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sujet; (continu) carglass † he wanders ever closer every night.

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‹ inscription : 31/05/2016
‹ messages : 672
‹ crédits : SHIYA. EXCEPTION POUR LA SIGNA.
‹ dialogues : #indianred.


‹ liens utiles :
‹ âge : VINGT-SEPT ANS
‹ occupation : AUROR.
‹ maison : GRYFFONDOR
‹ scolarité : 1987 et 1994.
‹ baguette : fait trente centimètres, est en bois de noisetier et contient un crin de sombral.
‹ gallions (ʛ) : 1124
‹ faits : pendant la guerre -- ancienne auror, amelia est restée auprès du magister à son arrivée au pouvoir en pensant que les choses n'allaient pas durer - manque de bol, elles ont duré - et pour ne pas se faire tuer, elle a continué à prétendre être du côté du lord jusqu'à la vente des rebuts, acte qui l'a définitivement fait quitter le navire. elle a ensuite fuit comme une pro et la solitude l'a un peu rendue froide et distante, puis a rejoint les insurgés avec son compagnon de route, rolf scamander, en 2003. elle a participé à la grande bataille de pré-au-lard.
+++ on dit d'elle qu'elle est loyale et intransigeante. on la trouve parfois désagréable, mais c'est juste parce qu'on la connaît mal et qu'elle n'est pas très avenante au premier abord. elle est une auror brillante et fonceuse // elle est liée par triumvirat à édouard douglas, actuellement enfermé à Azkaban..
‹ résidence : dans un petit appartement du Londres sorcier, en colocation avec Seth Matthews, ami de longue date. Mais je passe le plus clair de mon temps entre le ministère et Storm's End, le cottage d'Édouard.
‹ patronus : UN RENARD
‹ épouvantard : UNE ATTAQUE DE LOUPS-GAROUS.
‹ risèd : UNE SOIRÉE HEUREUSE ENTRE AMIS.
Voir le profil de l'utilisateur http://www.smoking-ruins.com/t4645-amelia-can-anybody-save-me-no
will you take care of my broken soul?


(JULY 1997) Elle finit son sac le visage sombre. Cara est partie depuis hier soir, et la nuit a été terrible. Il lui a semblé évident qu'il ne fallait pas qu'elle passe une seconde soirée seule au risque de finir une bouteille, ou de perdre définitivement sa santé mentale. Elle est complètement remontée contre son ex-copine, et triste en même temps, c'est un drôle de sentiment qu'elle a encore du mal à cerner. Mais ce qu'il y a de pire, c'est ce grand appartement vide, dans lequel Amelia erre depuis vingt-quatre heures. Chaque centimètre carré est imprégné de souvenirs. Elle l'avaient choisi ensemble, parce que c'était bien placé, et dans la même rue que la boutique de Cara. Maintenant tout ça n'a plus de sens. Plus du tout. Elle ne prend que quelques affaires, de quoi survivre quatre ou cinq jours sans revenir ici. C'est con, parce qu'elle ne compte pas s'incruster chez Eddie pendant plus d'une nuit, mais elle a bon espoir de trouver une solution de secours jusqu'à la fin de la semaine, pour ne pas avoir à revoir cet endroit qui lui donne envie de tout casser. Et puis toutes ces photos qui ornent les murs, le dessus de la cheminé... Ça lui donnerait presque envie de vomir. Comment a-t-elle pu être aussi idiote, comment a-t-elle pu, elle, ne rien voir? Elle se targue d'être une bonne auror, mais elle n'est même pas foutue de remarquer que la femme qui partage sa vie voit quelqu'un d'autre, et pendant autant de temps? Elle ne sait pas trop l'interprétation qu'elle doit en faire. Soit elle est finalement une auror médiocre, soit elle est une excellente auror qui n'a pas autant d'instinct dans son travail que dans sa vie personnelle. Dans les deux cas, ce n'est pas franchement réjouissant, comme constat.

Quand son sac est rempli, elle décide de partir à pied. L'appartement d'Édouard est à vingt ou vingt-cinq minutes à pied, Amelia se dit que ça lui videra la tête, de marcher. Son sac sur le dos, comme une ado qui partirait au lycée, elle trace sa route, l'air sombre et déterminé. Elle ignore tous les passants qui croisent son chemin, elle ignore tout, et ses jambes la portent presque toutes seules. Elle ne sait pas trop comment elle arrive à destination en étant à ce point à côté de la plaque, mais elle y arrive, et elle enfonce sa clé dans la serrure un peu comme un automate. Au moment où elle entre dans l'appartement, elle est tellement dans le coltard qu'elle n'entend rien, et elle dépose son sac sur le canapé, un peu lasse. Et puis elle se fige. C'est bien un espèce de... cri hystérique, qu'elle a entendu? Automatiquement, son visage se tord dans un rictus un peu snobinard. La folle est là. Mince alors. Édouard ne lui a rien dit. Amelia jette un coup d'oeil à son sac sur le canapé, pince les lèvres, se demandant ce qu'elle doit faire. Partir avant de tomber sur la tornade ? Il a toujours été clair que ce n'était pas le grand amour entre Atalante et elle, alors elle n'a pas franchement envie de croiser la jeune femme, qui lui lance un peu plus des éclairs à chaque fois qu'elles sont dans la même pièce. Mais elle n'a pas le temps de prendre une décision que déjà, elle déboule dans la pièce principale. La blonde se fiche de son côté du canapé, tandis qu'Atalante peste déjà de l'autre. « What the fuck? » lance-t-elle, exaspérée. Bon, bah clairement, Amelia stepped right into the middle of something. L'auror serre les dents et observe Édouard qui débarque dans la scène. « Euh... elle a les clefs... je te l'avais pas dit? » Elle a bien envie de se facepalmer, mais bon. C'est typiquement Édouard de dire ce genre de trucs alors qu'il faut évidemment pas. Amelia devrait afficher une mine désolée, mais c'est un petit rictus amusé qui nait sur son visage, le premier sûrement depuis que Cara est partie. Atalante est rouge de colère. « Vous vous méritez, » finit par lancer la copine d'Eddie avant de disparaître derrière la porte, qu'elle claque. Bon bah au moins, ça s'est fait – pense Amelia, se sentant à peine coupable. Édouard peut tellement faire mieux. Plus jolie, plus tout. Atalante ne le mérite pas, même un peu.

Il y a un silence dans la pièce qui suit son départ, légèrement gêné suite à ce qu'elle a dit. Amelia n'a pas franchement la force de dire quoi que ce soit. « Euh- j'ai reçu ton hibou et j'ai fait un peu le ménage, je t'ai préparé la chambre d'ami... » La blonde acquiesce, sans dire un mot. Elle n'a pas vraiment dit à Édouard ce qui s'est passé. Juste qu'il n'y avait plus de Cara et qu'elle ne voulait pas rester dans son appartement. Le message qu'elle a envoyé n'avait pas plus de détails que ça et il n'a pas moufeté. Devant son silence étrange, il semble un peu inquiet. « Amelia... ça va? » demande-t-il, en avançant vers elle. Amelia a un peu plus de facilité à respirer maintenant qu'elle est là, mais ses yeux se bordent de larmes quand même, et Édouard ne peut pas le louper. Il n'est pas habitué à la voir dans cet état. La blonde ne pleure jamais. C'est peut-être la première fois qu'il la voit avec les yeux aussi gonflés. Bien sûr, elle baisse le regard, incapable de dire quoi que ce soit. Il comprend bien par lui-même, de toute manière. Mais il prend son visage dans ses mains et la force à le regarder. Elle pince les lèvres. Elle trouve un peu comme une ancre dans ses yeux noirs, et ça lui fait du bien. « You know what sucks? Girlfriends. Tu sais ce que j'ai acheté? Le dernier jeu Tomb Raider, en plus j'ai des tacos au réfrigérateur et je te promets que tout va bien aller.  » Elle le regarde, un peu hagarde. Il a dit que tout irait bien. Pour l'instant elle ne sait pas trop. Mais il a l'air d'en être sûr, et comme elle lui fait confiance, elle a envie de le croire. « Promis. » Elle acquiesce, et après quelques secondes, finit par dire : « J'adore les tacos. » Elle a un petit sourire triste, mais un petit sourire quand même. Une demi-heure plus tard, ils sont sur le canapé, elle a enfilé des fringues confortables et elle a un plaid sur les genoux, une manette dans la main et un bol de chips. Tout ce qui lui fallait. Ils ont pas mal rigolé, devant le jeu, comme deux gamins, et elle se sent bien mieux que quand elle est arrivée. Bien mieux que ces dernières vingt-quatre heures. Quand ils mettent pause dans la partie et qu'Édouard va leur chercher à boire, elle pose les yeux sur un manteau rouge sur une des chaises. Elle a du l'oublier. Quand son partenaire revient, Amelia pince les lèvres, et finit par aborder le sujet qui la taraude. « Elle était pas contente. » lâche-t-elle d'abord en enfournant quelques chips. « C'est pas à cause de moi j'espère? » dit-elle en sachant pourtant pertinemment que leur relation est un problème pour la jeune femme. « Je voudrais pas foutre la merde entre toi et ta douce et tolérante Atalante.. » Bien sûr, qu'il y a du sarcasme. Bien sûr, que c'est hypocrite. Il le sait. Mais c'est pas grave, au fond, elle veut son bonheur et ça aussi, il le sait. S'il est vraiment heureux avec cette fille et qu'il lui dit, alors elle fera avec. Mais elle ne le sent pas particulièrement épanoui, en fait.

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‹ messages : 540
‹ crédits : sweet poison, tumblr, gaby dunne.
‹ dialogues : cadetblue.


‹ liens utiles :
rolf ft. ryan gosling, astoria ft. lily collins, theodore ft. dylan o'brien, édouard ft. bob morley, sasha ft. freema agyeman, neville ft. daniel sharman, elijah ft. chris evans, ambroise ft. sen mitsuji, alexander ft. alfie enoch, olivia ft. emeraude toubia, brienne ft. natalia dyer, dean ft. john boyega, gregory ft. alden ehrenreich, priscilla ft. daria sidorchuk, charles ft. james norton, hwan ft. vernon choi, jay ft. gong yoo, hiram ft. abel tesfaye.


‹ âge : vingt-huit
‹ occupation : à Azkaban.
‹ maison : poufsouffle
‹ scolarité : 1986 et 1993.
‹ baguette : mesure trente centimètres virgule cinq, est composée de bois de chêne et contient un crin de licorne. Elle est inflexible et rigide comme son propriétaire.
‹ gallions (ʛ) : 973
‹ réputation : j'ai été injustement envoyé à Azkaban. Mon crime? Avoir été mordu et être devenu loup-garou.
‹ particularité : un loup-garou depuis avril 1998. Je suis en triumvirat avec Amelia Cartwright, un lien émotionnel qui nous unit et nous permet parfois de partager nos pensées.
‹ faits : je suis un loup-garou, un ancien Auror bouffé par la culpabilité d'avoir vu ma famille et mes anciens amis décimés autour de moi. J'ai été défiguré à vie par mon Créateur et je me soumettais tous les jours à un sortilège d'Illusion pour cacher les dégâts. J'ai perdu un oeil dans l'affaire. J'ai fatT partie du groupe qui a attaqué Saint-Mangouste et me suis rendu compte de l'horreur de la situation trop tard. Je suis le loup-garou qui a mordu Ginny Weasley. Je suis actuellement à Azkaban à cause de ça et de l'attentat de Saint-Mangouste, même si la rumeur est que le juge m'a plus puni pour ma nature que pour mes crimes.
‹ résidence : dans une cellule d'Azkaban, que je partage avec Aramis Lestrange.
‹ patronus : un ours
‹ épouvantard : les corps massacrés de mes proches, détruits par la Bête qui m'habite.
‹ risèd : moi tel que je l'étais avant, libre de l'influence du loup en moi.
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Il n'a jamais vu Amelia comme ça.
Pourtant, Amelia, il l'a vue sous toutes ses coutures. Le nez dans la boue, en train de saigner à la mort, en train de grogner de douleur ou en train de rire comme un petit soleil. Il l'a vue complètement bourrée et il l'a vue en train de le regarder, dans toute sa sobriété inquisitrice, avec quelque chose comme de l'agacement et de la déception dans les yeux. Il sait comment elle prend son thé, il serait capable de lui acheter des sous-vêtements les yeux fermés et il est tout à fait incapable de passer une seule semaine sans lui adresser une lettre, même quand ils sont en congés, même quand ils font comme si les vacances seront enfin leur manière de se séparer l'un de l'autre. Starsky et Hutch, Édouard et Amelia, Eddie et Ames, un monstre bicéphale et entier.
Et pourtant Édouard se sent complètement perdu, parce qu'il ne l'a jamais vue comme ça. Il essaie d'être confiant, d'être son rempart et de l'aider, d'être solide mais mais mais il a peur de ne pas y arriver, de baisser les bras trop tôt et de ne pas trouver les bons mots. « J'adore les tacos, » finit-elle par dire, lentement, et il y a comme un poids qui se soulève du torse d'Édouard, un poids dont il n'avait pas réalisé l'existence. “ Aucune personnalité, ” commente-t-il d'une voix morne qui ne va pas avec le léger sourire qui s'est glissé sur ses lèvres. Une nouvelle pichenette sur le front d'Amelia et il se détache, non sans une hésitation, comme si elle allait éclater en morceaux au moment où il la lâche. Mais il doit bien la laisser partir, juste cette fois, et il le fait avec précaution avant de lui adresser un sourire, un vrai sourire, franc et lumineux: le sourire d'Édouard Douglas qui pourrait rallumer les étoiles, dit-on. “ Si tu doutes un jour de moi, Cartwright, ne doute jamais des tacos, ” dit-il d'un ton très docte avant de lui adresser un clin d'oeil.

« Elle était pas contente. » En revenant de la cuisine, Édouard s'est emparé d'un nouveau paquet de chips dont il a foutu une gargantuesque poignée dans sa bouche, sans plus se préoccuper de rien, coinçant le paquet entre ses côtes et son coude tandis que ses mains jongleraient presque avec les bouteilles fraîches de bière qu'il ramène dans le salon. Si bien qu'il a l'air de complètement tomber des nues quand elle lui dit ça, quelques éclats de chips tombant d'entre ses lèvres alors qu'il formule un bruit ressemblant fortement à un mélange de uh et grmb tandis que ses yeux s'écarquillent. De qui parle-t-elle? Atalante? Cara? « C'est pas à cause de moi j'espère? » Atalante. Le sujet de conversation préféré d'Édouard. Il pousse un grognement guttural en se laissant tomber sur le canapé à la place qu'il a quitté quelques minutes plus tôt, déposant sur la table basse les vivres, s'appliquant à finir sa bouchée titanesque sans en mettre partout.
Il est vraiment concentré à la tache. Si bien qu'il manque de s'étouffer en tentant simultanément d'avaler et de lui lancer un regard noir impressionnant quand elle dit « Je voudrais pas foutre la merde entre toi et ta douce et tolérante Atalante.. » et que, comme d'habitude, il a envie de lui dire sois gentille avec elle et laisse-la tranquille et elle fait de son mieux: autant de remarques condescendantes qu'il détesterait dans la bouche de quiconque d'autre. Le temps de s'étouffer sur ses Pringles, il lève un doigt menaçant dans sa direction, les sourcils froncés et les yeux sombres: une figure sévère tout à fait respectable si on oublie les débris de chips qui s'accrochent au subtle de son menton et ses cheveux complètement ébouriffés. Il finit par parvenir à déglutir, brandissant toujours son doigt avec menace. “ Je crois que je suis un peu injuste envers elle, ” finit-il par dire, difficilement, en faisant la moue parce qu'Édouard n'aime pas avoir tort. Amelia non plus. Atalante non plus. C'est peut-être pour ça qu'il se prend aussi souvent la tête avec l'une que l'autre.

Il soupire en décapsulant deux bouteilles de bière, reprenant la manette et remettant le jeu en marche après avoir glissé ses pieds froids sous le plaid, profitant du sursaut machinal d'Amelia pour l'attaquer par surprise sur le jeu sur lequel ils sont en train de jouer. “ Je veux dire, elle est pas si... nulle, tu sais. On rigole et tout mais, elle est super sympa. Et super intéressante. Elle écrit une thèse sur les navires de guerre utilisés lors de la Seconde Guerre Mondiale. Et elle a toujours plein de trucs à raconter. ” Mais elle ne pose pas beaucoup de questions, Atalante. Sauf pour lui demander pourquoi il passe tant de temps avec Amelia. Au sujet de sa partenaire auror, elle a toujours trois mille choses à dire. Atalante est une sang-mêlée qui a choisi la vie moldue à la vie sorcière et Édouard la respecte pour ça; mais des fois, il a l'impression qu'ils vivent à des années-lumière l'un de l'autre. “ Mais... voilà quoi. Elle est casse-couilles. Elle me rend dingue, parfois. À chaque fois, elle touche là où ça fait mal tu sais? Putain. ” Une pause. “ Et puis, je crois qu'elle ne t'aime pas trop. Et qu'elle pense qu'on est un package deal.
Game over. Édouard a perdu, comme souvent, et il lâche la manette d'un mouvement rageur en grognant, en ignorant le sourire triomphale d'Amelia. Il se penche pour attraper la bouteille de bière et en avaler une gorgée fraîche. Ses doigts de pieds posés contre la cuisse d'Amelia s'y enfoncent un peu pour attirer son attention. “ Bon, on va pas tourner autour du pot trois plombes. Il s'est passé quoi, avec Cara? ” Cette dernière n'a jamais aimé Eddie et Eddie le lui a toujours bien rendu: les rares dîners où Amelia les convient tous les deux parfois pour les inciter à mieux s'entendre se terminent souvent en guerre froide, plus souvent en guerre ouverte. Cara est trop... vaine et inconséquente. Amelia mérite mieux. “ Tu peux rester ici autant que tu veux, tu le sais ça. De toutes façons, tu vas pas rester dehors: t'as les clefs. ” Il hausse les épaules. “ Même si j'y mettais tout mon coeur, j'ai l'impression que je parviendrai jamais à me débarrasser de toi, Hutch.

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Oh, I wanna come near and give you Every part of me, But there is blood on my hands And my lips aren’t clean, In my darkness I remember, Momma’s words reoccur to me, "Surrender to the good Lord And he’ll wipe your slate clean," Tip me in your smooth waters, I go in As a man with many crimes, Come up for air As my sins flow down the river.
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‹ faits : pendant la guerre -- ancienne auror, amelia est restée auprès du magister à son arrivée au pouvoir en pensant que les choses n'allaient pas durer - manque de bol, elles ont duré - et pour ne pas se faire tuer, elle a continué à prétendre être du côté du lord jusqu'à la vente des rebuts, acte qui l'a définitivement fait quitter le navire. elle a ensuite fuit comme une pro et la solitude l'a un peu rendue froide et distante, puis a rejoint les insurgés avec son compagnon de route, rolf scamander, en 2003. elle a participé à la grande bataille de pré-au-lard.
+++ on dit d'elle qu'elle est loyale et intransigeante. on la trouve parfois désagréable, mais c'est juste parce qu'on la connaît mal et qu'elle n'est pas très avenante au premier abord. elle est une auror brillante et fonceuse // elle est liée par triumvirat à édouard douglas, actuellement enfermé à Azkaban..
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(JULY 1997) Bon, c'était peut-être un peu risqué d'aborder ce sujet. Elle voit déjà Eddie lui faire les gros yeux et lui dire d'être plus sympa avec sa copine. Mais bon, elle n'a pas pu s'en empêcher. Quand il s'agit d'Atalante, elle ne peut se retenir de faire sa fouineuse, de poser des questions. Ça ne la regarde pas le moins du monde, mais tant pis. Comme prévu, il lève un doigt en l'air et prend une mine un peu sévère, ce qui fait légèrement sourire la blonde. « Je crois que je suis un peu injuste envers elle, » Amelia hausse les sourcils, légèrement snob, et cesse de fixer Édouard avec son air moqueur pour se concentrer sur l'écran, toujours en pause. Elle garde cependant son sourire, à moitié exaspéré, à moitié amusé, et le voit du coin de l'oeil décapsuler les bières et remettre le jeu en marche. Sa manette dans les mains, elle est prête, mais elle se fait déconcentrer comme une débutante par les pieds froids d'Édouard qui se posent contre sa jambe. Elle lui lance un regard noir, doublé d'un air offensé, et se reconcentre sur le jeu. Bad move, Eddie, bad move. pense-t-elle, coinçant le bout de sa langue entre ses lèvres. « Je veux dire, elle est pas si... nulle, tu sais. On rigole et tout mais, elle est super sympa. Et super intéressante. Elle écrit une thèse sur les navires de guerre utilisés lors de la Seconde Guerre Mondiale. Et elle a toujours plein de trucs à raconter. » Amelia lâche un petit soupir et a toujours un air complètement blasé sur le visage. Génial, elle connaît la seconde guerre mondiale sur le bout des doigts. Vraiment, génial, elle comprend totalement pourquoi il reste avec elle, ah oui oui oui.  « Mais... voilà quoi. Elle est casse-couilles. Elle me rend dingue, parfois. À chaque fois, elle touche là où ça fait mal tu sais? Putain. » Bon au moins, ça veut dire qu'elle sait où ça fait mal. Et ça veut dire qu'elle le connaît peut-être un peu mieux que ce qu'Amelia imaginait. La blonde fait un peu la moue. « Et puis, je crois qu'elle ne t'aime pas trop. Et qu'elle pense qu'on est un package deal. » C'est sur ces mots qu'elle gagne, un grand sourire satisfait sur les lèvres. Elle pose sa manette et se tourne vers Édouard qui prend une gorgée de bière. Un package deal. Elle ne peut rien dire, parce que c'est la vérité. Même quand ils ne sont pas ensemble, ils sont ensemble d'une certaine manière, parce qu'ils partagent tellement la vie de l'autre que c'est comme s'ils n'en sortaient jamais, même pour quelques jours. Bon en tous cas, Amelia a la confirmation qu'Atalante ne l'aime pas. Et ça ne la dérange pas le moins du monde. Elle ne comptait sûrement pas partir en journée shopping avec elle.

« Bon, on va pas tourner autour du pot trois plombes. Il s'est passé quoi, avec Cara? » Le cœur d'Amelia fait un bond dans sa poitrine. Il la déconcerte un peu, avec cette question frontale. Mais il a raison, elle ne peut pas rester là sans rien dire, à ruminer toute seule. La meilleure façon d'aller mieux est peut-être d'en parler, et même s'ils ne sont pas des experts en confidences, tous les deux, il n'y a qu'à lui qu'elle a envie de parler, que ce soit de Cara ou de toute autre chose. La blonde se mord la lèvre, cherchant les meilleurs mots, même s'il n'y en a pas. « Tu peux rester ici autant que tu veux, tu le sais ça. De toutes façons, tu vas pas rester dehors: t'as les clefs. » fait Édouard le plus naturellement du monde. Elle tourne un regard vers lui qui dit quelque chose comme tu sais bien que c'est pas raisonnable. En tous cas, c'est pas raisonnable s'il veut garder sa copine. « Même si j'y mettais tout mon coeur, j'ai l'impression que je parviendrai jamais à me débarrasser de toi, Hutch. » Elle lui donne un coup de coude. « Eh, c'est moi qui ne parviens jamais à me débarrasser de toi, Starsky. » dit-elle, comme si Édouard était un boulet dans sa vie alors qu'il est plutôt tout le contraire, en fait. Elle garde le silence quelques secondes, prend sa bière à son tour, et ajoute : « En tous cas, si tu veux te débarrasser de moi, c'est le moment, autant que vous le fassiez tous en même temps, hein. » dit-elle en prenant une gorgée, les yeux rivés sur la fenêtre. Elle soupire bruyamment. « Elle est partie pour de bon. » explique-t-elle sans le regarder. « Elle a trouvé mieux. » Il y a un petit rire nerveux, amer qui passe ses lèvres. « Depuis presque un an. » Cette fois elle descend sa bière comme elle boirait un verre d'eau. « T'inquiètes, je ne vais pas squatter longtemps, elle m'a laissé l'appartement. » ajoute-t-elle, feignant l'assurance et l'indifférence. « Tu pourras venir quand tu veux au moins maintenant. Elle sera pas là pour râler ou me faire des scènes quand tu partiras. » ajoute-t-elle en feignant un petit rire. Et puis elle se rend compte qu'elle ne lui a jamais vraiment parlé de ça, des disputes entre Cara et elle, à cause de lui. C'est un peu sorti tout seul. Elle avale une dernière gorgée de bière et se lève précipitamment. « Je vais m'en chercher une autre. » Elle se rend dans la cuisine, ouvre le frigo, sort un nouvelle bière. Ses doigts viennent se poser sur ses paupières. Elle est fatiguée, elle n'en peut plus. Elle se passe un coup d'eau sur le visage au-dessus du lavabo. Soudain prise de remords, un peu trop à fleur de peau, elle retourne dans le salon et, en se dirigeant vers le canapé, dit : « Je suis désolée pour Atalante, j'voulais pas la faire fuir comme ça. Je peux rentrer, tout à l'heure, si tu préfères, si ça peut la calmer. Tu peux lui dire que je suis juste passée pour le boulot, récupérer un dossier, tout ça. »

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Édouard n'est pas du genre à se confier à Amelia et elle non plus. Mais c'est tellement plus... simple avec elle, tout est tellement plus simple avec elle. Il sait toujours quoi faire avec Amelia, sauf quand elle a l'air aussi perturbée. Rien ne l'a jamais perturbée à ce point mais après tout, elle est restée avec Cara pendant des années, un concept qui échappe totalement à Édouard. Les seules constantes de sa vie c'est sa famille, Marverick, Faustina et puis évidemment, Amelia. Le reste n'est que mirages et fantômes. Édouard se fiche complètement du monde, de son boulot qu'il adore, de ses amis, de sa copine qu'il aime beaucoup, si ce n'est que pour les quatre piliers de sa vie: ses deux meilleurs amis, sa famille et puis... Amelia. Juste Amelia. « Eh, c'est moi qui ne parviens jamais à me débarrasser de toi, Starsky. » Il sourit en coin, ne relevant pas parce qu'il sent qu'elle va s'ouvrir à lui. Il y a toujours ces choses non-dites entre eux, qui planent dans l'air, implicites et réelles. C'est comme ça qu'ils agissent ensemble sans se consulter, rejoignent une opinion étrange sans même la partager à haute voix, bougent comme si ils étaient reliés à travers la pièce. « En tous cas, si tu veux te débarrasser de moi, c'est le moment, autant que vous le fassiez tous en même temps, hein. » Elle a détourné les yeux. “ Tu sais que je ne t'abandonnerai jamais, ” dit-il avec une assurance facile, en observant son visage. Il ne doute même pas de ces mots, et ils ne le surprennent pas. C'est sa vérité à lui. Il pourrait crever de loyauté pour Amelia.
« Elle est partie pour de bon. » Il y a quelque chose de définitif, et de brisé, dans sa voix. Édouard aurait envie de la prendre dans ses bras mais ce n'est pas particulièrement leur genre. Il reste très immobile, comme une statue, attendant la suite alors que ses sourcils se froncent sur son front. Il a appris à... supporter Cara. Pas particulièrement à l'apprécier, même si elle était plus que courtoise avec lui, mais à la supporter suffisamment sans trop se soucier d'elle.
L'idée que cette moins que rien ait pu abandonner Amelia réveille en colère brûlante en lui. Une colère et une rage auxquelles il n'est pas le moins du monde habitué. Édouard est une homme placide et sévère, pincé et trop sérieux presque.

« Elle a trouvé mieux. Depuis presque un an. » La gorge d'Édouard se noue. Ses sourcils se détendent brusquement, étrangement, et il a l'air complètement perdu pendant un instant, un gamin confronté à une réalité à laquelle il a souvent fermé les yeux. Elle l'a trompée, comprend-t-il, dubitatif, n'arrivant pas à lier les faits ensemble. Elle a trompé Amelia. Qui pourrait faire ça? « T'inquiètes, je ne vais pas squatter longtemps, elle m'a laissé l'appartement, » continue Amelia comme si de rien n'était et Édouard essaie de parler, mais aucun son ne sort de sa bouche. « Tu pourras venir quand tu veux au moins maintenant. Elle sera pas là pour râler ou me faire des scènes quand tu partiras. » Quoi?
Cara a toujours été étrange, pincée en présence d'Édouard. Ils ne se sont jamais particulièrement entendus, c'est vrai, mais pas au moins que des disputes éclatent entre Amelia et Cara? Il se demande si Amelia a vécu la même chose que lui avec Atalante, le conflit sans fin qu'un rien peut provoquer, encore et encore, les remarques passives-agressives et les crises de jalousie inutiles. Comme si Amelia allait faire des avances à Édouard. Elle sort avec une femme depuis plus de sept ans pour l'amour de Merlin!
Toutes ces pensées s'entremêlent dans l'esprit d'Édouard et il n'arrive à ne rien dire, rien faire quand Amelia se lève, lâche un  « Je vais m'en chercher une autre. » qui ne convainc personne et quitte la pièce.
Il boit à sa propre bière, pensif, ses yeux revenant sur l'écran grésillant de la télévision avec lassitude et une grande tristesse. Amelia ne mérite pas ça. Elle mérite le monde.

Quand elle revient dans le salon, Édouard a un peu repris contenance lui aussi et s'est assis, plutôt que sa position à moitié allongée sous le plaid, sur le bord du canapé, les coudes sur les genoux et les doigts dans les cheveux. À croire qu'elle vient de lui apprendre qu'il s'est lui-même fait tromper salement pendant longtemps. (Cette pensée lui tord l'estomac. Elle l'insupporte et il a envie d'appeler Atalante pour s'excuser et, inévitablement, lui poser des questions.) « Je suis désolée pour Atalante, j'voulais pas la faire fuir comme ça. Je peux rentrer, tout à l'heure, si tu préfères, si ça peut la calmer. Tu peux lui dire que je suis juste passée pour le boulot, récupérer un dossier, tout ça. On s'en fout d'Atalante, dit pourtant Édouard, avec une grande frustration. Je suis inquiet pour toi, pas pour elle! J'en reviens pas. ” Il se passe une dernière fois les mains sur son visage, dans ses cheveux, avant de se relever brusquement, comme un ressort dont on relâche soudainement la pression. “ Je sais que je suis incroyablement attirant et charmant mais quand même, c'est tellement... ridicule. ” Il n'arrive même pas à imaginer Amelia... comme ça. Elle est juste... elle-même. Hutch, Ames, Amy, Amelia, sa collègue, son binôme, la deuxième partie de son cerveau.
Édouard se transforme en tornade, tournant en rond dans la pièce en attrapant des objets apparemment complètement inutiles: une vieille balle de golf qui a appartenu à son grand-père, un crayon, une paire de jumelles qu'il redépose sur d'autres surfaces planes. Sensible à son humeur, sa magie primaire fait bouger les maquettes d'avion suspendues au plafond, qui commencent à vrombrir et faire des cercles fous au-dessus de la tête de leur propriétaire. “ OK, aux grands maux les grands moyens, Ames. ” Il se tourne vers elle, l'air sévère, reposant les derniers objets qui sont passés entre ses mains nerveuses. Les avions continuent de s'agiter, certains crachotant un peu de fumée inoffensive, alors qu'il épaule la veste en cuir qui lui appartient, pendue à l'accroche de l'entrée. “ J'ai juste envie de prendre ma bagnole, d'appeler Dylan, tu sais, ma pote Traceuse de la Brigade Magique? On trouve Cara et on jette des oeufs pourris sur ses fenêtres, on balance des rouleaux de PQ dans son jardin et une bombe magique de couleurs sur sa porte pour que ça lui explose à la gueule au moment où elle ouvre! Je m'en fiche!  Et après, on hiboute Seth et Kenna et on va se bourrer la gueule. ” Il lui lance sans autre cérémonie sa propre veste. “ Tu restes ici autant que tu veux, et quelques jours de plus. Comme si j'allais te laisser retourner chez toi! Demain je ramène Kenna et on va te faire un extreme makeover de ton appartement. Voilà le plan, Hutch. ” Il lui lance les clefs de la voiture. “ You in?

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Oh, I wanna come near and give you Every part of me, But there is blood on my hands And my lips aren’t clean, In my darkness I remember, Momma’s words reoccur to me, "Surrender to the good Lord And he’ll wipe your slate clean," Tip me in your smooth waters, I go in As a man with many crimes, Come up for air As my sins flow down the river.
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HERO • we saved the world
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‹ âge : VINGT-SEPT ANS
‹ occupation : AUROR.
‹ maison : GRYFFONDOR
‹ scolarité : 1987 et 1994.
‹ baguette : fait trente centimètres, est en bois de noisetier et contient un crin de sombral.
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‹ faits : pendant la guerre -- ancienne auror, amelia est restée auprès du magister à son arrivée au pouvoir en pensant que les choses n'allaient pas durer - manque de bol, elles ont duré - et pour ne pas se faire tuer, elle a continué à prétendre être du côté du lord jusqu'à la vente des rebuts, acte qui l'a définitivement fait quitter le navire. elle a ensuite fuit comme une pro et la solitude l'a un peu rendue froide et distante, puis a rejoint les insurgés avec son compagnon de route, rolf scamander, en 2003. elle a participé à la grande bataille de pré-au-lard.
+++ on dit d'elle qu'elle est loyale et intransigeante. on la trouve parfois désagréable, mais c'est juste parce qu'on la connaît mal et qu'elle n'est pas très avenante au premier abord. elle est une auror brillante et fonceuse // elle est liée par triumvirat à édouard douglas, actuellement enfermé à Azkaban..
‹ résidence : dans un petit appartement du Londres sorcier, en colocation avec Seth Matthews, ami de longue date. Mais je passe le plus clair de mon temps entre le ministère et Storm's End, le cottage d'Édouard.
‹ patronus : UN RENARD
‹ épouvantard : UNE ATTAQUE DE LOUPS-GAROUS.
‹ risèd : UNE SOIRÉE HEUREUSE ENTRE AMIS.
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(JULY 1997)Elle ne lui en voudrait pas. Vraiment. Elle sait combien ça peut être dur de garder quelqu'un dans sa vie, parfois, quand les choses vont mal – et elle se sent un peu coupable qu'Atalante soit partie dans un ouragan après l'avoir vue dans le salon. La dernière chose dont elle a envie, c'est d'être responsable du malheur d'Édouard. « On s'en fout d'Atalante, » Amelia se fige un peu à ces mots. Elle ne s'attendait pas vraiment à ce qu'il réponde ça. Il essaie toujours plus ou moins de protéger sa copine, ou au moins, de plaider sa cause, alors elle est un peu surprise. « Je suis inquiet pour toi, pas pour elle! J'en reviens pas. » Les yeux de la blonde viennent se poser dans la nuque d'Eddie. De nouveau, elle ressent comme une difficulté à respirer. Alors elle prend une gorgée de bière, comme si ça allait faire passer cette sensation étrange. Il se lève brusquement, passe sa main sur son visage, ses cheveux. Il s'agite comme il le fait rarement dans leur vie personnelle commune. « Je sais que je suis incroyablement attirant et charmant mais quand même, c'est tellement... ridicule. » Amelia reprend un peu des couleurs, esquisse un petit sourire amusé, puis lève les yeux au ciel. Elle respire mieux, d'un coup, même si elle sent une certaine gravité dans la situation. C'est ridicule, oui, c'est ce qu'elle a répété pendant des années à Cara. Mais même si la brune donnait toujours l'impression de la croire et de lui faire confiance, elle ne manquait pas pincer les lèvres ou de soupirer les jours suivant, quand Amelia lui racontait telle ou telle aventure dans laquelle Eddie jouait un rôle, principal ou secondaire. Elle protestait de manière discrète, pendant quelques jours, parfois quelques semaines, gardant pour elle ses réflexions, sûrement pour ne pas énerver Amelia, jusqu'au jour où c'était trop, et où elle entrait dans des colères noires que la blonde avait du mal à calmer. C'était un cercle sans fin, du moins jusqu'à maintenant, car même quand elle trouvait déjà du réconfort dans les bras d'une autre, Cara continuait à lui reprocher Édouard. Constamment.

Il va d'un objet à l'autre dans la pièce principale, et Amelia reconnaît aisément sa colère. Elle la ressent, même. Comme souvent. C'est toujours comme ça, comme si les sentiments d'Édouard emplissaient la pièce tout entière et qu'elle était l'unique éponge capable de les absorber, de les assimiler. Du mouvement au-dessus de la tête du brun attire l'attention de l'auror, et elle se mord l'intérieur de la joue en voyant les avions s'affoler. Elle lâche un petit soupir discret en posant sa bière et commence à murmure « Ed, – » Mais il ne l'entend pas, et ne se retourne que quelques secondes plus tard, un air grave sur le visage. « OK, aux grands maux les grands moyens, Ames. » Elle hausse les sourcils. Il attrape sa veste en cuir et elle penche légèrement la tête, prête à le stopper dans ses idées. « J'ai juste envie de prendre ma bagnole, d'appeler Dylan, tu sais, ma pote Traceuse de la Brigade Magique? On trouve Cara et on jette des oeufs pourris sur ses fenêtres, on balance des rouleaux de PQ dans son jardin et une bombe magique de couleurs sur sa porte pour que ça lui explose à la gueule au moment où elle ouvre! Je m'en fiche! Et après, on hiboute Seth et Kenna et on va se bourrer la gueule. » Et Amelia se demande ce qu'elle serait sans lui. C'est la seule chose qui traverse son esprit, avant même qu'elle commence à réfléchir à ce qu'il propose. Il lui lance sa veste, qu'elle attrape à la volée. Est-ce que tout ça, c'est vraiment une bonne idée? Elle ne sait pas. Mais il y a une détermination dans les yeux d'Eddie qui donnerait à Amelia l'envie de déplacer des montagnes s'il le voulait aussi. « Tu restes ici autant que tu veux, et quelques jours de plus. Comme si j'allais te laisser retourner chez toi! Demain je ramène Kenna et on va te faire un extreme makeover de ton appartement. Voilà le plan, Hutch. » Il la regarde, lui lance les clés de la voiture, et elle secoue la tête. « You in? » Le regard de la jeune femme passe des clés qu'elle tient dans sa main, à son ami. Ce n'est pas son genre, de faire des trucs comme ça. En même temps, elle n'a jamais eu à faire des trucs comme ça. Elle est incroyablement impulsive parfois, fonce dans le tas sans réfléchir, mais pas forcément pour ces choses-là. En fait, pour ce genre de choses, c'est Édouard l'impulsif. Elle finit par lever les yeux au ciel et par se diriger vers la porte. « Alright. But if anything goes wrong, you are responsible for it. » Elle sort et commence à descendre les escaliers, le cœur un peu battant. Édouard est sur ses talons, et elle enfile sa veste, libère ses cheveux blonds qui sont restés coincés dans l'encolure. En arrivant devant la voiture, elle garde les clés et se met à la place du conducteur, sans vraiment laisser le choix au brun. Amelia a toujours aimé conduire. Elle a appris à l'adolescence, avec le sorcier qui habitait dans le même immeuble qu'elle, Mr. Olsen. Il avait choisi une vie moldue, comme sa mère.

Quelques minutes plus tard, ils sont dans un supermarché moldu, Édouard est en train d'appeler Dylan, et Amelia se dirige vers le rayon des œufs. Au moment d'aller vers la caisse, ils passent devant un grand rayon plein de confiseries, et elle lance un regard au brun, comme si elle cherchait son approbation. C'est lui qui lève les yeux au ciel cette fois et attrape deux paquets de ses bonbons préférés. Ils passent peut-être une heure, en tout, à aller de magasin moldu en magasin sorcier, pour réunir les outils de leur méfait à venir. Amelia se sent plus légère, déjà. Il y a quelque chose d'agréablement familier et rassurant dans le fait de se balader avec Édouard. Ils n'ont même pas besoin de beaucoup parler, il leur suffit de se lancer des regards pour tomber d'accord sur le choix, et plusieurs fois, elle lui fait un petit regard de chat potté pour qu'ils achètent des conneries à manger. Ils se sont tacitement mis d'accord sur le fait d'acheter des provisions pour deux ou trois jours. Elle sait de quoi ils ont l'air, aux caisses des magasins, en descendant de la voiture – tout ce que leurs copines redoutaient, redoutent. Mais Amelia s'en fout. Elle n'a plus de comptes à rendre à Cara. Elle n'a plus à s'inquiéter de ce qu'elle va penser, de ce qu'on va lui dire. Elle n'a plus à redouter ses doutes. Ils mettent quelques temps avant de trouver l'endroit où Cara se cache. Ils se rendent compte qu'elle s'est exilée en périphérie de Londres, dans un petit village sorcier où seuls de grands et beaux manoirs se succèdent. Amelia hausse les sourcils, comprenant clairement qu'elle n'est pas chez sa famille, et encore moins chez un de ses amis. Il n'y a qu'une seule explication. Le manoir vers lequel ils se dirigent est celui de la personne avec qui elle la trompe depuis des mois. Elle sert un peu les dents, Amelia, les yeux rivés sur la route derrière le pare-brise. Ils se garent à quelques mètres – afin de ne pas attirer l'attention mais aussi de pouvoir revenir rapidement à la voiture dans le cas où les choses tourneraient mal. Quand ils arrivent, de derrière des buissons, dans l'allée centrale, ils observent quelques minutes les fenêtres, pour voir s'il y a du monde. Elle sent le regard d'Édouard dans sa nuque. Ils comprennent rapidement qu'il n'y a pas grand-monde, voire même personne. Alors ils entrent franchement dans l'allée, les bras chargés de leurs armes de vengeance. Un regard, un sourire, un signe de tête, et les voilà qui balancent tout ce qu'ils ont trouvé, avec le plus de force possible. Une fenêtre se brise à l'étage, et ils s'en fichent, parce que ce n'est pas pour tout laisser en bon état qu'ils sont venus. Amelia sent comme une pression la quitter à mesure que les boîtes d'oeufs se vident, et elle finit même par rire, appréciant le sentiment libérateur que tout ça lui procure. Au bout de quelques minutes, ils entendent des voix à l'intérieur, et se regardent, légèrement paniqués. Amelia prend Édouard par le bras et ils filent se cacher derrière la haie, un peu hilares quand même. La bombe magique est en place, il ne reste plus que – SHPLAFF. La bombe explose au visage de Cara, habillée d'une robe rouge, plus maquillée que d'habitude. Derrière elle, il y a une autre silhouette, avec des cheveux blonds. Amelia n'a pas envie de regarder. Il y a une boule dans sa gorge. Peut-être que c'est mieux, si elle voit. Elle pourra y penser, mieux se faire à l'idée. Elle n'a pas lâché Eddie et ses doigts se crispent sur son avant-bras quand l'autre femme avance pour regarder autour d'elles, essayant de comprendre ce qui se passe. C'est le moment de filer. Les deux nouveaux malfrats courent jusqu'à la voiture et s'y engouffrent pour démarrer au quart de tour. Quand ils sont suffisamment éloignés du manoir, Amelia se permet enfin de respirer. Elle n'arrive pas à croire qu'elle vient de faire ça. Et pourtant. Pendant le trajets, Eddie et elle s'amusent de la tête de Cara, de l'air complètement écervelé de l'autre femme, qui d'ailleurs – ils se mettent d'accord dessus sans la moindre difficulté – manque cruellement de charme. Ils s'extasient sur la beauté du plan, sur l'efficacité de la bombe magique et l'horreur que va être nettoyer toutes les traces d'oeufs qui se sont accumulées sur la façade du manoir. Ils supposent qu'ils ont pu faire ça en toute tranquilité au début parce que les deux femmes n'étaient pas là, et qu'elles ont du arriver en plein milieu du chaos par la cheminé, ou par transplanage. Ils sont plutôt fiers, les deux.

C'est le sourire aux lèvres qu'Amelia rentre dans l'appartement d'Édouard, un peu fatiguée de toutes ces émotions, et qu'elle pend la veste en cuir au porte manteau. Comme si elle était chez elle – elle a toujours été comme chez elle chez Eddie, de toute manière – elle range la moitié de leur butin dans les placards, tandis qu'il s'occupe de ranger leurs boissons. Et soudain, c'est comme si toute l'adrénaline qui l'avait habitée jusqu'à maintenant disparaissait. Elle sent comme un voile se décrocher, et tout s'effondrer en elle. Elle ouvre une tablette de chocolat et fourre deux carrés dans sa bouche. Elle tourne les yeux vers Eddie qui finit de ranger les bières, baisse les yeux, puis sans le regarder, fonce vers lui, entourant ses bras autour de sa taille. Elle ferme les yeux, son front contre son épaule. Elle n'a jamais fait ça. Mais la situation n'est pas habituelle. Elle s'accroche à son t-shirt, comme à une ancre, comme si c'était la seule chose qui l'empêchait de sombrer. Peut-être parce que c'est le cas, en fait. D'une voix un peu étouffée, elle murmure : « Merci. » Il ne doit plus rien comprendre à sa vie. Peut-être même ne pas la reconnaître. Tout ça, c'est une facette d'elle qu'il ne connaît pas bien. Quand elle se détache, elle n'ose pas le regarder dans les yeux, et elle sèche deux petites larmes qui ont roulé sur sa joue d'un revers de main. « Bon, maintenant, Seth, Kenna, et on se bourre la gueule, c'est ça? »

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  - I CAN HARDLY STAND MYSELF, SO WHAT AM I TO YOU? -
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PRISONERS • bloodstains on the carpet
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‹ âge : vingt-huit
‹ occupation : à Azkaban.
‹ maison : poufsouffle
‹ scolarité : 1986 et 1993.
‹ baguette : mesure trente centimètres virgule cinq, est composée de bois de chêne et contient un crin de licorne. Elle est inflexible et rigide comme son propriétaire.
‹ gallions (ʛ) : 973
‹ réputation : j'ai été injustement envoyé à Azkaban. Mon crime? Avoir été mordu et être devenu loup-garou.
‹ particularité : un loup-garou depuis avril 1998. Je suis en triumvirat avec Amelia Cartwright, un lien émotionnel qui nous unit et nous permet parfois de partager nos pensées.
‹ faits : je suis un loup-garou, un ancien Auror bouffé par la culpabilité d'avoir vu ma famille et mes anciens amis décimés autour de moi. J'ai été défiguré à vie par mon Créateur et je me soumettais tous les jours à un sortilège d'Illusion pour cacher les dégâts. J'ai perdu un oeil dans l'affaire. J'ai fatT partie du groupe qui a attaqué Saint-Mangouste et me suis rendu compte de l'horreur de la situation trop tard. Je suis le loup-garou qui a mordu Ginny Weasley. Je suis actuellement à Azkaban à cause de ça et de l'attentat de Saint-Mangouste, même si la rumeur est que le juge m'a plus puni pour ma nature que pour mes crimes.
‹ résidence : dans une cellule d'Azkaban, que je partage avec Aramis Lestrange.
‹ patronus : un ours
‹ épouvantard : les corps massacrés de mes proches, détruits par la Bête qui m'habite.
‹ risèd : moi tel que je l'étais avant, libre de l'influence du loup en moi.
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amelia cartwright
our hands part so often, i feel my fingers slip away in the very moment they touch. we embrace and depart so very quickly, now appearing with the frequency and grace as ancient gods once had before mortal men. this passionate estrangement is full of enticing wonder.
« Alright. But if anything goes wrong, you are responsible for it. » Là, il n'y a aucune manière de se tromper: c'est un sourire de loup qui s'est hissé sur les lèvres d'Édouard, alors qu'il l'observe en prononçant un “ of course ” presque moqueur. Il sait qu'il n'agit pas comme d'habitude; lui tellement, tellement raisonné et raisonnable en temps normal, toujours du genre à calmer les ardeurs d'Amelia avec douceur et sévérité, toujours du genre à lui faire voir la part logique des choses quand elle s'emporte dans ses humeurs. Mais dans les affaires de coeur, c'est toujours lui qui les brise et lui qui s'emporte, invariablement; Amelia a toujours été à l'image de sa longue relation avec Cara, stable et mature.
Sauf que Cara est officiellement devenue une salope et Édouard sait très bien gérer les salopes. Voilà.

Ils rient tellement. Ils ont plus trop l'occasion de rire, ces temps-ci: ce sont des temps bien sombres qui avancent sur eux. Mais c'est tellement... tellement normal, en cet instant précis, d'envoyer à Amelia un paquet de confiseries qu'elle met dans le caddie comme un ballon de basket dans un panier. Comment rire dans un bureau où tout le monde fait la tête, où tout le monde redoute Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom et où certains veulent son retour au pouvoir? Comment rire quand le monde devient complètement fou autour d'eux et alors qu'ils font semblant de ne rien voir? Des disparitions, des meurtres sanglants, de la peur qui lentement s'entrelace à leur vie?
Alors ils rient, ils rient tellement, en écoutant de la musique à fond dans la voiture, en faisant des virages trop serrés, en se lançant des bonbons dans la bouche alors que l'un des deux est au volant. Dylan a retrouvé Cara sans mal, Édouard lui doit une fière chandelle. Et si elle ne l'avait pas retrouvée? Alors il l'aurait trouvée autrement. Il aurait pas pu rentrer chez lui sans une bonne revanche, sans voir le visage d'Amelia se plisser de soulagement et d'amusement. Il faut dire qu'elle tirait une sacré gueule, Cara, en les regardant comme si toutes ses prédictions de ces dix dernières années étaient vraies...! Et la femme derrière elle... Édouard aurait voulu la confronter, non, les confronter. Leur montrer Amelia comme Cara a toujours refusé de la voir, lui montrer ce qu'elle est en train de perdre, ce qu'elle a perdu pour toujours. Il aurait voulu hurler jusqu'à entendre des excuses, mêmes lâchées du bout des lèvres, il s'en fiche. Ça le rend dingue, d'imaginer qu'on puisse penser abandonner Amelia comme ça. Il a envie de lui dire, à elle aussi, combien Cara la mérite pas, combien elle mérite tellement mieux, combien elle mérite le monde; mais à la place, ils rient, ils rient, ils rient et c'est tout aussi bien. Édouard n'a pas envie de dire une connerie qu'il regrettera plus tard.

Quand ils retournent chez lui, ils rient encore. Édouard grave le visage d'Amelia dans son esprit, comme si il ne le connaissait pas déjà par coeur: ses mèches blondes éparses, sa bouche tordue d'un sourire qui n'en finit pas, ses yeux plissés presque fermés. Le fou rire qu'ils ont en traversant la porte! Et puis c'est comme un coup de fatigue soudain, réalisant enfin ce qu'ils viennent de faire et qui pourraient leur valoir au mieux un avertissement, au pire un renvoi définitif de la part de leur propre bureau: on n'a jamais vu des Aurors aussi irresponsables.
Édouard a bien le droit d'être irresponsable une fois dans sa vie. Il ne peut s'empêcher de glousser par intermittence en s'occupant de ranger un peu leurs provisions: à les voir, on dirait presque qu'ils vont être assiégés pendant des jours et des jours. Un peu comme Pâris derrière les murs de Troie, Édouard n'a pas peur. Qu'ils viennent! Qu'ils viennent
essayer les empêcher de rire, ils n'y arriveront jamais: il a sa Hélène, il a Amelia, et ça lui suffit pour continuer de sourire. « Merci. » Elle lui a foncé dessus comme un boulet de canon et il n'a rien vu venir. Il aimerait refermer les bras autour d'elle, la serrer contre lui et lui dire que ce n'est rien, vraiment, qu'il ferait la même chose pour Seth ou Kenna ou Rick ou Faust mais il n'a jamais été bon menteur, Eddie. Il est tellement choqué, tellement pris de court, tellement mal à l'aise qu'il n'a pas le temps de la garder contre lui qu'elle se détache déjà: il la regarde comme si elle s'était mise à danser la polka en parlant chinois. Elle a un peu pleuré, remarque-t-il. Édouard a envie de retourner au manoir de Cara et le mettre à feu et à sang. Il a envie de hurler. Elle n'a pas le droit de lui faire ça. Elle n'a pas le droit de pleurer et Cara n'a pas le droit de rire, quelque part, dans les bras de son amante insipide. « Bon, maintenant, Seth, Kenna, et on se bourre la gueule, c'est ça? dit-elle le plus naturellement du monde. — C'est ça, ” confirme-t-il, prudent.

Il a envie de lui dire tout ce qu'il a sur le coeur mais à la place, il lui adresse un grand sourire comme si il ne s'était rien passé. “ She ain't shit, Ames, dit-il d'un ton convaincu. Crois-moi. ” Il ne sait pas trop quoi dire d'autre de rassurant ou d'encourageant alors il se contente de sourire.
Il hiboute Seth et Kenna, ils boivent une bière en les attendant et puis quand ils arrivent, ils rient. Ils rient tellement tellement tellement. Édouard a l'impression qu'il ne pourra jamais s'arrêter de rire avec Amelia, Seth et Kenna. Ils rient et ils chantent et ils dansent comme si ils fêtaient quelque chose et peut-être qu'ils fêtent quelque chose. Peut-être qu'Édouard est juste content d'être en vie en même temps que ces trois gens géniaux et peut-être qu'il est juste content qu'ils soient tous en vie en train de rire chez lui, même quand Kenna fait tomber un avion du plafond et Amelia renverse un peu de bière sur le sol. Mais ils sont des sorciers! Ils sont des sorciers, le monde leur appartient: un coup de baguette et le sol est propre, l'avion est réparé, le mal est oublié et ils rient. Le monde leur appartient: peu importe la peur, peu importe Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom en cet instant précis. Édouard a envie de hurler, de chanter, de danser, de rire jusqu'à ce qu'ils oublient l'obscur et le reste, jusqu'à ce qu'il ne reste que leurs quatre corps sur le sol du salon, à regarder le plafond et à imaginer des batailles aériennes à mi-voix. Jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien.
Le monde leur appartient; pendant un instant, entre deux rires, Édouard y croit presque.

JANUARY 1999 † C'est quand il commence à faire nuit qu'il se hait le plus: quand il se reconnait dans les ombres et l'obscur, quand il a l'impression d'y appartenir et qu'il ne mérite rien d'autre. Il a envie de se griffer le visage, s'arracher les yeux, les cheveux, les dents, il a envie de se faire mal, it's only a passing thing, this shadow mais rien n'y fait: il est là, il est en vie, il survivra. Il a toujours survécu, de toutes façons. Quand Alexis, Faust et Rick sont morts, il a survécu alors qu'il n'aurait pas dû: c'est de là que vient la malédiction, n'est-ce pas? Oui, ça doit être ça. Peut-être que les gens attaqués par les loup-garous et qui survivent ne sont maudits que parce qu'ils survivent. Peut-être qu'ils sont punis parce qu'ils ne sont pas morts, alors qu'ils auraient dû l'être. Oui, ça doit être ça. C'est plus simple de penser à ça qu'à autre chose.
On est quelques jours après le réveillon, quelques jours avant que Penny arrive dans leur maison de Pré-Au-Lard en panique et donc quelques jours avant le début d'une fuite interminable. Édouard, en cet instant précis, ne pense ni à quelques jours avant ni à quelques jours après; pour être tout à fait honnête, il ne pense à rien en particulier si ce n'est le fond de son verre et le reste d'alcool qui s'y trouve. Dans quelques minutes, ce sera fini, il devra se lever, se traîner jusqu'à chez lui, s'écrouler sur son lit et disparaître dans les fumées de l'alcool et du sommeil. Dans quelques minutes, ce sera fini.

Eddie, mate, allez, viens, lève-toi. ” Édouard a envie de hurler. Allez rien du tout, lève-toi rien du tout. Il a envie de rester là, c'est trop dur à comprendre? Il a envie qu'on le laisse seul, c'est trop dur à comprendre? Il veut juste finir son verre, c'est trop dur à comprendre? “ Allez. ” La main sur son épaule se fait plus insistante, presse le muscle puis se glisse sous le bras pour le forcer à se redresser. Édouard grogne en se défaisant, en se laissant retomber sur le siège qu'on le force à quitter. Les mains se font plus pressantes ensuite, essayent de le prendre et le tenir à bras-le-corps, de le relever, de le sortir d'ici: c'est un bar bien sordide de l'Allée des Embrumes où il a trouvé ses habitudes. Après tout, c'est le seul endroit où on servira quelqu'un au teint crayonneux seulement quelques jours après la pleine lune: Édouard en porte encore les stigmates, les plaies qu'il n'a pas effacé d'un sortilège, les cicatrices qu'il a du mal à conserver hors de vue quand il est alcoolisé. Là, quand on le regarde, là, en coin, en plissant les yeux, on voit très bien les chairs ravagées, l'oeil aveugle, la colère sur ces traits pour toujours pincés dans une expression cruelle et sauvage.
Il renverse la table et le tabouret en se relevant, brusquement, fait volte-face pour essayer de repousser celui qui l'incite à se lever; mais il trébuche et finit dans les bras de cet homme, qui soupire en essayant de le garder debout malgré tout. “ J'ai appelé ta copine, d'accord? Attends juste calmement, ” dit-il en le déplaçant à une autre table, en lui servant un verre d'eau, en lui jetant un verre d'eau au visage après une hésitation.
Édouard n'a même pas la force de se relever. Il enfonce son visage dans ses bras croisés, il se tait, il ferme les yeux, il ne réfléchit même pas au fait qu'il n'a pas de copine, qu'il n'a personne. Il repense juste à la douleur et à la Bête et au reste, au froid surtout. La Potion Tue-Loup est en train de l'écorcher vivant. Elle est trop chère, trop rare et son maigre salaire de libraire ne va jamais suffire à l'entretenir toute l'année. Et puis, il est sûr que son employeur commence à se douter de quelque chose et il lui suffit juste d'envoyer un hibou au ministère au chef des Aurors pour avoir confirmation de ses doutes... Et puis, hors de question qu'il demande de l'argent à sa mère et puis hors de question qu'il demande quoique ce soit à qui que ce soit on s'en fiche ils s'en fichent de lui, il a survécu là où il n'aurait jamais dû survivre et juste pour ça, il ne mérite pas d'être en vie.
Alors à quoi bon l'aider? Pourquoi on lui donne des verres d'eau et des raisons de rire et des raisons de vivre? Il n'arrête pas de penser à Penny et Derek, à Poudlard. C'est pour eux qu'il se lève le matin et à cause d'eux qu'il se traîne au bar presque tous les soirs maintenant. C'est plus fort que lui. Sa psy lui a dit que les loup-garous étaient plus sensibles que quiconque à la liqueur; juste un verre et il est parti loin, très loin. Ça lui suffit. Il veut juste partir loin, très loin, et ne jamais revenir.
Une main se pose sur son épaule à nouveau et il la déloge d'un mouvement brusque du bras. Quand la main insiste il se redresse et dans un spasme nerveux, fait tomber le verre d'eau parterre; il a les pieds mouillés, maintenant, mais le bruit a le mérite de le sortir un peu de sa torpeur.

Il n'a pas de copine, se dit-il très rationnellement en levant les yeux vers le propriétaire de la main — la propriétaire de la main.
Amelia.

The fuck you doing here? ” Il se lève d'un bond avec un vrombissement de rage, ses yeux un peu fous roulant dans leurs orbites alors qu'il ramène contre lui les pans de sa robe de sorcier noire un peu usée. Il observe le propriétaire du bar qui le regarde d'un air soucieux, le dernier client qui ne tourne même pas la tête et puis Amelia — et oh, il déteste ce regard dans ses yeux, il déteste quand elle le regarde comme ça, il déteste quand elle le regarde. Il a l'impression qu'elle cherche un autre Édouard, celui qui est mort dans la forêt de Daeva, celui qui ne reviendra jamais. Et parfois, c'est simple de lui faire croire et de croire soi-même qu'il existe encore, Eddie, comme la dernière fois en décembre; mais des fois, c'est juste impossible et il a envie de lui griffer le visage jusqu'à ce qu'elle comprenne qu'il est mort et qu'ils ne peuvent plus faire comme si de rien n'était.
Il a envie de lui dire tout ça mais il a surtout aucune envie de lui parler. Pas maintenant, jamais. Il adresse un regard foudroyant au propriétaire du bar. “ Mettez tout ça sur son ardoise, ” siffle-t-il, presque pernicieux, avec une voix qui ne lui ressemble pas, avant de sortir à grands fracas du bar une fois assuré qu'il n'a pas été séparé de sa baguette — oh, ça, ça, il ne l'aurait pas supporté. D'accord, il a un peu bu, mais il est très bien capable de s'occuper de sa baguette tout seul!
L'Allée des Embrumes est sans doute l'endroit le plus glauque de Grande-Bretagne une fois le soleil couché mais Édouard s'en rend à peine compte en remontant les ruelles et la dénommée rue, tout à sa fureur et à son alcoolémie dangereuse, atteignant difficilement le Chemin de Traverse après avoir manqué de s'étaler parterre une bonne demi-douzaine de fois sur les pavés inégaux de cette partie du Londres sorcier.
Il se rend compte qu'il est suivi quand il s'arrête pour fulminer sur un pan de cape qui s'est pris dans ses pieds et quand des pas s'arrêtent avec un temps de retard derrière lui. Il sait qui c'est, il sait que c'est Amelia, il sait qu'elle pense qu'elle n'abandonnera pas, il sait qu'elle ne le laissera pas prendre le volant de sa voiture qu'il a garée devant le Chaudron Baveur et il sait comment elle est, Amelia. Elle va le regarder d'un air condescendant et elle va lui rappeler qu'il n'est plus Eddie même quand ce ne sera pas son intention. La dernière fois qu'il l'a vue, ils étaient à moitié malades dans un petit cottage écossais; là, c'est seulement une poignée de jours plus tard, deux semaines tout au plus, mais Édouard a l'impression que tout a changé.
Ou peut-être que c'est juste la bouteille qui lui fait penser ça. “ Arrête de me suivre! s'écrie-t-il en se retournant pour lui faire face, ses yeux lançant des éclairs. Et laisse-moi tranquille, pour l'amour de Merlin! N'as-tu pas assez ruiné ma vie comme ça? ” Oh, il est terrible, quand il boit, il est méchant, il est cruel: il appuie là où ça fait mal, la culpabilité inavouée de sa partenaire de toujours qui n'a pas été là pour le sauver, pour l'aider à survivre. Non, il l'a fait seul, il a été le seul à sortir de la forêt de Daeva, mais pas entier. Que doit-elle voir, en cet instant précis? Ses cicatrices et ses plaies? Ou juste sa méchanceté qui la frappe comme un mur? Édouard espère qu'elle voit les deux à la fois. “ Laisse-moi! ” répète-t-il en tournant les talons pour continuer sa quête du Chaudron Baveur à grandes enjambées énergiques et désespérées.

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Oh, I wanna come near and give you Every part of me, But there is blood on my hands And my lips aren’t clean, In my darkness I remember, Momma’s words reoccur to me, "Surrender to the good Lord And he’ll wipe your slate clean," Tip me in your smooth waters, I go in As a man with many crimes, Come up for air As my sins flow down the river.
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HERO • we saved the world
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‹ inscription : 31/05/2016
‹ messages : 672
‹ crédits : SHIYA. EXCEPTION POUR LA SIGNA.
‹ dialogues : #indianred.


‹ liens utiles :
‹ âge : VINGT-SEPT ANS
‹ occupation : AUROR.
‹ maison : GRYFFONDOR
‹ scolarité : 1987 et 1994.
‹ baguette : fait trente centimètres, est en bois de noisetier et contient un crin de sombral.
‹ gallions (ʛ) : 1124
‹ faits : pendant la guerre -- ancienne auror, amelia est restée auprès du magister à son arrivée au pouvoir en pensant que les choses n'allaient pas durer - manque de bol, elles ont duré - et pour ne pas se faire tuer, elle a continué à prétendre être du côté du lord jusqu'à la vente des rebuts, acte qui l'a définitivement fait quitter le navire. elle a ensuite fuit comme une pro et la solitude l'a un peu rendue froide et distante, puis a rejoint les insurgés avec son compagnon de route, rolf scamander, en 2003. elle a participé à la grande bataille de pré-au-lard.
+++ on dit d'elle qu'elle est loyale et intransigeante. on la trouve parfois désagréable, mais c'est juste parce qu'on la connaît mal et qu'elle n'est pas très avenante au premier abord. elle est une auror brillante et fonceuse // elle est liée par triumvirat à édouard douglas, actuellement enfermé à Azkaban..
‹ résidence : dans un petit appartement du Londres sorcier, en colocation avec Seth Matthews, ami de longue date. Mais je passe le plus clair de mon temps entre le ministère et Storm's End, le cottage d'Édouard.
‹ patronus : UN RENARD
‹ épouvantard : UNE ATTAQUE DE LOUPS-GAROUS.
‹ risèd : UNE SOIRÉE HEUREUSE ENTRE AMIS.
Voir le profil de l'utilisateur http://www.smoking-ruins.com/t4645-amelia-can-anybody-save-me-no
and i'm losing you.


(JANUARY 1999)Elle est réveillée par l'appel alors qu'elle vient tout juste de se coucher. Il est tard, ou plutôt, tôt. Elle est exténuée, Amelia. Elle n'en peut plus. Elle se tue au travail, et tous les jours est une nouvelle épreuve maintenant qu'elle a changé de partenaire. Ce crétin ne suit jamais ce qu'elle fait, n'arrive jamais à interpréter correctement ce qu'elle essaie de lui dire, de manière codée ou dans un regard. Il n'est pas un mauvais auror, loin de là. Elle a eu l'occasion d'observer ses talents et ne les remet pas en question. C'est juste qu'ils ne sont pas compatibles. Du tout. D'ailleurs, elle n'est compatible avec personne, ici. Personne ne s'est précipité pour remplacer Édouard à ses côtés, quand il a été annoncé qu'il ne travaillait plus au ministère. Ils savaient tous que c'était impossible, de prendre cette place, qu'Amelia ne serait jamais satisfaite. Il a toujours été de notoriété publique qu'Édouard et elle étaient l'une des meilleures paires que le ministère ait connu. Depuis qu'il est parti, tout est dans un dysfonctionnement constant, même Amelia elle-même, qui multiplie les erreurs de jugement. Il n'y a plus personne pour la retenir quand elle fonce tête la première sans étudier son plan, plus personne pour la couvrir correctement quand elle n'en fait qu'à sa tête. Jamais elle n'a eu autant de petites blessures depuis qu'elle a commencé sa carrière d'auror. On a du remettre son épaule en place, il y a deux jours, et elle a encore une cicatrice très visible qui s'étend sur sa clavicule.
Oui, elle est exténuée, Amelia. Alors quand on lui dit qu'il faut qu'elle vienne chercher son copain avant qu'il fasse quelque chose qu'il regrettera, elle a un peu de mal à comprendre. Il y a un silence dans sa chambre, quand elle réfléchit, fronce les sourcils. Elle ne capte qu'au bout de quelques longues secondes, et lâche un soupir triste, avant de dire, désabusée, qu'elle arrive. Elle est encore dans un demi-sommeil, et il y a un sentiment désagréable en elle tandis qu'elle troque son bas de pyjama pour un jean et qu'elle enfile un pull sur son t-shirt. Elle est tellement crevée, elle n'a tellement pas envie d'être confrontée à tout ça, que ça lui foutrait presque des larmes aux yeux. Mais elle ne peut pas l'abandonner. Quand bien même une part d'elle le voudrait, elle ne peut pas. Elle est fatiguée de se battre, mais elle n'arrêtera jamais. Elle lace ses chaussures et enfile son manteau d'hiver avant de se rendre à l'allée des Embrumes, où on lui a dit qu'Édouard avait atterri. Quand elle entre discrètement dans le bar, elle le remarque tout de suite, la tête cachée entre ses bras, sur une table. Elle envoie un regard au responsable du bar qui affiche une expression entre la compassion et la tristesse. Amelia inspire, et vient poser sa main sur l'épaule d'Édouard, doucement d'abord, de peur de le brusquer. Elle sait qu'il est encore plus alcoolisé qu'elle le craignait quand il envoie balader sa main. Elle serre les dents et réessaie. Et il se redresse comme une tornade, envoyant valser un verre sur le sol. Elle lève ses mains devant sa poitrine, comme en signe de paix. Mais Édouard n'est pas dans une optique de paix. Son regard est empli de rage, et tout son corps transpire la colère. Et le désespoir, aussi, un peu. « The fuck you doing here? » Elle serre les dents, se retient de rétorquer quelque chose qui ne ferait qu'envenimer les choses.
Bien sûr qu'elle est en colère. Une part d'elle lui en veut, sûrement, aussi. Elle sait que ce n'est pas totalement sa faute. Mais c'est dur, pour elle, de le voir comme ça. Plus dur qu'elle l'aurait jamais imaginé. C'est insupportable, même. Amelia se protège, enfile son masque d'auror, devient impassible. Parce que c'est plus simple. « Mettez tout ça sur son ardoise, » fait Édouard, assassin, en sortant du bar comme une furie. Amelia expire, se frotte les yeux. Elle ne sait pas où elle va trouver la force. Pourtant, ses jambes la propulsent à la suite du jeune homme, automatiquement. Peut-être parce qu'elles y sont habituées. Elle assure au propriétaire du bar qu'elle va tout arranger, qu'elle repassera demain pour le dédommager, et s'engouffre dans les ruelles sombres et glauques de l'allée des Embrumes. Édouard a quelques mètres d'avance, et elle n'a pas le courage de le rattraper. Alors elle se contente de le suivre, comme lors d'une traque. Elle ne devrait pas avoir à faire ça. Elle ne devrait pas avoir à le faire. Quand il s'arrête, après avoir trébuché sur sa robe, elle s'arrête aussi, à une distance raisonnable. Elle sait qu'il sait qu'elle est là. Et quand il se retourne, elle a un mouvement de recul, incontrôlable, devant la brutalité de son ton. « Arrête de me suivre! » Si les regards pouvaient tuer, elle serait sûrement déjà en train de pourrir dans cette ruelle sordide. Jamais Eddie ne l'a regardée avec tant de haine. Une moue pleine de colère se dessine sur les lèvres de la blonde, même si elle ne dit toujours rien. Elle fait un pas vers lui, prête à lui attraper la manche et le forcer à transplaner,  quand il lève de nouveau la voix : « Et laisse-moi tranquille, pour l'amour de Merlin! N'as-tu pas assez ruiné ma vie comme ça? » Elle se fige, et il lui semble tout à coup que tout s'est tu autour d'eux. Il n'y a même plus quelques voix qui chuchotent, le bruit de fond des bars toujours ouverts. Le visage d'Amelia se durcit, d'un coup, et un frisson lui parcourt l'échine. Elle reste paralysée, choquée, fatiguée, triste, terriblement en colère. Une part d'elle veut croire qu'il ne vient pas de dire ça. Une part d'elle veut croire qu'il s'agit juste de l'alcool, elle sait très bien ce que l'alcool peut lui faire, elle le connaît si bien. Pourtant, elle sait aussi très bien qu'il y a toujours une part de vérité dans ce qu'il dit quand il est saoul, et ça la frappe comme un ouragan. « Laisse-moi! » crie-t-il presque, avant de reprendre son chemin, à toute allure. Déterminée, mue par une colère rouge, elle le suit, à grandes enjambées. « Oh, j'ai ruiné ta vie, vraiment? D'après ce que je vois, tu sais très bien faire ça tout seul. » lâche-t-elle, amère, un peu sans le vouloir. Son masque d'auror s'est affaissé au moment où il a prononcé ces mots terribles. Elle le rattrape, lui attrape la manche et le force à se retourner vers elle. « Combien de verres tu t'es enfilé, hein? » Elle le regarde, ses yeux clairs comme des pics glacés. « Laisse tomber. » Elle sait très bien qu'il a beaucoup trop bu, elle n'a pas vraiment envie de savoir, en fait. « Allez, arrête tes conneries, je te ramène chez toi. » Son regard reste froid, en colère, mais le bas de son visage s'affaisse, ses sourcils aussi, un peu. Elle est exténuée. Vraiment. Ce n'est pas le bon soir pour tout ça. Elle prend son poignet, brusquement. « Je me battrai pas avec toi. Pas ce soir. » lâche-t-elle entre ses dents.

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  - I CAN HARDLY STAND MYSELF, SO WHAT AM I TO YOU? -
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PRISONERS • bloodstains on the carpet
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‹ crédits : sweet poison, tumblr, gaby dunne.
‹ dialogues : cadetblue.


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‹ âge : vingt-huit
‹ occupation : à Azkaban.
‹ maison : poufsouffle
‹ scolarité : 1986 et 1993.
‹ baguette : mesure trente centimètres virgule cinq, est composée de bois de chêne et contient un crin de licorne. Elle est inflexible et rigide comme son propriétaire.
‹ gallions (ʛ) : 973
‹ réputation : j'ai été injustement envoyé à Azkaban. Mon crime? Avoir été mordu et être devenu loup-garou.
‹ particularité : un loup-garou depuis avril 1998. Je suis en triumvirat avec Amelia Cartwright, un lien émotionnel qui nous unit et nous permet parfois de partager nos pensées.
‹ faits : je suis un loup-garou, un ancien Auror bouffé par la culpabilité d'avoir vu ma famille et mes anciens amis décimés autour de moi. J'ai été défiguré à vie par mon Créateur et je me soumettais tous les jours à un sortilège d'Illusion pour cacher les dégâts. J'ai perdu un oeil dans l'affaire. J'ai fatT partie du groupe qui a attaqué Saint-Mangouste et me suis rendu compte de l'horreur de la situation trop tard. Je suis le loup-garou qui a mordu Ginny Weasley. Je suis actuellement à Azkaban à cause de ça et de l'attentat de Saint-Mangouste, même si la rumeur est que le juge m'a plus puni pour ma nature que pour mes crimes.
‹ résidence : dans une cellule d'Azkaban, que je partage avec Aramis Lestrange.
‹ patronus : un ours
‹ épouvantard : les corps massacrés de mes proches, détruits par la Bête qui m'habite.
‹ risèd : moi tel que je l'étais avant, libre de l'influence du loup en moi.
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Il est en colère. Et ça lui fait bizarre parce que pour la première fois depuis longtemps, il n'est pas en colère contre lui-même ou contre le monde, deux choses qu'il a toujours des peines à punir (il a du mal à se punir lui-même car aucun châtiment ne semble assez cruel pour lui permettre d'expier ses erreurs et il a du mal à punir le monde parce que le monde est un poil trop vaste même pour lui et sa douleur). Non, il est en colère contre quelqu'un. Édouard ne supporte pas d'être en colère contre les gens, il a toujours l'impression que c'est de sa faute quoiqu'il arrive, et qu'il a juste mal interprété leurs gestes, leurs mots. Alors sa colère, il la prend toujours comme une arme qu'il retourne contre lui même, qu'il utilise pour taillader son propre coeur.
Mais pas cette fois. Cette fois sa colère est une épée qu'il brandit devant lui, sa colère est un feu brûlant qu'il projette partout, sa colère est quatre murs qui le ferment complètement aux tentatives d'Amelia pour le faire se calmer. Qui pense-t-elle être? Normalement ils échangeraient leurs rôles: à lui la colère et à elle le beau rôle, à elle de le calmer et de le raisonner. Mais elle réplique avec presqu'autant de venin, au quart de tour « oh, j'ai ruiné ta vie, vraiment? D'après ce que je vois, tu sais très bien faire ça tout seul » et un sourire presque cruel s'étire sur les lèvres d'Édouard alors qu'il s'arrête brusquement, lui qui a juste envie de s'enfuir en courant à l'autre bout du pays pour ne plus voir personne, et surtout pas elle. Elle n'a pas le droit, elle n'a pas le droit de faire ça, de dire ça, alors qu'elle était clouée au lit avec la fièvre et qu'ils sont tous allés à l'abattoir. Alors qu'ils n'ont jamais retrouvé le corps de Rick et que celui de Faust était à peine reconnaissable, alors qu'Alexis était déployée sur sa première mission et qu'il a vu ses parents pleurer à l'hôpital alors qu'on leur annonçait que leur unique fille n'avait pas survécu à ses blessures. Elle n'a pas le droit de dire ça, alors qu'elle a ruiné sa vie en l'abandonnant au moment où il en avait le plus besoin. Il a toujours, toujours était là pour elle: ce n'était pas le pacte implicite? Je marcherai jusqu'en enfer pour toi, avec toi? Je serai toujours là pour t'aider à te relever, à marcher, à voler?
Mais elle l'a abandonné dans les griffes de la Bête.

Il la sent, parfois, au plus profond de lui. Qui gronde, qui hurle, qui s'amuse de son désarroi et de sa peur et de sa colère. Ça fait moins d'un an qu'il a été mordu, perdu, dévasté, il n'a vécu qu'une poignée de pleine lune, dans la froideur moite et épaisse des Highlands, à Storm's End où il s'enferme pendant une nuit entière pour ne blesser personne. Il sait que ce n'est pas une solution durable. Il le sait, il le sait mais que peut-il faire à la place? S'enchaîner? Se tuer?
La Bête est frustrée, mais elle rit bien.
Des fois, aussi, Édouard perd pied. Il ne sait pas quand il rêve et quand c'est la réalité. Pour tout ce qu'il sait, si ça se trouve, Amelia n'est même pas venue le chercher. Si ça se trouve, elle n'est même pas là, c'est dans sa tête.
Elle l'a abandonné une fois, pourquoi pas deux?

Édouard a l'impression de voir la scène d'un oeil extérieur, que ses mains ne sont pas ses mains, que ses doigts appartiennent à un autre. Il s'est arrêté brusquement et il entend qu'Amelia lui parle et continue à lui parler mais les mots ne l'atteignent pas; les sons se heurtent à une bulle de silence qui se trouve dans sa tête, une bulle qui n'appartient pas à lui, une tête qui n'appartient pas à lui. Ces doigts tremblants ne sont pas à lui. Qu'est-ce qu'il fait là? Édouard a cette même impression, certains matins, quand il se regarde dans la glace et qu'il ne reconnait pas le visage ravagé qui lui renvoie un regard vide. « Je me battrai pas avec toi. Pas ce soir. » Quelque chose l'accroche et le ramène brusquement sur terre: ses doigts autour de son poignet. Son dernier rempart.
Il y a un tremblement qui agite ses doigts, puis son bras, puis tout son corps, alors qu'il se retourne brusquement pour lui faire face en essayant de dégager son poignet d'un mouvement brutal. La main vole et se tord pour qu'Amelia lâche prise, et le bras s'envole aussi en même temps; il se rend seulement que le dos de sa main a fini sa course sur la joue d'Amelia quand la douleur remonte le long de ses poings jusqu'à son cerveau. C'était involontaire, mais particulièrement violent: il voulait juste qu'elle s'éloigne et le lâche, il ne voulait pas la blesser.
Mais il ressent un plaisir malsain à sa joue qui rougit à vue d'oeil, là, pile sous son oeil. Ironiquement, c'est le gauche, celui qu'Édouard a perdu, celui qu'elle lui a détruit en l'abandonnant. Elle lève machinalement la main vers la source de la douleur et il recule machinalement d'un pas pour s'éloigner de la source de la sienne. “ Laisse-moi tranquille, ” répète-t-il, la voix un peu incertaine, le monde reprenant des teintes floues et pâles et distantes maintenant qu'il n'y a plus ses doigts pour lui faire garder les pieds sur terre. Il y a des trous qui se forment dans sa vision, il a l'impression qu'il y a un monstre sur le côté gauche aveugle de sa vision, il tourne la tête et il voit quelque chose dans le reflet de la vitrine à sa gauche, quelque chose qui n'est pas lui, quelque chose de grand et d'effrayant avec des yeux noirs et des cheveux noirs et des tâches de rousseur noires et un manteau noir et un coeur noir, sa vision se floute, il ne peut pas faire confiance à sa vision donc il ferme les yeux, il les ferme fort, très fort, respire, compte jusqu'à dix, s'il te plaît, Édouard, c'est dans ta tête tout ça, dans ta tête, je m'appelle Édouard Godric Douglas, j'ai vingt-trois ans, j'étais Auror, ceci n'est pas moi, c'est dans ma tête, il n'y a pas de monstre ni de Bête, je m'appelle Édouard Douglas et ceCI N'EST PAS MOI. “ LAISSE-MOI! LAISSE-MOI! ” Et il parle à Amelia mais pas que, il a l'impression que sa voix est répétée mille fois dans son crâne et que le monstre de la vitrine le prend dans ses bras en riant et en lui rappelant qu'il n'y a jamais eu de monstre, mais seulement lui. Alors il s'abandonne à son étreinte, lâchant un dernier “ laisse-moi ” un peu pathétique, incapable de retenir les larmes qui lui strient désormais les joues, laissant l'obscur l'envelopper et le consumer.

Édouard ressurgit brusquement, se redresse à moitié sur son séant avec un grognement dubitatif, prêt à hurler, avant de comprendre qu'il est dans son lit, dans sa chambre, dans son appartement, avec Amelia qui somnole sur une chaise à côté. Et toujours, à cause de ce putain de lien qui les relie malgré tout, elle ouvre les yeux avec seulement quelques secondes de décalage avec lui, se redresse brusquement sur son siège et l'observe d'un air concerné, consterné et à la fois, incroyablement en colère. Édouard sent son regard qui le brûle. Elle l'observe, la marque de l'oreille sur son front, ses cheveux éparpillés et puis-
Non, non, nON, NON! ” gémit-il, puis s'écrie-t-il en se plaquant une main sur le visage, côté ravagé, là où le sortilège s'est effacé en même temps qu'il est tombé inconscient. Il se détourne brusquement pour ne pas qu'elle voit, la chair argentée des loup-garous mais, surtout, l'oeil mort, l'entrelacs de chairs détruites et impossibles à guérir, la marque de sa faiblesse et de son abandon et de toute l'horreur qu'il a pu vivre. Elle l'a déjà vu comme ça mais brusquement, c'en est trop. Il ne veut pas d'elle, ne veut plus d'elle dans cette vie où tout a changé, où son appartement londonien est ravagé comme si il se battait tous les jours à l'intérieur, où il y a des restes de cafés abandonnés partout, de la poussière sur les livres dans les étagères et des choses qui ont été arrachées, détruites, sont restées là parce qu'il ne sait pas quoi en faire, où chaque surface réfléchissante est soit cassée, soit recouverte, où rien ne ressemble à Édouard. Il se jette hors du lit, la main toujours plaqué sur le visage, perd son équilibre, se rattrape au mur et clopine difficilement, douloureusement, jusqu'à la salle de bains. Il est en sous-vêtement et en t-shirt, il a mal partout surtout à la tête et à sa jambe raide, il a mal partout et il s'accroche à l'évier comme si il allait se crever ou se noyer ou n'importe quoi et tout à la fois, il a la nausée, il a envie de dormir, il ne sait même pas de quoi il a envie à l'instant précis où il lève les yeux, non, l'oeil pour le plonger dans celui de l'homme dans le miroir. La porte tourne sur ses gonds dans la périphérie extrême de sa raison et “ LEAVE ME THE FUCK ALONE, I DINNAE WANT YE HERE, ” hurle-t-il sans pouvoir s'en empêcher, sa voix se brisant jusqu'à ce qu'il se laisse tomber sur le sol, son front manquant le rebord de l'évier d'une poignée de millimètres, enfouissant son visage défiguré entre ses mains calleuses pour ne plus jamais l'exposer au monde. “ Laisse-moi, lâche-moi, dégage, je veux pas de toi ici ni jamais ni nulle part, je ne veux pas te voir, je te DÉTESTE, TU AS RUINÉ MA VIE, TU AS RUINÉ MA VIE.

Spoiler:
 

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‹ faits : pendant la guerre -- ancienne auror, amelia est restée auprès du magister à son arrivée au pouvoir en pensant que les choses n'allaient pas durer - manque de bol, elles ont duré - et pour ne pas se faire tuer, elle a continué à prétendre être du côté du lord jusqu'à la vente des rebuts, acte qui l'a définitivement fait quitter le navire. elle a ensuite fuit comme une pro et la solitude l'a un peu rendue froide et distante, puis a rejoint les insurgés avec son compagnon de route, rolf scamander, en 2003. elle a participé à la grande bataille de pré-au-lard.
+++ on dit d'elle qu'elle est loyale et intransigeante. on la trouve parfois désagréable, mais c'est juste parce qu'on la connaît mal et qu'elle n'est pas très avenante au premier abord. elle est une auror brillante et fonceuse // elle est liée par triumvirat à édouard douglas, actuellement enfermé à Azkaban..
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‹ patronus : UN RENARD
‹ épouvantard : UNE ATTAQUE DE LOUPS-GAROUS.
‹ risèd : UNE SOIRÉE HEUREUSE ENTRE AMIS.
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and i'm losing you.


(JANUARY 1999) Elle n' a pas envie de se battre avec lui, tout court. Elle a l'impression que c'est la seule chose qu'ils font, même s'ils prétendent que tout va bien, depuis des semaines, des mois. Elle se bat toujours pour le ramener vers une vie avec un peu plus d'espoir, un peu plus de positif. Il se bat pour toujours retomber un peu plus dans les ténèbres, pour s'enfoncer toujours un peu plus dans un monde où elle n'arrive pas à le toucher, dans un monde où elle ne pourra un jour plus venir le chercher. Elle aimerait que tout ça s'arrête, Amelia. Elle est fatiguée de se battre avec la seule personne avec qui, pourtant, elle n'a jamais eu à se battre, avant. Édouard était bien le seul. Vraiment. Elle ne se posait jamais de question en allant chez lui, savait qu'ils se disputaient rarement, ou pour des broutilles. Elle pouvait tout faire, tout dire, en sachant que ça n'allait pas créer de tensions idiotes. C'était pour ça qu'ils étaient si bien ensemble, d'ailleurs. Tout était si naturel. Et maintenant, elle a l'impression de se battre tous les jours. Au travail, et pour lui. Ça ne s'arrête jamais. Jamais. Et bien sûr, elle en a marre, alors elle veut juste que ce soit derrière eux. Elle prie pour que tout ça passe, qu'ils se retrouvent un peu, aussi. Mais tous les jours, elle a l'impression qu'il file un peu plus entre ses doigts et ça la frustre. Ce sentiment d'impuissance la rend malade. Sa main, autour du poignet d'Édouard, est fermement accrochée, signe clair qu'elle ne rigole pas. Mais il n'en a rien à faire. Il se débarrasse de son emprise dans un geste si violent que sa main finit sur la joue de l'auror, involontairement. Une vague de douleur lui vrille la pommette. Elle serre les dents, et envoie un regard noir au loup-garou, en posant sa main sur sa peau devenue brûlante sous le choc. Juste en dessous de l’œil. Vu la violence du choc, elle va peut-être récolter un œil au beurre noir. Elle reste debout, froide, à le regarder, terriblement en colère. « Laisse-moi tranquille, » fait Édouard, et le visage d'Amelia se tord en une moue un peu plus furieuse. Elle ne bouge pas d'un centimètre, sa main toujours posée sur sa joue, qui n'en finit pas de lui faire mal. Elle sent son sang qui circule, les battements de son coeur, rapides. « LAISSE-MOI! LAISSE-MOI! » Elle est si raide, debout sur ses pieds, que ses jambes commencent à trembler sous la tension. Elle respire vite, fort, et mue par une colère rouge, elle se détourne, prête à dévaler toute l'allée des embrumes en courant, pour mettre le plus de distance entre elle et cet Édouard qu'elle ne reconnaît plus. « Laisse-moi » fait sa voix alors qu'elle commence à partir, sans vraiment réfléchir à ce qu'elle fait, poussée juste par ses émotions. C'est là qu'elle entend un bruit sourd, et elle se retourne pour trouver Eddie allongé par terre, inconscient.

Quand elle l'a débarrassé de sa robe, qui a traîné dans une flaque d'eau, et qu'elle l'a allongé sans grande délicatesse dans son lit, elle quitte la chambre le plus vite possible, comme si c'était ce qu'il y avait de mieux pour sa santé mentale. Elle se dirige vers une fenêtre, qu'elle ouvre en grand dans le salon. Elle a l'impression que toutes ses forces ont quitté son corps quand elle va se chercher une bière, sans la moindre hésitation, dans la réserve d'Édouard, et qu'elle la boit, accoudée à l'encadrement de la fenêtre. C'est horrible, cette fatigue extrême, mais cette impression qu'elle ne pourra pas dormir tant son esprit est occupé. Le froid la revigore un peu, et elle se fiche qu'il rentre dans l'appartement. Elle se fiche un peu de tout, là tout de suite. Elle est censée être dans son lit, chez elle, à dormir tranquillement pour récupérer de sa semaine. Mais nan, elle est là, chez Eddie. Quand elle a fini sa bière, elle va dans la salle de bain, et se passe un coup d'eau sur le visage. Son reflet dans le miroir n'a rien d'engageant. Elle étudie sa peau rouge, et grimace en posant un doigt sur l'os de sa joue. Elle se lave les mains, doucement, et n'ose pas croiser son propre regard pendant une bonne minute. Quand ses yeux se relèvent enfin, elle reste figée face à elle-même, et elle sent une pression qui remonte en elle, et surtout autour de ses yeux. Non, elle ne va pas pleurer. Elle ne peut pas pleurer. Parce que ça ne servira à rien, que ça ne vaut pas le coup. Alors elle se détourne, et s'installe dans un fauteuil, à côté du lit, se recroqueville contre elle-même. Son visage, posé sur ses genoux, se détend peu à peu. Ses yeux sont posés sur Édouard, et bientôt, sa respiration se cale à la sienne, et elle s'endort sans vraiment s'en rendre compte.

Elle se réveille, et ne sait plus vraiment où elle est pendant une demi-seconde. Puis elle se souvient. Le bar, Eddie. Elle se redresse une seconde après lui, le corps tout ankylosé à cause de la position dans laquelle elle s'est endormie. Elle ne sait pas depuis combien de temps elle est assoupie. Bien sûr, elle pose immédiatement les yeux sur Édouard, qui est assis dans son lit. Elle sursaute quand il s'agite : « Non, non, nON, NON! » Il plaque sa main sur son visage, là où les cicatrices sont parfaitement visibles depuis qu'il s'est écroulé par terre au milieu de l'allée des embrumes. Amelia lève les yeux au ciel, exaspérée. Il saute du lit et se réfugie dans la salle de bain, et elle se passe les deux mains sur le visage en soupirant. Elle se lève à son tour, et lui emboîte le pas, parce que qu'est-ce qu'elle pourrait faire d'autre, hein? Quand elle s'approche, Eddie se laisse tomber à terre sur le carrelage, aussi peu lui-même que quand elle a essayé de le retenir, un peu plus tôt. Ça lui donne mal à la tête. Il plonge son visage dans ses mains et elle soupire entre ses dents, excédée. « LEAVE ME THE FUCK ALONE, I DINNAE WANT YE HERE, » Elle étouffe d'un rire jaune, au moment même où il continue sur : « Laisse-moi, lâche-moi, dégage, je veux pas de toi ici ni jamais ni nulle part, je ne veux pas te voir, je te DÉTESTE, TU AS RUINÉ MA VIE, TU AS RUINÉ MA VIE. » Ses joues deviennent rouges, d'énervement, d'épuisement. « WHAT WAS I SUPPOSED TO DO, FOR GOD'S SAKE? » explose-t-elle, le surplombant de toute sa hauteur. « LEAVE YOU ALONE TO DIE IN THAT FUCKIN' STREET? » Elle soupire, se détourne, un de ses bras frappe quelque chose d'invisible. « IS THAT WHAT YOU WANT? » crie-t-elle, et sa voix monte dans des aigus qui ne lui sont pas familiers. Elle se penche vers lui, une main dirigée vers sa poitrine. « Where would you be without me, uh? I'd really want to know. » fait-elle avec un rictus presque cruel sur les lèvres. Elle donne un coup de pied dans l'encadrement de la porte, puis pointe un doigt sur lui. « YOU DON'T HAVE THE RIGHT TO SAY ALL THIS. YOU DON'T HAVE THE RIGHT TO BLAME ME FOR THIS. » Sa voix se brise. Elle repart dans la chambre, puis revient sur ses pas, incapable de rester en place. « You hate me. » De nouveau, un rire jaune. « You know what? » Elle lui fait un doigt d'honneur, et retourne dans la chambre pour prendre son manteau, comme une tornade.

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  - I CAN HARDLY STAND MYSELF, SO WHAT AM I TO YOU? -
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PRISONERS • bloodstains on the carpet
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‹ âge : vingt-huit
‹ occupation : à Azkaban.
‹ maison : poufsouffle
‹ scolarité : 1986 et 1993.
‹ baguette : mesure trente centimètres virgule cinq, est composée de bois de chêne et contient un crin de licorne. Elle est inflexible et rigide comme son propriétaire.
‹ gallions (ʛ) : 973
‹ réputation : j'ai été injustement envoyé à Azkaban. Mon crime? Avoir été mordu et être devenu loup-garou.
‹ particularité : un loup-garou depuis avril 1998. Je suis en triumvirat avec Amelia Cartwright, un lien émotionnel qui nous unit et nous permet parfois de partager nos pensées.
‹ faits : je suis un loup-garou, un ancien Auror bouffé par la culpabilité d'avoir vu ma famille et mes anciens amis décimés autour de moi. J'ai été défiguré à vie par mon Créateur et je me soumettais tous les jours à un sortilège d'Illusion pour cacher les dégâts. J'ai perdu un oeil dans l'affaire. J'ai fatT partie du groupe qui a attaqué Saint-Mangouste et me suis rendu compte de l'horreur de la situation trop tard. Je suis le loup-garou qui a mordu Ginny Weasley. Je suis actuellement à Azkaban à cause de ça et de l'attentat de Saint-Mangouste, même si la rumeur est que le juge m'a plus puni pour ma nature que pour mes crimes.
‹ résidence : dans une cellule d'Azkaban, que je partage avec Aramis Lestrange.
‹ patronus : un ours
‹ épouvantard : les corps massacrés de mes proches, détruits par la Bête qui m'habite.
‹ risèd : moi tel que je l'étais avant, libre de l'influence du loup en moi.
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« WHAT WAS I SUPPOSED TO DO, FOR GOD'S SAKE? » M'ABANDONNER, COMME AVANT COMME AU DÉBUT COMME TOUJOURS. Édouard s'efforce de ne pas lui hurler dessus, de rester silencieux. Il regarde un point sur le sol, un truc entre deux dalles du carrelage, pour ne pas répondre, il se concentre que sur ça, son monde est le point, sa vie est le point, il n'existe rien d'autre, personne d'autre que ce point: il a arrêté de trembler, de se torturer les doigts, de se griffer le crâne. Il est étonnamment immobile, comme si on avait coupé tous les fils et qu'on l'avait laissé là, prostré parterre, les bras ballants, mous et faibles. « LEAVE YOU ALONE TO DIE IN THAT FUCKIN' STREET? » Oui, oui, oui, il aurait préféré mourir, il voudrait mourir mais c'est le genre de choses que l'on ne pense pas à haute voix, parce que la mort fait peur aux gens. Elle ne fait pas peur à Édouard. Il l'a vue de ses propres yeux et maintenant, il aime la mort, il veut la mort, n'existe que la mort. Sauf qu'il ne peut pas abandonner Derek, Penny, son père, sa belle-mère... il ne peut pas, physiquement, il n'y arrive pas, à imaginer un monde où ils ne sont pas du même monde... il vit pour eux. Il a toujours vécu pour eux. Pour Rick et Faust aussi.
Sauf que Rick et Faust sont morts.
Des fois, et Édouard sait que c'est stupide, il se demande si ils le voient. Depuis derrière le voile, depuis le Paradis, depuis l'Au-Delà, qu'importe. Il se demande si ils sont heureux, là-bas, si ils chantent des chansons en se tenant la main, si ils le regardent et commentent tous ses choix à mi-voix. Il se demande ce que Faust trouverait à dire de son visage ravagé. Il arrive à imaginer la grimace de dégoût sur son visage comme si elle était là, juste là... pendant un instant, il peut presque croire à sa présence. « IS THAT WHAT YOU WANT? » Oui, Amelia. Je veux juste arrêter, tout couper, tes mots, tes hurlements, tes abandons à répétition, je veux juste crever, je ne serai plus jamais Auror, je ne serai plus jamais utile, je suis malade, malade à en crever, et je ne m'en remettrai jamais parce que c'est impossible, c'est tout simplement impossible.
Tu aimerais savoir ce que ça fait? Que je te brise la jambe pour que tu ne marches plus jamais pareil? Que je t'arrache l'oeil pendant que t'es encore consciente? Que je tue les gens qui t'ont vu grandir et aimer et que je ne te laisse qu'une seule et unique personne au monde — et que je te laisse blâmer, haïr cette personne? Tu aimerais savoir ce que ça fait?
Il faut absolument qu'il se soigne. Qu'il aille dormir. Il ne veut plus mourir, il veut juste dormir. Si il ne se réveille pas, c'est juste un petit plus.

« Where would you be without me, uh? I'd really want to know. »

Ces mots le sortent de sa torpeur. Un long frisson lui agite la colonne vertébrale, c'est désagréable et douloureux, et il se tourne vers elle, la regarde de son oeil valide, noir noir noir, un sourcil épais se fronçant au-dessus alors que l'autre, scindé en deux d'une cicatrice, se fronce au-dessus d'un oeil d'un blanc laiteux aveugle. « YOU DON'T HAVE THE RIGHT TO SAY ALL THIS. YOU DON'T HAVE THE RIGHT TO BLAME ME FOR THIS. Oh, commence-t-il doucement, DON'T I? ” finit-il par hurler. Elle part, revient. La violence qui exulte d'elle est étrange, le rend nauséeux. Il connait les colères d'Amelia par coeur, il sait quoi dire, quoi faire pour la calmer et la faire revenir à ses sens.
Mais ce genre de colère n'a jamais été dirigée contre lui. « You hate me. » Oh oui. Très fort. Il la hait encore plus parce qu'il sait qu'au fond, ce n'est pas vrai. « You know what? » Il grince des dents devant le geste injurieux, se redresse brusquement en l'entendant marcher furieusement pour récupérer ses affaires; il se lance à sa poursuite mais n'arrive pas à attraper son coude avant qu'elle ne s'éloigne: elle est de l'autre côté de la pièce, du lit, et heureusement que ce foutu meuble les sépare où il lui sauterait dessus. “ D'ye want tae know where I'd be? ” il demande méchamment, son oeil sombre lançant des éclairs. Il en est presque inquiétant, à la lumière de la lampe de chevet: il n'y a que l'oeil valide et la partie ravagée de son visage qui sont visibles.
Le reste appartient aux ténèbres. “ We'd be working together on a case. I woulda spent the day investigating with ye, maybe we woulda found a lead o' something... We might have gone to the pub afterwards, with Faust and Rick, to have a pint or two... D'ye see it? ” Il voit à son visage qu'elle l'imagine. Il l'imagine très bien aussi. Les rires, les sourires, les pintes, le bruit du pub, les blagues, les airs concernés quant à l'affaire en cours... “ But Faust and Rick are DEAD BECAUSE OF YE. YE ABANDONED US ALL, YE KILLED THEM, YE RUINED ME. SO STOP PRETENDING LIKE 'AM RUINING MYSELF WHEN YE ARE MY OWN DESTRUCTION AND HAVE BEEN FOR THE PAST YEAR! ” Il pointe un doigt haineux dans sa direction, toute sa silhouette exultant rage et violence. Étrangement, quand sa voix revient, elle est plus calme, froide et cruelle, un peu trop peut-être pour être sincère. Il ne se souvient pas de la dernière fois qu'il lui a craché un mensonge au visage, ou si il l'a jamais fait. “ I'm blaming ye for this because it's your fault, Amelia. Now 'am living with the consequences of your mistake, but ye need to live with it too.

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Oh, I wanna come near and give you Every part of me, But there is blood on my hands And my lips aren’t clean, In my darkness I remember, Momma’s words reoccur to me, "Surrender to the good Lord And he’ll wipe your slate clean," Tip me in your smooth waters, I go in As a man with many crimes, Come up for air As my sins flow down the river.
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