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sujet; (OCT-NOV. 2003) MYTH † strangeness & charm.

WIZARD • always the first casuality
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‹ inscription : 29/11/2016
‹ messages : 342
‹ crédits : moony.
‹ dialogues : lightsteelblue (design foncé), steelblue (design clair).


‹ âge : 24 ans
‹ occupation : criminel en période de probation | apprenti Mage Social.
‹ maison : gryffondor
‹ scolarité : 1991 - 1994.
‹ baguette : a été brisée à son emprisonnement à Azkaban. A sa libération, on lui a refilé une merde complètement bridée, de 25cm, taillée dans du noyer et contenant un crin de licorne.
‹ gallions (ʛ) : 798
‹ réputation : on dit que c'est un délinquant, une petite frappe qui essaye de retrouver une vie normale, décente. Les anciens SM et les autres gangs du Londres Sorcier disent que c'est un traître, un vendu.
‹ particularité : c'est un maître du feu, le seul de sa famille puisqu'ils appartiennent tous à la tribu de l'eau.
‹ faits : il était le n°2 des shadow moses, qu'il a créés aux côtés de mood - mais ce dernier l'a trahi et il a passé un an et demi à azkaban - à son retour, mylan a décidé de quitter le gang - il a fait tout un tas de trucs nuls et c'était pour survivre, mais ça pèse lourd sur sa conscience - il ne supporte plus d'être enfermé - il est extrêmement tactile mais surtout, il a besoin qu'on le touche, qu'on lui rappelle qu'il est vivant - il ne ressent pas la douleur et ça le rend dangereux, mais c'est extrêmement pénible à vivre - il mange sans arrêt, adore cuisiner - il aime les chiens, déteste les chats - il ne supporte pas d'avoir froid - c'est un nabot, mais faut surtout pas lui dire, il déteste qu'on lui rappelle sa petite taille - il sait parler coréen, mais c'est un peu rouillé - il a deux petits frères qui sont sa seule famille, puisque ses parents et son aîné l'ont renié - il veut sortir les mômes de la rue, les aider avant qu'ils se retrouvent avec un casier judiciaire long comme le sien.
‹ résidence : techniquement, dans un appart' miteux au Chemin de Traverse, en réalité, chez Heath Ravka.
‹ patronus : il n'a jamais appris à en faire un.
‹ épouvantard : lui, dans sa cellule vide et glacée à Azkaban, privé de tous ses sens.
‹ risèd : lui, entouré de ses proches.
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heath ravka
Hydrogen in our veins, it cannot hold itself, our blood is boiling and the pressure in our bodies that echoes up above it is exploding. And our particles that burn it all because they aim for each other and although we stick together it seems that we are stranging one another.
20 octobre 2003. « Pour quoi est-ce que tu me prends ? » Le ton est amer et Mylan hausse les épaules. Pas la peine de se vexer, il ne sous-entend pas qu’il est idiot par-là, juste beaucoup plus honnête que lui. Ce n’est pas une mauvaise chose. « Qui es-tu ? » Le murmure le prend un peu de court. Il suppose que Rhee Mylan, le type qui s’occupe de livrer ton restaurant, n’est plus suffisant, pas vrai ? Sauf que les autres réponses, il n’est pas certain de pouvoir, ni même de vouloir les donner. S’il en croit ses parents, il n’est plus un Rhee, puisque non seulement ils l’ont rayé de leur vie et remplacé par son cousin, mais ils l’ont également définitivement renié et exclu de leur testament. Pas qu’il se préoccupe de ce dernier, c’est plutôt ce que ça implique qui fait mal. Il est certain que Siwon y a trouvé sa place, lui. Continuer à se présenter comme Rhee Mylan c’est tout ce qui lui reste. Qui il est, hein ? Depuis qu’il a quitté les Shadow Moses, il n’est plus vraiment Chains non plus. Il a à la fois tiré un trait sur le meilleur ami de Seán et le Numéro Deux du gang. Si le premier lui manque, le second, il est content de s’en être débarrassé. Enfin, peut-être pas aussi efficacement qu’il l’aurait souhaité, puisqu’ils sont encore nombreux à ne pas avoir compris qu’il n’était plus ce gars-là.
Terrifier les autres et régner sur la rue ne l’intéresse plus. Ça lui a permis de survivre et il est autant responsable de la création des Shadow Moses que Mood, il ne peut pas le nier. Le problème, c’est que Seán a fini par y prendre plus goût que lui. Le premier homme qu’il a tué, c’était un accident, c’était pour protéger son meilleur ami et s’il devait changer quelque chose, il ne partirait pas à la poursuite de ces types et laisserait les autorités se charger d’eux, mais jamais il ne prendrait la décision de ne pas tuer ce type pour sauver Mood. Si Mylan regrette tout ce qui est arrivé après, il ne peut pas regretter d’avoir protégé son meilleur ami. En revanche, il y a bien d’autres morts qu’il aurait pu éviter. Bien des personnes qu’il choisirait d’épargner à présent. S’il avait su ce que Seán deviendrait, il lui aurait dit de rentrer chez lui. Qui il est ? Un idiot égoïste, un lâche qui n’a pas eu le courage d’épargner son seul ami pour ne pas se retrouver tout seul. Un bouffon qui a fait trop d’erreurs par le passé et qui tente un peu misérablement de changer la donne aujourd’hui.

Il a du mal de croiser le regard de Ravka, quand il hausse à nouveau les épaules. « Juste Mylan, » est sa réponse, dans un souffle à peine audible. C’est simple et pourtant, ça implique trop de choses dont il n’est pas prêt à parler. Avisant les bras croisés de Heath et son visage fermé, le jeune homme décide que la conversation est terminée et c’est probablement mieux comme ça. Si le Chef de l’Elysea n’a rien d’autre à lui demander, ça l’arrange, parce qu’il n’a rien à dire. Alors Mylan esquisse un très mince sourire et amorce un geste pour faire volte-face et rentrer chez lui.
Quand la main de Heath réduit la distance qui les sépare et l’immobilise en se refermant sur son coude. « Tu me dois une explication. » Ugh. Oui, certes. Il comprend qu’il veuille savoir ce qu’il a réellement fait de son argent, mais comment peut-il lui raconter sans avoir à tout lui dire ? D’autant plus qu’il n’a vraiment aucune envie de faire ça en pleine rue. Ravka le relâche mais d’un mouvement de tête, lui fait signe de le suivre.

Mylan reste planté là quelques secondes. Qu’est-ce qui l’empêche de lui dire qu’il n’a rien à expliquer et de juste rentrer chez lui ? Peut-être parce qu’au fond, il craint toujours qu’il aille parler de son chantage à quelqu’un. Peut-être parce qu’il en doit une à Heath et il n’aime pas avoir des dettes. Ou peut-être encore parce qu’au fond de lui, il aimerait bien le voir sourire une dernière fois, au moins. Alors il soupire mais il lui emboîte le pas. Les mains enfoncées dans les poches de son jean pour les préserver du froid, les épaules remontées, il le suit sans un mot, les lèvres pincées. Il n’a aucune idée d’où Heath l’emmène, mais il marche à ses côtés sagement. Quand ils arrivent devant un immeuble, Mylan a un moment d’arrêt et cligne un peu bêtement les yeux. Il l’emmène… chez lui ?
C’est stupide, comme réaliser ça réveille en lui une terrible curiosité et une certaine excitation. Il se demande bien à quoi peut ressembler l’appartement d’Heath Ravka. Est-ce qu’il est aussi impeccablement nettoyé et rangé que sa cuisine ou est-ce qu’au contraire, c’est un véritable carnage parce qu’il passe plus de temps à l’Elysea que chez lui ? Est-ce qu’il est du genre à décorer son petit chez lui avec attention et minutie, ou est-ce qu’il n’en a rien à faire ? La porte s’ouvre et le cuisinier s’écarte pour le laisser entrer, ce que Mylan fait avec une timidité qui ne lui ressemble pas tellement. Il reste planté dans l’entrée, n’osant pas aller plus loin sans l’autorisation de Ravka, appréciant tout de même d’être enfin au chaud. Ses mains quittent ses poches et il les frotte l’une contre l’autre en observant la petite entrée sans trop savoir quoi en penser. C’est une entrée, quoi. « Alors ? Bad boy, nice guy, schizo ? » La question a le mérite de lui tirer un rire un peu rauque, presque nerveux, alors qu’il reporte son attention sur Heath, qui semble vouloir se donner une allure détendue alors que Mylan sait qu’il ne l’est pas.

Il pouvait presque le voir irradier de nervosité et de tension sur tout le chemin. Mais c’est étrangement charmant, cette espèce de courage qu’il déploie par curiosité. «  Il est quoi pour toi, le gamin de tout à l'heure ? » A ça, il grimace un peu et ouvre la bouche pour répondre Personne, parce que techniquement, c’est vrai, quand un aboiement l’interrompt, le faisant sursauter tant il ne s’attendait pas à entendre un tel son. La seconde d’après, ce sont des bruits de pas précipités et d’autres jappements joyeux qui retentissent et enfin, deux petites boules de poils apparaissent dans l’entrée en remuant la queue si vigoureusement que ça en devient hypnotisant. Les yeux ronds, Mylan regarde les deux chiots se jeter sur les jambes de leur maître pour l’accueillir comme il se doit.
L’un des deux – le blanc – s’intéresse alors à l’intrus qu’il représente et commence à venir renifler ses chaussures, avant de lui faire subir le même traitement qu’à Heath. L’autre s’y met aussi et c’est fini, Mylan se met à glousser, s’accroupit pour fourrer ses doigts dans leur fourrure avec un air de bienheureux. « Ah nan regarde-les ! » s’exclame-t-il, littéralement ravi. « Ils sont trop BEAUX ! » Il relève la tête vers Heath pour lui adresser un grand sourire mais en voyant son visage, se rappelle brusquement qu’il n’est pas ici pour rencontrer les adorables chiots du cuistot mais pour lui donner une explication.

C’est brusquement très gêné qu’il se relève d’un bond et passe une main dans sa nuque en bafouillant un « Pardon. » Probablement mécontents qu’il les délaisse, les deux chiots se mettent à aboyer en lui tournant autour et Mylan fait de son mieux pour les ignorer. « C’est euh, c’est compliqué ? » tente-t-il maladroitement avant de se mordre la lèvre inférieure. Il soupire puis décide de se lancer. « Ses parents étaient des nés-moldus, ils ont été tués y a deux ans alors il s’est retrouvé à la rue. » Ses sourcils se froncent. « Pour faire court, disons qu’il s’est mis dans un sérieux pétrin et que j’avais besoin de l’argent pour lui permettre de quitter Londres. » Il se dandine d’un pied sur l’autre et esquisse un petit sourire. « J’suis désolé d’t’avoir fait chanter comme ça, c’était— c’était nul, mais j’ai pas un rond et j’voulais vraiment qu’il s’en sorte alors-- » Il se tait soudainement, pose ses mains à plat sur ses cuisses et se penche en avant.

La dernière fois qu’il a fait ce geste, son père l’a traîné dehors avant de lui claquer la porte au nez.

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WIZARD • always the first casuality
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‹ inscription : 01/12/2016
‹ messages : 353
‹ crédits : heresy.
‹ dialogues : teal.
‹ liens utiles : draco malfoy w/ lucky blue smith ; ginevra weasley w/ holland roden ; alicia spinnet w/ zoe kravitz ; calixe Davis w/ jennie kim ; ardal ollivander w/ matthew daddario ; indiana alderton w/ nicola peltz ; heath ravka w/ im jaebum ; even li w/ jeon jungkook.

‹ âge : 27
‹ occupation : chef cuisinier.
‹ maison : Poufsouffle
‹ scolarité : 88 et 95.
‹ baguette : est taillée dans 29,7cm de bois de charme et renferme un cœur de licorne.
‹ gallions (ʛ) : 773
‹ réputation : j'ai quitté l'Angleterre après avoir décroché mes ASPICs pour ne rentrer de France qu'en 98, après avoir récupéré mon statut de Sorcier Britannique, temporairement perdu à cause du décret concernant les séjours de longue durée à l'étranger. Une blessure au genou m'a épargné de participer à la guerre. J'ai travaillé à l'Elysea (gastronomie française) à mon retour, mais les difficultés économiques des sorciers au terme de la guerre et les procès contre l'ancienne clientèle (mangemorts et élite) mettent le restaurant en faillite et en provoqueront probablement la fermeture.
‹ particularité : géokinésiste, du fait de mes racines nivkhes (indigènes de russie ayant longtemps subi l'occupation japonaise). Mais j'ai perdu mon père à 14 ans et mon apprentissage est resté incomplet — relativement instinctif et peu utilisé.
‹ faits : ma mère, française naturalisée britannique, est une ancienne Oubliator, hospitalisée à Janus Thickey à cause de de graves séquelles dues à son métier. • mon frère cadet, Aspen, a été adopté juste avant mon départ, mais a été officiellement déclaré né-moldu selon le statut de sang de ses parents adoptifs. La famille a été décimée durant la guerre et il s'est retrouvé à la rue. Je tente de renouer le contact avec lui, en dépit des griefs qui nous séparent depuis que je suis parti en le laissant derrière. • uc. • • • • •
‹ résidence : dans un immeuble récent du Chemin de Traverse.
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Mylan + strangeness & charmLife is chances that are taken, but nothing's ever broken. They're just pieces on the ground, new hands need to build them.

Il n'est pas question qu'il... s'attendrisse. Vraiment pas.

Heath lui-même n'a jamais été un inconditionnel de la race canine — à vrai dire, il a plutôt un faible pour les félins, avec leur quelque chose d'égoïste et d'indépendant et cette attitude qui caractérise nombre d'entre eux, l'impression qu'ils donnent de considérer l'attention de leur maître comme un dû et de la réclamer quand bon leur semble, un peu égoïstement. Gansey Premier du Nom était surtout le compagnon et camarade de jeu d'Aspen, tandis que le rôle du grand-frère était de gérer les corvées qui en découlaient ou de responsabiliser le plus jeune en les lui rappelant. Avec le temps Aspen avait appris à tout couvrir, des moments d'affections partagés avec son chien aux tâches moins plaisantes, et Heath ne s'était plus contenté que de tapoter en riant la tête de l'animal d'une main absente lorsqu'il lui tournait brièvement autour.

Gold et Gansey II, c'est autre chose. Parce qu'il pense qu'ils lui viennent d'Aspen et que le manque de lui est cuisant comme jamais, comme un adieu plutôt qu'un simple au revoir, comme une artère vitale proprement sectionnée laissant son organisme haletant, privé d'oxygène. Gold et Gansey II sont comme un lien ultime et une part de lui espère qu'Aspen repassera, pour les voir, et qu'il saura saisir cette chance de le retenir — de le convaincre de rester. Gold et Gansey II sont les sources de chaleur qui nourrissent ses espoirs, se sont logés en un tant record dans une partie de son cœur que fanait le poids de ses erreurs, et l'attachement qui se tisse entre eux trois est précieux en ce sens.

C'est certainement la raison pour laquelle il est un peu pris de court, de voir Mylan fondre pour ses deux boules de poil. Parce que ça sonne sincère, vrai, et que les aimer revient à aimer une part de Heath ; mais presque aussitôt se remémorer à qui il a à faire lui fait l'effet d'une douche froide. Le temps que le visiteur relève les yeux vers lui, ses lèvres se sont incurvées vers le bas, mimique dure rappelant qu'ils n'en sont pas à sympathiser — qu'ils ont un sujet déplaisant à aborder, des comptes à régler. C’est euh, c’est compliqué ? J'ai tout mon temps, il réplique, se demande ensuite brusquement si la question est trop indélicate, trop intrusive, mais envoie ses habituels doutes aux mandragores : Mylan en a fait son problème lorsqu'il l'a impliqué dans ses histoires, le moins qu'il puisse faire est de lui répondre. Ses parents étaient des nés-moldus, ils ont été tués y a deux ans alors il s’est retrouvé à la rue. Et c'est un coup au cœur. Une histoire familière, le drame de bien des enfants amputés par la guerre, le destin de son propre frère. Heath en a presque du mal à respirer, mains crispées, gorge nouée, et lorsque Mylan s'excuse Heath secoue inconsciemment la tête, même si l'autre ne peut pas le voir, courbé comme il l'est. ça va- ce n'est pas grave, il tente de rassurer, hésitant, sans trop savoir pourquoi à cet instant Rhee a cette posture brisée, alors qu'il vient d'accomplir une bonne action. C'était pour une bonne cause, il ajoute, songeant avec un peu d'amertume qu'il en soutient, de bonnes causes, financièrement et parfois en distribuant de la nourriture, mais jamais comme ça. Jamais comme l'a fait Mylan, en courant des risques par altruisme, en franchissant les limites de la loi pour sauver une vie. Heath a toujours marché dans les clous, déplorant l'injustice et la misère humaine sans donner beaucoup de lui-même pour lutter contre elle. Je ne peux pas prétendre avoir admiré la méthode et j'espère juste- tu sais, que tu puisses trouver d'autres moyens si une situation de ce genre se présente à nouveau, mais- Il trébuche un peu sur ses mots, hésite, se frotte nerveusement la nuque et ajoute c'est moi qui suis désolé de t'avoir mal jugé. Sa main libre trouve l'épaule affaissée de Rhee, tentative de reconstruire un pont entre eux à présent que la tension de ces derniers jours trouve sens. Il ne peut pas dire qu'ils en reviennent au point de départ, qu'il ne nourrit pas une certaine angoisse à la pensée de son secret entre les mains de cet homme imprévisible, ou une certaine rancœur à l'idée d'avoir été utilisé. Quelque part, il voudrait lui reprocher de ne pas avoir simplement songé à demander, même si c'est plus compliqué que ça car après tout, outre le fait qu'ils se connaissent à peine, Heath serre les mains de sorciers versés dans la politicomagie, la justice magique — institutions ennemies de la cause qu'a défendue Mylan. Je n'en parlerai pas. Du chantage et de ce garçon, promet-il, parce que la vérité est toujours dangereuse à partager et qu'en la lui confiant, l'employé de Belcher s'est mis en position délicate, endossant une cape de traître. Le gouvernement ne plaisante pas avec les nés-moldus engeance maudite condamnée à la mort. Heath ferme douloureusement les paupières, laisse échapper Je peux juste espérer que- avant de se rétracter, ses lèvres articulant des mots silencieux, qu'il ravale ensuite. Lorsqu'il rouvre les yeux, ses prunelles sont hagardes, ses émotions en vrac. Il peut juste espérer qu'Aspen ait croisé quelqu'un comme ça, quelqu'un capable de se mettre en péril pour l'aider à échapper à la mort, quand lui-même s'est avéré insuffisant, parti trop loin. D'un coup, c'est lourd, trop lourd, la culpabilité, la honte. Que Mylan ait couru des risques pour un- un étranger ? Tandis que lui n'a pas su faire de même pour sa chair et son sang — ça accentue son impression d'être minable minable minable et l'angoisse menace de lui couper le souffle et la panique de briser sa carapace et de terrasser son assurance de façade pour mettre à nu tout ce qu'il est derrière, tout ce qu'il y a de laid et d'insupportablement vulnérable et de lâche derrière ses sourires. Pour ne pas perdre la face il se passe une main sur le visage, se détourne partiellement, s'éclaircit la voix. Tu as sûrement déjà déjeuné ? Il n'est pas certain que ce soit une bonne idée. Ce qui le motive est flou — l'impression que s'ils ne mettent pas tout à fait les choses à plat, il leur sera impossible de réellement s'entendre à nouveau, probablement même de se côtoyer. Mylan s'est expliqué mais lui non, et d'eux deux Heath reste celui qui porte encore l'étiquette d'imposteur. L'idée que Rhee garde cette image de lui est amère. Mais lever le voile sur le dernier élément du chantage... c'est se mettre à nu. Heath ne s'est confié à personne, à propos de son agueusie ; ce n'est pas aisé à envisager. Il en vient à penser pourtant, après ce dont il a été témoin, que Rhee Mylan pourrait comprendre. Se convainc surtout qu'il n'y a plus rien à perdre : s'il avait voulu le dénoncer, il l'aurait déjà fait, n'est-ce pas ? Je voudrais... te montrer quelque chose.

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- memories crumbling like dried leaves. -

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‹ maison : gryffondor
‹ scolarité : 1991 - 1994.
‹ baguette : a été brisée à son emprisonnement à Azkaban. A sa libération, on lui a refilé une merde complètement bridée, de 25cm, taillée dans du noyer et contenant un crin de licorne.
‹ gallions (ʛ) : 798
‹ réputation : on dit que c'est un délinquant, une petite frappe qui essaye de retrouver une vie normale, décente. Les anciens SM et les autres gangs du Londres Sorcier disent que c'est un traître, un vendu.
‹ particularité : c'est un maître du feu, le seul de sa famille puisqu'ils appartiennent tous à la tribu de l'eau.
‹ faits : il était le n°2 des shadow moses, qu'il a créés aux côtés de mood - mais ce dernier l'a trahi et il a passé un an et demi à azkaban - à son retour, mylan a décidé de quitter le gang - il a fait tout un tas de trucs nuls et c'était pour survivre, mais ça pèse lourd sur sa conscience - il ne supporte plus d'être enfermé - il est extrêmement tactile mais surtout, il a besoin qu'on le touche, qu'on lui rappelle qu'il est vivant - il ne ressent pas la douleur et ça le rend dangereux, mais c'est extrêmement pénible à vivre - il mange sans arrêt, adore cuisiner - il aime les chiens, déteste les chats - il ne supporte pas d'avoir froid - c'est un nabot, mais faut surtout pas lui dire, il déteste qu'on lui rappelle sa petite taille - il sait parler coréen, mais c'est un peu rouillé - il a deux petits frères qui sont sa seule famille, puisque ses parents et son aîné l'ont renié - il veut sortir les mômes de la rue, les aider avant qu'ils se retrouvent avec un casier judiciaire long comme le sien.
‹ résidence : techniquement, dans un appart' miteux au Chemin de Traverse, en réalité, chez Heath Ravka.
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heath ravka
Hydrogen in our veins, it cannot hold itself, our blood is boiling and the pressure in our bodies that echoes up above it is exploding. And our particles that burn it all because they aim for each other and although we stick together it seems that we are stranging one another.
20 octobre 2003. « Ça va- ce n'est pas grave. » Mylan, toujours courbé, écarquille un peu les yeux. Il l’a dépouillé de soixante-dix Gallions en le faisant chanter et ce n’est… pas grave ? Il a dû mal entendre, parce que soixante-dix Gallions, c’est pas loin de trois fois le loyer qu’il paye tous les mois pour sa piaule misérable en ayant à peine de quoi se payer à bouffer après. Et pour ça, il cumule pas loin de quatre boulots. Il se doute bien qu’Heath est loin d’avoir les mêmes problèmes d’argent que lui mais quand même, qui peut dire que ce n’est pas grave d’avoir été forcé de se séparer de soixante-dix Gallions ? « C'était pour une bonne cause, » ajoute Ravka et Mylan relève un peu la tête pour le dévisager. Ça le met dans une position un peu étrange, mais il n’arrive pas à se redresser plus, il est comme cloué sur place. « Je ne peux pas prétendre avoir admiré la méthode et j'espère juste- tu sais, que tu puisses trouver d'autres moyens si une situation de ce genre se présente à nouveau, mais-  c'est moi qui suis désolé de t'avoir mal jugé. » Mal jugé ? Il ignore ce que Heath a réellement pensé de lui, à part raclure, mais il ne peut pas s’excuser d’avoir pensé ça, c’est complètement dingue, pas avec ce que Mylan lui a fait. La main de Ravka se pose sur son épaule et le jeune homme se redresse enfin, les yeux braqués sur lui. « How are you real ? » murmure-t-il dans un souffle. « J’t’ai donné aucune raison de… bien me juger, alors t’excuse pas, » réplique-t-il aussitôt, peut-être un peu plus sèchement qu’il ne l’aurait voulu. Il a la gorge nouée et le cœur qui bat un peu trop vite et les tripes qui font des nœuds.
Comment un type qu’il connaît à peine peut-il lui pardonner de l’avoir arnaqué de la pire des façons là où sa propre famille a choisi de l’effacer ? Ce qu’il a fait à Heath et ce qu’il a fait ce soir-là sont deux choses très différentes, ce n’est pas le même crime et il le sait, ça ne demande pas le même pardon, mais… comment peut-il dire que ce n’est « pas grave » aussi facilement ? Ça fait mal, en fait. Ça devrait probablement le soulager mais ça lui fait l’effet opposé, au final. « Je n'en parlerai pas. Du chantage et de ce garçon. » Il ne sait pas si la promesse fait disparaître ses craintes ou si elle en créé de nouvelles, complètement irrationnelles peut-être, mais que Mylan ne peut s’empêcher d’éprouver.

Pourquoi il fait ça ? Ce n’est pas qu’il a complètement effacé l’idée que les gens puissent être tout simplement bons, mais disons que ça fait un paquet d’années qu’il n’a plus été l’objet de la gentillesse et même de la clémence de quelqu’un. « Merci, » croasse-t-il péniblement parce que Heath lui épargne très probablement une exécution en décidant de garder le silence. Ou pire qu’une exécution, un retour à Azkaban. « Je peux juste espérer que- » Quoi ? Mylan penche la tête sur le côté, mais Heath ne semble pas décider à finir sa phrase. Qu’il ne recommencera pas ? Ça c’est certain, il n’a aucune envie de repasser une semaine comme celle-ci, à se demander chaque jour si et quand Ravka va se décider à le dénoncer à la BPM. A s’attendre à tout moment à se faire embarquer et jeter dans cette cellule froide et sombre et trop silencieuse.
La main de l’homme a quitté son épaule et ça fait un vide étrange. Un frisson lui parcourt l’échine parce que le contact était agréable et lui manque un peu maintenant qu’il a disparu. Ravka refusait de ne serait-ce que poser son regard sur lui depuis une semaine et Mylan réalise à présent que ça lui a plus manqué qu’il n’a bien voulu l’admettre. Ugh, c’est pas le moment d’avoir un stupide crush sur un type qui a l’air complètement persuadé d’être hétéro ou qui est terrifié à l’idée de ne pas l’être, il ne sait pas exactement. Le taquiner et s’en amuser c’est une chose, il n’est pas censé se retrouver tout émoustillé parce que Ravka lui sourit ou lui touche l’épaule. Il a eu sa dose de mecs trop profondément coincés dans leur placard avec Mood, merci bien.

Heureusement, Heath commence à se détourner et Mylan se dit que c’est le moment de filer, d’arrêter de l’importuner et d’en profiter pour disparaître de la petite vie bien rangée de Ravka avant que le chaos qu’est la sienne ne s’y mêle un peu plus. « Tu as sûrement déjà déjeuné ? » La question le prend au dépourvu. « Euh, non ? » fait-il avec les sourcils froncés. Il n’a pas tellement eu le temps, entre son boulot de ce matin et cette histoire avec Timothy, il a un peu oublié de manger. C’est dire à quel point tout ça l’a perturbé. Enfin, faut dire qu’étant le vingt du mois et qu’il a nourri deux bouches au lieu d’une pendant huit jours, ses placards sont vides de toute façon. Il n’est pas certain qu’il lui reste assez d’argent ce mois-ci pour se payer de quoi manger chaque jour jusqu’à sa prochaine paye. « Je voudrais... te montrer quelque chose. » Mylan ne voit pas bien le rapport mais… il compte quand même pas le nourrir en plus de tout le reste ? A cette idée, le cœur du jeune homme manque un battement. Ravka n’est peut-être pas un vrai cuistot, mais de la bouffe reste de la bouffe et il pourrait manger n’importe quoi tant que ça ressemble pas à des pâtes avec des pâtes ou du riz avec du riz.
« Attends, j’te fais chanter pour de la thune comme les derniers des enfoirés, tu m’dis que c’est pas grave et tu—quoi, tu m’invites à bouffer ? » balbutie-t-il, le nez froncé face à tant de surréalisme. « Comment tu… » commence-t-il avant de remuer ses mains dans les airs en le désignant avec l’air de ne pas y croire. « Ugh, j’ai l’impression d’être le roi des fils de pute et je sais pas si j’ai envie de te détester ou d’t’embrasser pour ça, » ricane-t-il avec un certain malaise.

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‹ âge : 27
‹ occupation : chef cuisinier.
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‹ scolarité : 88 et 95.
‹ baguette : est taillée dans 29,7cm de bois de charme et renferme un cœur de licorne.
‹ gallions (ʛ) : 773
‹ réputation : j'ai quitté l'Angleterre après avoir décroché mes ASPICs pour ne rentrer de France qu'en 98, après avoir récupéré mon statut de Sorcier Britannique, temporairement perdu à cause du décret concernant les séjours de longue durée à l'étranger. Une blessure au genou m'a épargné de participer à la guerre. J'ai travaillé à l'Elysea (gastronomie française) à mon retour, mais les difficultés économiques des sorciers au terme de la guerre et les procès contre l'ancienne clientèle (mangemorts et élite) mettent le restaurant en faillite et en provoqueront probablement la fermeture.
‹ particularité : géokinésiste, du fait de mes racines nivkhes (indigènes de russie ayant longtemps subi l'occupation japonaise). Mais j'ai perdu mon père à 14 ans et mon apprentissage est resté incomplet — relativement instinctif et peu utilisé.
‹ faits : ma mère, française naturalisée britannique, est une ancienne Oubliator, hospitalisée à Janus Thickey à cause de de graves séquelles dues à son métier. • mon frère cadet, Aspen, a été adopté juste avant mon départ, mais a été officiellement déclaré né-moldu selon le statut de sang de ses parents adoptifs. La famille a été décimée durant la guerre et il s'est retrouvé à la rue. Je tente de renouer le contact avec lui, en dépit des griefs qui nous séparent depuis que je suis parti en le laissant derrière. • uc. • • • • •
‹ résidence : dans un immeuble récent du Chemin de Traverse.
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Mylan + strangeness & charmLife is chances that are taken, but nothing's ever broken. They're just pieces on the ground, new hands need to build them.

Il a l'air complètement choqué par sa réaction et Heath ne persiste pas à lui montrer ce qu'il voit de bon dans son geste ; il ne pense qu'à changer de sujet — celui-ci touche une plaie à vif et lui comprime la cage thoracique. Alors il se contente d'un vague haussement d'épaules avant de se jeter à l'eau, tentative de... quoi ? D'exister de nouveau aux yeux de cet étranger ? De prétendre être quelqu'un de décent plutôt que l'usurpateur pour lequel il passe ? De le retenir ? Il n'en sait trop rien, ne projette aucune introspection. A vrai dire il navigue dans un flou total avec lui, prend des décisions dans la foulée alors qu'il a toujours détesté ne pas suivre un plan. Attends, j’te fais chanter pour de la thune comme les derniers des enfoirés, tu m’dis que c’est pas grave et tu—quoi, tu m’invites à bouffer ? Ravka lui jette un coup d’œil perplexe par-dessus son épaule. Tu comptais retourner parcourir Londres en long en large et de travers sans rien sur l'estomac ? Il jette un coup d’œil à sa montre, se questionne sur l'emploi du temps de Rhee sans pour autant lancer un inquisitoire. A vrai dire il n'arrive pas vraiment à penser. Il est seulement terriblement nerveux à l'idée de dévoiler une part de lui — une faille. Ugh, j’ai l’impression d’être le roi des fils de pute et je sais pas si j’ai envie de te détester ou d’t’embrasser pour ça. Ce sont sûrement les nerfs qui joue, parce qu'il éclate de rire, vraiment — à gorge déployée, la tête qui bascule en arrière, puis qui secoue de droite à gauche l'air de dire "ne sois pas bête", avec un peu de gêne aussi. Attends un peu avant de te noyer dans ta culpabilité, j'ai besoin de toi vivant pour encore... une heure et demi environ, il réplique, amusé, puis : Enfin, si tu as le temps ? il demande, pour s'assurer de ne pas séquestrer Mylan alors qu'il est supposé être ailleurs.

Heath s'oblige à ne pas faire marche-arrière, le guide jusqu'à la cuisine — l'une des plus grandes pièces du logement. C'est la principale raison pour laquelle il s'est installé là : l'espace. Plan de travail assez conséquent, orientation idéale et mur à moitié fait de vitres offrant une luminosité appréciable, étagères aux murs et rangements en nombre, bien qu'il beaucoup plus de temps à l'Elysea Heath aime créer entre ses propres murs.

Il ne l'a pas fait depuis des semaines cependant.

Je n'ai pas cuisiné ici depuis une éternité, avoue-t-il. C'est un peu une exagération — quelque chose comme... trois semaines ? Mais le temps lui semble long sans son sens du goût, sans son aisance. Il n'a tout simplement plus le courage de cuisiner lorsqu'il se retrouve chez lui, se contente de faire au plus simple, au plus court, en évitant toutes préparations et potentielles sauces. A quoi bon, s'il n'y a personne à satisfaire ? C'est déjà bien suffisant de se narguer lui-même au travail en titillant son odorat jusqu'à en saliver, seulement pour s'apercevoir encore et encore que tout meurt en arrivant sur sa langue. Ce serait un gâchis d'ingrédients que de faire quoi que ce soit d'un peu élaboré pour lui-même. Il fait léviter une chaise de la salle à manger jusqu'au comptoir de la cuisine pour Rhee, passe de l'autre côté et hésite un instant avant de se lancer. Il sélectionne ses ingrédients tout en posant la question et peu à peu le comptoir se charge de Dirico, carottes, oignons, herbes, champignons, main de Buddha, piment d'Espelette et autres éléments nécessaires à l'assaisonnement, le tout placé à portée de main mais trié avec soin dans un grand bac dont il fait sa réserve afin de limiter les déplacements. Ses gestes sont maîtrisés, empreints de l'aisance que confère l'habitude, dextérité acquise par des années de technique et d'exigences élevées. Je pourrais préparer certains plats les yeux fermés, entame-t-il en s'attaquant à la volaille pour la dépouiller scrupuleusement de sa généreuse réserve de gras. C'est infect à la main, mais pas tant à la baguette, et la tâche est assez rapidement menée à terme, les ailes et les cuisses ensuite plongées dans une casserole d'eau qu'il pose dans l'âtre. J'étais adolescent quand je me suis intéressé à la cuisine. Par obligation d'abord, puis par passion. C'est devenu... une sorte de refuge, une façon d'oublier tout ce qui n'allait pas au-delà des fourneaux. Sa voix est mesurée et son regard rivé sur ses mains qui s'activent sans discontinuer, le regard de Mylan le brûle mais il refuse de le croiser. Les souvenirs le renvoient à une époque qu'il n'a pas évoquée depuis longtemps, à sa mère sur le déclin, aux placards de plus en plus vides- On n'avait pas grand-chose et je n'étais pas formé, ce n'était rien de grandiose, mais j'ai appris à être créatif. Il rit légèrement, en repensant à combien il se sentait comblé de pouvoir seulement voir s'éclairer le regard d'Aspen, à combien l'idée de lui servir constamment les mêmes plats lui insupportait, à son égo maintes fois ravalé pour demander ce qu'il leur manquait aux voisins. Pas toujours les mêmes, pour ne pas attirer l'attention ; parfois il se rendait même ailleurs, prétendait habiter "à l'étage du dessus" puis filait à l'anglaise. Quand j'en ai eu la possibilité j'ai tout plaqué pour me consacrer à la cuisine. Tout- tout le monde. Sacrifices égoïstes. Le couteau claque trop sèchement tandis qu'il taille en rectangles les suprêmes ébouillantés et assaisonnés de sauce soja, puis il se concentre sur les parures, sourcils froncés plus par énervement vis-à-vis de lui-même que par concentration. Il rumine. Perte de temps, dirait Isobel en levant les yeux au ciel, et Heath secoue sa voix aigre hors de ses pensées en s'attelant à ajouter crème liquide, blanc d'oeuf, sel et piment aux parures, mixe le tout et le roule en boudin, fixé d'un sort. Nouvelle casserole d'eau sur le feu, plus rapidement portée à ébullition magie aidant, et il poche le cylindre qu'est sa farce, cherchant ses mots. J'ai passé des années à repousser mes problèmes, à me convaincre que je pourrais tout résoudre une fois arrivé au bout de mes rêves. Formation d'excellence, exigeante au possible. Je n'avais juste- pas le temps de penser à quoi que ce soit d'autre. Il hausse les épaules. Pas l'énergie non plus. Trop épuisé pour écrire des lettres, trop pris pour envisager de faire un saut au Royaume-Unis pour voir son frère, sa mère. Certain qu'envoyer de l'argent à ses proches suffisait à faire de lui un bon fils, un bon frère, certain- vraiment certain de donner tout ce qu'il avait, d'en faire assez. La colère enfle, envers lui-même, envers son aveuglement, et il s'humecte les lèvres, hésite. Il était déjà trop tard, quand j'ai fini par m'apercevoir que mon pays était en guerre. Il suspend ses gestes, regard figé sur le bois du comptoir. Quand il reprend, son timbre est surtout las et il cesse de gratter la surface de la table du bout de l'ongle pour couper les champignon en morceaux, les faire sauter à l'huile d'olive, avec sel, poivre et noix de beurre, peu confiant sur les doses. Je me suis arrangé pour rentrer, mais ça a été difficile. J'ai dû- promettre certaines choses. M'engager à satisfaire le gouvernement, et aussi à remettre l'Elysea à flot. Il l'explique, pour que Mylan comprenne les poignées de mains et les sourires amicaux offerts à des enflures, pour qu'il ne croie pas qu'il trouve ça juste. J'étais un vrai chef. Sans orgueil déplacé, j'étais un très bon chef. Il s'arrête, ciselant à gestes vifs des feuilles de coriandre. Ses lèvres se serrent en une moue amère. Jusqu'à l'attentat de St Mungo's. A première vue tout allait bien et il m'a fallu quelques heures pour m'apercevoir que j'étais- amputé. Ce n'est pas libérateur, de parler. C'est horrible à vrai dire, ça rend tout trop réel. Agueusie, c'est le terme. Perte du sens du goût. Ses mains s'agitent au-dessus de deux assiettes creuses qu'il garnit simultanément, méthodiquement : trois rouelles de carottes farcies à la crème montée, cinq dés de volaille rôtie, trois boudins de farce fine de volaille au soja, trois lamelles de champignons français, chapeautés de champignons enoki et de vermicelles frits sur le dessus. Coulis de sauce soja, viennoise sur le bord de l'assiette. Du bout de son tablier il peaufine son travail, s'assure que pas une goutte de trop ne déborde, puis pousse les assiettes au milieu du comptoir et s'appuie sur ses coudes. C'est comme être constamment dans le noir. Je peux donner le change tant que je reste scrupuleusement dans ma zone de confort, mais tester de nouveaux produits va au-delà de mes capacités, d'autant plus si les étiquettes ne correspondent pas au contenu de la bouteille. Il force un sourire en coin, pâle, en croisant pour la première fois en une heure le regard de son compagnon de fortune. S'il me voyait, mon maître formateur m'accuserait d'être incapable de " faire la différence entre un plat gastronomique et des boulettes de fientes d'oiseau dorées au verni à balai", il aurait vraiment honte de moi et il aurait raison. Cette fois le rire bref qui lui échappe n'est pas forcé mais sincère, tissé de respect et d'affection, de nostalgie aussi. Mais Heath retrouve rapidement son sérieux, la mine grave. Tu ne peux rien dire, Mylan. A personne, jamais. Si ma crédibilité est remise en doute j'entrainerai le restaurant et les autres employés dans ma chute. ça ne peut pas arriver.

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WIZARD • always the first casuality
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‹ âge : 24 ans
‹ occupation : criminel en période de probation | apprenti Mage Social.
‹ maison : gryffondor
‹ scolarité : 1991 - 1994.
‹ baguette : a été brisée à son emprisonnement à Azkaban. A sa libération, on lui a refilé une merde complètement bridée, de 25cm, taillée dans du noyer et contenant un crin de licorne.
‹ gallions (ʛ) : 798
‹ réputation : on dit que c'est un délinquant, une petite frappe qui essaye de retrouver une vie normale, décente. Les anciens SM et les autres gangs du Londres Sorcier disent que c'est un traître, un vendu.
‹ particularité : c'est un maître du feu, le seul de sa famille puisqu'ils appartiennent tous à la tribu de l'eau.
‹ faits : il était le n°2 des shadow moses, qu'il a créés aux côtés de mood - mais ce dernier l'a trahi et il a passé un an et demi à azkaban - à son retour, mylan a décidé de quitter le gang - il a fait tout un tas de trucs nuls et c'était pour survivre, mais ça pèse lourd sur sa conscience - il ne supporte plus d'être enfermé - il est extrêmement tactile mais surtout, il a besoin qu'on le touche, qu'on lui rappelle qu'il est vivant - il ne ressent pas la douleur et ça le rend dangereux, mais c'est extrêmement pénible à vivre - il mange sans arrêt, adore cuisiner - il aime les chiens, déteste les chats - il ne supporte pas d'avoir froid - c'est un nabot, mais faut surtout pas lui dire, il déteste qu'on lui rappelle sa petite taille - il sait parler coréen, mais c'est un peu rouillé - il a deux petits frères qui sont sa seule famille, puisque ses parents et son aîné l'ont renié - il veut sortir les mômes de la rue, les aider avant qu'ils se retrouvent avec un casier judiciaire long comme le sien.
‹ résidence : techniquement, dans un appart' miteux au Chemin de Traverse, en réalité, chez Heath Ravka.
‹ patronus : il n'a jamais appris à en faire un.
‹ épouvantard : lui, dans sa cellule vide et glacée à Azkaban, privé de tous ses sens.
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heath ravka
Hydrogen in our veins, it cannot hold itself, our blood is boiling and the pressure in our bodies that echoes up above it is exploding. And our particles that burn it all because they aim for each other and although we stick together it seems that we are stranging one another.
20 octobre 2003. « Tu comptais retourner parcourir Londres en long en large et de travers sans rien sur l'estomac ? » Mylan affiche une grimace et se frotte la nuque avec un air gêné. Ce serait pas la première fois, après tout. Enfin ça, il préfère le garder pour lui, il n’est pas du genre à raconter à tout le monde à quel point il galère financièrement. Probablement une histoire de fierté mal placée. C’est assez difficile d’ignorer la chaleur qui s’empare de sa poitrine lorsque Heath se met à rire franchement et il n’arrive définitivement pas à s’empêcher d’afficher un petit sourire satisfait parce que c’est lui qui l’a fait rire. Tout ça devient parfaitement ridicule, Rhee Mylan, arrête tout de suite, ugh. « Attends un peu avant de te noyer dans ta culpabilité, j'ai besoin de toi vivant pour encore... une heure et demi environ. Enfin, si tu as le temps ? » Il penche un peu la tête sur le côté, curieux. Il hésite encore un peu, pour la forme plus qu’autre chose, mais finit par hocher la tête affirmativement. Il ne retravaille pas avant ce soir, c’est quasiment son seul après-midi de libre dans la semaine et il pourrait faire pire que le passer avec Heath, pas vrai ? Clairement, il n’a pas spécialement envie de rentrer pour aller compter les quelques noises qui lui restent, planquées dans une latte de parquet à son appartement. Voir qu’il a à peine de quoi se payer une barre chocolatée lui donnerait envie de pleurer. Déjà, Ravka fait volte-face pour l’entraîner à l’intérieur, ses chiens sur les talons et Mylan a un sursaut.
Du bout du pied, il fait sauter ses chaussures qu’il prend le temps d’aligner presque soigneusement dans l’entrée, se rappelant soudainement que c’est la moindre des choses quand on entre chez quelqu’un, puis rejoint le Chef de l’Elysea. Il fait de son mieux pour ne pas s’arrêter à chaque fois qu’ils passent devant une porte pour observer les lieux avec une curiosité maladive, mais quand ils arrivent dans la cuisine, il n’a plus tellement le choix. Mylan se fige et ouvre un peu la bouche, surpris. La pièce est grande, lumineuse et c’est définitivement la cuisine de quelqu’un qui aime faire à manger. Elle est fournie en conséquence de rangements nécessaires et de tous les ustensiles qui, Mylan en est certain, ne servent pas qu’à décorer comme ça pouvait parfois être le cas chez ses parents.

Non, cette cuisine, elle lui rappelle celle de son oncle, chez lui. « Je n'ai pas cuisiné ici depuis une éternité, » lâche alors Heath et Mylan fronce un peu les sourcils. Parce qu’il passe plus de temps à l’Elysea ou parce que quelque chose d’autre l’en empêche ? Quelque chose lui dit qu’en cet instant, Ravka s’apprête à lui expliquer alors il reste silencieux, comme s’il craignait que parler risquait un peu de briser l’élan du cuistot. Une chaise lévite jusqu’à la cuisine, à côté du plan de travail et Mylan comprend le message. Alors lentement, sans un bruit, il retire son écharpe et la pose sur le dossier de la chaise, avant de faire de même avec sa veste. Il fait bon ici, meilleur que dans son taudis jamais chauffé et trop mal isolé, alors il en profite un peu. En s’asseyant sur la chaise, il regarde les différents ingrédients que Heath s’apprête à utiliser sortir des placards et venir se poser sur le plan de travail. « Je pourrais préparer certains plats les yeux fermés, » déclare alors Ravka et Mylan ne dit toujours rien, les yeux braqués sur ses mains qui s’affairent avec une assurance, une aisance qui n’appartiennent qu’à ceux dont c’est le métier.
Il s’est trompé, Heath Ravka est bel et bien cuisinier. « J'étais adolescent quand je me suis intéressé à la cuisine. Par obligation d'abord, puis par passion. C'est devenu... une sorte de refuge, une façon d'oublier tout ce qui n'allait pas au-delà des fourneaux. » Par obligation ? Ça veut dire personne d’autre pour le faire pour lui. C’est marrant, la première fois qu’il a vu Heath, il s’est dit qu’il faisait partie de ces types qui ont tout eu facilement, peut-être parce qu’il faisait la même tronche que Jaeho et que clairement, son frère aîné n’a jamais donné l’impression d’avoir eu à se battre pour quoi que ce soit. Pour une fois, Mylan est content de se tromper. Pas qu’apprendre que la vie de Ravka n’a pas été toute rose le rend heureux, c’est juste qu’il se sent plus à l’aise en présence de gens qui peuvent comprendre ce que c’est que de galérer.

« On n'avait pas grand-chose et je n'étais pas formé, ce n'était rien de grandiose, mais j'ai appris à être créatif. » Un petit rire lui échappe et Mylan sourit doucement. Il continue à ne faire aucun bruit, observant chaque geste de Heath avec une attention particulière. Il l’écoute presque religieusement, ne fait rien pour le perturber. Parce qu’il sent bien que Ravka n’est déjà plus vraiment là. Il est plongé dans ses souvenirs et Mylan n’a aucune envie de perturber ça. Il veut connaître la suite, alors pour une fois, il se tait et il écoute. « Quand j'en ai eu la possibilité j'ai tout plaqué pour me consacrer à la cuisine. Tout- tout le monde. » Le couteau claque durement sur la planche, seul témoin – avec ses sourcils froncés – de l’énervement de Ravka. Le jeune homme comprend sans mal que c’est après lui-même qu’il est en colère. Qui a-t-il plaqué pour la cuisine ? Qui regrette-t-il à présent ? Parce que c’est bien de ça qu’il s’agit, de regrets, Mylan est suffisamment familier avec ça pour le reconnaître aisément.
Ça commence à sentir terriblement bon dans cette cuisine et il a un peu de mal de regarder Heath manipuler tous ces ingrédients sans avoir l’air d’un affamé. Mais il reste tranquille sur sa chaise, ses mains coincées sous ses cuisses. « J'ai passé des années à repousser mes problèmes, à me convaincre que je pourrais tout résoudre une fois arrivé au bout de mes rêves. Formation d'excellence, exigeante au possible. Je n'avais juste- pas le temps de penser à quoi que ce soit d'autre. Pas l'énergie non plus. » Il peut comprendre ça, devenir un grand cuisinier n’est pas aisé et Mylan ne pense pas pouvoir le juger d’avoir tout quitté pour accomplir son rêve. Ça demande un certain courage, finalement.

« Il était déjà trop tard, quand j'ai fini par m'apercevoir que mon pays était en guerre. » Mylan l’a bien senti, lui. Les simples patrouilles de la BPM ont laissé place à celles des Rafleurs, les rues se sont remplies de gamins d’origines moldues qui n’ont pas eu d’autre choix que de quitter leur famille pour survivre, ou qui ont fini par ne plus en avoir du tout. Les gens sont devenus plus méfiants et au fil des ans, ceux qui avaient un toit sur la tête se sont retrouvés à être presque autant dans la misère que les gamins de WHC. « Je me suis arrangé pour rentrer, mais ça a été difficile. J'ai dû- promettre certaines choses. M'engager à satisfaire le gouvernement, et aussi à remettre l'Elysea à flot. » Mylan grimace, mais il ne le juge pas pour ça non plus. Après tout, si Heath se retrouve à serrer la main de pourris en gardant le sourire, lui est obligé d’accomplir de basses besognes pour eux depuis qu’il est sorti de prison.

Il n’a toujours pas réussi à effacer les cris du dernier Insurgé qu’il a torturé pour eux.

« J'étais un vrai chef. Sans orgueil déplacé, j'étais un très bon chef. » L’utilisation du passé ne passe pas inaperçu et tire Mylan de ses pensées, le force à reporter son attention sur Heath. « Jusqu'à l'attentat de St Mungo's. A première vue tout allait bien et il m'a fallu quelques heures pour m'apercevoir que j'étais- amputé.  Agueusie, c'est le terme. Perte du sens du goût. » Oh. Les yeux du jeune homme s’arrondissent, parce qu’il comprend, maintenant. Ce n’est pas que Ravka n’est pas un vrai chef, ou qu’il n’est pas le Ravka qui a gagné toutes ces étoiles, c’est juste qu’il travaille à l’aveugle. C’est qu’il a perdu, non, qu’on lui a enlevé ce qui lui permettait d’être un très bon chef. Comment savoir si son plat est réussi, s’il ne peut pas le goûter et déterminer s’il est suffisamment assaisonné, si les saveurs s’accordent, si rien n’est trop sucré, trop amer ? C’est impossible. Enfin, ça l’est quand on s’en tient rigoureusement à une recette connue, déjà pratiquée des centaines de fois, mais toute nouveauté est à proscrire, pas vrai ?
Il ne le regarde plus travailler, il le regarde lui, Heath Ravka, qui s’ouvre et se confie à lui, qui lui dit ce qu’il n’a probablement dit à personne et Mylan a envie de disparaître. Il l’a fait chanter, l’a traité d’imposteur alors que ça fait des mois que le Chef de l’Elysea se débat tout seul pour ne pas perdre ce qu’il a mis tant d’années à obtenir, à construire. Pour  ne pas perdre ce pour quoi il a sacrifié toutes ces choses qu’il semble regretter aujourd’hui. Mylan a un peu envie de vomir. « C'est comme être constamment dans le noir. Je peux donner le change tant que je reste scrupuleusement dans ma zone de confort, mais tester de nouveaux produits va au-delà de mes capacités, d'autant plus si les étiquettes ne correspondent pas au contenu de la bouteille. » Et cette fois, le Rhee s’empourpre, vraiment, de honte, d’embarras, parce que c’est lui l’imposteur. Et plus que jamais, il a envie de prendre ses jambes à son cou. «  S'il me voyait, mon maître formateur m'accuserait d'être incapable de " faire la différence entre un plat gastronomique et des boulettes de fientes d'oiseau dorées au verni à balai", il aurait vraiment honte de moi et il aurait raison » Si Ravka rit, Mylan lui fronce les sourcils et l’embarras laisse place à une certaine colère.

« Tu ne peux rien dire, Mylan. A personne, jamais. Si ma crédibilité est remise en doute j'entrainerai le restaurant et les autres employés dans ma chute. Ça ne peut pas arriver. » Mylan se déteste en cet instant. Il fait de son mieux pour soutenir le regard de Heath alors que ses dents maltraitent sa lèvre inférieure. Il déglutit avec difficultés, espérant chasser la boule qui lui noue la gorge, sans succès. « Il aurait pas raison, » marmonne-t-il enfin. « Ton maître formateur, » précise-t-il. « Il aurait pas raison, il serait sacrément con, d’avoir honte de toi. » Son assurance semble un petit peu revenir, sa voix tremble un peu moins. « C’est pas comme si tu t’laissais aller, ou que tu manquais d’respect à son enseignement. T’as perdu ce qui te permettait d’être un très bon chef il y a des mois et l’Elysea est toujours là, c’est qu’t’arrive à rester un bon chef malgré tout. A sa place, c'est fier que j'serais. » Mylan fronce les sourcils.
« J’dirai rien à personne, Heath. Et ma parole vaut sûrement pas grand-chose à tes yeux mais… j’te l’promets. J’ai aucun intérêt à t’faire perdre ton job et celui d’tous ces gens. » Il a un sourire un peu amer, alors qu’il tire une main d’en-dessous de sa cuisse pour aller se frotter la nuque. « En fait, même si tu m’avais pas donné l’argent, j’aurais rien dit à personne, » admet-il avec une grimace embarrassée. D’abord parce qu’il n’est pas du genre à détruire la vie des gens, ensuite parce qu’il a tout sauf envie d’attirer l’attention sur lui. Qui aurait cru un ex-taulard, hein ?

Son regard se pose sur les deux assiettes qui trônent au milieu du plan de travail. Il ne sait pas si c’est bon, mais en tout cas, ça donne sacrément envie. C’est le moment que choisit son estomac pour gronder bruyamment et il a un petit rire gêné. Mylan attrape l’assiette la plus proche et la ramène vers lui, avant de s’emparer d’une fourchette. « Mon oncle avait un resto, » lâche-t-il sans quitter l’assiette du regard. Il hésite un peu, ça fait des années qu’il n’a pas parlé de ça à quelqu’un, mais il imagine sans mal ce que ça a dû coûter à Heath de lui raconter tout ça, alors il se décide à s’ouvrir un peu, lui aussi. « J’étais pas un gamin facile, » commence-t-il avec un ricanement. « J’suis insensible à la douleur, complètement insensible. » Mylan hausse les épaules. « J’pourrais plonger ma main dans de l’eau bouillante que ça m’ferait rien du tout. Alors j’faisais vraiment pas gaffe et plus ma mère-- » Sa voix se brise un peu, il se prend. « Plus ma mère voulait m’protéger, plus j’faisais des conneries. Quand j’ai eu neuf ans, mon oncle a décidé d’me prendre sous son aile, il disait qu’j’avais besoin d’canaliser mon énergie, d’apprendre à rester calme et à dev’nir prudent et minutieux. Alors j’ai commencé à passer tout mon temps dans la cuisine de son resto. » Il a un sourire, un vrai grand sourire, en repensant à tout ce temps passé aux côtés de son oncle, entouré de tout un tas de choses potentiellement très dangereuses, sous le regard sévère de l’homme qui ne tolérait pas le moindre écart.
« Il a commencé à m’apprendre les bases. D’abord, éplucher des légumes et les découper à la perfection, sans me couper un doigt au passage. J’pense que son but, c’était que j’devienne si bon que j’me blesse plus jamais avec un couteau, » fait-il avec un petit rire. « Ça marchait, j’avais pas envie d’aller grimper en haut d’un arbre et d’risquer d’me briser la nuque quand j’étais avec lui. Et puis, il me faisait toujours tester ses plats, il me demandait son avis, c’était—je sais pas, c’était vraiment génial. » Il marque une pause, lève enfin les yeux vers Heath. « J’me sentais bien, dans sa cuisine. J’pense que j’serais devenu cuistot, si-- » Son regard s’assombrit,  ses dents retournent meurtrir sa lèvre inférieure déjà entamée par le froid. « Il est mort quand j’avais quatorze ans et après… après c’est devenu compliqué, » murmure-t-il, les sourcils froncés.

La suite, il n’est pas prêt à la raconter. Il n’est pas certain de vouloir la raconter un jour à quelqu’un comme Heath Ravka, qui pardonne les raclures et leur offre à manger. Même si ça fait de lui le véritable imposteur. Mylan s’ébroue un peu. « Pourquoi j’raconte ça, déjà ? » se demande-t-il avec un air un peu confus. « Ah, oui. J’serai pas celui qui brisera ton rêve, » déclare-t-il solennellement. Parce qu’il ne pourra jamais accomplir celui qu’il avait quand il était môme, il ne ferait jamais un truc pareil à Heath. « Merci de m’avoir expliqué, je suppose que t’en avais encore parlé à personne. » La tête qu’il fait lui confirme ses soupçons et les traits de Mylan s’adoucissent. « Ça doit être dur de faire ça tout seul. Mais ils comprendraient à l’Elysea, non ? J’veux dire, t’as perdu ton sens du goût, pas ton savoir-faire, pas vrai ? Ça n’a pas besoin de sortir des cuisines. » Enfin ça, c’est s’il n’est pas entouré de requins prêts à tout pour lui prendre son job.
Mylan reporte son attention sur le plat, puis lance un petit sourire en coin à Ravka. « Ok, laisse-moi être ta langue pour ce plat, » déclare-t-il avec un clin d’œil. Il attrape le bouillon qu’il verse sur l’ensemble du plat avant de commencer par les petits tubes de carotte fourrées d’une crème montée à la ciboulette et ce qui avait l’air d’être du piment. Forcément, c’est meilleur que tout ce qu’il a pu manger ces neuf dernières années, alors il a un petit soupir de satisfaction parce qu’en plus de satisfaire une faim de loup, c’est vraiment bon. Cependant, il prend son temps, tente d’analyser comme il le faisait pour son oncle. Ça fait un moment qu’il n’a plus fait ça, dans la rue, il devait plus souvent tenter d’ignorer ce sens-là pour finir son repas misérable sans le vomir. « Ça fait une éternité que j’ai pas fait ça, » annonce-t-il après avoir vidé sa bouche, un peu embarrassé.

Alors il tente à nouveau, les sourcils froncés sous la concentration, avec un des boudins de farce. La sauce soja qu’il l’a vu utiliser est bien présente et retrouver cette saveur qui le replonge immédiatement dans la cuisine de son oncle lui donne presque envie de pleurer. Il goûte tout, prend son temps, savoure autant qu’il analyse chaque composant du plat. « Toutes les cuissons sont bonnes, » déclare-t-il en faisant une pause. « J’aurais probablement mis un peu moins de cébette et plus de main de Bouddha, mais c’est peut-être juste personnel, » fait-il en haussant les épaules. « La crème montée manque un peu de sel, je dirais. C’est quel piment, que t’as utilisé ? Il est bien dosé, j’aime quand c’est très épicé mais c’est pas le cas de tout le monde alors c’est bien joué. » Il termine son plat un peu plus rapidement maintenant, le besoin de manger se faisant plus pressant que le désir de lui donner un avis objectif.
« J’avais oublié le goût de la carotte et du poulet alors j’suis peut-être facilement émerveillé, je sais pas, » rit-il avec embarras. Sa gorge se noue brusquement, parce qu’il prend conscience à quel point ça lui avait manqué de vraiment manger, de bien manger, d’avoir toutes ces saveurs en bouche, ces différentes textures, et pas juste une bouillie dénuée de goût. Et il pense à Heath qui a définitivement perdu ça et son cœur se serre.  

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‹ baguette : est taillée dans 29,7cm de bois de charme et renferme un cœur de licorne.
‹ gallions (ʛ) : 773
‹ réputation : j'ai quitté l'Angleterre après avoir décroché mes ASPICs pour ne rentrer de France qu'en 98, après avoir récupéré mon statut de Sorcier Britannique, temporairement perdu à cause du décret concernant les séjours de longue durée à l'étranger. Une blessure au genou m'a épargné de participer à la guerre. J'ai travaillé à l'Elysea (gastronomie française) à mon retour, mais les difficultés économiques des sorciers au terme de la guerre et les procès contre l'ancienne clientèle (mangemorts et élite) mettent le restaurant en faillite et en provoqueront probablement la fermeture.
‹ particularité : géokinésiste, du fait de mes racines nivkhes (indigènes de russie ayant longtemps subi l'occupation japonaise). Mais j'ai perdu mon père à 14 ans et mon apprentissage est resté incomplet — relativement instinctif et peu utilisé.
‹ faits : ma mère, française naturalisée britannique, est une ancienne Oubliator, hospitalisée à Janus Thickey à cause de de graves séquelles dues à son métier. • mon frère cadet, Aspen, a été adopté juste avant mon départ, mais a été officiellement déclaré né-moldu selon le statut de sang de ses parents adoptifs. La famille a été décimée durant la guerre et il s'est retrouvé à la rue. Je tente de renouer le contact avec lui, en dépit des griefs qui nous séparent depuis que je suis parti en le laissant derrière. • uc. • • • • •
‹ résidence : dans un immeuble récent du Chemin de Traverse.
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Mylan + strangeness & charmLife is chances that are taken, but nothing's ever broken. They're just pieces on the ground, new hands need to build them.

Heath se sent mal à l'aise et plein de remords sitôt qu'il a achevé de parler, parce qu'il n'aime vraiment pas l'idée de monopoliser un échange pour monologuer au sujet de lui-même et de ses états d'âme. L'envie de se montrer honnête et de prendre un risque en confiant un peu de lui est ternie par la conscience d'avoir élagué des parts importantes de l'histoire, des parts le laissant trop à vif pour être partagées ; il reste un hypocrite, à dépeindre ses longues heures de labeur en négligeant de mentionner le petit frère abandonné en arrière, privé d'une famille et d'un toit. La mère internée, délaissée. Et par-dessus tout il se sent égocentrique et ennuyeux, parce que qu'est-ce que Rhee Mylan peut en avoir à faire, de son passé ? Il est confus, se morigène pour tout, pour rien, pour le moindre élément énoncé, la façon de le dire, pour les mots qu'il n'a peut-être pas assez pesés, pour ce qu'il estime avoir failli à expliquer ou qu'il aurait mieux fait de taire — et pourtant il ne trouve pas de jugement dans le regard auquel il se confronte. Juste une émotion contenue, un désaccord : Il aurait pas raison, il serait sacrément con, d’avoir honte de toi. Une part de lui avait besoin d'entendre ça. Témoin le soulagement subtile qui se distille de ses veines à son palpitant pour l'apaiser. Mais une autre, celle qui se plait tant à le blâmer et à le pousser à sombrer intérieurement, la voix qui lui susurre qu'il n'est bon à rien et ne fera jamais rien correctement et qui le paralyse et le cloisonne dans des angoisses irrationnelles et toxiques même quand quelqu'un semble penser que oui, il en vaut la peine ; cette voix-là ne se tait jamais vraiment. Il peut tout juste l'atténuer dans ses bons moments, sursis précédant l'instant où il sera irrémédiablement submergé par elle. En l'occurrence, elle souffle "il veut juste te faire plaisir". Elle se suspend, reprend "ou peut-être qu'il le pense vraiment, peut-être qu'il croit que tu n'es pas si minable, tu l'as trompé avec succès mais comme il a tort." Il esquisse un faible sourire, hausse les épaules, l'air de répliquer à Mylan si tu le dis lorsque celui-ci lui parle de fierté pour du replâtrage. Mû par l'irrémédiable besoin de contrebalancer les compliments par du négatif pour rétablir la balance, il voudrait brusquement lui faire comprendre je n'en fais pas autant que tu le crois, tu sais, et lister tous ses travers, toutes ses stupides stupides stupides faiblesses et tous les moments où le seul fait de s'éjecter de son lit pour continuer d'affronter le monde et de prétendre lui semble être une montagne, tous ces jours où il se fait littéralement violence pour ne pas rester simplement se morfondre loin des regards. Il voudrait lui révéler tout ça pour que Mylan ne se laisse pas berner par les apparences si parfaites puissent-elles sembler, ne tente pas non plus de le convaincre qu'il est quelqu'un de bien ; mais l'orgueil se met en travers et exige de lui qu'il se laisse juste réconforter par les compliments qu'on lui jette bien qu'il ne les mérite pas. La culpabilité s'ajoute à la valse parce que "damn, tu ne vas quand même pas te remettre à parler de toi, balbutier des heures durant pour tenter de démêler des émotions et un ressenti que tu ne comprends pas toi-même ; il n'a pas que ça à faire et tu manques tellement de reconnaissance, accepte juste son avis, dis merci." Alors, awkward et dubitatif et encore plus étreint que plus tôt par la certitude d'être un fichu charlatan et de ne pas mériter l'attention de ce type capable de risquer Azkaban pour sauver un inconnu — il s'oblige à souffler un Merci, un peu étranglé en basculant nerveusement d'une jambe à une autre. Nettement plus détendu, cependant, lorsque Rhee affirme qu'il ne le dénoncera pas — ne l'aurait même jamais fait.

Il ne peut pas nier la pointe d'agacement qui lui fait froncer les sourcils, parce qu'il y a cru et qu'il s'en est rendu malade pendant des jours, à attendre l'instant où son monde s'écroulerait sous ses pieds. Que Mylan lui assure que toute cette inquiétude était inutile devrait être plaisant, l'est un peu d'ailleurs, mais il y a malgré tout du... ressentiment. Ils sont interrompus par le grondement sonore de l'estomac de son invité incongru et Heath choisit de lâcher prise, de laisser au passé ce qui est fait et ne peut être changé, laissant les excuses présentées effacées l'ardoise. Parce que le jeune homme qui lui fait face n'a vraiment plus rien du maître chanteur au rictus impénitent qui l'a mis au pied du mur par ses menaces. Il est juste... ce sorcier qu'Heath prenait pour un gamin à peine majeur, apparence frêle et en quelque sorte attendrissante, mains coincées sous ses cuisses de façon un peu enfantine. Il est juste... vraiment gringalet, pour ses vingt-trois ans, mais visiblement trop mûr pour être sérieusement pris pour un ado.

Mon oncle avait un resto. Entrée en matière inattendue qui capte sans peine l'attention de Ravka. Autant il s'en est voulu d'en avoir trop révélé et en même temps pas assez, autant il est avide d'entendre ce que Mylan peut avoir à partager. J’suis insensible à la douleur, complètement insensible, lâche l'autre entre deux révélations, comme si de rien, et le cuisiner hausse les sourcils, clairement surpris. Il ne sait pas trop comment l'envisager ; sur le coup ça semble assez géni- J’pourrais plonger ma main dans de l’eau bouillante que ça m’ferait rien du tout. Alors j’faisais vraiment pas gaffe et plus ma mère-- Plus ma mère voulait m’protéger, plus j’faisais des conneries. -alement dangereux, il se rétracte, affichant une grimace compatissante. D'accord. ça sonnait potentiellement pratique à la base, mais à entendre la suite, il perçoit mieux tout ce qui peut faire d'une telle particularité un fléau. Est-ce que Mylan s'aperçoit au moins de ses blessures quand il en écope ? Probablement pas si le principale moyen de son corps pour le lui faire ressentir se retrouve annihilée. Peu surprenant qu'une mère confrontée à cette situation ait été rongée par le besoin de protéger son enfant. Mais si la voix du plus jeune s'est brisée sur la mention de sa mère, est plus assurée et brodée de respect et d'affection lorsqu'il parle de son oncle. Assortie d'un sourire, même — qui donne à Mylan l'envie saugrenue de se pencher par-dessus le comptoir pour en capturer la courbe... la figer et la rendre durable. C'est particulier de penser qu'ils peuvent avoir eu le même rêve, la même passion. J’me sentais bien, dans sa cuisine. J’pense que j’serais devenu cuistot, si-- Si ? Il se retient de le presser, mais est suspendu à ses lèvres, à sa mine soudain sombre et fermée, au trouble qu'il exhale. Et le couperet tombe : Il est mort quand j’avais quatorze ans et après… après c’est devenu compliqué. Quatorze ans, c'est aussi l'âge qu'avait Heath à la mort de son mère. Après, c'est devenu compliqué. Mais si la suite l'a poussé à s'impliquer de plus en plus, Mylan a vraisemblablement effectué le chemin inverse, détourné de son but par la perte de son mentor. ça a tellement l'air de le miner que Heath cherche quoi dire, quoi faire, quelle réaction lui offrir. Mes condoléances ? Il aurait neuf ans de retard, ça n'aurait guère de sens. Il est à deux doigts de lâcher un non-sens, plus pour combler le silence que parce qu'il saurait prononcer les bons mots, mais l'instant est rompu par le froncement de sourcils de Rhee. Pourquoi j’raconte ça, déjà ? Il demande comme s'il sortait de loin et en avait perdu le fil de ses pensées, et Heath le laisse faire, même s'il brûle de demander "compliqué" comment ? Ah, oui. J’serai pas celui qui brisera ton rêve. ça sonne comme un engagement et Ravka a presque envie de s'excuser d'avoir pu accomplir ce à quoi Mylan a dû renoncer. Merci de m’avoir expliqué, je suppose que t’en avais encore parlé à personne. Il hausse juste les épaules, assez honteux à vrai dire. Si être privé du sens du goût lui donne l'impression d'être aveugle, se voir arracher son rêve lui semblerait sans doute aussi terrible qu'être privé d'oxygène à long terme. Ne me remercie pas pour ça, il réfute, peu certain de savoir comment il se sentirait si leurs situations étaient inversées. Probablement qu'il rirait jaune en entendant quelqu'un se plaindre d'être limité, probablement qu'il lui en voudrait de ne pas se satisfaire d'avoir au moins été autorisé à effleuré son objectif. Ça doit être dur de faire ça tout seul. Mais ils comprendraient à l’Elysea, non ? J’veux dire, t’as perdu ton sens du goût, pas ton savoir-faire, pas vrai ? Ça n’a pas besoin de sortir des cuisines. Je n'ai confiance en personne. C'est un fait. Quelques temps plus tôt il aurait placé sa vie entre les mains d'Isobel et à l'heure actuelle, il mesure à quel point il aurait eu tort. Il ne peut pas blâmer ses collègues. Lui non plus n'aurait pas placé sa carrière entre les mains d'un chef souffrant d'agueusie, lui non plus n'aurait pas accepté de travailler sous les ordres de quelqu'un d'incapable de distinguer un aliment d'un autre ou de jauger la qualité d'une préparation. Ils travaillent encore depuis trop peu de temps pour qu'il puisse espérer faire appel à une quelconque loyauté. Ok, laisse-moi être ta langue pour ce plat. Surpris par la proposition, Heath hoche lentement la tête et reste silencieux, laissant le temps à Mylan de goûter, décortiquer, analyser. Ça fait une éternité que j’ai pas fait ça. Neuf longues années, right ? Ne toropites', ne nado toropit'sya, souffle-t-il en russe par simple réflexe. C'étaient les mots dont usait son père pour l'apaiser lorsqu'il doutait de lui-même et s'excusait de ne pas être à la hauteur avant même de s'être laissé le temps d'échouer. ça ressort tel quel, formule ayant pris la poussière dans un coin de ses pensées mais toujours aussi efficace sur lui : prends ton temps, rien ne presse. Toutes les cuissons sont bonnes. C'est un bon début. ça a toujours été l'un des points forts de Heath ; technicien, disait-on de lui, pour les méthodes exécutées avec un souci des détails sans faille. Technicien manquant de cœur, plus exactement. Il a basculé d'un extrême à l'autre après être parti en France : des préparations à tâtons mais gonflées d'émotions car motivées par l'envie de faire plaisir à son frère, aux pièces d'art vides de sentiments élaborées le front plissé par la concentration et la soif de terrasser ses rivaux. J’aurais probablement mis un peu moins de cébette et plus de main de Bouddha, mais c’est peut-être juste personnel. Ha, il ne saurait dire. Tout ce qui touche à l'assaisonnement est désormais un mystère pour lui, mais il ne s'attendait pas à ce que Rhee dissèque jusqu'aux détails des parfums présents dans l'assiette... c'est une agréable surprise. Il est déjà arrivé, évidemment, que ses collègues froncent les sourcils ces derniers temps en tiquant sur un élément de l'un de ses plats, mais toutes les remarques qu'ils ne lui font pas personnellement sont assurément rapportées à ses supérieurs. C'est donc la première fois depuis un moment que quelqu'un s'attelle sérieusement à relever les manques de l'un de ses plats. La crème montée manque un peu de sel, je dirais. C’est quel piment, que t’as utilisé ? Il est bien dosé, j’aime quand c’est très épicé mais c’est pas le cas de tout le monde alors c’est bien joué. Piment d'Espelette. Et j'en prends bonne note, il répond avec un petit sourire, sans trop savoir pourquoi il souhaite retenir que Rhee Mylan aime manger épicé ; ce n'est pas comme si l'information lui serait spécialement utile à l'avenir. Plutôt que de s'y attarder il tente de se souvenir de la dose de sel utilisée, pour savoir quoi ajuster à une autre occasion. Ce n'est pas un plat présent au menu du restaurant, raison pour laquelle il n'a pas de recette strict et de dosage précis, écrit. L'avis tombe à point nommé, à présent qu'il ne peut se fier à son goût. J’avais oublié le goût de la carotte et du poulet alors j’suis peut-être facilement émerveillé, je sais pas, remarque le coréen avec un amusement teinté de gêne, et Heath s'esclaffe brièvement. Comment tu peux oublier quelque chose de si commun ? Sa curiosité est sincère, à aucun moment il ne pense à des limitations telles qu'un... budget extra-serré. ça lui semble juste tout à fait étrange. S'il n'avait été question que de viande il aurait pris Mylan pour un flexitarien ; mais ça n'expliquerait pas qu'il ait inclut les carottes dans sa remarque. Heath en déduit que c'était peut-être une feinte ou une plaisanterie (ce ne serait pas la première fois qu'il ne comprendrait pas l'humour de ce garçon) ou simplement une ruse pour faire couler la flatterie plus aisément ; il retrouve rapidement son sérieux. Je suis désolé pour ton oncle... et pour toi : ça a dû être une épreuve pénible à traverser. Il sait ce que c'est, que de perdre un modèle et de se retrouver paumé, laissé pour compte, sans trop savoir quoi faire de soi-même. Il y a un moment de flottement, le genre de moment où la mention "insérer ici un commentaire plein de sensibilité" clignote dans l'esprit de Heath sans que ses neurones ne soient capables de produire de quoi répondre à la demande. Il se racle la gorge, un peu embarrassé d'être à court de belles phrases après tous les efforts de Mylan. Et puis soudain : Tu parlais de me rembourser, il lance sans transition en relevant les yeux du plat que vide son vis-à-vis pour le fixer, dans l'expectative. Je ne veux pas de gallions. Ce dont j'ai vraiment besoin c'est... de ta langue, d'accord, cette formulation est minable. Je veux dire — ça m'arrangerait énormément que tu acceptes de devenir mon goûteur, euh, personnel, si ça ne te dérange pas ? L'improvisation n'est pas son fort, lorsqu'il est question de demander de l'aide. Il s'efforce d'expliciter : Je suis supposé proposer un nouveau menu pour l'Elysea et j'ai quelques plats de validés et plusieurs tests en suspend... l'attentat m'a freiné et comme tu t'en doutes, je suis dans un sacré pétrin pour la suite. Et ce n'est pas comme s'il pouvait demander à Isobel, non plus de lui confirmer la justesse des recettes, mais carrément de l'aider à les peaufiner. Je me doute bien que tu as autre chose à faire, mais si tu acceptes il ne sera plus question de dette entre nous. Et une fois les 70 gallions oubliés, je pourrais te payer. Il ne veut pas avoir l'air désespéré — mais il l'est. On pourrait commencer par exercer ton palais, pour te réhabituer à distinguer les saveurs et à les évaluer, avant d'entrer dans le vif du sujet, il le rassure, pour ne pas lui mettre sur les épaules la responsabilité de sa carrière sans même lui laisser le temps de se remettre en selle. Et parce qu'il a besoin de s'occuper les mains pour compenser sa nervosité croissante en l'attente du verdict, Heath se lance dans un petit exercice de métamorphose, transformant la deuxième assiette en un petit chaudron dont il couvre le contenu, avant de le pousser devant Mylan. Pour la route — et oui, au cas où tu te demanderais, c'est absolument un pot de vin pour te convaincre d'accepter. Navré que le goût ne soit pas parfait. Sourire penaud lui étirant les commissures, regard plein de s'il te plait, il sent enfler une certaine excitation à l'idée d'avoir enfin le moyen d'accomplir sa tâche, de se voir offrir une nouvelle chance de sortir quelque chose de réellement satisfaisant.

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- memories crumbling like dried leaves. -

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WIZARD • always the first casuality
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‹ inscription : 29/11/2016
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‹ crédits : moony.
‹ dialogues : lightsteelblue (design foncé), steelblue (design clair).


‹ âge : 24 ans
‹ occupation : criminel en période de probation | apprenti Mage Social.
‹ maison : gryffondor
‹ scolarité : 1991 - 1994.
‹ baguette : a été brisée à son emprisonnement à Azkaban. A sa libération, on lui a refilé une merde complètement bridée, de 25cm, taillée dans du noyer et contenant un crin de licorne.
‹ gallions (ʛ) : 798
‹ réputation : on dit que c'est un délinquant, une petite frappe qui essaye de retrouver une vie normale, décente. Les anciens SM et les autres gangs du Londres Sorcier disent que c'est un traître, un vendu.
‹ particularité : c'est un maître du feu, le seul de sa famille puisqu'ils appartiennent tous à la tribu de l'eau.
‹ faits : il était le n°2 des shadow moses, qu'il a créés aux côtés de mood - mais ce dernier l'a trahi et il a passé un an et demi à azkaban - à son retour, mylan a décidé de quitter le gang - il a fait tout un tas de trucs nuls et c'était pour survivre, mais ça pèse lourd sur sa conscience - il ne supporte plus d'être enfermé - il est extrêmement tactile mais surtout, il a besoin qu'on le touche, qu'on lui rappelle qu'il est vivant - il ne ressent pas la douleur et ça le rend dangereux, mais c'est extrêmement pénible à vivre - il mange sans arrêt, adore cuisiner - il aime les chiens, déteste les chats - il ne supporte pas d'avoir froid - c'est un nabot, mais faut surtout pas lui dire, il déteste qu'on lui rappelle sa petite taille - il sait parler coréen, mais c'est un peu rouillé - il a deux petits frères qui sont sa seule famille, puisque ses parents et son aîné l'ont renié - il veut sortir les mômes de la rue, les aider avant qu'ils se retrouvent avec un casier judiciaire long comme le sien.
‹ résidence : techniquement, dans un appart' miteux au Chemin de Traverse, en réalité, chez Heath Ravka.
‹ patronus : il n'a jamais appris à en faire un.
‹ épouvantard : lui, dans sa cellule vide et glacée à Azkaban, privé de tous ses sens.
‹ risèd : lui, entouré de ses proches.
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heath ravka
Hydrogen in our veins, it cannot hold itself, our blood is boiling and the pressure in our bodies that echoes up above it is exploding. And our particles that burn it all because they aim for each other and although we stick together it seems that we are stranging one another.
20 octobre 2003. Heath semble mener une bataille interne dont Mylan n’est pas en mesure de déterminer les tenants et les aboutissants. Il sent bien qu’il manque des éléments à l’histoire de Ravka pour lui permettre de tout saisir et s’il est curieux, s’il voudrait en savoir plus, il ne le poussera pas à se dévoiler s’il ne le souhaite pas. Après tout, il serait mal placé pour demander plus de détails au cuistot alors que lui-même n’a pas l’intention de tout lui raconter. Mais il ne peut pas s’empêcher de se demander ce qui semble torturer à ce point le Chef de l’Elysea. Quelque chose lui dit que ça a un rapport avec ce qu’il a dû laisser tomber pour sa formation de cuisinier, mais s’il a choisi de ne pas expliciter ce dont il s’agit, Mylan ne cherchera pas à en savoir plus. Il peut au moins respecter ça et surtout, il n’est certainement pas en position de lui demander quoi que ce soit, encore moins des détails personnels. C’est à son tour de raconter alors, en gardant les faits les plus sordides pour lui, parce qu’il n’est pas prêt à en parler à quelqu’un qui ne soit pas un orphelin du Mausolée, à quelqu’un qui ne peut probablement pas comprendre et surtout, parce qu’il n’est pas prêt à voir le regard de Ravka changer. Il est déjà choqué de voir qu’il lui a pardonné son chantage aussi aisément et il doute que sa gentillesse ira aussi loin. Alors il profite oui et il s’en veut de ne pas pouvoir être honnête, mais il sait que Heath ne le considèrera plus jamais de la même manière, quand il saura qui il est réellement.
« Je n'ai confiance en personne, » est la réponse de Ravka, lorsqu’il lui demande si les autres employés de l’Elysea comprendraient sa situation. Oui ça, Mylan peut le comprendre, même si ça l’attriste pour lui. Il ne sait pas depuis combien de temps il travaille avec ces gens exactement, mais c’est triste oui, de constater qu’il peut répondre sans une seule hésitation, qu’il n’y a personne à qui il fait confiance. La vie dans la rue était dure, mais au moins, Mylan pouvait dire qu’il avait confiance en Mood, Fox, Fangs et Crow. Enfin, sur quatre, il n’y en a que deux qui ne l’ont pas trahi et très franchement, il ne pensait pas que Mood et Fox seraient les deux traitres. Peut-être que Ravka a raison, de ne croire en personne.

D’un autre côté, Mylan ne se sent pas capable de mener une vie aussi solitaire. Tant pis s’il se plante et qu’il en souffre finalement, il sait qu’il n’est pas fait pour se retrouver complètement seul. « Ne toropites', ne nado toropit'sya. » Les sons qui franchissent les lèvres de Ravka dans un souffle ne font aucun sens pour lui, tirant un froncement de sourcils au jeune homme, mais lui rappellent étrangement ceux qu’Aspen laisse parfois échapper, quand il est fatigué ou en colère. Quoi qu’il en soit, il ne sait pas ce que ça signifie, mais c’est dit sur un ton qui se veut encourageant, alors Mylan se lance.
Il ne sait pas si ses remarques sont constructives, ça fait si longtemps qu’il n’a pas mangé un plat qui vaille la peine d’être analysé, décortiqué, savouré, qu’il a un peu perdu l’habitude de faire ce genre de choses. Le rire de Heath lui fait prendre conscience de ce qu’il a laissé échapper et Mylan se mord la lèvre inférieure. « Comment tu peux oublier quelque chose de si commun ? » Le jeune homme se frotte la nuque avec une gêne qu’il n’arrive définitivement pas à masquer. « Les légumes et la viande coûtent cher, » murmure-t-il d’une petite voix.

« Je suis désolé pour ton oncle... et pour toi : ça a dû être une épreuve pénible à traverser. » Mylan hausse les épaules, parce qu’il ne sait comment réagir autrement. Oui, lui aussi il est désolé. Mais il est surtout désolé de n’avoir probablement rien fait d’autre que donner honte à son oncle dans l’au-delà toutes ces années. « Tu parlais de me rembourser, » commence alors Heath et cette fois, Mylan pâlit un peu. S’il est extrêmement patient, s’il arrive à se trouver un autre job pour pouvoir mettre un peu d’argent de côté pour Heath alors oui, il pourra peut-être le rembourser, mais ça prendra un temps fou, sauf s’il ne veut pas attendre, s’il veut qu’il le rembourse vite, à ce moment-là… à ce moment-là il devra probablement renoncer à se payer de la nourriture pendant plusieurs mois. Il peut le faire bien sûr, mais ça veut dire devoir voler à nouveau.
Et s’il se fait coincer… « Je ne veux pas de gallions. Ce dont j'ai vraiment besoin c'est... de ta langue. » Il s’étouffe un peu avec sa salive, d’abord parce que Heath le surprend encore à ne pas vouloir de l’argent en guise de remboursement, ensuite à cause de sa formulation plus que tendancieuse. « Je veux dire — ça m'arrangerait énormément que tu acceptes de devenir mon goûteur, euh, personnel, si ça ne te dérange pas ? » Quoi ? « Je suis supposé proposer un nouveau menu pour l'Elysea et j'ai quelques plats de validés et plusieurs tests en suspend... l'attentat m'a freiné et comme tu t'en doutes, je suis dans un sacré pétrin pour la suite. » Mylan n’est plus très sûr de vraiment entendre ce que Heath est en train de dire. Il le fixe avec un air un peu stupide, la bouche ouverte, les paupières qui s’ouvrent et se ferment bêtement. « Je me doute bien que tu as autre chose à faire, mais si tu acceptes il ne sera plus question de dette entre nous. Et une fois les 70 gallions oubliés, je pourrais te payer. » Il est en plein rêve. Il est forcément en plein rêve, parce que ce genre de choses n’arrive pas dans la vraie vie.

Pas dans la sienne, en tout cas. « On pourrait commencer par exercer ton palais, pour te réhabituer à distinguer les saveurs et à les évaluer, avant d'entrer dans le vif du sujet. » C’est à peine s’il le voit transformer l’autre assiette creuse en chaudron, qu’il referme avant de le pousser devant lui. « Pour la route — et oui, au cas où tu te demanderais, c'est absolument un pot de vin pour te convaincre d'accepter. Navré que le goût ne soit pas parfait. » Et il est navré, en plus ? Le jeune homme lève un regard complètement perdu vers Heath. Il y a un piège quelque part, pas vrai ? Il y a forcément un piège quelque part.

Ou alors, Heath Ravka a décidé de faire exploser son cœur, parce que c’est ce qui va arriver, s’il continue à battre si vite et si fort.

« Tu veux que je te rembourse, » commence-t-il lentement, détachant chaque syllabe. « Mais tu ne veux pas d’argent. » Ses doigts pianotent nerveusement sur le plan de travail. « Tu vas me nourrir, de plats peut-être pas parfaits, mais définitivement pas loin de l'être, pour que je te rembourse, » détaille-t-il calmement, pour vérifier qu’il a tout compris, parce qu’il se plante forcément quelque part. « Et en plus de ça, tu me proposes… un job ? » Un rire rauque lui échappe, et il se finit sur un hoquet un peu étrange, probablement à cause de sa gorge nouée. « Et tu penses que j’ai besoin d’un pot de vin pour accepter ? » demande-t-il en secouant la tête.
Il lui offre de goûter à nouveau à sa cuisine, régulièrement, de replonger à nouveau dans ce monde qu’il pensait à tout jamais inaccessible, en plus de ne pas avoir l’intention de le balancer, et de lui permettre de payer sa dette sans avoir à dépenser le moindre gallion. Il lui permet de continuer à passer du temps à ses côtés, lui qui est si éloigné de tout ce qu’il a connu ces dernières années, lui qui lui donne l’impression d’être un imposteur, mais aussi d’être humain à nouveau.

Et il pense encore qu’il a besoin d’un pot de vin pour qu’il accepte.

Ok, c’est pas qu’un crush, qu’il a. He’s falling. He’s falling hard.
Et c’est ridicule, c’est stupide et c’est une très mauvaise idée.
Ravka n’a probablement aucune idée de ce qu’il est en train de lui faire, pas vrai ?

« J’accepte, bien sûr que j’accepte, je serais stupide de dire non, je-- » Il balbutie, s’emmêle. « Si c’est un rêve, je vais définitivement pleurer en me réveillant. » Alors sois pas un rêve, Ravka.

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WIZARD • always the first casuality
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‹ liens utiles : draco malfoy w/ lucky blue smith ; ginevra weasley w/ holland roden ; alicia spinnet w/ zoe kravitz ; calixe Davis w/ jennie kim ; ardal ollivander w/ matthew daddario ; indiana alderton w/ nicola peltz ; heath ravka w/ im jaebum ; even li w/ jeon jungkook.

‹ âge : 27
‹ occupation : chef cuisinier.
‹ maison : Poufsouffle
‹ scolarité : 88 et 95.
‹ baguette : est taillée dans 29,7cm de bois de charme et renferme un cœur de licorne.
‹ gallions (ʛ) : 773
‹ réputation : j'ai quitté l'Angleterre après avoir décroché mes ASPICs pour ne rentrer de France qu'en 98, après avoir récupéré mon statut de Sorcier Britannique, temporairement perdu à cause du décret concernant les séjours de longue durée à l'étranger. Une blessure au genou m'a épargné de participer à la guerre. J'ai travaillé à l'Elysea (gastronomie française) à mon retour, mais les difficultés économiques des sorciers au terme de la guerre et les procès contre l'ancienne clientèle (mangemorts et élite) mettent le restaurant en faillite et en provoqueront probablement la fermeture.
‹ particularité : géokinésiste, du fait de mes racines nivkhes (indigènes de russie ayant longtemps subi l'occupation japonaise). Mais j'ai perdu mon père à 14 ans et mon apprentissage est resté incomplet — relativement instinctif et peu utilisé.
‹ faits : ma mère, française naturalisée britannique, est une ancienne Oubliator, hospitalisée à Janus Thickey à cause de de graves séquelles dues à son métier. • mon frère cadet, Aspen, a été adopté juste avant mon départ, mais a été officiellement déclaré né-moldu selon le statut de sang de ses parents adoptifs. La famille a été décimée durant la guerre et il s'est retrouvé à la rue. Je tente de renouer le contact avec lui, en dépit des griefs qui nous séparent depuis que je suis parti en le laissant derrière. • uc. • • • • •
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Lorsque Mylan répète lentement ce qu'il vient de proposer, incrédule, le marché a l'air inégal ; mais c'est une question de point de vue. Tu sais tout ce que j'ai à perdre, souligne Heath avec un sourire piteux. Il aurait pu dire que j'ai tout à perdre — la formulation aurait été plus véridique encore. C'est toute sa vie qu'il place entre les mais d'un jeune homme qu'il connait depuis peu et à peine. Ravka inspire profondément et ajoute : C'est un peu... ridicule à dire ? Mais j'en viendrais presque à croire qu'on ne s'est pas croisés par hasard. Les sorciers croient au destin. C'est une évidence, l'essence même des prophéties qui guident nombre d'entre eux, mais l'employer sur le plan personnel sonne incroyablement... niais ? Oui, c'est le terme. Heath rit lui-même de sa remarque, main sur la nuque comme à chaque fois que la gêne s'en mêle, mais son regard n'est pas fuyant puisqu'il ne veut évidemment pas dire par là qu'ils sont faits l'un pour l'autre ou autre ânerie du même acabit. C'est juste... étrange : leurs parcours semblent les avoir taillés pour les mener à cette rencontre, à ce moment. A l'instant où leurs courses respectives s'achevaient sur une dead-end avant de se rejoindre et de s'ouvrir sur une voie inattendue, mais prometteuse. Heath espère vraiment qu'il acceptera. Ce n'est pas comme s'il pouvait avoir manqué sa remarque sur le coût des légumes et de la viande, par ailleurs ; et s'il évite de ramener l'idée sur le tapis, il se dit que peut-être cela jouera également en sa faveur. J’accepte, bien sûr que j’accepte, je serais stupide de dire non, je-- Si c’est un rêve, je vais définitivement pleurer en me réveillant Il relâche l'air qu'il ne se souvenait même pas d'avoir bloqué, hésite un instant pour s'assurer d'avoir bien entendu, et un sourire éclos progressivement sur ses lèvres jusqu'à lui bouffer littéralement les joues. Hm c'est bien réel, assure-t-il, soulagement et satisfaction enflant dans sa poitrine. Voilà qui fait de nous des partenaires alors, il conclut sur un ton un peu solennel en lui tendant une main pour sceller la décision. Et j'insiste, il reprend un peu plus tard, traits figés en une mimique butée, en posant le chaudron (taille miniature, juste assez large pour contenir une portion) juste entre les mains de Mylan sur la table. Tu emportes ça. Tout l'intérêt de cuisiner est de voir quelqu'un en profiter ; lui-même pourra très bien se contenter d'avaler un casse-croûte sans goût acheté dans la boutique au coin de sa rue. Il jette un coup d’œil à l'horloge murale, soupire en s'apercevant que son temps libre touche déjà à sa fin. Je t'ai probablement monopolisé depuis suffisamment longtemps pour aujourd'hui, constate-t-il, avant de dénouer le tablier qu'il avait placé autour de sa taille le temps de cuisiner. Tu es libre demain soir ? Ah- c'est peut-être un peu tôt, il se morigène. Il est sûrement trop pressé, n'est-ce pas ? C'est que Mylan vient de lui ouvrir à nouveau le champ des possibles et que déjà, il entrevoit les diverses façons dont profiter de cette nouvelle chance. Merlin, il a hâte.

Les minutes suivantes sont un enchaînement de tentatives vouées à sélectionner des dates et heures (souvent indues du fait de leurs indisponibilités trop nombreuses pour être pratiques et de leurs emplois du temps presque constamment incompatibles) convenant à chacun d'eux et c'est sur le pallier de Heath qu'ils réussissent finalement à confirmer des jours de rencontre, après x interruptions de ses chiots désespérés de récupérer un peu d'attention avant que l'appartement ne se vide à nouveau. Heath traine un peu inutilement des pieds au moment de partir de son côté, contentement oblige — c'est agréable de retrouver l'atmosphère des premières soirées partagées après que maladresses et malentendus aient terni leurs échanges des jours durant.

30 OCTOBRE 03. Il est en retard. Ravka ne s'en aperçoit qu'au bout d'une quarantaine de minutes, absorbé qu'il l'est par ses préparatifs. Le contenu d'un dernier chaudron bout à feu doux, juste le temps que la sauce épaississe un peu plus et devienne aussi onctueuse qu'escompté. Les autres plats sont déjà disposés sur la table de la cuisine, placés sous un sort de maintien au chaud pour ne pas être gâchés par l'attente, et c'est donc en s'extirpant de la fournaise que sont les quelques mètres à proximité de l'âtre que Heath fronce les sourcils, constatant enfin l'anomalie.

Ce n'est pas si rare, les jours de livraison. Ce sont généralement les fois où Mylan se présente une quinzaine de minutes après l'heure dite, horaire flexible oblige ; mais il n'a jamais mis tant de temps. Devrait-il s'inquiéter ? Le cuisinier s'oblige à s'occuper l'esprit, feuilletant sans trop les lire les pages du journal qu'il n'a pas encore touché de la journée. Partout, des drames ; la rubrique des décès s'allonge à mesure que la bataille de Pré-au-Lard perdure et la Une est encore dédiée à cet évènement terrible, alors il referme le quotidien aussi sec pour jeter un nouveau coup d’œil à l'horloge. ça arrive, ce n'est qu'un rendez-vous informel dépendant d'horaires malléables, adaptables, pas de quoi en faire un plat. Pourtant il bondit presque jusqu'à la porte lorsqu'y retentissent quelques coups. Le panneau de bois s'écarte pour révéler Rhee, visage et cou couturé de petites coupures et d'ecchymoses qui disparaissent sous le col de sa veste, comme s'il s'était roulé dans un buisson d'épines. Heath se retrouve à le fixer bouche entrouverte — toute remarque mourant sur sa langue. Entre, il murmure à la place en s'écartant, sourcils froncés, ne le quittant pas des yeux une seule seconde tandis qu'il se faufile à l'intérieur. Heath devrait probablement l'inviter à rejoindre la cuisine comme les fois précédentes, mais il hésite cette fois, et ils se retrouvent à stagner face à face dans l'entrée trop étroite pour que ce ne soit gênant. C'est déjà la sixième fois qu'ils se voient en une dizaine de jours. Trop tard pour nier l'inquiétude qu'éprouve Heath en le trouvant dans cet état, trop tôt toutefois pour des questions indiscrètes. ça doit être... désagréable. Il a brièvement oublié l'un des aveux de Mylan — son insensibilité à la douleur — et bien sûr c'est une fois les mots prononcés qu'il prend conscience de sa maladresse. Oh, tu ne te rends probablement pas compte, marmonne-t-il alors avant de se mord la lippe, hésitant. Ce serait quand même mieux de désinfecter, si tu ne l'as pas encore fait. La suggestion s'achève sur un ton incertain, entre affirmation et question ; demande de permission en quelque sorte.
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WIZARD • always the first casuality
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‹ scolarité : 1991 - 1994.
‹ baguette : a été brisée à son emprisonnement à Azkaban. A sa libération, on lui a refilé une merde complètement bridée, de 25cm, taillée dans du noyer et contenant un crin de licorne.
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‹ réputation : on dit que c'est un délinquant, une petite frappe qui essaye de retrouver une vie normale, décente. Les anciens SM et les autres gangs du Londres Sorcier disent que c'est un traître, un vendu.
‹ particularité : c'est un maître du feu, le seul de sa famille puisqu'ils appartiennent tous à la tribu de l'eau.
‹ faits : il était le n°2 des shadow moses, qu'il a créés aux côtés de mood - mais ce dernier l'a trahi et il a passé un an et demi à azkaban - à son retour, mylan a décidé de quitter le gang - il a fait tout un tas de trucs nuls et c'était pour survivre, mais ça pèse lourd sur sa conscience - il ne supporte plus d'être enfermé - il est extrêmement tactile mais surtout, il a besoin qu'on le touche, qu'on lui rappelle qu'il est vivant - il ne ressent pas la douleur et ça le rend dangereux, mais c'est extrêmement pénible à vivre - il mange sans arrêt, adore cuisiner - il aime les chiens, déteste les chats - il ne supporte pas d'avoir froid - c'est un nabot, mais faut surtout pas lui dire, il déteste qu'on lui rappelle sa petite taille - il sait parler coréen, mais c'est un peu rouillé - il a deux petits frères qui sont sa seule famille, puisque ses parents et son aîné l'ont renié - il veut sortir les mômes de la rue, les aider avant qu'ils se retrouvent avec un casier judiciaire long comme le sien.
‹ résidence : techniquement, dans un appart' miteux au Chemin de Traverse, en réalité, chez Heath Ravka.
‹ patronus : il n'a jamais appris à en faire un.
‹ épouvantard : lui, dans sa cellule vide et glacée à Azkaban, privé de tous ses sens.
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heath ravka
Hydrogen in our veins, it cannot hold itself, our blood is boiling and the pressure in our bodies that echoes up above it is exploding. And our particles that burn it all because they aim for each other and although we stick together it seems that we are stranging one another.
20 octobre 2003. « Tu sais tout ce que j'ai à perdre. » Et tout ce que Mylan a à y gagner ? Ça lui semble presque injuste, mais s’il a accepté sans la moindre hésitation, sans y réfléchir plus que ça, il sait qu’il prendra ça très au sérieux. D’abord parce que d’une manière ou d’une autre, Heath se retrouve à faire confiance à Mylan entre tous pour s’assurer qu’il ne détruira pas sa carrière et c’est beaucoup de pression certes, mais c’est surtout une chose à laquelle il ne s’attendait absolument pas. Alors il ne compte pas le décevoir. Ensuite, parce que l’idée de côtoyer à nouveau cet univers qu’est la cuisine est probablement la plus belle chose qui lui soit arrivé depuis sa sortie d’Azkaban. Mylan a l’impression d’être prisonnier d’une routine morne et sans saveur depuis maintenant un an et en une seule proposition, Heath vient de briser ça et de redonner des couleurs à son monde. « C'est un peu... ridicule à dire ? Mais j'en viendrais presque à croire qu'on ne s'est pas croisés par hasard. » Le destin, hein ? C’est une notion un peu trop romantique aux yeux du jeune homme, qui croit un peu plus à l’idée du karma. On est responsable de chacun de ses actes et on paye pour eux. C’est ce qu’il fait depuis toutes ces années, il paye pour ce type qu’il a tué, il paye pour toutes les vies qu’il a enlevées après, il a payé d’avoir entraîné Mood dans tout ça en finissant à Azkaban. Ça fait des années qu’il rembourse et ça lui va, parce qu’il l’a cherché. Et s’il fait tout pour rester dans le droit chemin depuis qu’il est sorti de prison, le petit chantage qu’il a opéré sur Ravka est la preuve qu’il a rapidement tendance à s’en écarter. De plus, Mylan n’est pas certain qu’aider quelques orphelins de WHC à sortir des rues ou à garder la vie sauve tout simplement, soit suffisant pour mériter que quelqu’un comme Heath fasse preuve d’autant de gentillesse envers lui.
Alors Mylan se promet de ne pas juste en profiter et de bosser d’arrache-pied, pour permettre à Ravka de conserver ses étoiles, parce qu’une chance pareille, ça se mérite. Et s’il doit faire en sorte que le Chef de l’Elysea retrouve le niveau qu’il avait avant Ste Mangouste, non, qu’il s’améliore même, il le fera. Il le fera parce qu’il ne peut pas juste laisser un truc pareil arriver, sans se battre pour le conserver. Tout se mérite, et tout se paye. Alors il accepte bien sûr et sans hésiter, mais il se fait toutes ces promesses silencieuses.

Et ce sourire. Immense, sincère, presque aveuglant. Il lui réchauffe la poitrine, fait manquer un battement à son cœur et Mylan ne peut s’empêcher de sourire à son tour, non sans se penser sérieusement dans la merde. Ce sourire, il voudrait qu’il ne quitte jamais les lèvres de Heath et ça fait également partie de ses promesses. Il s’emploiera à faire apparaître ce sourire aussi souvent que possible, parce qu’il lui va bien mieux que ses sourcils froncés et sa mine sombre. Heath Ravka devrait sourire plus souvent, ça le fait paraître plus jeune et surtout, ça lui donne l’air de quelqu’un qui a encore des rêves. « Hm c'est bien réel. Voilà qui fait de nous des partenaires alors, » fait-il avant de lui tendre une main dont Mylan s’empare sans la moindre hésitation. Sa paume est chaude et le contact lui tire un léger frisson alors peut-être qu’il s’attarde un peu, peut-être que ses doigts frôlent les siens quand enfin, il se décide à l’éloigner. « Et j'insiste, » dit-il avant de lui placer le petit chaudron entre les mains. « Tu emportes ça. » Un petit rire rauque, le jeune homme hoche la tête. « Je ne risque pas de dire non, » admet-il avec un sourire en coin.
« Je t’ai probablement monopolisé depuis suffisamment longtemps pour aujourd’hui. » Mylan suit le regard du cuisinier vers l’horloge qui se trouve dans sa cuisine et grimace un peu. Il va bosser dans une heure au Chaudron Baveur et s’il y a bien un endroit où il ne s’autorise pas le moindre retard, c’est là-bas. La patronne est plutôt cool, quand on lui laisse un peu de temps, mais Mylan n’oserait certainement pas la défier en ayant ne serait-ce qu’une minute de retard. Alors il saute de sa chaise, déposant le chaudron le temps d’enrouler son écharpe autour de son cou, plusieurs tours le faisant presque disparaître dans le tissu, pour bien se protéger du froid. « Faut qu’j’aille bosser, » qu’il dit avec une petite grimace, parce qu’il était bien, là. « Tu es libre demain soir ? Ah- c’est peut-être un peu tôt. » L’empressement de Ravka lui tire un sourire alors qu’il enfile sa veste. « Je bosse demain soir. » Ouais, ça va peut-être être un peu compliqué de se trouver des moments où ils pourront se voir, avec leur emploi du temps. C’est ce qu’ils mettent plusieurs minutes à définir, alors que Mylan retourne dans l’entrée, son précieux chaudron dans une main. Ils finissent par trouver un moment qui leur convient à tous les deux, tandis que le jeune homme enfile ses chaussures et adresse une dernière caresse aux chiots.

L’idée d’aller faire le ménage au Chaudron Baveur lui paraît tout de suite beaucoup moins désagréable, s’il pense à Ravka et au plat qui l’attendra en rentrant.

30 octobre 2003. Cette journée est nulle. Elle a commencé par son entretien à la BPM, où les types sont plus irascibles que jamais parce qu’ils craignent tous qu’on finisse par leur donner l’ordre d’aller taper sur la gueule des Insurgés à Pré-au-Lard plutôt que de maintenir la paix à Londres. Apparemment, ça va pas si fort que ça pour l’autre Tronche de Serpent et tous les gars se demandent s’ils ne vont pas finir par être déployés par le Magister. Qui dit BPM, dit vérification que son bracelet est toujours bien fixé, bien ensorcelé, après tout, ce serait dommage qu’il parvienne à le retirer, pas vrai ? Mais ça veut dire interrogatoire, aussi. Comment il s’en sort – comme s’ils en avaient quelque chose à foutre, ils veulent juste savoir s’il traîne dans les rues ou s’il bosse vraiment, le reste, ils s’en cognent dans le fond – et la petite nouveauté de cette semaine, qu’est-ce qu’il fout à traîner régulièrement dans le coin là ces derniers temps.
Forcément, le coin là, c’est chez Heath. Ne pouvant clairement pas dire la vérité sans trahir le secret du cuistot, Mylan a hésité quelques secondes à répondre J’me l’tape, une chose qui, si elle est fausse, ne le dérangerait absolument pas et qui aurait probablement le mérite de faire cesser ces questions. Néanmoins, Heath n’est pas n’importe qui et il a un peu peur de ternir la réputation du Chef en annonçant haut et fort qu’il se fait un ex-taulard. Et puis surtout, il n’est pas à l’abri que ces pignoufs se pointent à l’Elysea pour demander à Ravka s’il est bien au courant de qui il se tape.

Ugh, non, ce serait catastrophique. Alors il a opté pour une semi-vérité, en déclarant que Heath a un soft spot pour les cas sociaux et qu’en apprenant qu’il aimait la cuisine, a décidé de lui enseigner un peu ce qu’il sait. Le type de la BPM a arqué un sourcil surpris, un peu comme s’il se demandait si une telle générosité pouvait réellement exister et Mylan a dû se retenir de rire, parce que Heath est tout ça et bien plus encore. Il lui a posé d’autres questions nulles, des trucs qu’il a écouté qu’à moitié, attendant plutôt de savoir avec une certaine angoisse, s’ils allaient lui demander de faire quelque chose « pour le gouvernement » cette fois. Heureusement, il semblerait que la guerre rende la torture d’Insurgés et tout un tas d’autres choses obsolètes alors c’est avec un geste las de la main que le type l’a congédié.
Il s’est donc dépêché d’aller chez Belcher pour ne pas être en retard au boulot, pour trouver son patron effondré dans son bureau, la Gazette du Sorcier serrée dans sa main, le nom de son gamin parmi la liste des Insurgés retrouvés morts à Pré-au-Lard. Mylan l’a écouté dire d’une voix étranglée qu’il avait passé ces trois dernières années à cracher le nom de son fils et à l’appeler traître pour conserver sa position et ne pas entraîner le reste de sa famille dans l’horreur. Il l’a écouté dire qu’il aurait dû le rejoindre et qu’il n’a pas été un bon père. Il l’a écouté jusqu’à être en retard pour chacune de ses livraisons et quelques clients ont promis de se plaindre, mais il sait que cette fois, Belcher n’y fera pas attention.

La perspective de se rendre chez Heath après le boulot a permis à Mylan d’affronter cette journée un peu étrange. Quand l’heure est enfin venue, il s’est assuré que son patron tenait le coup, et le type l’a chassé de son ton bourru habituel. Alors il a quitté l’entrepôt et s’est mis en marche en direction de chez Ravka. C’est là qu’ils sont entrés en scène. Trois types visiblement ravis de tomber sur Chains dont on dit qu’il se trimballe sans arme et avec une baguette qui ne sert pas à grand-chose. Le premier sort a fait voler exploser une caisse en bois juste à côté de lui et les éclats sont venus lui érafler toute une partie du visage et du cou. Heureusement, il a eu le réflexe de fermer les yeux, s’évitant probablement d’en perdre un au passage et après… après il ne sait plus trop ce qui s’est passé, exactement. Particulièrement agacé d’être mis en retard par ces trois abrutis qui n’ont visiblement pas compris qu’il n’était plus le Numéro Deux des Shadow Moses et que ça ne leur apporterait rien de lui faire la peau, Mylan n’a pas hésité avant de leur rentrer dedans. Il n’a jamais eu besoin de sa baguette pour faire des ravages et ça, ils auraient probablement dû s’en rappeler avant. Il a rapidement réussi à en mettre un au tapis, son poing s’abattant durement sur la tempe du gars qui s’est effondré, complètement sonné. Les deux autres lui ont donné plus de fil à retordre et Mylan a pris plus d’un coup, avant que des gens ne soient attirés par tout ce raffut.
Alors il n’a pas hésité avant de filer. La dernière chose dont il a besoin, c’est de se faire prendre en train de se battre alors il a planté les deux autres là et s’est lancé à toute vitesse dans les rues, pour leur échapper et surtout, ne pas être vu.
Il a fait des détours et a fini par s’arrêter, complètement hors d’haleine, une fois certain qu’il les avait semés. Une fois son souffle repris, Mylan a avisé son reflet dans la vitrine d’une boutique et a grimacé. D’abord, il a perdu son écharpe dans tout ce merdier et ça fait chier, parce qu’il en avait qu’une et il avait déjà mis un moment à s’la payer. Putain. Ensuite, il a plein de petites coupures sur le visage à cause des éclats de bois et ça lui donne vraiment un air d’abruti. Sa lèvre inférieure est fendue aussi, alors il tente d’essuyer le sang avec la manche de sa veste. Qui est également dans un sale état.

Bordel mais quelle bande de cons. Et merde, de combien de temps il est en retard maintenant ? Ugh, il les déteste. Mylan hésite. Il ne peut pas se ramener chez Heath dans cet état, qu’est-ce qu’il va penser ? Et en même temps, il n’a aucun moyen d’annuler sans lui poser un véritable lapin et ça, c’est hors de question. Heath s’est probablement déjà lancé dans la préparation de ses plats et il sait maintenant que s’il n’est pas là pour les manger, ce n’est pas lui qui en profitera. En plus, Ravka compte sur lui et après une journée pareille, Mylan a bien besoin d’un bon repas et du sourire du cuistot.

Double UGH. Bon, ok, il trouvera bien une excuse sur le chemin. Sans plus attendre, c’est au pas de course qu’il se dirige vers l’appartement de Heath et finit enfin par toquer à la porte. Cette dernière ne tarde pas à s’ouvrir presque brusquement, lui tirant une grimace parce qu’il doit vraiment être en retard, il n’a pas de montre et la dernière fois qu’il a tenté de vérifier l’heure avec sa baguette, cette merde lui a dessiné un cadran vide. Génial. Quand il voit le visage de Ravka apparaître, Mylan esquisse un grand sourire et fait de son mieux pour ignorer sa bouche entrouverte et son regard qui parcourt son visage. « Yo ! » lance-t-il joyeusement. Faire comme si rien ne s’était passé, super plan Rhee, non vraiment. « Entre, » répond-il, probablement à court de choses à dire et il s’écarte, laissant la place à Mylan pour pénétrer dans l’appartement.
Il entre donc et s’apprête à ôter ses chaussures, mais se fige en voyant que Ravka le fixe sans bouger, dans l’étroite entrée et il se sent subitement très nerveux, sous son regard inquisiteur. « Ça doit être… désagréable. » Mylan fronce les sourcils. « Oh, tu ne te rends probablement pas compte, » marmonne-t-il aussitôt et AH. Le jeune homme passe une main dans sa nuque, avec une petite grimace. Non en effet, il ne s’en rend pas compte. Il sait qu’il a pris au moins deux mauvais coups au visage, la mâchoire et la lèvre, en plus des éclats de bois. Il en a probablement pris d’autres à l’abdomen, mais il ne saurait dire combien et ne pourra pas tellement savoir à quel point il a pris cher avant de jeter un œil. Techniquement, il dirait rien de trop grave, les types qui l’ont attaqué n’étaient clairement pas très habitués, ils ont perdu leurs moyens dès que Mylan s’est lancé au corps à corps. « Ce serait quand même mieux de désinfecter, si tu ne l'as pas encore fait. » Le jeune homme a un petit sourire gêné.

« Euh, non, j’étais déjà en retard alors je—j’suis venu directement, » marmonne-t-il en détournant le regard. Et de toute façon, à part se passer un coup de flotte sur le visage, il n’aurait pas fait grand-chose chez lui puisqu’il n’a rien pour se soigner, là-bas. Les potions coûtent plus cher que jamais, en ce moment. « J’suis désolé pour le retard, j’ai eu, hm. Un imprévu. » Oh mais elle est vraiment géniale cette excuse Mylan, continue comme ça champion. « J’aurais p’t’être pas dû v’nir comme ça, désolé, mais je—‘fin j’ai pas de hibou ou quoi alors j’aurais pas pu t’prévenir et j’voulais pas te planter alors… voilà. » Il se dandine d’un pied sur l’autre, dans cette espèce de danse ridicule qu’il fait à chaque fois qu’il se sent gêné et qu’il n’arrive pas à tenir en place. « Mais t’inquiète pas hein, de toute façon j’sens rien, » qu’il rit un peu stupidement. « J’ai l’habitude alors-- » Il se tait, fronce les sourcils. « Enfin non, j’ai pas l’habitude, bien sûr que j’ai pas l’habitude, c’est ridicule, pourquoi j’aurais l’habi-- » Mylan ferme brusquement la bouche en réalisant que non seulement il s’enfonce, mais qu’en plus, ce qu’il dit est probablement loin de rassurer Heath et de le pousser à laisser tomber. « J’veux bien, » qu’il finit par croasser, embarrassé. « Si tu as de quoi désinfecter ça et si—enfin, si ça te dérange pas, j’veux bien. » Voilà, et il pouvait pas se contenter de dire ça, plutôt que de baragouiner des conneries ? Ce qu’il peut être débile bon sang.

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WIZARD • always the first casuality
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‹ particularité : géokinésiste, du fait de mes racines nivkhes (indigènes de russie ayant longtemps subi l'occupation japonaise). Mais j'ai perdu mon père à 14 ans et mon apprentissage est resté incomplet — relativement instinctif et peu utilisé.
‹ faits : ma mère, française naturalisée britannique, est une ancienne Oubliator, hospitalisée à Janus Thickey à cause de de graves séquelles dues à son métier. • mon frère cadet, Aspen, a été adopté juste avant mon départ, mais a été officiellement déclaré né-moldu selon le statut de sang de ses parents adoptifs. La famille a été décimée durant la guerre et il s'est retrouvé à la rue. Je tente de renouer le contact avec lui, en dépit des griefs qui nous séparent depuis que je suis parti en le laissant derrière. • uc. • • • • •
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Mylan + strangeness & charmLife is chances that are taken, but nothing's ever broken. They're just pieces on the ground, new hands need to build them.

Il y a quelque chose qui le travaille. Arrière-pensée, impression ténue. Les questions se bousculent à ses lèvres et il se mord le bout de la langue pour en retenir le flot, perturbé de ne pas parvenir à mettre le doigt sur l'élément qui le travaille. L'espace d'un instant il se perd presque dans la proximité forcée par l'étroitesse du passage, mais où que se pose son regard des éraflures le renvoient à l'instant présent — des ombres violacées ternissant la peau pâle à la lippe entaillée qui s'ourle en un sourire gêné. « J’suis désolé pour le retard, j’ai eu, hm. Un imprévu. » Heath grimace (il le prend un peu pour un idiot, right ?). Réplique Je vois ça, lève une main par réflexe, mais elle flotte seulement au dessus de la mâchoire bleuie de Mylan sans oser toucher la chair meurtrie, avant qu'il ne laisse retomber son bras. Un imprévu, hm ? J’aurais p’t’être pas dû v’nir comme ça, désolé, mais je—‘fin j’ai pas de hibou ou quoi alors j’aurais pas pu t’prévenir et j’voulais pas te planter alors… voilà. Il hoche la tête, front froissé d'un pli soucieux. Ne dis pas n'importe quoi, bien sûr que tu as bien fait de venir, offre-t-il un peu machinalement, mais il ne le pense qu'à... moitié. Il n'a pas vraiment le temps ou la tête à s'attarder sur des soucis de ce genre, mais tout à la fois, il ne peut s'empêcher de penser que s'il ne ressent pas la douleur, Mylan n'aurait probablement pas pris soin de lui-même s'il était rentré directement chez lui-

C'était ça, le malaise. Le fait qu'il assume ladite situation avec une gêne seulement due au regard de Heath, mais une sorte de nonchalance et de détachement donnant l'impression qu'il ne deale pas avec un tel problème pour la première fois. Pas de choc, d'inquiétude, de coup d'oeil méfiant par-dessus l'épaule ; en somme, tout sauf l'angoisse d'un premier passage à tabac. Un habitué des bagarres, alors ? A bien des égards Rhee Mylan n'est pas le genre de sorcier qu'il a coutume de côtoyer. Peut-être devrait-il être plus prudent ? Cesser une bonne fois de se laisser amadouer par l'aspect presque innocent et surtout juvénile qu'il est bien placé pour savoir parfaitement erroné. Un coup d'oeil aux phalanges le lui confirme : abîmées elles aussi, d'une façon dénonçant des coups portés. Et comme de fait : J’ai l’habitude alors-- il hausse haut les sourcils, tandis que Mylan revient rapidement sur ses mots. Enfin non, j’ai pas l’habitude, bien sûr que j’ai pas l’habitude, c’est ridicule, pourquoi j’aurais l’habi-- M'kay, si tu le dis. Ce n'est pas crédible évidemment, pas convaincant, simple replâtrage après un dérapage malheureux. Le sourire que force le cuistot est perceptiblement tendu, tandis qu'il oscille entre deux réactions. Une part de lui souhaiterait éviter les problèmes à tout prix. C'est la plus consistante bien sûr, la plus conséquente, celle qui lui souffle qu'il n'a pas besoin d'un délinquant sous son toit. Il était déjà suffisamment dépassé en voyant l'état d'Aspen lorsqu'il la surpris chez lui en pleine nuit ; mais là, c'est encore autre chose. C'est un type qui l'a déjà fait chanter une fois, et qui après le boulot règle visiblement des comptes avec des brutes — ou du moins, c'est l'impression qu'il lui donne à cet instant. Et peut-être que le plus simple serait de mettre Rhee Mylan à la porte avant de se retrouver une fois de plus mêlé à ses méthodes peu conventionnelles. Et si ceux qui l'ont mis dans cet état l'avaient suivi jusqu'ici ? D'accord — il y a échappé cette fois. Mais à une autre occasion ? (Et l'autre part est celle, insensée, qui se laisse attiser par le mystère qu'est Mylan, par les pièces de puzzle qu'il révèle à mesure qu'ils se côtoient ; le problème est qu'il se demande si le tableau qu'elles révèlent ne risquent pas de le décevoir). J’veux bien, lâche finalement Mylan d'une voix étranglée et Heath exhale l'air qu'il n'avait pas conscience d'avoir retenu, pensant seulement damn, parce qu'il en était plutôt, à ce stade, à chercher un moyen de le reconduire poliment en direction de la porte... Mais — « Si tu as de quoi désinfecter ça et si—enfin, si ça te dérange pas, j’veux bien. » Il ne sait pas ce qui fait vraiment effet ; les lèvres de Mylan qui s'incurvent vers le bas en une moue dépitée, comme s'il se blâmait d'avoir formulé sa réponse de la pire façon possible, ou son attitude même ? Il est... attachant. Reste une certaine réticence cependant, difficile à masquer. J'ai ce qu'il faut oui. Il n'est pas spécialement précautionneux, plutôt oublieux dans son genre à vrai dire, mais il a fini par se constituer un kit de soins d'urgence décent à l'époque de son service obligatoire, nécessité oblige...

Oh. C'est peut-être ça, l'imprévu ? Service obligatoire ou autre inconvénient lié à la guerre : les rues n'ont rien de sûr, peut-être Rhee est-il simplement habitué à sillonner des quartiers un peu risqués de la ville. Peut-être a-t-il eu droit à plus d'une rencontre malheureuse avec des sorciers peu scrupuleux cherchant quelqu'un à dépouiller. Ou même à des types l'ayant ciblé depuis un moment, qui sait ? Il n'aurait pas dû sauter aux conclusions, le juger sans fondements. Heath se fustige silencieusement et cette idée le rassure, le détend considérablement. C'est visible, à sa posture moins crispée, plus naturelle ; comme pour se faire pardonner, il hoche résolument la tête, pose une paume entre les omoplates de Mylan pour l'entraîner vers la salle de bains et s'attelle aussitôt à récupérer de quoi s'occuper des coupures et faire disparaître les bleus. Indifférent aux protestations du coréen, il le pousse à s'asseoir sur le rebord de la baignoire et tape légèrement son pied du bout du sien à deux reprise, le poussant à écarter suffisamment le genou pour pouvoir se rapprocher. Du bout des doigts il récupère de l'onguent pour l'apposer sur l'un des bleus qui se forment, un peu brusquement au départ puis avec la même délicatesse employée pour peaufiner un dressage (ce n'est pas parce que Mylan ne ressent pas la douleur qu'il doit y aller comme un burin, non ?). La texture froide et soyeuse pénètre la peau presque instantanément, la colore brièvement avant de lui rendre sa teinte naturelle, et Heath sourit pour lui-même, satisfait, avant d'enchaîner sur une autre parcelle d'épiderme. Tu t'es roulé dans des barbelés ? Des barbelés avec des poings, ouais. Il s'applique à garder un ton léger cependant et à lui laisser la possibilité de ne pas en dire plus qu'il ne le souhaite. Après tout, ils ne se connaissent pas depuis longtemps, il n'est probablement pas la personne à qui Mylan voudrait parler de ses tracas s'il en a. A propos de ce que tu disais tout à l'heure... tu as bien fait de venir, tente-t-il d'un ton qui se veut rassurant, puisque sa posture renvoyait précisément le message inverse. Je veux dire, ça ne me dérange pas. Si je peux aider- il hausse les sourcils, sous-entendant peut-être "ce n'est pas un problème" ou encore "n'hésite pas, si ça arrive à nouveau", il ne sait pas trop lui-même. Il recule un peu le buste pour admirer le travail, puis referme le bocal. Enchaîne avec une potion très liquide, désinfectante, qu'il applique au coton, avant de récupérer sa baguette, tournant le menton de Mylan pour la faire glisser le long des coupures, sort de soin basique. Je n'en fais même pas autant pour moi-même, remarque-t-il, coinçant brièvement le bout de sa langue entre ses dents sous le coup de la concentration, alors qu'il s'attarde sur le sourcil bien ouvert qui lui donne un peu plus de fil à retorde. Un poil au-delà de ses compétences en terme de soins. Et ça le fait légèrement rire, parce que ce n'est pas vraiment lui, d'être prévenant, ou de s'occuper autant de quelqu'un d'autre. Mais j'ai un peu réfléchi à ta... particularité ? Et je me dis que c'est sûrement risqué, non ? Si tu ne prends pas conscience de la gravité d'une potentielle blessure, notamment si elle s'infecte. ça le rend curieux, ce n'est pas fréquent de croiser des personnes qui ne ressentent pas le mal. Au début je me suis dit que tu étais un sacré chanceux, mais plus j'y pense plus j'ai l'impression que ça doit plutôt être un fardeau. J'aurais probablement fini complètement paranoïaque à ta place. A ne rien oser de peur de se blesser, superficiellement ou pire — le plus gros risque vient probablement des atteintes non visibles, touchant par exemple des organes. Il se demande comment ça marche, s'il y a des limites, s'il lui arrive de se sentir au moins malade ou s'il ne s'en aperçoit pas jusqu'à finir inconscient. Mais il préfère ne pas le bombarder de questions déplacées, pudeur excessive très typique de son caractère.

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- memories crumbling like dried leaves. -

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(OCT-NOV. 2003) MYTH † strangeness & charm.

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