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sujet; (January 25th, 2003) let me forget (OS)

WIZARD • always the first casuality
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‹ inscription : 07/06/2015
‹ messages : 1824
‹ crédits : mathy.
‹ dialogues : #e95353.


‹ âge : trente-quatre
‹ occupation : guérisseuse au service d'infection par virus et microbe magique et co-présidente de l'association "Rosier's Disease Research Trust".
‹ maison : Serdaigle
‹ scolarité : 1980 et 1987.
‹ baguette : est en bois de charme, contient une plume de phénix et mesure 26,4 centimètres.
‹ gallions (ʛ) : 2987
‹ réputation : je suis fragile et que j'ai été manipulée par mon compagnon.
‹ particularité : occlumens.
‹ faits : je suis de sang pur, que je fais partie de la famille Grimaldi, que je suis d'origine italienne, que j'adhère aux idées insurgées mais que je me suis résolue à ne jamais les rejoindre pour le bien être de ma fille, que je suis une ancienne guérisseuse et que je sais donc comment soigner les gens de diverses pathologies, que je me défends en duel, que j'adore lire, que j'apprécie les jolies choses.
‹ résidence : dans un petit studio sur le chemin de traverse que le gouvernement a bien voulu me donner pour mon implication de guérisseuse durant la guerre. La demeure des Grimaldi à Herpo Creek ainsi que mon appartement à la Bran Tower avaient été saisis. Je dispose toujours d'une résidence secondaire et tertiaire à Brighton (maison d'été) et à Florence (terres italiennes).
‹ patronus : un lapin, patronus de Thomas
‹ épouvantard : un entassement de corps, celui de mes enfants et des êtres qui me sont chers.
‹ risèd : ma famille heureuse et recomposée.
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The PAST cannot be
changed, forgotten, edited or erased ;
it can only be accepted.

Ses doigts glissaient lentement sur le papier glacé, figeant dans son esprit les relents d’un amour disparu. Les ombres qui dansaient sur son visage exprimaient parfaitement son état d’esprit actuel – ce mélange indistinct entre la joie et la tristesse, l’ambition et la mélancolie, la colère et l’incompréhension. Doucement, délicatement, la paume de sa main se déposa sur son ventre et un sentiment profond de culpabilité l’envahit. Assise sur ce canapé, ce vieil album photo sur les genoux, dans cette résidence d’été sur les côtes de Brighton, dans cette ville qui lui rappelait tant de souvenirs, elle se sentait soudainement si seule, si vide … Elle avait pourtant choisi la solitude, pour réfléchir, pour digérer l’information, pour prendre la bonne décision … Mais jusqu’alors, cette retraite ne lui était pas venue en aide. Seules les larmes avaient été réelles, s’appauvrissant peu à peu avec le temps mais laissant derrière elle des traces indélébiles de la souffrance. A chaque fois qu’elle y repensait, la scène semblait prendre des airs de théâtre comique, et la vérité devenait peu à peu assez incertaine. Rêvait-elle ? Pouvait-elle seulement espérer que ce diagnostic soit une erreur ? Posant l’album sur le canapé, elle resserra ses genoux contre sa poitrine et fermant les yeux, elle tenta de chercher dans sa mémoire l’aberration qui lui prouverait qu’elle s’était trompée.

XXX

(January 20th, 2003) « Bonjour mademoiselle Grimaldi ! Veuillez entrer. » Simple examen de routine. Un moyen de vérifier que les séquelles internes du maléfice s’étaient résorbées. Une façon de rassurer ses craintes face aux douleurs qui lui torturaient les entrailles et la rendaient nauséeuses ces derniers jours. « Comment vous sentez-vous ? » Devait-elle parler de cette angoisse qu’elle ressentait à chaque fois qu’elle mettait un pied à Ste Mangouste ? Devait-elle évoquer les insomnies et les cauchemars qu’elle faisait la nuit ? Rien de tout cela n’était pertinent et les mots trouvèrent donc simplement place dans la conversation. « Bien. » Mensonge. Si elle se sentait bien, elle n’aurait pas été là aujourd’hui à demander le conseil d’un tiers. Si elle se sentait bien, elle ne sentirait pas une boule dans son ventre et un poids sur sa poitrine. « Je vois que vous venez pour des douleurs à l’abdomen ? » Un acquiescement timide ponctua ce questionnement et déjà la guérisseuse – trop jeune pour être titulaire – se levait. « Puis-je vous inviter à vous allonger sur le lit d’examen ? Je vais vous examiner. » Un nouveau hochement de tête et elle s’installa. La jeune interne était douce, calme, rassurante, et cela réussit à apaiser la nervosité qui bouleversait Anna depuis son arrivée en ces murs blancs et stériles. « Vous semblez nerveuse. Il ne faut pas, ça ne fera pas mal. » Un sourire étira ses lèvres. Elle s’allongea et releva son pull pour qu’on puisse l’examiner. « D’après votre dossier, vous avez subi un maléfice corrosif en septembre dernier … Voyons voir si le problème peut venir de là. » Une poudre fine fut déposée sur son ventre et d’un coup de baguette, ces particules s’animèrent en une image tridimensionnelle de son abdomen. L’ancienne guérisseuse qui sommeillait en elle se laissa gagner par la curiosité et se redressa donc pour observer la représentation holographique de ses entrailles. « En effet, je peux voir encore quelques cicatrices … Hum … Et là, une légère inflammation. » Elle observa la zone que la guérisseuse lui indiquait, mais son regard fut captivé par autre chose. « Je vais vous donner des calmants. » Etait-ce possible ? « Je … Attendez. Est-ce que … je … C’est … ce que je pense ? » Elle pointait son index sur un petit renflement sur l’image. Les quatre yeux se fixèrent sur l’objet des préoccupations et le « o » qui se dessina sur la bouche de la guérisseuse répondit à sa question. Anna se laissa retomber dans le lit d’examen. « Nous allons devoir oublier les calmants. Je ne peux pas vous donner quelque chose de fort … » La jeune soignante semblait gênée et ne savait pas vraiment si elle devait être joyeuse ou insensible à cette découverte. Anna put lire sur son visage le doute et l’incompréhension. Ne voulant pas l’inquiéter plus, elle balaya la poudre qui restait sur son ventre et se redressa, un sourire crispé aux lèvres. « Merci. » Que dire d’autre ? Ses doigts attrapèrent machinalement la prescription qui lui était tendue, et elle quitta la salle de consultation dans un état de choc apparent. « Bonne fin de journée ? » Pouvait-elle encore l’être, après cette nouvelle ?

La nuit était tombée lorsqu’elle fut de retour à son appartement. Le silence de mort qui y régnait était étouffant. Se dirigeant machinalement vers sa chambre, son corps tout entier lâcha subitement prise et elle dut se retenir au mur pour glisser au sol. Ses paumes moites se plaquèrent sur son ventre et déjà, elle voyait sa vie et l’équilibre qu’elle tentait de rebâtir s’effondrer autour d’elle. Repliant ses jambes contre elle et déposant son menton sur ses genoux, ses bras étreignirent ses membres inférieurs, intimant en elle une douce protection. L’histoire semblait vouloir se répéter, encore et encore, comme si une fois n’était pas suffisante … Ce problème – en était-ce vraiment un ? – s’ajoutait à l’amoncellement de difficultés qu’elle tentait encore de surmonter. Le moment était vraiment mal choisi pour qu’une telle chose lui tombe dessus. Abandonner Chiara était la décision la plus dure qu’elle n’ait jamais eu à prendre. Sa petite fille, son petit rayon de soleil, son remède, le dernier souvenir qu’il lui restait de Thomas … Il vivait encore à travers elle. Eloigner ces réminiscences du passé rendait la douleur de l’absence encore plus vive ; forcée d’admettre que Thomas ne reviendrait jamais, que Chiara n’était qu’une part de lui, une infime partie de ce qu’il a été. Elle avait peur, peur de les remplacer, d’oublier leur existence ; parce qu’à présent, elle portait en elle l’enfant d’un autre. La réalité la frappa en pleine face et les sanglots commencèrent à obstruer ses voies respiratoires. Sa respiration s’accélérait, son cœur s’emballait, elle suffoquait sous le poids de la vérité. Chiara avait été sa vague d’espoir, son traitement contre le deuil. Elle avait fui pendant trop longtemps et avait mis des œillères, parfaitement sûre que la naissance de sa petite fille l’avait soignée de ses profondes afflictions. Son existence aurait pu se contenter de cet état de semi-bonheur, si elle n’avait pas été rattrapée par son amour pour Simon. A présent, l’avenir était écrit et le prénom de Thomas ne pourrait plus en faire partie. Il ne pouvait plus exister que dans les mémoires et sur les photos, elle le comprenait à présent. Une page devait être tournée, aussi effrayant que pouvait être le futur, il était temps pour elle d’avancer. Chiara serait toujours là, elle l’attendrait ; mais Thomas ne reviendrait jamais et elle devait l’accepter. Sans l’acceptation, sa vie ne serait plus qu’une scène obscure dans laquelle elle avancerait à l’aveugle sans jamais en profiter. En admettant qu’elle avait un problème, son existence pouvait enfin prendre un nouveau tournant.

XXX

Elle referma l’album d’un coup sec et s’allongea en position fœtale. Ses pensées se tournèrent vers la seule inconnue de l’équation : Simon. Il avait eu droit à un amour censuré, à une Anna mélancolique qui trainait derrière elle un passé trop lourd à porter. Il avait été le témoin et la victime de ce mal-être permanent, de cette morosité et de cette tristesse constantes. Jamais de reproches, jamais une remarque, il était ignorant, ou compréhensif. Anna le détestait pour ça, elle lui en voulait de ne pas se battre pour la réveiller, de ne pas chercher à obtenir plus d’elle … Il voulait peut-être lui laisser du temps et de l’espace … Ou avait-il peur de la brusquer et de lui faire du mal ? Elle voulait tout lui reprocher, mais au fond elle savait qu’elle ne lui reprochait qu’une chose : d’avoir créé en elle ce petit être vivant. Elle aimait ses enfants, elle aimait donner la vie, elle aimait être mère. Mais elle n’était pas prête à l’être à nouveau, pas prête à donner à cet enfant la place encore chaude de Chiara, pas prête à mettre au monde un bébé qui pourrait être utilisé à tout moment comme moyen de pression. Encore une fois, quelque chose l’empêcherait d’agir, l’obligerait à se ranger soigneusement dans la neutralité, l’inciterait à abandonner sa quête insurrectionnelle. Devait-elle le garder ? Etait-ce le choix à faire ? Le doute s’immisça en elle, au milieu de la peine qui lui déchirait les entrailles. Son cerveau refusa cependant de tergiverser sur ce sujet, et ses pleurs étant totalement taries, il ne lui restait que la douleur. Le petit lapin en peluche qu’elle avait posé à côté d’elle tomba sur le tapis et son regard fixa le petit objet inanimé. D’une main tremblante, elle l’attrapa et le posa contre sa face pour tenter d’y retrouver l’odeur mêlée de Thomas et Andrea. Cette masse de tissu et de mousse semblait être tellement rien, mais pourtant, il représentait tout. Toute la rancœur qu’elle éprouverait en avortant, alors que la douleur qu’elle avait ressentie après la mort d’Andrea l’avait complètement bouleversée. Toute la peine qu’elle ressentait à chaque fois qu’elle pensait à Thomas, parce qu’elle n’avait pas accepté sa mort. Toute la douceur qu’une naissance pouvait lui apporter. Son inconscient le savait, elle avait besoin de ce bébé, elle avait besoin de quelqu’un pour lui prouver qu’elle était encore vivante. Elle avait le sentiment d’être prête, que les idées devenaient claires, qu’elle allait prendre la bonne décision. Parlait-on d’un deuil ou d’une renaissance ? Elle ne le savait pas, mais elle le saura … Il lui fallait encore un peu de temps, rien que quelques heures … Et elle rentrerait. Et elle affronterait.

• • •


    i'm always gonna love you
    How would you feel, if I told you I loved you? It’s just something that I want to do. I’ll be taking my time, spending my life, falling deeper in love with you. So tell me that you love me too
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(January 25th, 2003) let me forget (OS)

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