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sujet; (MARCH 30TH, 2003) no other place to go # lizmon

PRISONERS • bloodstains on the carpet
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‹ inscription : 07/10/2016
‹ messages : 165
‹ crédits : mathy.
‹ dialogues : #669966


‹ âge : trente-huit ans
‹ occupation : ancienne juge à la cour de justice magique
‹ maison : Hufflepuff
‹ scolarité : septembre 1977 et juin 1984.
‹ baguette : est en bois de frêne, contient un crin de licorne et mesure 31 centimètres.
‹ gallions (ʛ) : 687
‹ réputation : je suis mystérieuse, que je ne sais pas ce que je suis, ni ce que je veux. A une époque j'étais tant de choses, mais à présent, je ne suis plus rien. Ils ne parlent plus de moi, et c'est tant mieux.
‹ faits : j'ai travaillé pour l'Ordre du Phénix ; à mes yeux, ma sœur est morte ; j'ai subi un lavage de cerveau après l'exécution des rebuts à cause de mes penchants insurgés ; après ça, j'ai changé de camp et me suis alliée au Magister avec l'ambition de devenir Mangemort ; après l'accident de St-Mungo les manipulations du brainwashing se sont déliées et j'ai commencé à retrouver mes souvenirs ; je me suis battue aux côtés des Mangemorts pendant la bataille finale et ai tué un insurgé avant de fuir ; en découvrant un article sur l'emprisonnement de ma soeur - vivante - j'ai décidé de me livrer aux autorités et me suis retrouvée en prison
‹ résidence : une cellule partagée avec eirene mayfair à azkaban
‹ patronus : une colombe mais aujourd'hui, je n'arrive plus qu'à produire une lueur argentée tremblante
‹ épouvantard : un insurgé sa baguette pointée sur moi et le corps de ma soeur derrière eux.
‹ risèd : mon propre visage, tout du moins celui de Kate, car nous sommes parfaitement semblables et que la revoir est la chose que je désire le plus.
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Now take me home
Take me home where I belong
I got no other place to go
Now take me home
Take me home where I belong
I can't take it anymore

(MARCH 30TH, 2003) Puisant son énergie dans la propension des hommes à mentir et à avoir des secrets, la solitude restait rarement une simple hypothèse. Se propageant doucement, implantant ses racines un peu partout, envahissant peu à peu chaque parcelle du cerveau, de la tête puis du corps tout entier, ce sentiment était trouble, obscur, aliénant. Il rendait fou, il rendait paranoïaque, il détruisait tout ce que l’existence pouvait faire de beau. Il s’étendait, s’accrochait, devenait une seule et unique entité. La solitude. Uniquement la solitude … Cette impression était telle que même entourée d’autres personnes, on se sentait désespérément seul. Elle se sentait désespérément seule. Sa conscience n’avait pas accepté la réalité. Elle refusait d’admettre que sa sœur était morte et qu’elle n’existerait plus autrement qu’à travers son propre reflet. Elle avait essayé, pourtant, de se convaincre que Katherine n’était plus de ce monde et qu’il était temps de tourner la page, mais elle n’y arrivait pas … A chaque fois qu’elle s’y risquait, elle était prise d’une crise de panique. Son esprit se mettait alors à débattre avec lui-même pour défaire le vrai du faux, et finissait par délirer sans réussir à une conclusion plausible. Oublier était son seul désir, mais quoi qu’elle fasse, l’anomalie revenait toujours. C’était comme si Katherine vivait à travers elle. Ces doutes et ces questionnements la fatiguaient. Dans ces moments-là, elle ne trouvait du réconfort qu’à travers les constantes de sa vie : son appartement, son travail et Simon. Ami du passé, il l’aidait à maintenir son équilibre mental et réussissait bien malgré lui à l’apaiser lorsque son cerveau partait en vrille. Il était la seule personne vivante qui apparaissait clairement dans ses souvenirs et arrivait à disperser ses inquiétudes. Ils avaient toujours partagé une relation très spéciale, et même si aujourd’hui, ils n’étaient plus en couple, elle continuait à l’aimer d’une manière très particulière, d’une profonde amitié, d’une grande fidélité … Il était devenu sa bouée dans cet océan d’incertitude. Parfois, instinctivement, ses jambes la portaient jusqu’au Centuries et elle y restait jusqu’au petit matin à discuter avec lui, ou simplement à le regarder succomber à ses vices. De temps en temps, elle essayait de le modérer, d’autres fois, elle cédait également. Mais jamais elle ne quittait la boîte avant que son esprit n’ait retrouvé un peu de clarté.

Perchée sur ses talons, elle se balançait d’une jambe à l’autre en serrant autour d’elle les pans de son long manteau noir. Elle détestait attendre. Dans le froid qui plus est. Les clients semblaient s’être donné le mot et avaient tous décidé de se rendre au Centuries ce soir. Peut-être y avait-il un événement ou un groupe spécial à l’intérieur … Elle s’en fichait, tout ce qui lui importait était de rentrer et de retrouver Simon. Elle avait tenté de forcer le passage, de passer devant tout le monde, mais aujourd’hui, ils n’avaient pas voulu, on lui avait interdit l’accès et lui avait demandé d’un ton assez désagréable de faire comme tout le monde et de rejoindre la file d’attente. Elle aurait pu se révolter, elle aurait pu invoquer son lien avec Simon, mais au fond, elle était beaucoup trop fatiguée pour parlementer avec des personnes qui n’en avaient que faire de sa santé mentale. Elle avait donc rejoint la file sans rechigner et avait attendu comme tout le monde. Le temps passait très lentement, et elle commençait à geler sur place. D’ordinaire, les températures londoniennes remontaient doucement, à cette période de l’année, mais bizarrement cette nuit ressemblait plus à une nuit d’hiver qu’à un début de printemps. Soufflant dans ses mains pour les réchauffer, se frottant le bout du nez, elle commençait à s’impatienter. A quand remontait sa dernière visite ? Elle n’en était plus vraiment certaine. Ces derniers temps, cependant, elle voyait Simon plus souvent qu’habituellement. Elle semblait naïvement s’accrocher à l’idée qu’ils avaient besoin l’un de l’autre, même si leur personnalité n’en donnait pas l’impression. « Avancez, s’il vous plait ! » Elle fit quelques pas en avant. « Vous pouvez y aller. » Elle haussa les épaules, ne remercia même pas le vigile et pénétra à l’intérieur. Immédiatement, un souffle d’air chaud l’enveloppa et une odeur mêlant sueur, alcool et drogue lui chatouilla le nez. Elle retira son manteau et passa devant le vestiaire sans s’y arrêter. Le choc de température lui donna des maux de tête et ses oreilles sifflèrent, mais sa priorité était de trouver son ami, alors elle parcourut la salle d’un pas rapide et se dirigea immédiatement vers les escaliers qui menaient au sous-sol. Elle n’accorda même pas un regard pour ces jeunes de l’Elite qui pullulaient et buvaient jusqu’à l’ivresse, elle écouta à peine la musique qui se répandait dans toute la boîte, son seul objectif était de retrouver Simon. Sachant pertinamment qu’elle n’avait aucune chance de le trouver au milieu de cette marmaille d’adolescents et de gens de l’Elite, elle descendit rapidement les marches qui la mèneraient vers l’étage inférieur. Elle poussa la porte du bureau sans même frapper et pénétra à l’intérieur. Jetant ses affaires dans un coin, elle partit dans un monologue avant même d’adresser un regard à Simon, qu’elle savait pourtant dans la pièce. « Je te conseille de te débarrasser de ton videur ! Il a osé me faire poireauter dehors pendant – elle réfléchit, regarda ses mains et poursuivit – trop longtemps ! Depuis quand je n’ai pas le droit d’entrer avant tous les autres ? » Elle était d’une humeur massacrante et était venue pour se plaindre, alors elle se plaindrait. « Pourquoi ils sont aussi sélectifs ce soir ? Ce n’est pas une soirée spéciale, pourt—  » Son regard venait de se tourner vers Simon. « Par Morgane, par Merlin et par tous les ronflaks de la terre, qu’est-ce qu’il t’est arrivé ? » Elle le dévisageait avec inquiétude, s’avançant lentement vers lui. Son visage était tuméfié et certaines plaies étaient encore apparentes. Il semblait dans un piteux état, encore pire que la dernière fois. Il n’avait plus rien du Simon avec qui elle riait en cours de potions, ou celui qui ressortait le visage plein de suie après avoir fait éclater un énième chaudron. Il avait changé … et même si le souvenir qu’elle gardait de lui était très clair, elle savait que ce monde avait emporté dans sa déchéance leur innocence d’antan.

Spoiler:
 

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    There should be no boundaries to human endeavor. We are all different. However bad life may seem, there is always something you can do, and succeed at. While there's life, there is hope.
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‹ crédits : tplrs (avatar), tumblr (gifs).
‹ dialogues : #669999.


‹ liens utiles :
‹ âge : trente-huit ans (24/05/66).
‹ occupation : criminel, propriétaire déchu du Centuries.
‹ maison : Serpentard.
‹ scolarité : 1977 et 1984.
‹ baguette : brisée.
‹ gallions (ʛ) : 2797
‹ réputation : il n'est plus rien, l'héritier réprouvé d'une famille presque extincte, indigne de toute confiance et bon à moisir dans les geôles d'Azkaban.
‹ faits : toujours considéré comme une ordure remplaçable, dans le clan désuni de Voldemort, Rosier est désormais perçu comme un lâche ayant déserté avant la bataille finale. Un monstre qui a abusé de la confiance d'une sorcière honnête (Anna), et un père indigne par-dessus le marché. Nombreux sont ceux qui auraient aimé maintenir la peine de mort jusqu'à ce qu'il y passe.
‹ résidence : Azkaban.
‹ patronus : un vague filet argenté, sans forme ni consistance.
‹ épouvantard : un précipice.
‹ risèd : une plage, avec Anna et Charlotte.
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Can't leave me alone
No I don't belong to anyone, But I wish I did, Then maybe I won't feel the shame, Then maybe I could cherish my name. I wish you'd stop me Before I go and hurt myself again, Before I have to try to explain. What have I done?

Anna était enceinte.
Anna était enceinte.
Anna. Était. Enceinte.
Ce connard de Grimaldi lui avait collé une sacrée raclée, et lui, sombre con, qui avait toujours sous-estimé cet avorton. (Il avait voulu défendre Anna. Geste louable, justifié. Il en fallait bien un.) Rosier n’avait pas pris la peine d’user de sa magie pour ré-arranger sa sale gueule, au contraire, il portait cette tronche tuméfiée comme un rappel de sa culpabilité : il avait abandonné sa compagne, son enfant à naître, et la nouvelle l’avait laissé dans un tel état qu’il ne se sentait même pas assailli par les remords. Au contraire ; quelque part, il espérait que son départ pousserait Anna à prendre la bonne décision. Il se le répétait jour et nuit, ce bébé n’avait de place ni dans sa vie, ni dans ce monde, et rien ne réussirait à le persuader du contraire, surtout pas les coups de sang de Matteo. Sa mâchoire craqua. Echoué dans la méridienne de son bureau, une dard de Billywig encore fiché dans un bras criblé de croûtes, il somnolait à moitié, ne réagissant que lorsque la porte s’ouvrait — à la volée, comme d’habitude, car personne dans ce putain d’établissement n’était prédisposé à frapper. Et c’est ce qu’il braillait à chaque fois. La veille, il avait jeté une bouteille vide dans la tête d’une serveuse, qui l’avait évitée de justesse. La pauvre fille déposait simplement un repas qu’il avait commandé, et avait décampé aussitôt. Il avait oublié de manger en plus.
Il empestait l’alcool après s’être renversé son verre de whisky dessus. Ses côtes le lançaient. Tu devrais aller à Sainte-Mangouste, lui avait-on lancé en le découvrant, et il avait répondu, pourquoi faire. (Grimaldi s’en était probablement mieux sorti que lui. Enfoiré.) L’alcool et ses restes de Navitas avaient apaisé la douleur qui lui lacérait le dos, mais ce n’était pas le traitement adéquat, et tôt ou tard, il ne pourrait éviter une visite chez son médicomage, qui, il le savait déjà, pousserait un soupir las lorsqu’il se pointerait sur le pas de sa porte. Toutefois, trop embrouillé pour remuer ne serait-ce que le petit doigt, il se vautra davantage contre l’oreiller glissé derrière sa tête et alluma maladroitement une cigarette, son cendrier trônant sur l’estomac. Il était bien, là, à l’abri, dans son petit monde déglingué où ses seules compagnes s’appelaient Vodka, Firewhiskey et Bourbon. Il était mieux ici qu’ailleurs, loin d’Anna, et de ses responsabilités. Personne ne viendrait l’emmerder ou lui demander des comptes ; et il comptait bien se terrer dans son bureau jusqu’à ce qu’il oublie lui-même que l’on portait son enfant, quelque part.
La lourde porte claqua de nouveau contre le mur avant de se refermer toute seule sous la violence du choc, et il ne tint plus, tâta le sol du bout des doigts à la recherche de sa baguette, prêt à en découdre avec cet énième intrus. « LA PORTEJe te conseille de te débarrasser de ton videur ! Il a osé me faire poireauter dehors pendant trop longtemps ! — The fuck Liz!  » Une tornade rousse s’était engouffrée dans la pièce, et pendant un bref instant, il crut apercevoir le profil d’Anna — mais ce timbre de voix si reconnaissable trahit sa vision. Depuis quelques temps, Elizabeth était redevenue une confidente régulière, un véritable psychomage même, lorsque Nastya n’était pas disposée à l’écouter geindre des heures durant (à juste titre). Il était si abruti par ses abus d’Orviétan qu’il songea, si j’avais épousé Lizzie, la vie aurait été plus simple. Son père n’aurait pas toléré qu’il ramène une sang-mêlée chez eux, encore moins qu’il lui passe la bague au doigts, surtout pas après que le patriarche ait fait des pieds et des mains pour fiancer son frère à une héritière française. « Puis si tu parles du grand, c’est Linus, et Linus est un bon videur… J’vire pas Linus. J’aime Linus. » Une pause. « T’imagines tu t’appelles Linus ? Linus… » Et il gloussa. « Depuis quand je n’ai pas le droit d’entrer avant tous les autres ? — Y a du monde, j’sais pas… il ricana, mais ce son désagréable mourut dans une toux sèche, suivie d’un affreux raclement de gorge. Puis arrêtez me de faire chier avec vos statuts d’privilégiés, tu rentres pas, tu rentres pas, point barre… » Fort heureusement, elle remarquera qu’il était arraché et ne lui tiendra pas rigueur de sa grossièreté — non pas qu’il soit réputé pour sa bienséance. « Pourquoi ils sont aussi sélectifs ce soir ? Ce n’est pas une soirée spéciale, pourt—J’sais p–Par Morgane, par Merlin et par tous les ronflaks de la terre, qu’est-ce qu’il t’est arrivé ? C'est quoi un ronflak? » Il se redressa lentement malgré son rachis endolori, et le cendrier s’écrasa par terre, répandant mégots et particules grisâtres sur le tapis, « j’ai énervé la mauvaise personne, » les semelles de ses pompes touchèrent le sol, « j’ai mal, » un coude sur le genou, il massa sa nuque raide, « j’ai une propension à énerver les gens, j’crois, c’est pas ma faute. » (Oh si, connard.) Ses billes azures se braquèrent sur le visage inquiet de Lizzie — celle-ci s’était approchée, et il balaya ses appréhensions d’un mouvement de la tête. « Je vais bien, t’en fais pas. Qu’est-ce que tu viens faire ici ? T'es pas venue danser. J’ai rien à manger en plus. Tu veux du whisky ? J’ai des patacitrouilles sur le bureau. » Une pause songeuse. « Attends, amène-les patacitrouilles s’il te plaît. J’ai la dalle. En échange, j’te mets sur la liste VIW jusqu’à la fin de tes jours. » en temps normal, il aurait ajouté une connerie qui aurait ressemblé à, tu seras la marraine de mon gamin, le témoin de mon mariage (une plaisanterie d’adolescents puérils qu’ils se lançaient parfois à Poudlard), mais se retint au bon moment, conscient que ce qu’il considérait autrefois comme une autre dimension — son éventuelle paternité — était maintenant la réalité.

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Been gone too long, so don't wait up, it's 3am, I got held up, Tried to call, I'm on my way. Will I see you? I've got lost in foreign lands, Tried to get back, oh, I hoped you understand, Just remember the love is a gun in your hand
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‹ âge : trente-huit ans
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‹ maison : Hufflepuff
‹ scolarité : septembre 1977 et juin 1984.
‹ baguette : est en bois de frêne, contient un crin de licorne et mesure 31 centimètres.
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‹ réputation : je suis mystérieuse, que je ne sais pas ce que je suis, ni ce que je veux. A une époque j'étais tant de choses, mais à présent, je ne suis plus rien. Ils ne parlent plus de moi, et c'est tant mieux.
‹ faits : j'ai travaillé pour l'Ordre du Phénix ; à mes yeux, ma sœur est morte ; j'ai subi un lavage de cerveau après l'exécution des rebuts à cause de mes penchants insurgés ; après ça, j'ai changé de camp et me suis alliée au Magister avec l'ambition de devenir Mangemort ; après l'accident de St-Mungo les manipulations du brainwashing se sont déliées et j'ai commencé à retrouver mes souvenirs ; je me suis battue aux côtés des Mangemorts pendant la bataille finale et ai tué un insurgé avant de fuir ; en découvrant un article sur l'emprisonnement de ma soeur - vivante - j'ai décidé de me livrer aux autorités et me suis retrouvée en prison
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‹ épouvantard : un insurgé sa baguette pointée sur moi et le corps de ma soeur derrière eux.
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« Puis si tu parles du grand, c’est Linus, et Linus est un bon videur… J’vire pas Linus. J’aime Linus. T’imagines tu t’appelles Linus ? Linus… » Il n’eut pas à en dire plus, elle reconnaissait à son ton et à ses gloussements, l’irraisonnable toxicomane qu’il était. Il n’avait pas toujours été ainsi. Elle se rappelait du garçon qui lui lançait des regards malicieux, celui qui mettait furtivement une baie supplémentaire de gui dans sa potion pour que le chaudron lui éclate à la figure, celui-ci même qu’elle avait aimé sans distinction de sang, de famille ou de maison. Ils étaient aussi différents qu’ils étaient semblables. Ils étaient le passé … Elle ne saurait dire exactement quand tout cela avait basculé. Était-ce après leur rupture ? En tout cas, ils savaient. Ils étaient à la croisée des chemins. Ils étaient destinés à tant de choses, mais pas à être ensemble. Quelques mots, un sourire, un baiser, une étreinte, un regard et il en était fini de leur histoire. Aucun long discours n’aurait pu concurrencer ces actes. Ils étaient un idéal du passé et l’avenir les avait emportés. L’un dans l’ombre, l’autre dans le brouillard. Il était alcoolisé, drogué, peut-être même un peu dépressif, mais il était aussi ce qui ressemblait le plus à une famille pour elle, en ce moment. Alors elle fermait les yeux. Elle feignait de ne pas entendre les ricanements grotesques, la toux inhabituelle, les accès de colère, l’euphorie paradoxale … Il était son ami, il était sa béquille, il était son ancre. Peu importait tous ses défauts, l’obscurité n’avait emporté que des parcelles de ce qu’il était ; pour elle, il restait la lumière qui la guidait à travers ses doutes.

« Y a du monde, j’sais pas… Puis arrêtez me de faire chier avec vos statuts d’privilégiés, tu rentres pas, tu rentres pas, point barre… Shut up, Rosier ! » Elle avait dû inconsciemment accélérer ses allers-retours dans le bureau pour calmer ses nerfs car, lorsqu’elle posa enfin ses yeux sur son ami, il lui apparut flou. Rêvait-elle ? Avait-il vraiment le visage tuméfié ? Lui manquait-il vraiment une dent – peut-être même plus ? Il était amoché comme jamais et rien n’aurait su la rassurer en cet instant. « C'est quoi un ronflak ? » Pas même sa puérilité et sa naïveté quotidiennes. Elle l’avait vu dans bien des états, mais ainsi jamais. Elle s’inquiétait. Elle s’inquiétait de ce qu’il devenait, de ce qu’il faisait, de ce qui lui arriverait. Elle ne devrait pas. Qui était-elle après tout ? Pas sa mère, pas sa sœur, pas sa femme. Elle n’était rien. Elle n’avait aucune raison de lui faire un sermon, de le juger, de lui demander de changer. Elle n’avait pas plus de raisons de prendre soin de lui, de le surveiller, de le soigner. Pourtant, elle était là, et elle en avait envie. Parce que s’il n’était plus là, elle serait seule. Parce que s’il se laissait aller dans ses excès il mourrait et l’abandonnerait. Alors elle restait. Elle avançait lentement, levant doucement les bras pour les tendre vers lui. Il essayait de s’expliquer, de se justifier : « J’ai une propension à énerver les gens, j’crois, c’est pas ma faute. » Mais aucun argument ne saurait la rassurer. Elle le fixait, le dévisageait, angoissait. Mais lui, balayait cette attention d’un évasif signe de tête, comme s’il voulait se punir, comme s’il le méritait, comme si tout allait bien. « Je vais bien, t’en fais pas. Qu’est-ce que tu viens faire ici ? T'es pas venue danser. J’ai rien à manger en plus. Tu veux du whisky ? J’ai des patacitrouilles sur le bureau. » Mais tout n’allait pas bien. Elle se sentait mal, encore plus mal que lorsqu’elle était arrivée. Elle le voyait s’autodétruire, se contenter de son mal, s’enterrer dans ses vices, et ça elle ne le supportait pas. Une part d’elle voulait être compréhensive, seulement pour lui rendre un millionième de ce sentiment d’appartenance qu’il lui apportait inconsciemment, mais sa profonde amitié se refusait à accepter ce qu’elle voyait comme une fatalité. Elle voulait lui apporter son aide. Elle voulait qu’il s’en sorte. Elle voulait qu’il se reprenne en main. Ses répliques étaient vides, ses questions étaient vides, cet échange était vide. Elle avait la sensation que les pistes étaient brouillées, que tout ce qui s’était passé dans cette pièce durant ces dernières minutes n’étaient d’une mystique illusion. Elle aurait aimé. « Attends, amène-les patacitrouilles s’il te plaît. J’ai la dalle. En échange, j’te mets sur la liste VIW jusqu’à la fin de tes jours. » Elle s’arrêta devant lui et ses bras retombèrent le long de son corps. Le désespoir la gagna. Il était irrécupérable.

« Et puis merde. » Ses doutes et ses inquiétudes se dispersèrent dans son esprit. Elle se dirigea vers le bureau pour attraper la boîte de friandises et la lança vers lui. « Allez, bouge ! » Elle le poussa un peu et s’affala à ses côtés en attrapant la bouteille de whisky à moitié vide pour en prendre une gorgée. Le liquide lui brûla la gorge et lui procura immédiatement un profond sentiment de confort. Elle reposa la bouteille entre eux deux et soupira. « Tu as vraiment une sale tête. » Son ton était doux mais avait retrouvé un certain détachement. Pas là pour le juger, pas là pour le changer, simplement pour parler et l’écouter. « Tu veux pas que j’te refasse la face ? » Elle avait déjà sorti sa baguette et tapotait le bout contre la paume de sa main. « J’étais super douée en métamorphose et ma sœur m’avait appris quelques trucs. Sans rire, tu fais trop peur là. C’est pas Halloween. » Voilà qu’elle s’y mettait. Les blagues, des taquineries, les puérilités. Elle jouait au même jeu que lui, mais tentait aussi subtilement de l’aider à se sentir mieux. « Vas-y ! Raconte ce qu’il t’est arrivé. Et ne me sors pas les vieilles répliques que tu ressors à tes collègues ou des inconnus … T’façon, tu m’dis rien et je te fais bien pire que – elle désigna son visage et ses plaies, fit une grimace et conclut – ça ! » Ils avaient toujours pu se confier l’un à l’autre sans filtre, ni tabou ; ce moment était à nouveau venu …

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