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sujet; (fin octobre 2003) hesra + I'm just holding on for tonight

WIZARD • always the first casuality
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‹ disponibilité : hold that thought
‹ inscription : 11/12/2015
‹ messages : 1109
‹ crédits : MUDBLOØD. (avatar), sovereign (gif)
‹ dialogues : #336699.


‹ âge : vingt-deux ans (04/02)
‹ occupation : pour le monde, je suis une ancienne médicomage légiste (en réalité, l'ancienne assistante personnelle de l'Ambassadeur).
‹ maison : ravenclaw
‹ scolarité : 1993 et 2000.
‹ baguette : est toute neuve, taillée dans un délicat bois d'aubépine renfermant un ventricule de dragon, elle mesure trente centimètres et des poussières dépassant ainsi de loin celle que j'ai perdu dans l'attentat de saint-mangouste.
‹ gallions (ʛ) : 2538
‹ réputation : je suis Hestia Carrow, une fille bizarre, porte-malheurs, instable et incestueuse qui ferait tout pour sa sœur.
‹ particularité : clairvoyante.
‹ faits : je n'étais pas maîtresse de mes actions pendant la guerre, mon cerveau ayant été lavé après l'exécution des rebuts. J'ai fuit la bataille finale bien avant sa fin et je hais la marque à mon bras. Retrouver le contrôle de mon esprit n'est pas si aisé que ça et je fais encore de nombreux cauchemars. En fuite avec ma jumelle et mon niffleur albinos, Idris, logeant chez des moldus j'ai fini par me rendre en espérant rendre à ma sœur une vie normale, sauf que par un procédé qui m'est inconnu elle a réussi à échanger nos corps.
‹ résidence : bonne question.
‹ patronus : inexistant
‹ épouvantard : moi-même, ou Hestia qui sait, restreinte par une camisole de force.
‹ risèd : moi-même de nouveau identique à Hestia.
Voir le profil de l'utilisateur http://www.smoking-ruins.com/t6904-wicked-game-flora

I'm just holding on for tonight

We'd set the world alight live years within a night. And memories never lie, tell me that I'm right, tell me that I'm right. I’ve seen it all go your way but now you fall every day. Your tired, unfamiliar face says it all.  I used to call, I used to call you my own, my dear but now you're lost.


(26/09) À peine se met-elle a courir, les yeux à la recherche d’une cible facile, de quelque chose à faire sans trop se mouiller non plus, qu’un maléfice non-identifié la manque de quelques millimètres. Instinctivement, Flora plonge à terre et atterrit difficilement, encore peu habituée à ce genre d’activités physiques. Elle laisse échapper un grognement et se cache derrière les débris sur lesquels elle a échoué pour reprendre son souffle et ses esprits. Elle voit un mur de flammes se déployer, protégeant plusieurs rebelles et anticipant la possible catastrophe que cela risque de causer elle se relève et s’éloigne en courant de ce potentiel désastre. La pyromane s’enfuit ainsi devant les flammes du camp ennemi. Le capuchon qu’elle avait rabaissé sur sa tête est tombé depuis belle lurette laissant ses cheveux châtains voler au vent derrière son masque fermement accroché à son visage. Autour de sa baguette les jointures de ses doigts sont blanches, mais Flora ne lance rien, elle regarde la bataille, celle qui est censée être la dernière, celle qui est censée voir le pouvoir du Magister enfin terrasser la rébellion. Elle est censée être heureuse, euphorique, comme certaines des recrues qui n’attendent semble-t-il que ça. En finir. Enfin. Mais Flora n’y parvient pas.
Il n’y aucun ordre, aucune organisation à proprement parler. Les sortilèges fusent d’un côté comme de l’autre et elle ne bouge pas, debout sur un champ de bataille, cible de choix, soldate perdue. Elle revoit la chevelure platine de Draco alors qu’il a déjà disparu du champ de bataille, elle songe à ce dont elle s’est presque sentie capable. C’est pas normal.

Elle pourrait partir, songe-t-elle, personne ne remarquerait quoique ce soit, elle pourrait laisser les experts finir ce qu’ils ont très bien commencé sans elle. Elle ne sert à rien, le premier insurgé à être mort directement de sa main, l’a su avant de rendre l’âme. Theodore Nott, où qu'il soit, le sait aussi. Flora ne contrôle rien, pas même son propre esprit. Ils peuvent gagner, ou perdre qu’en a-t-elle à faire, sans elle. Sa main se lève pourtant et d’un coup de baguette elle fait craquer le sol sous les pieds d’un ennemi qui court vers elle.



C’est le premier. Épuisée, des heures plus tard, elle ne s’en souvient déjà plus. Le flux constant d’insurgés comme de sorts l’empêche de s’arrêter une seconde pour y penser. Et l’aura trop familière des détraqueurs s’empare lentement de Pré-au-Lard alors qu’elle est soudain glacée jusqu’au sang. Contrairement à d’autres, elle ne sourit pas sous son masque trempé de sueur. Elle ne voit pas la félicité de ce cadeau du Magister. Au contraire, elle panique, comme réveillée par la présence de ces créatures. Comme si, alors qu’elles traînent leur corps flottant jusqu’à la masse de combattants, en la submergeant de ses plus mauvais souvenirs, elles attiraient hors de sa prison la bonne Flora, la vraie Flora. Et celle-là ne réfléchit pas. Elle tourne le dos au champ de bataille et fuit vers la lisière du village. Elle n’atteint jamais les lignes dressées, elle n’atteint jamais l’aire de sécurité, si tant est que celle-ci existe. Elle fuit les détraqueurs à une vitesse telle qu’elle ne regarde plus où elle va et manque de rentrer dans un combattant à la tête découverte qui lance justement un sortilège de protection contre une de ces terribles créatures. Un de ces sorts, peut-être le seul, qu'elle est absolument incapable d'accomplir. « Lorcàn » parvient-elle à lancer d’une voix étranglée, d’une voix désespérée. Flora sait que ce n’est pas lui. On peut penser à un pouvoir réservé à ceux qui connaissent personnellement les secrets de la gémellité, mais c’est par l’observation, en apprenant à les connaître l’un comme l’autre, l’un plus que l’autre plus récemment, qu’elle a appris à les différencier, d’un coup d’œil. Et puis, pour que son visage soit découvert, pour qu’il n’arbore pas un masque identique au sien ça ne peut être qu’Ardal. Elle le sait, mais elle préfère penser qu’il s’agit de l’autre, car si Ardal est là - pour son frère, s’imagine-t-elle sans mal - n’est-il pas possible que Hestia aussi soit venue pour elle ? Cette simple possibilité lui arrache toute bribe de bonheur de façon beaucoup plus efficace que tous les détraqueurs qui assaillent le village. Elle recule soudain et s'enfuit dans le sens opposé, de toute façon elle est imperméable à toute logique, sa boussole interne a déraillé.

(03/10) Elle n'y retournera pas. Elle a fini par trouver son chemin, jusque derrière les lignes et après quelques heures de repos on l'a renvoyée au combat. Et elle y est allée, elle s'y est pliée, elle a participé au massacre. Jusqu'à ce qu'à bout de nerfs, elle ne fasse ce qu'elle déteste le plus au monde mis à part être là et transplanne loin, loin. Pour reprendre des forces. Elle a promis qu'elle reviendrait mais non, non, non. Hors de question. Elle a mal partout, ses cheveux sentent le roussis et elle a le poignet brisé. Et puis ce n'est pas son combat, c'est pas son combat, c'est pas son combat, c'est pas…

(04/10) Elle est là dès l'aube, sur le champ de bataille avec les siens.

(10/10) Ça fait dix-sept jours qu'elle n'a pas vu Hestia. Dix-sept. Plus que les doigts de ses mains, mais moins que celles de leurs deux mains réunies comme elles devraient l'être. Dix-sept jours qu'elle est amputée, mais des mois, un an presque, que l'on s'affaire à scier leur lien. Irréparables. Elle n'a pas voulu rentrer chez elles, sanguinolente. Elle n'a pas voulu affronter sa sœur. Elle n'a pas voulu risquer de la découvrir absente elle aussi, peut-être partie à Pré-au-Lard pour la trouver. Elle s'est cachée chez Alecto, sa tante n'est jamais là de toute façon perdue quelque part dans l'Enfer qu'ils ont fait du village en bordure de Poudlard. Elle s'est cachée et cette fois, elle ne veut plus sortir et cette fois elle ne partira pas. Non. Elle se mord les doigts, se cogne la tête contre les murs, hurle à la lune quand sa marque lui fait mal, que ses terribles céphalées la prennent et que deux voix se disputent, intransigeantes, dans sa tête. Elle n'ira pas, c'est fini. Tellement lâche. Sur ce point tout le monde s'accorde dans son esprit. Flora est lâche. Incroyablement. Elle devrait sortir et trouver sa sœur. Sortir et retourner se battre. Mais elle n'ose même pas regarder par la fenêtre de peur de voir le mayhem qu'elle a laissé derrière. Le cauchemar est gravé à l'intérieur de ses paupières pourtant, elle ne peut pas fuir, pas vraiment. Elle évite les miroirs comme la peste également, incapable de regarder en face. La cinquantième douche n'y a rien fait, elle est sale, sale, si sale. Et lâche surtout, si lâche. Incapable de remplir sa mission. Incapable de retrouver son double. Incapable totalement.

(20/10) Elle est toujours pas là Alecto. Flora devine que la bataille n'est pas finie, ou alors qu'elle est finie et qu'ils ont perdus. Ils. Eux. Elle prend ses distances. C'est bien. Elle doit être occupée Alecto, elle doit l'avoir oubliée et ce n'est pas plus mal finalement. Elle ne lui manque pas. Elle oublie presque qu'elle est chez elle. Elle reste confinée à la même pièce de toute façon, se déplaçant aussi furtivement qu'un fantôme quand il s'agit de faire une escale à la salle de bain ou dans la cuisine. Elle mange peu, mais elle boit de l'eau ponctuellement. Comme si mécaniquement son corps tenait à rester envie, alors que son esprit lui a déjà renoncé. Ou plutôt, il renoncerait, s'il était capable d'une pensée cohérente.

Elle est toute seule et c'est mieux comme ça.

Et peut-être que sa tante n'est pas venue simplement parce qu'enterrée sous la masse de cadavres, ça ne la surprendrait pas finalement vu le chaos qu'elle a vu. Alecto n'est pas immortelle. Étonnement l’idée ne la rebute pas. Pour la première fois depuis des mois elle sent de nouveau qu’Alecto ne fait partie de la famille que parce que le sang l'oblige, pas parce qu’elle a sa place, pas parce qu’elle importe. La seule personne qui importe, c’est Raven: Flora et Hestia. Et désormais Raven n’a plus l’air d’être composée que de Hestia. Le meilleur maillon, la plus belle face de la pièce. Et elle pleure pas Flora, vraiment ce n’est pas son genre, mais une larme glacée roule contre sa joue quand elle pense à son double et que la solitude lui serre le cœur et qu’elle n’a pas la force de se relever, parce que la peur la vraie, c’est de ne pas la trouver à l’appartement, la peur la vraie, c’est de ne jamais la retrouver.

(29/10) Elle a brulé son masque. Elle a froid depuis des jours mais l'idée d'allumer un feu ne lui passe pas par l'esprit. Cependant, quand au réveil ses prunelles mordorées tombent sur son seul compagnon, jeté par terre à son arrivée, elle explose et attrape sa baguette pour la première fois depuis qu'elle est là, jetant furieusement un incendio dans l'âtre de la cheminée. La puissance des flammes la fait reculer, le souvenir du dernier incendie qu'elle a vu encore trop vif, encore incompréhensible et il faut qu'elle prenne son courage à deux mains pour attraper le masque et le lancer dans le feu, bûcher funéraire d'une partie d'elle, reste à savoir laquelle.

Quand le masque n’est plus que cendres elle se laisse tomber dans un coin de la pièce. C’est fatiguant d’exister. Et elle reste là, toute la journée, la tête enfouie dans les genoux, les paupières closes, les mains contre ses oreilles, comme si en appuyant sur ses tympans, elle parviendrait à bloquer la bataille qui fait rage dans sa tête. Alors quand elle entend un bruit semblant venir de l’étage du dessous, elle croit se faire des idées. Plus rien ne l’étonne, plus rien ne lui semble impossible; elle se transforme en sa mère, il n’y a pas d’autre explication. Peut-être qu’on la mettra dans le lit d’à côté à Sainte-Magouste quand tout sera fini. Peut-être qu’on laissera Maat finir ce qu’elle a commencé il y a des années. Là, comme ça, Flora ça ne la dérangerait pas. Pourtant les bruits se rapprochent, elle entend des portes s'ouvrir à la volée et claquer et elle s'imagine… rien. Elle est tellement fatiguée, tellement affamée, qu'elle ne peut même pas réfléchir et formuler une idée cohérente de l'identité du visiteur. Mais elle n'a pas besoin de deviner parce qu'il ne faut que quelques minutes à l'intruse pour arriver jusqu'à la chambre dans le coin de laquelle elle a passé les deux dernières semaines.

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HESRA ; octobre 2003 → ❝ i'm just holding on for tonight ❞
You, shut up!! If you want to die that much, I'll kill you myself! But until that day, you're going to live!

Se venger, c'est facile. Hestia connait ça sur le bout des doigts. Elle n'a pourtant pas l'âme de ceux qui attaquent les premiers, qui déclenchent les hostilités. Elle serait très heureuse de laisser les imbéciles, les étroits d'esprit et les enragés vivre tant qu'ils ne viennent pas déranger son monde. Mais, puisqu'ils ne savent même pas faire cette simple petite chose ; la vengeance, la revanche, c'est un peu devenu l'histoire de sa vie, c'est un peu ce qu'elle fait depuis qu'elle a appris que personne ne viendrait les sauver, sa sœur et elle,  depuis qu'elle a compris qu'elle devait se débrouiller seule pour réparer les outrages et les baguettes brisées, pour protéger Flora.

Se venger, c'est facile : c'est une question de patience et de précision. Le plus difficile, ce n'est pas de taper là, pile à l'endroit où ça fera le plus mal. Ce n'est même pas de trouver ce fameux endroit, Hestia excelle à ça, à observer et à deviner les gens. La vraie difficulté, c'est surtout de survivre jusqu'au jour J malgré les plaies et le désespoir ; c'est de survivre amputée de la moitié d'elle, séparée de Flora. C'est de se persuader qu'elle peut respirer, bouger et exister sans sa jumelle.

A côté de ça, le reste était un jeu d'enfant.



Sept 25th. Flora et Hestia ne se parlent plus - ou plutôt, Hestia ne parle plus à Flora. Elles vivent encore dans leur appartement, mais elles ne vivent plus ensemble. Hestia ne prévient plus Flora, ne lui raconte plus ce qui fait son quotidien, les petits complots qu'elle fomente en joueuse d'échecs grandeur nature. Cette personne qui se fait passer pour Flora n'a pas sa confiance ; Hestia refuse de se laisser berner plus longtemps par ce visage si semblable, ces expressions tellement familières, cette comédie parfaitement exécutée. Cette fille qui dort de l'autre côté du couloir, Hestia sait maintenant que ce n'est plus sa Flora, que quelqu'un lui a volé sa sœur. Elles ne sont plus Raven, elles sont devenues les deux faces d'une même pièce, formant vaguement, péniblement un tout cohérent mais malgré tout différentes, ne regardant plus dans la même direction. Et c'est encore plus flagrant depuis qu'Hestia est revenue, un jour, avec ces cheveux blond platine qu'elle prétend aimer mais qu'elle déteste autant que cette cicatrice qui la différencie de Flora, autant que cette Marque qui la sépare de sa jumelle.

Elles ne vivent plus ensemble, Hestia ne lui parle plus et pourtant, les habitudes sont toujours là, tenaces, dérangeantes comme des grains de sable entre les rouages d'une logique qui se veut souveraine et implacable. Peu importe à quel point elle se force à ignorer l'usurpatrice, ça ne change rien. Toujours elle s'arrête, la clé dans la serrure, pour écouter, chercher les bruits de l'autre côté de la porte d'entrée qui trahissent que Flora est déjà rentrée. Toujours elle regarde, en déposant sa cape dans la penderie, si celle que Flora a pris ce matin est revenue ou pas. Toujours elle s'arrête dans le salon, jette un œil vers la porte désormais fermée, veut faire un pas vers la chambre où elle n'a plus mis les pieds puis, ce n'est qu'à ce moment que la raison reprend ses droits, qu'elle l'engueule d'avoir failli tomber dans le panneau une fois de plus. C'est cette même raison qui la traîne jusque dans sa propre chambre, lui fait verrouiller la porte derrière elle, poser les sorts de protection contre l'intruse avant qu'elle ne se penche, à nouveau, encore et encore, sur son plateau d'intrigues et de complots, cherchant un moyen de récupérer sa Dame.

Oct 10th. Un jour, ou peut-être que c'était le soir, la mécanique bien huilée déraille, tout fout le camp : les rouages s'emballent, la machine est devenue incontrôlable. On leur apporte un autre mourant, un autre de ces combattants - Hestia croit voir Flora, elle croit revoir sa Flora sortir des décombres de Sainte Mangouste. Et comme cet autre jour, l'impulsion nerveuse court-circuite la logique, le cœur prend le contrôle et plus aucun ordre ne prend la peine de monter jusqu'au cerveau saturé de Flora, Flora à retrouver, Flora à sauver. Sa Flora.

Sans réfléchir ni à ce que ça implique (retrouver Flora, récupérer Flora, la serrer dans ses bras), ni au patient trop bruyant, trop vivant qu'elle abandonne sur place, Hestia transplane. Dans les enfers où elle arrive, elle se fait discrète, se glisse d'ombre en ombre comme c'est son habitude - fébrile, le regard fouille le décor dévasté à la recherche de Flora, d'Alecto, de Lorcàn ou de n'importe qui sachant lui dire où elle peut trouver sa jumelle. Autour d'elle, tout s'effondre, dévoré par les incendies et la magie, mais rien de tout ça n'importe. Rien de tout ça ne l'atteint, ou ne l'émeut, même un peu. Le monde peut bien disparaître tant qu'elle peut être aux côtés de Flora.

Oct 22rd. Hestia l'avait dit. Alecto ne peut pas appeler ça un coup en traître parce qu'elle était prévenue. C'était le choix d'Alecto de rire de la promesse d'Hestia, le choix d'Alecto encore d'écarter sa nièce d'un revers négligeant du bras quand celle-ci, la rage à la gueule et le meurtre brillant au fond des yeux, est venue exiger qu'on lui rende sa jumelle, qu'Alecto la sorte de l'enfer qu'est devenu Pré-au-Lard et qu'elle lui restitue ce qu'elle avait éhontément volé.

C'était le choix d'Alecto de lui tourner le dos.
Sa dernière erreur.

« Leto, Leto- non, je- » Il y a comme un sentiment profond de soulagement quand le sort dévié vient mordre la chair de sa tante en plein poitrine, la renversant en arrière alors que la vie s'échappe d'elle par la cage d'os explosée. C'est au-delà de la joie ou de la satisfaction, c'est le sentiment libérateur d'un devoir enfin accompli, d'un puzzle reconstruit, d'une énigme résolue. D'un tort vengé. « Je ne voulais pas, Leto, je te jure - Leto, réponds. » Et peut-être que c'est son sourire tranquille qui met son oncle sur la piste quand son regard se pose sur Hestia, au milieu de ce chaos. Peut-être que c'est simplement la simple présence de sa nièce qui trace la réalité, la culpabilité en filigrane, qui fait tourner les rouages d'une machine terrible, d'un limier en quête de sa propre vengeance. « Toi ! hurle-t-il, et Hestia sursaute, tirée de sa contemplation, par la silhouette menaçante qui s'approche, baguette meurtrière en avant : Petite garce, putain de traîtresse, je vais t'arracher les tripes et les offrir à ta sœur. Je vais - » Mais Hestia ne le laisse pas finir, elle transplane, fuyant les mains qui veulent se refermer sur elle.

Oct 28th. Amycus n'a jamais brillé pour son intelligence. En revanche, il n'a jamais démérité en chien de chasse et il faut quatre jours à Hestia pour échapper à son oncle, le semer sur de fausses pistes qui lui laissent le temps de passer à l'appartement, d'attraper ses affaires, celles de Flora (et même son immonde niffleur qu'elle fourre dans le sac sans fond d'un sort empressé) et de vider son compte chez Gringotts.

Ca fait maintenant deux jours qu'elle traque Flora - deux longs jours qui pourtant filent beaucoup trop vite. A chaque heure qui s'égraine, la voix qui lui prédit la mort de Flora résonne plus fort contre ses oreilles et chaque heure, c'est plus difficile de l'ignorer, de ne pas paniquer, de se raisonner. Merlin, elle espère qu'il n'est pas venu l'idée à Amycus d'attaquer Flora par vengeance. Si elle ne trouve plus Flora aussi facilement que dans leur enfance, c'est parce que Flora s'est perdue, que quelqu'un l'a entraînée loin d'Hestia. Ca ne veut pas dire que Flora est perdue à jamais, qu'Hestia n'arrivera plus à la rejoindre.

Oct 29th. Elle ne sait pas pourquoi elle n'y a pas pensé avant. Hestia sait seulement qu'elle va finir par dérailler totalement si Amycus ou n'importe qui d'autre la trouve avant elle. Sous les ordres impérieux de sa baguette, les bois claquent, les portes s'ouvrent sans délicatesse. A Akzaban, la nécessité d'être discrète, l'urgence vitale de ne pas se faire repérer d'Amycus qui a juré sa mort. A chaque porte fermée, elle a le souffle qui s'arrête, le coeur qui se fige à l'idée de ce qu'elle pourrait trouver derrière (Morgane, pas le cadavre de Flora, pas le cadavre de Flora, pas le cadavre) - elle a le besoin de voir Flora, de la sentir contre elle.

« Flora ! » C'est un cri du cœur pour celle qui ne hausse jamais le ton, et sans plus de précaution, elle abandonne les sacs dans l'entrée de la chambre puis se jette à genoux devant la silhouette recroquevillée de sa jumelle. Hestia ne réfléchit pas, ne réfléchit plus, quand elle passe ses bras autour de Flora, l'enferme dans une étreinte forte, trop forte. « Flora, Flora, Flora, souffle-t-elle dans ses cheveux bruns (dans leurs cheveux bruns) avec la ferveur fiévreuse d'un drogué en manque : C'est Hestia. Pardon, pardon - je suis désolée, je suis là maintenant. » Il lui faut tout sa volonté pour s'écarter, toute sa volonté pour détacher leurs corps et se résoudre à laisser parler ses réflexes de médicomages. Contre Flora, ses mains sont inhabituellement douces, tendres alors qu'elles palpent, frôlent et cherchent méticuleusement blessures et brisures. « Flora, regarde-moi, s'il te plaît - elle supplie presque, mais elle s'en moque, elle n'a pas, elle n'a plus de fierté face à Flora : S'il te plaît, c'est Hestia. »

S'il te plaît, reconnais de nouveau mon existence à tes côtés.
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WIZARD • always the first casuality
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‹ âge : vingt-deux ans (04/02)
‹ occupation : pour le monde, je suis une ancienne médicomage légiste (en réalité, l'ancienne assistante personnelle de l'Ambassadeur).
‹ maison : ravenclaw
‹ scolarité : 1993 et 2000.
‹ baguette : est toute neuve, taillée dans un délicat bois d'aubépine renfermant un ventricule de dragon, elle mesure trente centimètres et des poussières dépassant ainsi de loin celle que j'ai perdu dans l'attentat de saint-mangouste.
‹ gallions (ʛ) : 2538
‹ réputation : je suis Hestia Carrow, une fille bizarre, porte-malheurs, instable et incestueuse qui ferait tout pour sa sœur.
‹ particularité : clairvoyante.
‹ faits : je n'étais pas maîtresse de mes actions pendant la guerre, mon cerveau ayant été lavé après l'exécution des rebuts. J'ai fuit la bataille finale bien avant sa fin et je hais la marque à mon bras. Retrouver le contrôle de mon esprit n'est pas si aisé que ça et je fais encore de nombreux cauchemars. En fuite avec ma jumelle et mon niffleur albinos, Idris, logeant chez des moldus j'ai fini par me rendre en espérant rendre à ma sœur une vie normale, sauf que par un procédé qui m'est inconnu elle a réussi à échanger nos corps.
‹ résidence : bonne question.
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‹ épouvantard : moi-même, ou Hestia qui sait, restreinte par une camisole de force.
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Y a comme la croyance un peu naïve, un peu infantile que si elle ne relève pas la tête, si elle ne bouge pas d’un poil, si elle s'arrête de respirer, on ne la remarquera pas. Mais les pas s’arrêtent et le bruit sourd d’un sac qui tombe au sol lui indique qu’on l’a vue. « Flora ! » La voix est trop familière pour qu’elle ne la reconnaisse pas, c’est la même que la sienne dans une intonation qu’elle ne connait pourtant pas puisque sa propriétaire n’a pas pour habitude de hausser le ton. La voix est familière et pourtant elle se recroqueville un peu plus, croyant à une œuvre de son esprit - encore une -, pensant s’imaginer que Hestia est là bien vivante, que son pire cauchemar ne s’est pas réalisé, qu’elles sont enfin réunies. Ce qu'elle s'imagine tous les jours en somme. Et puis il y a les bras autour d’elle, qui serrent, serrent aussi fort qu’elle en a besoin alors que doucement, presque timidement, ses doigts s’enroulent autour des bras de sa jumelle. Si c’est un rêve ou une hallucination plus puissante que d'ordinaire, causée par la famine, elle préfère ne jamais se réveiller. « Flora, Flora, Flora. C'est Hestia. Pardon, pardon - je suis désolée, je suis là maintenant. » Quelque part dans son esprit se soulève la question de savoir ce pour quoi Hestia s’excuse au juste, quand c’est Flora qui a trahi sa sœur en laissant la distance s’installer, en lui cachant tant et tant, en détournant sa loyauté naturelle envers elle pour l’offrir au Magister. Hestia n’a rien à se faire pardonner et elle veut ouvrir la bouche pour lui dire ça, elle veut la serrer plus fort contre elle, mais elle ne fait rien de tout ça, encore sous le choc d’avoir vu celle qui n’est plus tout à fait son double débarquer inattendue, sauveur inespéré de bien plus que de la simple enveloppe charnelle de sa jumelle.

Et puis Hestia s’écarte et, comme quand on les éloignait l’une de l’autre gamines, Flora couine, légèrement, l’espace d’une demi-seconde, comme si on lui arrachait une moitié de son cœur, pourtant, quand il s’agit d’Hestia c’est son myocarde entier qui est concerné. Ce qu’il y a encore de rationnel en elle réalise ce que sa sœur fait à la tâter comme ça avec une douceur auquel ses patients n’ont certainement pas droit. Si les doigts de la médicomage sont froids, Flora ne le sent pas, sa propre chair étant glacée. Elle voit l’affairement d’Hestia, elle voit sa peur dans ses simples gestes, facile à reconnaître quand c’est la même que celle qui la ronge depuis des semaines et le même soulagement, incertain du côté d’Hestia certainement, qu’elle soit là, qu’elles soient là, ensemble. « Flora, regarde-moi, s'il te plaît - S'il te plaît, c'est Hestia. » Elle relève une main une poignée de seconde avant son regard mordoré, vers la joue d’Hestia et un coin de ses lèvres se soulève lui aussi, maladroitement. « Hestia… tu es vraiment là…» Sa voix est à peine audible, ça fait des jours qu'elle n'a pas parlé et puis sa gorge est un peu enrouée. Malgré tout, l'incrédulité s'entend. Pourtant Flora n’a pas besoin de confirmation quand elle sent le visage d’Hestia sous ses doigts, quand leurs regards autrefois identiques se croisent et qu'il y a comme quelque chose qui s’imbrique en elle (en elles peut-être, espère-t-elle), comme un système qui se remet en marche, un peu brisé, un peu bancal, mais qui fonctionne encore, contre toute attente. « Hestia, je suis désolée, si désolée, je sais pas je sais pas… » Elle frotte ses tempes machinalement, mais les voix ne l’embêtent pas en cet instant, les images de scènes qu’elle ne se rappelle pas avoir vécu ne la harcèlent pas et elle veut bien croire que c’est l’effet de la présence de sa moitié. « Je suis désolée. » Elle ne saurait même pas par où commencer, quelle faute tenter de se faire pardonner en premier, elle ne sait même pas si elle est en mesure de présenter de réelles excuses, quand ce n’est pas fini, quand il y a encore une partie d’elle qui lui hurle de retourner sur le champ de bataille. Elle ne sait pas si elle peut se faire pardonner quand elle a l’impression que certaines de ses propres fautes lui sont encore cachées et que les autres, elle ne les comprend pas. Alors elle essaye de se concentrer sur ce qu’elle sait, sur ce qu’elle comprend, sur le dernier de ses crimes: elle n’est pas rentrée à l’appartement, elle a préféré se réfugier ici, elle avait peur de voir sa sœur et plus peur encore de ne plus jamais la voir, elle avait peur de l’irréversibilité d’une éventuelle découverte du cadavre de sa sœur et préférait se l’imaginer vivante et parfaite et entière plutôt que de risquer de la savoir blessée ou pire. Il n’y a qu’un manque flagrant de courage pour expliquer ça et si elle a honte, ça reste la plus compréhensible de ses fautes et donc celle qu'elle préfère mettre en avant. Mais elle ne précise pas tout ça car déjà un autre aveux passe ses lèvres tremblantes alors que son regard n'ose plus soutenir celui d'Hestia: « Je crois… je crois que je deviens comme maman. » Le dernier mot sonne aussi faux dans sa bouche que le ton implorant employé par Hestia un peu plus tôt. Ça fait bien longtemps que les jumelles n’ont plus eut de maman, peut-être même peut-on dire qu’elles n’en ont jamais eut. Simplement une génitrice, une mère. Et le mot “maman" n’a que trop rarement traversé leurs lèvres - quoiqu’étonnement, vu les circonstances, un peu plus que papa - les jumelles préférant depuis longtemps la distance de “mère” et mieux encore, de “Maat”. Pour le cas de cette dernière la raison est plus profonde encore que la courtoisie froide - et parfois l'amusement devant son agacement - qui les amène à appeler leur père Alcide. La distance est nécessaire quand il s’agit de Maat, quand, comme Flora, on a peur depuis toujours de finir comme elle. Et avouer cette peur, à voix haute, avouer que ça y est, le mal est fait, ça y est le cauchemar d'une vie est devenu réalité, vaut bien qu’elle se rapproche de Maat et daigne, pour une fois, l’appeler maman.

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HESRA ; octobre 2003 → ❝ i'm just holding on for tonight ❞
You, shut up!! If you want to die that much, I'll kill you myself! But until that day, you're going to live!

Flora est . C'est sa Flora, un peu cassée, un peu fendue sur le côté mais c'est bien elle, ce n'est pas cet ezsatz de jumelle, de moitié qui se dévoue à autre chose que Raven. Flora est là, son évidence est là, et Hestia se sent de nouveau entière, les pièces s'emboîtent parfaitement comme sa joue dans la main de Flora, comme leurs regards où la distance a disparu, où elle lit de nouveau l'amour de Flora. Le soulagement qui l'envahit est indescriptible, il est infini, il est semblable à celui qu'on éprouve après avoir survécu à la plus longue, la plus affreuse, la plus angoissante des chutes. Parce que c'était ce qu'était le quotidien sans Flora : une longue chute, une mort lente - et, là, elle revit, elle respire à nouveau alors que ses doigts parcourent Flora, vérifient qu'elle ne va pas se briser entre ses doigts comme une chimère trop fragile. « Hestia… tu es vraiment là… » Hestia acquiesce. Oui, elle est vraiment là - et elle est désolée, désolée d'être partie (de l'avoir abandonnée), d'avoir mis si longtemps à mettre son plan en place, à la récupérer. Elle aurait dû employer la force, l'idée l'a si souvent effleurée, hantée, tourmentée. Hestia est désolée, mais elle promet d'être là pour Flora maintenant, toujours. « Hestia, je suis désolée, si désolée, je sais pas je sais pas… » Doucement ses mains viennent recouvrir celles de Flora, stoppant leur mouvement et les obligeant avec douceur à quitter les tempes, à s'abaisser jusqu'à ce que leurs doigts soient solidement liés, reposant entre elles. « Je suis désolée. » Non, les cheveux blonds s'agitent autour du visage pâle - les excuses pourront arriver plus tard, elles pourront démêler après l'inextricable nœud de circonstances, hasardeuses ou provoquées, qui les ont menées à ce désastre ; elles pourront distribuer les responsabilités plus tard (et réclamer le tribut aux coupables après). Ce qui compte, tout de suite, c'est qu'elles soient à nouveau ensemble. C'est que leurs mains soient liées comme avant, c'est qu'Hestia s'apaise à nouveau quand son front vient s'appuyer contre celui de Flora. La confiance aveugle en leur lien est là, partout sur les traits d'Hestia, dans le souffle apaisé, dans l'iris mordoré qui, déparé de ses glaces, fixe la jumelle, cherche son jumeau.

« Je crois… je crois que je deviens comme maman. » Souffle sa sœur, et un moment, Hestia est désarçonnée - puis les rouages s'assemblent. Peut-être que ... ce n'était "que" ça ? Est-elle partie trop loin dans les théories de complots, de machinations contre Raven ? A-t-elle loupé l'évidence tapie dans leur génétique. Il y a toujours eu ce risque de finir comme Maat mais chez Hestia, il a toujours minimisé par l'impérialisme logique et ses conclusions (pas de voyance, pas de folie ; A + B = C mais sans A et sans B, C est impossible). Est-ce que la clairvoyance de Flora a dérapé ? S'est mue en Troisième Oeil aussi tardif que nocif ? « Je ne te laisse plus partir. » Ni pour l'enfer dehors, ni pour le chaos dedans. Ni pour les Mangemorts, ni pour la folie qui a déjà dévoré leur génitrice. Elle a déjà fait cette erreur une fois. Pas deux. « Jamais. » promet-elle, et Hestia fait une chose qu'elle ne fait jamais. Sur ses genoux, elle se hisse ; ses mains s'appuient doucement sur les cuisses de Flora pour maintenir un équilibre aussi littéral que métaphorique et elle s'approche du visage de sa jumelle. Hestia n'hésite pas quand sur le front blanc est déposé un baiser, léger, rapide mais d'une indéniable tendresse. C'est peut-être le premier qu'elle ait jamais donné au cours de sa vie, elle n'a pas souvenir d'en avoir donné d'autres un jour mais avec Flora, le geste est évident, simple - moins étrange que ce qu'Hestia a toujours cru. « Je vais t'aider. » Je serais ta bouée. « On va trouver une solution, tu ne deviendras pas comme elle. » Je ne vais pas laisser qui ou quoi que ce soit te voler à moi.

« Est-ce que t- » Hestia veut commencer à interroger sa sœur, lui demander si elle a des visions, des rêves pour confirmer le cauchemar, trouver une façon d'en sortir. Mais au rez-de-chaussée, il y a le bruit d'une vaisselle brisée sur le carrelage marbré pour lui rappeler que l'endroit n'est pas sûr. ... Amycus a-t-il déjà retrouvé sa Trace ? est-ce juste un groupe de pillards qui a vu une aubaine dans l'absence prolongée (éternelle) de la propriétaire ? Elle n'ose pas quitter Flora pour aller vérifier, elle n'ose même pas la lâcher pour attirer à elles le sac sans fond d'un accio informulé. « Il faut qu'on y aille » Murmure-t-elle, un sort sécurisant maigrement la porte, avant de regarder autour d'elles. « Où est ta baguette ? Ta cape ? » La dernière question est purement rhétorique, Hestia est déjà en train d'envelopper Flora dans la sienne, auto-chauffante, dans l'espoir de réduire les tremblements de sa soeur.
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WIZARD • always the first casuality
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‹ âge : vingt-deux ans (04/02)
‹ occupation : pour le monde, je suis une ancienne médicomage légiste (en réalité, l'ancienne assistante personnelle de l'Ambassadeur).
‹ maison : ravenclaw
‹ scolarité : 1993 et 2000.
‹ baguette : est toute neuve, taillée dans un délicat bois d'aubépine renfermant un ventricule de dragon, elle mesure trente centimètres et des poussières dépassant ainsi de loin celle que j'ai perdu dans l'attentat de saint-mangouste.
‹ gallions (ʛ) : 2538
‹ réputation : je suis Hestia Carrow, une fille bizarre, porte-malheurs, instable et incestueuse qui ferait tout pour sa sœur.
‹ particularité : clairvoyante.
‹ faits : je n'étais pas maîtresse de mes actions pendant la guerre, mon cerveau ayant été lavé après l'exécution des rebuts. J'ai fuit la bataille finale bien avant sa fin et je hais la marque à mon bras. Retrouver le contrôle de mon esprit n'est pas si aisé que ça et je fais encore de nombreux cauchemars. En fuite avec ma jumelle et mon niffleur albinos, Idris, logeant chez des moldus j'ai fini par me rendre en espérant rendre à ma sœur une vie normale, sauf que par un procédé qui m'est inconnu elle a réussi à échanger nos corps.
‹ résidence : bonne question.
‹ patronus : inexistant
‹ épouvantard : moi-même, ou Hestia qui sait, restreinte par une camisole de force.
‹ risèd : moi-même de nouveau identique à Hestia.
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I'm just holding on for tonight

We'd set the world alight live years within a night. And memories never lie, tell me that I'm right, tell me that I'm right. I’ve seen it all go your way but now you fall every day. Your tired, unfamiliar face says it all.  I used to call, I used to call you my own, my dear but now you're lost.


« Je ne te laisse plus partir. Jamais. » Et quand les lèvres d’Hestia se posent sur son front elle a l’impression que le monde fait de nouveau sens, l’espace d’un instant, que sa fièvre intérieure est apaisée. Ce n’est rien qu’un baiser rapide, et pour qui aurait l’habitude de ces choses-là, peut-être n’aurait-ce aucun effet, mais pour Flora, dont c’est le premier, pour Flora, quand ça vient de sa jumelle, qui, elle doit le croire, l’aime encore, ne lui en veut pas tant qu’elle a décidé de couper le cordon qui les lie, ça veut tout dire et elle se sent mieux, moins malade que ces trois dernières semaines, son esprit s’est vidé l'espace d'un instant, à ce contact d’une tendresse évidente. « Je vais t'aider. » Elle hoche la tête, c’est égoïste de sa part de vouloir garder Hestia auprès d’elle quand elle ne va pas bien, quand elle est dangereuse, quand elle risque de devenir comme Maat, mais elle ne sait pas être sans Hestia et si quelqu’un peut l’aider, c’est forcément elle. « On va trouver une solution, tu ne deviendras pas comme elle. » Devant n’importe qui d’autre, elle secouerait la tête, elle reniflerait, elle dirait ce qu’elle sait être vrai; si vraiment elle devient comme Maat, si vraiment il lui arrive la même chose qu’à sa mère, alors rien ni personne ne pourra l’empêcher. Mais c’est Hestia devant elle et elle a tellement envie d’y croire, elle a tellement envie de penser qu’elle va s’en sortir, que sa pire peur n’est pas devenue réelle, qu’elle peut encore être sauvée, et c’est Hestia devant elle et Hestia ne lui a jamais menti de sa vie, alors elle accepte sa conviction comme la sienne et même, elle est rassurée. « Est-ce que t- » elle est interrompue par un bruit plus bas dans la maison, ses sens visiblement en alerte, bien qu’elle ne s’éloigne pas un instant d’elle, pas même pour récupérer son sac. « Il faut qu'on y aille » Flora n’a la force de rien, mais elle hoche la tête malgré tout. Seule, elle n’aurait pas bougé. Seule, elle n’a pas bougé, quand c’était sa sœur qui brisait le silence de la demeure d’Alecto. Alecto dont elle n’a toujours demandé aucune nouvelle, parce que tout s’est effacé quand elle a vu son double, mais aussi parce que même désormais qu’elle y pense, elle réalise qu’elle s’en fiche, vraiment. Il y en a d’autres dont elle pourrait, voudrait demander des nouvelles. Un autre, surtout. Mais il n’y a pas le temps. « Où est ta baguette ? Ta cape ? » La première est près de la cheminée, et Flora la pointe du doigt, l’autre, est…elle ne sait même plus, peut-être qu’elle l’a laissée sur le champ de bataille, elle s’en fiche à vrai dire, et de toute façon Hestia l’a déjà enveloppée dans la sienne. Elle ne savait pas à quel point elle avait froid, jusqu’à ce que le tissus auto-chauffant soit autour d’elle.

« Où va-t-on ? » Non que ça lui fasse un quelconque effet, elle n’a vu presque que les quatre murs de cette pièce ces quinze derniers jours. Elle se fiche d’où elle va, tout ce qu’elle veut maintenant qu’Hestia est là ce n’est plus la quitter, jamais. Elle se fiche complètement d’où celle-ci veut l’emmener pourvu qu’elles ne soient pas séparées. Mais elle demande quand même, parce qu’elle s’inquiète un peu pour Hestia. Elle n’a pas les pensées tout à fait en place, mais suffisamment pour se sentir coupable de tout ce qu’elle a fait, mais aussi de tout ce qu’elle risque de faire subir à sa sœur en s’accrochant à elle. Flora ne sait pas si les combats sont terminés, mais vu la douleur de la marque à son avant-bras elle suppose que ce n’est pas le cas. Et elle ne sait pas qui a le dessus, mais elle sait qu’elle a tord d’être ici plutôt que sur le champ de bataille alors que le Seigneur l’appelle. Qu’Hestia a tord de vouloir l’emmener ailleurs qu’à ces côtés. Qu’elle prend beaucoup de risques. Que s’il gagne - et elle veut qu’il gagne, n’est-ce pas ? - alors elle sera vue comme une déserteuse et sa sœur, sa complice. Elle ne devrait pas la laisser faire, elle devrait lui dire de la laisser à son propre sort, qui est, si elle voit juste, inévitable. Et en même temps c’est certain qu’elle voit juste, c’est certain qu’elle est aussi malade que sa mère ou en voie de le devenir, parce que rien d’autre ne peut expliquer cette impression qu’il y a deux personnes qui se battent en elle, rien ne peut expliquer les voix qui se disputent, ses envies contradictoires et sa mémoire qui est un fouillis absolu. Mais Hestia a dit qu’elle ne la quitterait plus et Flora a besoin d’elle. Alors elle trouve d'elle ne sait où la force de se mettre debout, prête à suivre sa jumelle jusqu'au bout du monde.

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(fin octobre 2003) hesra + I'm just holding on for tonight

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