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sujet; (OCT-NOV. 2003) MYTH † strangeness & charm.

WIZARD • always the first casuality
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‹ inscription : 29/11/2016
‹ messages : 342
‹ crédits : moony.
‹ dialogues : lightsteelblue (design foncé), steelblue (design clair).


‹ âge : 24 ans
‹ occupation : criminel en période de probation | apprenti Mage Social.
‹ maison : gryffondor
‹ scolarité : 1991 - 1994.
‹ baguette : a été brisée à son emprisonnement à Azkaban. A sa libération, on lui a refilé une merde complètement bridée, de 25cm, taillée dans du noyer et contenant un crin de licorne.
‹ gallions (ʛ) : 796
‹ réputation : on dit que c'est un délinquant, une petite frappe qui essaye de retrouver une vie normale, décente. Les anciens SM et les autres gangs du Londres Sorcier disent que c'est un traître, un vendu.
‹ particularité : c'est un maître du feu, le seul de sa famille puisqu'ils appartiennent tous à la tribu de l'eau.
‹ faits : il était le n°2 des shadow moses, qu'il a créés aux côtés de mood - mais ce dernier l'a trahi et il a passé un an et demi à azkaban - à son retour, mylan a décidé de quitter le gang - il a fait tout un tas de trucs nuls et c'était pour survivre, mais ça pèse lourd sur sa conscience - il ne supporte plus d'être enfermé - il est extrêmement tactile mais surtout, il a besoin qu'on le touche, qu'on lui rappelle qu'il est vivant - il ne ressent pas la douleur et ça le rend dangereux, mais c'est extrêmement pénible à vivre - il mange sans arrêt, adore cuisiner - il aime les chiens, déteste les chats - il ne supporte pas d'avoir froid - c'est un nabot, mais faut surtout pas lui dire, il déteste qu'on lui rappelle sa petite taille - il sait parler coréen, mais c'est un peu rouillé - il a deux petits frères qui sont sa seule famille, puisque ses parents et son aîné l'ont renié - il veut sortir les mômes de la rue, les aider avant qu'ils se retrouvent avec un casier judiciaire long comme le sien.
‹ résidence : techniquement, dans un appart' miteux au Chemin de Traverse, en réalité, chez Heath Ravka.
‹ patronus : il n'a jamais appris à en faire un.
‹ épouvantard : lui, dans sa cellule vide et glacée à Azkaban, privé de tous ses sens.
‹ risèd : lui, entouré de ses proches.
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heath ravka
Hydrogen in our veins, it cannot hold itself, our blood is boiling and the pressure in our bodies that echoes up above it is exploding. And our particles that burn it all because they aim for each other and although we stick together it seems that we are stranging one another.
10 novembre 2003. « Hm, j'aurais peut-être besoin de plus amples explications... » S’il se demande un instant s’il n’a pas fait une connerie en imposant ce baiser à Heath, ses mots le rassurent aussitôt. En fait, ils le surprennent même, parce que pour être tout à fait honnête, Mylan s’était plutôt attendu à ce que le cuistot s’empourpre furieusement, se mette à bafouiller, panique peut-être même. Après tout, n’était-ce pas tout ce qu’il avait semblé être capable de faire à chaque fois qu’il ne faisait rien que le taquiner ? Mais il ne semble pas plus gêné que ça, c’est même plutôt le contraire, il y a une assurance étrange qui se dégage de Ravka, comme s’il avait juste besoin que Mylan l’embrasse pour réveiller quelque chose en lui. « A vos ordres, cap’taine, » vient aussitôt sa réponse alors qu’il l’attrape par la main pour l’entraîner vers l’entrée de son immeuble et le jeune homme pouffe un peu, parce que c’est ridicule, c’est parfaitement ridicule et en même temps, son cœur bat la chamade et les doigts de Ravka autour des siens semblent suffire à lui réchauffer tout le corps. L’empressement du cuisinier est palpable et Mylan le regarde appeler l’ascenseur comme si appuyer sur le bouton à répétition risquait de le faire venir plus vite avec amusement. Puis les grilles s’ouvrent et il se laisse attirer à l’intérieur de la cage d’ascenseur, chassant rapidement le léger malaise qui s’empare de lui à chaque fois qu’il se retrouve dans ces endroits trop étroits. Heureusement, il a de quoi le distraire et c’est plus facile d’arracher son regard des grilles lorsqu’il sent Heath qui le fixe, si proche.
Ce sourire devrait être interdit, se dit-il. Ce sourire devrait être interdit, parce qu’il fait battre son cœur un peu plus fort et il s’énerve déjà bien assez tout seul comme ça. Il émet un humpf un peu surpris, lorsque le plus âgé le repousse contre un mur avant de venir presser son corps contre le sien. Mylan n’a pas l’habitude d’être manhandled et ça devrait probablement le mettre mal à l’aise, mais Heath arrive à faire ça avec une douceur qui chasse toutes les inquiétudes, et qui le pousse juste à se presser un peu plus contre lui, alors qu’il entoure sa taille de ses bras. Il a un peu l’impression de disparaître dans l’étreinte et ce n’est pas une si mauvaise chose, c’est étonnamment agréable même.

Lorsque les lèvres de Ravka effleurent à nouveau les siennes dans ce soupir qui lui tire le même son en écho, Mylan passe ses mains gelées dans la nuque du jeune homme, marmonnant un « Désolé, » entre deux baisers lorsqu’il le sent tressaillir contre lui au contact froid. Heath l’enveloppe complètement et pourtant, il ne fait que l’effleurer, chaque frôlement de ses lèvres contre les siennes lui donnant envie de grogner de frustration et pourtant, pourtant, si parfait. Mylan connaît les baisers qui ont des allures de combat, ceux qui allument des brasiers intenses et dévastateurs, ceux qui veulent dire je te veux, ceux  qui veulent dire reste encore un peu. Mais les baisers curieux et avides mais contenus de Heath, les baisers qui lui réchauffent la poitrine et qui donne l’impression qu’on essaye de le préserver, il n’en a pas l’habitude. Les lèvres de Ravka dévient sur sa mâchoire, en tracent le contour avant d’aller se perdre dans son cou et son souffle effleure sa peau, lui tire un frisson, un halètement, alors que les doigts de Mylan vont se perdre à la naissance de ses cheveux.
Quoi qu’il fasse, il n’arrive pas à chasser Ravka de ses pensées. Et c’est terrible, parce qu’il s’est promis qu’il le laisserait tranquille, mais il n’a pas pu s’empêcher de vouloir s’amuser un peu avant et maintenant, ça n’a plus rien de drôle, parce que quand Heath l’embrasse comme ça, Mylan se sent pris au piège et c’est délicieux et effrayant à la fois. Parce que quand il l’embrasse comme ça, il a envie que ça ne s’arrête jamais et il en veut plus et en même temps, il pourrait se contenter de ça. « Tout va bien ? » le chuchotement lui fait ouvrir les yeux qu’il n’avait pas réalisé avoir fermés et Mylan prend conscience de ses muscles figés, du souffle qu’il retient.

C’est une mauvaise idée. C’est une très, très mauvaise idée d’embrasser Heath, de le suivre jusqu’à son appartement, de se lancer dans il ne sait quoi avec lui. Parce que si renoncer à sa cuisine, ses sourires, sa gentillesse et sa maladresse lorsque Mylan le taquine sera difficile, renoncer à ça lui paraît de plus en plus impossible et comment une telle chose a-t-elle bien pu arriver ? Il cache tant de choses que c’est injuste de sa part d’embarquer Heath là-dedans. L’ascenseur se fige enfin et c’est probablement le moment de repousser gentiment Ravka et de lui dire qu’il serait plus sage qu’ils s’arrêtent là. Mylan détache son regard des grilles pour croiser celui de Heath qui a redressé la tête, probablement inquiété par son silence. Et il y a tellement de choses dans ces yeux-là. Et il devrait vraiment tout arrêter maintenant, mais il ne peut pas, il ne peut juste pas, parce que ça fait si longtemps que Mylan ne s’est plus senti aussi vivant et il a l’impression que s’il se détache de lui maintenant, il ne retrouvera plus jamais ça.
Alors il esquisse un sourire presque timide et retourne effleurer les lèvres de Heath. « Oui, tout va très bien, » assure-t-il avant de s’extirper de la prise du cuistot pour s’approcher des grilles qu’il écarte, se sentant tout de suite plus à l’aise lorsqu’elles disparaissent de sa vue et lui permettent de sortir de la cage d’ascenseur. « J’suis juste—pas fan des ascenseurs, » fait-il avec une grimace. Pas vraiment un mensonge, déjà, Mylan se sent mieux de se trouver sur le palier et a l’impression de penser plus clairement.

Il fait une connerie, oui, c’est certain. Mais merde il a envie de ça, il a besoin de ça et Heath ne connaît pas toute la vérité, mais Mylan lui a donné plusieurs fois l’occasion de le mettre dehors, de ne plus le revoir et il ne l’a pas fait. Il ne l’a pas fait et le jeune homme se dit que peut-être, il ne le fera pas non plus, lorsqu’il se sentira prêt à lui en dire plus. Il se dit que peut-être, Heath lui permettra encore d’évoluer dans son monde, si différent du sien. Alors dès que Ravka met un pied hors de l’ascenseur, Mylan saisit sa main et le ramène contre lui avec un sourire. Il peut avoir ça, même si ce n’est qu’un peu, même si ce n’est pas bien. La porte de l’appartement s’ouvre enfin et dès qu’elle se referme derrière eux, le Rhee vient écraser son sourire en coin contre les lèvres du cuisinier. « Si j’avais su, j’aurais fait ça il y a longtemps, » susurre-t-il avec un petit rire.
Avec n’importe qui d’autre, Mylan n’aurait absolument aucun mal à deviner la suite des événements. Après tout, depuis Fox, il ne peut pas dire qu’il se soit livré à autre chose que des rapides soirées sans lendemain avec des inconnus qu’il n’a plus revus après. Mais s’il y a quelqu’un qui ne semble pas faire dans ce genre de choses, c’est bien Heath et pour être tout à fait honnête, ce n’est pas non plus ce qui intéresse Mylan présentement.

Enfin, si, mais pas que ça. Alors ouais, il ne sait pas tellement quoi faire, ni même quoi dire à présent. Parce qu’il ne sait pas vraiment ce qu’on fait d’autre que finir dans une chambre ou sur un canapé avec beaucoup moins de vêtements quand on a passé le trajet dans l’ascenseur pressé l’un contre l’autre. Heureusement, les chiots de Heath ont tôt fait de se jeter sur eux en jappant joyeusement pour leur montrer à quel point ils sont heureux de les voir là, offrant la possibilité à Mylan de s’écarter un peu et de rire en les voyant essayer de grimper à moitié sur lui ou sur Heath tour à tour pour tenter d’obtenir des caresses. « Je ne sais pas lequel d’entre vous est le plus adorable, » fait-il avec une petite moue, son regard pourtant rivé sur Heath qui remporte bien évidemment la palme, mais c’est plus drôle de lui laisser croire qu’il y a de quoi douter. Enfin, c’est surtout un moyen pour Mylan de découvrir si c’est le moment où Ravka devient bizarre ou si l’idée de poursuivre ce qu’ils faisaient dans la cage d’ascenseur l’intéresse toujours autant.

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WIZARD • always the first casuality
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‹ crédits : heresy.
‹ dialogues : teal.
‹ liens utiles : draco malfoy w/ lucky blue smith ; ginevra weasley w/ holland roden ; alicia spinnet w/ zoe kravitz ; calixe Davis w/ jennie kim ; ardal ollivander w/ matthew daddario ; indiana alderton w/ nicola peltz ; heath ravka w/ im jaebum ; even li w/ jeon jungkook.

‹ âge : 27
‹ occupation : chef cuisinier.
‹ maison : Poufsouffle
‹ scolarité : 88 et 95.
‹ baguette : est taillée dans 29,7cm de bois de charme et renferme un cœur de licorne.
‹ gallions (ʛ) : 771
‹ réputation : j'ai quitté l'Angleterre après avoir décroché mes ASPICs pour ne rentrer de France qu'en 98, après avoir récupéré mon statut de Sorcier Britannique, temporairement perdu à cause du décret concernant les séjours de longue durée à l'étranger. Une blessure au genou m'a épargné de participer à la guerre. J'ai travaillé à l'Elysea (gastronomie française) à mon retour, mais les difficultés économiques des sorciers au terme de la guerre et les procès contre l'ancienne clientèle (mangemorts et élite) mettent le restaurant en faillite et en provoqueront probablement la fermeture.
‹ particularité : géokinésiste, du fait de mes racines nivkhes (indigènes de russie ayant longtemps subi l'occupation japonaise). Mais j'ai perdu mon père à 14 ans et mon apprentissage est resté incomplet — relativement instinctif et peu utilisé.
‹ faits : ma mère, française naturalisée britannique, est une ancienne Oubliator, hospitalisée à Janus Thickey à cause de de graves séquelles dues à son métier. • mon frère cadet, Aspen, a été adopté juste avant mon départ, mais a été officiellement déclaré né-moldu selon le statut de sang de ses parents adoptifs. La famille a été décimée durant la guerre et il s'est retrouvé à la rue. Je tente de renouer le contact avec lui, en dépit des griefs qui nous séparent depuis que je suis parti en le laissant derrière. • uc. • • • • •
‹ résidence : dans un immeuble récent du Chemin de Traverse.
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Mylan + strangeness & charmLife is chances that are taken, but nothing's ever broken. They're just pieces on the ground, new hands need to build them.

Il ne sait pas ce qu'il fait. Où ils en sont — où ils vont, concrètement, il ne connait même pas Mylan, concrètement. Son enfance, sa vie, ses envies ; tout ce qui a fait de lui ce qu'il est aujourd'hui, ce qu'il sera demain. Il ne connait que des facettes, éclats disparates, tantôt inquiétants, tantôt attachants, toujours intrigants. Et il y a cette voix qui le nargue, celle de la raison, celle qui lui rappelle qu'il va trop vite, qu'on ne construit rien si des fondements si fragiles. Que c'est un garçon.

Et Heath l'étouffe, la voix. Entre deux baisers, il l'ignore avec ferveur, tout dévoué à la découverte des lèvres de Mylan, qui l'électrisent, de son épiderme qui l'attise. Parce qu'il pense souvent, il pense tout le temps, raisonne, sous-pèse la moindre action et qu'il lui semble parfois ressentir si peu, trop peu. Anesthésié des sentiments, constamment en marge, à voir les autres comme à travers un prisme, agissant et parlant comme et quand on s'attend à ce qu'il le fasse mais n'y trouvant que peu de satisfaction. A sourire au bon moment, mais sans passion, à vivre et à respirer dans le vide, avec si peu d'intérêt pour autrui — pour tous ces gens qui gravitent dans sa vie et auxquels il s'attache lorsqu'ils sont à portée, mais qu'il oublie si vite dès qu'il tourne le dos. Mylan est comme une première fois, un nouveau souffle. Il lui fait oublier celles qui l'ont précédées —  ce n’est pas difficile, il n’y en a eu que deux. Deux histoires sans saveur qui ont duré assez longtemps, mais où chaque geste semblait calculé, dosé, sans autre attache qu'une affection manquant d'intensité. Rien de plus qu'un moyen de se prouver qu'il n'avait rien d'anormal, qu'il était capable lui aussi de s'attacher à quelqu'un. Mais le lien tissé était toujours synonyme de respect et de loyauté, rien de plus. Toujours si lisse, si mesuré, si fade. Les lèvres de Mylan, elles, sont une révélation. Son sourire contre le sien, ses soupires mourant sur sa bouche, l'empreinte de ses doigts glacés sur son épiderme frémissant. Heath pensait que sans saveur plus rien n'avait de sens. L'agueusie est encore là, fardeau pesant et pourtant, il prend goût à tout ça — à la texture, à la chaleur, au frisson de l'intimité, et pour la première fois le sens sans lequel il pensait ne rien pouvoir apprécier lui semble sans importance. Si secondaire — il n'en a pas besoin pour percevoir combien les expressions de Mylan sont délicieuses.

La voix persifle encore est-ce que c'est parce que c'est un garçon ? Heath s'attend à ce que ça cesse à tout instant. Il ne le veut pas et pourtant, l’attend comme une fatalité, puisque rien ne dure jamais. Mais lorsqu'il s'éloigne, comme pour lui offrir l'opportunité de tout arrêter, les commissures de Mylan s'ourlent d'une façon un peu timide et s'attachent brièvement à sa lippe, geste rassurant. Oui, tout va très bien. J’suis juste—pas fan des ascenseurs. Et quand il se détourne pour déverrouiller les grilles et s'extirper de l'ascenseur, Heath n'est pas frustré de la perte de contact. Il se surprend seulement à vouloir découvrir pourquoi — si c'est l'inquiétude à l'idée qu'un interférence magique les coince entre deux étages, ou simplement l'enfermement, si c'est le manque d'espace, si ça lui prend souvent et pourquoi, si c'est depuis toujours ou dû à une expérience déplaisante. Insatiable, non pas que de son toucher affolant, mais gourmand du moindre détail, de tout ce qu'il est. Ce n'est pas parce qu'il est un garçon parmi d'autres, c'est juste parce qu'il est lui, cet énergumène clashant tout à fait avec sa vie bien rangée, qui s'est glissé dans sa routine et ne quitte plus son esprit, même à distance.

La main de Heath frémit de l'envie de s'attacher à la hanche de Mylan, mais reste sagement le long de son corps, et c'est celle du plus jeune qui la récupère, l'emprisonne. Il n'aime pas beaucoup ça, les mains qui se tiennent ; ça lui a toujours semblé un peu niais et très angoissant, comme une laisse ou une corde nouée tentant de l'emprisonner pour longtemps alors qu'il n'était même pas certain de ce qu'il voudrait faire un jour plus tard, ou deux. Et toutes les fois où il s'est sagement prêté au jeu parce que c'était ce qu'il fallait, il s'est toujours arrangé pour y échapper assez vite. La paume de Mylan contre la sienne n'est pas dérangeante, pourtant. Elle n'a pas le poids du devoir, il ne se sent pas ligoté, étouffé. Il s'en rend à peine compte à vrai dire — c'est seulement confortable et naturel, comme s'il pourrait la garder des heures et ne pas s'en lasser. Si j’avais su, j’aurais fait ça il y a longtemps, chuchote Mylan tandis qu'ils se retrouvent sitôt la porte close, et Heath se mord la lèvre en tentant de masquer la satisfaction dont suinte son sourire. Tu y penses depuis longtemps ? Il est encore surpris par tout ça, ne voit pas vraiment ce que Mylan lui trouve, à lui, avec son quotidien un peu morne, un peu terne, son obsession pour la cuisine, son nez trop long, ses presque-trente-ans et son bonheur de façade. Mais cette fois, la voix de la raison n'est vraiment plus qu'un bourdonnement distant. Mylan, dans son entrée, est une vision familière et rassurante, et la chaleur au creux de son ventre est un rush de tendresse réconfortant, plutôt que la crainte de ne pas être à la hauteur (trop ennuyeux, trop gauche, jamais assez parfait). Il n'est plus un étranger, pas dans ce couloir où ils se sont fait face des dizaines et des dizaines de fois, pas entre ces murs où ont résonné ses éclats de rire, ses demi-confessions ; où il l'a vu fort, puis plus vulnérable, espiègle aussi, joueur et tant d'autres choses. Ils ont passé des heures ici, à prétendre que le monde extérieur et les autres et le passé n'avaient pas d'importance. Ils ont passé des heures ici, sans que le malaise ne prenne vraiment le pas, sans que Mylan lui fasse sentir qu'il devenait barbant ; et c'est peut-être vraiment stupide de se contenter de quelques semaines de souvenirs partagés pour négliger des années d'inconnu, mais Heath se dit seulement — merde. Il range les doutes et les questionnements suffocants dans un coin de ses pensées, pour dealer avec eux plus tard, le plus tard possible. Peu importe ce qu'il ne sait pas, si tout ce qu'il a découvert lui plait tant, non ? ça ne peut pas être si mal, si ça le fait se sentir si bien.

Golden et Gansey II les accueillent comme s'ils n'avaient pas eu droit à une compagnie humaine depuis dix jours plutôt que depuis une dizaine d'heures, et Heath lève les yeux au ciel avec bien plus d'amusement que de lassitude. Je ne sais pas lequel d’entre vous est le plus adorable, lâche Mylan en satisfaisant leur insatiable quête d'attention et leur affection débordante. Et en réponse, Heath entrouvre les lèvres en fronçant les sourcils, rictus un peu outré. Je ne suis pas 'adorable', il renifle avec un peu de dédain, parce qu'il est un Real Man™ et que de fait, ce genre de termes ne s'appliquent pas à lui. Le fait qu'il récupère machinalement la veste de Mylan dans la foulée pour l'accrocher à côté de la sienne et de son écharpe n'est pas non plus 'adorable', il est juste un Real Man™ doublé d'un Bon Hôte™. Il pat pat les deux peluches qui bataillent pour accaparer l'attention du coréen, hésite un peu, puis — Hey, il appelle juste pour que Mylan lève de nouveau la tête vers lui. Pour sa part, il est déjà penché en avant, juste assez pour capturer sa bouche aussitôt qu'elle se présente, juste un instant avant de glisser hors de ses chaussures et de s'enfoncer dans l'appartement. Tu veux manger quelque chose ? Je ne sais pas toi, mais je pourrais avaler un hippogriffe. Il s'en rend seulement compte maintenant. Les heures de travail ont été si intenses qu'il n'a pas du tout pensé à son estomac, et il était trop fatigué pendant ses pauses pour faire autre chose que grappiller quelques minutes de sommeil. Sa main passe machinalement sur sa nuque nouée, qu'il fait craquer pour la détendre ; mais il pense à peine à l'inconfort, parce que le geste lui rappelle que d'autres doigts, froids d'une brise automnale, sont passés là avant les siens. Il pourrait vraiment s'y faire. Tu peux t'installer dans le salon et te mettre à l'aise, il suggère.

D'habitude, il évite autant que possible de n'avoir qu'un invité. Il préfère en avoir quatre au moins, pour qu'ils se tiennent occupés entre eux, tandis que la cuisine devient son refuge, l'excuse idéale pour battre en retraite régulièrement, souffler quelques minutes (se ressourcer). Pour une fois il n'a pas du tout envie de se cacher derrière ses fourneaux, de se tenir occupé, de prendre de la distance ; il est juste impatient de pouvoir retourner auprès de Mylan, étrangement satisfait de n'avoir à partager sa compagnie avec personne, de n'avoir besoin d'aucune excuse pour en profiter non plus. Il rassemble un peu tout ce qui lui tombe sous la main (raison pour laquelle il ne voulait pas vraiment de témoin — ça le met tellement mal à l'aise de servir des restes, damn, il n'assume pas du tout ; mais au moins, tout est bien conditionné ; virtues of being fussy). Préparations sans lien entre elles, placées sous des sortilèges de conservation, qu'il réchauffe au fur et à mesure — pain à effeuiller fourré à l'ail et au fromage, quelques sushis et makis colorés parsemés de graines de sésame alignés sur un rectangle d'ardoise, seulement assez de riz et de cubes de Jobbernowl aux arachides pour garnir un bol. Il avise l'assemblage disparate aussi bien agencé que possible et le juge, peu convaincu par la quantité surtout. Et avant même d'y avoir vraiment réfléchi il se retrouve à poêler quelques ingrédients et à griller quatre tranches de pain pour garnir deux hamburgers (Merlin, ça le ferait presque suer, de la nourriture moldue au Royaume-Unis, il a vraiment la tête ailleurs). Ce n'est pas si long, mais ça lui semble prendre une éternité, et il tape inconsciemment du pied, de l'index sur la table, à une cadence régulière tandis qu'il ajuste les épices et attend la fin de la cuisson. Pendant ce laps de temps toutes sortes de questions stupides lui traversent l'esprit (il ne veut pas sembler collant et envahissant, est-ce qu'il devrait plutôt s'asseoir en face de Mylan ? En diagonale ? Est-ce qu'il semblera trop rigide s'il s'assoit bien droit sur un fauteuil ? Plus cool et abordable s'il se pose nonchalamment sur le tapis ? Oh, mais s'il se vautre ? S'il se coince le dos ? — parce qu'avec l'approche de la trentaine il commence à passer du côté des vieux, de son point de vue, même si Mylan affirme le contraire). Les sandwichs sont montés rapidement, mais avec précision, le tout complété par deux choppes de bière ; il place l'un des plateaux sur son avant bras, fait léviter le second et rejoint précautionneusement le salon (c'est qu'il deviendrait admiratif du travail des serveurs, ça demande de l'équilibre et il craint un peu de tout renverser tous les deux pas). Ce n'est pas grand-chose, il s'excuse une fois déchargé, les aliments entreposés sur la table. Sa main libre masse nerveusement sa nuque et après un moment de doute, il se convainc  d'un man the hell up ! silencieux et se laisse retomber à côté de Mylan, un bras nonchalamment posé sur le dossier derrière lui (c'est l'effet voulu, mais il est un peu beaucoup terriblement tendu en réalité).Comment a été ta journée ? Il questionne pour relancer la discussion, ses doigts glissant en une brève caresse sur la nuque de Mylan. Et ça a quelque chose de tellement plaisant, comme s'ils étaient un couple qui se retrouve au terme de plusieurs heures de séparation. Qu'est-ce qu'ils sont, d'ailleurs ? ... Stop, stop, stop. Il s'oblige à mettre un frein à son esprit et à sa tendance à vraiment trop réfléchir, parce qu'il est trop tôt pour aborder de telles questions. Pour s'occuper, il se penche (et enlève donc son bras, tant de réflexion pour ne même pas pouvoir garder la pose, c'est terrible) pour rapprocher la table basse, appuie ses coudes sur ses genoux, plaçant l'une des assiettes de sandwich en face de Mylan, lui indiquant d'un mouvement de main de chiper tout ce qui peut l'intéresser. Sers-toi, n'hésite pas. Je n'avais pas le courage de préparer quelque chose de décent alors c'est un peu... Il fait la moue, dégoûté de lui-même. Enfin, il faudra partager. Vraiment désolé, je ferai mieux la prochaine fois. Il gratte de l'index le bout de son nez plissé par l'agacement. La prochaine fois. Pourquoi il parle de prochaine fois, si ça se trouve Mylan se sera déjà rétracté d'ici là (si ça se trouve il veut juste de quelque chose de temporaire, d'un soir peut-être, oh Merlin et s'il avait d'autres attentes en montant ? Pas le style repas et discussions comme un rendez-vous improvisé, mais plus d'action — Heath n'y avait pas. pensé. bon sang.).

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- memories crumbling like dried leaves. -



Dernière édition par Heath Ravka le Sam 14 Jan 2017 - 18:49, édité 3 fois
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‹ âge : 24 ans
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‹ scolarité : 1991 - 1994.
‹ baguette : a été brisée à son emprisonnement à Azkaban. A sa libération, on lui a refilé une merde complètement bridée, de 25cm, taillée dans du noyer et contenant un crin de licorne.
‹ gallions (ʛ) : 796
‹ réputation : on dit que c'est un délinquant, une petite frappe qui essaye de retrouver une vie normale, décente. Les anciens SM et les autres gangs du Londres Sorcier disent que c'est un traître, un vendu.
‹ particularité : c'est un maître du feu, le seul de sa famille puisqu'ils appartiennent tous à la tribu de l'eau.
‹ faits : il était le n°2 des shadow moses, qu'il a créés aux côtés de mood - mais ce dernier l'a trahi et il a passé un an et demi à azkaban - à son retour, mylan a décidé de quitter le gang - il a fait tout un tas de trucs nuls et c'était pour survivre, mais ça pèse lourd sur sa conscience - il ne supporte plus d'être enfermé - il est extrêmement tactile mais surtout, il a besoin qu'on le touche, qu'on lui rappelle qu'il est vivant - il ne ressent pas la douleur et ça le rend dangereux, mais c'est extrêmement pénible à vivre - il mange sans arrêt, adore cuisiner - il aime les chiens, déteste les chats - il ne supporte pas d'avoir froid - c'est un nabot, mais faut surtout pas lui dire, il déteste qu'on lui rappelle sa petite taille - il sait parler coréen, mais c'est un peu rouillé - il a deux petits frères qui sont sa seule famille, puisque ses parents et son aîné l'ont renié - il veut sortir les mômes de la rue, les aider avant qu'ils se retrouvent avec un casier judiciaire long comme le sien.
‹ résidence : techniquement, dans un appart' miteux au Chemin de Traverse, en réalité, chez Heath Ravka.
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Hydrogen in our veins, it cannot hold itself, our blood is boiling and the pressure in our bodies that echoes up above it is exploding. And our particles that burn it all because they aim for each other and although we stick together it seems that we are stranging one another.
10 novembre 2003. « Tu y penses depuis longtemps ? » Mylan est tenté de lever les yeux au ciel et d’accompagner ça d’un Oh, please, mais il se rappelle aussitôt que Heath a de toute évidence beaucoup de mal à comprendre quand il lui fait du rentre-dedans et qu’il a probablement besoin de tout le dire clairement s’il veut être sûr que le cuistot ne pense pas se faire des idées. « Mmmh. Depuis que j’ai compris que tu ne reluquais pas mon cul pour déterminer la marque de mon jean, » lâche-t-il avec un sourire en coin. Bien sûr, il aurait pu être plus délicat que ça, mais pourquoi se priver des réactions formidables de Ravka, à chaque fois que Mylan a le malheur d’être un peu trop direct ? « Je ne suis pas 'adorable', » et le jeune homme arque un sourcil moqueur, parce qu’il l’est, surtout quand il fait un peu la tête tout en récupérant sa veste pour l’accrocher soigneusement. « Ce n’est pas une mauvaise chose, au contraire, » murmure-t-il avec un peu plus de sérieux. C’est même pour cela qu’il n’arrive pas à se détacher de Heath, même s’il se répète constamment qu’il devrait le laisser tranquille. Il est comme pris au piège, incapable de renoncer à cette gentillesse, à cette attention que Ravka lui porte, à toutes ces chances qu’il lui donne même quand il ne les mérite pas. « Hey, » l’interpelle-t-il et Mylan redresse la tête, un peu surpris de rencontrer les lèvres de Heath en chemin mais il ne peut s’empêcher de sourire. Déjà, le cuistot s’écarte et le jeune homme se dépêche de retirer ses chaussures pour le rejoindre. « Tu veux manger quelque chose ? Je ne sais pas toi, mais je pourrais avaler un hippogriffe. » En une phrase, Heath parvient à balayer ses questions, ses doutes. Manger, oui, c’est simple, ça ne lui demande aucune réflexion et surtout, ça confirme ce qu’il pensait.
Ravka ne fait pas dans les coups d’un soir et ça ne le dérange pas, parce que ce n’est pas ce que Mylan veut de lui. « J’ai tout le temps faim, » répond-il simplement avec un sourire en coin. « Tu peux t'installer dans le salon et te mettre à l'aise. » Il hésite, parce qu’il préfère généralement regarder Heath quand il cuisine, c’est un ballet fascinant dont il n’arrive pas à détacher le regard. Mais s’il lui dit de se rendre dans le salon, c’est qu’il n’en a pas pour longtemps. Alors Mylan hoche la tête et va s’asseoir sur le bout du canapé, ses mains glissées sous ses cuisses. Il fait toujours bon dans l’appartement de Heath, c’est agréable. Ça change de son une pièce minable, où il fait toujours un froid de chien parce qu’il n’a pas vraiment de quoi chauffer la pièce et surtout, parce que l’isolation est pourrie. Gansey et Gold ne tardent pas à le rejoindre, estimant probablement que puisqu’il n’a rien à faire, il n’a qu’à s’occuper d’eux et Mylan lève les yeux au ciel, plus pour la forme qu’autre chose, parce qu’il consent tout de même à les caresser et à jouer avec eux.

Il est littéralement à quatre pattes par terre en train de faire courir ses doigts sur le ventre de Gold alors que Gansey est à moitié sur lui à essayer de lui lécher le visage lorsque Heath apparaît dans le salon. Mylan se dépêche de se relever et de se rasseoir sur le canapé en affichant un air un peu gêné, vite chassé par la vue de ce que le cuistot a préparé. « Ce n'est pas grand-chose, » s’excuse-t-il après avoir déposé les plateaux sur la table basse et le jeune homme lève les yeux au ciel. Un quignon de pain, ce n’est pas grand-chose. Une moitié de rat partagée avec Mood, ce n’est pas grand-chose. Ça, c’est un véritable festin. Il voit Heath hésiter, puis finir par s’asseoir à côté de lui et c’est aussi étrange que c’est agréable, de se retrouver installé à côté de lui comme ça, prêts à partager un repas.
Il sent le bras passé dans son dos et ça lui tire un petit sourire amusé, parce que c’est à la fois ridicule et adorable, comme beaucoup de choses que Heath fait sans même s’en rendre compte. « Comment a été ta journée ? » Les doigts qui frôlent sa nuque lui tirent un frisson et Mylan veut se laisser aller à ce contact, déjà prêt à fermer les yeux et à l’apprécier pleinement, mais Heath retire son bras pour se pencher vers la table basse et le jeune homme affiche une moue un peu déçue. C’est pour approcher la nourriture et c’est une bonne chose, parce que Mylan a faim, mais étrangement, entre la bouffe et Ravka, ce soir, il préfère Ravka.

« C’était un peu la folie au Chaudron Baveur, la patronne a été obligée d’me faire bosser en salle pour suivre le rythme, mais c’était cool, » fait-il avec un petit sourire. Les gens ne sont pas toujours aimables, mais c’est un spectacle intéressant à observer. Mylan aime être entouré de gens qui parlent fort, même si c’est pour lui gueuler dessus. Il aime les endroits bien éclairés comme le Chaudron Baveur, où les clients se rassemblent et rient, beuglent, où ils boivent trop et puent l’alcool, se délectent de plats odorants. Il aime les endroits où il y a de la vie, des endroits où il a le sentiment d’être le plus loin possible de son ancienne cellule à Azkaban. L’appartement de Heath marche très bien aussi pour ça. Tout sent toujours très bon, la voix de Ravka a ce timbre qui le rassure et si ça ne suffit pas, il y a toujours Gold ou Gansey pour aboyer joyeusement. Il fait chaud, les murs sont colorés, décorés, rien à voir avec la pierre nue et froide à Azkaban.
Et maintenant, il y a même Heath qui l’embrasse et Mylan a l’impression d’avoir trouvé le remède à ces nuits où il se réveille en sursaut, parce qu’il est persuadé d’être de retour là-bas. « Sers-toi, n'hésite pas. Je n'avais pas le courage de préparer quelque chose de décent alors c'est un peu... » Il se tourne vers le cuistot et fronce les sourcils en voyant l’expression sur son visage. « Enfin, il faudra partager. Vraiment désolé, je ferai mieux la prochaine fois. » Mylan soupire, glisse ses doigts sous le menton du cuistot pour qu’il tourne la tête vers lui.

« Si j’étais chez moi, j’ferais la gueule devant mes placards vides et j’finirais par manger une assiette de riz avec-- oh! du riz, » fait-il en plissant le nez. « C’est plus qu’assez, » lui assure-t-il avant de se pencher pour déposer un baiser à la commissure de ses lèvres. Il peut faire ça maintenant, pas vrai ? « Arrête de penser que tu ne suffis pas, » ajoute-t-il contre ses lèvres avant de s’écarter. Il reporte son attention sur l’assiette et s’empare d’un sandwich dans lequel il s’empresse de mordre généreusement, sans oublier de laisser échapper un soupir satisfait, dès qu’il commence à mâcher, libérant ainsi les saveurs des ingrédients. Gansey pose ses deux pattes avant sur une de ses cuisses, espérant probablement obtenir quelque chose. « Il va falloir bosser sur tes yeux de chien battu mon gars, c’est clairement pas efficace, » le juge-t-il avec les lèvres pincées. Ça ne l’empêche pas de lui donner un petit bout de son sandwich et de devoir faire de même pour Gold. « Du balai, ma bonté à ses limites, boules de poils, » ordonne-t-il en leur faisant signe de déguerpir. Il ne sait pas si son entraînement sur Aspen s’avère enfin efficace sur d’autres chiens, mais les deux golden retrievers vont s’allonger un peu plus loin, sagement.
Mylan ne peut s’empêcher d’afficher un air un peu trop satisfait alors qu’il se tourne vers Heath. « J’me sens particulièrement balèze, ce soir, » déclare-t-il avec un sourire en coin. Le hamburger est rapidement terminé et il attrape une chope de bière qu’il observe d’un œil critique avant d’en prendre une gorgée. Ça fait des lustres qu’il n’a pas bu d’alcool. Quand on a à peine les moyens de se nourrir, on dépense clairement pas son argent en alcool. Il se souvient de la première et dernière cuite qu’il a prise avec Mood, ils avaient réussi à dégoter un whisky quelconque et s’étaient stupidement dit que ça les réchaufferait. Oh ça les avait réchauffés oui, jusqu’au moment où leur estomac vide et leur poids plume s’étaient retournés contre eux et Mylan avait finir par vomir tripes et boyaux dans la neige.

Autant dire qu’après ça, il n’a plus touché à l’alcool. Alors après deux gorgées pour se désaltérer, il repose la chope sur la table basse et bascule pour s’allonger sur le canapé, la tête confortablement calée sur la cuisse du cuistot. Il est fatigué et la présence d’Heath a quelque chose d’apaisant, qui lui permet de se détendre et il encaisse un peu le contrecoup d’une journée passer à décharger des caisses pour Belcher puis à courir partout au Chaudron Baveur avec une courte nuit de sommeil dans les pattes. Un sushi passe dans son champ de vision et Mylan redresse la tête à temps pour venir le tirer des doigts de Ravka avec ses dents et l’engloutir. « Désolé, réflexe, » ricane-t-il en voyant l’air outré du plus âgé. Puis il tourne la tête vers les chiots toujours sagement allongés un peu plus loin. « Faut pas faire ça les enfants, c’est malpoli, » murmure-t-il sur le ton de la confidence. Il refait face à Heath et scrute son visage avec un air plus sérieux. « Je sais pas non plus ce qu’on fait, » lâche-t-il alors soudainement et ce n’est pas qu’il peut lire dans les pensées de Ravka, c’est surtout qu’il en montre beaucoup plus qu’il le croit, que beaucoup de choses s’affichent dans ses yeux et Mylan n’est pas stupide. « Mais si ça te va, ça me va aussi. » Presque timide, parce que ce n’est pas entièrement vrai, c’est plus que ça déjà, mais ce plus, il ne veut pas encore y penser et encore moins en parler.

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WIZARD • always the first casuality
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‹ inscription : 01/12/2016
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‹ crédits : heresy.
‹ dialogues : teal.
‹ liens utiles : draco malfoy w/ lucky blue smith ; ginevra weasley w/ holland roden ; alicia spinnet w/ zoe kravitz ; calixe Davis w/ jennie kim ; ardal ollivander w/ matthew daddario ; indiana alderton w/ nicola peltz ; heath ravka w/ im jaebum ; even li w/ jeon jungkook.

‹ âge : 27
‹ occupation : chef cuisinier.
‹ maison : Poufsouffle
‹ scolarité : 88 et 95.
‹ baguette : est taillée dans 29,7cm de bois de charme et renferme un cœur de licorne.
‹ gallions (ʛ) : 771
‹ réputation : j'ai quitté l'Angleterre après avoir décroché mes ASPICs pour ne rentrer de France qu'en 98, après avoir récupéré mon statut de Sorcier Britannique, temporairement perdu à cause du décret concernant les séjours de longue durée à l'étranger. Une blessure au genou m'a épargné de participer à la guerre. J'ai travaillé à l'Elysea (gastronomie française) à mon retour, mais les difficultés économiques des sorciers au terme de la guerre et les procès contre l'ancienne clientèle (mangemorts et élite) mettent le restaurant en faillite et en provoqueront probablement la fermeture.
‹ particularité : géokinésiste, du fait de mes racines nivkhes (indigènes de russie ayant longtemps subi l'occupation japonaise). Mais j'ai perdu mon père à 14 ans et mon apprentissage est resté incomplet — relativement instinctif et peu utilisé.
‹ faits : ma mère, française naturalisée britannique, est une ancienne Oubliator, hospitalisée à Janus Thickey à cause de de graves séquelles dues à son métier. • mon frère cadet, Aspen, a été adopté juste avant mon départ, mais a été officiellement déclaré né-moldu selon le statut de sang de ses parents adoptifs. La famille a été décimée durant la guerre et il s'est retrouvé à la rue. Je tente de renouer le contact avec lui, en dépit des griefs qui nous séparent depuis que je suis parti en le laissant derrière. • uc. • • • • •
‹ résidence : dans un immeuble récent du Chemin de Traverse.
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Mylan + strangeness & charmLife is chances that are taken, but nothing's ever broken. They're just pieces on the ground, new hands need to build them.

Arrête de penser que tu ne suffis pas. ça tape un peu trop juste, c'est un peu trop véridique, comme si Mylan lisait droit à travers sa façade — qui, autant l'avouer, s'effondre complètement lorsqu'il est présent. Ce n'est pas comme toutes ces remarques qui lui colorent le cou du rouge de la gêne ou comme les sous-entendus qui prennent de court, c'est l'évocation directe, sans détour, d'une faille qui le ronge depuis des années. Heath laisse Mylan effleurer ses commissures sans faire d'histoire, tournant ensuite les yeux vers son plat et misant sur ses cheveux pour masquer son expression. C'est stupide — c'était une tentative de réconfort, alors pourquoi sa poitrine se contracte-t-elle comme s'il l'avait frappé ? Il sait bien pourquoi. Parce qu'il est une drôle de contradiction, carcasse trop souvent vide d'émotions et pourtant simultanément bien trop à fleur de peau : il suffit de formuler les bons mots pour qu'il se sente complètement off, à découvert, vulnérable au possible, les mots se prenant dans sa gorge, embourbés dans une boule d'angoisse, et son esprit et son corps se mettant automatiquement sur la défensive pour parer une agression imaginaire. Ses lèvres brûlent de rétorquer qu'est-ce que tu en sais ? On se connait à peine, et de se rabaisser, d'énumérer tout ce qui cloche chez lui, mais il est terrifié à l'idée de s'autoriser à tout gâcher comme il le fait trop souvent, alors il descend quelques gorgées de bière pour faire passer le nœud qui lui obstrue l’œsophage. Ses mains tremblent juste un peu, sous le poids d'un ressenti ambivalent. Mylan l'a cerné d'une façon qui lui fait penser que peut-être il n'y a vraiment pas à se questionner, puisqu'ils n'ont pas besoin de temps pour prouver qu'ils sont bien assortis... mais qui le braque, tout à la fois ; qui le terrifie. C'est plus fort que lui : il n'aime pas se dévoiler, malhonnête vis-à-vis de lui-même autant que des autres, mécanisme de défense.

Heureusement, il est le seul à percevoir ce moment de flottement. Les chiots s'en mêlent, captant l'attention de Mylan et Heath regarde l'interaction du coin de l’œil, se mord la lippe quand le plus jeune cède à leur requête. De gêne un peu — Merlin, ces mendiants, on croirait qu'ils sont affamés, à voler la nourriture d'un invité ; et de réticence aussi, parce qu'il parait qu'en dehors de la nourriture crue les chiens ne sont pas faits pour digérer les aliments réservés aux humains et... well, il est vraiment trop coincé n'est-ce pas ? Il se laisse distraire comme à chaque fois par ce que la scène a d'attendrissant et oublie toute potentielle protestation en voyant l'entrain avec lequel Mylan attaque la nourriture. Il se retrouve pour sa part à prendre quelques bouchées à gestes absents, sans le quitter des yeux, trouvant plus de plaisir à le regarder déguster qu'à sentir les textures mourir sur sa langue sans y distiller leur saveur. Et au final Heath ajoute progressivement des rations supplémentaires dans le bol de Mylan, piochant un peu partout pour compléter sa portion et l'invitant à se resservir autant qu'il le veut. Jusqu'à ce que le Rhee se retrouve à rouler sur le canapé — et sur ses cuisses —, l'estomac plein.

Il n'a vraiment aucune manière.

Heath devrait probablement s'offusquer.

Plutôt que penser stupidement que Rhee Mylan est vraiment beaucoup trop adorable pour exister.

Spontané d'une façon qui contraste drastiquement avec tout ce qu'est Ravka. Il secoue la tête pour s'obliger à cesser de le fixer comme un hibou éberlué et se concentre sur ce qu'il reste des plats pour s'occuper, seulement pour être ramené à sa préoccupation principale lorsque Mylan lui pique un sushi au vol. Désolé, réflexe, il lance, tout à fait impénitent, poussant l'audace jusqu'à déconseiller de l'imiter aux deux monstres qui les fixent depuis l'autre côté de la pièce, têtes posées sur leurs pattes avant comme s'ils boudaient d'avoir été envoyés là. Heath se passe une main dans les cheveux, un peu pris de court, rit tout bas et opte simplement par poser ses couverts. A quoi bon nier qu'il n'a pas la tête à faire quoi que ce soit d'autre que penser à Mylan, regarder Mylan, embrasser Mylan ? Sa main droite se cale dans les mèches grises, de la gauche il cherche la paume du plus jeune, entrecroise curieusement leurs doigts. C'est si différent du contraste auquel il est habitué, différent d'une main féminine logée dans la sienne — mais il ne voudrait rien d'autre que ces doigts rendus calleux par le labeur. Heath s'est perdu en chemin, mais Mylan le ramène aux réalités de l'existence, à ce qu'il a connu avant de réaliser son rêve, et c'est plus... authentique que tout ce qu'il a appris à considérer comme son quotidien (la clientèle fancy et snob et les directeurs de départements du ministère attendant de lui qu'il affiche son soutien total à un gouvernement absolument injuste et fou). Il n'arrive pas encore à être tout à fait vrai, parce qu'il n'est pas en paix avec lui-même, mais il y a quelque chose de réconfortant dans la certitude de pouvoir être lui-même.

Je sais pas non plus ce qu’on fait. Mais si ça te va, ça me va aussi. Hm, il acquiesce juste, son non compromettant et peu significatif. Il ne veut pas- n'est pas prêt à en parler, à y penser. A mettre une étiquette, un nom, à se perdre en introspection ; il est à peu près sûr que s'il y pense de trop près, il se sentira dépassé et songera seulement à fuir, alors que tout son être brûle de s'ancrer à Mylan. J'ai une deuxième chambre, il révèle après un bref silence passé à jouer avec les phalanges du coréen. Mais c'est celle de- de mon frère, il s'oblige à avouer sans lâcher leurs mains des yeux, refusant de croiser le regard de Mylan. Je ne suis pas capable d'y installer quelqu'un d'autre, je suis désolé. Je peux te prêter la mienne pour la nuit et prendre le canapé- Et bien sûr Mylan l'interrompt. Refuse. Heath finit par tourner la tête pour croiser ses iris, sourcils froncés par le mécontentement. Je ne vais pas te faire dormir dans le canapé alors que tu es coincé ici à cause de moi, ne sois pas ridicule, il réfute, levant les yeux au ciel. Tu es mon invité, tu prends la chambre, period. Mais si stoïque qu'il soit, et si autoritaire puisse-t-il l'être en cuisine, il doit juste se faire au fait que Rhee Mylan est une sacrée tête de mule.

11novembre. Au réveil il a évidemment oublié qu'il a de la compagnie, raison pour laquelle il fait irruption dans le salon-salle à manger à 5h du matin, bâillant à s'en décrocher la mâchoire et les yeux encore à moitié fermés, une main dans ses cheveux et l'autre sur le paquet de croquettes dont il sert une bonne ration à Gold et Gansey II. Les deux concernés ne se font pas attendre (avec eux il est toujours l'heure de manger) et bondissent de leur planque de la nuit — le canapé à vrai dire, l'un jaillissant de sous la tête de Mylan et l'autre de ses jambes sur lesquelles il était affalé, réveil brutal assuré. Heath se retrouve à fixer son invité avec une tête d'abruti, se frottant l’œil pour y voir moins flou, le temps que ses neurones se connectent. Il est rouge de honte lorsqu'il marche, rigide et pressé, en direction de la salle de bain, dont la porte claque derrière lui sans parvenir à étouffer l'éclat de rire de Mylan.

Plus tard, c'est la course. Le petit-déjeuner préparé en vitesse, mais plaisant, la tasse supplémentaire à tendre sur le comptoir de la cuisine, les regards qui se cherchent par-dessus les rebords des récipients, les sourires en coin et ainsi de suite — jusqu'au baiser pressé au bas de l'immeuble, juste avant de se séparer. Il pourrait vraiment, vraiment se faire à tout ça.

15novembre. Tu as l'air... différent. Bizarre en fait. La remarque le surprend mais Heath ne se déconcentre pas, achevant sa découpe avec dextérité avant d'ajuster de mémoire l'assaisonnement, suivant les suggestions de Mylan. Il y a plus d'assurance dans ses gestes que durant les derniers mois — clairement, il est moins perdu et la pression devient, forcément, moins asphyxiante. Mais il est certain, pour une raison ou pour une autre, qu'Isobel ne fait pas référence à sa cuisine. Tu souris à ton chaudron Ravka, elle renifle d'agacement, sa remarque suintant l'agacement. Il hausse un sourcil et ne prend pas la peine de lui adresser un regard. Et ? Je dis juste que c'est out of character. Tu sais être heureux toi ? Cette fois il arque un sourcil et la fixe, sans expression. Il me semble que je respirais la joie de vivre- tu sais, à l'époque où tu étais supportable, il lance cash, sans se demander si c'est acceptable ou blessant, si peut-être elle ne comptait pas le blesser, s'il ne réagit pas démesurément. Tu devrais t'occuper de tes sauces au lieu de t'inquiéter pour mon humeur, peut-être qu'ainsi elles seraient moins acides. C'est ton ado hein ? Montgomery intervient en haussant plusieurs fois les sourcils, mimique lourde de sous-entendus. Il n'est pas- Ouais ouais, ton jeune adulte, si tu veux, peu importe- mais c'est lui ? Je l'aurais parié, Ravka tu- Je ne vois pas de quoi tu parles. Fais pas l'innocent ! Tu peux bien m'le dire à moi, on n'est potes- Ah bon ?? Alleeeeez Ravka, crache le morceau- Est-ce qu'on peut bosser en paix ??

18novembre. C'est devenu une image incontournable — Mylan posé sur sa paillasse en fin de journée, talons battant contres les placards et parlant non-stop jusqu'à ce que Heath le chasse de son perchoir d'un coup de serviette en tissu, faussement offusqué. Ok, dernier ajustement. Normalement. Le cuistot diminue l'intensité du feu d'un coup de baguette, pioche une cuillère de sauce et souffle pour la refroidir avant de la tendre à Mylan, attendant le verdict. Et c'est idiot — vraiment très idiot — que les deux pouces qui se dressent en guise de validation lui fasse un tel effet. Ce n'est pas comme s'il avait à faire au jury anonyme qui décerne des étoiles, il n'a pas de raison d'être si satisfait, si ?

Tout est vite oublié lorsqu'il se retrouve à hisser lui-même Mylan sur le comptoir, sur un coup de tête, pour se glisser entre ses jambes et l'embrasser à en perdre haleine. Plus qu'un plat et... C'est tout, mission accomplie ? Ha, presque, il n'en a pas encore fini avec ce menu. ensuite, tous les desserts. Achève-moi, il prétend geindre dans le cou du plus jeune, mais il y a un rire logé dans sa voix.

20novembre. C'est... Il doute, se reprend, tente, amer. Et la bonne humeur de Mylan est totalement contagieuse, on jurerait que le fait qu'il ait décelé une saveur est une raison de faire la fête. Ce n'est rien d'énorme pourtant : là où le goût aurait dû littéralement l'agresser, il ne l'a qu'à peine perçu. Mais c'est un début et la rééducation, le réapprentissage, prend forcément du temps — il est déjà assez émerveillé de discerner quelque chose, aussi ténue soit la sensation. Heath tourne la tête par réflexe en sentant Mylan s'éloigner, l'entend s'esclaffer quelque part à sa gauche avec les chiots et tente sans succès de troquer son sourire contre une moue boudeuse. Hey, il proteste, délaissé, tâtant les alentours de ses mains en s'extirpant de son siège à l'aveugle, les yeux encore bandés. C'est une théorie comme tant d'autres, l'idée d'étouffer un ou deux autres sens pour en faire ressortir un autre. Essayer ne lui coûte rien, au contraire, et avec Mylan à ses côtés il n'a pas de raison de s'en faire. Raisonnement ayant inspiré l'exercice, exercice ayant abouti sur un résultat encourageant après maintes tentatives infructueuses. Ses mains tendues buttent contre Rhee, grimpent de ses épaules à son cou, puis sa mâchoire, le haut de sa tête. You're so small, I almost missed you, il ricane avant de lui mordre la lippe pour étouffer ses protestations.

24novembre. Il ne sait pas quand se sont effondrées toutes les barrières. Tout semblait tellement naturel — s'effondrer sur le canapé avec Mylan, redessiner ses lèvres des siennes, découvrir son corps de ses mains curieuses, à travers leurs vêtements. L'inviter à rester, se réveiller au milieu de la nuit en l'entendant toquer, l'écouter d'une oreille endormie ânonner une quelconque excuse et acquiescer mollement sans avoir rien compris, tête enterrée dans l'oreiller, tendre une main pour l'inviter à le rejoindre. Penser à lui en se préparant, penser à lui en se rendant au boulot, penser à lui en cuisinant, en faisant le tour de la salle pour discuter avec les clients. Penser à lui en réapprenant à sourire, à rire, à ressentir. Se noyer dans ses étreintes sans jamais s'en lasser.

Si naturel, si facile.

Si... facile.

Il ne sait pas quand tout a dégénéré. Il s'est seulement réveillé une nuit, avec sa chaleur suffocante et l'envie irrépressible de le dévorer, de glisser ses mains contre ses flancs nus, et d'un coup tout s'est figé. Comme reconnecté, son esprit a soufflé à son corps qu'est-ce que tu fais ? Et Heath n'avait pas de réponse. Le désir était trop soudain, trop intense, trop hors de contrôle, et son palpitant s'est emballé. Juste comme ça, il a ouvert les yeux avec l'impression d'être plongé dans un bac d'eau glacé. Qu'est-ce que tu fais ? Il s'est extirpé du lit avec toutes les précautions du monde pour ne pas réveiller Mylan, a marché jusqu'à la salle de bain le cœur au bord de l'implosion et les tympans assourdis par le sang se ruant à ses tempes, bouillonnant. Dans le miroir, une mine hagarde, des cheveux défaits, une bouche entrouverte et des yeux écarquillés, perplexes. Qui es-tu ? Pas le Heath qui réfléchit avant d'agir, non. Non, c'était pas lui, ce type emporté comme un adolescent, plongeant à corps perdu dans une relation sans nom, avec un homme. Ce n'est pas comme s'il ne le savait pas — évidemment — c'est juste... qu'il a refusé d'y penser, comme si les interrogations et la quête d'identité se résoudraient d'elles-mêmes. Au lieu de quoi, elle lui explosent à la face à 3h du matin, alors qu'il bande douloureusement pour l'homme qui dort dans son lit sans savoir comment affronter les sensations qui le submergent.

Et qui le bombardent de doutes.

Heath ferme la porte à double tour, sentant monter la panique. Floute le miroir pour ne pas se voir, plonge dans un bain d'eau glacé les yeux clos. Qu'est-ce que tu fais ? Il tente de repousser les incertitudes là d'où elles viennent, d'évoquer le souvenir du corps de Mylan pressé contre le sien simplement dans le but de retrouver cette sensation — cette impression que tout est pour le mieux quand ils sont ensemble, que rien d'autre n'a d'importance. Le résultat est diamétralement opposé. L'affolement le gifle à une magnitude telle que tout son monde en chancelle et il a l'impression de suffoquer et bon sang, bon sang, à quoi il joue ?  

29novembre. C'est sans doute... mal. Sans doute injuste, totalement injuste de sa part, de se murer ainsi dans un mutisme inexpliqué, de disparaître. Il a laissé un mot sur la table — je rentrerai très tard, ne passe pas ce soir. Juste ça, le 24, après avoir filé comme un lâche à une heure complètement indue, alors que le soleil ne pointait même pas encore à l'horizon et que Mylan sommeillait sur son oreiller. Incapable de le confronter, de penser rationnellement sans se sentir à deux doigts de péter les plombs.

Depuis, c'est la dégringolade, décadence amorcée. Tous ces instants de proximité, de complicité, confession à voix basse, rires partagés — tout est terni par un blocage qui le prend aux tripes et le fige sur place. Heures supplémentaires sur heures supplémentaires pour ne pas le croiser, et tous ces efforts déployés pour s'assurer que Mylan n'est pas dehors, à l'attendre à l'arrière du resto, comme un traquenard. L'Elysea n'est plus un havre mais un refuge où il se terre, mû par l'impression que le fil de sa vie lui a complètement échappé à un moment où à un autre et qu'il se l'est noué autour du cou.

Il ne sait pas quoi faire. S'en veut — se déteste, mais il ne pourrait pas s'obliger à agir autrement même si sa vie en dépendait. Une part de lui se roule dans la honte, l'autre souhaite... souhaite que Rhee Mylan disparaitra simplement de sa vie sans réclamer de lui les explications qu'il n'a pas, sans esclandre ni violence, et que juste ainsi les choses se remettront en place : le calme plat de son existence d'avant, sans le tumulte des émotions et le désir rugissant et brûlant et simplement trop- beaucoup trop. Et la dernière, enfin, cette parcelle qui l'étouffe et qui l'étrangle, et qui regrette et se refuse au deuil, espère un réveil avant l'inéluctable fin. Elle souffle tu vas le perdre, tu vas tellement y perdre, mais Heath se fait sourd, le cœur au bord des lèvres et l'âme en dérive, et de sa plume il trace Tout est allé beaucoup trop vite... je sais que c'est de ma faute, mais j'ai besoin de distance. Je suis désolé.  

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Dernière édition par Heath Ravka le Ven 27 Jan 2017 - 0:36, édité 2 fois
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WIZARD • always the first casuality
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‹ scolarité : 1991 - 1994.
‹ baguette : a été brisée à son emprisonnement à Azkaban. A sa libération, on lui a refilé une merde complètement bridée, de 25cm, taillée dans du noyer et contenant un crin de licorne.
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‹ réputation : on dit que c'est un délinquant, une petite frappe qui essaye de retrouver une vie normale, décente. Les anciens SM et les autres gangs du Londres Sorcier disent que c'est un traître, un vendu.
‹ particularité : c'est un maître du feu, le seul de sa famille puisqu'ils appartiennent tous à la tribu de l'eau.
‹ faits : il était le n°2 des shadow moses, qu'il a créés aux côtés de mood - mais ce dernier l'a trahi et il a passé un an et demi à azkaban - à son retour, mylan a décidé de quitter le gang - il a fait tout un tas de trucs nuls et c'était pour survivre, mais ça pèse lourd sur sa conscience - il ne supporte plus d'être enfermé - il est extrêmement tactile mais surtout, il a besoin qu'on le touche, qu'on lui rappelle qu'il est vivant - il ne ressent pas la douleur et ça le rend dangereux, mais c'est extrêmement pénible à vivre - il mange sans arrêt, adore cuisiner - il aime les chiens, déteste les chats - il ne supporte pas d'avoir froid - c'est un nabot, mais faut surtout pas lui dire, il déteste qu'on lui rappelle sa petite taille - il sait parler coréen, mais c'est un peu rouillé - il a deux petits frères qui sont sa seule famille, puisque ses parents et son aîné l'ont renié - il veut sortir les mômes de la rue, les aider avant qu'ils se retrouvent avec un casier judiciaire long comme le sien.
‹ résidence : techniquement, dans un appart' miteux au Chemin de Traverse, en réalité, chez Heath Ravka.
‹ patronus : il n'a jamais appris à en faire un.
‹ épouvantard : lui, dans sa cellule vide et glacée à Azkaban, privé de tous ses sens.
‹ risèd : lui, entouré de ses proches.
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heath ravka
Hydrogen in our veins, it cannot hold itself, our blood is boiling and the pressure in our bodies that echoes up above it is exploding. And our particles that burn it all because they aim for each other and although we stick together it seems that we are stranging one another.
10 novembre 2003. « Hm, » est la réponse de Heath et Mylan sait immédiatement qu’il n’aura rien de plus, mais ce n’est pas grave. Il peut faire avec ça pour l’instant, parce qu’il n’en sait pas beaucoup plus que le cuistot, finalement. Et puis ce n’est pas l’heure de se poser des questions aussi compliquées, si ce qu’ils sont en train de faire lui échappe un peu, il trouvera la solution plus tard, quand y penser un peu plus ne risquera pas de tout gâcher, par exemple. La main dans ses cheveux est un contact qui l’apaise considérablement et l’empêche de toute manière de penser à autre chose que le fait qu’il est bien là et qu’il ne veut plus bouger. L’autre main de Ravka, glissée contre la sienne, a quelque chose d’un peu étrange, mais rien de désagréable. « J’ai une deuxième chambre, » déclare-t-il alors et Mylan ouvre les yeux qu’il n’avait pas réalisé avoir fermés. « Mais c’est celle de—de mon frère. » Il bute sur ses mots et détourne le regard, alors le jeune homme fronce les sourcils. Son frère ? Autant dire qu’il n’a jamais vu le moindre frère chez Heath et pourtant, ça fait un moment qu’il vient ici, maintenant. « Je ne suis pas capable d'y installer quelqu'un d'autre, je suis désolé. » Oh. La gorge de Mylan se noue un peu, il est brusquement curieux mais il ne demandera rien, parce qu’il a déjà suffisamment compris.
Il ne laisserait personne occuper la chambre de Mika et Dami, s’il les avait perdus. A vrai dire, il ne laisserait même pas quelqu’un prendre celle de Jay, alors que c’est un gros abruti. Alors il comprend parfaitement et surtout, la dernière chose qu’il souhaite, c’est bien de dormir dans le lit d’un fantôme. « Je peux te prêter la mienne pour la nuit et prendre le canapé-- » « Hors de question, » réplique-t-il aussitôt d’un air ennuyé. D’accord, l’idée de dormir dans le lit de Heath lui plaît beaucoup, parce qu’il sent probablement comme lui et Heath sent bon, et il est sûrement très confortable. Mais dormir dans son lit, sans Heath, ça n’a absolument aucun intérêt. « Je ne vais pas te faire dormir dans le canapé alors que tu es coincé ici à cause de moi, ne sois pas ridicule. » Oh lui aussi il peut lever les yeux au ciel et c’est exactement ce qu’il fait. « Tu es mon invité, tu prends la chambre, period. » Mylan se redresse, approche son visage de celui du cuistot. « Je suis coincé ici parce que j’ai décidé de t’attendre, » réplique-t-il histoire de mettre les points sur les i.

« Tu es ridicule, » affirme Mylan avant d’aller frôler les lèvres de Ravka. « Ce canapé est parfaitement confortable, j’bougerai pas d’ici. » Il s’écarte, histoire de permettre à Heath de se lever. « Allez. » Il lui fait signe de partir d’un geste de la main. « Choo, laisse-moi dormir maintenant, » dit-il d’un air faussement ennuyé, avant de lui lancer un sourire moqueur. Il sent qu’il est encore prêt à argumenter, alors c’est parfaitement puéril, mais Mylan se roule en boule et prétend ne pas l’entendre.

11 novembre 2003. Ça remue d’un coup et il avait beau dormir profondément, Mylan est immédiatement réveillé. DANGER, crie son cerveau habitué à vite devoir réagir même si on vient de le tirer de son sommeil. Il se redresse vivement, déjà prêt à plonger une main dans la poche de sa veste pour—pourquoi il n’a pas de veste ? Son regard capte alors une silhouette, une tignasse en bataille, un visage étonné et—oh. Merde, Ravka est encore plus adorable au réveil, ça devrait être interdit. De toute évidence, lui aussi avait un peu oublié la veille et parce que son cœur a cessé de battre comme un taré dans sa poitrine, parce qu’il n’a plus tous les sens en alerte, Mylan se met à rire en voyant la tête que fait Heath. Ce dernier s’empourpre furieusement et s’empresse de quitter la pièce, non sans claquer la porte de la salle de bain derrière lui alors que le Rhee rit plus fort encore.
Quand il entend l’eau qui se met à couler, le jeune homme se décide enfin à se lever. Il s’étire longuement, surpris de constater qu’il n’a mal nulle part. Ce canapé est définitivement plus confortable que le matelas qui l’attend habituellement chez lui et il a probablement passé une des meilleures nuits depuis qu’il est sorti de taule. Il est en forme, peut-être pas autant que les chiots de Heath qui se précipitent vers lui en espérant pouvoir jouer lorsqu’ils ont terminé d’engloutir leurs croquettes, mais pas loin.

Le petit-déjeuner est une bénédiction. Le dernier qu’il a pris, c’était il y a neuf ans, le matin avant de partir pour Poudlard où Seán et lui ne sont jamais retournés, au final. Faire deux repas par jour est déjà compliqué, alors le luxe d’un petit déjeuner, ça fait longtemps que Mylan l’a oublié. Bien évidemment, il ne le dit pas et il surprend probablement Heath lorsqu’il se jette sur ce qu’il a préparé comme s’il n’avait pas mangé depuis une semaine, lorsqu’il ne peut s’empêcher de laisser échapper un gémissement presque obscène et quand il demande presque timidement, s’il peut avoir une deuxième tasse de café.

Il est presque aussi vorace, quand il l’embrasse avant qu’ils se séparent pour aller chacun de leur côté.

15 novembre. « Okay, you got laid, I get it, stop with that face, » marmonne Fox avec une grimace de dégoût et Mylan lui lance un regard confus. « What face ? And I did not, » déclare-t-il en reportant son attention sur l’exemplaire de la Gazette du Sorcier qu’un type a oublié au Chaudron et qu’il a rapporté avec lui histoire de s’occuper pendant que Fox répare ce qui déconne avec son jeu. La jeune femme se tourne vers lui et le jauge avec les lèvres pincées. « You’re all—happy and stuff, I’m glad you’re getting any but it’s creepy. » Mylan lève les yeux au ciel et referme le journal qui ne raconte rien d’intéressant – des morts, des morts et oh, des morts – et le jette plus loin. « You’re jealous, Fox ? » susurre-t-il avec un sourire en coin et elle ricane. « Please, enjoy yourself. » La réponse l’agace plus qu’elle ne le devrait, probablement parce qu’une part de lui espère toujours qu’elle le soit, en réalité. Alors c’est plus fort que lui, alors qu’il s’allonge sur son matelas et passe ses mains derrière sa tête en fermant les yeux. « Don’t worry, I’m not fucking your best friend, » lâche-t-il d’une voix traînante et il ne peut résister à la tentation d’entrouvrir un œil, pour voir qu’elle lance ses sorts avec plus de hargne, même si elle semble décider de garder le silence.

Ça lui tire un sourire, mais il n’est pas tellement sincère.

18 novembre. « Ok, dernier ajustement. Normalement. » Mylan le regarde faire avec autant de détermination que si sa propre vie dépendait de la réussite de ce plat. Heath souffle sur la cuillère de sauce pour en refroidir le contenu et ça devrait probablement l’agacer parce qu’il n’est pas un enfant, il peut très bien le faire lui-même, mais ça fait partie des trucs adorables et ridicules que Heath fait mais que Mylan aime chez lui. Lorsqu’il est enfin autorisé à goûter, il prend son temps comme toujours, parce que Heath ne veut pas d’un avis empressé, d’un « c’est bon ! », il veut que ce soit parfait et c’est ce que le Rhee cherche à déterminer.
Mais il n’a pas besoin de tergiverser longtemps, la sauce est excellente et c’est avec un sourire qu’il lève ses deux pouces, pour signifier à Heath qu’il n’a pas besoin d’y retoucher. Il ne peut s’empêcher de rire bêtement, presque niaisement, lorsque Heath le hisse sur le comptoir et fait taire ses gloussements avec ses lèvres. Merlin il le rend un peu dingue, parce qu’ils sont très proches et c’est parfait et en même temps, Mylan a très envie qu’ils le soient plus encore quand Heath fait des choses comme ça. « Plus qu’un plat et… ensuite, tous les desserts. Achève-moi, » vient-il geindre dans le creux de son cou et le jeune homme rit à nouveau.

Il glisse ses doigts dans les cheveux de Ravka, dans une caresse encourageante, avant de lui relever la tête. « Nah, » déclare-t-il en plissant le nez. « Tu peux encore être utile, » déclare-t-il avec un sourire taquin, puis il l’embrasse, parce qu’il ne semble pas pouvoir se lasser d’embrasser Heath Ravka.

20 novembre. « C’est… » Mylan déglutit avec difficultés et fait de son mieux pour ne pas trépigner d’impatience alors que Heath réfléchit, cherche. « Amer. » Amer ? C’est bien amer ! C’est parfait, même ! « WOUHOU ! » s’écrie-t-il brusquement en levant un poing victorieux dans les airs. Attirés par son cri de joie, Gold et Gansey se précipitent vers lui en aboyant et en remuant la queue et Mylan s’accroupit, lève une main devant la truffe du mâle. « Gansey ! High five ! » s’exclame-t-il et le chiot vient appuyer sa patte contre sa paume, lui tirant un rire ravi. Il répète l’opération devant la femelle. « Gold ! High f-- » Elle vient presser sa tête contre sa main pour une caresse et Mylan affiche une moue déçue, mais lui accorde tout de même. « Hey, » lui provient la protestation de Heath et le jeune homme se relève en riant un peu, parce qu’il a toujours les yeux bandés et le Rhee devrait probablement l’aider, mais c’est assez drôle de le voir batailler. Alors il le regarde se lever, s’avancer vers lui à tâtons et ne bouge pas lorsqu’il le trouve enfin.
« You’re so small, I almost missed you. » Pardon ?! Mylan ouvre la bouche pour lui dire que c’est lui qui est trop grand et que c’est complètement inutile, mais les lèvres de Heath l’en empêchent et les mots qu’il allait prononcer se transforment en grognement rauque. Ok d’accord, c’est mieux que de râler et puis il n’en a pas vraiment envie au final, Heath peut le traiter de nain s’il l’embrasse comme ça après.

24 novembre. C’est devenu une habitude. Parce qu’un soir, il s’est réveillé brusquement, en suffoquant, complètement terrifié et la présence de Gold et Gansey n’a pas suffi à le rassurer. Alors il s’est tiré du canapé, s’est traîné jusqu’à la chambre d’Heath et est entré discrètement. La gorge nouée, il l’a regardé un moment avant de se décider à s’approcher du lit et à aller s’y glisser. Ça a réveillé Ravka, qui a marmonné quelque chose d’incompréhensible et Mylan, trop fatigué, trop secoué pour mentir, a admis avoir fait un cauchemar et juste ne pas vouloir être seul. Dur de savoir si Heath a compris, mais il lui a fait signe de le rejoindre sous la couverture et c’est ce qu’il a fait.
Quand le bras de Ravka est passé autour de sa taille pour le ramener contre lui, Mylan s’est laissé faire, il s’est recroquevillé contre lui et il s’est noyé dans sa chaleur, s’est enivré de son odeur, s’est laissé bercer par le rythme régulier de sa respiration. Il a oublié Azkaban. Alors oui, depuis, quand il reste chez le Chef de l’Elysea, Mylan délaisse le canapé pour rejoindre Heath en prétextant qu’il n’arrive pas à dormir, que Gansey et Gold se chamaillent – alors que les deux chiots dorment paisiblement – que le tic tac de l’horloge du salon le dérange. Des conneries, juste pour passer la nuit avec lui.

Il n’a jamais aussi bien dormi. Depuis que sa relation avec Heath a pris ce tournant incontrôlable, il a repris du poids, des couleurs, ses sourires sont moins forcés et ses joues ne sont plus creusées par des cernes sombres. Il fait des nuits complètes, paisibles et il arrive à oublier tout ce qui ne va pas, parce qu’un seul sourire de Ravka efface tout le reste, parce que c’est dur de penser à ce qui ne tourne pas rond quand il l’embrasse et le touche. Parfois, c’est effrayant, notamment lorsque Heath le met tellement à l’aise, tellement en confiance que Mylan a subitement envie de tout lui dire, de lui confier ce qu’il garde caché par peur qu’il le déteste. Et puis Heath fait quelque chose de trop parfait, trop éloigné de ce monde que Mylan cherche à fuir et il se dit que c’est certain, que s’il lui dit, il perdra tout ça alors il se tait.

Cette nuit, il est encore venu se faufiler à côté de Heath et c’est bien avant que le soleil ne se lève qu’il est réveillé parce que quelque chose cloche. Il ouvre un œil, tâte le matelas et comprend pourquoi, la place et vide, encore tiède, mais vide. Mylan étouffe un bâillement contre l’oreiller et il dresse l’oreille pour essayer de repérer où est Heath, mais il n’entend rien. Il tente de se rendormir, parce que Ravka finira bien par revenir, il est beaucoup trop tôt pour qu’il se lève déjà.
Mais il ne revient pas et Mylan n’arrive pas à fermer l’œil. Alors il se lève, se frotte le visage et sort de la chambre d’un pas traînant. Personne aux toilettes mais quand il entre dans la salle de bain, il constate à l’humidité, à l’eau encore présente dans le fond de la douche, qu’elle a été utilisée il y a peu de temps. Le jeune homme fronce les sourcils, il ne se souvient pas avoir entendu Heath dire qu’il devait se lever à une heure incongrue ce matin, ça ne fait aucun sens. « Heath ? » appelle-t-il d’une voix encore un peu endormie, avant d’aller dans le salon. Mylan peut être envahissant quand il dort, ça ne l’étonnerait pas qu’Heath se soit retiré sur le canapé pour finir sa nuit, mais il n’y trouve que les deux chiots endormis.
Où est-il passé ? Ses pas le mènent jusqu’à la cuisine, où Mylan va pour se servir un verre d’eau histoire de se réveiller un peu plus pour mieux réfléchir, quand son regard s’arrête sur un morceau de papier, posé sur la table. Peut-être une urgence quelconque, et Heath n’a pas osé le réveiller, alors il lui a laissé un mot pour le prévenir ? Il bâille encore, attrape le bout de papier et le parcourt d’un regard vitreux.

Au début, il ne comprend pas et se dit que c’est parce qu’il est encore trop endormi. Alors il se frotte le visage et se secoue, relit le mot.

Encore.
Et encore.

Il le lit jusqu’à le connaître par cœur, jusqu’à ce que la fatigue disparaisse, pour laisser place à—Non, il n’est pas blessé. Il est en colère. Oui, en colère. Ses lèvres se pincent, ses dents se serrent alors que son cœur bat furieusement dans sa poitrine. Le papier finit froissé dans le creux de son poing et Mylan le laisse retomber sur la table.

Il a besoin de sortir d’ici.
Tout de suite.

29 novembre. Ca fait cinq jours et il n’a aucune nouvelle. Il a été trop occupé pour s’attarder à l’Elysea et ce n’est pas Heath qui l’a accueilli quand il est venu livrer cette semaine. Ça fait cinq jours qu’il n’arrive plus à dormir, parce qu’il s’est habitué à passer ses nuits avec Heath à ses côtés et se retrouver à nouveau tout seul dans son appartement minuscule aux murs trop étroits et trop nus, ça le terrifie et ça l’empêche de fermer l’œil parce qu’il est persuadé qu’il va se réveiller là-bas. Ca fait cinq jours et il était en colère mais maintenant ça fait mal et Mylan se déteste parce qu’il n’était pas censé s’attacher autant, parce qu’il pensait avoir retenu la leçon et c’est ridicule parce qu’il devrait le savoir maintenant, ça finit toujours comme ça. Et ce n’est pas comme s’il ne l’avait pas vu venir, pas vrai ? Cet idiot se traîne un placard au moins aussi grand que celui de Seán et il a juste prétendu un moment ne pas ressentir le besoin de s’y réfugier mais c’était faux et Mylan est stupide parce qu’il le savait, il le savait et tout était là mais il n’a pas voulu le voir, parce qu’être avec Heath ça l’a rendu bête.

Passe à autre chose, qu’il se dit. Oublie tout ça, passe à autre chose, t’es pas un gosse en mal d’amour, passe à autre chose.

Il n’y arrive pas. Ça ne fait que cinq jours et quand il sort du boulot, ses pas prennent naturellement le chemin de l’appartement de Heath et il a envie de se mettre des baffes. Il a envie de lui mettre des baffes. Ça ne fait que cinq jours mais il ne pense qu’à cet abruti et il en vient à être distrait au boulot et ce n’est pas bon, parce qu’il fait des erreurs et il n’a pas le droit de faire des erreurs parce que s’il perd un de ses jobs il peut dire adieu à son appartement et à tout le reste et il ne perdra pas tout ce qu’il a désespérément tenté de maintenir pendant plus d’un an parce que Heath Ravka est un gros con.

C’est pour ça qu’au lieu de mener sa vie en attendant que Ravka se décide, ou qu’il ne le fasse jamais et l’oublie, Mylan se retrouve à crocheter la serrure de l’appartement du cuistot. Il a demandé une de ses clés à Fox, elle a haussé les sourcils, surprise de le voir prêt à faire quelque chose d’illégal à nouveau et il lui a bouffé la gueule, mauvais, pour lui rappeler qui il était avant et ce qu’il est toujours capable de faire si elle se permet encore de le questionner ou de le juger. Il a obtenu ce qu’il voulait, mais il s’est détesté. Enfin, la porte s’ouvre et c’est sans surprise qu’il constate que l’appartement est vide, même s’il est tard. Heath est probablement encore à l’Elysea mais ce n’est pas grave, Mylan a tout son temps.
Les boules de poils du cuistot l’accueillent avec le même enthousiasme qu’à chaque fois et c’est stupide, mais ça arrive au moins à le faire sourire un peu, alors qu’il va se percher sur une chaise de la cuisine et joue à lancer la balle aux deux chiens, en attendant. Il sait que Heath arrive avant de l’entendre, puisque Gold et Gansey se précipitent devant la porte d’entrée en jappant joyeusement et Mylan se tient droit sur sa chaise, attend sagement que Heath se déleste de ses chaussures et de son manteau, puis se décide enfin à venir dans la cuisine. D’un sort, il éclaire la pièce et se fige alors brusquement, en trouvant Mylan là.

Sa tête, Merlin. Il pourrait en rire, s’il n’était pas aussi énervé. « Yo, » lance-t-il froidement. « T’as pas précisé combien de temps il te fallait et puisqu’il est évident que tu m’évites, tu ne me laisses pas trop le choix. » Heath fait une de ces tronches. Est-ce qu’il va vomir ? « Si c’est moi qui te pose problème, dis-le, ne disparais pas en pleine nuit avec un mot pourri, dis-le et j’m’en remettrai, j’suis pas un gosse, » lance-t-il sèchement. De toute évidence, c’était stupide de se dire qu’ils parleraient plus tard, un jour peut-être, alors Mylan va le faire maintenant, une bonne fois pour toute. « Si c’est parce que j’suis un mec, je suis pas une putain d’expérience homo, si y a un truc sur lequel j’ai jamais menti, c’est la marchandise et tu savais très bien dans quoi tu t’lançais. Et je te jure que si tu me dis que c’était une erreur et que finalement, les gars c’est pas ton truc, je te fous mon poing sur la gueule, » siffle-t-il avec hargne en se levant de la chaise.
« T’as l’droit d’flipper, t’as l’droit d’avoir des doutes, mais t’as pas l’droit d’agir comme si on était un putain d’couple ou whatever pendant des semaines et ne plus m’adresser la parole du jour au lendemain. » Il a les poings serrés et il tremble un peu, mais c’est la colère, le manque de sommeil, c’est Heath qui lui donne tout, trop, qui le rend accro à toutes ces choses qu’il ne pensait jamais avoir, ou ravoir, et qui lui retire tout ça sans prévenir, sans rien de plus que quelques mots tracés à l’encre sur un bout de papier. « J’ai besoin de savoir si j’dois te secouer, si j’dois vraiment te laisser le temps de réfléchir, ou si j’dois juste me tirer et plus jamais te revoir, » conclut-il, plus calme. « Alors parle. » Il peut se battre, si c’est ce dont Heath a besoin, mais il ne se lancera pas dans un combat perdu d’avance. Son instinct de survie est bien trop fort, pour le laisser faire une connerie pareille.

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set the world on fire


Dernière édition par Mylan Rhee le Sam 21 Jan 2017 - 18:18, édité 1 fois
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WIZARD • always the first casuality
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‹ liens utiles : draco malfoy w/ lucky blue smith ; ginevra weasley w/ holland roden ; alicia spinnet w/ zoe kravitz ; calixe Davis w/ jennie kim ; ardal ollivander w/ matthew daddario ; indiana alderton w/ nicola peltz ; heath ravka w/ im jaebum ; even li w/ jeon jungkook.

‹ âge : 27
‹ occupation : chef cuisinier.
‹ maison : Poufsouffle
‹ scolarité : 88 et 95.
‹ baguette : est taillée dans 29,7cm de bois de charme et renferme un cœur de licorne.
‹ gallions (ʛ) : 771
‹ réputation : j'ai quitté l'Angleterre après avoir décroché mes ASPICs pour ne rentrer de France qu'en 98, après avoir récupéré mon statut de Sorcier Britannique, temporairement perdu à cause du décret concernant les séjours de longue durée à l'étranger. Une blessure au genou m'a épargné de participer à la guerre. J'ai travaillé à l'Elysea (gastronomie française) à mon retour, mais les difficultés économiques des sorciers au terme de la guerre et les procès contre l'ancienne clientèle (mangemorts et élite) mettent le restaurant en faillite et en provoqueront probablement la fermeture.
‹ particularité : géokinésiste, du fait de mes racines nivkhes (indigènes de russie ayant longtemps subi l'occupation japonaise). Mais j'ai perdu mon père à 14 ans et mon apprentissage est resté incomplet — relativement instinctif et peu utilisé.
‹ faits : ma mère, française naturalisée britannique, est une ancienne Oubliator, hospitalisée à Janus Thickey à cause de de graves séquelles dues à son métier. • mon frère cadet, Aspen, a été adopté juste avant mon départ, mais a été officiellement déclaré né-moldu selon le statut de sang de ses parents adoptifs. La famille a été décimée durant la guerre et il s'est retrouvé à la rue. Je tente de renouer le contact avec lui, en dépit des griefs qui nous séparent depuis que je suis parti en le laissant derrière. • uc. • • • • •
‹ résidence : dans un immeuble récent du Chemin de Traverse.
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Mylan + strangeness & charmLife is chances that are taken, but nothing's ever broken. They're just pieces on the ground, new hands need to build them.

29
novembre 03. Fatalement s'impose, avec la distance, la nécessité de fuir l'appartement. Chaque recoin le renvoie à Mylan — à des moments à deux ou passés à rire du spectacle que devenait Rhee en présence de Gold et Gansey II. Son odeur s'attarde sur l'oreiller alors même que Heath a changé les draps à gestes précipités, paniqués, quelques jours plus tôt. La salle de bain a l'air trop grande pour lui lorsqu'il se prépare le matin et sa tasse de café, étrangement seule sur le comptoir à présent qu'elle n'est plus flanquée des deux qu'ingurgitait Mylan avant de partir. Cuisiner en rentrant n'a plus aucun sens non plus et damn, Ravka ne peut même plus emprunter l'ascenseur sans penser à toutes les fois où ils-
Peu importe. Ce sont huit volées d'escaliers à déguster matin, soir et à chaque sortie requise par ses chiots en guise de rétribution pour son incapacité à faire la part des choses et il franchit chacune des cent vingt-huit marches en maudissant son irrémédiable amour des penthouses — en particulier quand il a, dans chaque bras, sa routine quotidienne allant d'une heure de gym tous les deux jours à une douzaine d'autres passées 7/7j à courir en cuisines, ainsi qu'une visite émotionnellement éprouvante à l'hôpital une fois par semaine et quelques sorties encaissées bon gré mal gré pour conserver un semblant de vie sociale.

Mais depuis cinq jours, plus que jamais, il vit à l'Elysea plus que dans son propre logement. C'en est au point où Montgomery s'amuse à le traiter de squatteur lorsqu'il l'y trouve en rentrant et l'y laisse en sortant, mais lui lance à la dérobée des coups d'oeil mi intrigués mi inquiets. Heath regrette presque (presque ) l'époque où ils se supportaient à peine et n'échangeaient pas plus que quelques ordres-réponses obligatoires — parce que son collègue est étrangement investi dans son non-couple avec Rhee Mylan depuis qu'ils sont mystérieusement passés à un degré d'entente frisant l'amitié.

Et Heath prétend se contenter d'un rien, se concentre sur des détails qui autrement l'auraient laissé froid, se satisfait de joies minimes pour se convaincre que somme toute, rien n'a changé de l'avant à l'après Mylan. Sa vie n'est pas plus maussade, pas plus passable — elle est riche, satisfaisante, pleine de sens, parfaitement. Il n'est pas épuisé et vide et misérable et n'éprouve aucun regret lorsqu'à la faveur d'une nuit agitée ses doigts tâtent les draps, mais ne trouvent que de la fourrure canine en guise de compagnie.

Quelques semaines, c'est si peu à l'échelle de toute une vie. Ce n'est pas bouleversant, ça ne change rien de façon inéluctable — ce n'est pas même un chapitre, tout juste une parenthèse. Désormais close. Il tente de s'en convaincre, Heath, même quand tout lui crie qu'il a tort, de ses cernes au sentiment indistinct qui lui comprime la cage thoracique en un étau barbare et qui s'égare parfois désagréablement au creux de sa gorge, noeud de désolation. Il est pathétique. Pathétique et incertain et si indécis, mais si buté aussi — ce n'est franchement pas une bonne association.

C'est à près de minuit qu'il prend finalement le chemin de son immeuble. Il a les mains sèches d'avoir été lavées au moins quarante-deux fois, est confus d'avoir goûté des dizaines et des dizaines de chaudrons et de poêles et balbutié des avis incertains après avoir mis à mal son sens du goût encore approximatif et presque fragile (c'est désolant, mais ce forcing l'a probablement fait régresser au lieu du contraire, en plus de lui avoir valu d'être plus d'une fois dévisagé par sa brigade consternée). Quelque part entre les kilomètres de course du fourneau au plan de travail, du plan de travail à l’évier, de l’évier à la chambre froide, de la chambre froide au fourneau, du fourneau à la salle de restauration, il s'est aussi piégé en acceptant sans y penser un dîner après la fermeture. Évidemment qu'il a aussitôt regretté — avant de se rendre compte qu'une fois les plats engloutis ils passeraient aux boissons et qu'à vrai dire, il n'était pas contre. L'assortiment de Fishy Green Ale, Bungbarrel Spiced Mead, Swott Malt Whisky, Simison Steaming Stout, Dragon Scale, Draught Beer, et de Firewhisk qui a trouvé son chemin sur leur table ne l'a pas déçu. Le moins qu'on puisse dire est que Heath, L'Homme-qui-Boit-Peu (et pas sans raison), y a fait honneur, régalant ses collègues peu habitués à le voir se lâcher (et se ridiculiser) en leur présence. A rire trop fort et sans réelles raisons, à trébucher sur ses propres pieds et à tenter de grimper sur les tables en déblatérant des âneries, il a presque oublié le visage dont il avait tenté de bannir les traits de ses souvenirs en enchainant les verres.

Mais une épaule quelconque l'a soutenu durant le parcours jusqu'à son immeuble et il s'est retrouvé enfermé dans l'ascenseur avant d'avoir pu protester et tout lui est revenu comme une claque. Peut-être — peut-être que dans ces circonstances il peut s'avouer qu'il ne se remet pas encore d'avoir perdu Mylan. Le noeud obstrue à nouveau son oesophage et il se demande vaguement pourquoi il fuit avec tant de hargne et d'application une occasion d'être vraiment heureux. Mais son esprit n'est pas en état d'assimiler et de traiter des informations complexes, alors il se contente de se taper mollement le front sur la paroi contre laquelle il a pressé fiévreusement Rhee Mylan il y a quelques jours de ça, les yeux fermés, en limitant ses réflexions à une litanie de pourquoi pourquoi pourquoi pourqu-
Il en a récité une petite centaine lorsque l'ascenseur lui fait remonter l'estomac jusqu'aux lèvres en s'arrêtant d'une façon qui lui rappelle un bateau vacillant sur les flots.

La nausée le titille désagréablement mais il parvient à tanguer jusqu'à sa porte — qui s'avère ne pas être la sienne, et pendant un instant de panique il se demande si son appartement à disparu de la surface du globe, broyé entre deux autres et ses chiens avec.... (!) avant de comprendre que ce n'est pas son étage. Après la honte d'avoir dû bafouiller des excuses minable à l'occupant de l'appartement (qu'il a lowkey accusé d'avoir modifié la disposition de l'immeuble et éliminé son logement, mais passons), sa langue pâteuse et lui se traînent dans l'escalier menant au dernier étage et il s'affale contre sa porte avec émotion : durant les dernières minutes il en était venu à penser qu'il ne la reverrait jamais et qu'il serait condamné à dormir en boule dans la cage d'escalier et à porter éternellement les mêmes vêtements puant la friture et l'alcool — mais non, elle est là, fidèle au poste et Heath n'a jamais ressenti un élan de gratitude et d'affection d'une telle intensité à l'égard d'une porte. Alors il fait ce qui doit être fait fans une telle situation : il lui professe son amour éternel, à base de tu es si jolie, de je veux te voir chaque matin, chaque soir, ne me quitte jamais ! et autres tu es tout ce que j'ai toujours voulu émus et brûlants, tout en s'essayant à un door hug (avec un succès mitigé mais sans doute a-t-elle compris et apprécié l'effort — elle est si bonne avec lui !).

L'alcool buzze agréablement à ses oreilles tandis qu'il bataille avec son porte-clés à travers sa déclaration enflammée, mais lorsqu'il insère la bonne, la serrure n'oppose aucune résistance et le panneau de bois s'écarte de lui-même, déverrouillé, l'envoyant trébucher à l'intérieur. Ugh- il commente avec éloquence, tandis que la perplexité se fraye un chemin à travers le brouillard de ses pensées. Le mouvement brusque et inattendu, incontrôlé, fait des choses désagréables à son estomac déjà bien mis à mal et Heath s'accroche à lui d'une main crispée sur le haut de son ventre, avec l'espoir que le geste annihile un potentiel débordement de l'organe capricieux. Puis c'est la réalisation qui le frappe : elle l'a trahi. Sa propre porte d'entrée.  Elle n'était pas close et fièrement dressée en rempart entre son intimité et le monde, gardienne de tout ce qui est sien — non, elle était juste... ouverte au premier intrus venu et c'est une honte, vraiment, et pour une raison ou pour une autre il a presque envie de pleurer (peut-être est-ce très dramatique ? Il ne voit pas d'autre raison, à moins que ses canaux lacrymaux soient endommagés ?). On peut vraiment compter sur personne, Heath geint pour lui-même en s'extirpant difficilement de ses chaussures. Les chiots lui font la fête mais il n'est pas d'humeur, pour une raison ou pour une autre il se sent incroyablement malheureux de n'avoir quelqu'un (un individu... lambda... sans identité particulière...) pour l'attendre, ou à accueillir à la maison. Il a envie de vomir et de larmoyer et de se noyer dans le pathos avec les courbes d'une bière sous la main parce que damn, on prend ce qu'on a. Le tout de préférence dans le noir parce qu'il lui semble que la situation s'y prête. Il change toutefois de plan lorsqu'il se cogne violemment dans le mur, loupant l'entrée de la pièce — la lumière ne va probablement pas rompre le dramatique de la scène, si ? Avec un son de gorge étouffé et un mouvement de baguette, il allume la cuisine et... se fige. Fixe d'un œil ahuri la silhouette familière installée là, à, euh, l'attendre ? Pendant un instant il se demande si c'est le fruit de son imagination, mais le Yo qui retentit est trop glacial pour qu'il l'ait rêvé. Et Rhee Mylan parle, et parle, et parle, et Heath cligne des yeux à deux, trois reprises, bouche ouverte comme un poisson benêt qu'on a sorti de son bocal, et-

L'instant d'après il est plié en deux à dégueuler sur ses chaussettes.

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Dernière édition par Heath Ravka le Ven 27 Jan 2017 - 0:42, édité 2 fois
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WIZARD • always the first casuality
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‹ inscription : 29/11/2016
‹ messages : 342
‹ crédits : moony.
‹ dialogues : lightsteelblue (design foncé), steelblue (design clair).


‹ âge : 24 ans
‹ occupation : criminel en période de probation | apprenti Mage Social.
‹ maison : gryffondor
‹ scolarité : 1991 - 1994.
‹ baguette : a été brisée à son emprisonnement à Azkaban. A sa libération, on lui a refilé une merde complètement bridée, de 25cm, taillée dans du noyer et contenant un crin de licorne.
‹ gallions (ʛ) : 796
‹ réputation : on dit que c'est un délinquant, une petite frappe qui essaye de retrouver une vie normale, décente. Les anciens SM et les autres gangs du Londres Sorcier disent que c'est un traître, un vendu.
‹ particularité : c'est un maître du feu, le seul de sa famille puisqu'ils appartiennent tous à la tribu de l'eau.
‹ faits : il était le n°2 des shadow moses, qu'il a créés aux côtés de mood - mais ce dernier l'a trahi et il a passé un an et demi à azkaban - à son retour, mylan a décidé de quitter le gang - il a fait tout un tas de trucs nuls et c'était pour survivre, mais ça pèse lourd sur sa conscience - il ne supporte plus d'être enfermé - il est extrêmement tactile mais surtout, il a besoin qu'on le touche, qu'on lui rappelle qu'il est vivant - il ne ressent pas la douleur et ça le rend dangereux, mais c'est extrêmement pénible à vivre - il mange sans arrêt, adore cuisiner - il aime les chiens, déteste les chats - il ne supporte pas d'avoir froid - c'est un nabot, mais faut surtout pas lui dire, il déteste qu'on lui rappelle sa petite taille - il sait parler coréen, mais c'est un peu rouillé - il a deux petits frères qui sont sa seule famille, puisque ses parents et son aîné l'ont renié - il veut sortir les mômes de la rue, les aider avant qu'ils se retrouvent avec un casier judiciaire long comme le sien.
‹ résidence : techniquement, dans un appart' miteux au Chemin de Traverse, en réalité, chez Heath Ravka.
‹ patronus : il n'a jamais appris à en faire un.
‹ épouvantard : lui, dans sa cellule vide et glacée à Azkaban, privé de tous ses sens.
‹ risèd : lui, entouré de ses proches.
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heath ravka
Hydrogen in our veins, it cannot hold itself, our blood is boiling and the pressure in our bodies that echoes up above it is exploding. And our particles that burn it all because they aim for each other and although we stick together it seems that we are stranging one another.
29 novembre. « Alors parle, » qu’il lâche avant de croiser les bras, les lèvres pincées et le front barré par un pli contrarié. Parce qu’il n’a plus rien à dire, Mylan prend le temps d’observer Heath et ses sourcils se froncent un peu plus mais d’incompréhension, cette fois. Il n’est pas… il y a un truc qui cloche, non ? Ses yeux sont un peu vitreux et il est tard et il n’a aucun mal d’imaginer Heath faire des heures sup’ à l’Elysea juste pour s’enterrer dans son boulot parce qu’il n’explique pas comment il a réussi à aussi bien l’éviter autrement, mais ça n’a pas l’air d’être de la fatigue, surtout quand il prend conscience de… l’instabilité générale du cuistot qui en plus d’avoir une tête d’ahuri, semble avoir du mal de se tenir droit sur ses deux jambes. Nul doute que le trouver planté dans son salon à plus de minuit est un choc, mais de là à—Mylan écarquille les yeux, puis les plisse, alors qu’il se dit qu’Heath agit étrangement comme ces poivrots à qui c’était facile de voler des trucs parce qu’ils avaient souvent trop picolé pour avoir le moindre réflexe.
Heath Ravka est complètement plein. L’exemplaire, sage et toujours droit dans ses bottes Chef Ravka a trop picolé et semble avoir du mal de piger ce qu’il a sous les yeux et Mylan a envie d’hurler parce qu’il n’a probablement rien bité de ce qu’il vient de lui dire et il n’a aucune envie de recommencer. Il serre les poings alors qu’il doit faire un effort pour ne pas aller l’écraser sur la mâchoire de Ravka pour la forme, il sait qu’il ne se sentira pas mieux après, c’est juste qu’il est en colère et blessé et qu’Heath est un idiot. Ses épaules s’affaissent un peu, alors que le cuistot continue de le regarder avec cet air d’attardé. « Laisse tomber, » qu’il marmonne d’un air défait. Il ne va pas passer le restant de la nuit à tenter de tirer des explications d’une bouteille d’alcool.

Il fait un pas en avant, prêt à quitter l’appartement de Ravka, quand ce dernier se penche en avant et-- ugh. Mylan se fige, nez plissé, à regarder l’idiot se vider tripes et boyaux sur le sol – et à moitié sur ses chaussettes – parce qu’en plus d’être un gros con, monsieur ne tient pas l’alcool. Et c’est trop, pendant une seconde, il envisage de vraiment se tirer, de le laisser se démerder parce qu’il a autre chose à foutre que de jouer à la nounou pour Heath Ravka et ses mots nuls laissés en pleine nuit sur la table de la cuisine. Mais Gold relève une mine triste vers lui pendant que Gansey s’écarte de son maître avec un air offensé et Mylan se rappelle que les plus idiots arrivent à mourir parce qu’ils ont trop bu et il a beau être en colère, il ne l’est pas assez pour souhaiter que Ravka s’étouffe dans son propre vomi ou mette le feu à son appartement parce qu’il aura décidé de cuisiner un truc ou whatever alors qu’il est complètement bourré.
Alors il le contourne en prenant garde à bien éviter les dégâts qu’il vient de causer et lorsqu’il semble avoir terminé et chancèle, probablement épuisé et trop mal en point, Mylan le rattrape d’une main ferme. « Tsk. You owe me for this, » qu’il siffle entre ses dents. Il va pour attraper la baguette de Ravka, mais ce dernier a les doigts fermement repliés autour et ça tire un nouveau claquement de langue au Rhee. « Donne, allez. » Il pourrait utiliser la sienne, mais il craint que rien ne se produise, ou pire, de faire un trou dans le plancher du cuistot. Alors il bataille un peu, mais parvient à s’en emparer. Il s’y reprend à trois fois – la première, il se loupe, la deuxième, la baguette de Ravka ne semble pas vouloir l’écouter et c’est lorsqu’il hausse le ton la troisième fois que la flaque de vomi disparaît du sol et des chaussettes du cuistot – puis lève son regard vers Heath et soupire.

« J’te hais, » qu’il marmonne avant de l’attraper par le bras pour l’entraîner vers la salle de bain. Il pose la baguette à côté du lavabo et le force à s’asseoir sur le rebord de la baignoire. « Tombe pas, » ordonne-t-il sèchement, mais il garde tout de même une main fermement refermée autour de son bras pour le maintenir en place. De l’autre, il attrape le verre sur le lavabo, le remplit d’eau et le tend à Heath. « Rince-toi. » Heureusement il a l’air de comprendre et Mylan le regarde porter le verre à ses lèvres, prendre de l’eau et s’exécuter. Il peut remercier ses très bons réflexes, lorsqu’en voyant que Ravka ne semble pas décidé à s’approcher du lavabo ou quoi pour recracher l’eau, il se dépêche de lui tourner la tête vers la baignoire. « C’est une blague, » grogne-t-il, exaspéré. « Qu’est-ce que t’es allé picoler si tu tiens pas l’alcool, c’est complètement con et c’est dangereux. Et en plus t’es tout seul, qui se serait occupé de toi, mmh ? Avec qui t’es allé boire ? Parce que laisse-moi te dire que ces gens sont nuls. T’y es quand même pas allé tout seul ? Parce que ça, c’est pathétique. » Il a besoin de meubler, de râler pour faire passer sa frustration, alors qu’il attrape la brosse à dents de Ravka, la recouvre de dentifrice avant de lui tendre. « J’le ferai pas pour toi, alors chop chop, brosse-moi ça, crois-moi, tu veux pas t’coucher comme ça. » Bon, Heath a la brosse à dents dans la bouche à présent, mais il n’a pas l’air de frotter plus que ça et il a vraiment l’air vert et la dernière chose que Mylan veut, c’est qu’il se remette à vomir. Il attrape une petite serviette qu’il imbibe d’eau froide avant de passer délicatement le tissu sur le visage du cuistot. « Allez, frotte pendant au moins une minute et j’t’emmène au lit, » concède-t-il d’un ton encourageant. C’est dur d’être vraiment en colère après Ravka et puis surtout, ça n’a aucun intérêt quand il est dans cet état.

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set the world on fire


Dernière édition par Mylan Rhee le Sam 21 Jan 2017 - 18:18, édité 1 fois
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WIZARD • always the first casuality
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‹ crédits : heresy.
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‹ liens utiles : draco malfoy w/ lucky blue smith ; ginevra weasley w/ holland roden ; alicia spinnet w/ zoe kravitz ; calixe Davis w/ jennie kim ; ardal ollivander w/ matthew daddario ; indiana alderton w/ nicola peltz ; heath ravka w/ im jaebum ; even li w/ jeon jungkook.

‹ âge : 27
‹ occupation : chef cuisinier.
‹ maison : Poufsouffle
‹ scolarité : 88 et 95.
‹ baguette : est taillée dans 29,7cm de bois de charme et renferme un cœur de licorne.
‹ gallions (ʛ) : 771
‹ réputation : j'ai quitté l'Angleterre après avoir décroché mes ASPICs pour ne rentrer de France qu'en 98, après avoir récupéré mon statut de Sorcier Britannique, temporairement perdu à cause du décret concernant les séjours de longue durée à l'étranger. Une blessure au genou m'a épargné de participer à la guerre. J'ai travaillé à l'Elysea (gastronomie française) à mon retour, mais les difficultés économiques des sorciers au terme de la guerre et les procès contre l'ancienne clientèle (mangemorts et élite) mettent le restaurant en faillite et en provoqueront probablement la fermeture.
‹ particularité : géokinésiste, du fait de mes racines nivkhes (indigènes de russie ayant longtemps subi l'occupation japonaise). Mais j'ai perdu mon père à 14 ans et mon apprentissage est resté incomplet — relativement instinctif et peu utilisé.
‹ faits : ma mère, française naturalisée britannique, est une ancienne Oubliator, hospitalisée à Janus Thickey à cause de de graves séquelles dues à son métier. • mon frère cadet, Aspen, a été adopté juste avant mon départ, mais a été officiellement déclaré né-moldu selon le statut de sang de ses parents adoptifs. La famille a été décimée durant la guerre et il s'est retrouvé à la rue. Je tente de renouer le contact avec lui, en dépit des griefs qui nous séparent depuis que je suis parti en le laissant derrière. • uc. • • • • •
‹ résidence : dans un immeuble récent du Chemin de Traverse.
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Mylan + strangeness & charmLife is chances that are taken, but nothing's ever broken. They're just pieces on the ground, new hands need to build them.

29DECEMBRE 03. La présence de Mylan est surréaliste - Heath n'arrive pas vraiment à... raisonner, mais il est sûr de s'être comporté en crétin, et ce type n'est pas une midinette amourachée. Il est indépendant, caractériel même, il est... il n'en sait rien. Il était juste certain, vraiment certain d'avoir tout foutu en l'air, de ne plus le revoir sur le pas de sa porte, encore moins posé entre ses murs après s'être fait dire à demi-mots salés qu'il n'y était plus le bien venu.

Le goût rance qui lui pèse sur la langue est tellement puissant qu'il le ressent — pour une fois il s'en passerait (ou peut-être que non, il ne sait vraiment pas à ce stade). Heath est trop égaré pour percuter pleinement ce qui se passe, pour réagir correctement à la diatribe qui lui a été adressée ou au dégueulis dans lequel il patauge. Il est trop rond pour s'en soucier, un peu plus qu'à son arrivée mais pas tout à fait encore. Il ne tient même pas tout à fait debout, mais son corps perçoit la chaleur de Rhee avant que son esprit ne l'assimile tout à fait, mémoire musculaire qui le pousse à tenter de s'accrocher à lui. Mais ses membres ne lui répondent pas tout à fait et ses mains chassent celles de Mylan sans parvenir à s'y accrocher, entravant plus qu'autre chose ses efforts pour se saisir de sa baguette. Donne, allez, l'autre s'impatiente, et Heath ne sait même pas de quoi il parle, avant que le bout de bois ne lui glisse hors des doigts pour se retrouver dans la prise du plus jeune. Quand est-ce que t'as-, il demande bêtement, abasourdi, mais oublie à mi-chemin ce qu'il allait demander et penche la tête de côté en regardant Mylan batailler pour lancer il ne sait quel sort tout en le maintenant debout d'un bras autour de sa taille. Quelque chose lui souffle qu'il ne devrait pas, alarme ténue que le bourdonnement à ses oreilles étouffe complètement ; alors il pose son front contre l'épaule du coréen, même si la position n'a absolument rien de confortable ou de naturel du fait de leur différence de taille. J’te hais, Mylan râle, et en retour Heath glousse, ravi sans raison. Ivre de la proximité retrouvée, sûrement, et du fait que son esprit enfin mis en pose ne parvienne à le blâmer pour ça. Troublé aussi, un peu, parce que le voir utiliser sa baguette n'est pas anodin - il n'arrive pas à replacer tout à fait la notion, sait juste que ça a quelque chose d'intime et qu'il devrait être outré plutôt que ravi par l'audace de Rhee. Tu- ma baguette réagit à ton contact, il baragouine d'une voix pâteuse en souriant comme un abruti, bras partant s'enrouler derrière le cou de Mylan. Il est sûr qu'il y a des adages sorciers pour ce genre de situation mais tout lui échappe, il a par contre très envie de se remettre à chanter comme il l'a fait au pub. Mais ils bougent alors, et l'estomac de Ravka lui fait savoir qu'il n'approuve pas du tout, si bien qu'il se retrouve trop occupé à essayer de contenir une nouvelle vague de nausée et de ne pas se rétamer pour s'égosiller tel un pochtron. Tombe pas. Plus facile à dire qu'à faire ; Heath jurerait que ses chaussettes sont lacées entre elles et que quelqu'un s'amuse à secouer la Terre dans tous les sens, menaçant sans arrêt de lui faire perdre l'équilibre. Un verre trouve son chemin jusqu'à sa paume moite et il s'illumine, le porte joyeusement à ses lèvres - avant d'être agressé par une eau insipide plutôt que par l'alcool que ses pupilles gustatives s'apprêtaient à essayer d'identifier. Alors il ne réfléchit pas avant de recracher la gorgée comme un geyser, tourné de justesse en direction de la baignoire par une impulsion ne venant certainement pas de son propre corps, avant de grimacer de dégoût. De l'eau, really ? Quel ennui. Fire'sky, il réclame plutôt d'un ton plaintif, attisant le mécontentement de Mylan. C’est une blague, il soupire, excédé. Qu’est-ce que t’es allé picoler si tu tiens pas l’alcool, c’est complètement con et c’est dangereux. Et en plus t’es tout seul, qui se serait occupé de toi, mmh ? Il lève le doigt comme un écolier réclamant la parole, et puis : Gold'n ? il propose avec un sourire de guingois témoignant de son ivresse. Avec qui t’es allé boire ? Parce que laisse-moi te dire que ces gens sont nuls. T’y es quand même pas allé tout seul ? Parce que ça, c’est pathétique. Cette fois, Heath ne le gratifie que d'un marmonnement indistinct, parce qu'il a perdu le fil et ne sait pas vraiment ce qu'il fait avec une brosse à dent en main ? Lorsqu'il finit par se la mettre dans la bouche bon gré mal gré, la pression maladroite en fond de gorge déclenche son réflexe nauséeux, ce dont il n'a franchement pas besoin pour l'heure. Il se sent tout de même un peu plus humain après l'effort et se laisse entrainer vers sa chambre sans complainte. Ses gestes sont groggy lorsqu'il se débarrasse de son t-shirt, et il s'arrête pantalon à mi-cuisses pour retenir Mylan qui s'est déjà détourné, prêt à battre en retraite. M'laisse pas, il plaide, main sur son poignet, front pressé contre sa hanche, avant de s'arracher un T'm'manques tellement pataud, ses bras s'enroulant autour de la taille du jeune homme. Il le tire vers lui, le poussant à se tourner et lui faire à nouveau face ; lève la tête pour lui adresser un regard fiévreux, suppliant. Ses phalanges s'enroulent dans le tissu de son haut et lentement, requête muette mais insistante, Heath s'allonge, usant de sa prise pour entrainer Mylan avec lui. Le sentir peser contre son corps lui arrache un frisson de plaisir - même à travers le brouillard qui lui brouille les pensées, il est certain de n'avoir jamais rien trouvé aussi enivrant et il écarte les jambes pour le caler plus confortablement contre lui, plus près aussi. Ses mains se glissent sous son haut avec un empressement presque désespéré, cherchant la tiédeur de sa peau. Il n'y a pas un endroit où il voudrait être plutôt que là, un genou redressé et l'autre jambe à plat sur le lit, à moitié écrasée par le coude de Rhee Mylan qui lui broie désagréablement la cuisse, la vision obstruée par une touffe de cheveux colorés qui lui rentrent à moitié dans la bouche, à tracer des sillons hasardeux et légers contre son dos du bout de ses ongles ras. C'est étrangement parfait. Jaiété con maisj- il tente, chuchotement pressant, j'veux pas t'perdre. Et ça sonne probablement pathétique, mais ses bras se resserrent autour de Rhee, le prient de le croire, tandis qu'il lutte contre un coup de barre, bat des paupières pour repousser le sommeil de peur que Mylan ne disparaisse une fois qu'il aura cédé au sommeil. J'ai... flippé, j'suis pas- Cette fois, c'est avec un brin d'ahurissement qu'il cligne mollement des yeux ; il y'a de l'incertitude et une certaine vulnérabilité dans le dernier mot qu'il murmure comme une question. gay ? Il fixe le plafond, bouche entrouverte, comme s'il y cherchait la réponse, mais Mylan se redresse sur ses avants-bras comme pour se tirer et Heath panique, enroule instinctivement ses jambes autour de lui pour l'en empêcher, prend son visage en coupe, cherche les mots pour lui expliquer. Il a l'impression d'avoir beaucoup à dire, mais ne sait pas vraiment comment, ne sait même pas quoi - ses pensées sont encore plus confuses que d'habitude. Il se sent incapable d'être clair et c'est si frustrant, si terrifiant car chaque mouvement qu'ébauche Mylan a des accents de finalité et ses prunelles lasses assorties d'un rictus désabusé crient qu'il en a assez. Heath puise dans tous ce qu'il a englouti de courage liquide pour ajouter : J'aime pas vr'ment les femmes non plus ? Les gens- personne... L'une de ses mains glisse entre les mèches qui retombent sur les yeux de Mylan, les rabat en arrière en un geste qui découvre son front et lui offre d'admirer l'ensemble de son visage pour la première fois. Il redresse brièvement la tête pour poser un baiser à la naissance de ses cheveux avant de se laisser retomber en arrière, les yeux mi-clos, s'enivrant de son image à travers ses cils sombres. Juste- Il s'humecte les lèvres, esquisse un sourire fatigué. Juste toi...

30DECEMBRE 03. Lorsqu'il émerge, sans avoir le souvenir d'avoir sombré, Heath est complètement déphasé. La lumière du jour l'agresse, son estomac est furieux, un mal de tête immonde tambourine contre les parois de son crâne et il n'est même pas certain de savoir qui il est. Il gronde de douleur, avant-bras sur les yeux, et ce n'est qu'après plusieurs tentatives périlleuses qu'il parvient à rouler sur lui-même pour se rapprocher du chevet (un mauvais calcul de la distance à parcourir aboutit sur une collision qui lui fait voir des étoiles et s'immobiliser de longue minutes le temps de s'en remettre). D'une main malhabile, il fouille le tiroir en priant Merlin pour y trouver de quoi se soulager et pleure presque de bonheur en refermant les doigts sur un flacon - la potion (immonde) est engloutie cul sec et il lui faut toute la force de sa volonté pour ne pas la dégueuler dans la foulée. Il n'a pas tout à fait ouvert les yeux une seule fois et ne trouve pas en lui l'énergie de le faire - dormir un peu plus longtemps ne lui fera pas de mal, si ?

Le deuxième réveil, plusieurs heures plus tard, est paniqué. Ravka s'éjecte de son lit comme un clown hors de sa boîte, se dépêtre des draps dans la foulée tout en lâchant une flopée de jurons. Qu'est-ce qui lui a pris de boire autant ? Damn ! Il n'est clairement pas "en forme", mais la potion miracle a suffisamment atténué la gueule de bois pour qu'il soit à nouveau capable de réfléchir et une information paniquée tourne en boucle dans ses pensées : il est forcément en retard ! Pas le temps de regarder l'heure, il fait grand jour, c'est un indice suffisant. Il saute dans un pantalon propre (après avoir constaté avec dégoût que celui au pied de son lit est souillé par une substance séchée qu'il n'a pas envie d'identifier), enfile une chemise à l'envers et bataille pour attacher son bas tout en se précipitant hors de sa chambre, déboule dans le salon en panique et-

S'arrête, l'odorat titillé par une senteur ? Incongrue ? Et des bruits de ? Cochon qu'on égorge ? Ses pas le mènent jusqu'à la cuisine où l'attend la vision tout à fait inattendue d'un Rhee Mylan engueulant une cuillère en bois (est-ce une sorte de... chant tribal ? Quelque chose de non identifié en tout cas) en bougeant les hanches et il reste juste... estomaqué, planté dans l'entrebâillement de la porte, cheveux en bataille, pantalon ouvert, chemise attachée de travers, à essayer de trouver un sens à cette scène. Lui reviennent les réminiscences floues et incomplètes d'une silhouette dans sa cuisine, de ce qu'il suppose être une parodie de confrontation (?) (non, non, non, pourquoi a-t-il fallu que Mylan le voie dans un tel état ? Il s'en taperait la tête contre un mur s'il ne craignait qu'elle n'explose). Heath n'a pas la moindre idée de ce qu'il a pu dire, mais il est à peu près certain d'avoir été ridicule, et lorsque Mylan fait vote-face avec une poêle en main il se retient de justesse de ne pas glapir de honte et partir s'enterrer sous son lit jusqu'à la fin des temps. Son vis-à-vis cesse de s'égosiller et ils se retrouvent à se fixer à travers la pièce. Heath cherche quoi dire, ravale un qu'est-ce que tu fais là ? de peur de mettre le feu aux poudres, et lorsqu'il ne trouve rien, il se rabat sur des gestes. Cesse de réfléchir, le temps de traverser la cuisine et d'attirer Mylan dans une étreinte, nez contre sa tempe, cœur battant. Il ne sait pas trop ce qu'il a fait pour mériter de le trouver là à son réveil. Il sait juste qu'il ne veut pas s'enferrer dans l'erreur qu'il a commise quelques jours plus tôt en le repoussant.

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heath ravka
Hydrogen in our veins, it cannot hold itself, our blood is boiling and the pressure in our bodies that echoes up above it is exploding. And our particles that burn it all because they aim for each other and although we stick together it seems that we are stranging one another.
29 novembre. Ce n’est pas tellement qu’il estime que Heath a assez frotté, plutôt qu’il n’est pas en état de faire mieux, alors il l’aide à se rincer la bouche, en le rapprochant du lavabo cette fois pour être sûr qu’il crachera où il faut, puis l’attrape à nouveau et l’entraîne jusqu’à sa chambre. Une fois là-bas, il guide Heath jusqu’au lit sur lequel il l’assoit et il semble se débrouiller plus ou moins bien pour se débarrasser de ses vêtements. Après un dernier regard pour s’assurer qu’il ne va pas s’écrouler et se faire mal, Mylan se tourne vers l’armoire du cuistot histoire de lui trouver des fringues à enfiler pour la nuit, mais il n’a pas fait un pas que Ravka l’attrape. « M’laisse pas, » lui parvient le murmure un peu étouffé de l’autre alors qu’il le sent venir appuyer son front contre sa hanche, alors que son poignet se retrouve prisonnier d’une grippe un peu trop forte pour quelqu’un qui a autant bu. « T’m’manques tellement. » Il ne devrait pas, parce que ce sont les paroles de quelqu’un qui a trop picolé et elles ne sont pas censées avoir la moindre valeur, mais son cœur manque un battement alors que d’une certaine façon, sans le vouloir, Ravka répond un peu à ses questions. Mylan ferme les yeux et déglutit avec difficultés, alors que les bras du cuistot viennent entourer sa taille. Il n’a pas le temps de formuler une véritable pensée sur le sujet, puisque Heath le tire vers lui, le forçant par la même occasion à se retourner et le Rhee doit poser ses mains sur les épaules du cuistot pour ne pas s’emmêler dans ses pieds et lui tomber dessus.
Et il croise son regard et c’est douloureux, parce qu’il y a tout un tas de choses dans les yeux de Ravka, mais Mylan se rappelle de ne pas tomber dans le panneau parce que tout est beaucoup plus facile quand on a bu et il doute que les choses se dérouleraient de la même façon, si le Chef de l’Elysea était sobre. « Heath, » marmonne-t-il alors que des mains viennent agripper son haut avant de l’entraîner. Et c’est stupide, parce qu’il a plus de force que lui, surtout dans l’état où se trouve Ravka, il pourrait aisément se faufiler hors de sa prise, se redresser et s’écarter, mais au lieu de cela, Mylan le laisse l’attirer contre lui et il frissonne et soupire lorsque les paumes chaudes se faufilent sous son haut, rencontrent sa propre peau.

Et ça lui a manqué, ça lui a tellement manqué qu’il pourrait en chialer et il ne comprend pas lui-même comment ce simple contact peut le mettre dans un tel état, c’est ridicule. Mais il s’est senti si vide ces derniers jours. Si seul, surtout. Et ça lui fait peur, c’est à son tour de flipper maintenant, parce que c’était pas censé se passer comme ça, parce que la dernière fois qu’il a fait l’erreur de s’attacher trop vite, trop fort, ça s’est retourné contre lui et il ne peut pas s’empêcher de se dire que ça va recommencer, forcément. Pourtant il ferme les yeux et cet idiot sent beaucoup trop l’alcool mais son corps est presque brûlant contre le sien et c’est parfait. « Jaiété con maisj- j'veux pas t'perdre. » Oui il a été con et Mylan est encore en colère, il lui en veut pour ce qu’il a fait et pire encore, il lui en veut de dire ça maintenant, alors qu’il a le cerveau embrumé par l’alcool, alors qu’il ne s’en souviendra peut-être même pas le lendemain, il lui en veut d’être apparemment seulement capable de s’exprimer lorsqu’il a assez picolé pour laisser tomber les barrières qu’il dresse entre lui et le reste du monde.
« J'ai... flippé, j'suis pas- gay ? » C’est son estomac qui se tord, alors que l’étreinte devient brusquement étouffante, alors que la colère ressurgit, brutale. Il n’est pas venu pour entendre ça et il le pensait, quand il disait que s’il entendait Ravka prononcer une connerie pareille, il lui foutrait son poing sur la gueule, parce que le dernier imbécile qui a joué à ce jeu-là l’a foutu en taule et Mylan ne s’embarquera pas dans ces conneries, il a compris la leçon. Alors il se redresse, parce qu’il a besoin de se tirer d’ici avant de se mettre à hurler ou pire encore, mais les jambes de Heath l’emprisonnent, l’empêchent de se tirer de son étreinte et le Rhee grogne. « Laisse-moi, tu-- » Il se fige, lorsque les mains du cuistot saisissent son visage et il lui lance un regard noir parce qu’il n’a pas la patience pour ça et il ne l’aura plus jamais. « J'aime pas vr'ment les femmes non plus ? Les gens- personne... » Oh super, il en connaît un autre, comme ça et c’est quoi son délire, il les attire ? Ou c’est lui qui est complètement con et qui retombe dans le panneau à chaque fois ?

Non, pas cette fois. La main dans ses cheveux le crispe, le baiser sur son front lui noue la gorge. « Heath, ne-- » « Juste- Juste toi… » La colère et la peur retombent comme un soufflé, alors qu’il reste comme ça, à moitié redressé sur ses avant-bras, prêt à se débattre pour échapper à l’emprise de Ravka, en le fixant avec angoisse. Mylan ferme les yeux, soupire. Juste lui. Okay. Peut-être qu’il peut faire quelque chose de ça. « Dors, » qu’il croasse faiblement. Il va pour se redresser, mais dans un réflexe à moitié endormi, Heath le ramène contre lui et le Rhee pousse un juron. « J’vais nulle part, promis. Tais-toi et dors. » Le ton est autoritaire, agacé, il ne sait pas si c’est ça ou la fatigue qui l’emporte, mais l’étreinte se desserre et Mylan peut s’en extirper. Il se redresse et passe une main dans ses cheveux, avant de soupirer encore en voyant qu’il est déjà parti, encore à moitié habillé.
A peu près certain qu’il ne risque pas de le réveiller, il attrape le pantalon de Heath et achève de lui enlever, crochetant ses chaussettes de l’index au passage, pour lui retirer en même temps. Les vêtements rejoignent le t-shirt par terre et il tire la couverture coincée sous Ravka, pour la rabattre sur lui. Alors il sort de la chambre, en profite pour respirer un peu, alors qu’il retire ses chaussures et sa veste, qu’il accroche. Lorsqu’il revient, c’est pour constater que Gold et Gansey sont allés s’allonger au pied du lit et il a un petit sourire, alors qu’il va s’asseoir sur le lit, à côté du cuistot.

Il l’observe un moment, les sourcils froncés alors qu’il se mâchouille la lèvre inférieure. « Idiot, » qu’il finit par marmonner, alors qu’il s’installe plus confortablement pour veiller sur lui. Il ne comptait pas partir de toute façon, sa conscience l’empêche de laisser un mec bourré tout seul. Le problème, c’est que Mylan a toujours été très mauvais pour monter la garde et avec la fatigue accumulée, la présence et le souffle régulier de Ravka finissent par avoir raison de lui.

30 novembre. Lorsqu’il se réveille, Heath est toujours profondément endormi et il ronfle comme Mylan ne l’a jamais entendu faire, probablement à cause de l’alcool. Gold a migré entre eux, la tête posée sur l’abdomen du cuistot, alors que Gansey est à moitié allongé sur le Rhee qui vient lui gratter le sommet du crâne en étouffant un bâillement. Il n’a aucun mal à se remémorer la veille et autant dire qu’il est partagé entre se tirer sans un bruit maintenant qu’il est assuré que Ravka a passé la nuit sain et sauf et rester pour avoir une véritable discussion. Il doute que le cuistot soit en état de parler dès le matin, surtout avec une gueule de bois, mais Mylan ne peut s’empêcher de se dire que s’il s’en va maintenant, il n’aura plus qu’à se réintroduire chez lui s’il veut le recroiser. Alors il repousse gentiment Gansey et se lève en s’étirant longuement. Il sort de la chambre, suivi par les deux chiots qui remuent joyeusement de la queue et le jeune homme ricane, parce qu’il sait très bien ce qu’ils veulent. Alors son premier arrêt est dans la cuisine, où il n’a aucun mal à trouver le paquet de croquettes avec lequel il remplit les gamelles des deux boules de poils qui se jettent dessus. Le prochain, il le fait à la salle de bain où il se décide à prendre une longue douche brûlante, le genre de chose qu’il ne peut clairement pas faire dans le cagibi qui lui sert d’appartement, alors il en profite, clairement.
Une fois sec, il tombe sur la baguette de Heath qu’il a laissée sur le lavabo la veille et hausse les épaules, s’en empare et il doit encore s’y reprendre à plusieurs fois, mais il parvient à nettoyer ses fringues. C’est agaçant de constater que la baguette d’un autre est plus coopérative que celle que ces abrutis de la BPM lui ont donnée. Propre et rhabillé, il passe une main dans ses cheveux mouillés pour les rabattre en arrière et les empêcher de lui goutter partout sur le visage, avant de sortir de la salle de bain.

La baguette de Heath est déposée sur le comptoir de la cuisine, alors qu’il réalise que les deux chiots ont déjà terminé d’engloutir leurs croquettes et le regardent avec de grands yeux. « Ouais, ouais, j’ai compris, » qu’il marmonne avant de dégoter du papier et un stylo, pour y gribouiller un Parti promener les deux terreurs, j’reviens, qu’il laisse en évidence sur la table de la cuisine. Il va enfiler sa veste, saute dans ses pompes et les deux chiots le rejoignent aussitôt, impatients de sortir. Il pourrait juste les laisser dehors sur la terrasse, mais il a besoin de réfléchir un peu et Ravka est tellement occupé que ça fait probablement un moment qu’il n’a pas eu le temps d’emmener les deux boules de poils se défouler. Les laisses fixées, il sort de l’appartement, choisit de dévaler les escaliers parce qu’il n’a aucune envie d’aller s’enfermer dans ce maudit ascenseur et déboule enfin dans la rue. Gold et Gansey jappent joyeusement et commencent déjà à l’entraîner en avant, la langue pendue et ça suffit à le faire sourire un peu bêtement.
Il finit même par se mettre à courir avec eux, histoire d’être certain de les fatiguer pour un bon moment, profitant que les rues soient vides en ce dimanche matin. Bien évidemment, il s’épuise avant eux et fait le chemin du retour en marchant, alors que la ville se réveille un peu. Une fois de retour à l’immeuble de Ravka, c’est satisfait de voir les deux chiots bien calmes qu’il les achève avec les marches à grimper jusqu’à l’appartement. Une fois à l’intérieur, c’est toujours aussi silencieux et il prend le temps de détacher les laisses, de retirer chaussures et manteaux, avant d’aller jeter un coup d’œil dans la chambre de Heath. Qui ronfle peut-être moins fort qu’avant, mais suffisamment pour lui confirmer qu’il dort toujours profondément.

Il a faim et il ignore quand Heath va se réveiller, mais nul doute qu’il sera plus en mesure d’avoir une conversation claire avec lui l’estomac plein. Ça fait une éternité qu’il n’a pas cuisiné, vraiment cuisiné, mais la pièce regorge d’ingrédients et préparer un petit-déjeuner, ce n’est pas ce qu’il y a de plus compliqué. Alors il se rend dans la cuisine et commence par le café. A force de passer du temps ici, il sait parfaitement où se trouve chaque chose et n’a aucun mal à se lancer dans la préparation d’œufs brouillés avec du bacon et des toasts grillés. Ça n’a rien à voir avec la préparation d’un vrai grand plat, comme il pouvait assister son oncle quand il était gosse, mais ça suffit à le mettre de bonne humeur. Et quand Rhee Mi Ran est de bonne humeur, il chante, qu’importe que ce soit atroce. C’est une chanson moldue, parce que quitte à vivre dangereusement, autant le faire jusqu’au bout. « Put a gun against his head, pulled my trigger noooow he’s deaaaaad. » Gold et Gansey fuient la cuisine mais il les ignore, trop concentré sur son soigneux massacre pour leur prêter la moindre attention. Une fois que le café semble bien engagé, il s’occupe des œufs en continuant de chanter et peut-être qu’il cherche un peu à réveiller Heath par la même occasion.

« Mamaaaaa, ouuuuuuuuh, didn’t meaaan to make you CRYYYYYY, » la suite est interrompue par un juron, alors que le feu est clairement trop fort, alors il s’empresse de le baisser et reprend une fois que la catastrophe est évitée. Lorsque ses mains sont libres, il ne peut s’empêcher d’imiter tous les instruments, allant jusqu’à prendre sa cuillère pour un micro. Il oublie des paroles, en fredonne d’autres. « I’m just a pooooor boyyyyyyy. » Le café terminé, il se libère une place et commence à faire chauffer le bacon. Il parvient à s’occuper de tout sans encombre, fier de sa capacité à faire dans la multitâche. Deux assiettes sont sorties des placards à coups de « Mama mia, mama mia, mama mia let me goooo » et parce qu’il se laisse un peu emporter, le bacon a chaud aux fesses, mais il arrive à le sauver de justesse, attrape la poêle et fait volte-face pour la vider. « So you think you can love me and leave me to d-- » Et tombe sur Heath Ravka, sa chemise mal boutonnée, son pantalon à peine remonté jusqu’à ses hanches, qui fait une tronche semblable à celle qu’il a tirée la veille. En moins bourré.
Oups. Mylan a un peu de mal de ne pas s’empourprer d’embarras, parce qu’il voulait le réveiller certes, mais maintenant que c’est fait, ça s’avère beaucoup plus gênant que prévu. Il parvient néanmoins à se maîtriser et à prétendre conserver un calme olympien, alors qu’il verse le bacon dans les assiettes et se débarrasse de la poêle. « Bonj-- » Mais déjà, Heath a traversé la pièce et le serre contre lui.

Oh. Okay. Il s’attendait à ce qu’il lui demande ce qu’il fout là, à ce qu’il bafouille des âneries sur son état de la veille, bref, à n’importe quoi sauf ça. Mais il peut faire avec ça. A vrai dire, ça lui va plutôt bien. Alors Mylan profite de l’étreinte, parce que why not, il la mérite et il compte bien le faire comprendre à cet imbécile. Néanmoins, il finit par le repousser fermement, d’abord pour baisser le feu sous les œufs brouillés d’un geste de la main, ensuite pour lancer un regard dur au cuistot. « J’suis toujours en colère, » déclare-t-il d’un air sévère. « Et t’es toujours un idiot. » Sa langue claque contre son palais, alors qu’il lance un regard critique à la tenue de Ravka. « On est dimanche. » Mais ses doigts vont défaire les boutons de sa chemise un à un, avant de les remettre en s’assurant qu’ils sont dans le bon trou cette fois-ci. Il ne se gêne pas non plus pour remonter correctement son pantalon sur ses hanches avant de lui faire signe de déguerpir. « Va t’asseoir, petit déjeuner d’abord. » Le café est servi, les toasts déposés sur la table, les œufs brouillés versés dans les assiettes, et il pousse celle de Ravka vers lui.
Il ne l’attend pas pour s’asseoir à son tour et se jeter sur son repas, aller promener Gansey et Gold lui a creusé l’appétit et en avoir été privé tout ce temps l’a rendu accro au concept du petit dej. Il n’accorde pas un regard à Heath parce qu’il est hors de question de lui montrer autre chose que de la colère et de la vexation pour l’instant. Lorsqu’il a terminé de manger, il se sert une deuxième tasse de café et s’appuie confortablement contre le dossier de sa chaise, avant d’enfin lever les yeux vers Ravka. « Okay, je suis prêt à t’entendre me dire à quel point tu es désolé et combien je suis exceptionnel, » lance-t-il d’une voix traînante. Sassy, lui ? Juste un peu, mais Heath le mérite.

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WIZARD • always the first casuality
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‹ inscription : 01/12/2016
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‹ liens utiles : draco malfoy w/ lucky blue smith ; ginevra weasley w/ holland roden ; alicia spinnet w/ zoe kravitz ; calixe Davis w/ jennie kim ; ardal ollivander w/ matthew daddario ; indiana alderton w/ nicola peltz ; heath ravka w/ im jaebum ; even li w/ jeon jungkook.

‹ âge : 27
‹ occupation : chef cuisinier.
‹ maison : Poufsouffle
‹ scolarité : 88 et 95.
‹ baguette : est taillée dans 29,7cm de bois de charme et renferme un cœur de licorne.
‹ gallions (ʛ) : 771
‹ réputation : j'ai quitté l'Angleterre après avoir décroché mes ASPICs pour ne rentrer de France qu'en 98, après avoir récupéré mon statut de Sorcier Britannique, temporairement perdu à cause du décret concernant les séjours de longue durée à l'étranger. Une blessure au genou m'a épargné de participer à la guerre. J'ai travaillé à l'Elysea (gastronomie française) à mon retour, mais les difficultés économiques des sorciers au terme de la guerre et les procès contre l'ancienne clientèle (mangemorts et élite) mettent le restaurant en faillite et en provoqueront probablement la fermeture.
‹ particularité : géokinésiste, du fait de mes racines nivkhes (indigènes de russie ayant longtemps subi l'occupation japonaise). Mais j'ai perdu mon père à 14 ans et mon apprentissage est resté incomplet — relativement instinctif et peu utilisé.
‹ faits : ma mère, française naturalisée britannique, est une ancienne Oubliator, hospitalisée à Janus Thickey à cause de de graves séquelles dues à son métier. • mon frère cadet, Aspen, a été adopté juste avant mon départ, mais a été officiellement déclaré né-moldu selon le statut de sang de ses parents adoptifs. La famille a été décimée durant la guerre et il s'est retrouvé à la rue. Je tente de renouer le contact avec lui, en dépit des griefs qui nous séparent depuis que je suis parti en le laissant derrière. • uc. • • • • •
‹ résidence : dans un immeuble récent du Chemin de Traverse.
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Mylan + strangeness & charmLife is chances that are taken, but nothing's ever broken. They're just pieces on the ground, new hands need to build them.

30DECEMBRE 03. Slow down. Il s'y astreint silencieusement et, acceptant sans protester le geste de Mylan, se détache d'un pas en rompant l'étreinte. C'est dingue, comme toute cette situation le laisse perplexe — tout est ponctué de la maladresse et des incertitudes typiques des premières fois, à croire qu'aucune expérience passée ne compte à présent qu'il est confronté à quelqu'un qui lui plait vraiment. Il y a la crainte de tout gâcher, celle de trop s'attacher aussi, de se mettre à nu. De le regretter. Pour l'heure, c'est la première qui prime, et il n'est pas celui qui scande à juste titre you think you can love me and leave me- à ass o'clock (bon, certes, la journée est bien entamée en réalité, mais n'importe quelle heure lui semblerait indue après la nuit qu'il s'est infligée) ; en d'autres termes, il est celui qui a merdé et qui doit donc ravaler ses inquiétudes pour s'excuser de son... attitude. J’suis toujours en colère. Et t’es toujours un idiot. Heath se mord la lippe d'un air piteux. Il se sent encore un peu dégueu de la veille, deale lowkey avec l'affolement dû à l'idée de s'être ridiculisé ou d'avoir dit quelque chose de compromettant, refoule aussi une semi-panique à cause de l'heure mais ne peut se résoudre à partir maintenant... si ? Non. ... Si. Je- il entame, surpris de trouver sa voix un peu rauque d'avoir (misère !) à tue-tête au pub. Aujourd'hui n'est pas vraiment un bon jour, je suis affreusement en retard je crois et- On est dimanche. Heath s'interrompt, sourcils froncés, tentant d'assimiler l'information tandis que Mylan l'avise d'un œil critique et arrange sa tenue en vrac. Dimanche, vraiment ? Va t’asseoir, petit déjeuner d’abord. La vague de soulagement lui dénoue les épaules et la tension qui quitte son corps lui laisse les jambes en coton. Il se laisse volontiers tomber sur le tabouret le plus proche, passe une main sur son visage froissé en lâchant un soupire lourd. Merlin merci, il marmonne dans sa paume. Café, toasts et œufs trouvent leur place sur la table et l'image est si- domestique, si typique d'un ménage qu'il sent gronder en lui les émotions ambivalentes qui l'ont poussé à prendre ses distances durant les derniers jours. Attendri — apeuré ; partagé entre la volonté de voir se répéter l'instant et celle de fuir à toutes jambes à l'idée de... de s'engager à ça. A partager son intimité avec un autre, à céder une part de lui, à accepter une part de Mylan. Pour un bout de temps. Voire longtemps. Ravka déglutit, ne sachant pas trop si c'est l'odeur de nourriture qui bouleverse un peu son estomac capricieux ou ses pensées s'en chargent seules. Merci, il glisse cependant, sincèrement reconnaissant pour l'attention et pour la compagnie. En face de lui, Mylan attaque son assiettée avec entrain, sans pour autant se départir de son air dur. Heath suit le mouvement à un rythme bien plus lent, hésitant le temps de s'assurer que ce qu'il ingurgite ne repartira pas dans la foulée, puis avec plus d'enthousiasme à mesure que le petit-déjeuner inattendu le cale sans éveiller de protestations de son organisme. Okay, je suis prêt à t’entendre me dire à quel point tu es désolé et combien je suis exceptionnel. Ravka se passe une main frustrée dans les cheveux, la loge derrière sa nuque en un tic nerveux. C'est l'instant auquel il n'avait pas vraiment hâte d'arriver. Voire même, vraiment pas hâte. Sa fourchette repousse les dernières bouchées d’œuf contre les rebords de l'assiette, puis il la dépose sans bruit sur la table, cherchant quoi dire. Ses yeux se posent partout — sur les ustensiles, la cafetière, le plafond, tout ce qui n'est pas Mylan à vrai dire. Ok. Hm. Comment dire. Prononcer des discours encourageants à l'attention de sa brigade, assurément. Souffler des envolées idéologiques, aussi. Mais ça ? S'expliquer, sous le regard implacable de Rhee Mylan, avec l'impression de jouer leur relation peuimportecequ'elleest ? C'est l'un des exercices les plus difficiles qu'il lui ait été donné d'exécuter. Heath est à moitié sûr que s'il le connaissait mieux, il ne prendrait même pas la peine de rester. Je ne suis pas- je n'ai pas... il bafouille, gigote sur son siège, soupire encore, d'exaspération. Change d'angle. J'ai le cœur paresseux. Ses lèvres dessinnent un semblant de sourire, qui retombe comme un soufflet. Je ne sais pas vraiment me battre pour garder quelqu'un. Ses mains retrouvent la table, à défaut de savoir où se planquer ; son pouce bat silencieusement la cadence contre le bois. Ce n'est pas très... glorieux et je comprendrais que tu me trouves- (minable) que tu me juges. Mais ça fait dix ans que je ne vis que pour moi-même et l'idée de m'investir... son front se plisse, gravé d'indécision. Il continue un ton plus bas, confidence réticente, après s'être versé une autre tasse de café, simplement pour enrouler ses mains autour de la tasse et puiser du courage dans la chaleur qui s'en dégage. J'essaye de devenir meilleur. J'essaye... de rendre visite à ma mère à l'hôpital, de retrouver mon frère. J'essaye d'aller sur la tombe de mon père. Régulièrement. J'essaye de corriger mes torts envers mes proches, de me convaincre d'approcher les amis que j'ai abandonnés il y a quelques années. Tout ça- je m'y étais préparé. Mais je ne m'attendais pas à ce que quelqu'un d'autre fasse irruption dans ma vie. Sa main se crispe sur le rebord, puis se pose à plat, immobilité forcée, tandis qu'il ravale ses réticences, s'oblige à s'expliquer. Je côtoie du monde, mais je n'en suis pas proche. Ma motivation ne dure pas s'il y a trop d'exigences. S'il faut une certaine... régularité. Les échanges épistolaires par exemple ; sa bête noire. Et tout à vrai dire. Tout. Les sorties, qu'il enchaîne quelques jours, se sentant vivant, se sentant normal, avant que brusquement son esprit ne dise stop, l'obligeant à se recroqueviller lui-même pour souffler. Mais j'ai des coups de coeur affectifs, parfois. C'est assez rare. Je deviens avide, au point de ne plus vouloir- pouvoir me passer de l'autre. Il me faut apprendre toujours plus, en profiter pleinement, parce que ça ne dure jamais longtemps. Au bout d'un moment le brasier finit toujours par s'éteindre. Il hausse les épaules, incertain, taraudé par l'impression de consommer les gens comme d'autres se repaissent des modes, avant de les mettre de côté pour se consacrer à autre chose. La culpabilité éclot au creux de sa poitrine, comme à chaque fois, mais il sait qu'il ne peut pas vraiment changer. Je me lasse, je ne supporte plus la présence de l'autre — plus du tout. Et plus je tente de me forcer, plus ça devient... insoutenable. Etouffant. La dernière, l'une des rares d'ailleurs, à qui il en a parlé était Isobel. Elle a affirmé qu'elle comprenait, que ça lui arrivait parfois (juste histoire de le dire), en dessinant sur le dos de sa main des arabesques se voulant rassurants. Son discours a diamétralement changé lorsqu'il s'est lassé d'être en sa présence. Et quelque part, Heath craint que Mylan ne doute de lui. Qu'il pense — à raison — qu'il pourrait se réveiller un matin et s'apercevoir qu'être à ses côtés lui pèse. Que l'écouter parler, le voir évoluer, tout, tout l'agace, brusquement. Flammes mortes, tapis de cendres. Quelque part, Heath craint que ça ne finisse pas arriver, même s'il a l'impression, vraiment, que ça pourrait durer. Durer longtemps. C'est quelque chose que je ne peux pas me permettre de te cacher, pas alors que j'espère te garder dans ma vie. C'est sans doute contreproductif, pourtant. Rebutant. Mais Heath préfère jouer cartes sur table, le laisser choisir en connaissance de cause. C'est plus rare encore — que quelqu'un m'attire. Je m'étais résigné à ne pas être fait pour m'engager. Puis... on s'est trouvés, et tu m'as captivé comme personne d'autre auparavant. Et s'il s'est jusque-là adressé au café à présent tiède, ses prunelles affrontent enfin celles de Mylan, sans plus tenter de masquer ce qu'elle recèlent — la vulnérabilité qu'il exècre. Et de l'espoir aussi, sûrement. Il s'humecte les lèvres, iris courant sur les traits de Mylan avec une affection visible, commissures étirées en un sourire de gosse charmé. J'étais insatiable. Je le suis toujours. ça aurait dû cesser, tu vois, comme à chaque fois, ou au moins s'atténuer lorsqu'on a commencé à passer plus de temps ensemble. Pourtant plus j'en découvre, plus je souhaite que ça dure, et je ne sais pas comment gérer ça. Son regard retourne se noyer dans le liquide sombre, la gêne succédant à la déclaration. Heath tousse dans son poing clos pour dissiper le malaise. Secoue la tête, dépité. Désolé, je suis très... tout ou rien, je sais que c'est beaucoup, sans doute trop, trop tôt. C'est ce qui m'inquiète. Je suis hors de ma zone de confort, largement, mais j'ai envie- j'ai vraiment envie d'essayer. J'ai vraiment envie que ça marche ? Le mal de tête ténu qui gronde à l'arrière de son crâne le raccroche à la réalité, aux dernières heures écoulées, à la distance qu'il a creusée entre eux deux. Et s'il n'est pas certain d'une chose, c'est que cette confession improvisée fasse le poids, contrebalance la peine qu'il a déjà causée et l'inconnue de cette équation : le risque qu'ils essayent, seulement pour voir la nature intrinsèque de Heath finir par faire s'écrouler ce qu'ils auront construit, tel un château de carte.
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(OCT-NOV. 2003) MYTH † strangeness & charm.

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