affluent au coin de ses yeux alors qu’il n’a pas pleuré depuis une éternité. Mais comme un coup au cœur, Où est Nikolaï ? Où est ton père ? Et Heath se fige avant d’avoir pu saisir sa main. Il reste là, mouvement avorté, pendant quelques semaines d’éternité, mû par l’envie de s’enfuir à toutes jambes.

C’est un cauchemar.

C’est un cauchemar.

Papa est mort, il déclame, sans pouvoir croire qu’il se retrouve encore embourbé dans cette conversation, comme si dix années ne s’étaient pas écoulées. Ne sois pas stupide Heath ! Ce soir on mange- NON ! il rugit et les autres patients de la chambre réagisse, certains par un geste agressif, d’autres par peur, puis se figent en comprenant qu’il n’y a pas de réel danger autour d’eux. Il retournent à leur besogne, un peu fébriles, les uns occupés à discuter avec leur chaussure accolée à leur oreille, les autres à coller des papiers de bonbons sur le mur ou a cogner nerveusement dessus, d'autres encore à regarder le plafond d’un œil hébété. Ça le tue, ça le tue de voir sa mère dans ce décor, ça le tue de reconnaître qu’elle y appartient. Une infirmière lui tapote l’épaule en affichant une moue réprobatrice. Monsieur Ravka, vous ne pouvez pas brusquer les patients. Je conçois que ce soit difficile, mais si vous n’êtes pas en mesure de supporter la confrontation il est possible d’écourter la visite. Ça va- tout va bien. J’ai juste été un peu pris de court, ça ne se reproduira pas. Il attend qu’elle s’éloigne pour s’obliger à se pencher en avant, coudes sur les genoux, et à prendre entre ses paumes l’une des mains de sa mère. Les veines sont apparentes ; ce sont des mains qui ont vieilli sans lui et à nouveau, l’émotion le prend à la gorge. On ne mangera pas viet’ ce soir. Ni demain soir ni aucun autre soir, en ce qui le concerne. Il n’a plus jamais mangé vietnamien depuis que son père a promis d’en rapporter, mais n’est jamais rentré, brûlé vif par un dragon au cours de sa journée de travail. Qu’est-ce que tu veux dire ? Ton père a tout prévu, il va acheter les plats en rentrant et- Il ne rentrera pas. Il ne rentrera plus. Je suis désolé. Il ne sait pas pourquoi il s’excuse, il fait toujours ça. Il secoue la tête, chasse ce train de pensée, raffermit sa prise sur la main qui se fait fébrile et nerveuse, coupe court à ses protestations. Je dois te dire quelque chose, quelque chose d’important, plaide-t-il, et elle plisse les yeux et les lèvres en le fixant avec la méfiance qu’il a fait naître dans son attitude en lui re, re, redisant qu’elle ne verra jamais son époux. Mama, il reprend d’un ton étranglé, Ya poteryal brata. Ya poteryal Aspen. (j'aii perdu mon frère. J'ai perdu Aspen.) Sa révélation dramatique est saluée par un regard vide. Qui est Aspen ? Et en trois mots, elle l’achève.

Lorsqu’il se retrouve face à la porte de son appartement plusieurs heures plus tard, Heath est armé de plusieurs kilos de nourriture, qu’il porte d’un main, l’autre chargée d’un énorme paquet de croquettes haut de gamme pour chiots et d’un sachet dans lequel trônent des friandises, deux os en beau de Buffle et des colliers flambants neufs gravés de leur nom et du sorcier à contacter s’ils se perdent. Si ses yeux sont rougis et honteusement gonflés, c’est assurément de s’être épuisé en salle de sport, comme en témoignent ses cheveux encore humides de transpiration et la tenue décontractée enfilée après une douche dans les vestiaires. Pas d’avoir bêtement larmoyé sur une mère perdue depuis longtemps et un frère cadet égaré dans la nature, qui le hait. Il peine à retrouver ses clés, parvient à les glisser dans la serrure et à ouvrir rapidement, pesant sur le battant de tout son poids si bien que celui-ci part heurter le mur adjacent avec un grand BANG. Et le l'avalanche de sons qui s'en suit est dû au chargement de Heath qui s’écroule au sol, tandis qu’il fixe avec stupéfaction la silhouette humaine plaquée au sol par les golden retrievers joueurs. Aspen ? Il balbutie, sous le choc. Le temps se suspend une seconde tandis qu’ils se fixent l’un l’autre, les yeux écarquillés. Puis Aspen bondit sur ses pieds dans l’intention évidente de s’enfuir et Heath plonge en avant dans le même élan, se cogne la hanche dans la poignée en passant (il ne jure pas souvent, mais un fuck lui échappe et il voit des étoiles), parvient de justesse à agripper le pan du vêtement de son frère avant qu’il n’ait eu le temps de plonger par la fenêtre à laquelle il s’est perché. La force avec laquelle il le tire les fait basculer en arrière et s’effondrer au sol dans un enchevêtrement de membres, les chiens s’affolant autour d’eux. Arrête, bon sang, arrête ! Ne m’oblige pas à te stupéfixier, ok ? Je veux seulement- Il se prend un coup de coude inattendu dans la mâchoire, se mord violemment la langue et ne sent pas le goût métallique du sang qui afflue dans sa bouche, mais il n’a pas le temps d’y songer, son cœur battant la chamade à l’idée qu’il puisse lui échapper à nouveau. Il faut qu’on parle, Aspen !

• • •


- memories crumbling like dried leaves. -

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