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sujet; QUINCEY (flashback) — somebody like you.

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(quincey) somebody like you
❝ I love you without knowing how, or when, or from where. I love you simply, without problems or pride: I love you in this way because I do not know any other way of loving but this, in which there is no I or you, so intimate that your hand upon my chest is my hand, so intimate that when I fall asleep your eyes close. ❞


26 DECEMBRE 1997. Elle a les mains qui suent et le souffle court - elle pense qu'elle va faire un arrêt cardiaque d'un instant à l'autre. C'est sûr, elle a tous les syntômes. Il a dit je t'embrasserai quand tu auras 17 ans en plaisantant cette fois où elle s'est plainte des garçons de son âge. Depuis ce qui n'était sûrement qu'une blague (une blague qu'elle a pris très sérieusement avec ses espoirs d'adolescente amoureuse), Tracey a tellement tellement attendu ce moment et elle a dix-sept ans maintenant. Et elle a tellement tellement peur maintenant qu'elle y est.

La main se lève, serrée en poing, puis retombe presque aussitôt contre sa cuisse alors qu'elle n'arrive tout simplement pas à se décider. Mille fois, elle se répète le petit discours qu'elle a préparé pour le convaincre. J'ai dix-sept ans maintenant, je viens chercher mon cadeau d'anniversaire - tu as promis, et je ne veux pas que tu deviennes un parjure. Le problème, ce n'est pas l'apprendre ; c'est de le dire. Elle ne fait pas tellement confiance à sa voix pour parvenir à extirper les mots de sa gorge trop sèche. Parce que si elle demande ... et s'il la rejetait ? Tracey est jeune,  adolescente fraîchement devenue adulte. Enamourée du même homme depuis des années, elle n'a jamais connu les chagrins d'amour que dans les romans qu'elle partage avec Astoria et elle les imagine comme des drames apocalyptiques, des fins du monde.

Il faudrait qu'elle se décide pourtant. C'est déjà la troisième fois que le voisin de pallier ouvre sa porte, feint d'aller chercher quelque chose en bas et la détaille avec de plus en plus de suspicion à son égard. Il faut dire qu'elle est venue à l'aube, littéralement - elle voulait être plus patiente mais en allant faire son jogging, ses pas l'ont menée ici ... et elle s'est dit ... à dire vrai, elle ne sait pas trop ce qu'elle s'est dit. (Pas qu'elle devrait prendre une douche et s'habiller dans une plus jolie tenue, visiblement) Que ce serait une bonne idée d'être fixée tout de suite ?

Bullshit.
Elle va crever de peur.

Elle va crever surtout quand elle entend des bruits de cuisine dans l'appartement, et de l'autre côté de cette damnée porte, elle sent la magie de Quinn se déplacer. Se diriger vers l'entrée, puis vers la porte. Venir vers elle. Soudainement, c'est comme si voir la poignée tourner avait déclenché un mécanisme inattendu en elle. Sans avoir rien prévu, rien réfléchi, son instinct prend le dessus, s'empare des commandes de son corps qui pivote sur lui-même et bascule déjà pour s'enfuir dans les escaliers. Mais dans sa précipitation, c'est tout son équilibre qui s'effondre. Un cri trop aigu lui échappe, envolée de peur glacée, et Tracey n'a pas le temps de s'inquiéter de son ridicule - parce qu'elle va crever, Merlin, elle va tomber la tête la première sur une marche, s'ouvrir le crâne et se vider de son sang sur le tapis du palier inférieur.

Merlin Merlin Merlin.

Ou peut-être qu'en vérité, Tracey va s'en sortir avec juste quelques bleus, un peu de sang sur son front blanc, et une langue mordue par ses propres dents trop serrés. Le tout suivi d'une mort lent par ridicule - un sort peut-être pire qu'une mort physique, pense-t-elle en entendant la voix de Quinn au-dessus d'elle. “ Ce n'est pas Tracey. Je ne suis pas là. ” Marmonne-t-elle. Et avec un gémissement entre la douleur et la honte, elle se recroqueville sur elle-même, essaie de se faire toute petite, comme si ça lui éviterait d'être reconnue par lui.


Dernière édition par Tracey Davis le Dim 25 Sep 2016 - 17:08, édité 1 fois
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(quincey) somebody like you
❝ I love you without knowing how, or when, or from where. I love you simply, without problems or pride: I love you in this way because I do not know any other way of loving but this, in which there is no I or you, so intimate that your hand upon my chest is my hand, so intimate that when I fall asleep your eyes close. ❞


Tu t'agites lentement dans le canapé. La nuit fut courte. Dans tes yeux clairs, il y a bien trop de verres enchaînés, de gorge brûlée, de cœurs bousillés. C'est sûrement l'une des dernières fois que Caitlin t'invite pour Noël. Elle a dû, cette fois encore, te traîner dans le magicobus.

Tu ne voulais pas rentrer.
Te retrouver une nouvelle fois face à ce que tu as fait, ce que tu leur as fait. ( Parfois, dans les ombres, trop éméché, tu peux voir Brian se dessiner. Brian et ses reproches. Brian et ses yeux glacés de haine. Brian, Brian, Brian. Toujours Brian. )

« Miaou », les yeux s'entrouvrent doucement. Le chat roux t'observe, nonchalamment, râlant sûrement parce que tu l'as chassé de sa place cette nuit, en rentrant. « Miou. », lâche-t-il alors que tu refermes les yeux, prêt à te rendormir. Une grimace étire tes lèvres. Tu veux juste dormir. Tu veux juste oublier le mal de crâne qui t'explose la tête. Demain, tu penseras. Demain, Caitlin te pardonnera. Le chat pose sa patte sur ton pied nue, tu marmonnes, te recroquevillant dans le creux du tissu clair. « Meow ! », finit-il en te sautant sur le ventre, te coupant la respiration. « Gringer ! Merlin ! », râles-tu, d'une voix cassée, ébréchée, les yeux bien ouverts devant le chat qui a déjà sauté en arrière. « Tu veux quoi ? Miou ! , laisse-t-il échapper en t'observant. Et tu sens tout ton corps te gratter d'un coup. Tu sais que tu t'es effondré, là où ils dorment tous. Tu sais que tu vas le regretter. De la nourriture ? ». Le chat semble comprendre, se laissant tomber du canapé pour fuir vers la cuisine. « Espèce d'ingrat. », soupires-tu, ne pouvant cacher un sourire amusé.

C'est pour ça que tu les aimes.
Les félins sont sincères, dépourvus de mystères. Indépendant, ils te glissent doucement et tranquillement entre les doigts, n'en ayant rien à faire de toi. Ils poursuivent le cycle de leur vie sans t'en vouloir de ne pas rentrer, sans t'en vouloir de ne pas être à eux. Les pas font craquer le parquet. Lourd, tu te déplaces avec brutalité, faisant tomber certains objets, chuter certaines photos rendues incassables par les sorts appliqués. Il faudra un jour que tu penses à ranger, s'entête à soupirer Caitlin. Tu grognes toujours que tu le feras un jour. La vérité c'est que tu as peur de découvrir des morceaux de vie passée dans les souvenirs entassés. Tu as peur de voir tout ton monde s'écrouler en tombant sur un objet emprunté à Brian. Le chat attend sagement devant l'assiette de porcelaine. Tu ouvres dans une mécanique bien huilée une boite de pâtée que tu verses sans rien demander. Le chat miaule de contentement & tu caresses son poil, sentant déjà les picotements dans le creux de ta main. Ta sœur se désespère de les voir mettre leur poils partout, provoquant éternuement, crises d'allergies & yeux rouges. Elle dit que tu devrais y renoncer, abandonner. Pourtant, eux ne t'ont jamais abandonnés.

D'un pas d'éléphant, tu te rediriges vers le canapé pour finir ta nuit à peine consommée. Tu le sens comme un rêve ; le stress attirant la peur & les espoirs. Irréel, tu bloques à quelques mètres du canapé, tournant les yeux vers la porte; Vraiment? Ce n'est pas un rêve, hein? Un sourire s'arrache à ton expression fatiguée, fleurissant dans une mer d'espoirs et des tendresses que tu essaies encore un peu de fuir. Tu t'es dit que ça lui passerait ces amours d'adolescentes un peu trop innocentes. Tu t'es dit qu'elle renoncerait, qu'elle abandonnerait. Tu t'es soufflé, raisonné qu'il n'y avait rien à espérer. Et pourtant, ça s'agrippe au fond du ventre, ça vrombit comme une douce chaleur au creux du cœur. Tu t'avances, lentement, vers la porte, tournant la clés dans la serrure pour la voir s'effondrer dans les escaliers, paniquée. « Tracey ? Tout va bien ? », la terreur de la voir se briser s'égare entre tes lèvres, dévoilant déjà toute ton affection, toute ton attention pour elle.  “ Ce n'est pas Tracey. Je ne suis pas là. ” , un soulagement résonne dans ta poitrine alors que tu la vois se recroqueviller, s'agenouiller dans sa honte. Tu dévales les marches doucement, te précipitant vers elle. « Pourtant, tu lui ressembles. », souffles-tu avec humour, ne pouvant t'empêcher de la trouver belle. Coeur & raison se battent, s'abattent. « En un peu moins mignonne quand même. » risques-tu pour tenter de la libérer de cette honte qui déjà te grignote.

Doucement, tu l'attrapes entre tes bras, la portant comme une princesse, comme lorsqu'elle était une fillette amoureuse des poissons & des bisous. « Viens, on va te soigner & tu me donneras mon cadeau de noël. » Elle rougit et tu souris. Tu aimerais ne pas trop la toucher pour ne pas trop être attiré. Elle balbutie, trébuchant sur les mots d'une manière adorable, elle souffle que le cadeau est chez elle, qu'il faudra attendre. Un rire s'échappe, tu te moques en douceur ; «  Il va falloir te faire pardonner alors. » Il y a des énigmes dans ta voix, il y a des choses que tu ne diras pas. Et ton coeur danse sur tes désaccords, bouleversant la raison qui s'éventre.

Tu pousses la porte derrière vous. Elle se clôt dans un bruit, doucement, tu la poses dans le canapé, à côté du chat roux. « Tu attends ici ? Il faut la soigner & la renvoyer chez elle. Isaiah doit crever d'inquiétude. Et sa mère, par tous les grands sorciers, elle va vouloir t'étriper & tricoter avec tes entrailles. D'un pas lent, tu te diriges vers la salle de bain, évoluant avec peu de précaution dans le capharnaüm de ton appartement. Tu récupères une trousse de premiers soins & en haut d'une pile de bouquins empilés avec soin un petit paquet emballé de violet. D'un sort, le chocolat chaud & les cookies glissent sur la table basse. Joyeux anniversaire, Tracey-jolie. Un sourire dévoile au creux de ta main le petit paquet contenant un pendentif en forme de poisson exotique translucide zébré d'un millier de couleurs vives. Tu l'as ensorcelé pour savoir quand elle est en danger. Ça te fait quel âge déjà ? Lances-tu, innocemment, nonchalamment. 16 ans ? ». Elle a dix-sept ans, tu le sais parfaitement. Tu n'oses juste plus évoquer la promesse faite, il y a quelques années. Peut-être qu'elle a oublié. Peut-être qu'elle t'a oublié.
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❝ I love you without knowing how, or when, or from where. I love you simply, without problems or pride: I love you in this way because I do not know any other way of loving but this, in which there is no I or you, so intimate that your hand upon my chest is my hand, so intimate that when I fall asleep your eyes close. ❞


JAMAIS ELLE N'A AUTANT EU CONSCIENCE DE SON REGARD POSE SUR ELLE ; et pour une fois, elle voudrait qu'il ne la voie pas. “ Tracey ? Tout va bien ? ” Non, ça ne va pas ! Elle a mal aux genoux, elle est presque certaine qu'elle est tombée sur son ego quelque part dans les escaliers parce qu'elle va avoir un bleu - “ Ce n'est pas Tracey. Je ne suis pas là. ” Le couinement cache à peine les restes de douleur sur son épiderme et dévoile tout de la honte qui l'enlace et l'embrasse. Elle veut que le sol s'ouvre sous elle et la gobe toute entière pour s'échapper d'ici et fuir son regard. Salazar, mais pourquoi est-ce qu'elle a fait sa Gryffondor et est venue ici sans rien préparer ? Qu'est-ce qui lui a fait croire qu'elle pouvait marcher en terrain miné sans se planter totalement ? Stupide. Elle a été stupide.

Elle lit trop de romances. Beaucoup, beaucoup trop.
(A partir de demain, elle se met aux romans policiers)

Pourtant, tu lui ressembles. ” Le corps se recroqueville un peu plus, l'espoir stupide se dégonfle comme une baudruche et elle n'ose pas le regarder. “ En un peu moins mignonne quand même. ” “ Eh, c'est faux ! ” s'insurge-t-elle, mais son indignation est de courte durée : déjà il l'attrape dans ses bras de cette façon ridicule qui fait battre son cœur beaucoup trop fort. Ca fait des années qu'elle lui a dit d'arrêter quand elle est devenue trop grande pour ça (quand le trouble amoureux est trop sévère pour qu'elle puisse faire l'air de rien). Pourtant les symptômes semblent s'être aggravés depuis la dernière fois. Tout contre son bras, elle sent sa peau et sa magie et ça s'affole dans sa poitrine. C'est sûr s'il ne la dépose pas très vite, elle va mourir d'un arrêt cardiaque. (S'il vous plaît, est-ce qu'elle peut rester comme ça encore un peu plus longtemps ?) “ Viens, on va te soigner & tu me donneras mon cadeau de noël. ” Cadeau au paquet peint qu'elle a laissé chez elle, bien évidemment, puisqu'il est de tradition qu'elle lui offre à la prochaine visite de Quinn à sa famille. Mais quand elle le lui annonce en balbutiant, tentative pitoyable de reprendre un peu l'avantage, il ne semble pas vraiment décontenancé par la nouvelle, il s'offre même le luxe de rire, de faire accélérer plus fort son coeur. “ Il va falloir te faire pardonner alors. ” “ Y a r-rien à faire pardonner ! ” proteste-t-elle dans un bougonnement bouder : “ Toi, t-tume colles en tachycardie avec ton sourirepues alors on est quittes !

Et toc !

Lorsqu'elle l'attend dans le salon, sagement assise à côté du chat, ses yeux parcourent l'endroit trop peu souvent visité. Elle note que le bordel a un peu bougé comme les dunes de sable migrent sans jamais vraiment s'effacer. Tracey joue au jeu des différences, elle remarque quelques cadres en plus, un peu plus de bazar là, quelques objets en plus ici - et partout cette magie chaude, épicée qu'elle adore, qu'elle aime. Alors elle tend le cou comme un chaton curieux, se tortille sans oser bouger de sa place mais sans pouvoir se résoudre à ne pas observer l'appartement de Quinn. “ Joyeux anniversaire, Tracey-jolie. ” Elle sursaute en voyant les cookies et le chocolat entrer dans son champ de vision et Quinn réapparaître à ses côtés, lui tendant un petit paquet violet. Les yeux écarquillés, elle le fixe, cligne et demande : “ C'est pour moi ? ” Et puisqu'il lui tend toujours le présent, elle l'attrape, le déballe comme l'enfant impatiente, toujours avide de cadeaux, en déchirant le papier, en tirant sur les nœuds jusqu'à libérer le poisson-pendentif. Dans le regard, il y a un plaisir brillant ; Tracey a toujours adoré les poissons, ils sont ses animaux favoris et plus encore lorsqu'ils sont très colorés, comme des peintures vivantes. “ Je l'adore, souffle-t-elle avant de lui décocher un de ses sourires radieux : Merci ! ” Puis avec ravissement, elle se cale plus au fond du canapé, ayant kidnappé une tasse de chocolat chaud sur lequel elle souffle doucement dessus sans quitter son examen du pendentif. D'un œil connaisseur, elle admire sous tous les angles le jeu des couleurs délicates sur le cristal ensorcelé. Elle se demande, d'ailleurs, ce que fait la magie de Quinn dessus - elle veut lui poser la question mais il l'interrompt : “ Ça te fait quel âge déjà ? 16 ans ? ” Sur la moue, c'est l'expression outrée des enfants qui veulent jouer les adultes, et elle secoue la tête, reposant la tasse dans un claquement de porcelaine sur le bois de la table basse : “ C'était l'année dernière ça ! ” Elle s'exclame comme si c'était la pire infamie d'oublier qu'hier, elle est officiellement devenue une adulte, quoi que ça veuille dire. “ J'ai dix-sept ans maintenant ! ” S'exclame-t-elle en se relevant pour lui faire face. Soudain, Tracey penche la tête, les boucles brunes suivent le mouvement, glissant devant ses yeux clairs. Et si ... et s'il ne se souvient plus ? Il a sûrement oublié, c'était une blague jetée au milieu d'un dîner - elle est la seule à y avoir cru. “ J'ai dix-sept ans maintenant ... ” répète-t-elle, plus bas, soudainement inquiète - ce serait vraiment pire que tout. C'est pire que tout ; elle entend presque son cœur retomber au fond de son estomac. Puis son poing se serre autour du pendentif, et en un pas, elle envahit son espace vital, en un autre pas, elle est presque contre lui.

Et c'est probablement le baiser le plus horrible et le plus pitoyable de l'histoire des baisers. Peu importe comment on le regarde ; ça n'a rien de romantique. Ses lèvres s'écrasent sur la bouche de Quinn, Tracey est presque certaine que dans son élan, leurs dents se sont cognées. Et Quinn pue, vraiment, l'alcool. Et elle-même doit puer la sueur et le sport. Mais ce n'est pas très grave. De toute façon, il va sûrement la rejeter, ce sera sûrement un désastre. Au moins, elle aura eu son baiser - et ça fait quand même battre son cœur à cent à l'heure.

Voilà ! Haha ... elle rit, nerveuse, en évitant son regard : C'est juste que tu avais promis de m'embrasser à mes dix-sept ans, et je ne voulais pas te faire mentir.  ” Son regard tombe sur son poing, les doigts se déplient et dévoilent le poisson multicolore - il est vraiment joli, Tracey l'aime beaucoup alors elle le passe au cou, profite des quelques instants que ça lui prend pour se regagner une contenance : “ Merci encore pour le cadeau, il est superbe. Je ne te dérange pas plus longtemps, désolée d'être venue si tôt - Tracey se mord la lèvre inférieure, gênée de parler autant pour cacher sa nervosité et son cœur brisé, puis elle esquisse quelques pas pour fuir vers la porte : Je vais rentrer chez moi. On se voit quand tu viendras voir Papa, d'accord ?
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Tu aimes les outrages, les ravages que tu provoques. Taquiner, déranger, gêner sont là tes mots favoris. Et honteusement, délicieusement, tu t'es toujours plu à la tourmenter. Juste pour voir la couleur de ses émotion, l'ondulation de ton adoration. Sans t'avouer que tu vérifiais si elle t'aimait encore un peu, juste un peu. Sans t'avouer que tu voulais voir l'émoi amoureux, heureux. Tout contre toi, tu la sens s'agiter, bégayer d'un “ Toi, t-tu  pues alors on est quittes ! ” et pourtant, tu veux juste un peu la garder. Tu veux juste ne pas la lâcher même si elle est trop grande. Tu as la sensation que si tu cesses de regarder, d'observer, elle va s'envoler, elle va réaliser que tu es trop vieux, qu'elle préfère les ados de son âge.

« Mon odeur te manquerait », claques-tu de la langue, depuis la salle de bain. Comme si un vieux machin ébréché tel que toi pouvait l'attirer, être aimé d'elle. Tu es tellement ridicule à espérer, à envier. Ce n'est pas fait pour toi ces jeux-là, ce ne sera jamais pour toi. Et même si ton cœur dévie, s'accroche, il ne fait, au final, que s'écorcher, que se damner. Il ne fait que se suicider, dans le murmure accordé tout bas ; « Mais pas autant que toi, tu me manquerais. ».

Les cookies & le chocolat glissent dans un ballet élégant sur la table basse. Et tu t'amuses de la voir sursauter, s'étonner. Elle bat des cils, les yeux scintillants d'étonnement, de contentement en soufflant un “ C'est pour moi ? ”  . Tu hoches la tête alors qu'elle déballe le présent tel ces enfants impatientes, toujours heureuses. « Juste pour toi. », souffles-tu de ta voix rauque & profonde. Au début, tu t'y es juste raccroché après avoir perdu Jeanne. Au début, c'était juste pour ne pas se sentir trop seul. Et puis les années ont filées, défilées et tu t'es attaché, tu t'y es raccroché. Et tu veux juste l'aimer la protéger. Et il y a un peu de victoire qui court sur ton coeur, à cent kilomètre heure, à voir la joie dans ses yeux. Et le petit poisson jette des éclats de lumière du jour naissant. Il illumine son visage & ses yeux clairs, il caresse ses traits. Et tu sais que tu as fait le bon choix.  “ Je l'adore, un sourire lui répond. Le poisson a été taillé par un orfèvre sorcier du nord de l'Ecosse lors de ta dernière mission. Au son des vagues se brisant sur le rivage, tu l'as laissé travailler, tu l'as laissé avec quelques mots ; Je veux que ce soit unique et beau. Je veux que ça lui rappelle que je suis toujours avec elle. Il t'a demandé si c'était pour ta fille, tu as rougi sous son rire.  Merci ! ”  Tu hausses les épaules, faussement désinvolte comme si ce n'était rien, comme si il n'y avait pas de quoi te remercier. Tu lui as toujours donné sans jamais compter, quitte à en faire une enfant pourrie gâté. Tu désolais Isaiah à chaque nouveau cadeau, à chaque nouveau poisson coloré offert.  “ Ça te fait quel âge déjà ? 16 ans ? ” Et elle est outrée, vexée lorsqu'elle fait non, en posant la tasse sur la table. Elle t'en veut même un peu. Et toi-même, tu t'étonnes d'être si agacé de t'être volontairement trompé comme si ses sentiments grattaient trop forts, comme si ses pulsions n'étaient jamais indolores. “ C'était l'année dernière ça ! ” , hurle-t-elle comme si tu l'avais insulté. Tu hausses un sourcil, les mains couvrant ta tasse d'un air de dire « oh vraiment ?  ».  “ J'ai dix-sept ans maintenant ! ”  et elle se relève alors que tu goûtes le chocolat. Ne te fais pas de faux espoirs, et pourtant quelque chose rugit au milieu de l'indignation, quelque chose glisse, plus vite, plus fort. Et tu veux avoir des espoirs. Les cheveux dégringolent, ballet de boucles indociles ripant sur ton être tout aussi imbécile. “ J'ai dix-sept ans maintenant ... ”  , alors que son inquiétude te grignote, faisant tomber l'armure, les murs. Tu veux t'excuser, lui dire que c'est pour plaisanter. Merlin, tu n'as jamais pu oublier. Merlin, tu ne peux que te condamner.

Il est pourtant trop tard, lorsque de deux foulées, elle s'explose contre toi. Et le souffle se perd, se bloque, ricoche. Et lorsque le diable s'abat dans tout ton corps. Sa bouche s'accroche à la tienne, tu étouffes un grognement de douleur lorsque les dents s'entrechoquent. Pourtant, tu veux la retenir, tu veux rebondir, agir. Les bras bougent pour l'enlacer mais déjà, elle disparaît. “ Voilà ! Haha ... elle rit jaune, elle rit pour cacher la peur d'être rejetée. Elle fuit tes yeux & tu la cherches. Trac -  C'est juste que tu avais promis de m'embrasser à mes dix-sept ans, et je ne voulais pas te faire mentir.  ”  Et pourtant, je te mens. Et elle glisse le poisson à son cou, retrouvant un peu de confiance, de contenance. C'est un peu tout ce que tu as voulu, tout ce que tu as toujours su, lorsqu'elle esquisse un regard vers toi ; Tu ne peux pas être avec elle. Ce même si le cœur maladroit trébuche, s'épluche en pleurant sa passion, ses sensations. : “ Merci encore pour le cadeau, il est superbe. Je ne te dérange pas plus longtemps, désolée d'être venue si tôt  - elle mord sa lèvre et tu sens la souffrance et ton insolence qui te brûle les doigts. Je ne veux pas que tu partes, et les mots restent bloqués, criés tout bas dans le silence à peine perturbé par ses pas. Tu ne m'as jamais dérangé. Bien au contraire, elle n'a fait que te réveiller, que t'aimer. Peut-être que c'est même elle qui t'a sauvé. Je vais rentrer chez moi. On se voit quand tu viendras voir Papa, d'accord ? ” Et c'est totalement illogique & déraisonnable que tu t'élances, que tu t'avances, abattant ta main sur la porte pour l'empêcher de partir. Tu es collé à elle, le souffle perdu dans son cou. « Non. », lâches-tu, tout simplement, calmement.

Tu as à peine conscience de tes doigts qui viennent se caler contre sa hanche, la faisant pivoter d'une pression, doucement, lentement. Les cheveux détachés caressent ses épaules, dévoilant des yeux trop bleu, une bouche trop rouge, esquissant une beauté juvénile, tranquille. Et il y a toi qui fend l'espace entre vous. Et il y a la bouche d'abord, timide, puis gourmande. Il y a la passion qui gronde au milieu de la tendresse, des caresses. Tu oses demander plus du bout de ta langue. Tu oses demander d'avantage. Et tant pis si après, tu es brisé, ravagé. Les lèvres s'entrouvrent & le ballet paresse, lent, haletant, enivrant. Les coeur se mêlent sans pouvoir se démêler, sans pouvoir y réchapper. Tu l'enlaces plus fort, sentant ton désir battre la démesure, réclamer la luxure. La passion se fait indocile, débile lorsque tu la caresses sous le haut. Et c'est comme si elle te brûlait, comme si tu avais besoin de reculer. Brutalement, tu creuses la distance, fuyant sa bouche, chutant sur la table basse, au bord du gouffre, haletant, brûlant. « P-Pardon. », la table s'est effondrée sous ton poing & tu es allongé dans les restes de cookies & de chocolat. «  Je ne voulais pas t'effrayer. » Ou te dégoûter, te retiens-tu de souffler, de murmurer. Elle n'est qu'une enfant, ingénue dans les jeux d'amour. Elle n'est qu'une adolescente pas du tout expérimentée, à peine assez vieille pour embrasser. Tu n'aurais pas dû la frôler, t'enivrer, la désirer. Tu n'aurais pas dû & pourtant, tu exiges encore, d'avantage en te redressant, te mettant en tailleur pour tenter de cacher l'évidence. « Voilà, c'est ça que je t'ai promis. » De l'amour à l'état pur, dur, donné sans concession, sans confession. Et la passion à foison puisque la fièvre n'a jamais pu décroisser, se lasser de toi. Et puis l'envie que tu traînes comme des chaînes à tes pieds, et puis le besoin d'elle sans rien oser dire, pour toujours t'abstenir, te retenir. Parce qu'elle n'est qu'une enfant & que leur coeur sont un peu volage à cet âge. « J'espère que tu ne m'en veux pas trop. », murmures-tu. Tu ne veux pas la choquer, l'ébranler. Ce n'est pas vraiment, pas tellement de sa faute si tu ressens trop fort, si tu l'aimes encore.

Il se dresse telle une ombre de mauvaise augure, te promettant la mort au bout de la baguette pour avoir oser toucher à sa petite fille chérie. Une main passe sur ton visage ; « Oh sweet Godric, he will kill me. »
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ELLE PARLE, PARLE, PARLE - elle accapare la parole, refuse de la céder, de le laisser dire qu'elle s'est trompée, qu'il blaguait et qu'elle est tombée dedans à pieds joints. Elle ne veut pas lui expliquer qu'elle l'aime pour éviter de voir son amour moqué, réduit à une lubie d'enfant admirative, puis écarté d'une pichenette, d'un insensible tu vas vite oublier. Parce qu'elle est persuadée qu'elle n'oubliera pas, qu'elle l'aimera encore et encore. Merlin, du haut de ses jeunes années, elle sait qu'on croit toujours aimer pour la vie et que la moindre peine de coeur prend vite les proportions d'un drame shakespearien. Elle sait tout ça, elle a lu assez de romans, compris que le coeur des gens n'est pas aussi fragile que dans les livres, et ce n'est pas faute d'avoir essayé de regarder ailleurs, d'accepter les rendez-vous et les déclarations, les ballades main dans la main à Pré-au-Lard, les ballades au bord du Lac. “ Trac - ”  Et les baisers. Ceux qui ne font jamais battre le coeur à cent à l'heure, ceux qui laissent dériver les pensées en attendant que ça se termine, qui font se poser des questions au lieu de courtcircuiter toute raison. Les baisers qui ne sont pas comme celui-ci, raté foiré et parfait à la fois. Oui, elle est sûre, Tracey - sûre de sûre qu'elle est amoureuse de lui ; elle préfère encore jouer la blague, rire (même si c'est jaune, et gêné, et confus) et s'enfuir vers la porte plutôt que de le laisser diminuer ses sentiments, le voir les jeter aux quatre vents.

Elle n'ose plus bouger quand sa main s'abat sur la porte, lui faisant lâcher la poignée qui claque et lui coupant toute retraite. Un moment, ça ne tourne plus très en rond dans sa tête (oh Merlin Merlin Merlin) parce qu'il est contre elle. Un instant, ses pensées n'arrivent plus à se former correctement (Quinn Quinn Quinn) parce qu'elle n'est plus consciente que de sa chaleur dans son dos. Puis la petite voix revient, moqueuse, pessimiste (réaliste) - et en arrière plan, ça persiffle, ça lui demande s'il veut la gronder ou s'il veut remettre les pendules à l'heure. Peut-être même qu'il veut faire les deux avant de la laisser partir ; lui rappeler qu'il ne voit qu'une gosse en elle et jeter à la poubelle l'amour qu'elle a pour lui. Ca lui demande si elle va oser pleurer son chagrin devant lui comme un bébé. “ Quinn ... ? ” Tout bas, elle couine comme une petite souris effrayée, et inconsciemment les doigts reviennent sur la poignée, le bras est faible quand il tire sur la porte, espérant créer une ouverture assez grande pour qu'elle puisse s'y faufiler et filer le plus loin possible d'ici.

Non.

... Non ?
C'est la dernière chose que Tracey entend, la dernière pensée cohérente. Tout s'explose quand il se penche, le regard rivé sur elle, et qu'il lui vole son air. Elle est presque certaine de gémir contre ses lèvres, puis à nouveau contre sa langue. Et il y a ce feu, ce nœud au creux du ventre, cette faiblesse dans les jambes. C'est comme si tout s'effondrait, inexorablement démoli par les doigts qui glissent sur son ventre, sur sa peau ; et Tracey n'a aucune idée de ce qui va s'échapper, elle n'a conscience que de la force abrasive de Quinn. Elle a seulement conscience, plus que jamais, qu'elle veut ça. Qu'elle attendait ça, les papillons, les nœuds, les vertiges d'amour, les malaises de passion.

P-Pardon. ” Dans les airs, les doigts sont figés, accrochés au vide que Quinn vient de laisser derrière lui et les yeux assombris clignent, le fixent, perdus. Tracey ne réalise pas encore, ne comprend pas vraiment pourquoi ou comment il s'est retrouvé par terre au milieu d'un champ de cookies éclatés et de chocolat renversé. Pourquoi il s'excuse tout à coup. Est-ce qu'elle embrasse si mal ? Est-ce que c'est si terrible que ça de l'embrasser ? “ Je ne voulais pas t'effrayer. ” “ M'effrayer ? ” Souffle-t-elle, interrogatrice, mais quand il bouge, elle voit et femme-enfant, elle n'est pas assez innocente pour ignorer ce que c'est ; elle l'est juste assez pour rougir brutalement, se demandant où fixer son regard. “ Voilà, c'est ça que je t'ai promis. J'espère que tu ne m'en veux pas trop. ” Elle secoue la tête, évidemment qu'elle ne lui en veut pas - jamais, stupidement amoureuse qu'elle est. “ Je ne t'en veux pas ... jamais. ” admet-elle - et si elle est hésitante, figée contre la porte, c'est seulement parce qu'elle ne sait pas tellement ce qu'elle doit faire. “ Oh sweet Godric, he will kill me. ” Elle n'ignore pas de qui il parle - et l'idée, si elle semble consterner Quinn, la fait rire, inconsciente qu'elle est de l'image flippante et impitoyable que renvoie Daddy. Le tableau est même comique parce qu'elle s'imagine toujours les deux hommes de sa vie à égalité sur tous les plans, incapables de prendre le dessus l'un sur l'autre. Et ça la détend un peu, elle rit plus fort, la tête rentrée entre les épaules, la bouche cachée derrière les mains comme les petites filles qui viennent d'avoir une idée de bêtise. “ Daddy t'aime trop, je suis sûre qu'il ne te tuerait pas. ” Lentement le corps s'écarte de la porte, et elle s'approche de lui, s'accroupit devant Quinn, son visage à hauteur du sien : “ Et puis, je ne lui dirais rien, juré sur la magie. ” D'une lèvre mordue, elle retient à temps le pinky promise enfantin qu'elle utilise encore à outrance ; sourit avec une assurance feinte (et ça tremble, ça ondule comme une eau troublée) quand elle jette un coup d’œil vers le désir évident. Ose, la voix d'Adele résonne encore à ses oreilles : les prudes, ça attire pas l'œil averti des hommes. Un moment, elle se dit qu'elle aurait peut-être dû mettre de ce rouge à lèvres offert par la Bones - ça lui aurait sans donner un air plus ... assuré, féminin. “ Je ... ça me suffit, même si c'est juste ça. ” Même si ce n'est que du désir qu'il a pour elle. Elle se dit qu'il peut apprendre à l'aimer plus tard, après - comme ses parents ont fait. Sans prévenir, les doigts tremblants se posent sur le pli du pantalon en caresse aérienne, hésitante, maladroite - et elle se mord à nouveau la lèvre, rassemblant son courage, osant enfin bouger contre lui. “ ... tu-tu veux bien m'embrasser ? ” Souffle-t-elle, les joues plus rouges que jamais, les yeux baissés sans oser le regarder, découvrir son expression. Et elle gigote, se penche vers lui pour cueillir le baiser demangé, accentuant involontairement la caresse. “ S'il te plaît ?
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(quincey) somebody like you
❝ I love you without knowing how, or when, or from where. I love you simply, without problems or pride: I love you in this way because I do not know any other way of loving but this, in which there is no I or you, so intimate that your hand upon my chest is my hand, so intimate that when I fall asleep your eyes close. ❞


Tu n'as jamais été un putain de Serdaigle.
La sagesse n'est pas ton fort, les excès rythment tous tes tords. Ta vie s'entrelace de conquêtes sans lendemain, se prélasse dans diverses aventures, dans des chasses à la magie noir pour noyer le désespoir. Et tu sais bien que ce n'est plus vraiment permis d'être intimidé, effarouché, embarrassé de vouloir aimer. P'têt que c'est bien ça le problème ; Tu veux l'aimer. Et sans vraiment t'en rendre compte, tu as cessé de jouer, de grignoter tous les corps, de charmer. Tu n'as pourtant pas cessé de l'observer, de la regarder. Tu n'as jamais arrêter, stopper.

A l'époque, tu pensais que c'était juste un peu de sentiment paternel pour le bébé que tu as vu grandir, pour la femme qu'elle est doucement devenue. Tu pensais juste vouloir la protéger, la garder des hommes comme toi, des enfoirés comme toi. Des comme toi, il y en a des tas. Des salops qui ont un peu trop aimés, un peu trop joués, un peu trop touchés ces corps amourachés, enivrés de milliers de baisers. Tu connais bien la ritournelle des coeurs, tu connais bien leur mélodie un peu ébréchée, un peu cassée. Tu sais comment les réparer ou les briser. Tu sais comme l'amour est un voleur, un tricheur, un menteur. Tu sais comme il est tristement joueur, baratineur. Et peut-être que c'était un peu naïf de vouloir la préserver, de ne pas vouloir l'abandonner à ceux qui pourraient te la voler.

Ça t'a même arraché un sourire lorsque son cœur a flanché, vacillé. Sans pour autant avouer que toi aussi, tu as failli tomber, t'égarer. Tu as pensé que ça lui passerait, qu'elle oublierait. Tu t'es même un peu éloigné ( par peur de céder ) ( par lâcheté sous couvert de respect). Tu as pas l'habitude de ressentirquelque chose là. Tu penses plus souvent par en bas qu'avec ton coeur. Tu l'as longtemps bridé, sans cesse fait taire. Tu t'es même pensé immuniser à cette étrange maladie, à cette douce fantaisie. Tu as vu plusieurs de tes amis ( et de tes ennemis) se caser, se marier, pondre des gosses. Tu t'es toujours dit que c'était pas pour toi, ses conneries. Tu t'es toujours dit qu'être raisonnable, c'est pour les gens bien. Pas comme toi. Tu t'es même doucement moqué, tu t'es gentiment marré en allant sauter la demoiselle d'honneur, à ces mariages ennuyeux, mielleux.

Tu as jamais cru à tout ça, Et puis, il y a eu cette promesse débile, ses espoirs caressés dans le noir. Il y a eu l'attente interminable, l'empathie toujours déployée pour être sûr et certain qu'elle t'aime encore. Il y a eu aussi la jalousie, la possessivité, le besoin de te l'approprier, de ne surtout pas la laisser s'échapper dans d'autres bras, dans d'autres draps. Il y a ce quelque chose qui vrille la cervelle, explose les barrières, laisse un goût d'encore, de toujours, d'envie, de besoin. D'amour. Irraisonnable et irraisonnée. C'est un peu con à ton âge, non?

C'est un peu débile de se crasher contre elle comme un damné, de l'embrasser à t'en faire exploser le coeur. Irrationnelles, les mains explorent, dévorent la peau. Tu voudrais tellement lui montrer, lui démontrer comme tu l'aimes, comme ça fait longtemps que tu l'aimes. Et tu recules, hébété, désespéré de devoir t'arrêter, en réalisant ce que tu as fait, ce que tu fais. Le souffle se creuse au milieu des débris. “ M'effrayer ? ” , souffle-t-elle, lentement, doucement, et elle réalise. Rougissante, tu avales ses émotions. Mal à l'aise, tu tentes de te cacher, de ne rien lui montrer. Conscient de t'être entiché à une enfant, tu redécouvres la gêne, les premiers émois (jamais ressentis).  “ Je ne t'en veux pas ... jamais. ” On dit toujours ça la première fois qu'on aime, on promet de ne jamais s'en vouloir, de ne jamais se décevoir. Et puis, on apprend. Et même si elle secoue la tête, si sa chaleur te réchauffe le cœur. Tu sais bien qu'elle t'en voudra, qu'elle te détestera. Tout le monde finit par te détester. La distance te semble trop longue entre vous. Et puis, ça te frappe, ça tape :  “ Oh sweet Godric, he will kill me. ” Et elle rit, se moque alors que tu gémis au sort que Davis te réserve. Il va sûrement te castrer ou te découper en petits morceaux ou même les deux. On ne touche pas à la fille chérie à son papa. On ne frôle pas la petite princesse à son papa. Et par Merlin, tu sais que tu vas juste te faire tuer, démonter, lapider. “ Daddy t'aime trop, je suis sûre qu'il ne te tuerait pas. ” Elle y croit vraiment. Et c'est là que tu réalises qu'Isaiah n'est jamais tout à fait tomber de son trône pour elle. Tu admires un peu sa confiance et sa naïveté d'enfant sûre et certaine. Toi, tu sais, qu'Isaiah est un ami formidable mais un père féroce, implacable. Tu sais qu'il ne donnera sa fille qu'à quelqu'un capable de l'égaler, de le surpasser. « Méchante, glisses-tu, boudeur. Tu ne sais pas de quoi, ton daddy est capable. » Tu l'as vu plus d'une fois retourner des cerveaux pour arriver à mettre des méchants dans le caniveau. Tu l'as vu terrible et difficile, piqué pourtant par ton humour, retenant un rire. Tu l'as vu aussi haut que bas, tu es pourtant toujours resté, tu ne l'as jamais abandonné. “ Et puis, je ne lui dirais rien, juré sur la magie. ” , elle a enfin quitté la porte, venant s'accroupir face à toi. Un sourire vient caresser son visage, dévorant ses yeux d'une douce lueur. Sous des tonnes de faux-semblants, elle dissimule le manque d'assurance, tiraillé par une poussée d’allégresse. . “ Je ... ça me suffit, même si c'est juste ça. ”  Les yeux clignent, tu ne comprends pas ce qu'elle entend par ça. Il est vrai que tu ne fais pas dans la romance, dans la tendresse et les caresses. Il est vrai que tu ne crois pas en tout ça. Mais, tu promets, tu jures, elle est l'exception. Elle est la mécanique qui ébranle le coeur, fout le bordel dans ton âme, défonçant les faibles défenses d'un sourire, d'un rire. Elle est peut-être le premier émois du coeur, le premier souffle coupé. « Tracey, commences-tu, tu secoues la tête, je ne v- Et il y a un hoquet de surprise lorsque les doigts longs et fins caressent, te pressent. Merlin, Traceyqu'est-cequetufais ? », c'est un souffle entre les dents serrés, une supplique silencieuse dans le désordre de l'être. Et oui, ses doigts sont bons dans leur valse hésitante, pesante. Mais, Merlin, tu ne peux pas.  “ ... tu-tu veux bien m'embrasser ? ” , ose-t-elle, canaille, infernale. « Non. Re-Retireles. », lâches-tu, complètement choqué, banalement paniqué. Tu as cette putain d'impression d'être un ado au bord de l'implosion. Et elle se penche, exigeante, rougissante.  “ S'il te plaît ? ”

Et le choc afflue dans tes veines, égrène la peur de céder, de vaciller, de lui faire mal. C'est toutes tes frayeurs vivantes qui viennent te percuter, t'avaler, tout ton contrôle qui se fissure. « Tracey, les dents s'enfoncent dans les lèvres, la main vient couvrir la sienne, la forçant à s'écarter, se retirer. J'ai dit non. » La main fine et fluette est broyé dans l'étau de la tienne, arraché à son travail. « Pourquoi ? », murmure-t-elle. Agacé, énervé, toujours complètement ébouillanté par le désir, tu craches : « Parce que j'ai dit non. ». Et tu t'en veux presque d'être trop dur, de ne pas parvenir à t'expliquer. Tu la relâches brutalement, comme brûlé par sa peau. « Je vais me doucher. », tu cherches ta baguette, redressant la table, d'un air bougon, grognon, te précipitant dans la salle de bain pour échapper au pire.

Encore un instant et tu l'aurais déshabillé. Encore un moment, et tu n'aurais répondu qu'au besoin de lui faire l'amour sur toutes les surfaces de cet appartement. Le jet d'eau glacé te fait crier, mais a le bon sens de te faire retrouver tes esprits. Le froid te fait trembler, claquer des dents, bleuit même un peu tes lèvres. Tu sais que vous devez parler, que tu ne peux pas y échapper. Tu sais que tu vas aussi devoir l'engueuler. La mousse se déverse dans le siphon, laissant une odeur fraîche et propre. Tu jettes le pyjama sur ta tonne de linge sale, enroulant ta taille dans une serviette. « Tracey ? Appelles-tu doucement de l'autre côté de la porte. Tu ne dois pas faire ça aux hommes que tu viens juste d'embrasser. Tu sors lentement. Je veux dire, c'est pas très poli. », les yeux la cherchent, sans la trouver. « Tracey ? », couines-tu, craignant déjà sa fuite, craignant de ne pas te faire comprendre, entendre.
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