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sujet; harevra + just friends
MessageSujet: harevra + just friends   Mar 15 Mar 2016 - 1:31

HERO • we saved the world
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‹ inscription : 08/03/2016
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‹ crédits : av: heresy. ; gifs: veronicsalodge, holdingaheart.
‹ dialogues : sienna.


‹ liens utiles : draco malfoy w/ lucky blue smith ; ginevra weasley w/ holland roden ; alicia spinnet w/ zoe kravitz ; calixe Davis w/ jennie kim ; ardal ollivander w/ matthew daddario ; indiana alderton w/ nicola peltz ; heath ravka w/ im jaebum ; even li w/ jeon jungkook.
‹ âge : 22 ans (onze août).
‹ occupation : mère à temps plein.
‹ maison : gryffondor.
‹ scolarité : 1992 et 1999.
‹ baguette : uc.
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Just 'friends'
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« Avec ou sans toi, mais de préférence avec toi. Tu me manques, idiot. » Elle a les mains crispées sur ses phalanges blêmies par un tumulte éreintant de rage et de peur, et elle compte entre ses claquements de mâchoire – discrets mais frénétiques. 1, 2, 3 battements de cœur. Son pouce glisse sur les veines saillantes et le bulbe de son index cherche un pouls à l’orée du poignet qui orne ce poing aussi fermé que les traits de Potter. 4, 5, 6 inspirations inquiètes. Elle attend que passe la tempête, que s’adoucisse ce regard devenu étranger. 7, 8, 9 murmures étranglés. Parle-moi Harry, qu’elle quémande du bout des lèvres, soufflant les mots si bas qu’ils sont à peine formulés. Mais le vent les porte jusqu’à lui ou peut-être les déchiffre-t-il directement à la source. Elle n’en sait rien et il ne lui offre pas de réponse audible mais il y a ses gestes – ses bras qui la ramènent à sa chaleur et qui l’écrasent contre son torse, sa paume pressée contre le bas de son dos, l’autre enroulée autour de son avant-bras, avec trop de force. Le nez plongé au creux de sa clavicule, Ginny se braque, par instinct, par panique, oublie un instant comment respirer, et puis ferme les yeux. Le 10 se heurte à ses paupières closes, le monde s’évanouit derrière un rideau noir sur lequel danse des points lumineux insaisissables, l’épiphanie la prend par surprise : il n’y a pas de danger.

Qu’importe combien le temps les a changés, c’est Harry. (Ça a toujours été Harry).
—————— ⚛ ——————

(15.03.03) Courbée en deux, mains sur les genoux, dos agité à un rythme irrégulier par ses inspirations haletantes, Ginny s’arrête, enfin. Comme à chaque fin d’entrainement, elle s’est épuisée à la course – sans trop se presser, plus soucieuse d’endurer que de se précipiter, elle a tourné à l’intérieur du périmètre de sécurité jusqu’à en avoir des points lancinants sous les côtes, le souffle court, le front tapissé de sueur et les jambes tremblantes. Elle a couru jusqu’à se vider l’esprit des pensées négatives qui tendant à vouloir surgir aux moments les plus inopportuns, jusqu’à évacuer les relents toxiques des cauchemars qui lui saturent l’âme et le sang comme un poison, jusqu’à être freinée par les vertiges qui floutent encore sa vision. Le retour est toujours une étrange forme d’agonie : quelques mètres à faire parcourir à un corps vacillant, mais une satisfaction terriblement intense. Ce n’est pas une sensation désagréable, en vérité. Elle se sent plutôt incroyablement vivante, consciente de muscles dont elle n’aurait pas soupçonné l’existence en temps normal et qui maintenant s’activent, s’exercent, se renforcent pour la rendre meilleure. Elle est vivante, de la pointe des orteils aux mèches rousses magiquement rallongées qu’elle a enroulées en un chignon décoiffé. Elle est vivante et en contrôle de chaque sensation, qu’elle soit plaisir ou peine, et cette seule certitude déverse en elle une indescriptible satisfaction.

Les élèves sont en effervescence. Sous les directives d’Elijah Buckley et d’Augusta Longbottom, la zone d’entrainement temporaire est pliée, rangée en quelques minutes à peine. Tour à tour, chacun active son portoloin pour rentrer au camp et une fois son tour arrivé, Ginny disparaît.

A destination, le silence est total, comme le requiert la planque à ciel ouvert qu'est le toit de madame Guipure. Elijah compte silencieusement les sorciers de retour, s’assure de n’en avoir perdu aucun, et sur de simples hochements de têtes le groupuscule se disperse. Ginny se traine jusqu’à sa tente, incroyablement soulagée d’en retrouver le confort relatif, mais un mouvement furtif l’interrompt brièvement. « T’auras la tente pour toi seule ce soir. Tous partis en mission. » « June ? » qu'elle demande à son interlocuteur. Tête qui bascule brièvement de droite à gauche avant de s’éclipser derrière le tissu faisant office de porte. Sa compagne rousse n’est donc pas au camp ce soir ; ce n’est pas rare, elle est restée indépendante après sa libération, prise par une course contre la montre visant à localiser Andromeda et Teddy. Ginny se mordille la lippe, nerveusement, en se glissant dans l’intimité de sa tente.

Seule. Le mot la fait frissonner, palpitant à la dérive. L’adrénaline de la soirée s’évapore pour laisser une place aigue à la conscience du vent qui siffle autour de la structure amovible, de tout l’espace déserté qui s’étire autour d’elle, surtout. C’est une tente magique basique : étriquée en apparence, mais savamment agrandie à l’intérieur pour accueillir plusieurs personnes – quatre en l’occurrence. Petite cuisine où préparer les rations de nourriture du camp lorsque vient leur tour de s’en charger, lits simples superposés, décor spartiate fixé et maintenu en état en deux coups de baguette. Seule. Combien a-t-elle rêvé, espéré ce mot il y a à peine moins d’un an, lorsqu’elle n’aspirait qu’à échapper aux regards insistants et autres questions incessantes ? A l’heure actuelle, il lui hérisse l’échine de ses accents inquiétants. Elle s’est habituée à la cohabitation parfois difficile, étouffante, mais inévitable ; au partage d’espace qui s’est fait réconfortant au fil du temps. Elle s’y est si bien accoutumée, même, qu’au moment de glisser sous le drap après s’être préparée pour la nuit, elle a une boule d’angoisse qui lui obstrue l’estomac et les doigts agrippés au rebord du drap.

Grat grat.

Ginny se fige. Vif d’or pris entre les doigts d’un attrapeur.

Grrrrat grat. Elle se redresse brusquement. Rideau de cheveux roux cascadent de l’oreiller dur à ses épaules. Ses bras se referment autour d’elle-même, enserrent le t-shirt qui lui fait office de pyjama – une vieillerie d’un autre âge que lui a légué Harry après son retour, en guise de solution de dépannage, puisqu’elle n’avait absolument plus rien. Grat grat. Elle voudrait se terrer sous le drap mais son bon vieux tempérament s’interpose et la propulse sur ses jambes flageolantes. Quelque chose râpe contre le tissu de la tente. Menace ou appel ? Elle écarte trop brutalement la pseudo porte sous le coup du stress, consciente d’être désarmée et vulnérable mais les poings dressés en arme-bouclier. Tandis qu’un vent froid s’engouffre et s’enroule autant de ses cuisses exposées, ses yeux s’écarquillent en quête de la source du bruit… seulement pour être confrontés au vide.

Froissement de tissu dans l’espace. Sans prévenir, le décor laisse apparaître une tignasse brune flottant dans le néant et Ginny comprend, baisse sa garde, s’écarte pour libérer le passage. La toile retombe à sa place, l’isole avec le compagnon invisible qu’elle cherche en tâtant l’air, l’éclat d’un rire muet se reflétant dans ses iris chocolat. « Gotcha. » Pas besoin de murmurer à l’intérieur : au contraire du reste du toit, les tentes sont remarquablement insonorisées afin de limiter autant que possible les risques d’être repérés par les badauds. Pourtant, comme par crainte de briser l’aspect secret qu’induit cette intrusion discrète, Ginny élève à peine la voix lorsque la cape d’invisibilité coule fluidement entre ses phalanges, révélant d’abord une tête, puis des épaules, et enfin le corps tout entier de Harry. « Harry ou Celui-Qui-Se-Faufilait-La-Nuit-Dans-Les-Chambres-Des-Filles », chantonne-t-elle, les commissures étirées par l’ombre d’un sourire (en évitant prudemment le Potter frappé d’un tabou). « La désertion de mes compagnons de chambrée était préméditée, c’est ça ? » Elle taquine – mais il n’y a pas de trace de flirt dans le son de sa voix (après tout, ils ont déjà eu LA discussion, celle qui commence par il faut qu’on parle et qui se conclut par restons amis ; just friends, c'est leur mantra désormais). Seulement de la lassitude et une gorge nouée de soulagement. Il n’a pas la tête d’un type qui préméditait quoi que ce soit, cela dit. Plutôt la mine de déterré de celui qui rentre lui-même d’un périple (Ginny sert les poings, brièvement, et se racle les paumes de ses ongles courts sous l’effet d’une vague de frustration, avant de se forcer à se détendre pour qu’il ne remarque pas). D’une pression légère, elle le pousse vers le lit pour qu’il s’y assoie, avant de se détourner pour rejoindre le coin cuisine, toute idée de sommeil oublié. De toute façon, elle était plutôt partie pour une insomnie. « Casse-croûte et thé noir, ça t’dit ? » Il y a de quoi faire quelques sandwichs ; déjà, elle retourne deux tasses, use d’un Aguamenti pour les remplir, puis d’un Aestus maintenu plusieurs secondes pour les faire bouillir. « J’pensais que vous ne reviendriez que demain soir. » Elle lui lance un coup d’œil étonné par-dessus son épaule, une question derrière la remarque ; le changement de plan l’étonne mais pour le coup, elle ne s’en plaindra sûrement pas. Quoique. Ses gestes se suspendent alors qu’une inquiétude irrationnelle enfle au creux de sa cage thoracique. « Y’a pas eu de problème, au moins ? » qu’elle demande en pivotant sur ses talons pour lui faire face, le scruter de ses yeux paniqués. « Ron et Hermione vont bien ? » Elle fronce les sourcils, méfiante. « Et toi ? Dis-moi que tu ne caches pas une sale blessure. »

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Dernière édition par Ginny Weasley le Mer 13 Avr 2016 - 21:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: harevra + just friends   Lun 4 Avr 2016 - 1:20

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‹ âge : vingt-trois (31/07/80)
‹ occupation : décédé depuis le 24/08/03.
‹ maison : Gryffondor
‹ scolarité : 1991 et 1997.
‹ baguette : en bois d'aubépine, mesure 30 cm et a en son cœur un crin de licorne (anciennement à Draco Malfoy) ; je suis également le maître de la baguette de Sureau.
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‹ réputation : je suis un dude très cool maintenant que j'ai tué Voldemort (rip).
‹ particularité : Fourchelang.
‹ faits : j'ai beaucoup changé, je suis devenu froid et maîtrisé, prudent et confiant ; les foutues répercussions de la guerre qui m'ont fracassé la gueule. Parmi les Insurgés, je suis Specs, anciennement parmi l'un des leaders des Audacieux. Membre du conseil de la RDP – les seuls étant au courant que je suis en vie. J'ai passé un marché avec Drow : 80 années de ma vie en échange d'un talisman prévu pour détruire l'horcruxe en moi.
‹ résidence : au 12 Grimmauld Place (Sirius m'a désigné comme étant son héritier pour reprendre la demeure familiale des Black).
‹ patronus : un cerf
‹ épouvantard : un détraqueur (la peur elle-même).
‹ risèd : mes parents, une femme et des enfants - une famille complète.
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Les fragrances se mélangent. Le teint crayeux jure avec l’anthracite aux astres faiblards. Les cheveux en pétard, l’air hagard, il traîne ses brodequins usés dans un coin isolé du toit. Tourne le dos aux autres. Au monde. Se lance un sort de silence, malgré la cape d’invisibilité traînant sur ses épaules. Il fixe les ruelles grisées, tombées dans le sombre, tombées dans le sommeil. Pas même un chat errant. Seuls quelques insurgés, dissimulés, çà et là, en guise de surveillance de leur camp. Et le silence. Ce silence étouffant et apaisant à la fois – la contradiction le fait rire jaune. De sa main libre, il la glisse à l’intérieur de sa veste et en sort une potion : son médicament fabriqué par les potionnistes auto-proclamés de leur camp. C’est pour soigner son ulcère, qu’on lui a dit. Il y a quelques mois, déjà. Ça traîne, parce qu’il ne fait pas attention, parce qu’il se fiche de sa santé. Le goût âcre de la potion l’écœure mais il la vide d’un trait. Satisfait de la sensation de brûlure dans son œsophage. Cette même sensation que la cigarette lui procure. Mais pas ce soir. Il a assez sclérosé ses poumons. Assez gangrené son estomac. Assez pourri son cerveau. Son visage pâlit encore plus, à mesure que la potion fait effet. Effets secondaires, qu’on lui a dit. Il n’a pas bien compris, il n’a pas bien écouté non plus. Il range la fiole et ses mains remontent jusque dans ses cheveux, qu’il tire, les ongles râpant sa boîte crânienne. Il s’est tellement rongé les ongles qu’il n’en a presque plus. Mais il sent... il sent tout, il a envie de prolonger la sensation douloureuse sur sa chair, il a envie de se débarrasser de ces émotions trop nébuleuses. Ils ont encore échoué. Revenant tout juste d’une mission supposée les aider pour le dernier Horcruxe – mais ils ont encore échoué. Il remonte son regard hargneux vers le ciel. Il a envie de crier des insultes. Il a envie de tout balancer à la gueule de l’infiniment-haut. Parce qu’il n’en peut plus de s’enliser dans l’infiniment-bas. Mais rien ne sort, les mots se sont égarés entre sclérose et gangrène, quelque part dans son crâne. Parfois, il a seulement envie de rejoindre ses parents. Peu importe où ils sont, peu importe ce qu’ils font. Se rendre à Voldemort, sacrifier son existence et oublier tout. L’oubli lui semble être une bonne alternative, se rappeler des émotions, des morts, des pertes, ça le bouffe. Il a envie de rejoindre ses parents. L’idée ne traverse son esprit que quelques secondes, principalement causée par les délires de la potion qu’il prend pour son ulcère.

Et ça s’évapore. Se perd dans sa caboche. Jusqu’à ce qu’il s’en rappelle et oublie de nouveau. C’est un cercle vicieux, il en a la certitude. Ses bras retombent, laissent les scories s’ouvrir sur son crâne malmené. Maltraité, de l’intérieur comme de l’extérieur. Harry a perdu le répit, quelque part entre la détermination et le dégoût de la guerre. Impitoyable envers sa personne, envers ce destin de rance. Les minutes passent, il ne les compte plus. Ses orbes austères ne se détournent pas des rues. Il regarde sans voir, attendant que les effets se dissipent. Attendant que le sommeil le frappe et le plonge dans un état semi-tranquille. Il n’est jamais serein. Pas même lorsqu’il dort. Vulnérable, le cerveau ouvert au Mage Noir – le sommeil est synonyme d’horreur. Les cernes se marquent, rendent sa peau pâle un aspect cadavérique. Ça ira mieux demain, se dit-il. Amer, peu convaincu par ses propres mots. Demain c’est loin. Ça fait des années qu’il se répète inlassablement ces mêmes phrases. Dans l’espoir fou, qu’un jour, son vœu s’exauce. Mais ce n’est jamais le cas. Ce n’est jamais les fous qu’on mène à la victoire. Les minutes s’égrènent, encore. Son squelette retrouve un peu plus d’énergie, se sépare des effets négatifs. Il tourne la tête, son regard se fixe sur la tente de Ginny. Ses sourcils se froncent, il se passe une main sur le visage, frottant, frottant, frottant, dans l’espoir d’éradiquer ces pensées qui manquent cruellement de mansuétude ces derniers temps. C’est le fouillis, tout se mélange, tout s’emmêle, il a le cœur qui se réveille et le cerveau qui pleure. Son regard nébuleux mire de nouveau la tente. Et ses rotules reprennent vie, glissent, tournent, avancent vers la tente. Machinalement, son corps trouve un moyen d’indiquer sa présence à Ginny – June, il ne sait plus sur qui il tombera. Il ne sait pas s’il tombera sur quelqu’un. Il espère que ça sera Ginny. Ginny.

La porte s’ouvre brusquement. Il cligne des yeux, une fois, deux fois, quand il se rend compte que pour une fois, on lui a exaucé son vœu. C’est Ginny. Ça a toujours été Ginny. Il ne se rend pas compte que la cape d’invisibilité glisse légèrement de sa tête, révélant sa touffe ébouriffée. Ginny s’écarte et il glisse dans sa tente, soudain soulagé qu’elle ne lui demande pas pourquoi il s’est pointé devant sa tente. Peut-être que c’est une erreur. C’est fort probable que ça soit une erreur. Mais il ne va pas très bien – il ne va jamais très bien. Il avait juste envie de la voir. De savoir si elle, elle va bien. Pour oublier ensemble qu’on est tristes dans l’infiniment-bas. La cape le découvre entièrement maintenant, lui, planté dans sa tente, un peu hors-cadre, un peu hors de tout. « Harry ou Celui-Qui-Se-Faufilait-La-Nuit-Dans-Les-Chambres-Des-Filles. » Il ricane, légèrement. Soulagé, de nouveau, qu’elle ne lui montre pas froideur et austérité. Il l’a mérité, il le sait. C’est seulement inconscient. Ce sentiment de vouloir qu’elle lui montre autre chose que l’horreur du monde. « La désertion de mes compagnons de chambrée était préméditée, c’est ça ? » La question le sort de sa léthargie, il ballade les yeux fatigués dans la pièce et n’y trouve pas de colocataire. Peut-être qu’il est fautif, oui, lui qui avait fait le vœu de voir, égoïstement, Ginny, seulement Ginny. Il hausse les épaules, même si elle n’attend pas de véritable réponse de sa part. Il n’est pas très bavard, Harry. Ginny le pousse vers son lit et il la suit par automatisme, s’asseyant, les mains jointes sur ses genoux. « Casse-croûte et thé noir, ça t’dit ? » « Ouep. » Ignorant s’il pourra avaler quoi que ce soit mais la dernière fois qu’il a mangé quelque chose, c’était hier soir. Hermione l’engueulerait, si elle savait. Fleur viendrait le gaver, en baragouinant qu’il a encore perdu du poids, qu’il nage dans ses vêtements – un peu comme Molly. Avant. Il baisse les yeux, l’écoutant préparer leur casse-dalle de nuit. « J’pensais que vous ne reviendriez que demain soir. » C’est ce qui était prévu. Jusqu’à ce que la mission soit écourtée, à cause de quelques problèmes. Rien de grave. Du moins, il n’y a pas eu de mort. Pour une fois. Pas de nouveau Horcruxe non plus. Cette saloperie qui prolonge la guerre, encore et encore, gangrénant même les innocents. « Y’a pas eu de problème, au moins ? » Il fait une grimace, incapable de lui mentir, incapable de dire la vérité non plus. Surtout lorsqu’elle est tout près de lui, yeux dans les yeux, à peine quelques centimètres l’un de l’autre. « Ron et Hermione vont bien ? » Il acquiesce avec assurance, les sourcils légèrement froncés ; il ne laissera jamais rien arriver à Ron et Hermione. Pour sa propre personne, il n’a peut-être pas autant de considération mais pour les autres – pour ces proches, qu’il protège, de loin, comme de près. « Et toi ? Dis-moi que tu ne caches pas une sale blessure. » Il ricane de nouveau, enlevant la veste pour soulever son tee-shirt. Une cicatrice toute fraîche sur le flanc gauche, soignée et bandée par Hermione. « Ils vont bien, répète-t-il en recouvrant son corps de nouveau. Il y avait juste des protections supplémentaires dans la caverne et on a dû reporter l'exploration. Rien de grave. » Ses doigts attrapent la main de Ginny, son pouce traçant des cercles sur le dessus de sa main. « T’as fait quoi de ta journée ? » Et il relâche sa main, comme brûlé par son toucher, conscient que ce genre de gestes est interdit, maintenant. Il ne leur reste plus que le chagrin trempé dans l’amertume. Il ne leur reste plus les souvenirs désuets sur une toile albescente.

• • •

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MessageSujet: Re: harevra + just friends   Mer 13 Avr 2016 - 22:40

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La culpabilité est inscrite partout dans son regard. Son regard, c’est tout ce qui parle aujourd’hui, perles d’émeraude dans un écrin de cils sombres posé à même des traits figés en une mimique dure. C’est devenu naturel pour lui, d’être sérieux, chef de camp, de porter la misère d’autrui sur ses épaules et de laisser s’estomper ses rires aussi rapidement qu’ils surviennent. Mais il lui semble retrouver brièvement l’éclat familier du garçon qui toujours se rend coupable de ce que vivent ou ressentent ses proches, juste avant qu’un soulagement tranquille ne gomme le tout, parce qu’elle ne manifeste pas l’hostilité qu’il s’attendait peut-être à subir de sa part. Il a toujours eu un côté martyr, Harry ; une tendance à penser qu’il mérite les reproches qu’on lui adresse à propos de faits sur lesquels il n’a pas forcément de contrôle. Mais l’idée de lui en vouloir ne lui vient même pas, à Gin’. Parce qu’ils se sont quittés d’un commun accord, pas l’un plus d’accord que l’autre ; elle se serait battue si elle en avait la force, mais il y a les relents d’un passé trop proche qui la freinent. Elle se sent encore sale et amoindrie, tellement minable parfois, et elle est trop fière pour s’engager dans une relation en étant encore si ébranlée à l’intérieur, malgré les barrières qu’elle dresse pour prétendre qu’elle maîtrise.

Elle ne maîtrise rien Ginny, au fond. Elle donne le change et ça la ronge, elle s’effrite encore quand ses démons l’agrippent à la gorge et lui rappellent d’où elle vient, ce qu’on lui a fait, ce qu’elle a laissé les autres faire. Alors non, elle lui en veut pas, à lui. Les sentiments, ça se nourrit, ça s’entretient ; mais ils ont grandi, changé, tous les deux, et ils ont besoin de recul, c’est un fait. Alors elle fait comme si de rien n’était, pour qu’il laisse ses tracas vis-à-vis d’elle à l'entrée de la tente et se contente d’accepter ce face à face comme elle le fait : une parenthèse dans un quotidien bouleversant, une éclaircie pour repousser leurs ténèbres, un moment de complicité pour se réapprendre, pour une fois qu’ils en ont le temps.

Quelques coups de baguette et c’est déjà à moitié plié. En ce moment elle fait tout à la baguette, jusqu’à la plus minime des tâches, pour rendre leur familiarité aux gestes simples et aux sorts du quotidien. Elle n’a rien contre les moldus, vraiment – mais après des mois à agir comme eux, elle se sent comme amputée et réduite à l’état de moitié de femme, et elle ne veut plus revivre ça, elle ne sait pas comment ils le supportent au quotidien. Sans doute qu’on ne peut regretter quelque chose qu’on n’a jamais connu. L’inquiétude se trace pourtant rapidement un sillon jusqu’à son cœur, la faisant suspendre tout geste alors qu’elle s’enquiert de l’état des autres. C’est ça la guerre – se coucher le soir sans savoir si on verra le jour nouveau, se ronger les sangs en se demandant qui sera le prochain à tomber. En priant pour que ça cesse, en se raccrochant à l’espoir et à des idéaux semblant de plus en plus insensés, même quand rien ne semble aller dans le bon sens. L’espace d’une seconde, son monde se comprime dans une seule et même interrogation, une seule et même angoisse, un battement de cœur paniqué et la peur d’entendre les mots qui seront prononcés. Et le tout se dissipe lorsque Harry hoche la tête, simplement, pour lui signifier que tout va bien. Elle a les genoux qui tremblent un peu mais lui adresse un sourire bravache et se retourne rapidement, battant des paupières pour chasser des larmes naissantes accrochés à ses cils, et qui la laissent perplexe – c’est qu’elle se pensait presque immunisée, Ginny, comme les héros des romans qui affirment avoir épuisé leurs réserves. Elle le pensait parce que là-bas, au temps de sa captivité, elle s’était cloîtrée dans une bulle, ankylosée et engourdie, attendant que le mal passe ou qu’un miracle l’en arrache. Depuis qu’elle est sorti pourtant, tout revient de plein fouet ; hyper émotivité qui l’horripile, elle qui n’a jamais aimé porter sa fragilité en étendard.  

Maîtrise retrouvée et sandwichs achevés, elle revient vers son compagnon d’infortune en faisant léviter le plateau supportant le tout, le pose entre eux tandis qu’elle s’assoit face à Harry en demandant avec méfiance dans quel état il est. Le haut qu’il porte révèle une vilaine blessure, inquiétante mais aussi proprement soignée que possible. Ginny serre les lèvres. Retient son souffle. Le temps de réfréner l’envie d’effleurer la peau neuve pour assimiler le fait qu’il a encore frôlé la mort en mission, mais qu’il s’en tiré, presque intact, et qu’il est bien là, entier. Le temps de ravaler le sourire tendre et la phrase qui lui viennent naturellement – should I kiss it better ? Le temps d’étouffer l’envie de remplacer la sensation de la plaie par la caresse de ses lèvres. Elle cligne rapidement des yeux pour chasser l’élan pour de bon, se cache derrière son rideau de cheveux roux en prétendant se concentrer sur son choix de sandwich. « Ils vont bien. Il y avait juste des protections supplémentaires dans la caverne et on a dû reporter l'exploration. Rien de grave. » L’exploration. Ils cherchent quelque chose depuis tout ce temps et ce serait mentir que de prétendre qu’elle n’est pas rongée de curiosité autant que de peur à l’idée de ce qu’ils s’infligent en refusant de partager leur fardeau. D’autres tempêtent – si la guerre est concernée, alors leurs vies le sont aussi, et ne sont-ils pas dès lors en droit de savoir ? – mais elle a cette confiance aveugle en Harry, Ron et Hermione, et le brun est lié à l’Ennemi d’une façon qu’aucun d’eux ne peut mesurer. « C’est bien que vous soyez trois. Vous veillez les uns sur les autres, comme ça, c’est moins – » angoissant. Elle a le regard un peu lointain. Et sur la rétine le souvenir des nuits sans sommeil, à Poudlard, à se demander s’ils vont bien. Son frère, son amie presque-sœur, l’homme qu’elle aimait. Aime. Aimait. A se demander s’il l’oubliait.

Elle se frotte le front d’une paume lasse. Rupture consentie de façon mutuelle certes, mais rupture foutrement difficile à surmonter malgré tout. Ce n’est pas comme si elle a passé la moitié de sa vie à l’aimer mais… ouais. Un peu. Il pose une main sur la sienne et Ginny cligne des yeux, surprise de découvrir qu’elle s’est attelée à réduire son pain en miettes éparses. A présent ses yeux sont rivés sur ces phalanges qui dessinent sur son épiderme des arabesques instinctives, et elle se sent trop sensible sous leur toucher, et tout à coup elle n’est plus sûre, elle ne se sent pas assez forte, pas assez rationnelle. Ça la submerge comme ça, sans crier gare – elle voudrait lui hurler de reculer, de ne pas la toucher, de la laisser digérer. Bannir l’affection et la proximité pour se sevrer violemment. Elle a l’habitude de ne pas l’avoir lorsqu’il n’est pas là. Ne s’attendait pas à souffrir autant de ne pouvoir l’avoir même lorsqu’il est là. Et tout à la fois, elle voudrait…

Elle voudrait lui dire qu’elle a eu tort. Qu’elle s’est trompée. Qu’elle ne sait pas, en fait. Qu’elle ne peut pas, sans lui. Que c’est trop dur, qu’elle est trop seule sans sa chaleur, que leurs souvenirs l’ont aidée à survivre et qu’elle n’est plus à même de les évoquer maintenant qu’ils se sont intimement mêlés à une phase si sombre de son existence. Mais qu’elle en a besoin pourtant. Qu’il lui faut en construire de nouveaux, avec lui, pour affronter l’avenir. Elle voudrait se réfugier au creux de son cou et s’abreuver de son odeur, la réapprendre, malgré le harassement et la peur de mourir qu’ils exhalent tous malgré eux. Elle voudrait lui demander d’être son point d’ancrage, parce qu’elle part en dérive. Elle voudrait qu’il ne la lâche jamais, en réalité. Lui dise que tout est possible, qu’ils peuvent surmonter cette passe difficile. Tout reconstruire. A neuf. Plus solide. Indestructible. Mens-moi dans les yeux. Mens-moi dans les yeux et laisse-moi m'contenter de peu si c'est mon seul et unique vœu.

Mais elle ne peut pas. Et ça fait mal. Tellement que quelque chose éclate au creux de sa cage thoracique ou de son esprit et qu’elle craint un instant qu’il s’agisse de son cœur ou de sa sanité d’esprit. Ça fait putain de mal mais quand elle relève les yeux vers lui, elle le masque de son mieux. « T’as fait quoi de ta journée ? » Il la relâche et son palpitant part en vrilles, un peu, encore. Harry, s’il te plait, s’il te plait, aime-moi de nouveau et réapprends-moi combien vivre pour quelqu’un peut être beau. Elle se morigène, se récite son mantra et ses bonnes intentions. On ne se connait plus vraiment (…) tous les deux d’accord, trop longtemps séparés, etc, etc. Encore et encore, jusqu’à se le réapproprier. « J’ai rejoint le groupe d’élèves formé par le Professeur – tu sais, Elijah – et la grand-mère de Neville. On s’est préparé une zone d’entraînement protégée, en pleine forêt, et on y a passé la journée. » Elle lâche le sandwich dont elle n’a toujours pas avalé une gorgée, pour se saisir de sa baguette d’une main, la lever à hauteur de visage, admirant les marques inconnues gravées dans le manche. « Elle ne m’a pas choisie et je ne l’ai pas gagnée en duel, alors je dois lui prouver que je suis digne d’être sa maîtresse. Sacrément capricieuses, ces baguettes, si tu veux mon avis. » Mais il y a quelque chose dans sa voix – une affection naissante, parce qu’une affinité se tisse et que l’objet symbolise sa renaissance, sa deuxième chance. « Mais ça en vaut la peine. » Elle se penche par-dessus Harry pour poser la baguette derrière lui, sur le meuble rudimentaire qui fait office de chevet, puis se réinstalle, les jambes croisées sous elle. C’est la première fois depuis l’arrivée du brun qu’elle s’aperçoit qu’elle n’est qu’à moitié vêtue et que ce n’est pas franchement décent, mais par Merlin, elle ne va certainement pas attirer son attention sur ce fait. Il est un peu oublieux, dans son genre, et elle suppose (espère) que si elle se montre naturelle, il ne remarquera rien. « Sujet qui fâche », prévient-elle avant de repousser derrière son oreille une mèche gênante, « J’ai passé un moment avec Nev, aussi, et il m’a dit que depuis plusieurs mois, vous préparez la reprise de Poudlard. » Il n’était pas vraiment supposé le dire. Pas parce que certains ont le monopole en ce qui concerne les décisions, mais parce que ceux qui ne participent pas à une mission sont généralement tenus à l’écart des détails qui la concernent ; question de prudence : chacun en sait un peu mais rares sont ceux qui savent tout, considérant la triste réalité – n’importe lequel d’entre eux risque en permanence de tomber aux mains du camp adverse. Mais il y a aussi le fait qu’il s’agit de Poudlard. Poudlard qui, d’école et de refuge, est passé à deux doigts de devenir son tombeau. Pourtant... « Je lui ai un peu forcé la main, le pauvre, il ne voulait vraiment rien lâcher mais bon » (haussement d’épaules) « Je sais m’y prendre avec lui. Tout ça pour dire que je ferai tout pour être apte à me joindre à vous, quand vous mettrez vos plans à exécution. » Et avant qu’il n’ait l’occasion de répondre, négativement ou positivement, elle repousse le plateau et se redresse sur les genoux pour rompre la distance entre eux, récupérer ses mains et les ramener contre son giron. « Je ne serai pas irresponsable, pas à ce sujet. Si j'ai encore des lacunes trop prononcées ou si je risque de vous freiner, je ne viendrai pas. De toute façon Fred m’achèvera lui-même s’il doit encore me sauver la mise. » Le contact est toujours aussi… étrange à encaisser ; à la fois insoutenable et revivifiant et là, à la faveur de leur nuit, loin de tout et de tous, elle sent ses certitudes s’effriter dangereusement. « J’crois que je finirai par perdre la tête si je ne peux pas me rendre utile. Vraiment utile. Et ça m’empêchera aussi de trop penser à – » elle. Celle qui l’obnubile de plus en plus, telle la clé qui lui permettrait de se réconcilier avec tous les pans de son existence – les plus difficiles surtout. La gamine pour laquelle elle s’est sacrifiée, à l’époque où elle se croyait capable de tout supporter. Ça fait des semaines que ça la travaille, qu’elle se demande où elle se trouve à présent. Si lui offrir sa liberté et rester en arrière en a valu la peine. Ou si elle s’est trompée. Mais elle n’est pas certaine qu’en parler à Harry ou à quiconque soit une bonne idée ; tout le monde lui en a voulu, d’avoir laissé filer cette opportunité de s’enfuir. Même Neville l’a engueulée à ce sujet, avant de l’agripper dans une étreinte d’ours et de lui faire jurer que plus jamais, plus jamais elle n'estimerait sa vie moins importante qu’une autre. Ils sont Gryffondors pourtant. Ils ont ça dans le sang – la connerie (et le sacrifice, et toutes ces idées terribles qui font de leur vie un enfer, really, mais qui les rendent si fiers de leurs valeurs). « tu sais, aux décisions, bonnes ou mauvaises, à tout ce qui m’a menée là où j’en suis aujourd’hui », élude-t-elle, restant volontairement vague après réflexion.

Elle fronce les sourcils, soudain. « Avec tout ça t’as rien avalé », relève-t-elle en se détournant un moment pour lui récupérer l’un des sandwichs et le lui fourrer dans les mains, sans lui laisser d’échappatoire. « Tu t’es peut-être musclé mais t’es encore maigrichon, ne crois pas qu’une Weasley ne remarque pas ce genre de détails. » Il y a de la plaisanterie dans ses yeux, un sourire taquin qui n’atteint pas ses yeux, et elle attrape sa tasse de thé pour y noyer les échos des doutes qui tambourinent dans sa poitrine. Pour s’occuper les mains aussi, et rester loin de lui.

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MessageSujet: Re: harevra + just friends   Lun 16 Mai 2016 - 0:12

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‹ âge : vingt-trois (31/07/80)
‹ occupation : décédé depuis le 24/08/03.
‹ maison : Gryffondor
‹ scolarité : 1991 et 1997.
‹ baguette : en bois d'aubépine, mesure 30 cm et a en son cœur un crin de licorne (anciennement à Draco Malfoy) ; je suis également le maître de la baguette de Sureau.
‹ gallions (ʛ) : 5521
‹ réputation : je suis un dude très cool maintenant que j'ai tué Voldemort (rip).
‹ particularité : Fourchelang.
‹ faits : j'ai beaucoup changé, je suis devenu froid et maîtrisé, prudent et confiant ; les foutues répercussions de la guerre qui m'ont fracassé la gueule. Parmi les Insurgés, je suis Specs, anciennement parmi l'un des leaders des Audacieux. Membre du conseil de la RDP – les seuls étant au courant que je suis en vie. J'ai passé un marché avec Drow : 80 années de ma vie en échange d'un talisman prévu pour détruire l'horcruxe en moi.
‹ résidence : au 12 Grimmauld Place (Sirius m'a désigné comme étant son héritier pour reprendre la demeure familiale des Black).
‹ patronus : un cerf
‹ épouvantard : un détraqueur (la peur elle-même).
‹ risèd : mes parents, une femme et des enfants - une famille complète.
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Just 'friends'
Its never safe for us, its always dangerous when everybody's sleeping. I wanna touch you but that just hurts.



Harry a le mensonge facile. Gâchette de mensonges qu’il pointe sur sa propre tempe et tire :  « I’m fine. » C’est plus facile de mentir que d’ouvrir une brèche vers son âme. Il ne sait plus comment faire pour laisser les gens entrer. Il a égaré quelques qualités la première fois qu’il s’est blâmé du sort des autres. C’est plus facile d’arborer un visage impassible et d'avoir le dos droit, masquant le déluge qui a pris naissance dans sa propre tête. C’est plus facile de se blâmer soi-même que d’accepter qu’il n’est pas seul. Convaincu que ses épaules sont assez larges pour soutenir son fardeau. Convaincu que des autres, il n’attend qu’une force psychologique égale à la sienne. Il prend tout, il donne si peu ; son mental est contradictoire et parsemé d’erreurs. Il doit rester fort. Même si pour y parvenir, il doit se détacher de tout ce qui le ronge. Rejeter la souffrance et les maux du cœur, n’accepter aucune erreur. Alors qu’il les enchaîne, les erreurs. Il se laisse avoir par les émotions, lui qui se croit capable de les broyer et les jeter aux ordures. Ginny avait le don de voir à travers son armure. Avant. « I’m fine. » Il y avait plus de sens, dans cette réponse. Parce qu’il vivait pour elle, parce qu’elle était son espoir, parce qu’elle décryptait ses mots et démêlait ses maux. Avant. Maintenant, ces mots ont quelque chose de robotique et mensonger : il ne prend plus la peine de se demander s’il va bien, alors qu’en vérité, il souffre. Physiquement ou mentalement ; c’est la même rengaine. Le mécanisme du martyr est parfaitement en place, lui qui est né en guerre, lui qui a été élevé pour aller à l’abattoir, lui qui n’a pas d’avenir. Peut-être qu’il en a un. Peut-être que son avenir, c’est Ginny. Mais Harry ne peut se permettre d’envisager un quelconque futur ; il est voué à l’échec. Il n’a pas besoin de la présence de Voldemort, dans sa tête, pour savoir qu’il va crever la gueule ouverte. C’est une certitude qui a toujours été là mais qu’il a couverte de doutes. Ce soir, il a envie d’oublier et de mettre de côté le martyr qu’est devenu Harry Potter pour n’être que Harry – juste Harry. Ce soir, il fait une nouvelle erreur. Il a suivi les fantômes qui l’ont mené jusqu’à Ginny – et il n’a pas envie de compter les morceaux épars de leur relation. Il a seulement envie de voir s’ils sont capables d’entretenir autre chose. Just friends.

Il croque dans son sandwich une fois et le repose sur le plateau, presque gavé par cette unique bouchée. En enlevant ses chaussures, il s’assoit en tailleur sur le lit et garde ses mains plaquées sur ses genoux, le regard fixé sur Ginny. « C’est bien que vous soyez trois. Vous veillez les uns sur les autres, comme ça, c’est moins – » Il acquiesce, le visage tordu entre l’envie de sourire parce qu’il est sincèrement heureux de les avoir près de lui et le regret parce qu’il les a enchaînés au danger. Le temps s’étire, entre eux, le toucher de leurs mains électrise l’atmosphère pour différentes raisons. Il se rappelle de ces nuits passées dans la Salle Commune des Gryffondors, à tenter de réviser ensemble, passé le couvre-feu. Et à se réveiller le matin, lui avec les ongles peints en bleu, une Ginny coupable endormie à ses côtés. Ces mêmes matins où ils ont dû se faufiler dans leurs dortoirs avant que les autres ne se réveillent. Il se rappelle d’un après-midi à Poudlard, lui tentant de maquiller Ginny correctement, à cause d'un pari, malgré les rires qui ne cessaient de la prendre à la moindre de ses erreurs. Il se rappelle de ces moments passés avec sa petite-amie qui lui donnaient envie d’envisager quelque chose – plus tard, quand ils seront. Et puis, il se rappelle de ces moments de guerre, de cette distance impitoyable, de leur complicité presque éteinte. Il se rappelle de la guerre et des ruines qu'est devenue leur relation. Il se rappelle de leur rupture, des d’accord et des prends soin de toi. Il se rappelle de ce jour précisément parce que c’est le jour où il a perdu espoir. Le jour où il a laissé l’enfant qu’était Harry pour devenir l’homme qu’il est aujourd’hui. Ginny l’a changé – elle l’avait fait quand ils étaient ensemble, elle l’a fait après leur séparation. Parce que c’est Ginny, parce que ça a toujours été Ginny – elle a occupé cette place précieuse dans son cœur. Une place sur laquelle il a gravée amour mais qu’il ne sait plus si c’est d’actualité. « J’ai rejoint le groupe d’élèves formé par le Professeur – tu sais, Elijah – et la grand-mère de Neville. On s’est préparé une zone d’entraînement protégée, en pleine forêt, et on y a passé la journée. » Il l’écoute attentivement, les yeux toujours rivés sur Ginny. Sa voix avait cette habilité de captiver les foules, elle était capable d’être autoritaire sur le terrain et douce dans ses bras. Ce soir, pourtant, sa voix est fatiguée, usée, empreinte d’une lassitude caractéristique de cette guerre interminable. Elle montre sa baguette. « Elle ne m’a pas choisie et je ne l’ai pas gagnée en duel, alors je dois lui prouver que je suis digne d’être sa maîtresse. Sacrément capricieuses, ces baguettes, si tu veux mon avis. » Le changement dans sa voix, Harry la remarque instinctivement : c’est nouveau et encore instable mais elle a retrouvé l’espace d’une seconde cette affection qu’elle ne masquait pas avant. « Mais ça en vaut la peine. » « Je suis certain que tu arriveras à l’apprivoiser. Tu as tenté de lui trouver un nom ? ‘Paraît que ça peut aider. »

Ses doigts triturent inconsciemment le bas de son t-shirt alors qu’il balaye du regard la pièce avant de revenir sur Ginny mais sans rencontrer ses yeux, cette fois-ci. Sa tenue ne la couvre que très peu mais ses yeux ne restent pas longtemps sur ses jambes dénudées qu’elle croise – d’abord par respect et puis surtout parce qu’ils virevoltent dans une autre catégorie de relations. C’est une sensation étrange, pourtant, d’être près de Ginny et d’avoir l’impression que des kilomètres les séparent. « Sujet qui fâche. » « Mmh ? » « J’ai passé un moment avec Nev, aussi, et il m’a dit que depuis plusieurs mois, vous préparez la reprise de Poudlard. » Son premier réflexe est de serrer les dents en maugréant quelques insultes à l’encontre de Neville mais… il sait où elle veut en venir. Il sait à quel point elle refuse de rester inactive. S’il a tenté de la protéger, quelques mois plus tôt, en lui refusant des missions quelconques, il n’a plus d’excuses sous sa manche pour l’éloigner de cette guerre : elle s’acharne aux entraînements, avec Elijah, se bat bec et ongles pour retrouver ses capacités physiques et magiques, lasse d’être recluse comme une victime de guerre. « Je lui ai un peu forcé la main, le pauvre, il ne voulait vraiment rien lâcher mais bon, je sais m’y prendre avec lui. Tout ça pour dire que je ferai tout pour être apte à me joindre à vous, quand vous mettrez vos plans à exécution. » Les bras croisés sur son torse, la nouvelle plaie piquant légèrement, il tente de répondre mais se fait devancer aussitôt. Et ses mains aussi, lui sont arrachées et placées sur les genoux de Ginny qui est définitivement trop près de lui, maintenant. « Je ne serai pas irresponsable, pas à ce sujet. Si j'ai encore des lacunes trop prononcées ou si je risque de vous freiner, je ne viendrai pas. De toute façon Fred m’achèvera lui-même s’il doit encore me sauver la mise. » Mais il laisse ses mains là où elles sont, elles qui attrapent celles de Ginny, prolongeant le contact encore plus, et en douceur. Parce qu’ils ne sont pas pressés, parce qu’ils sont tellement blessés tous les deux que la douceur est ce qui leur importe le plus à présent. Même s’ils sont légèrement rouillés, même s’ils en ont perdus l’habitude – il y a toujours cette tendresse entre eux. Il aura toujours cette tendresse, cette affection pour Ginny. Celle qui refuse qu’on l’enferme dans une tente durant une mission importante. Celle qui veut se battre, qui veut reprendre sa place. Qui veut achever sa renaissance pour de bon. C’est Ginny. Sa Ginny. « J’crois que je finirai par perdre la tête si je ne peux pas me rendre utile. Vraiment utile. Et ça m’empêchera aussi de trop penser à – » Cette même Ginny que les démons ont déchiré en morceaux épars, qui a la voix légèrement tremblante, bien différente, cette même Ginny qui flanche au contact mais se force à le réapprendre. «… tu sais, aux décisions, bonnes ou mauvaises, à tout ce qui m’a menée là où j’en suis aujourd’hui. » Cette même Ginny qui a aussi adopté l’art du mensonge. Changer de sujet, garder tout pour soi, omettre de mentionner les nombreuses raisons qui déchirent son âme.

« Avec tout ça t’as rien avalé. » Il cligne des yeux. Une seconde fois. Sort de sa torpeur. « Tu t’es peut-être musclé mais t’es encore maigrichon, ne crois pas qu’une Weasley ne remarque pas ce genre de détails. » Les mains de Ginny sont remplacées par le sandwich qu’il attrape inconsciemment mais ne porte pas à ses lèvres, il n’a plus d’appétit. Il a les entrailles qui lui crient de faire quelque chose. Il a le cerveau qui formule des mots qu’il n’a pas prononcés depuis longtemps. « I love you. So damn much. » Mais sa bouche fonctionne tout autrement, les mots qu’ils lâchent sont différents : « Hey. On te trouvera une place pour la mission. » Pourtant, il repose le sandwich sur le plateau et se relève sur ses propres genoux pour clore de nouveau la distance entre eux. Ses bras l’encerclent mais il n’y met pas beaucoup de force, il garde quelques centimètres entre leurs corps pour ne pas la brusquer. C’est plus qu’assez. C’est assez pour lui, pour sentir son odeur, pour sentir son cœur là, battre dans sa cage thoracique. Ou est-ce le sien ? Il ne saurait le dire tant il est concentré à se rendre ivre de l’odeur de Ginny. Sa Ginny qui était sa raison de vivre, avant. « Je suis désolé. » Pour les mots qu’il a osés prononcer dans sa tête, pour sa présence imposée dans sa tente, pour cette étreinte forcée. Il ignore la véritable raison de ses mots, peut-être qu’il y a trop de raisons, peut-être qu’il n’y en a aucune. « Je sais pas ce que je ferai s’il… s’il t’arrivait quelque chose. » Just friends. Ses mots dépassent la limite qu’ils ont dressée, il le sait bien pourtant il garde ses mains autour de Ginny, s’entoure de son odeur, la noie de ses paroles. Il l’aime, c’est une certitude. Il l’aime, il l’aime, il l’aime, sa Ginny. Comme avant ou en tant qu’amie, peu importe, parce que cette certitude ne s’éteindra jamais. Il l’aimera toujours, qu’importent les chemins différents qu’ils prendront plus tard. « Sois prudente, okay ? » Reste en vie, reste en vie, reste en vie.

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I like a quiet life, you know me.
Gnawing on the bishops, claw our way up their system, repeating simple phrases, someone holy insisted. I want the markings made on my skin, to mean something to me again.


Dernière édition par Harry Potter le Lun 16 Mai 2016 - 22:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: harevra + just friends   Lun 16 Mai 2016 - 15:58

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Just 'friends'
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A quoi tu penses ? Elle se retient de demander. Tu tires cette tronche de deux mètres de long. Tu sais, celle qui dit ‘non’ quand tu prétends dire ‘oui’ ? Elle a l’impression fugace qu’il se mord la langue, mais au bout du compte – « Hey. On te trouvera une place pour la mission. » – c’est une victoire en soi. Protester ne revêtirait aucun intérêt dans ces circonstances, alors elle hoche gravement la tête, mine sérieuse mais commissures légèrement étirées, ombre d’un sourire. Se morigène intérieurement de se penser encore capable de le deviner. Et déjà la sensation lui échappe ; elle se félicite de s’être tue, de ne pas avoir cédé à la tentation de se prendre à un jeu perdu d’avance et qui, au final, aurait seulement confirmé combien les temps ont changé. Combien ils se sont perdus. Il faut qu’elle s’en tienne à cette résolution, évite de se donner en spectacle en retombant dans les habitudes manies d’autrefois, qu’elle garde en mémoire que tout a changé et eux avec. Mais c’est difficile de s’en convaincre alors qu’il l’abreuve de sa présence comme avant. Front contre son épaule, les yeux fermement clos et incapable de briser cette étreinte (ou même de le vouloir), elle profite de cette brève parenthèse, instant volé ; chasse les élans de culpabilité que lui souffle sa conscience. « Je sais pas ce que je ferai s’il… s’il t’arrivait quelque chose. Sois prudente, okay ? » « [color:62a2=salmon#CC6600]But only if you promise to do the same. »

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(21.04.03, Hogwarts) 22ème jour d’enfermement. Une nouvelle barre verticale est tracée au mur alors que sonnent les derniers coups de minuit ; genoux sur son oreiller, une main appuyée sur la tête de son lit à baldaquin, Ginny prend un peu de recul pour observer le compte tenu juste là, chaque nuit (ou matin, dépendamment du point de vue), accumulation de carrés barrés découpant chaque lot de cinq jours passés à l’intérieur.

Frustration et inquiétude sont ses compagnes récurrentes depuis le constat terrible de l’enfermement des insurgés dans l’enceinte de Poudlard. Via son miroir à double-sens, Ginny tente occasionnellement de contacter Percy, sans trop oser insister. Il est le seul Weasley resté en dehors de la mission, parce qu’avoir deux des cerveaux à l’origine des créations pour la résistance sur le même terrain miné semblait peu prudent ; et si le risque semblait plus grand pour ceux qui se joignaient à la mission, voilà qu’une source inconnue a dépouillé les révoltés restés à l’extérieur de leurs maigres possessions. Camps attaqués, c’est à peu près la seule information qu’elle ait pu soutirer l’espace d’une ébauche d’échange avec une insurgée de l’extérieur, avant que la communication ne soit interrompue. Elle sait simplement que la jeune femme courait à en perdre haleine ce soir-là, désertant le repère, fuyant le sort que leur réservait les suppôts de Voldemort. C’est rageant d’être là, vautrée derrière des baldaquins, à angoisser quant au sort de ses alliés. A ne pas oser tenter de les joindre de crainte qu’ils soient tombés aux mains de l’ennemi et que l’appel mette en péril le réseau de communication.

Au départ pourtant, ils jubilaient de retrouver ce confort, de se réapproprier ces murs. C’était symbolique et tout à la fois extrêmement concret, un coup de maître sur l’échiquier terrible et violent que représentait cette foutue guerre, une victoire de taille et la satisfaction grisante d’un pied de nez fait à celui qui n’en avait pas, et l’opportunité inespérée de se revivifier avec des années de fuite ou de maltraitance. Ils avaient investi les dortoirs, prêté à tour de rôle main forte aux elfes responsables de sustenter les nouveaux arrivants et leurs otages – et tant d’autres choses encore qui avaient perdu leur saveur alors que les jours avaient défilé sans leur permettre d’entrer en contact, de façon probante, avec ceux qu’ils avaient laissés derrière eux.

Mais c’étaient les tracas du jour. Pour ne pas perdre l’esprit, Ginny avait appris à chasser ce genre de préoccupations lorsque la nuit étendaient sur leur château fort son lourd manteau constellé d’étoiles : la nuit avait ses propres démons. Une sentinelle montait la garde, comme chaque soir, bien que les protections semblaient fiables – on n’était pas à l’abri d’une faille, dans la mesure où certains sorciers expérimentaient lesdites barrières pour réparer l’erreur qui les avait rendues complètement infranchissables. Mieux valait rester prudent. Demain, songea fermement la rouquine en ouvrant ses rideaux pour se glisser à bas de son matelas. Elle avait repris l’habitude de les fermer – son esprit fantasque les assimilait à des barrières tangibles repoussant les monstres terrés sous son lit. Un instant, lorsque ses pieds foulèrent la pierre froide constituant le sol ferme, elle craignit qu’une main décharnée ne s’enroule brusquement ses chevilles. Raison pour laquelle elle resta sur place le temps de se ressaisir : logique froide et implacable pour terrasser ses peurs irrationnelles, se rappeler que ce genre d’histoires n’étaient que des chimères vouées à terrifier les enfants indociles.

La lutte menée à bien, elle quitta la pièce à pas de loups. Son lit était celui qu’occupait autrefois Parvati : voir son ancien dortoir vide de ses occupantes de l’époque avait quelque chose de déprimant ; les filles de l’insurrection et elle avaient donc fait le choix de se réunir en fonction de leurs préférences, plutôt que de s’éreinter en s’emprisonnant dans leurs souvenirs. Les pas de Ginny, par contre, suivirent un chemin familier, plus d’une fois emprunté du temps de sa scolarité : dortoirs des garçons, 6ème année. Ça remontait à une autre vie et pourtant, au moment où la lourde porte grinça discrètement sur ses gonds, sous l’impulsion mesurée qu’elle lui imposa, la jeune femme eut l’impression que rien n’avait changé. Les ronflements sonores de son frère berçait la pièce, Seamus lâchait occasionnellement des jurons en gaélique dans son sommeil agité, Neville constituait une masse discrète et immobile à travers ses baldaquins éternellement entrouverts et Harry – Harry. Les yeux de la rousse se rivèrent là où elle le devinait, lit baigné dans un carré de lumière lunaire filtré par la haute fenêtre qui le côtoyait ; et gloussa silencieusement, torturant sa lippe pour étouffer le moindre bruit. Oh, il avait le don de la faire se sentir adolescente, papillons au creux de l’estomac et autres imbécilités du même acabit – elle leva les yeux au ciel, réaction auto-dérisoire. Sur la table de chevet, un verre d’eau (gracieuseté de Winky sans doute) et une paire de lunettes rondes qui firent battre en son cœur un irrépressible élan de tendresse.

Après qu’ils se soient retrouvés (en tant qu’amis, juste amis), quelques semaines plus tôt, le brun avait pris l’habitude de la rejoindre sous sa cape, quelques heures par nuit. Il parlait, simplement – s’abreuvaient de la chaleur de l’autre, les cheveux roux de Ginny débordant de sous les draps magiquement rembourrés pour prétendre que oui, cette masse corporelle qui ornait son lit était bien elle et uniquement elle. Elle ne comptait plus les commentaires de ses compagnes de tente – eh bein, tu t’es remplumé, j’avais pas remarqué ! et autres c’est à nous que tu parles… ? lorsque Harry et elle s’étaient surpris à se chamailler joyeusement, de façon trop peu discrète. Ceci sans oublier, bien sûr, les elle devient bizarre non ? On ferait mieux de ne pas la laisser trop souvent seule… qui se murmuraient à son sujet et qui faisaient ricaner Potter.

Potter qui sursauta lorsqu’une paume se posa sur ses lèvres, à la fois pour annoncer une arrivée et l’empêcher de s’exclamer trop fort. Ses yeux troubles, floutés par l’absence de ses fidèles verres, se la regardèrent sans tout à fait la voir et, joueuse, elle bloqua le bras qui jaillit pour attraper la baguette sous son oreiller, tandis que de sa main libre elle refermait les rideaux derrière elle pour rétablir les sorts de silence qui pesaient autour d’eux. « Abdique, P- Harry », crâna-t-elle en pesant de tout son poids en travers de son poids pour l’immobiliser, se rattrapant de justesse avant de formuler le terrible tabou (doute : était-il fonctionnel en dépit des protections massives du château ?). Mais en un mouvement il la fit basculer sous lui, comme si elle n’était rien de plus qu’un poids plume, et il lui servit une moue boudeuse. « Tu as quand même de la chance que je ne te veuille pas de mal, tu serais déjà fini sinon », défia-t-elle malgré tout. A Poudlard, les sortilèges bloquant aux garçons l’accès à la chambre des filles avaient mis un terme à leurs rencontres nocturnes. Ils s’étaient plutôt retrouvés dans la salle commune, au coin du feu – et l’initiative qu’elle avait prise ce soir était un très vieil écho remontant à leurs années en tant qu’étudiants. Il avait dans les yeux la même lueur inquiète qu’autrefois, alors elle le devança : « Froussard. T’en fais pas : si Ron se réveille je te protégerai », promit-elle en riant sous cape. Elle repoussa doucement son ex, paumes à plat sur ses épaules, afin de se ménager un espace pour se redresser et s’asseoir. Du pouce, elle massa le pli horizontal qui barrait en permanence le front de Harry depuis le soir de leur arrivée. « A ce rythme tu finiras plus ridé que Dumbledore lui-même », qu’elle commenta, mi-taquine mi-inquiète. Il était préoccupé, plus encore qu’avant si c’était possible. Peut-être à cause de cette fameuse quête qui se retrouvait interrompue de force ? « Mione, Fred et les autres finiront bien par trouver un moyen de nous sortir de ce pétrin. » La phrase était supposée être une déclaration, tentative de réconfort dont les derniers mots s’ornèrent toutefois d’une intonation vaguement interrogative – c’étaient les doutes qui se manifestaient malgré elle. Difficile de ne pas céder au pessimisme ; c’était une lutte constante, qu’elle perdait parfois.

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MessageSujet: Re: harevra + just friends   Mar 17 Mai 2016 - 0:37

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‹ occupation : décédé depuis le 24/08/03.
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‹ scolarité : 1991 et 1997.
‹ baguette : en bois d'aubépine, mesure 30 cm et a en son cœur un crin de licorne (anciennement à Draco Malfoy) ; je suis également le maître de la baguette de Sureau.
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‹ réputation : je suis un dude très cool maintenant que j'ai tué Voldemort (rip).
‹ particularité : Fourchelang.
‹ faits : j'ai beaucoup changé, je suis devenu froid et maîtrisé, prudent et confiant ; les foutues répercussions de la guerre qui m'ont fracassé la gueule. Parmi les Insurgés, je suis Specs, anciennement parmi l'un des leaders des Audacieux. Membre du conseil de la RDP – les seuls étant au courant que je suis en vie. J'ai passé un marché avec Drow : 80 années de ma vie en échange d'un talisman prévu pour détruire l'horcruxe en moi.
‹ résidence : au 12 Grimmauld Place (Sirius m'a désigné comme étant son héritier pour reprendre la demeure familiale des Black).
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‹ risèd : mes parents, une femme et des enfants - une famille complète.
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Avec la reprise de Poudlard, ils ont frappé le gouvernement en plein cœur, propageant une gangrène dans les rouages mécaniques que Voldemort avait mis en place durant toutes ces années : les dysfonctionnements du gouvernement sont les failles que les insurgés visent et exploitent. L’enfermement forcé réduit considérablement les troupes à l’extérieur du château mais les méninges ne se reposent jamais à l’intérieur, grillant, usant, manigançant des plans nouveaux pour réunir tous les groupes, pour préparer de nouveaux plans d’attaque. Ce qui met Harry dans un état perpétuellement aux aguets, c’est justement cette situation : l’impression qu’il ne sera d’aucune aide, à l’extérieur, en cas de besoin urgent. L’inactivité l’horripile depuis des années maintenant qu’il assume avoir un tout autre rôle que celui de simple pion ; et depuis quelques jours déjà, il se sent diminué. Réduit à regarder le monde brûler et ne pas pouvoir user de sa baguette pour arrêter la menace aux côtés de ses alliés. Il aurait volontiers proposé de faire un tour de garde mais il a l’espoir que quelque chose arrivera ce soir, dans son dortoir. Quelque chose qui l’aidera sans doute à gommer le nuage qui s’est posé dans son crâne, parce qu’il sait maintenant. Il sait très bien ce qui lui arrivera au bout du compte, il sait très bien qu’il un pied dans la tombe. Le dernier Horcruxe, c’est lui. Ce n’est qu’un Horcruxe. Ce n’est pas contagieux. Seulement mortel. Ron et Hermione sont catégoriques : il y a forcément une solution. Harry aimerait bien être aussi convaincu qu’eux. Il aimerait retrouver un peu de clarté, pour ne pas laisser la morosité prendre place dans son esprit. Pieds nus, il se traîne jusqu’à la salle de bain de son dortoir, fermant la porte derrière lui. Les autres sont rapidement endormis mais Harry n’a pas trouvé le sommeil, même après avoir reposé son crâne contre l’oreiller – il a du mal à s’habituer à cette nouvelle situation. Avoir un toit, ne plus être constamment en alerte au moindre bruit, au moindre vent frais. C’est différent mais difficile à s’acclimater. Lorsqu’il passe devant le miroir au-dessus du lavabo, ses pieds s’immobilisent : il ne reconnaît pas son reflet. Ses lunettes sont les mêmes mais son visage a tant changé. Ses doigts grattent son menton, touchant sa barbe habituelle. Les produits de rasage ont déjà envahi l’évier mais Harry ne fait pas un geste pour les saisir : il ne veut pas que ça change. Il a peur du changement. Il a peur d’accepter que bientôt, il va vraiment crever pour aider ses alliés à vaincre Voldemort.

Il s’écarte vivement du miroir. L’impression d’avoir vu son propre reflet passer son index le long de sa gorge, mimant son propre égorgement. Il est définitivement en manque de sommeil. Mais il ne retourne pas se coucher pour autant. Ses pas se dirigent vers la fenêtre du fond qu’il ouvre, en allumant une cigarette. Ça aussi, c’est une vieille habitude dont il n’a pas réussi à se débarrasser, après avoir récupéré sa place dans son ancien dortoir. Même en ayant l’impression de profaner ce lieu sacré, il n’est pas prêt d’abdiquer face au changement que l’arrêt de la cigarette risque de provoquer. Surtout que ça lui permet de calmer les nerfs, là, le bras pendu dans le vide, les yeux tendus vers les étoiles. Le vent passe même à travers son t-shirt et le pantalon de son pyjama mais Harry n’y prête pas attention, se contentant de porter sa cigarette à ses lèvres et de se noyer dans le noir du ciel écrasant. Maintenant qu’il se sait condamné, il oscille dangereusement entre deux états d’esprit : la joie presque extrême d’être encore en vie, d’avoir des proches aussi chers qui chercheront avec acharnement une autre solution pour le garder en vie lui et le dépit de l’homme condamné qui ne peut rien envisager avec la fille qu’il aime au risque de la condamner aussi. C’est un cercle vicieux, un gouffre immuable ; il balance les restes de sa cigarette dans le vide.

De retour dans le dortoir, il se glisse machinalement derrière les rideaux et dépose ses lunettes sur la table de chevet, forçant ses yeux férocement à se clore. Peut-être qu’il parviendra à dormir. Peut-être que Ginny ne viendra pas ce soir – qui sait ? Ils ne sont qu’amis après tout. Il ignore si c’est seulement les réminiscences de leur histoire, l’habitude d’être proche de Ginny ou simplement les sentiments qu’il avait pour elle et qu’il pense en avoir encore maintenant – il ignore et n’est pas prêt à le savoir. Parce que Potter a la trouille de la mort et il ne veut pas blesser Ginny quand… Ses yeux s’ouvrent brusquement. Il sent, plus qu’il ne voie : il reconnaîtrait l’odeur de Ginny entre mille. Il se lève aussitôt, son bras automatiquement se glissant sous son oreiller et – il entend son cœur jusque dans ses oreilles. Le flou roux vrille complètement ses cornées, alors qu’il cligne des yeux à plusieurs reprises, incapable de voir autre chose que du roux. La lune accentue encore plus la tignasse rousse et pendant un moment, Harry redevient le garçon de seize, celui qui vivait pour les sourires de Ginny et qui se rendait ivre de ses rires. « Abdique, P- Harry. » Entendre son prénom de nouveau a un drôle d’effet sur lui, le réveillant presque de sa rêverie momentanée : il la fait basculer sous lui et se retient de plonger son nez dans ses cheveux roux. « Tu as quand même de la chance que je ne te veuille pas de mal, tu serais déjà fini sinon. » Il ricane légèrement, certain que cette nuit, il a basculé dans l’état d’esprit joyeux. « Je le savais que c’était toi. T’es pas discrète, tu marches comme un gorille. » J’ai senti ton parfum plus que je ne t’ai entendue ou vue. Mais il est vite rattrapé par l’inquiétude que Ron leur tombe dessus, dans cette position. Même s’ils ont établi un traité de paix, Ginny et Harry ont rompu et ne doivent pas se tourner autour comme ils le font. « Froussard. T’en fais pas : si Ron se réveille je te protégerai. » « Je suis content d’avoir une amie comme toi alors. » Il la laisse se détacher de lui, prendre un peu plus de place dans le lit ; il s’allonge sur le côté à son tour, lui faisant face même s’il voit toujours aussi mal. Ses lunettes sont à portée de main mais il ne souhaite pas ruiner le moment. Surtout quand il sent le doigt de Ginny masser son front. « A ce rythme tu finiras plus ridé que Dumbledore lui-même. » Il grogne mais ne répond rien, attrapant simplement sa main dans la sienne, le temps de quelques secondes. Les secondes se prolongent, il garde leurs mains scellées entre leurs corps et même si le traité de paix stipulerait de lâcher sa main aussitôt, Harry ne la lâche pas. « Mione, Fred et les autres finiront bien par trouver un moyen de nous sortir de ce pétrin. » Ses yeux croisent ceux de Ginny, du moins, c’est ce qu’il pense – il ne peut voir les différentes expressions de son visage et pour une fois il se maudit d’avoir laissé ses lunettes sur sa table de chevet. Il donnerait tout pour pouvoir lire son visage et décrypter ses émotions. « Et si c’est trop tard pour aider ceux restés à l’extérieur ? On n’aurait pas dû se séparer. » Même s’ils peuvent se mettre au courant via miroir, il y a toujours le doute que ça sera trop tard. Trop tard pour eux. Trop tard pour nous. Trop tard pour se sortir de cette guerre.  

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MessageSujet: Re: harevra + just friends   Sam 28 Mai 2016 - 1:30

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L’espace d’un instant, elle moque le danger. Le réduit à l’état de simple plaisanterie, dédramatise ce qu’ils connaissent trop bien, ce qui désormais constitue leur quotidien – les attaques incessantes, les alertes en pleine nuit. Si Fred et Georges lui ont appris quelque chose, du temps où ils étaient, c’est bien que le rire est le seul remède au drame. Et Ginny, elle tente de se réimprégner de cette notion, comme pour conjurer le mauvais sort, celui qui pèse sur ses commissures et qui rendent chaque sourire lourd et crispé et douloureux, hanté (la voix de Pansy lui susurre pourtant qu’elle devrait lui être reconnaissante, qu’elle a si bien pris soin d’elle et que ses accès de colère, lorsqu’ils avaient lieu, n’étaient que des punitions dues à sa mauvaise conduite car – oh, pourquoi la forçait-elle à lui faire mal ?). « Je le savais que c’était toi. T’es pas discrète, tu marches comme un gorille. » « Oh ! Goujat », rit-elle sans s’offusquer, bonne joueuse, avant que l’idée que son frère ne les surprenne ne ternisse quelque peu la légèreté du moment. « ¬-Je suis content d’avoir une amie comme toi alors. » « You’re welcome. » Il n’y a rien à protéger pourtant, parce qu’il n’y a rien à surprendre n’est-ce pas ? Rien à cacher, parce qu’ils se voient en toute amitié – et si elle le rejoint en pleine nuit, c’est seulement pour chasser les cauchemars et parce qu’il est moins entourées, à ces heures où le ciel drape Hogwarts de son manteau sombre et en plonge les occupants dans un sommeil tourmenté.

Et tourmenté, ils le sont tous. Lui surtout. « Et si c’est trop tard pour aider ceux restés à l’extérieur ? On n’aurait pas dû se séparer. » « On le saurait parce que- » Elle se mordille la lippe, fronce les sourcils à son tour, cherche une réponse valable. Une réponse crédible, parce qu’elle n’aime pas tempérer par le mensonge et que Harry n’est pas de ceux qu’on apaise par des arguments fallacieux, édulcorés. On le saurait parce que quelqu’un nous préviendrait ? Oui, sauf s’il ne reste personne pour s’en charger. Scénario catastrophe par excellence. « On n’en serait pas certains, mais on s’en douterait parce que les mangemorts dehors jubileraient et feraient tout pour nous narguer. » C’est une conclusion plus crédible que l’introduction, pas tout à fait satisfaisante mais véridique. Voldemort ne serait que trop satisfait et n’hésiterait pas un instant à leur révéler personnellement leur statut d’ultime rempart entre une victoire écrasante et lui. Et elle a généralement une perception désagréablement juste de ses façons d’agir, en règle générale. Contrecoup du privilège d’avoir été possédée par lui pendant un peu moins d’un an, d’avoir été son bras armé, puis d’avoir côtoyé ses fidèles de plus près qu’elle ne l’aurait voulu quelques années plus tard. Elle déglutit difficilement, horriblement ébranlée par le fil que suivent ses pensées. « Il ne sera jamais trop tard », s’oblige-t-elle à ajouter malgré la boule d’angoisse qui lui obstrue la gorge. Mais prétendre n’est pas aisé quand le mal être s’enracine jusqu’aux tréfonds de ses entrailles et le sang bat si violemment à ses tempes qu’elle a l’impression de chuter. Ginny ferme les paupières pour retrouver le nord, ses bras retombant mollement de part et d’autre de son corps. Elle a chaud, mais se sent glacée tout à la fois, et nauséeuse, incapable de soutenir son regard. Elle voudrait – elle ne sait pas. Se blottir contre lui ou le repousser et se rouler en boule dans un coin du lit et pleurer comme la cruche qu’elle refuse d’être et non, non, non ça n’arrivera pas. Alors elle rouvre brusquement les yeux, les écarquille pour chasser les cauchemars qui les bordent et ne plus voir que Harry ; ses lèvres s’entrouvrent comme pour lui parler mais aucun son n’en sort, et elle est désemparée et ne sait pas quand les émotions ont basculé, quand le gouffre s’est ouvert sous ses pieds, mais elle se noie et –

Ses mains le cherchent à tâtons, s’ancre presque violemment dans les épaules de Harry tandis qu’elle cache son visage au creux de son cou, craignant qu’il ne lise ses terreurs sur ses traits. Il est solide sous son toucher, un roc que ses phalanges tentent de réapprendre pour s’abreuver de la certitude qu’il est bien là, qu’elle est bien là, au château, en s- (elle force le mot) sécurité. Ses doigts s’emmêlent dans ses mèches brunes, s’attardent sur des nœuds, ses paumes épousent la forme de son cuir chevelu puis celle de sa nuque. Elle- elle essaye de ne pas s’enfoncer, mais c’est comme si elle avait déverrouillé quelque chose, ouvert une malle dont aurait jailli un Epouvantard, et il se superpose à la voix de Harry, couvre les mots du brun pour lui souffler à la place à quel point elle n’est qu’une salegarcetraitreàsonsangquimériteraitlamort et lui promettre une lente agonie. Elle tremble de tous ses membres à présent, étouffe un cri d’effroi et d’exaspération mêlée et se détache de Harry aussi brutalement qu’elle s’est heurtée à lui, s’arrachant littéralement à sa prise pour ramper à l’autre extrémité du lit, loin de tout contact, loin de lui, loin des voix, loin d’elle-même.

Il y a un moment de vide. Une parenthèse dans le temps, un instant durant lequel elle s’est privée de respirer pour se punir d’avoir cédé à la panique, et pour bousculer son esprit en remplaçant les souvenirs par une alarme alertant son corps d’un manque cuisant d’oxygène. « Jevaisbienjevaisbienjevaisbien », qu’elle marmonne, les joues rougies par le manque d’air, émergeant peu à peu, réapprenant les sensations. Sous ses doigts des draps de qualité, exposés à son regard vitreux de luxueux baldaquins. Elle n’est pas au sol comme une moins que rien, elle n’est pas bercée par la carte ensorcelée pour rejouer en boucle les derniers sons émis par son père durant son exécution, elle n’a pas les ongles arrachés, elle n’est pas seule dans un monde hostile, elle va parfaitement bien. D’un geste hâtif, elle s’assure que ses joues son bien sèches, que l’égarement n’a pas été total, que l’humiliation n’est pas aussi intense qu’elle aurait pu l’être. Merlin’s beard, comment faire en sorte que la situation ne soit pas awkward as hell après une telle crise ? Mortifiée, elle inspire profondément, oblige ses membres incroyablement crispés à se décrocher du pied de lit auquel elle ne s’était involontairement accrochée, rejette ses longs cheveux roux en arrière en un mouvement qui se veut parfaitement normal. Tout. Est. Sous. Contrôle, qu’elle se répète en espérant que le penser assez fort et de façon assez répétitive en fera une vérité.

Elle a besoin de savoir, Ginny. Besoin de savoir si l’horreur avait une véritable raison d’être. Ça la démange à présent, comme de plus en plus souvent, ça la consume littéralement. « H-Harry ? » Elle se déteste pour cette hésitation. N’arrive pas à se retourner pour lui faire face, voudrait se mettre des claques pour se forcer à le faire mais se retient de bouger de peur de sembler décidément bonne pour l’aile Janus Thickey. Get it together, woman !, qu’elle se morigène intérieurement, insupportée par sa propre attitude. Tellement ridicule, pourtant elle ne veut pas être de celles qu’on doit réconforter, elle ne veut pas ! Nouvelle bouffée d’air et cette fois, elle se retourne lentement, sourit faiblement. Un peu blême, mais de nouveau elle-même ou presque. « Il y a une question que je veux te poser depuis quelques temps. » Elle se retient de lui demander de promettre de ne pas s’énerver – damn, il a le droit de réagir comme il le ressent et elle est capable de l’encaisser, thankyouverymuch. « Lors de la fuite en 99, la fille- la Poufsouffle- » elle a tourné et retourné cette phrase tant de fois dans son esprit pour s’assurer qu’elle sorte du mieux pour possible, mais elle a presque l’impression d’être en proie à un Bloclang tant elle peine à prononcer sa requête à présent. « Celle qui est parvenue à s’enfuir, tu sais ce qu’elle est devenue ? » Ça semblait prétentieux de dire celle pour qui je me suis sacrifiée, elle n’est pas une stupide martyr. Pourtant- pourtant c’est un peu ce qui s’est passé ce soir-là. Un peu beacoup. « J’ai juste besoin de savoir si elle va bien, si… elle a survécu. » Ou si tout ça a été vain. Ses mains sont plaquées sur ses cuisses et elle n’a pas conscience d’y planter ses pulpes ornées d’ongles courts (rongés, rognés jusqu’au sang, c’est hideux) et d’y laisser des traces, demi-lunes rougies sur peau couleur crème. « J’aimerais assez la revoir, je crois. » Pour guérir, cicatriser. Est-ce la bonne chose à faire ? Elle n’en sait rien, mais voudrait y croire, essayer.

Lutter contre la crise puis rassembler l’énergie nécessaire pour exhaler cette question comme un dernier soupir l’a littéralement drainée. Le sujet qui fâche mis sur la table, décortiqué, réglé, elle se surprend à ne pas avoir confiance en ses jambes pour la porter. « Je peux rester cette nuit ? Je n’ai pas envie d’être- » Ose-t-elle à voix basse, palliant sa nervosité en rassemblant ses cheveux roux en une natte sur son épaule. Seule, c'est le mot qui meurt pudiquement à la coupe de ses lèvres. Ginny craint que ses peurs ne l’avalent tout entière dès qu’elle fermera les yeux de nouveau, mais Harry est son héros, le seul à terrasser les monstres de son existence – et ce depuis toujours, really. Elle est un peu moins désemparée au moment de se glisser sur le matelas, allongée sur le côté tout à l’extrémité du lit, dos au brun. Petite, elle songeait au courageux garçon des histoires pour enfants, le grand et invincible Harry Potter, pour ne pas s’inquiéter des sons gutturaux de la goule du grenier ou se ronger les sangs au sujet de ce qui se cachait sous son lit. Puis, pré-ado, elle se concentrait sur le Harry, juste Harry, vulnérable mais brave, mortel mais courageux, qui avait affronté le danger pour lui sauver la vie. Adulte enfin, elle s’est raccrochée et se raccroche encore au souvenir du Harry amoureux, intrépide, indomptable qui a rythmé son adolescence ; à sa simplicité, à sa hargne, à son esprit de sacrifice – c'est l'image qu'elle évoque instinctivement pour traverser les épreuves. Il n’y a rien à craindre, à ses côtés – il est son Protego pour contrer les attaques du monde extérieur. Et d’y songer, elle se sent plus relaxée. Passe une main par-dessus son épaule, l’agite légèrement pour quémander la sienne. Soupire de bien être en sentant la chaleur de sa paume contre la sienne, de ses doigts entre les siens. Puis tout son corps qui l’enveloppe comme une couverture, une cape d’Invisibilité qui la rend invincible. « Et si on allait voler, demain ? » Qu’elle propose en tournant et en levant légèrement la tête vers le haut pour le voir, joue contre son cou. De nuit, bien sûr. Car c’est à ces moments-là qu’il n’est qu’à elle, et vice versa – en toute amitié. Sa barbe picote, chatouille, et elle rit légèrement ; c’est un tout petit peu forcé mais de bon cœur. Et son confort, lui, n’est pas feint, tandis qu’elle enroule ses jambes à celles de son ami, pose un bras par-dessus celui dont il lui entoure la taille, et sent le sommeil parvenir à la gagner.

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MessageSujet: Re: harevra + just friends   Ven 23 Sep 2016 - 0:23

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I am made of bullets; shrapnel. You are solar flares and soft lips - better creatures could love you, I know. But now they’ll have to get through me.


« On n’en serait pas certains, mais on s’en douterait parce que les mangemorts dehors jubileraient et feraient tout pour nous narguer. » Parce qu’ils sont trop avides de grandeur, parce qu’ils ne vivent que pour une reconnaissance absurde de leur maître, parce qu’ils se foutent que des innocents crèvent si ça leur garantie de s’engraisser en or et de nourrir l’esprit fanatique d’un azimuté qui s’est noyé dans le rouge. Parce qu’elle a raison, ils ne louperaient pas une occasion si belle de montrer au monde leur cause si juste. « Il ne sera jamais trop tard », ajoute-t-elle sans même se rendre compte de la formulation rassurante de ses propos qui éclaircissent un peu ses pensées devenues trop sombres. C’est l’effet qu’a Ginny sur lui, en ce moment. Elle calme le tumulte qu'il a dans la tête. Sa Ginny, his everything. Il acquiesce, les yeux tombant sur leurs mains jointes ; ils se sont retrouvés lorsqu’ils en avaient le plus besoin et même sans s’arrêter de courir à contresens, il y aura toujours un sentiment familier et une place immuable pour les rapprocher. A place to call home. Il n’a aucun droit de s’accrocher autant à Ginny. Il n’a aucun droit de dépendre d’elle, de se sentir vivant seulement lorsqu’elle sourit – il n’a aucun droit de réclamer quelque chose qu’il ne pourra pas tenir. Une promesse qu’il n’y aura plus de trouble pour ternir leur relation et gâcher les souvenirs flous qu’ils tentent de se construire. La promesse du futur, il ne pourra pas la tenir. Il prendra tout. Tout, tout, tout ce qu’elle voudra lui donner. Ses mots. Sa sincérité. Ses rires. Une place dans son cœur. Quelle qu’elle soit. Il se fiche tant qu’elle lui accorde quelque chose, quelque chose de beau, quelque chose de fort, quelque chose de meilleur, parce qu’il se trouve trop mauvais, trop brisé, trop laid, parce qu’il ne veut que du répit, un semblant de bonheur juste pour s’accrocher – s’accrocher à la vie l’espace de quelques secondes… jusqu’à ce qu’il tombe sans jamais se relever.

Et puis c’est Ginny qui flanche. Il voit flou mais il la sent s’accrocher à ses épaules, le visage dans son cou. La proximité tant familière le chamboule, le figeant dans cet instant, n’osant pas faire de gestes brusques. N’osant pas non plus cligner des yeux par peur que ça ne soit qu’une sale illusion de son esprit de vent. Mais la tension dans le corps de Ginny, il la sent ; c’est une requête désespérée, c’est une envie viscérale de s’accrocher à quelque chose, de toutes ses forces, loin des démons et des cauchemars, cherchant juste une source de confort pour s'ancrer dans la réalité abominable dans laquelle leurs vies ne tiennent qu’à un fil. Du bout des doigts, il effleure son dos, son toucher à peine perceptible, presque hésitant et maladroit. Il ferme les yeux, son nez enfoui dans les cheveux de Ginny et se retenant désespérément de l’attirer encore plus près, de la sentir plus vivante, de passer ses mains rugueuses et tremblantes sur son dos, de la serrer, serrer, serrer si fort, si fort qu’elle en aurait des marques sur sa peau diaphane, des marques de worship, pas de douleur, parce qu’il ne se sent vivant que lorsque leurs cœurs battent en rythme et sans ratés. Juste quelques secondes. Quelques secondes pour se rappeler qu’ils sont vivants et qu’ils ne sont pas seuls. Quelques secondes pour qu’elle trouve le calme dans cette étreinte forcée, dans son effleurement presque inexistant. Dis-moi ce qui t’arrive, Gin… C’est douloureux. Douloureux, douloureux, douloureux, putain pourquoi est-il condamné sans même connaître le bonheur – ah, qu’il aimerait tout foutre en l’air juste pour Ginny. Mettre leurs démons au placard et ne vivre que des sourires de Ginny et rien d’autres. Qu’il est stupide, stupide, stupide, de même envisager une chose pareille mais il n’y peut rien, Harry n’est qu’un enfant ayant grandi trop vite, manquant de tout, avec un creux énorme dans le cœur qu’il n’a jamais réussi à combler. Il n’est qu’un gamin qu’on a gavé comme un porc pour mourir à l’abattoir. Espérer quelque chose de Ginny, un peu de bonheur, quelque chose de meilleur, c’est tout ce qu’il a, c’est tout ce qu’il mérite.

Et Ginny se détache brusquement et laisse un trou béant dans son cœur. Il se sent stupide, incroyablement stupide et ignoble, parce qu’il l’a touchée. « Gin… je suis désolé, je voulais pas… » te mettre dans cet état, pardon, pardon, je t’aime, je t’aime tellement que c’en est douloureux, je ne voulais pas te faire du mal… Mais il ne termine pas sa phrase, s’assoit à son tour dans son lit, fixant le dos de Ginny qui tente de se calmer, loin de lui, le plus loin possible et même si la distance qu’il a lui-même causée est insupportable, il n’ose pas faire un autre mouvement brusque dans sa direction. Il passe son bras sur la table de chevet et saisit ses lunettes pour les caler sur son nez et passer ses mains dans ses cheveux. Sans contrôler ses souvenirs, les mots de Malfoy, prononcés un an plus tôt, le frappent. « Tu sais qu’elle, elle ne l’est pas ? Vierge je veux dire. Ces ordures de rebuts ne pouvaient pas ressortir comme neufs des camps d’entraînement, après tout. » Il ignore si Malfoy avait balancé ces mots juste pour le provoquer. Il ignore pour quelle raison il accorde même une importance à ce que sa Nemesis a osé dire. Il sait juste que les réactions de Ginny sont probablement liées à quelque chose qu’elle a vécu, loin, cloîtrée, seule, dans un état vulnérable, à la merci du plus impitoyable. Peut-être qu’il y a une part de vérité dans les propos de Malfoy. Et lui, Harry, vient juste de tomber dans la même catégorie  que les personnes qui lui ont fait du mal. « …je suis désolé… » répète-t-il si bas que même lui peine à entendre mais le dégoût de lui-même a rendu sa voix plus tremblante. « Jevaisbienjevaisbienjevaisbien ». Il a envie de lui que non, rien ne va, tout va de travers, qu’elle n’est pas en état, qu’elle ne l’a jamais été, qu’il vient de foutre en l’air le faible lien qu’ils avaient construit. Mais il sait aussi que Ginny se tournera vers lui lorsqu’elle se sentira prête, qu’elle ne le crucifiera pas pour une faute qui tord ses entrailles de dégoût envers lui-même. Il dégage ses mains de ses cheveux et serre inconsciemment les poings, la regarde sans même masquer le trouble désespéré qui déforme son visage. Il attend, il attend aussi longtemps qu’elle en aura besoin pour calmer la tempête qui déchire son cœur et reprendre le contrôle.

« H-Harry ? » Il est presque surpris lorsqu’elle prononce son prénom, ignorant combien de temps a coulé. « Oui ? » Sa propre voix est incertaine mais ça semble suffisant puisqu’elle se retourne vers lui, en tentant même un sourire. «Il y a une question que je veux te poser depuis quelques temps. » « Laquelle ? » «Lors de la fuite en 99, ma cousine- Celle qui est parvenue à s’enfuir, tu sais ce qu’elle est devenue ? » La question le prend au dépourvu tant il ne s’y attendait pas mais il creuse dans sa mémoire les maigres informations qu’il avait pu récolter au sujet de Mafalda. « Elle a survécu. Mais je n’en sais pas plus, désolé. » La savoir vivante semble pourtant sortir Ginny de sa crise d’angoisse, c’est l’interprétation qu’il en fait de son expression ; Ginny est devenue plus difficile à lire, ces temps-ci, conséquences de nombreux traumatismes superposés les uns aux autres sans lui accorder un moment de répit. Il a envie de l’aider, c’est vrai – mais il ne veut pas la forcer. Ginny a besoin de temps pour guérir de ses maux et vaincre cette lutte interminable contre ses propres démons qui demandent un effort si grand, pour une période si courte. Mais elle le surprend, avec sa question suivante : « Je peux rester cette nuit ? Je n’ai pas envie d’être- » qu’il interrompt aussitôt, brusquement. « Oui. Je n’ai pas envie d’être seul non plus. » Il la regarde faire une natte de ses cheveux, ses yeux suivant chaque mouvement attentivement ; dans une autre vie, il se serait chargé de lui faire sa natte mais dans celle-ci elle préfère le garder à une distance respectable. Mais cette distance, elle est prête à la réduire, petit à petit, sans forcer, sans attendre quelque chose derrière chaque geste ; elle se rallonge sur le lit, il recouvre leurs corps de la couverture sans même oser enlever ses lunettes. Les rideaux laissent filtrer la lumière extérieure et il ne veut pas rater quelque chose d’important. « Et si on allait voler, demain ? » Il ricane, l’envie de lui faire une pichenette sur le front lui prend ; il n’y a que Ginny pour lui proposer de voler dans une situation en guerre. « Ouais, je suis partant. Mais essaye de dormir maintenant. »







« Harry ? Ça va ? » Il l’entend à peine, ne sent pas non plus Ginny tirer sur sa manche, perchée sur son propre balai, à côté de Harry complètement perdu… perdu parce qu’il a cru voir Luna à l’instant. Et que maintenant il ignore si c’était une autre illusion causée par ses troubles ou le fantôme de son amie. « Tu vas me prendre pour un fou mais… j’ai cru voir Luna, là-bas. » L’absence de réponse l’intrigue, surtout qu’elle ne montre pas de signe évident de l’avoir entendu ; il se tourne vers elle, devenue muette subitement mais les sourcils de Ginny sont froncés. « Gin ? Tu l’as vue aussi ? » Sa question la sort de sa torpeur et elle remonte ses yeux vers lui, le teint devenant blême à cause du spectre de son amie décédée dans ses yeux noisette. « Si je te dis que je l’ai vue… plusieurs fois ? Que je lui ai parlé, même, en pensant halluciner ? Tu me crois ? » Il ravale durement sa salive, reporte son attention sur le point précis où il a cru voir Luna. Ils restent silencieux de longs moments, elle plongée dans les souvenirs que cette supposée hallucination a provoquée, lui se mutilant le cerveau à coup de scénarios improbables et pourtant… et pourtant, il a envie d’y croire. De croire que cette hallucination cache quelque chose de plus absurde qu’une réalité abordable. C’est un espoir infime, de ceux qu’il a nourris les premiers mois le décès de Luna mais… mais il ne les a jamais vraiment écartés de son esprit. « Viens, on va regarder de plus près. » En jetant un coup d’œil derrière son épaule, pour vois si Ginny le suit, Harry s’oriente sur son balai jusqu’à arriver en bas, touchant la terre ferme de ses bottines. Il remet son écharpe en place, cachant le bas de son visage là où durant plusieurs mois il s’était habitué à porter une barbe longue mais qu’il a dû s’en séparer récemment. Ginny le suit de près, ils ont atterri à l'endroit indiqué, cette hallucination qui a bloqué l’air dans ses poumons jusqu’à ce qu’il cligne des yeux et sorte brusquement de sa stupeur lorsque Ginny l’a appelé. Shit, qu’est-ce qu’il ne donnerait pas pour que cette hallucination s’avère réelle…

Grisé, l’adrénaline dans les veines, ses pas sont pourtant discrets ; simple habitude d’ancien Nocturne de se déplacer dans les forêts à la nuit tombée. Il se baisse, passant ses doigts sur le sol là où les traces sont encore fraiches. « Il y avait quelqu’un ici, c’est sûr. » Hallucination ou pas, au moins il est certain qu’il a vu quelqu’un. De son côté, Ginny inspecte la direction où mènent les traces de pas. « Les traces s’arrêtent brusquement ici, j’ai l’impression. Mais je n’ai pas senti de présence quand on jouait. Toi ? » Harry s’écarte pour contourner les traces inspectées et rejoint Ginny, scrutant à son tour l’arrêt brutal des pas. « J’ai senti quelque chose parce que quelqu’un nous observait. C’est à ce moment-là que j’ai… vu Luna. Mais… la personne était là bien avant et c’est ce qui est étrange, je trouve, qu’aucun de nous n’ait senti sa présence plus tôt. Là il n’y a personne dans les environs mais on pourrait fouiller. » Ginny acquiesce, prend le lead et s’engouffre entre les branches, Harry sur ses talons. Il remonte sa capuche jusqu’à cacher son nez et ses joues, ses mèches brunes masquant son front, laissant à peine voir ses petits yeux verts. Une autre habitude du camouflage nocturne et comme il commence à faire nuit, il ne sera pas détecté.

La fouille dure quelques heures, mais ils reviennent avec encore plus de questions sur le terrain qu’ils avaient réquisitionné pour voler. Il y avait quelqu’un, c’est certain. Ils auraient aperçu Luna, c’est également certain ; la probabilité qu’ils puissent halluciner tous les deux, à différents intervalles, est faible. Mais… mais il n’y aucune réponse à cette illusion dérisoire dans laquelle Luna serait vivante. C’est douloureux de s’accrocher à cet espoir, vain, qui les a poussés à étendre leurs recherches durant plusieurs heures. Mais leurs corps ne sont pas fatigués, leurs esprits en revanche, sont tiraillés par les questions, ils se noient dans la boue de leurs propres délires qui massacrent toute vérité rationnelle d’une Luna décédée, pour s’accrocher à la frénésie délirante, presque masochiste, presque probable, d’une Luna vivante. Et ils se sont convenus qu’ils reviendront également demain pour fouiller de nouveau, probablement les jours suivants, et les suivants, jusqu’à trouver une réponse concrète. Ou pas de réponse du tout. Ils se capables de tout avaler tant qu’on leur sert quelque chose relié à une Luna qui leur manque terriblement.

Tenant toujours son balai, Harry regarde Ginny, pensive, faire tournoyer le sien. Elle est probablement déçue qu’ils n’aient rien trouvé. Probablement triste, aussi, que même en sachant qu’ils sont à présents deux azimutés qui hallucinent sur une amie décédée, ils n’ont pourtant rien trouvé de tangible. En s’éclaircissant la gorge, Harry se positionne de nouveau sur son balai et se place devant Ginny. « Tu me fais confiance ? » Questionne-t-il, le sourcil arqué et le sourire en coin derrière son écharpe. Elle hausse d’abord les épaules, puis ajoute : « Pas avec des ciseaux en tout cas. » Il roule des yeux mais se retient de commenter ’c’était juste une seule et unique fois que j’ai massacré tes cheveux. Et ceux de Ron.’ Au lieu de répondre, il attrape Ginny pour la faire passer sur son épaule en dépit du cri outré qu’elle lui lance. « Dépose-moi tout de suite ! » « Non. » D’une main, il tient le manche de son balai et de l’autre, il tient fermement Ginny sur son épaule, position plutôt inconfortable mais qui provoque tout de même une bonne injection d’adrénaline lorsqu’il s’élance en l’air, le plus haut et le plus loin possible. Il tenterait bien quelques figures dangereuses mais la peur d’être imprudent et que ça se répercute sur Ginny est plus forte que son envie d’adrénaline. Il tournoie, cependant, quelques minutes, avant de s’arrêter et de fixer le sol. « Accroche-toi. » Doucement, il ramène Ginny pour l’installer sur son balai, face à lui, loin de tout, loin des ennuis. La distance est dangereuse mais ils ont déjà fait pire par le passé, se défiant d’aller plus loin, plus loin, jusqu’à ne plus sentir leurs muscles et ne faire qu’un avec le vent mordant. « Désolé, c’était trop tentant de te porter comme un sac à patate. Mais tu n’es plus aussi légère qu’avant, faut le dire, madame gorille. » Il abaisse son écharpe et même sans le voir, il sait que ses joues sont aussi rosies que celles de Ginny – et oh. Il cligne plusieurs fois des paupières, le reflet des étoiles dans les yeux noisette de Ginny frappe Harry de façon soudaine. Il a tellement envie de prétendre, de prétendre que tout est okay, qu’ils sont sains et saufs, que tout est comme avant, qu’il peut l’embrasser comme avant. Il a envie de prétendre, juste pour un instant, qu’ils ne sont pas maudits, qu’ils peuvent prétendre vivre une vie. Quelque chose de normal, quelque chose d’heureux, quelque chose dont il rêve depuis qu’il est petit. Mais il ne peut pas. Il ne peut pas lui infliger ça.

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I like a quiet life, you know me.
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