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sujet; (20.10.1997) BASTUS #4 • You got mud on your face, you big disgrace. • w/blood

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Bastus#4 • 20 Octobre 1997

Buddy you're a young man hard man Shouting in the street gonna take on the world some day You got blood on yo' face You big disgrace Wavin' your banner all over the place
« Hé hé Rufus, c'est un sang mêlé, un sang de bourbe et un sang pur  qui rentrent dans un bordel. Le sang mêlé demande la pute la plus sorcière, le sang de bourbe demande la moins chère et le sang pur, après avoir fixé les photos, demande la plus moche. Quand on lui demande pourquoi, il répond : « Elle me rappelle ma mère. »
-Tu l'as déjà racontée hier celle-là bouffon. Attends attends, j'ai mieux. Comment on appelle un sang de bourbe mort ?
-En vie, tant que vous ne faites pas votre travail. »

Augustus était déjà  las de devoir superviser les raffles. Il était là, face à ces jeunes fous pleins de violence et d'imbécilité, et il écoutait leur supérieur leur expliquer où ils frappaient au jour J. Augustus, lui, devait rester là, imperturbable, figure d'autorité par sa proximité avec le Lord. Un Lord qui lui avait demandé de faire attention aux recrues, et de chercher à reconnaître ceux avec du potentiel. Augustus en avait marre de chercher des gens avec du potentiel dans cette bande de dégénérés mentaux. Tous plus débiles les uns que les autres. Ils ne comprenaient rien aux consignes, faisaient des blagues de mauvais goût, étaient incapables de tuer proprement et posaient des questions ineptes durant les debriefing. Et après cela, on transplanait dans le repère X ou Y où une bande de sang-de-bourbe se terrait et on les tuait, les uns après les autres, et c'était lasssant. Tuer devenait lassant. La torture n'avait plus de saveur. Même le bruit des os claquant sous  ses doigts ne l'amusait plus.
Il avait juste envie de prendre le crâne de chaque rafleur et l'enfoncer  par l'arrière d'un autre jusqu'à faire une chaîne qu'il pourrait noyer dans la Tamise.

Ce jour-là, ils durent supporter encore plus de cris que d'habitude. Ils avaient trouvé la cachette d'une dizaine de familles en fuite et recherchés pour impureté de sang. Et, époque de grand nettoyage oblige, ils avaient juste exécuté tout le monde. Augustus, bien sûr, aurait du superviser, ordonner les troupes, mais il avait décidé que, cette fois-ci, ils n'auraient pas été capable de rater une prise aussi simple. Un lieu clos, des femmes et des enfants, à moins que ces bouffons se soient acheté une conscience, il n'y aurait pas de problème. Il avait donc pu s'occuper de consciencieusement exécuter la petite famille d'un couple de né-moldus qui avaient cru pouvoir cacher que, en plus de tout cela, ils avaient un petit cracmol à la maison.
Augustus était un peu rouillé, il fallait l'avouer. Il était sorti depuis à peine quelques mois d'Azkaban et il n'avait fait que du meurtre de groupe, très peu de duels, et tout cela était beaucoup trop simple et barbare pour qu'il arrive à trouver sa finesse. Ainsi, il avait fait l'erreur de tuer les enfants les premiers, puisqu'ils bougeaient plus et qu'ils étaient plus petits. Il aimait bien se charger en premier des cibles les plus compliquées à viser. Sauf que maintenant, il avait du supporter les hurlements des parents. Et voilà que ça crie « NON ! Pas Ornella ! » ou encore « Qu'avez-vous fait à Adrien ? » sans oublier les « Reviens mon amour, reviens, je t'aime, je t'en prie, ne meurs pas, regarde moi, Joan ! JOAN ! ». Ils étaient fous, visiblement, eux aussi. Aux yeux d'Augustus, tous ceux qui criaient étaient fous. Et eux, en tout cas, paraissaient parfaitement dérangés. Pourquoi agiter un corps qui était déjà mort ? Pourquoi caresser la joue de l'enfant qui n'était plus de ce monde ? Pourquoi leur parler, ou les appeler ? Il ne comprenait pas la logique de ces actions, et le bruit l'ennuyait, alors il commença par la mère, la plus bruyante, et finit par le père, qui eu le mérite de se précipiter vers lui avec un air enragé, ce qui rendit l'exécution encore plus facile. Il aimait quand ses victimes lui simplifiaient la tâche.

Et, enfin, la pièce fut silencieuse. Augustus reprit son souffle, satisfait, se recoiffant soigneusement et réajustant son costume qui avait une légère trace blanche sur le genou, qu'il nettoya d'un geste. L'homme mort était assez pied. Il hésita à lui briser les os. Même si le sentiment d'amusement était parti de cette activité, il continuait d'être détendu par la sensation de petite explosion sous ses doigts. Après tout, ils avaient le temps, la mission était si simple qu'elle en était insultante, et il aurait vraiment besoin d'un petit jouet avec lequel se relaxer les doigts.
Bam.
Un bruit, cependant, lui fit lever les yeux de la source de son hésitation. Bam. Ce n'était pas le bruit d'un sort, ni le bruit d'une chute, et cela se répétait, à rythme régulier, sans venir du cœur de la bataille qui se déroulait encore au rez-de-chaussé de la maison. Intrigué, bam Augustus décida de se rapprocher de la source, enjambant les corps de ses victimes, bam, faisant bien attention de ne pas salir ses chaussures avec le sang sur le sol. Bam. En se rapprochant, il réalisa que c'était des bruits de poings. Qui se battait au poing de nos jours où on tuait quelqu'un d'un sortilège ? A part les loup garous et les sangs de bourbe, c'était vraiment de mauvais goût... Bam. Il finit par découvrir le spectacle, qui le révulsa.

C'était un raffleur, un de ses multiples raffleurs, il n'arrivait vraiment pas à  les différencier (sauf Rufus, parce qu'il avait maintenant une magnifique cicatrice sur la joue gauche, le petit malin, ça le rendait plus facile à repérer). Et ce qui était sous lui devait être une des cibles du jour, sûrement un moldu vu ses vêtements. Augustus aurait sûrement pu dire qui il était, si son visage n'avait juste plus aucune consistance sous les poings de  la bête au dessus de  lui, qui ne semblait pas capable de s'arrêter. L'homme, s'il en était un, avait le visage complètement déformé par une rage sans nom et assenait coup sur coup sur coup sans réaliser que le cadavre à ses pied était mort depuis bien, bien longtemps. Et s'il y avait bien deux choses qui dégoûtaient Augustus Rookwood, c'était bien la rage et le gaspillage.
D'un sortilège, il délogea la brute. Elle fut propulsée loin du cadavre, percuta un mur, et s'effondra sur le sol non loin. Bien entendu, Augustus ne l'avait pas tué. Ils n'apprennent plus rien lorsqu'ils sont morts, et il avait une soudaine envie d'inculquer un peu de bon sens. En quelques pas, il rejoignit sa cible, enjambant sans un regard ce qui avait été autre fois un être humain et qui n'était plus que purée.

Il se planta devant l'autre, immense et menaçant, un regard sévère et glacé posé sur lui. Il souriait, mais d'un sourire qui avait perdu beaucoup de sa douceur et de sa malice, faute d'entrainement, et qui n'avait actuellement que du mépris sur ses lèvres cruelles. « Votre nom, raffleur. » ordonna-t-il, impérieux.
Et ce fut ainsi qu'Augustus Rookwood rencontra ce qui deviendra son chien le plus fidèle, son esclave le plus avide, son parasite le plus servile : Bacchus Murdock.
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Bastus#4 • 20 Octobre 1997

What is this thing I have become Another animal chained, destined To fall, to crawl, to kill, anything, anyone All of these deed I have done All the blood that I caused to run Remember that I did all this for you Don’t forget how far I have come
Le garçon est fébrile, comme avant le lever du rideau du spectacle de fin d’année de l’école. Il trépigne un peu, s’agitant sur ses courtes pattes. Le garçon est impatient que les opérations commencent. Après tout, c’est pour ça qu’il est ici ; pour latter du sang impur en bonne et due forme. Il est même payé pour ça.
Payé pour recevoir des ordres et les exécuter ; que demande le peuple. L’ambiance au sein des troupes rafleurs n’était peut-être pas au goût des plus fins, voire même un peu beaucoup rustre, mais le garçon s’y plaisait bien, au milieu d’autres gars comme lui, ces Rufus et compagnie, sans pitié, à l’hygiène douteuse et aux mains sales de meurtres, plus nombreux à leur actif que leurs années de vie. Le garçon n’a que vingt ans et déjà, le sang avait du mal à s’en aller de sous ses ongles, malgré les heures passées à se les laver jusqu’au sang. Petit con.
En même temps, s’il a du sang toujours partout, c’est parce qu’il n’aime pas utiliser sa baguette pour tuer. Il connaît pas beaucoup de sorts et n’arrive pas à retenir ceux qu’on leur enseigne à la brigade. Pourtant, c’est pas faute d’écouter les chefs rafleurs ; surtout Rabastan Lestrange, en qui il a trouvé une sorte de figure paternelle. Même si Lestrange n’a pas le temps pour lui, comme il n’a le temps pour personne. Il n’a le temps que pour les rafles, et le garçon a hâte de pouvoir en faire autant.

C’est peut-être là la seule ombre au tableau. Il n’est qu’un rafleur parmi des centaines d’autres. Une brute épaisse dans un épais tas de brutes. Y’a beau avoir des chefs qui commandent, y’a pas son chef à lui tout seul. Il doit partager celui de son groupe armé avec les autres, si bien qu’il joue au plus turbulent, histoire que le chef s’occupe de lui plus souvent.
Le garçon a encore parfois un peu de mal à comprendre les réformes prises dans ce nouveau régime. Il se rend compte de ce dans quoi il s’est engagé lorsque, comme pour la descente d’aujourd’hui, quelques grands pontes et alliés du Lord leur faisaient honneur de leur présence, se fondant avec difficulté dans les rangs, à être trop grands, trop élégants, trop puissants.

La traque est lancée. Plus qu’une traque, c’est un massacre. Ils sont peu à résister, un peu plus nombreux déjà à essayer de s’enfuir. Le garçon est frappé par la chevelure blonde d’une fille qui s’engouffre dans les escaliers. Il s’élance à sa poursuite, sans réfléchir ; parce qu’on dirait Willow. Cependant, déboulant à l’étage du dessus et la coinçant dans une chambre abandonnée, il se rend compte que ce n’est pas elle. Et c’est certainement là la plus grave erreur de sa victime. Ça n’aurait pas pu être elle. Pourquoi c’est pas elle ?
Il profite du fait qu’ils ne sont que tous les deux pour décider de se la faire à coups de poing, la baguette sagement rangée dans le holster à sa cuisse ; les autres rafleurs se seraient livrer à d’autres genres d’exactions, s’ils n’avaient pas été surveillés.
Mais lui, c’est juste que lorsqu’il s’est rendu compte que ce n’était pas elle, toute la peur a fait comme un raz-de-marée. Il se rend compte qu’il a eu peur que ce soit elle alors qu’il n’aurait pas dû. De fait, le voilà qui saute à la gorge de la pauvre femme pour la punir de lui avoir fait si peur. Bam.
Parce que lui n’est pas là par pur sadisme. Bam. Il est là à la fois par désœuvrement, mais surtout par bam peur. Le garçon est terrifié par les moldus qu’on lui a décrits comme de la vermine qui enlevait les petits enfants pour les dévorer. Bam. Alors il est devenu grand et fort pour ne pas qu’on le dévore. Et pour la dévorer à son tour. Bam. Elle n’aurait pas dû lui faire peur car il n’aurait pas dû avoir peur que ce soit Willow. Bam.

La masse sanguinolente crachotant entre ses doigts ne peut pas être elle.
Il peut continuer encore longtemps comme ça. Il aurait pu, s’il ne s’était pas retrouvé propulsé vers l’arrière et rejeté violemment contre un mur.
Croyant être tombé sur un ennemi, il se redresse aussitôt, malgré son front qui saigne. Il ahane comme une bête prise au piège. Sauf que lorsqu’il relève la tête, la face inhumaine tordue de haine et de terreur reconnaît celle, inexpressive et cruelle d’un mangemort. Il se tenait trop droit pour être un fugitif, même s’il avait l’air aussi mort. Alors la bête disparaît, mais pas les crocs luisant sur ce visage maquillé de lèvres rouges de bambin qui auraient bouffé trop de friandises. Son visage juvénile jure avec le reste de son corps d’homme, biberonné aux protéines et aux exercices physiques permanents –c’est qu’il n’a pas grand-chose d’autre à foutre au quartier général.
Il se laisse glisser contre le mur, essuyant le sang suintant de sa tempe et de son nez, éructe bruyamment et crache, mais loupe de loin ses chaussures vernies « merde, raté… »
Il lève alors les yeux sur un spectacle qui ne le révulse pas autant qu’il l’aurait souhaité.

« Z’aviez l’air d’vous en souv’nir hier soir, quand vous pensiez à moi » croit-il de bon ton de plaisanter grassement. Habituellement, la blague concernait davantage la maman de l’insulté plutôt que l’insulté lui-même. Mais le garçon avait encore beaucoup à apprendre. Et il devait avouer avoir été pris un peu au dépourvu par son superbe interlocuteur.
Toutefois, il ne fallait pas se méprendre ; le regard lascif qui lèche comme une flamme la silhouette debout devant lui n’est pas amoureux, pas encore. Si à l’époque il voulait le dévorer, c’eut été simplement pour montrer qui était le patron dans la pièce.

De fait, juste avant qu’il ne lui cloue le bec de quelque manière sadique que ce soit, le garçon, un sourire évasif aux lèvres, presque charmant, ajoute :
« C’pas très poli pour un homme tout bien sapé comme vous d’m’d’mander mon nom sans m’donner l’vôtre avant »
Et ce fut ainsi que Bacchus Murdock rencontra dans les pires conditions qui soient celui qui deviendrait son patron le plus redoutable, son maître le plus avide, son démon le plus sublime : Augustus Rookwood.
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Bastus#4 • 20 Octobre 1997

Buddy you're a young man hard man Shouting in the street gonna take on the world some day You got blood on yo' face You big disgrace Wavin' your banner all over the place
Augustus apréhenda enfin la créature dans son ensemble après sa tentative, pitoyable, de lui cracher dessus. Il eu un rictus méprisant, à le voir échouer cette simple action. Ces rafleurs échouaient tous ce qu'ils pouvaient entreprendre. « merde, raté » La brute était jeune, vraiment jeune, il avait l'impression de voir une arme de destruction massive contrôlée par un enfant. Cela lui donnait envie d'en prendre les commandes et de lui apprendre la vie, avant de le faire imploser et regarder ses restes noircir quelque mur ou quelque visage. Et cette image, délicieuse, des méandres de l'imprudent se répandre quelque part le fit sourire, encore, et il eu un rapide rire, méprisant.
« Z’aviez l’air d’vous en souv’nir hier soir, quand vous pensiez à moi » Augustus haussa un sourcil, sidéré, presque impressionné de la profonde vulgarité de l'individu. Il était, souvent, fasciné de l'absence d'instinct de survie de certaines personnes. Elles se jetaient, ainsi, entre ses doigts létaux, avec la force et la conviction de ceux qui croient un jour pouvoir en sortir. Il était ici, le pauvre garçon, et il se permettait des choses qu'il n'était pas censé pouvoir se permettre. C'était grisant, en un sens, d'apprendre aux incultes à respecter leur supérieur. Ce fut sûrement cet étrange émerveillement qui permit au rafleur de terminer sa pensée, de s'enfoncer dans le foutre de son ridicule. « C’pas très poli pour un homme tout bien sapé comme vous d’m’d’mander mon nom sans m’donner l’vôtre avant. » Il avait gagné, il avait, enfin, pleinement, réussi à rendre Augustus d'excellente humeur.
La baguette du mangemort frémit, d'un geste négligent du poignet, et la masse de muscles fut une énième fois projetée, percutant encore le mur qui menaça de céder sous l'impact renouvelé. Il s'approcha encore, d'un pas et du bout de sa baguette lui fit relever la tête vers lui. Il saignait, l'impudent, et le sang n'était plus seulement celui de leurs ennemis communs, mais bien le sien. Et Augustus appréciait cela. Ses lèvres, ravies, lui roucoula dans un sourire tendre : « Ne bougez pas. » Et enfin, il pu pénétrer son âme.

Augustus avait l'habitude de la legilimancie, elle avait fait partie de son quotidien bien avant Azkaban et, avec sa sortie, on lui avait demandé moult fois de sonder et d'interroger des ennemis. Il s'y pliait, obéissant à son Lord, fébrile de l'aider dans le rétablissement de l'Ordre et de la Justice dans le monde magique. Il était, en tant qu'homme expérimenté, adepte de la legilimancie subtile. Il savait s'immiscer dans les pensées sans que le sujet ne le réalise, et manigancer son chemin dans les souvenirs avec la délicatesse d'un serpent se préparant à étouffer sa proie. Il avait, de nombreuses fois, débattu avec Rabastan Lestrange de l'efficacité de sa technique, et de l'avantage stratégique imparable de laisser la victime dans l'ignorance dans son passage. Il n'avait pas la force brute du Lestrange, mais son intelligence et sa subtilité compensait facilement ce genre de détail.
Cependant, pour le petit être fragile qui essayait vainement de lui résister, il fit une exception. Pris par sa joie, son mépris, son empressement de s'amuser et de lui faire du mal, il pénétra son âme comme il avait percuté le mur : dans un choc brutal faisant vibrer les murs de sa conscience. L'expérience, si elle du être incroyablement douloureuse pour la proie, elle fut proportionnellement affligeante pour le mangemort. L'homme, Bacchus Murdock, était un produit vulgaire de violence et de débilité. En fouillant de fond en comble les méandres de cette place déserte qu'était ses réflexions, il ne se confronta qu'aux mots des autres, qu'à la pression sociale et aux paroles martelées d'une famille le suppliant d'obéir. Cette pauvre petite créature était une victime, n'avait été qu'une victime, et ne s’élèverait surtout jamais au dessus de cet état pitoyable. Et ce n'était pas le meurtres d'enfants et d'autres révoltés qui arriveraient à jour à le dresser au dessus de sa basse condition de parasite. Le défi, cependant, allécha l’ancien prisonnier et il ressortit de la boîte crânienne avec un air toujours plus satisfait.

Il observa, narquois, le Murdock reprendre pied sur terre après le viol en règle de son esprit. Pour ce qu'il y avait dedans... « Je vois. Bacchus Murdock, vingt ans, raffleur de bac à sable. Charmant. » Il eu un rire bref, sidéré par ce qu'il avait sous les yeux. Il le regardait, à ses pieds, et il espérait presque que la prochaine insulte soit à la hauteur des suivantes et qu'il pourrait le punir, encore et encore, d'être tout ce qu'il méprise. Augustus n'appréciait ni la violence, ni la bêtise, ni ce vide incroyable qui résidait en Bacchus. Il était absolument fou, absolument influençable et il se laissait juste porter par le vent... Incapable petit être. Ridicule petit être. « Je suis Augustus Rookwood, votre supérieur, et je vous prie de bien vouloir réguler votre insubordination et de vous remettre au travail. » La demande, aimable, était entachée par cet horrible masque de joie sadique. Il allait le tuer, et il allait adorer le faire.
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Bastus#4 • 20 Octobre 1997

What is this thing I have become Another animal chained, destined To fall, to crawl, to kill, anything, anyone All of these deed I have done All the blood that I caused to run Remember that I did all this for you Don’t forget how far I have come
Ils auraient été fiers de lui, les copains rafleurs, devant tant d’audace. Dans leur milieu, on avait tendance à assimiler un peu trop facilement courage et imbécillité. Pour eux, foncer droit dans le mur était la plus fine des tactiques, et l’ouvrir à tout-va relevait de la bonne conduite en public. On aurait pu les comparer à une meute de chiens de combat ; à ceci près que les chiens avaient une queue… Dans la meute, on obéissait au mâle dominant et, à la rigueur, si le mâle dominant obéissait à un maître, on ne lui en faisait pas cas. Pour le reste, ‘fallait repasser.
Alors autant dire que ce type-là, il était totalement étranger à la mauvaise troupe du garçon. Méfiant, il le regarde s’approcher par en-dessous, soupesant avec un peu de retard la gravité de son insolence. Réfléchir après avoir agi ; un classique du savoir-vivre rafleur. Et encore, « réfléchir » était un bien grand mot pour désigner les pensées bordéliques qui se bousculent au portillon de son esprit.
Pour qui il se prend, ce type ? C’est quoi son nom déjà ? Heureusement qu’j’ai pas niqué ses pompes. Encore un aristo’ qui s’sent plus péter sur l’terrain – c’est quoi son nom déjà ? Lestrange en avait parlé, j’crois. C’est pas lui le sang-mêl-il a une belle gueule quand m- tu veux ma photo ? J’vais t’ôter l’envie d’sourire comme ça, moi, t’vas voir ! On n’a pas idée d’avoir une gueule pareille ! Tu t’fous d’moi c’est ç-

Ce véritable programme culturel est aussitôt interrompu lorsque le garçon s’écrase de nouveau contre le mur, achevant d’y inscrire sa robuste silhouette. Il retombe en vrac sur le sol, du plâtre plein les cheveux, faisant comme un morbide glaçage sur sa figure rougeoyante et ses lèvres de fille. Le mangemort s’est encore rapproché et le garçon commence à enfin se demander si Lestrange tenait les comptes des pertes rafleuses après chaque mission. Au cas où…

Cependant, ce serait sous-estimer l’homme que de s’imaginer une seule seconde qu’il allait se contenter de tuer bêtement et simplement le garçon. L’exécution sommaire restait le domaine de prédilection des butors rafleurs. Parmi les mangemorts, au moins, on savait s’amuser. Mais, à l’époque, le garçon ne pouvait pas se projeter que l’on puisse tuer par plaisir, puisqu’il était lui-même guidé par un instinct on ne peut plus viscéral de peur. Et il n’avait pas fini d’élargir les horizons de l’effroi, entre les mains de son nouveau tortionnaire.
On lui était passé sur le corps un nombre incalculable de fois. On lui avait fait repousser les dents et les sourcils tant de fois qu’il serait capable de se souvenir de la formule. On l’avait tant de fois recousu et recollé qu’il aurait pu faire de la concurrence à la créature de Frankenstein. Déjà tout petit, il avait failli perdre un œil au cours d’une bagarre avec sa propre cousine.
Le garçon était un produit de consanguinité et de violence. Le résultat d’une éducation basée sur les monstres de sous le lit et la haine de l’autre.

Et le mangemort qui lui pénètre la caboche est comme un nouveau monstre, bien réel, bien qu’immatériel. Monstre envahisseur contre lequel le garçon ne peut opposer aucune résistance physique. Y’a pas de muscle dans son cerveau.
On lui était encore jamais passé dans l’esprit. Et, comme on s’attaquerait à quelque chose qu’il sait précieux mais dont il ne sait pas se servir, il hurle de peur et de douleur.
Il hurle tellement que ça aurait dérangé un legilimens moins avisé que celui faisant actuellement un petit tour par ses méninges. Un petit tour de force. Le garçon a l’impression qu’on lui ouvre le crâne en deux pour y enfoncer un centaure mort. Il a l’impression qu’on vide tout, qu’on retourne tout comme dans une chambre d’enfant mal rangée.
Il est terrorisé, et cette peur atroce lui fait mal. Il est comme dans ces cauchemars de gosse, où on finit tout nu devant la salle de classe. En l’occurrence, il n’y a qu’un homme, mais ça n’en est pas moins terrible. Face à lui, face à son intrusion brutale, il se sent vulnérable, démuni, déchiré, éventré, mais de la tête. Parce qu’en face de lui, il y a cette force qui s’incruste et juge ce qu’il avait soigneusement rangé au fond de sa petite tête. En effet, le mangemort ne se contente pas de récolter les informations qu’il a eu l’insolence de lui refuser ; il moissonne également à la faucheuse tout ce qui lui tombe sous la main. Les fessées de maman, papa qui fait le con et c’est gênant, les surnoms insultants, les poissons, les filles, la fille. Il l’avait bien rangée pourtant, roulée en boule dans un tout petit coin. Pour y laisser du vide à la place.
Parce que c’est ça aussi qui fait mal ; le vide de d’habitude soudainement rempli, gorgé, étouffé comme s’il buvait la tasse.

Cet homme le noie dans sa propre tête.

Quand il s’extirpe enfin, le garçon garde la tête jetée vers l’arrière, les yeux inondés, la poitrine folle et la sensation désastreuse d’avoir été ravagé de l’intérieur. Il a tout détruit, il a fait place nette. Et maintenant, il sait tout.
Le garçon a l’impression de ne plus s’appartenir.
Il ne savait pas à quel point il avait vu juste.

Il s’essuie les yeux et ravale sa bile, espérant par la-même ravaler cette cuisante humiliation. Il ne peut pas ranger. Il ne pourra plus ranger, parce qu’il redoute que plus rien ne puisse échapper à cet homme qui, l’air de rien, finit les présentations. L’information se fait une place dans son crâne comme on déambulerait dans un hameau en ruines ; en maître des lieux.
Augustus Rookwood.
Sa tête retombe contre son torse bombé d’affolement. Sa respiration ne se calmera pas. Il a honte d’avoir eu si peur, d’avoir hurlé si fort qu’en bas, on a dû demander pour qui ça chauffait tant. Il a eu peur, il a eu honte, et il ne sait pas comment gérer ça, ni l’accepter. De fait, comme ton bon animal sauvage qui se sent acculé (pour ne pas dire enc-), il montre les crocs jusqu’à s’en faire saigner les babines.
Avant qu’il ne mette les deux pieds dans le plat que le mangemort se fera une joie de déguster, on croit l’entendre marmonner les noms des 28 Sacrées, comme on compterait sur ses doigts. Il relève la tête, son sourire goguenard jurant avec ses yeux roses « Vous m’en voulez parc’qu’elle était d’vot’ famille ? » Il cherche des yeux et désigne du menton le cadavre sanguinolent de la jeune moldue. « C’est les risques du métier, quand on va baiser chez les impurs » Il est un peu con, ce garçon ; trop habitué à l’humiliation pour ne pas en rajouter une couche « sans rancune, hein, m’sieur Rookwood ; z’auriez bien une p’tite-fille à m’filer en épousailles, histoire d’purifier tout ça » Comme s’il s’écrasait malgré tout devant le mépris euphorique de son supérieur, sa voix meurt sur son sourire fou et inconscient du calvaire qui allait l’attendre pour les décennies à venir.
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(20.10.1997) BASTUS #4 • You got mud on your face, you big disgrace. • w/blood

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