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sujet; the wasted years, the wasted youth - abba

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J + 1 dans le manoir Rookwood. Toujours en vie, malgré des émotions fortes en perspective.
Au matin, tout était rentré dans l'ordre, à partir du moment où vous aviez passé les portes du Ministère. Comme avant. Tu rejoins la Ruche, prends connaissance des avis de recherches, vaques à tes occupations voire à celles de Rookwood. Il n'y a rien à laisser transparaître. Tu croisais juste les doigts pour que tes animaux ne s'attaquent pas aux draps en satin de la chambre qu'il t'avait aimablement prêté... quand bien même tu allais dormir la plupart du temps sur le canapé dans son bureau. On ne change pas une équipe qui aime perdre contre une autre.
Le soir-même, tu étais de nouveau de garde chiourme de la jeunesse pourrie gatée de l'élite sorcière. C'était certainement la pire de toutes les décisions qui avait été prise suite aux attentats de ste-Mangouste. Autant escorter les grands pontes dans la journée, ça allait, parce que vous voyiez du pays et qu'ils vous dédaignaient tellement qu'ils faisaient comme si vous n'existiez pas.
L'ennui avec les jeunes en soirée, c'est que ça se passait toujours dans de grands salons bondés, et que eux, ils vous ignoraient pas assez.
Tu déclines d'ailleurs une énième coupe de champagne proposée par une demoiselle au décolleté plus profond que la fosse marine la plus profonde dans laquelle t'avais jamais plongé. Autant dire que t'as du mal à la regarder dans les yeux. Détail embarrassant qui n'échappe pas à son copain du soir puisqu'il vient te menacer mollement, le ton de sa voix ramollit par l'alcool et peut-être même l'orvietan de derrière les rideaux, son menton haut levé et son brushing impeccable. T'en bouffais des comme lui tous les matins avec ton café. Un blanc-bec sur lequel tu aurais volontiers levé le poing. Sauf que c'était pas dans ton contrat, si ce n'était dans la phrase qui stipulait que vous ne deviez en aucun porter atteinte physiquement ou verbalement à l'intégrité de vos protégés. Tu te contentes donc de lui arracher deux poils du nez, ni vu ni connu, que le diable t'en soit témoin, tu ne l'avais pas touché, n'est-ce pas mademoiselle.

Ainsi ils vont et viennent, papillonnant de toi à tes collègues au buffet. Les premières fois, ça avait eu le don de te divertir, c'était même parfois un peu drôle d'essayer de pas les taper. Mais à force, ça te distrayait seulement, quand ça ne t'ennuyait pas. Parfois, ils vous faisaient du rentre dedans et ça devenait clairement chiant. On les reniflait à des kilomètres ceux-là, ou surtout celles-là, en fait. Dès le début de la soirée, elle vous repérait au milieu de la foule haute en couleur, dans vos habits noirs. C'était pas celle qui vous dévisageait avec dégoût, comme si vous puiez à des kilomètres à la ronde -toilette exigée au minimum, ce qui provoquait à chaque fois des vagues de ronchonnements dans vos rangs-, mais plutôt celle qui vous trouvait à son goût. Vous passiez un moment à déterminer sur lequel d'entre vous la demoiselle avait jeté son dévolu, à grands renforts de mimes et de langage des signes improvisés. Une fois la victime marquée au fer rouge par ses petits camarades et poussée à la tentation, s'engageait une parade nuptiale d'un ridicule à faire pleurer un clown.
Quand elle vous ignorait pas, elle tentait une approche. Quand elle se dissimulait pas derrière son éventail, elle évasait un peu plus l'échancrure de sa robe. Quand elle se pendait pas au cou d'un autre petit nobliaud, elle vous oubliait parce qu'en fait, il était pas si mal ce petit nobliaud tiens, comment tu t'appelles déjà ? Ton nom de famille, j'veux dire ; c'était bien plus intéressant et intéressé. Le pire, c'est qu'ils le savaient les gamins, qu'ils étaient là grâce à ça et pour ça. Reproduction programmée sur fond de débauche parfumée.
Vous étiez pas masses de sang-pur parmi les rafleurs et tu priais Merlin et toutes les sorcières ancestrales pour qu'on n'apprenne pas qui tu étais, au risque que tu te retapes l'une de ces interminables soirées, mais cette fois-ci en tant qu'invité et prétendu prétendant.

Jusqu'à présent, tu t'étais tiré d'affaire ; au final, en dehors des employés du Ministère, personne ne te connaissait. Et au sein même du Ministère, on ne te connaissait que comme l'ombre de Rookwood.
Rookwood.
Par les testicules atrophiés de Merlin, y'avait Adélaïde Rookwood.
La belle affaire. Adélaïde Rookwood était de toutes les soirées. On pouvait pas rater son visage constellé de taches de rousseur et ses robes de grands couturiers. Tu la ratais jamais, comme si tu cherchais sempiternellement une infime ressemblance avec son oncle bien-aimé.
Rien de nouveau à l'ouest donc qu'Adélaïde soit là.
Ce qui l'était, en revanche, c'est que toi, depuis un jour donc, tu créchais chez elle et son oncle. Sauf que visiblement, si le très attentionné Augustus avait aussitôt fait parvenir l'information à sa nièce adorée, tu ne savais toujours pas si la demoiselle avait assimilé la susnommée information.
Mais 'fallait croire que, au courant ou pas, elle avait senti le truc arriver, puisqu'elle venait dans ta direction, de sa démarche chaloupée de jeune fille perchée sur ses talons, comme un petit navire sur une mer de rhum ou tu ne savais quel autre cocktail sophistiqué.
Lorsqu'elle est trop proche de toi pour que tu ne puisses plus l'ignorer, tu prends un air désintéressé, croisant les doigts pour qu'elle t'alpague par hasard ​« J'peux vous aider, mad'moiselle ? » Garde ton calme mon grand, t'as rien fait de mal, elle peut pas te faire de mal... hé, tous les Rookwood n'étaient pas de superbes monstres de manipulation et de flatterie, après tout, pas vrai ?


Dernière édition par Bacchus Murdock le Mer 26 Oct 2016 - 15:15, édité 1 fois
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WIZARD • always the first casuality
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‹ inscription : 29/08/2016
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‹ crédits : Myself + Paroles sign Lomepal - Enter the Void
‹ dialogues : #cc9999


‹ liens utiles :
‹ âge : 24
‹ occupation : Anciennement chargée du Remplacement des Elfes de Maison.
‹ maison : Serdaigle
‹ scolarité : 1991 et 1998.
‹ baguette : est en chêne rouge, ventricule de dragon, 26 centimètres, légèrement rigide.
‹ gallions (ʛ) : 609
‹ réputation : je suis une garce de l'élite qui a trop profité de son statut pendant la guerre ; que je suis la nièce et l'unique parente proche de l'un des anciens Mangemorts les plus recherchés, Augustus Rookwood.
‹ faits : j'étais une enfant froide et renfermée, qui s'occupait seule de sa mère mentalement dérangée, avant d'être placée sous la tutelle de mon oncle, à la mort de cette dernière. Après avoir joui de la vie pendant des années, profitant du compte en banque d'Augustus et de ma situation de privilégiée, j'ai aujourd'hui tout perdu suite à la destruction d'Herpo Creek et à la chute du gouvernement.
‹ résidence : dans l'appartement d'Abel Burke, assignée à résidence par le nouveau gouvernement, en attendant de m'interroger sur la fuite de mon oncle.
‹ patronus : un gros chat sauvage
‹ épouvantard : ma folle de mère me couvrant de baisers et de honte devant tous mes amis d'enfance.
‹ risèd : une petite fille dans mes bras.
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« God damn ! »

Tu relèves la tête du lavabo, la penches en arrière, et inspires bruyamment par les narines. Tu baisses à nouveau le menton et croises ton regard dans la glace. Tes pupilles dilatées te renvoient ton expression d’hébétude totale, et d’une main tremblante, tu essuies l’arête de ton nez où traîne encore un peu de poudre émeraude. C’est beau l’émeraude. Tu en portes d’ailleurs un autour du cou, venant se nicher entre tes clavicules osseuses. Tu t’en empares, le retourne entre tes doigts, sans lâcher des yeux ton reflet dans le miroir. L’émeraude est fascinante, tu aimes t’en parer et laisser tes prétendants t’identifier à cette pierre précieuse qui met si bien en valeur ta chevelure rousse lorsqu’il brille de son plus bel éclat. Tu te contemples un instant, un sourire naissant sur les lèvres. Jusqu’à ce que cette grosse blondasse sorte des toilettes en titubant, apparemment en manque cruel de classe. Tout le monde n’a pas la prétention de pouvoir s’enfiler une poudre aux reflets émeraude et de l’assumer. Pathétique petite chose.

« Ta robe est vraiment… Wow. »

En manque de vocabulaire aussi visiblement. Tu suis son regard et observe ton accoutrement. Tu as la chance de pouvoir te parer des plus belles créations du monde sorcier. Et tu as la chance de pouvoir les porter telle une mannequin. Tu le sais, Adé, personne ne porte aussi bien que toi cette robe, et jamais personne ne la portera aussi bien. Arborant un col serré, toute la sensualité du vêtement repose sur le dos nu plongeant qu’il offre aux chanceux se trouvant derrière toi. La robe retombe ensuite en une dentelle sobre, ouverte du haut de la cuisse jusqu’au genou, où elle se coupe net. Les teintes verdoyantes du tissu font de toi une émeraude vivante et attirent immanquablement l’attention des yeux croisant ta route.
Tes neurones commencent à danser la java.
Tu n’aimes pas qu’elle puisse poser son regard bovin sur toi. Pour seule réponse, tu lui offres une expression d’incompréhension, avant d’ajouter :

« Il t’en reste un peu. Juste là. »

Tu lui pointes la narine droite, avant de tourner les talons, légère et euphorique, et de quitter la lady room. Tu plonges alors dans ton univers. La musique assourdissante te frappe immédiatement, pour te faire virevolter, quitter tes talons hauts, et te faire embrasser la lumière réfléchie des lustres que tu accueilles à bras ouverts. Une sensation de chaleur te ramène sur terre. On t’a saisi l’avant-bras. Tu lèves les yeux sur un visage masculin familier qui se rapproche dangereusement du tien. Tu ne réagis pas, et tu le laisses t’embrasser sur la joue, assez proche des lèvres pour que ce soit une bise embarrassante dans la plupart des cas. Mais jamais à ces soirées, souvent préludes d’orgies interminables. L’élite sorcière a une libido importante, à savoir.

Tu te détournes pour te fondre dans la foule et choper un verre à pied au passage, sur le plateau d’un pauvre idiot qui se tient là debout depuis des heures. Une gorgée. Vodka-martini. Dégueulasse. Tu réprimes une expression de dégoût et avale tranquillement la mixture qui te réchauffe l’œsophage. Tu ne peux pas apprécier tout ce que l’on te donne à boire, mais tu ne peux rien refuser. Tu ne t’y résoudras jamais, surtout après les deux rails d’excess qui commencent à te chauffer les tempes.
Alors que tu cherches un endroit où atterrir et une proie à dévorer, tu ne peux mieux tomber. Ouais, c’est bien Bacchus. Tu ne peux plus retenir ton sourire, et tes lèvres s’étirent interminablement quand tu réalises que tu viens de trouver ton camarade de soirée. De ta démarche féline, tu avances tranquillement vers ton gibier en chantonnant la chanson hurlée dans les oreilles de tous les convives. Il t’a vu, et tu le sais dès qu’il détourne le regard pour le planter vers le sol. Il soupire presque, le pauvre. Il faut dire que tu le connais sous un angle intéressant, mais peu valorisant. Combien de fois as-tu aperçu le bon toutou de ton oncle vautré dans le canapé de son bureau, un filet de bave s’échouant sur les tissus du sofa ? Tu ne te mêles jamais des affaires d’Augustus, mais Bacchus te semble une affaire passionnante.

« Arrête un peu, tu es ravi de me voir. »

Et pour toute salutation, tu lui tends ton verre, espérant qu’il l’empoignera pour t’épargner la corvée de le finir. Lorsque tu crois apercevoir la naissance d’une mine peu réjouie sur son visage, tu fronces les sourcils.

« Ne pense même pas à refuser. Ce soir, tu assures ma protection, chéri. »

Et tu exploses de rire, car rien ne te met plus en joie que cette situation.
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Tu étais en train de te demander si l'air de famille partagé avec son oncle ne résidait pas dans le léger creux juste sous son arcade aux sourcils si discrets qu'on aurait pu les croire absents, quand bien même la jeunette -après tout, six ans d'écart à présent, ça se fête - avait pris soin de les maquiller, appuyant sur son sourire trop charmant pour être honnête pour te signifier qu'elle savait pertinemment ce qu'elle faisait et vers qui elle se dirigeait. Avec un peu moins de retenue on aurait pu l’imaginer se lécher les babines à l’idée qu’elle allait passer à table, et que c’était toi la pièce de viande du jour, cuisiné par son fin gourmet d’oncle. Bon d'accord au temps pour toi. C’était pas une histoire de poils de sourcils ou d’arête du nez. Toute la ressemblance était nichée dans les recoins mutins de ses fossettes. Les expressions. Définitivement les expressions. Et que Merlin te garde de te retrouver un jour délicieusement coincé entre leurs deux regards, comme deux petits charognards en coinceraient un plus gros au bord d’un précipice.

« Miss Adélaïde, vous êtes resplen- ...vissante ce soir ... » Bon ok, t’étais un peu rouillé du compliment. En même temps, c’était pas tous les jours que tu t’amusais à en faire, surtout à une demoiselle que tu voyais la plupart du temps en pyjama, ou même pas du tout, vu que tu pionçais sur le canapé de son oncle. « Vous êtes très » là par contre, tu pousses le vice, à la désigner de la main comme on présenterait un nouveau balai de Quidditch dernier cri « ... verte ? » Ses sourcils peints se haussent et tu pries pour qu’elle n’explose pas encore de rire trop bruyamment.
On faisait mieux comme flatterie mais t'avais encore beaucoup à apprendre de son oncle de patron. Cela dit, tu le pensais vraiment. Elle avait eu le bon goût de ne pas porter de décolleté plongeant jusqu'aux orteils –attends un peu de voir son dos, et sa robe d'émeraude laissait suggérer des petits seins comme deux olives à gober dans un verre de martini.
En y repensant, t’aurais peut-être dû lui sortir ça à la place ; ça avait le mérite d’être adorablement chenapan au moins.

Coinçant ta main dans ton ceinturon pour faire le bon type de la sécurité, tu lui prêtes implicitement une épaule pour qu'elle s'y échoue comme une algue sur un rocher battu par le vent. Tu la débarrasses de son verre, comme si c'était gravé dans ta mémoire génétique que tu devais obéissance à la famille Rookwood. Tu en renifles le contenu, bien piètre connaisseur quand il ne s'agissait pas de bièraubeurre et profites que personne ne te regarde pour en goûter une longue gorgée. Cul sec, joli cœur. C'est dégueulasse.
Tu te laisses pas démonter par ce goût abominable qu’ils doivent considérer comme sophistiqué dans la haute, histoire qu’elle ne te trouve pas plus rustre que tu ne l’étais déjà, en plus du relatif ridicule de la situation, sachant qu’avec ses chaussures, elle faisait la même taille que toi, même si tu étais aussi large que haut. D'une voix un peu rendue rauque par la chaleur de l'alcool, tu essayes de rester diplomate.
« Vous savez, miss Adélaïde, que je vous adore » et tu cherches pas à ce que ça sonne particulièrement vrai, à voir le regard faussement ennuyé que tu lui jettes par en-dessous « mais j’peux malheureus’ment pas faire de favo-ritisme pendant mes heures de boulot » un haussement d’épaules résigné, même si en fait, t’en faisais déjà rien qu’en lui adressant la parole sans l’envoyer paître comme tu le faisais d’habitude.

Tu ne pouvais pas ne pas apprécier cette fille. Même saupoudrée de substances illicites magiques. Même venant te tourner autour comme une abeille autour d’un pot de miel. Ou comme une abeille cherchant à chourer le pot de miel de l’ours.
Parce qu’elle avait toujours l’air de manigancer quelque chose, qu’elle était chiante, fêtarde, rousse et épaisse comme un haricot. Tu cherchais même pas à savoir quels régimes saugrenus voire sordides elle suivait pour afficher une taille de guêpe pareille. T’appréciais juste le résultat, comme d’autres loucheraient sur son collier avec lequel tu aurais pu assurer ton misérable loyer jusqu'à ta mort. Cela dit, loin de toi l'idée de le lui voler ; tu n'en avais qu'après le cul des Rookwood et, jusqu'à preuve du contraire, ça n'avait jamais réglé les dettes de personne.
Ah, et ça non plus apparemment, ça avait pas l’air de te déranger.

Tu fais le bonhomme et finis son verre, sauf que t’aurais peut-être pas dû parce que t’as rien mangé depuis ce midi parce que Rookwood –l’oncle cette fois-ci- t’avait demandé de courir à droite à gauche avant la fermeture des bureaux pour lui récupérer les dossiers des retardataires qui pensaient pouvoir se défiler avant la date de rendu.
Cette fois-ci, tu retiens pas un grognement dégoûté du chien qui vient de renifler un chat.
« Et bah p*tain, si c’est c’qu’on appelle du raffinement chez vous, j’vous donne pas longtemps avant d’vous ramener complètement torchée à la maison… »
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WIZARD • always the first casuality
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Bacchus est de ceux que tu approches rarement, ou tout simplement ceux que tu as peu l’occasion d’approcher. Il faut dire que l’élite sorcière, que tu fréquentes depuis quelques années déjà, est loin d’avoir un seul point commun avec l’homme animal qui s’empare de ton verre sans se faire prier. Tu vois bien plus de minets à la houppette blonde et à la barde naissante traîner dans ces soirées, que d’hommes à la virilité certaine offrant une carrure plus agréable à regarder. Tu t’en contente la plupart du temps, de ces jeunes adultes écervelées aux bras malingres et aux joues rapidement rouges après deux ou trois bières au beurre. Il n’y a, certes, pas grand chose à se mettre sous la dent, mais ils ont au moins le mérité d’exister et de t’offrir occasionnellement un peu de plaisir. C’est pourquoi un homme comme Bacchus attire toujours l’attention dans ce milieu où la moyenne d’âge ne dépassait pas les vingt-cinq ans. Il se démarque et émane ce que les midinets ne peuvent même pas espérer : une aura animale qui laisse l’esprit fantasmer sur une baise d’une violence exquise. Alors tu le regardes, avec sa barbe en collier et ses yeux bleus – tu n’avais jamais fait attention à la couleur de ses yeux –, son front plissé et son air maladroit.

« Vous êtes très… Verte ? »

Tu fais claquer ta langue en secouant la tête,  affichant une mine exaspérée. Tu as conscience que tu nous pourrais pas avoir l’air plus hautaine, mais les affiches de prévention ne mentent pas : « L’excess rend suffisant ». Tu aurais plutôt dit « l’excess rend nécessiteux ». Plus d’impact.

« Je suis émeraude Bacchus, ça tombe sous le sens, prends-tu la peine d’expliquer en désignant successivement la pièce précieuse qui pend à ton cou et ta robe provocatrice. Tu pourras le noter dans ton petit carnet à vocabulaire. »

Tu es insupportable. Tu pourrais au moins prendre la peine de sourire pour signifier que c’est au mieux une plaisanterie, au pire une boutade. Mais ce n’est pas dans tes habitudes de saboter tes remarques cinglantes. Tu te contentes simplement de lui adresser un regard insistant, comme pour signifier MAIS VERT QUOI LE MEC IL A JAMAIS VU UN BIJOU AUSSI ÉMERAUDE QUE MOI OU QUOI LÀ.
Tu observes Bacchus hausser des épaules et porter le verre à ses lèvres, pour en faire disparaître aussitôt la mixture. Cul sec. Non, ce n’était certainement pas de l’eau, et tu sens naître un sourire au coin de tes lèvres pulpeuses lorsque tu aperçois ses sourcils se froncer, laissant transparaître un quelconque dégoût. Oui, le vodka-martini, c’est imbuvable. Alors qu’il finit le verre en une deuxième longue gorgée, tu as envie de vomir. Rien que de le voir avaler cette substance qui te révulse tant, tu en as la nausée. Son commentaire n’est pas faux : à s’ingurgiter de l’alcool blanc sans ménagement, d’ici quelques verres, tu serais à terre, faisant l’ange dans ton vomi. Et ce n’est, effectivement, pas le but de la soirée.

Tu détournes le regard pour te repérer. Le buffet est dans le petit salon. Il suffit d’y faire un petit tour rapidement et de chiper des provisions – et surtout un breuvage plus acceptable. A nouveau, tu sondes ton interlocuteur de la tête aux pieds. Sa tenue est à pleurer, on se croirait à un enterrement. Peu importe, il mettra en valeur l’éclat de ta robe. Tu poses une main parfaitement manucurée sur son avant-bras et soupire longuement. Alors tu plantes tes yeux azulés dans les siens, et ressers tout juste ton étreinte pour exercer une légère pression.

« Écoute Bacchus. Je ne sais pas ce que tu appelles boulot, ni ce pourquoi on te paye ce soir, mais je rachète ce temps en ta compagnie le double. Et c’est absolument non-négociable. »

Ta voix froide claque un moment dans l’air, et rafraîchit le ton de la conversation. Tu te verrais, Adélaïde, tu trouverais toi-même la ressemblance avec ton oncle frappante. En cet instant, tu es le portrait craché de l’homme autoritaire et sec qu’il sait être lorsqu’il doit se faire obéir. Tu as vraisemblablement attrapé ses intonations quand il s’agit d’obtenir ce qu’il te plait. Et, crois-moi, tu ne comptes pas laisser filer ce que tu veux.
Et comme si la méchante vipère n’avait jamais été là, tu lâches ton étreinte, et offre un charmant sourire à Bacchus. La jolie rouquine que tu es reprend son masque agréable, et tu t’empares du bras de ton nouveau compagnon. Et c’est tout en faisant quelques pas que tu lui expliques le petit programme que ton esprit organisé met en place :

« Maintenant, on va aller déglinguer le buffet, juste là-bas. Ensuite nous boirons du champagne, et après m’être repoudré le nez, tu m’emmèneras danser où tu le souhaites. »

Car l’excess te dicte de danser.
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À défaut d’essayer de vous faire entrer dans des tenues de soirée histoire de passer plus inaperçus, on vous obligeait à faire un minimum d’effort et à privilégier des vêtements sombres et sobres. Ça accentuait le côté impressionnant et menaçant –histoire de dissuader les importuns, au lieu de rassurer les honnêtes gens. Toutefois, on ne savait pas si ton manteau était noir de couleur ou juste de crasse, à entendre comme le cuir grinçait et grattait, comme le fauteuil des grands méchants dans les films de gangster.

Tandis que, faute de pouvoir apprécier ton style irréprochable et ton brillant esprit, la demoiselle se projetait de fougueux ébats en ta compagnie, de ton côté, tu te demandais puérilement si elle avait autant de taches de rousseur sur le reste du corps que sur son visage constellé. Avec un verre en plus dans le gosier, tu n’aurais pas manqué de lui demander, mais pour le moment, cela restait au stade d’interrogation saugrenue et privée.
Si c’était le cas, ça n’aurait fait qu’accentuer son allure féline, comme celle d’une panthère ou de tout autre prédateur tapi à l’ombre des épais feuillages de la forêt vierge. Tu pars en quête d’une possible réponse en laissant ton regard traîner discrétos dans la courbe de sa nuque, puis sur ses jambes interminables que t’étais pas du genre à craindre de pouvoir casser si tu faisais pas gaffe. Elle était de ces filles minces et en perpétuel équilibre, mais pas fragiles pour autant car tannées par l’alcool et les stupéfiants.
Certains de tes collègues rafleurs avaient partagé leur goût pour les filles plus grasses qu’ils ne craignaient pas, je cite, « de fendre en deux ». T’étais pas du genre à participer à ce genre de débat, te contentant d’écouter d’une oreille distraite –parce que l’unique fois où t’avais voulu foutre ton grain de sel, on t’avait pas laissé finir, refusant de savoir ce que tu pouvais trouver à Augustus Rookwood. A présent, si l’occasion se présentait de nouveau, tu aurais de quoi les mettre peut-être en appétit avec ta nouvelle trouvaille.
‘Faut dire qu’au fond, t’étais pas peu fier de t’afficher avec la demoiselle au nez et à la barbe de tes comparses rafleurs éparpillés dans la salle.

Tu m’diras, tu fais moins le malin lorsqu’elle dépose sa main impeccable sur ton bras. La légère pression qu’elle exerce n’est pas sans te rappeler avec effroi Rookwood quand il cherchait à capter toute ton attention. Elle doit bien sentir qu’elle glace tout ton sang de ses yeux, si bien que tu te figes, statue d’onyx face au regard de Méduse.
Plus que dans la sévérité soudaine de son regard, la ressemblance t’avait le plus claqué au visage dans la main qu’elle retire comme si elle n’avait jamais été là, et dans le sourire charmant qu’elle te sert après la douche froide. Juste comme son oncle qui passait son temps à te maintenir la tête hors de l’eau et à l’y enfoncer quand il s’égarait dans une pensée pour toi.

Pétrifié, tu entreprends de lui répondre seulement quand elle commence à te conduire vers le buffet, faisant preuve d’une détermination nouvelle. Tel son golem, tu te laisses guider, ce qui était toujours mieux que de créer le scandale en essayant de te défiler.
« Gardez votre fric, miss ; j’vous signale qu’c’est tous vos parents qui nous payent à vous surveiller » vu ta situation, t’aurais peut-être dû l’accepter, son argent ; sauf si tu n’étais pas si mal que ça au final, dans leur manoir… « donc faites votre p’tite vie comme bon vous semble, tant qu’j’peux garder un œil sur vous… » au froncement de sourcils que tu as, on devine que tu viens de piger la tournure qu’allait prendre son prétendu programme. « Mais hors de question que vous m’mêliez à ça ; si j’dois vous emmener danser, ce sera direct’ dans vot’ piaule ! » que tu grognes, ne te rendant compte que trop tard de la délicieuse ambigüité de ta remarque. Tu visualises de là un avenir proche et catastrophique, si jamais la demoiselle s’amusait à répéter cette gaffe à son mangemort de tuteur qui planifierait alors mille et une façons, toutes plus douloureuses les unes que les autres, de te réduire en miettes. On dirait que tu cherches du regard si personne d’autre ne t’avait entendu, prêt à supprimer tous les potentiels témoins. Et plus les secondes passent, plus il te sera difficile de rattraper ta gaffe sans en foutre partout…
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WIZARD • always the first casuality
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S’il est bien connu que l’excess décuple les sensations, on oublie bien souvent de dire que la fine poudre émeraude décuple principalement l’égo de ses utilisateurs. Un rail, on est absolument remarquable. Deux rails, on est le roi de la soirée. Trois rails, on est l’empereur de l’univers tout entier.
Et c’est ainsi que le trajet entre le grand et le petit salon te semble une réelle walk of fame. Au bras de ton nouveau cavalier, tu te sens affreusement puissante, ne faisant même pas attention à la rigidité de sa veste, qui grince sous tes doigts filiformes. Au contraire, le contact du cuire renforce en toi le sentiment de posséder l’animal qu’est Bacchus. Tu ne le possèdes pas uniquement. Tu possèdes la pétasse blonde des toilettes, tu possèdes le minet à mèche qui t’a volé un baiser tout à l’heure, tu possèdes toutes ces pauvres âmes perdues dansant au rythme de l’orviétan dévorant tranquillement leur énergie. Et alors que tu sembles te déplacer au ralenti, tous les yeux se tournent vers toi, et tu leur souris avec dédain. Car tu rayonnes et tu les aveugles, toi la grande rousse que tous dévorent du regard, qui a réussi à déloger un rafleur de son poste de garde. Tu es le paon qui attire le regard sans même faire la roue. Et tu ris, car tu es une émeraude bien trop exceptionnelle pour être viable, et que l’absurdité de ton existence rend malades de jalousie tous ces êtres tournés vers toi. Crevez, ce soir, vous ne faîtes pas le poids.

Et alors que tu crois redescendre tout doucement de ton égotrip provoqué par l’excess, Bacchus te propulse au millième ciel. Jamais sa voix ne t’a procuré un tel plaisir. Car tout ce que tu entends, c’est « tant qu’j’peux garder un œil sur vous » (déjà, un sourire naît sur tes lèvres), puis « si j’dois vous emmener danser, ce sera direct’ dans vot’ piaule ». Tu exaltes. Tes yeux turquoise se tournent vers lui, un sourcil froncé et l’autre relevé, juste pour être bien certaine que tu as entendu ce que tu as entendu. La drogue te joue parfois des tours. Mais à voir le regard fuyant de ton cavalier, et le rouge lui montant timidement aux joues, tu n’as pas pu te tromper. Et tu ne peux certainement pas laisser une occasion pareille passer. L’euphorie s’empare de toi, et tu découvres tes dents blanches, soulignées par tes deux grandes lèvres vermeilles. Tu as plus ou moins conscience que tu dois ressembler à un félin, maintenant tout de suite, et cela ne te déplaît pas, bien au contraire. Oh Bacchus, tu devrais l’ouvrir bien plus souvent si c’est pour dire des vers aussi doux à l’oreille. Tu te tournes légèrement vers lui.

« Alors marché conclu. On mange, on boit, et on va danser dans ma piaule. »

Ah non, tu ne pouvais pas la lui offrir celle-là, il fallait que tu t’en empares immédiatement avant que le moment ne passe. Et c’est tout sourire que tu te diriges vers le buffet, sans laisser la moindre chance à ton compagnon-animal de s’enfuir. Une fois arrivée face à la grande table merveilleusement garnie, tu lâches ton étreinte et te poste face à ton interlocuteur. Tu as une envie incroyable de passer tes mains dans cette barbe folle qui semble te faire de l’œil depuis tout à l’heure. Tu n’es pas encore assez poudrée, tu arrives à te retenir. Un peu de tenue.

« Et je suis certaine, mon cher, que tu es un danseur hors pair. »

Si Augustus te voyait, il serait loin d’être fier de sa chère nièce, même s’il se fait peu d’illusions, te semble-t-il, quant à ta chasteté. Cependant, te voir coincer dans tes filets son animal de compagnie personnel ne le ferait certainement pas rire très longtemps. Dommage qu’Augustus soit à des années lumières de tes pensées. Ce soir, tu veux embrouiller l’esprit du pauvre Bacchus tout en atomisant le tien.
D’un geste qui se veut gracieux, tu désignes le buffet et ses mille saveurs. La cuisine du monde entier semble s’être réunie en un même lieu, et c’est d’ailleurs le cas. Si vous passez un œil dans les cuisines, vous verrez des chefs de toutes les nationalités s’activer pour régaler les papilles de petits merdeux ingrats qui finiront par faire tomber par terre, ou même vomir, tous ces plats d’une qualité exceptionnelle. Tu en es presque désolée, en tant que grosse mangeuse et habituée à la nourriture exquise – n’oublions pas les talents de ton oncle pour la gastronomie.

« Je t’imagine bien avoir un penchant pour la viande rouge. »

Un coup d’œil te permet d’apercevoir la boucherie miniature, soit des morceaux de viande cuits magiquement par les chefs en question, au bon vouloir des convives. Bleu, saignant, à point, carbonisé, ils exécutent tout dans la seconde. C’est le moment que tu choisis pour offrir ton dos à Bacchus. Tu avances devant lui, te dirigeant vers la table carnivore, ne pouvant réprimer un sourire à l’idée de son visage pétrifié par la vue que tu a décidé de lui céder. Mais pas trop non plus. Tu te retournes subitement vers lui, tenant un petit rectangle rouge vif que tu laisses se balancer entre tes doigts fins. Le regard amusé, tu lances à ton cavalier :

« Tu la préfères crue, n’est-ce pas ? »


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Si la demoiselle scintille comme le diamant qu’elle porte, espérant presque à haute voix que tous se retournent sur le diamant qu’elle était devenue, tu peines à essayer de disparaître, te reléguant toi-même dans l’ombre de la jeune femme. Sauf que t’es un peu trop gros pour passer inaperçu. Et, plus qu’un satellite parmi tant d’autres gravitant autour de l’étoile montante de la superficialité, t’avais davantage la dégaine du trou noir qu’elle était parvenue à mettre en laisse, et qu’elle empêchait par la-même de l’aspirer toute crue.
Y’a pas à dire, son oncle serait fier d’elle.

On ne savait plus si c’était toi qui prenais un plaisir particulier à t’aplatir face aux Rookwood, ou si c’était les Rookwood qui se donnaient à cœur joie pour essuyer leurs chaussures très chères sur toi. Parce qu’il était plus facile de les blâmer eux, que toi, pauvre bestiole innocente qui mettait les pieds dans le plat.
Mais ‘faut dire que tu prenais soin de bien les y enfoncer, tes pieds, à l’image de ses talons à elle qui la hissait même plus haut que toi.
Et dans un sourire conquis, elle s’empare du plat dans lequel tu t’es toi-même ficelé pour le balancer au four. « C’estpasc’quej’voulaisd… » mais elle ne t’entend même pas, elle est dans sa galaxie à elle, à laquelle elle te convie en bon seigneur qu’elle était. Et, comme si elle hésitait encore à quelle sauce elle allait te bouffer, elle en rajoute une couche.
« Non mais non j’sais pas dans-… » mais là encore, autant s’adresser à un autre trou noir. L’allusion n’en était pas moins croustillante que, contrairement à ton apparence suscitant parfois les fantasmes de certaines, t’étais bien novice en la matière. C’est la petite Coco qui en aurait à redire sur tes prétendus talents de danseur. Pour ne pas dire que c’est elle qui avait dû mener la danse tout du long de ton premier et unique rendez-vous avec elle.

Par définition, le petit salon était plus petit que le grand salon. Et, si les hauts plafonds du grand salon laissaient espérer l’illusion de quelque échappatoire aérienne, l’ambiance dans le petit salon était beaucoup plus étouffée. En gros, tu y avais encore moins ta place que dans l’autre, et tu prenais bien trop de place. Quelle idée saugrenue d’avoir foutu la bouffe là où ne pouvaient que parvenir un nombre réduit d’invités… à croire que tout était fait pour que les jeunes se rabattent sur la boisson qui elle, venait jusqu’à eux, quitte à ce que certains rafleurs en profitent pour rafler quelques coupes de champagne à de faibles elfes de maison se glissant entre leurs pattes.
C’est que t’as le manteau épais et la chaussure lourde de ceux qui passent leur vie à courser des affreux dans le froid et la nuit. Autant dire que ta tenue n’était pas vraiment de mise pour ce genre de soirée. Tu tires sur le col de ta chemise, évitant ainsi la combustion instantanée.
« Qu’est-c’qui vous fait dire qu’j’préfère la viande rouss-… rouge ! » dernier mot expulsé dans un râle stupéfait alors que la rousse demoiselle te tourne le dos pour aller te chercher une récompense. A moins que la récompense ne réside dans la ligne nue de son dos qui ondule à chaque pas. Tu manques de t’étouffer avec ta salive, ton souffle, l’atmosphère ambiant et même la main que tu plaques sur ta bouche pour contenir on ne sait quoi tellement t’as pas l’air de te contenir.

Ok, ok, t’as encore un peu le temps de te ramasser une contenance improvisée, histoire de ne pas paraître plus en rut que tu n’en avais déjà l’air. « Ah bah ça pour être crue » que tu soupires en la rejoignant « j’crois qu’vous avez la robe un peu décu-décousue, miss » c’est que tu y crois vraiment, à ta petite blague, comme un moyen de te détacher de tout ça, alors que t’as les yeux attachés à elle.
« Ou alors c’qu’elle est trop grande, vu comment qu’vous avez qu’la peau sur les os » comme si l’humour à deux gallions pouvaient te sauver du piège qu’elle enfile comme un collier autour de ton cou. Tu te demandes si elle est lourde, sa pierre précieuse. « ‘faut manger, des fois, hein ; qu’est-ce qui vous tenterait ? » que tu demandes, en avisant ces plats dont tu ne saurais pas déterminer la composition ni l’origine pour la plupart d’entre eux. Et on va dire que t’as le ventre trop vide pour te soucier de toutes les allusions sur lesquelles elle allait pouvoir marcher avec ses talons hauts.
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WIZARD • always the first casuality
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‹ inscription : 29/08/2016
‹ messages : 219
‹ crédits : Myself + Paroles sign Lomepal - Enter the Void
‹ dialogues : #cc9999


‹ liens utiles :
‹ âge : 24
‹ occupation : Anciennement chargée du Remplacement des Elfes de Maison.
‹ maison : Serdaigle
‹ scolarité : 1991 et 1998.
‹ baguette : est en chêne rouge, ventricule de dragon, 26 centimètres, légèrement rigide.
‹ gallions (ʛ) : 609
‹ réputation : je suis une garce de l'élite qui a trop profité de son statut pendant la guerre ; que je suis la nièce et l'unique parente proche de l'un des anciens Mangemorts les plus recherchés, Augustus Rookwood.
‹ faits : j'étais une enfant froide et renfermée, qui s'occupait seule de sa mère mentalement dérangée, avant d'être placée sous la tutelle de mon oncle, à la mort de cette dernière. Après avoir joui de la vie pendant des années, profitant du compte en banque d'Augustus et de ma situation de privilégiée, j'ai aujourd'hui tout perdu suite à la destruction d'Herpo Creek et à la chute du gouvernement.
‹ résidence : dans l'appartement d'Abel Burke, assignée à résidence par le nouveau gouvernement, en attendant de m'interroger sur la fuite de mon oncle.
‹ patronus : un gros chat sauvage
‹ épouvantard : ma folle de mère me couvrant de baisers et de honte devant tous mes amis d'enfance.
‹ risèd : une petite fille dans mes bras.
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Tu n’es pas un être doté d’une empathie particulière. Le fait d’avoir été laissée seule dans une situation particulièrement douloureuse toute ton enfance et adolescence t’a poussé à penser que chacun doit s’occuper de ses petites affaires, et n’interférer avec les autres uniquement s’il y voit un intérêt quelconque. Pour le reste ? On est seuls, bien seuls, et c’est ainsi qu’est faite la vie. Tu l’as accepté, et tu pourrais difficilement voir les choses autrement. Ainsi, tu ne te prends que rarement d’amitié pour tes semblables, et tu mets un point d’honneur à voir les êtres humains comme des créatures individualistes et dépourvues d’identité. C’est plus simple ainsi.
Et pourtant, ce soir, Bacchus te touche. Ce n’est pas un sentiment qui t’est familier. Tu l’observes, maladroit et mal à l’aise, un éléphant dans un magasin de porcelaine, une mouche plongée dans l’eau, un rafleur dans une soirée mondaine. Tout chez lui indique la nervosité profonde et l’envie de fuir. Et pourtant, le voilà qui ravale son malaise pour marcher à ton bras, pour te faire des blagues à deux gallions accompagnées d’un sourire gêné mais satisfait. Et ça t’émeut, ça te réchauffe une partie du cœur dont tu ignorais l’existence. Alors tu ris pour exprimer ce drôle de sentiment, qui se rapproche plus de l’affection que de l’attirance. Il est soudain comme un enfant que tu as envie de presser contre ton sein. Oui, il te touche, et pour lui faire payer, tu vas le manger.

« C’est qu’elle te plait, alors, déclares-tu, ignorant parfaitement sa remarque sur le fait que ta robe puisse être trop grande – c’est absurde, personne au monde ne la porterait mieux que toi, tu es une émeraude. »

Bacchus ne doit pas être sans ignorer la passion de ton oncle pour la cuisine, mais ignore-t-il peut-être à quel point tu es capable de t’empiffrer de ces mets délicieux dont seul Augustus détient le secret. Tu n’as jamais autant eu d’appétit que depuis qu’il habite avec toi. Ces traiteurs ne sont peut-être pas au niveau de ton oncle, mais ils font l’affaire. Tu lâches alors négligemment le bout de viande sur le présentoir, parce que t’en as rien à foutre de mettre tes doigts partout sur la bouffe des autres.

« Oh, mais je mange. Trois gaillards comme toi, tous les matins. »

Tu ris car tu es drôle, surtout depuis les deux rails de tout à l’heure. Tu poses tendrement ta main sur le bras de Bacchus, et lui adresse un clin d’œil en l’intimant du menton de te suivre. Tu imagines bien que ton compagnon d’un soir n’est pas un habitué de la haute cuisine délivrée à cette jeunesse débauchée. Tu exaltes de pouvoir lui faire découvrir ton univers. Tu es une reine jetant des miettes à son peuple en hurlant « TENEZ LES PAUVRES », ou plus sobrement une mère faisant goûter son plat favoris à son bambin, attendant avec impatience son approbation. Bébé va-t-il recracher le foie gras ou en redemander ? Il te faut choisir le bon foie gras pour t’assurer de la réussite de ton entreprise.
Parmi toutes les douceurs proposées en libre service, tu as tes favorites. Tu t’arrêtes devant de petites soucoupes au contenu douteux. Une sorte de bille jaune flotte dans un liquide pourpre où baignent toutes sortes d’aliments non identifiables. Tu t’empares de deux récipients, et en tend un à ton cavalier, un sourire malicieux accroché aux lèvres.

« Je déteste les devinettes, alors laisse moi te présenter l’œuf en meurette – ton accent français est encore bon. Ou du moins, une recette similaire. Soit un jaune d’œuf parfaitement cuit – il se tient, mais dès que tu le perces, il se répand dans la soucoupe – dans un vin réduit, saupoudré de ciboulette et de… trucs. Cul sec ! »

Tu lèves ta soucoupe en l’air et la porte à tes lèvres. Ta tête se renverse en arrière et tu engloutis en une seconde le mets à la texture si particulière. Le jaune d’œuf se perce dans ta gorge, et tu le sens couler le long de ton œsophage. Tu fermes les yeux. Putain que c’est bon. L’étrange goût du vin rouge réduit t’envahit les papilles, et la ciboulette vient finir en beauté ce feu d’artifices de saveurs. Tu ouvres à nouveau les yeux, et intimes d’un regard insistant Bacchus à essayer ton pécher mignon du moment. Il faudra que tu demandes à Augustus de t’en faire. Des œufs en meurette, pas des Bacchus. Quoi que.
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N’y tenant plus, tu ramasses le petit bout de viande ni vu ni connu tandis qu’elle a le dos tourné. Mauvaise idée puisque tu t’étouffes avec quand elle sous-entend qu’elle en a déjà bouffé des comme toi ; genre il en existe d’autres des comme toi ? C’est pas que tu t’appréciais particulièrement, mais tu avais tout de même un minimum conscience que ton gabarit ne passait pas inaperçu, au Ministère du moins –dans une meute de loups-garous, ça aurait été différent. Tu serais donc curieux de savoir d’où elle sortait ces trois gaillards ; et encore plus de savoir comment elle se les farcissait –sans mauvais jeu de mots, jamais, voyons ; c’est qu’on pourrait presque croire que t’étais jaloux.

Tu t’essuies négligemment les doigts après ton manteau avant qu’elle ne te tende un petit verre. Œuf en meurette ou pas, tout ce que tu voyais, c’était un nichon sur robe rouge, genre celui d’Adélaïde, si t’avais été daltonien… Ouais bon ok, t’avais l’imagination active quand tes sens commençaient à flancher à cause de la fatigue, de l’alcool et surtout de la faim.
Tu la regardes faire, aussi bien pour voir comment on fait que pour tout simplement la voir faire. Parce qu’elle expose sa gorge dans la veine de laquelle tu mordrais à pleines dents comme dans un jaune d’œuf, gonflé et palpitant. Tu regardes la petite sphère aplatie disparaître entre ses lèvres maquillées et ça te fait tout chaud dans le ventre.
Le temps qu’elle apprécie son caprice que le spectacle est déjà fini. Et c’est à ton tour. Tu lui aurais bien filé le tien, juste pour la voir recommencer, vu que ça suffisait à te régaler. Mais c’eut été impoli, ou pire encore, elle aurait pu te (le faire) prendre de force, et ça en aurait été fini de toi.

De fait, tu ne tardes pas à l’imiter, sauf que, même si tu savais qu’il y avait un jaune d’œuf qui allait te rouler en entier dans le gosier, tu t’es fait prendre par surprise par ce mélange si singulier. Dans un réflexe, tu vas pour l’avaler tout rond, mais le gueux se barre de travers, dérapant sur le vin qui t’arrache les muqueuses de la gorge. Dans un ronflement, t’en as qui remonte et qui éclabousse le col de la robe de ta cavalière, et la chaîne de son pendentif.
C’était à prévoir. Dès qu’il y a une connerie à faire, c’est pour ta pomme, et ce, même s’il faut pour cela tomber dans le pire des clichés.
Une salve de jurons finit de déglutir non sans une certaine élégance farouche de ta bouche, tandis que tu lui essuies la gorge d’un revers de manche, avant de tilter que de tout ce qui était inapproprié, on ne pouvait pas faire pire. Tu farfouilles sur le buffet, à la recherche de serviettes de table, mais apparemment, ça n’était pas compris dans le service (parce que la plupart du temps, les convives avaient encore l’esprit suffisamment clair pour se débarrasser de leurs taches à grands renforts de formules magiques). De fait, sans scrupule et toujours dans la précipitation, tu empoignes un pan de la nappe –renversant au passage coupes vides et plats pleins- et mets un genou à terre pour te foutre à la hauteur de la tache brune, comme une tache de sang sur son sein.

Et c’est seulement à ce moment-là que tu piges ce que tu es en train de faire sous les yeux éberlués de quelques convives. Parce que c’est pas comme essuyer une tache d’encre sur la cravate de Mr. Gates –autant dire qu’avec lui, tu prenais même pas la peine de t’y plier.
T’as refermé la main sur ses œufs en meurette –si je puis me permettre- sous prétexte de lui faire reluire le diamant. Tu ramasses tes mains baladeuses et lèves finalement les yeux vers elle, comme on ferait face à son prédateur du fond de son piège tendu. « Prom’ttez-moi qu’vous racont’rez rien à Rookw… à votre oncle » Tu te faisais –et te ferais sans doute jamais à l’idée que ton bien-aimé patron puisse avoir une famille. Et encore heureux qu’il ne s’agisse pas là de sa fille, sans quoi tu n’aurais pas osé la suivre ni même lui adresser la parole –c’est que t’étais on ne peut mieux placé pour savoir que l’instinct de papa-poule pouvait se réveiller à n’importe quel âge.
« Si vous voulez, j’peux en attendre une à la sortie pour lui taxer sa robe » que tu imagines, te croyant malin avec ça « ou sinon, c’est moins drôle mais » oui, c’est seulement maintenant que tu penses à sortir ta baguette « tergeo, ça marche aussi » et c’est que t’as l’air presque déçu de pas avoir pu lui faire ta petite démonstration de force.
Avec les gouttelettes de vin rubicondes accrochées dans ta barbe, on pourrait se demander si dans le fond, c’était pas toi la bête sauvage, feignant d’être blessée et vulnérable, offrant sa gorge tendue à l’autre, attendant le moment propice pour croquer dans la sienne.
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La maladresse avec laquelle Bacchus s’empare de la soucoupe te fait sourire avec tendresse. Tu observes avec excitation le petit garçon qu’il est porter à la bouche le récipient qui, tu en es certaine, doit lui paraître bien suspect. Tu n’as pas choisi l’œuf en meurette pour rien. Certes, c’est ton caprice du moment, mais c’est surtout un met à l’allure douteuse et à la texture déconcertante. Et ça t’amuse, quelque part, de voir un grand gaillard maladroit comme Bacchus s’exercer à la dégustation d’un amuse-bouche si particulier à ingurgiter. Mais il est clair que tu étais bien loin de deviner quelle pourrait être sa réaction réelle face à cet essai. Franchement, tu n’es pas déçue.
Tu aperçois le visage du géant de muscles se crisper, devenir instantanément rouge. Tu t’apprêtes à rire, mais tu es bien coupée dans cette envie lorsque ton compagnon d’un soir recrache l’intégralité de ton met favoris sur ton cou tendu, ta robe, ta parure. Tu sens le vin rouge coller à ta poitrine plate, et tu poses un regard d’incompréhension sur ta magnifique tenue souillée. Tu lèves à nouveau les yeux vers cet idiot de Bacchus, complètement paralysé par son geste, le regard troublé et furieusement effrayé. Dans un moment de panique, il tente grossièrement d’essuyer ton cou avec le revers de sa manche, mais se ravise dans un silence interdit. Il tremble presque, cherche des yeux une solution, se rabat sur le bord de la nappe et le porte jusqu’à ton émeraude qui, même arrosée de vin réduit, brille toujours d’un éclat mystérieux. Et ce n’est que quand il pose une main distraite sur ton sein quasi-inexistant que tu te décides à réagir. Et la seule réaction qui te vient est un éclat de rire bruyant, nerveux, décousu. Les regards indiscrets se tournent vers ce spectacle indécent pour certains, hilarant pour toi. Oh vraiment, Bacchus est un être tout à fait fascinant. Et ton rire le ramène à la réalité, alors il se redresse, plus rouge encore qu’avant, rangeant ses mains sur ses côtes, comme pour signifier « non non, elles n’étaient pas sur votre poitrine, NON NON ». L’attention est sur vous,  sur l’horrible tâche sur ta robe, sur ton sourire hystérique – caractéristique des consommateurs d’excess –, sur le pauvre serviteur de ton oncle qui bafouille de maladroites excuses que tu n’entends même pas. Les murmures s’estompent peu à peu, alors que Bacchus fait disparaître la tâche grâce à un rapide sort.

Et il bafouille encore, l’air penaud, et tu le comprends. Entre nous, ce qu’il vient de faire, c’est une sacrée honte. Il était déjà un éléphant dans un magasin de porcelaine, il est maintenant un troupeau de rhinocéros élancé dans un musée de sculptures. Il est rouge de honte, le pauvre. Adé, il est peut-être temps d’ouvrir la bouche pour le rassurer, ne le laisse pas se morfondre dans sa torpeur. Il a besoin d’une réaction autre qu’un rire bruyant qui pourrait être perçu comme de la moquerie. Dis moi, Adé, tu n’as pas envie de le voir se casser, n’est-ce pas ? Tu as encore envie qu’il reste un peu à tes côtés, hein ? Alors tu poses une main chaleureuse sur son bras. « Bacchus, ce n’est rien, j’aurais dû te prévenir qu’il valait mieux percer l’œuf dans sa bouche avant de l’avaler. Vraiment, détends-toi, et laisse les causer ». Les, c’est les regards indiscrets sur le duo que vous formez, sur la maladresse de Bacchus, les connards qui en profitent pour baisser les yeux sur ton fessiers, les connasses qui en profitent pour sortir les rares ragots qu’elles connaissent sur ton cavalier. Pourtant, tu dois l’avouer, tu aimes ça, être sous le feu des projecteurs.

Alors que tu saisis une coupe de champagne que tu tends à Bacchus, et une autre que tu portes à tes lèvres, tes yeux se perdent sur l’horloge imposante du petit salon. La dernière fois, c’était il y a vingt minutes. Vingt minutes, c’est un bon créneau. Ça enlève la culpabilité de faire cela à intervalle trop régulier, et ça permet le manque de ne pas se faire encore ressentir. Vingt minutes, pour ce soir, c’est parfait. « Je vais aller me rafraîchir cinq minutes aux toilettes. Je te conseille d’avaler tout ce que tu peux pendant ce temps, tu vas avoir besoin d’un estomac plein si tu veux me suivre ce soir. » que tu lui adresses dans un sourire poli avant de tourner les talons. Pour finalement te retourner brièvement pour lancer avec amusement « Essaye de ne pas t’étouffer, ceci dit. »
Tu quittes le petit salon pour rejoindre le grand, et te dirige vers les toilettes. Tu aperçois brièvement cette salope de Kate Green qui te bouffe du regard, et qui semble te suivre. Effectivement, elle s’engage après toi dans les toilettes. Depuis le tout premier jour, depuis la première fois où tu t’es pointée au bras d’Abel il y a bien des années à ce gala pompeux, cette fille veut ta mort sociale. Elle ne supporte pas voir une sang-mêlée souiller son entourage, gagner autant de territoire et de pouvoir. Tu la déranges profondément et ce n’est pas pour te déplaire. Car si elle ne rate jamais une occasion de t’enfoncer, elle n’a pas le quart de ta répartie, de ta classe, de ton influence. Elle te fait bien marrer, cette pimbêche décolorée qui te veut tant de mal.
Tu poses ta coupe de champagne sur le rebord des lavabos, et sort tranquillement ton petit sachet de poudre verte, prétendant ne pas avoir vu Kate, qui elle fait semblant de se recoiffer dans le miroir. Toujours aussi tranquillement, tu ouvres le sachet pour en déposer une petite dose sur la surface en marbre. À l’aide d’un papier carré, tu formes deux belles lignes sous tes yeux excités. Et alors que tu roules ton papier pour en faire une paille, la voix cristalline de l’autre salope te parvient aux oreilles. « Sympa ton cavalier ce soir, Adelaïde. » Tu l’ignores et te penches pour sniffer la première trace. God damn. « Tout le monde n’a pas la chance de se pointer au bras d’une telle bête, qu’elle lâche en rigolant. C’est clair que tu ne pouvais pas te douter que c’était un idiot pareil, qui te cracherait dessus en plus. » Et alors que tu prends ta deuxième ligne, tu te redresses doucement et plantes un regard assassin dans ses yeux bovins. Tu vérifies tes narines, afin d’être sûre de ne pas avoir le nez vert, comme beaucoup de consommateurs d’excess. Et c’est seulement après avoir rangé ton sachet et repris ta coupe que tu réponds à Kate. L’orviétan d’enivre, te rend plus forte, te donne l’impression que tu pourrais l’écraser vulgairement sous ta chaussures. Elle est ridiculement petite, tu la dépasses bien d’une tête, et lorsque tu fais un pas dans sa direction, elle recule par réflexe, ou par peur. « Je ne m’attends pas à ce qu’une empotée comme toi puisse comprendre un dixième de l’intérêt que je porte à quelqu’un comme Bacchus. Tu es insignifiante Kate, il est temps de t’en rendre compte. Regarde toi, à chercher la moindre miette que je laisserais sur mon passage. Tu n’es rien, ton nom n’est rien. Tu es certaine que ton père tient à son poste au ministère des Mystères ? Et si mon oncle apprenait que la pute de mini Green s’amuse à se moquer de sa tendre nièce et de son employé favoris ? – Tu n’oserais… – Je n’oserai pas ? Mais as-tu déjà entendu le nom Rookwood ? Tu t’es frottée à la mauvaise personne, bitch. Alors la prochaine fois que tu poses les yeux sur moi, la prochaine fois que tu prononces mon nom ou celui de Bacchus, je te détruis. Je détruis la carrière de ton père, je détruis ta réputation, et je détruis ta sale gueule de naine. Est-ce que je me suis bien fait comprendre ? » Le calme étonnant avec lequel tu as lâché ton monologue te surprend, et semble glacer le sang de la pauvre Kate qui, les larmes aux yeux, quitte la pièce sans demander son reste. Ce soir, tu n’es pas disposée à ce que l’on vienne t’emmerder.

C’est les mains tremblantes d’excitation que tu sors à ton tour des toilettes, les pupilles si dilatés que l’on aperçoit à peine le bleu de tes yeux. Tu es bien, tu te sens bien, incroyablement bien. Tu descends en deux gorgées la coupe de champagne, que tu laisses ensuite négligemment s’écraser sur le sol en mille morceaux. Tu sens le mélange d’orviétan et d’alcool te monter au cerveau, et tente de calmer le tremblement de tes mains – est-ce la colère ou le mélange de stupéfiants qui te fait perdre le contrôle de ton corps ?
Tu retrouves Bacchus près du buffet, comme prévu, et t’avances vers lui en chopant au passage une nouvelle coupe de champagne. « Désolée pour l’attente, j’avais quelques affaires à régler » Et lorsque tu aperçois les gouttelettes de vin encore présentes dans sa barbe, tu souris si fort que ta bouche pourrait en tomber. C’est avec le moins de discrétion possible que tu le détailles de la tête aux pieds, te rinçant l’œil avec gourmandise. « Buvons vite, et partons vite d’ici, j’étouffe. »

• • •


Où sont les fêtards ? Je ne vois plus qu'des cimetières, toute la haine du monde cachée sous un bonheur superficiel. Au début, les gens paraissent fiables. Tu voulais sortir mais à minuit t'es déjà trop saoul pour te rendre compte que tu danses avec le Diable !


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