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sujet; (hestoria) it will stop your breath, how cruel i can be.

WIZARD • always the first casuality
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‹ inscription : 29/10/2015
‹ messages : 966
‹ crédits : whorecrux, tumblr, skam.
‹ dialogues : indianred.


‹ liens utiles :
rolf ft. ryan gosling, astoria ft. lily collins, theodore ft. dylan o'brien, édouard ft. bob morley, neville ft. daniel sharman, elijah ft. chris evans, ambroise ft. sen mitsuji, alexander ft. alfie enoch, olivia ft. emeraude toubia, brienne ft. natalia dyer, dean ft. john boyega, gregory ft. alden ehrenreich, priscilla ft. daria sidorchuk, charles ft. james norton, hwan ft. vernon choi, jay ft. gong yoo, hiram ft. abel tesfaye, adidja ft. reece king.


‹ âge : vingt-trois (03/07)
‹ occupation : volontaire à Saint-Mangouste (TIG) et créatrice de mode, co-fondatrice de la marque OXOX, premier et populaire prêt-à-porter sorcier.
‹ maison : serpentard
‹ scolarité : 1992 à avril 98.
‹ baguette : est neuve et capricieuse. Elle mesure vingt-trois centimètres virgule six, est faite de bois d'érable et continent un crin de licorne.
‹ gallions (ʛ) : 1666
‹ réputation : je suis une petite bitch écervelée qui ne mérite pas la miséricorde avec laquelle on la traite.
‹ particularité : soigneuse, capable de guérir (presque) tous les maux.
‹ faits : j'ai été enlevée par ma propre soeur et utilisée comme otage par les insurgés pendant quatre ans Je suis aussi la mère du petit Scorpius Malfoy. J'ai été en procès parce que j'ai été Adhérente pendant la Guerre, mais j'ai été innocentée ou du moins, condamnée à plusieurs mois de TIG notamment à Saint-Mangouste.
‹ résidence : dans un petit appartement du Chemin de Traverse avec ma mère et ma soeur, loué par les soins de ma tante.
‹ patronus : impossible pour moi à invoquer
‹ épouvantard : Frank Hudson, un ancien leader Belliqueux désormais mort, tenant la main de Daphne et m'observant d'un air cruel.
‹ risèd : Scorpius, heureux et épanoui.
Voir le profil de l'utilisateur http://www.smoking-ruins.com/t3232-ag-in-my-head-everything-is-a
hestia carrowPeople speak sometimes about the "bestial" cruelty of man, but that is terribly unjust and offensive to beasts, no animal could ever be so cruel as a man, so artfully, so artistically cruel.
Il y avait quelque chose de reposant à broder. C'était sans doute stupide, parce qu'Astoria n'avait jamais été quelqu'un de particulièrement patient et parce qu'elle avait toujours détesté quand sa mère la forçait à faire des choses de filles; pourtant, cette dernière année, elle s'était trouvée une petite passion pour la broderie et la couture, les chiffons comme disait si bien son père. Elle avait passé des heures et des heures à coudre et recoudre et découdre durant sa grossesse, par ennui et par dépit, pour éviter de travailler sur ses cours par correspondance; puis, après sa libération, l'activité dédaignée était devenue une sorte d'obsession. Obsession du calcul, de l'ordre, de la géométrie, du temps: Astoria se surprenait parfois à compter sous sa respiration alors que l'aiguille allait et venait dessus dessous dessus dessous le tissu. Elle avait commencé à dessiner, aussi, avait commencé à imaginer et à créer. Le passe-temps devenu obsession s'était transformé en passion; maintenant, elle allait au travail le sourire aux lèvres, avec un rien d'impatience aussi. Aller à Londres tous les matins pour travailler la sécurisait dans une routine agréable, où elle faisait ce qui lui plaisit tout en échappant à l'emprise de son père sur sa vie.
Et puis, elle croisait du beau monde. Et ça lui faisait du bien, parfois, de parler avec des étrangers ou des visages connus; de parler de tout et de rien, surtout de rien d'ailleurs, parce que rien ne semble jamais sérieux dans telle boutique. On y vient pour s'habiller richement ou pour réparer quelque fringue vieillot; ça finit toujours en papotages insipides et en conversations mornes. Parfait, donc. Astoria réservait le côté le plus social de sa personnalité pour le creux de la nuit.

À Twillfitt and Tattings, ceci dit, ça ne se bousculait pas vraiment au portillon. C'était un peu plus haut-de-gamme (d'après les mots de sa supérieure, qui se pensait obligée de tout dire en français quand ça parlait de la mode) que Madam Malkin's, un peu plus onéreux, un peu moins fréquenté par la basse. Astoria travaillait tant dans l'atelier qu'à l'accueil; et si elle n'aimait rien tant que de s'occuper des tissus, faire sa modéliste et interprêter les dessins de mode d'autrui, elle détestait absolument l'air étouffant de la boutique quand elle devait s'occuper de la caisse et de l'accueil des clients. C'était ennuyant, il y avait un drôle de parfum qu'Astoria avait du mal à identifier (du lilas à n'en pas douter mais avec quoi? un soupçon de citron? de l'herbe fraîchement coupée?) et il n'y avait jamais personne pour la distraire, si bien qu'elle se redressait derrière le comptoir comme un chien de chasse à chaque fois que la petite clochette accrochée à la porte teintait.
Ce qui arrivait, fatalement, moins d'une demi-douzaine de fois par jour. Et ce qui arriva, fatalement, ce matin-là.
Les têtes pensantes de Twillfitt and Tattings avaient eu raison d'engager Astoria. Elle était empressée de satisfaire autrui, avait un désir évident de se faire aimer de tous et elle connaissait du beau monde. C'était son nom, son sang, ses origines et son éducation qui lui conféraient ce précieux avantage dans le milieu de la mode: que ce soit du bout des doigts sur MSN ou au milieu d'une conversation mondaine à une soirée de l'Élite, Astoria s'arrangeait toujours pour parler de la boutique et inévitablement, de nouveaux clients s'y perdaient avec un air curieux.

Ceci étant dit, Astoria est prête à mettre sa main à couper que la personne qui vient de passer la porte aurait préféré se contenter de Madam Malkin's. Pendant un terrible instant, Astoria doit lui lancer le même regard qu'elle reçoit en même temps de sa part: une sorte de confusion mêlée d'horreur. Hestia Carrow. Le portrait craché de sa soeur, peut-être; mais Astoria a toujours eu un talent spécial pour les différencier. C'est peut-être quelque chose qui change dans l'air quand c'est Flora qui rentre dans la pièce, ou quelque chose dans le regard d'Hestia quand il croise celui d'Astoria; mais elle n'a jamais pu douter de l'une ou de l'autre jumelle, bizarrement. “ Bonjour, lance-t-elle, en français comme cela est incité par les guidelines de la boutique, et bienvenue à Twillfitt and Tattings, miss Carrow. ” Sa voix est égale, et son sourire est charmant quand elle contourne le comptoir pour s'approcher de la jeune femme, s'empêchant de la toiser, s'empêchant de la dévisager, s'empêchant de lui montrer tant sa confusion que sa mortification. Le miss Carrow lui brûle la langue, elle se rend soudainement compte qu'elle est à son service et quelque part dans sa tête, toutes les alarmes se mettent à hurler en même temps alors que des réminiscences d'un temps hâtivement oublié passé à Poudlard reviennent hanter ses pensées. Il y a un peu de regret, un peu de colère, un peu de tristesse et surtout beaucoup de malice sur ses souvenirs teintés à l'ombre d'Hestia Carrow; et ses dents se serrent, ses traits se crispent, ses mains se joignent brutalement et ses doigts s'entrelacent avec nervosité sans qu'elle ne la quitte des yeux. “ Que pouvons-nous faire pour vous aujourd'hui? ” demande-t-elle pourtant d'un ton tout à fait poli et charmant, une actrice magique jusqu'au bout des ongles.

• • •

I had forgotten that it is impossible to lose someone, since all humans are alone. Another place in the universe we’re together in infinite time, remember that.


Dernière édition par Astoria Greengrass le Ven 30 Sep 2016 - 18:17, édité 2 fois
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HESTORIA ; 21 avril 2003 → ❝ it will stop your breath, how cruel i can be ❞
Your guilt will be your past and that will be your God.

Certaines histoires laissent des traces.
Certaines histoires s’écrivent à fleur de peau.
Comme les Marques de Draco et d’Aramis, témoignages de loyauté familiale. Ou les marques violacées qui alourdissent le regard hagard de sa mère, ou encore le fil blanc qui, au milieu de sa paume, trace le passage du cristal d’un vase éclaté par les monstres nocturnes. Comme la peau trop rose, restée à jamais trop foncée à la place de la porcelaine blanche qui aurait dû la couvrir sur le flanc, des côtes jusqu’à la pointe de la hanche.

Hestia se souvient encore parfaitement de la rivalité faussée, des coups bas, des blagues acides et des mots amers. Elle se rappelle des sourires de la princesse Astoria, charmante et charmeuse vipère qui lui aliénait jusqu’aux élèves de Serdaigle, jusqu’à ses propres camarades. Et le brûlant de la potion trafiquée sur sa peau, la morsure du métal explosé dans sa chair. Plus que tout, Hestia grince encore les dents à la simple pensée, non pas de la douleur qui l’a clouée dans un lit pendant des jours, mais de l’affront laissé impuni, de la princesse Astoria enfuie loin de ses foudres. Carrow a fait virer Greengrass, ont-ils murmuré avec crainte pour cette influence paternelle qu’ils imaginaient tous dans les coulisses. Et, parce qu’Hestia ne dit jamais rien sans une idée derrière la tête, personne ne s’est douté qu’en réalité, la Carrow n’a jamais eu le temps de lui faire payer ce souvenir trop marquant, ce dernier mot qu’elle n’a jamais pu contester.

Cette défaite par défaut.

Et si l’amertume ne l’empêche ni de dormir, ni de vivre ; elle demeure une de ces gènes qui resurgissent inopinément, à la façon de ces vieilles blessures qui se rappellent à votre bon souvenir les jours de pluie. Il pleut, justement, ce jour où Hestia doit se rendre à Twillfitt and Tattings, boutique où elle se fournit, principalement parce que la couturière qui s’occupe généralement de ses tenues se contente de faire son travail sans lui parler, sans lui poser des questions sans intérêt sur la couleur de sa tenue ou la longueur du jupon.

Ce jour-là, il pleut et Hestia se demande si ça n’était pas un signe quand Astoria est celle qui tient le comptoir. L’incrédulité transparaît un instant, dérange le visage de la Carrow (Morgane, ne travaille-t-elle pas chez Malkin aux dernières nouvelles ?). Puis l’écho poussiéreux des horreurs passées résonne un instant à ses oreilles, rapidement étouffé, détrôné pour la rationalité chérie d’Hestia. « Bonjour » Et pas un mouvement, pas un son chez la médicomage. Comme par le passé, le regard mordoré fixe Astoria sans ciller, comme ceux des corvidés qu’on lui associe si facilement. De son expression jusqu’à ses gestes, tout est fait pour ne pas reconnaître l’identité de la fille, la dépouiller de son statut de princesse, de petite chérie. Mais, déjà, les rouages se mettent en branle et loin de l’indifférence affichée, ils cherchent les failles où s’engouffrer, quand sa némésis continue de ses accents commerciaux : « Et bienvenue à Twillfitt and Tattings, miss Carrow. » Sous le masque, la satisfaction gratte aux coins de la bouche quand Hestia remarque la posture légèrement crispée d’Astoria, la nervosité que trahissent subtilement les mains entrelacées. « Que pouvons-nous faire pour vous aujourd'hui ?[/b] »

Certaines histoires laissent des traces.
Certaines histoires s’écrivent à fleur de peau.

« Bonjour » lâche enfin Hestia, après une longue minute, en réajustant la lanière du sac sur son épaule. Sur sa langue, les mots sont lents, ils traînent dans l’air ambiant de cette même façon qu’a son cousin de parler – pourtant, ils ont ce soyeux tout féminin, cette douceur amère de vipère. « Je viens pour les essayages de ma robe. » Il y a un ennui perceptible dans sa voix, et jusque dans le regard qu’elle laisse traîner dans la boutique. Comme si tout ceci ne la concernait pas. Comme si tout ici n’était qu’une perte de temps. « Je viens pour les derniers essayages de ma robe. » De quelques pas tranquilles, elle s’approche, se place face à Astoria. Et si la fille Greengrass la domine de dix bons centimètres, aucune d’elles n’ignore à quel point le rapport de force est inversé. Malgré le passé houleux, malgré les règles élémentaires de la physique, c’est Hestia qui la toise d’un regard trop tranquille, semblant peser le pour et le contre de cette situation aussi inattendue que déplaisante. « Tu feras l’affaire. » Décrète-t-elle, soudainement, sans laisser le temps à la brune de proposer quoi que ce soit. Et, dans ses mots et ses gestes, Hestia reproduit un écho des hauteurs qu’Astoria prenait avec elle autrefois. Tu n’es pas fameuse mais tu suffiras.

Certaines histoires laissent des traces.
Certaines histoires s’écrivent à fleur de peau.

Pour autant, ça ne signifie pas qu’on ne peut plus en changer la fin.
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‹ âge : vingt-trois (03/07)
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‹ réputation : je suis une petite bitch écervelée qui ne mérite pas la miséricorde avec laquelle on la traite.
‹ particularité : soigneuse, capable de guérir (presque) tous les maux.
‹ faits : j'ai été enlevée par ma propre soeur et utilisée comme otage par les insurgés pendant quatre ans Je suis aussi la mère du petit Scorpius Malfoy. J'ai été en procès parce que j'ai été Adhérente pendant la Guerre, mais j'ai été innocentée ou du moins, condamnée à plusieurs mois de TIG notamment à Saint-Mangouste.
‹ résidence : dans un petit appartement du Chemin de Traverse avec ma mère et ma soeur, loué par les soins de ma tante.
‹ patronus : impossible pour moi à invoquer
‹ épouvantard : Frank Hudson, un ancien leader Belliqueux désormais mort, tenant la main de Daphne et m'observant d'un air cruel.
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Elle n'a pas changé est le premier constat qui s'impose à elle, alors qu'elle ne peut s'empêcher de la dévisager, d'avaler chacun des détails de son visage. Avec un rien de mauvaise foi, Astoria peut imaginer Carrow mignonne, si ce n'est belle (elle a le visage trop lunaire, les traits trop durs, le regard trop dérangeant); mais surtout, Astoria peut la voir indibutablement similaire à celle qu'elle a vu pour la dernière fois à Poudlard. Après la solitude forcée de sa grossesse et l'enlèvement cruel par les Insurgés, c'est littéralement la dernière personne à qui elle a pensé en revenant dans les belles soirées de l'Élite; et pourtant, elles ont de l'unfinished business, une affaire en cours qui ne trouvera de fin que dans la cruauté de l'une et la défaite de l'autre. Astoria aimerait s'excuser, aussitôt, s'empresser de faire table rase du passé: elle n'est plus la même qu'avant, promis juré, elle a grandi, mûri, changé, s'est améliorée et- - « Bonjour » lâche Carrow, d'un ton froid et incisif si bien que, malgré elle, Astoria fronce les sourcils le temps d'un clignement de yeux.
Très bien. Elle essaie d'étouffer sa fierté mal placée pour ne pas la rembarrer aussitôt mais c'est dur; si bien qu'elle doit se forcer à déglutir en dodelinant de la tête d'un air courtois, son sourire un rien crispé sur sa lippe alors qu'elle que ses doigts entrelacés se serrent, se mettent à vibrer en blêmissant. « Je viens pour les essayages de ma robe. » Astoria est à deux doigts de s'empresser d'agir comme avec n'importe quel client: à l'avalancher d'informations pour le mettre à l'aise, à parler jusqu'à ne plus sentir sa langue, à revenir derrière le comptoir pour consulter registres et commandes; mais quelque chose la bloque, alors que le regard mordoré de Carrow se promène calmement dans la petite boutique avant de se vriller sur elle. « Je viens pour les derniers essayages de ma robe. » Elle s'avance comme un prédateur, la boutique devenant le théâtre de la cruauté de deux enfants et Astoria sent une sueur froide dévaler le long de son dos. Pourtant, elle sait qu'elle n'a rien à craindre. Elle sait qu'elle est dans son bon droit, non, mieux, qu'elle est en son fief: c'est Carrow qui s'y introduit, princesse de pacotille, juchée sur ses talons et avec son regard plein de souffre dardé sur elle. C'est Carrow qui est en tort. Oui. Cette pensée a de la force: Astoria s'y accroche désespérément. Carrow a tort. Toutefois, ici et maintenant, Carrow a tort mais demeure la cliente, alors Astoria ne dit rien, même au moment où elle ouvre la bouche pour l'inviter à prendre contact avec la vendeuse qui s'est occupée d'elle la dernière fois — vous comprenez, miss Carrow, ce sera plus simple et plus rapide, elle sera plus à même de vous aider, franchement, je crois que c'est- - « Tu feras l’affaire. »

Astoria ne se souvient pas exactement de la raison pour laquelle elle la détestait à l'époque. Elle ne se souvient pas exactement comment tout cela a commencé; elle ne sait pas exactement pourquoi tout cela s'est terminé ainsi. Tout ce qu'elle sait, c'est qu'en cet instant précis, Astoria est bien capable de penser à un petit milliard de choses qui l'agacent dans les manières de Carrow, et un petit milliard de choses qu'elle pourrait lui faire endurer avant de la tuer de ses propres mains. Ou à l'aide d'un second chaudron explosif, pour finir ce qu'avait timidement entrepris le premier.

Mais à la place, elle sourit, dodeline toujours de la tête, comme une poupée bien huilée. “ Des essayages, parfait. Permettez-moi de consulter nos dossiers, miss Carrow, ” laisse-t-elle échapper dans un mince filet de parole, la voix bien détendue et bien trop calme qui fait comme un pied de nez au véritable ouragan de tension, brin de jalousie et trop-plein de colère qui s'agite en son sein. Ses mains passent à la surface du comptoir, récupèrent un classeur dont elle tourne frénétiquement les pages — A- Abbott, non, B- Bagshot, non, B- Barbary, non plus, C- Carrow, voilà, Hestia. Robe de tous les jours, discrètement ornementée, boutons frappés d'un corbeau, style austère et sombre; bref, une horreur en prévision mais ce sont les spécificités de la cliente et le client est roi, ici comme ailleurs. “ Puis-je vous inviter à passer dans la première cabine? ” dit Astoria en notant le numéro de référence sur un morceau de parchemin, qui se plie obligeamment en forme d'avion en papier pour aller chercher, dans la réserve, l'habit en question. En même temps, sans rencontrer le regard de la jeune femme, elle s'empare d'une petite clef sur le comptoir et le contourne pour se diriger vers la porte d'une des trois pièces mitoyennes à l'antre principale de la boutique; elle l'ouvre avec un petit coup de poignet et invite Hestia Carrow dans la sorte d'antichambre.
Y trône en souverain un imposant miroir en tryptique, faisant face à une petite estrade en bois. Il y a, dans un coin, une table entourée de deux chaises, sur laquelle est posée une théière chauffante et deux sets de tasses en porcelaine; tout est d'un goût certain, des tentures aux couleurs ocres jusqu'au mobilier discret boisé, taillé à l'ode d'un roi depuis longtemps oublié. Avec une certaine amertume, Astoria songe que Carrow est bien la dernière personne à qui on voudrait assister aux essayages; et si d'habitude elle remballe hâtivement d'un coup de baguette les chaises lors que le client se présente seul, cette fois, elle les laisse prendre la poussière dans un coin de la pièce comme un douloureux rappel qu'il n'y a aucun ami pour accompagner Carrow aujourd'hui (la vengance est peut-être maladroite et enfantine, mais elle fait son effet car elle hisse sur les lèvres d'Astoria un semblant de sourire sincère tandis qu'elle se retourne vers la cliente, aimable et courtoise comme toujours): “ votre robe arrive, nous procéderons aux dernières retouches dans un instant. Puis-je vous demander de vous défaire de vos vêtements? fait-elle en désignant le pudique paravent du coin de la pièce. Et puis elle reprend, professionnelle à s'en arracher la langue: avez-vous pensé à quelque chose de plus depuis votre dernière visite? Pour l'habit, je veux dire. Mademoiselle Carrow, ” rajoute-t-elle après une hésitation, masquant son petit sourire insolent en détournant le visage alors que Carrow disparait derrière le paravent.

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Dernière édition par Astoria Greengrass le Ven 30 Sep 2016 - 18:19, édité 1 fois
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HESTORIA ; 21 avril 2003 → ❝ it will stop your breath, how cruel i can be ❞
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« Des essayages, parfait. Permettez-moi de consulter nos dossiers, miss Carrow. » Dans la plus parfaite des immobilités, Hestia attend un instant, peut-être deux, juste assez longtemps pour laisser planer la possibilité de refuser à Astoria d'aller vérifier les dossiers, de faire correctement son travail autant que celle-ci a empêché la Carrow d'avoir une scolarité tranquille. Puis finalement, la tête se penche avec lenteur, comme si Hestia lui concédait une faveur immense et immérité. « Bien, puisqu'il le faut. » Puisque tu as besoin de ça. La mode et les falbalas sont sans doute le domaine de Greengrass, mais Hestia est celle qui tient la cloche, ici - cliente privilégiée par un nom prestigieux et la présence de cette bourse qui pèse de tout son or dans la poche de sa cape. Hestia est désormais celle qui a le pouvoir de choisir à laquelle de ses tyrannies elle cèdera. « Puis-je vous inviter à passer dans la première cabine ? » Un moment, Hestia observe l'avion plié s'éclipser et le compare défavorablement aux corbeaux de papier, origamis enchantés, qu'elle-même utilise comme messagers. Puis, à nouveau, le regard se plante dans le dos d'Astoria comme on plante un couteau, traîtreusement, froidement. Puis elle suit son ancienne camarade dans un silence parfait, le soulier trop léger pour résonner contre le bois du parquet. « Votre robe arrive, nous procéderons aux dernières retouches dans un instant. Puis-je vous demander de vous défaire de vos vêtements ? » Hochement de la tête, mais Hestia ne bouge pas, laissant la brunette continuer : « Avez-vous pensé à quelque chose de plus depuis votre dernière visite? » Le regard qu'elle lui envoie est malsain, sombre malgré l'iris mordoré. C'est ce regard qui en a effrayé et dérangé tellement, ce regard d'enfant creepy. Il raconte toutes les vengeances qu'Hestia pourrait abattre sur la Greengrass, en paiement des traitements passés. Il suggère tout le contentement qu'elle tirerait, l'enfant terrible, à la simple idée de se venger. « Pour l'habit, je veux dire. Mademoiselle Carrow. » Du coin de l’œil, elle note qu'Astoria n'a pas retiré les chaises, contrairement à la couturière habituelle. Vaguement, elle se dit que la princesse de rien veut lui faire passer un message sur cette solitude dont tous la pensent parée alors qu'elle a sa Flora et alors que c'est stupide parce que Flora (sa Flora à elle qu'on lui vole) sera toujours .

Toujours.
(tu es certaine ?)

« C'est ton travail, je me trompe ? » Puisque tu es payée pour ça, rends-toi utile. La question, insultante, est glissée sans avertissement, l'interrogation laisse échapper un peu d'irritation - non pas contre Astoria mais contre la pensée qu'effectivement, sa vie pourrait ressembler à cette salle vide sans Flora. Et peut-être un peu contre la Greengrass qui lui offre sans le savoir (et par un coup du hasard insolent) un funeste présage qu'elle ne pressent elle-même que trop. Sans doute que la raison de son manque de pudeur se trouve entre ça et le vilain plaisir de se venger car, sans hâte, les doigts blancs et fins remontent jusqu'au col blanc et étroit de sa robe, détachant les boutons et défaisant les fermoirs qui maintiennent le riche tissu. « Penser à ces choses-là. » Précise-t-elle et sa neutralité n'égale que le mépris qu'elle a pour ces courants, ces caprices mondains - ce mal nécessaire à l'inutilité parfaite. D'un geste simple, la toile noire est tirée et le rideau se lève sur le passé gravé à même la peau par ailleurs dépourvue de marques. Indécente, sa seule cicatrice s'étale sur le flanc en chairs trop roses, pas vraiment lisses, pas tellement polies. Même la folie de Maât n'a pas su laisser une trace si marquante sur le corps d'Hestia. Personne n'a jamais su la rendre si différente de sa Flora. Sauf Astoria, sauf cette petite idiote. L'affront aurait peut-être été moins grand (moins grave) s'il était venu d'un sorcier capable, plutôt que d'un stupide coup du hasard (encore et toujours cette fichue chance que la Greengrass se traîne et qui lui permet de s'en sortir malgré un manque criant de capacités).

Ses pieds quittent silencieusement les chaussures, austères et plates qu'elle porte toujours, et en deux pas tranquilles, elle est sur l'estrade. La cicatrice est exposée sur les glaces du tryptique et le regard, curieux et cruel, s'accroche aux traits d'Astoria pour en détailler tous les effondrements et les éboulements. « Ta collègue m'a demandé une fois ce que c'était - elle montre d'un geste lent la cicatrice bien visible sous la lumière du chandelier : puis-je espérer plus d'éducation de ta part ? » Mesquine, sa question n'en est pas vraiment une. Hestia sait bien qu'Astoria, même sans avoir jamais vu la trace qu'elle a laissée, la connait. Ou, du moins, la reconnaîtra comme son oeuvre. « Je n'ai pas vraiment besoin de t'expliquer ce que c'est, n'est-ce pas ? »

C'est ta bêtise.
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Elle déteste son indolence, son mépris, son ton laconique, son regard dangereux. Astoria sent ses yeux manger sa peau comme de l'acide, se glisser sur l'épiderme et s'insérer sous la surface, la bouffer de l'intérieur. Mieux que tout le monde, les filles Carrow parviennent à la faire se sentir comme une moins que rien. Parce qu'elles ne musellent jamais leur dégoût et leur mépris pour elle, parce qu'Astoria n'arrive pas à se défaire de leur opinion. On lui a toujours dit que ne comptait aucune opinion, de personne: que certains allaient la haïr mais que, surtout, certains allaient l'aimer. Alors pourquoi se focaliser sur le négatif? Son père s'est toujours débarrassé des critiques avec des haussements d'épaule indifférents; sa mère les a toujours laissé glissé sur sa peau sans jamais y réfléchir; Daphne s'est depuis longtemps construit une carapace, une armure impossible à percer. Mais Astoria? C'est plus fort qu'elle, comme un chien bien traité, elle revient toujours au maître qui brandit le bâton. Elle revient toujours à Nyssandra qui ne lui a jamais caché sa piètre opinion d'elle, elle revient toujours vers son fiancé Aramis qui a toujours montré ouvertement son mépris, vers Pansy et son dédain insupportable, vers Draco qui préférerait n'importe qui qu'elle comme mère de son enfant, et toujours vers les Carrow et la sombre haine qui brûlent parfois dans leurs yeux. Astoria ne peut pas s'en empêcher; c'est un animal social et puis, toute publicité est bonne, non?

Oui voilà, toute publicité est bonne. Mieux vaut se focaliser sur ça pour l'instant même si, quelque part, dans le fond de son esprit, Astoria se met à compter et les nombres qui s'égrènent dans ses pensées se font de plus en plus bruyants, et de moins en moins apaisants.
Elle est reconnaissante d'avoir quelques minutes à elle, le temps qu'Hestia se déshabille, pour reprendre ses esprits. Ravaler l'amertume, son goût âcre qui a infesté sa bouche, ravaler le reste, oublier, oublier. Sauf que... Hestia ne bouge pas. Pendant un moment, Astoria est presque prête à ironiser pour lui demander si elle a bien entendu ou si elle a simplement compris; mais quand elle voit la main d'Hestia se lever avec une lenteur implacable, elle comprend simplement que Carrow l'expose à un nouveau jeu de ses amusements étranges. « C'est ton travail, je me trompe ? » Le ton est agressif, Astoria doit pincer des lèvres pour ne rien répondre. Elle observe les longs doigts fins et pâles d'Hestia s'activer autour des fermoirs, des attaches, les yeux suivant la peau exposée avant de revenir, mal à l'aise, dans ceux d'Hestia. « Penser à ces choses-là. Certains de nos clients ont des idées entre deux visites, répond Astoria, un peu agacée par le ton employé par Hestia. Ou juste un peu d'imagination. Mademoiselle Carrow. ” Le ton est respectueux, la critique lâchée avec suffisamment d'indifférence pour paraître innocente. Elle a rassemblé ses mains devant elle, droite et toujours professionnelle, ses yeux toujours fièrement plantés dans les siens... jusqu'à ce que la robe échoue sur le sol dans un bruissement discret.

« Ta collègue m'a demandé une fois ce que c'était, puis-je espérer plus d'éducation de ta part ? » Astoria ne sait pas quoi dire, quoi faire, où se mettre, quoi penser alors elle ne dit rien. Elle sent le regard d'Hestia peser sur son visage, sent ses yeux scanner ses traits et elle essaie, elle essaie vraiment de garder sa face sous contrôle, son expression neutre et professionnelle: elle devrait évaluer le corps d'Hestia, chercher une amélioration pour le vêtement, dire quelque chose, la complimenter, peut-être? Mais rien ne vient, parce qu'elle ne voit que cette affreuse cicatrice.
Dont elle est la cause. « Je n'ai pas vraiment besoin de t'expliquer ce que c'est, n'est-ce pas ? »
Astoria a l'impression que le sol s'écroule sous ses pieds. C'est de sa faute, cette cicatrice disgrâcieuse. Si elle l'a gardée, ça veut sans doute dire qu'il n'y avait rien à faire pour l'effacer, comme pour la plupart des blessures sorcières. Le chaudron... comment, comment a-t-elle pu se tromper à ce point? C'était sensée être une blague très simple, amusante, juste ridiculisante. Pas lui laisser... ça sur le corps. Cette cicatrice, vestige d'une brûlure, la peau trop rose sur l'albâtre du reste du corps... Astoria a l'impression qu'elle va vomir.

Elle est sauvée par le gong: on frappe à la porte et elle se détourne aussitôt, les yeux un instant plutôt comme attachés à la vision terrifiante de la marque de son erreur. La porte s'ouvre: c'est une autre employée, qui amène l'habit essayé aujourd'hui; sans un mot, Astoria prend la relève d'un sortilège et le suspend magiquement à côté d'elle pour commencer à en défaire, là aussi, les attaches pour ensuite le passer autour de la frêle silhouette de Carrow. Elle lui tourne ostensiblement le dos, essayant de faire un sort rapide et efficace aux multiples boutons et fermoirs discrets mais indispensables. Ses doigts tremblent.
Quand elle parvient enfin à ouvrir la robe et qu'elle se retourne, les yeux d'Hestia sont toujours posés sur elle. “ Je peux vous demander de tendre les bras? ” demande-t-elle d'une petite voix, avant de la draper dans la robe, s'affairant ensuite à la refermer sur la silhouette osseuse et frêle de la fille Carrow. Quand elles sont nez à nez alors qu'Astoria ferme la fermeture qui monte jusqu'à la gorge, enfin, elle plante son oeil dans le sien. Au moins, cette hideuse cicatrice est couverte maintenant. “ J'étais jeune et stupide et je suis désolée, dit-elle sincèrement. C'est de ma faute, n'est-ce pas? Le chaudron. J'aurais aimé que ça se passe différemment. J'aurais aimé... être une personne différente à l'époque mais malheureusement, je ne peux rien faire pour rattraper ce que j'ai fait. ” Mais elle sait que les excuses, même si elles sont honnêtes, sont inutiles. Raven et Astoria sont similaires: elles n'oublient jamais une offense. Elle descend de l'estrade, attrape le carnet que l'autre employée a laissé avec la robe. Elle baisse les yeux pour lire, et ne plus avoir à souffrir le regard pesant d'Hestia. “ C'est un peu serré aux niveaux des épaules, hanches et de la poitrine, lit-elle à voix haute. Est-ce que vous pouvez vérifier que c'est toujours le cas, mademoiselle Carrow? dit-elle en reprenant sa voix morne d'employée. Sans trop forcer, pour ne pas faire craquer les liens, s'il vous plaît.

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HESTORIA ; 21 avril 2003 → ❝ it will stop your breath, how cruel i can be ❞
Your guilt will be your past and that will be your God.

« Certains de nos clients ont des idées entre deux visites. Ou juste un peu d'imagination. Mademoiselle Carrow. » Un moment, elle se demande si la remarque d'Astoria est innocente - puis elle se souvient que c'est d'Asstoria dont on parle, de cette fille qui ne sourit, ni ne dit mot sans avoir une pensée derrière la tête. Hestia se souvient de toutes les fois où elle s'est dit que c'était bon, Astoria allait enfin la laisser tranquille et où elle s'était trompée parce que ce genre de serpents, c'est glouton, ça n'en a jamais assez (et la défense la plus efficace, c'est de leur couper la tête, de les écraser définitivement).

Debout sur la petite estrade, Hestia est aux premières loges pour le spectacle - littéralement. De là, elle peut admirer tout le contrôle, toute l'emprise qu'Astoria exerce sur son visage et ses expressions ; c'est merveilleux, vraiment, de se dire qu'elle met à mal le masque parfait de la princesse, qu'un coup de plus pourrait tout faire s'effondrer en vulgaire château de cartes, enfin, et qu'Astoria se retrouverait mise à nue, laide, affreuse autant qu'elle est jolie et élégante. Scorpius était très intéressé quand il l'a vue, il pense que c'est un dragon qui l'a fait, veut-elle ajouter, suggérer, connaissant la relation épineuse entre la génitrice et sa progéniture. Mais une autre assistance frappe à la porte, brise l'instant merveilleux où, enfin, enfin, Hestia allait prendre sa revanche ; et il n'en faut pas plus à Astoria pour s'échapper - pour lui échapper. Le regard qu'elle lance à la nouvelle venue via le miroir est éloquent, il ne cache rien de son agacement, de son mécontentement même.

C'est l'instinct clairvoyant qui voit plus que les yeux n'aperçoivent les doigts trembler, les sorts hâtés et peu efficaces - mais c'est suffisant, c'est même hautement satisfaisant, et elle sourit, lâchant comme un reniflement amusé. Puis pas un mot, pas un autre bruit n'émane plus d'Hestia qui est, a toujours été parfaitement à l'aise dans ces silences de plomb. Les iris plantés dans le dos d'Astoria, elle en admire toute la raideur - se demande si le bouh d'un enfant suffirait à la faire tomber, morte, abattue d'une crise cardiaque tant elle semble délicieusement nerveuse, mal à l'aise, retenue ici par son éducation parfaite et cette volonté (ce devoir) de paraître. « Je peux vous demander de tendre les bras? » La tête esquisse un geste sur le côté, comme une sorte d'acquiescement. Puis Hestia lève les bras, les maintenant en hauteur autant pour aider Astoria que pour lui donner une meilleure vue sur la cicatrice, alors que celle-ci s'affaire autour d'elle, l'habille de la nouvelle tenue. « J'étais jeune et stupide et je suis désolée. C'est de ma faute, n'est-ce pas? Le chaudron. » Bien sûr. Qui d'autre ? Hestia ne sait pas qui, exactement, a jeté l'agent instable dans son chaudron - mais elle sait parfaitement qu'il n'y a qu'Astoria pour être l'instigatrice de cette mauvaise blague. « J'aurais aimé que ça se passe différemment. J'aurais aimé... être une personne différente à l'époque mais malheureusement, je ne peux rien faire pour rattraper ce que j'ai fait. » Doucement, elle bouge - Hestia teste les ajustements de la robe, comme Astoria le demande. Plusieurs minutes s'écoulent, donnent l'impression qu'elle n'a pas entendu, ou écouté, les mots désolés de la princesse. Elle ne fixe même plus la jeune femme, s'offrant le luxe de l'ignorer, de voir à travers elle jusqu'à ce qu'elle lui désigne le dos et les épaules, devenus trop lâches, d'un geste. « Qu'aurais-tu aimé faire différemment au juste ? » demande-t-elle, la fixant à nouveau mais à travers le miroir, cette fois. Sa main trace un geste négligeant dans l'air, refusant à Astoria de réitérer ses excuses : « Tu aurais préféré être une personne un peu moins lâche et m'affronter directement ? Ou tu aurais préféré être une personne un peu plus efficace, de celles qui seraient parvenues à se débarrasser réellement de moi ? » Parce que même si Hestia était faite d'un matériau propice au pardon, elle ne croit pas qu'Astoria soit sincère, elle ne croit pas en cette fausse rédemption que la Greengrass veut s'offrir. Hestia croit à la force de la peur parce qu'elle n'est plus seulement une enfant creepy et elle n'est plus sans pouvoir et sans influence. Elle fait partie de la Main Noire, elle est une Carrow, elle est crainte et cette crainte n'autorise plus qu'on la martyrise, elle impose le respect. Hestia croit qu'Astoria veut recommencer ses manigances, ses coups dans le dos mais que cette fois, elle joue dans une cour d'adultes, sur un plateau d'échecs où on doit compter avec la Main Noire. « Je ne crois pas que tu soies réellement désolée, énonce-t-elle, piétinant les excuses d'Astoria avec un haussement d'épaules froid : Je pense que même si tu l'étais, des excuses ne sont pas suffisantes. Même si je te défigurais, ça ne suffirait pas. » Parce que cette cicatrice rompt la parfaite ressemblance qu'elle a avec Flora - elle n'est pas uniquement un affront à Hestia : elle défigure Raven et sa symétrie. « Je te conseille de revoir tes excuses quand tu les présenteras à Flora. Je doute qu'elle avale celles-ci. »
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WIZARD • always the first casuality
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‹ âge : vingt-trois (03/07)
‹ occupation : volontaire à Saint-Mangouste (TIG) et créatrice de mode, co-fondatrice de la marque OXOX, premier et populaire prêt-à-porter sorcier.
‹ maison : serpentard
‹ scolarité : 1992 à avril 98.
‹ baguette : est neuve et capricieuse. Elle mesure vingt-trois centimètres virgule six, est faite de bois d'érable et continent un crin de licorne.
‹ gallions (ʛ) : 1666
‹ réputation : je suis une petite bitch écervelée qui ne mérite pas la miséricorde avec laquelle on la traite.
‹ particularité : soigneuse, capable de guérir (presque) tous les maux.
‹ faits : j'ai été enlevée par ma propre soeur et utilisée comme otage par les insurgés pendant quatre ans Je suis aussi la mère du petit Scorpius Malfoy. J'ai été en procès parce que j'ai été Adhérente pendant la Guerre, mais j'ai été innocentée ou du moins, condamnée à plusieurs mois de TIG notamment à Saint-Mangouste.
‹ résidence : dans un petit appartement du Chemin de Traverse avec ma mère et ma soeur, loué par les soins de ma tante.
‹ patronus : impossible pour moi à invoquer
‹ épouvantard : Frank Hudson, un ancien leader Belliqueux désormais mort, tenant la main de Daphne et m'observant d'un air cruel.
‹ risèd : Scorpius, heureux et épanoui.
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« Qu'aurais-tu aimé faire différemment au juste ? »

Tout.

Astoria a l'impression que si elle avait été meilleure, plus sage, plus courageuse, moins stupide, tout aurait pu être différent. Si elle avait été... meilleure. Elle n'aurait jamais été kidnappée, n'aurait jamais abandonné Scorpius, ne serait jamais tombée enceinte. Elle aurait appliqué les règles édictées par Père, aurait accepté toute la pression déposée sur ses épaules à la place de les repousser avec une peur quasi-phobique. Certaines fois, Astoria a l'impression qu'elle va se noyer dans ses regrets, dans les et si, les milliers de possibilités qui se sont offertes à elle, les milliers de choix qu'elle a fait incorrectement. Elle aimerait retourner pas à pas dans le passé pour tout changer, tout faire différemment, et pas juste les cruautés gratuites de l'école. Elle a un certain recul, maintenant. Elle aimerait changer, vraiment changer, tout ce qui la compose: la superficialité, la faiblesse et le reste.

Mais elle ne peut pas. Ce n'est pas qui elle est. Et puis sa vie est confortable, parfaite; de quoi se plaint-elle alors? Elle est vraiment injuste et stupide de penser à tout ce qu'elle aurait pu faire alors qu'elle sait qu'elle en est incapable. Incapable. « Tu aurais préféré être une personne un peu moins lâche et m'affronter directement ? Ou tu aurais préféré être une personne un peu plus efficace, de celles qui seraient parvenues à se débarrasser réellement de moi ? » Hestia, ce n'est peut-être pas son pire regret, clairement pas (la palme revient à Draco et Scorpius, bien entendu), et la question la laisse plus silencieuse et mortifiée qu'elle ne l'est déjà, rendant un regard presque terrifié à Carrow parce que, plutôt simplement, Astoria ignore la réponse. Elle n'arrive pas à se dire que ça aurait été pire de se débarrasser d'elle, parce que ça lui épargnerait bien des problèmes et maux de tête en cet instant précis, aussi puéril que cela puisse paraître.

Elle ouvre la bouche comme pour répondre mais les mots se résorbent et s'effacent. Elle ne sait pas quoi dire; elle lui a plutôt littéralement fermé le clapet. « Je ne crois pas que tu soies réellement désolée. » Là non plus, elle ne sait que dire. Elle est désolée de ce qui lui est arrivé. Vraiment. Elle est désolée parce que maintenant, elle est bien dans l'embarras, confrontée à sa stupidité, son erreur, sa jeunesse. Elle regrette ça — regrette-elle réellement le dur et cruel traitement qu'elle lui a infligé? Astoria a peur de la réponse. « Je pense que même si tu l'étais, des excuses ne sont pas suffisantes. Même si je te défigurais, ça ne suffirait pas. » Astoria frissonne à ça. Elle ne serait pas étonnée que Carrow essaie — mais maintenant, la suite fait encore plus peur. Oeil pour oeil, dent pour dent; ça, Astoria peut comprendre. Mais...? que veut-elle réellement? « Je te conseille de revoir tes excuses quand tu les présenteras à Flora. Je doute qu'elle avale celles-ci. »

Elles sont toujours face-à-face; Astoria a relevé les doigts pour aplatir un pli malmené par les essayages d'Hestia mais suspend son geste à la mention de la soeur jumelle. “ Flora. ” Son ton est presque définitif; elle lâche le prénom comme une question, avec de la curiosité mais aussi de la peur, une terreur latente. Elle a toujours redouté Hestia et sa vengeance; elle a toujours été terrifiée par Flora. Si elle était superstitieuse, Astoria pourrait penser qu'elles ont été maudites dans une autre vie. Elle est à deux doigts de demander pourquoi elle devrait présenter ses excuses à Flora, mais se mord la lèvre avant tout, ravalant la réplique surprise et méprisante pour laisser place à une expression presque... vulnérable. Pas fragile, pas exactement, mais presque. “ Si tu veux que je m'excuse auprès d'elle, je le ferai. ” Pas d'hésitation ou de tremblement dans sa voix; juste une prudence, quelque part. Elle se doute que ça ne sera pas suffisant, parce que rien ne l'est jamais; mais c'est un début, non? “ Je ne suis pas désolée de t'avoir faite du mal, je suis désolée que ça ait des conséquences sur ma vie maintenant. ” La vérité sort de ses lèvres sans qu'elle ne la morde jusqu'au silence cette fois. Elle est un peu cruelle, et certainement déplacée, mais elle sort parce que c'est ce que Raven veut, non? la vérité qui fait mal, qui ne passe pas par quatre chemins. Celle qui terrifie Astoria, qui n'a pas envie de se confronter à cette horrible personne qu'elle a été. “ Qu'est-ce que tu veux, Hestia? ” Parce que là repose la question, et la solution — du moins, Astoria l'espère.

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