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sujet; dans le bleu de l'absinthe ✻ harmony

HERO • we saved the world
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‹ âge : vingt-trois (31/07/80)
‹ occupation : décédé depuis le 24/08/03.
‹ maison : Gryffondor
‹ scolarité : 1991 et 1997.
‹ baguette : en bois d'aubépine, mesure 30 cm et a en son cœur un crin de licorne (anciennement à Draco Malfoy) ; je suis également le maître de la baguette de Sureau.
‹ gallions (ʛ) : 5521
‹ réputation : je suis un dude très cool maintenant que j'ai tué Voldemort (rip).
‹ particularité : Fourchelang.
‹ faits : j'ai beaucoup changé, je suis devenu froid et maîtrisé, prudent et confiant ; les foutues répercussions de la guerre qui m'ont fracassé la gueule. Parmi les Insurgés, je suis Specs, anciennement parmi l'un des leaders des Audacieux. Membre du conseil de la RDP – les seuls étant au courant que je suis en vie. J'ai passé un marché avec Drow : 80 années de ma vie en échange d'un talisman prévu pour détruire l'horcruxe en moi.
‹ résidence : au 12 Grimmauld Place (Sirius m'a désigné comme étant son héritier pour reprendre la demeure familiale des Black).
‹ patronus : un cerf
‹ épouvantard : un détraqueur (la peur elle-même).
‹ risèd : mes parents, une femme et des enfants - une famille complète.
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dans le bleu de l'absinthe

hermione & harry


L’horreur du monde et l’horreur dans sa caboche sont similaires, insatiables et pernicieuses, fades et maudites, mais surtout… elles sont éternelles. Sans fin, sans répit, uniquement du dépit teinté de colère. Harry a crucifié son cœur. Remplacé ses émotions. Tout, tout, tout a été remplacé. Par des fantômes. Ses fantômes, ce sont sa culpabilité et sa douleur. Et ses fantômes sont beaucoup trop nombreux, ils le suivent et le poursuivent. Dans les pupilles même les plus éloignées, il les voit… ses fantômes sont toujours là. Parfois terrés dans un compartiment de son cerveau, parfois complètement relâchés. Ils se baladent entre les humains, entre le sombre et l’étincelant. Mais tout n’est qu’un morbide clair-obscur aux contours étiolés et écorchés, les éraflures du tableau remplissent entièrement le cadre et dissimulent Harry. Lui et ses foutues réflexions, ses soupirs de lassitude, sa détermination renforcée ; juste Harry. Après tout, il a perdu la flamme, cette étincelle dans ses yeux verts, transformés en fentes dangereuses par le sel de ses sanglots enfantins. L’enfant n’est plus, l’homme ne pleure plus. Reste stoïque, de marbre, encaisse. Mais cet homme a la rage dans les entrailles et dans son cœur crucifié, la rage contre cette guerre interminable dont les morts ne cessent de s’accumuler sur ses cornées. Cette colère, il l’a transformée en arme même si le prix qu’il a payé a été une part de son humanité. Une part insipide mais pourtant importante. Une petite part qui l’a rendu robotique, presque insensible et beaucoup trop détaché. De tout, des émotions, des chaînes. Rien ne semble lui faire changer d’avis et rien ne pourra le faire tant que cette guerre sévit. Tant que les vices et les morts s’égrènent, il n’y aura pas de répit. Pas de répit pour les soldats, ceux qu’on envoie à l’abattoir au moment venu. Ceux qui sont nés pour crever la gueule ouverte.

Aujourd’hui, nous sommes des pions à genoux. Demain, nous serons des fous. Des fous qui ne verront sans doute pas le jour se lever, qui ont eux-mêmes creusé leurs propres tombes. C’est le foutu destin des héros, ceux qui ont égaré sourire et sympathie pour l’angoisse et la mine renfrognée. Les traits tirés, Harry balaye de sa main gauche ses fantômes dans le miroir. Il aimerait bien les sceller dans la glace pour qu’ils affrontent l’étain et s’écrasent contre la boiserie du cadre. Qu’ils restent là, loin de lui, loin de ses pensées maudites qui ternissent ses yeux, les jettent dans le noir. C’est pathétique de se rendre dans cet état, d’être diminué, de n'être rien. C’est pathétique, oui, il est pathétique. Pathétique et toujours aussi aveugle. Aveuglé par l'envie d’y mettre un terme pour de bon, oui, aveuglé par l’envie de voir de jolis sourires sur ses proches. Sa mémoire défectueuse tire dans les décombres une image d’Hermione qu’il tourne et retourne dans son esprit, cherchant les sourires les plus anciens pour se les greffer sur les rétines. Même les plus enfantins, ceux de leur première année, cette enfant aux yeux bruns dans lesquels il a vu de l’or. Il secoue sa tête, la tourne à gauche et à droite, sans voir personne aux alentours. Personne à côté. Mais l’envie est là, l’envie de la voir, l’envie de lui parler, de mettre de côté les recherches et se laisser aller à la douceur et la tendresse. Mais à cette pensée, il ne peut retenir le rictus acide. Tellement longtemps qu’ils n’ont pas eu ce genre de moments, tellement longtemps qu’ils sont enfermés dans ce cercle vicieux, dans ce tunnel noir dans lequel il n’y a pas de sortie, hormis un gouffre inextricable. C’est la bêtise qu’incombe la guerre, la bêtise qu’incombe l’abominable. Les mains dans les poches, la nonchalance se gravant sur son corps, il prend la direction de la tente d’Hermione. Mais son pas ralentit lorsqu’il la voit, derrière lui, à quelques mètres, se dirigeant probablement vers sa tente. Le chemin qu’elle emprunte semble tellement familier qu’elle se permet même de garder ses yeux fixés sur le grimoire dans ses mains, sans même faire attention à Harry. Ce dernier ne peut empêcher les traits de son visage, d’habitude durs, se détendre et s’étirer en un sourire sincère. Un peu timide, un peu faible, mais pourtant bien présent. « Hermione. » souffle-t-il en la faisant sursauter, à un mètre de lui à présent. Le sourire du Survivant s’élargit malgré lui, fier intérieurement de l’avoir surprise. Un peu de légèreté pour reposer les esprits et oublier un instant cette atmosphère tendue. Un peu de douceur, quelques rires, un peu d’amitié. Juste un peu, juste entre eux. « Tu me laisses entrer ? » demande-t-il en faisant un geste vers la tente de sa meilleure amie, même s’il sait que sa question est inutile. Il y a longtemps qu’ils ont égaré la gêne et les questions futiles dans les égouts, se contentant de plonger entièrement dans cette chose précieuse qu’on appelle l’amitié. Qui est si peu différente de l’amour mais également tellement similaire. Son sourire ne quitte toujours pas son visage, mince, ce petit moment de légèreté a réussi à éloigner les pensées moroses de sa caboche. Même les fantômes semblent être ailleurs, comme soufflés dans le vent par la simple présence d’Hermione.

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I like a quiet life, you know me.
Gnawing on the bishops, claw our way up their system, repeating simple phrases, someone holy insisted. I want the markings made on my skin, to mean something to me again.


Dernière édition par Harry Potter le Ven 4 Mar 2016 - 1:05, édité 1 fois
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‹ dialogues : 'bisque'


‹ âge : 23 ans
‹ occupation : la troisième personne la plus recherchée d'Angleterre.
‹ maison : Gryffondor
‹ scolarité : 1991 et 1997.
‹ baguette : est en bois de vigne et contient du coeur de dragon.
‹ gallions (ʛ) : 3084
‹ réputation : je suis la tête pensante derrière Potter.
‹ faits : je me pense en partie responsable de la durée de la guerre.
‹ résidence : chez les audacieux.
‹ patronus : une loutre à la douceur trompeuse
‹ épouvantard : le corps inanimé de Luna.
‹ risèd : une démocratie stable et égalitaire pour la communauté sorcière.
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⊹ DANS LE BLEU DE L'ABSINTHE ⊹

Hermione avait découvert des années plus tôt que sembler occupée était un moyen fantastique d’être laissée en paix. La manœuvre avait hanté ses années de primaire – solitaire, évidemment, car déjà à cet âge-là on se moquait des je-sais-tout -  et le début de sa scolarité à Poudlard et si la jeune femme n’avait pas vraiment eut recours à ça par la suite, pas souvent du moins puisque se sentant à sa place, elle s’était laissée prendre aux jeux à nouveau lorsque la pression sur ses épaules avait commencé à la faire plier. Les gens en attendaient beaucoup, beaucoup trop sans doute. Elle pouvait comprendre, mais encaisser était autre chose, alors le nez dans les pages jaunies d’un grimoire malmené par le temps, les conditions de vie des insurgés et l’usage extensif qu’Hermione pouvait en avoir, elle se cachait en pleine vue. C’était aussi une excuse pour continuer ses recherches frénétiques. Elle avait parfois l’impression de tourner en rond et bien souvent, elle se retrouvait à culpabiliser, redoublant alors de ferveur, ayant besoin de comprendre, besoin d’avancer. Une nécessité maladive d’avoir l’impression de faire quelque chose avant qu’il ne soit trop tard, avant que tous ne perde patience, ne perde espoir.

Plongée dans ses pensées, les doigts crispés autour du cuir brun abimé, elle n’était pas vraiment productive. Trop préoccupée, sans doute. Si elle parvenait à chasser au loin – même si c’était temporaire – l’idée d’un jugement sévère porté sur elle, la jeune femme ne parvenait pas pleinement à se concentrer. Son esprit butait sur le même problème, encore et encore, cherchant une solution dans les méandres de conséquences. Comme un étau, le temps n’arrangeait rien et à mesure que les jours s’égrainaient et qu’ils n’avançaient pas, pas assez en tout cas, elle s’impatientait, s’en voulait et, accessoirement, en voulait aux autres d’avoir tant attendu d’eux. Encore et encore, ses iris glissaient sur la même phrase mais elle ne voulait pas les mots autrement que comme des petits symboles incompréhensibles, ce qui avait le don de la frustrer encore d’avantage. Combien de temps tiendraient-ils dans le froid ? Pouvait-elle s’offrir le luxe de ne pas savoir ? Etait-ce possible de finalement embrasser les doutes et retenus des autres insurgés et de rendre les armes, ne serait-ce qu’un instant, pour faire cesser le vacarme incessant formé par peur, colère, attentes et plans s’entrechoquant tantôt les uns contre les autres, tantôt contre les parois de son crâne ?

Serrant ses phalanges un peu plus fort autour de l’ouvrage, elle chassa bien loin l’idée d’un semblant de répit. C’était lâche, égoïste, elle ne pouvait pas se permettre de penser à ça. Pas quand le murmure incessant de l’impatience couvrait presque les voix qui montaient depuis la rue commerçante en contre-bas, pas quand ils guettaient une avancée, pas quand les mauvaises nouvelles s’entassaient chaque jour un peu plus… Elle, elle avançait sans lever les yeux, retournant s’isoler dans sa tente, planquée aux yeux de tous. Ou Presque. Elle filait sans redresser sa nuque parce que l’idée d’être attirée dans une conversation grave et solennelle ne la tentait guère, présentement, fautes de résultats à donner aux potentiels interlocuteurs… Persuadée d’être invisible, rat de bibliothèque filant entre les ombres occupées, elle sursauta lorsqu’on l’interpella, son prénom s’élevant au milieu d’une foule qui, par habitude, préférait à présent l’appeler par son patronyme ou par le surnom dont on l’avait à moitié affublé au sein de la résistance.  Presque aussitôt, alors que sa conscience rattrapait le myocarde surpris qui s’était légèrement emballée, elle se retrouva à adresser un sourire à Harry qui se tenait non loin. « Tu me laisses entrer ? » demanda-t-il, indiquant la tente vers laquelle elle s’était dirigée et bien vite, elle hocha la tête, comme un peu prise de court mais n’ayant pas besoin de le fuir lui. Pour lui, elle voulait parfois arrêter, arrêter avant qu’il ne soit trop tard… mais pour lui, elle savait également qu’elle n’avait pas d’autre solution que de continuer, incapable d’envisager une réalité où elle l’aurait abandonné. S’ils n’avaient plus beaucoup de repères dans ce chaos, dans cette incertitude, au moins l’un avait l’autre et inversement.


Refermant le volume dans lequel elle s’était réfugiée, elle pressa le pas jusqu’aux quartiers qu’elle partageait avec Luna et, accessoirement, avec Pansy Parkinson et sa fille. Tirant le pan de tissu et précédent Harry, non pas par manque de politesse mais espérant juste pouvoir faire volte-face et fuir si jamais l’intruse était présente, elle laissa filer un soupir de soulagement en constatant que les lieux étaient vides. « Installe-toi, je… » Commença-t-elle, pointant en direction du couchage d’appoint qu’elle occupait généralement mais elle s’arrêta net en réalisant qu’il était jonché de parchemins, livres, notes éparses qu’elle se précipita d’aller pousser. Il n’y avait rien de sensible, c’était d’ailleurs pour ça que ça trainait sans protection, mais le désordre suffit à empourprer ses joues quand pourtant elle n’avait pas à avoir honte d’un quelconque laissé-allé. Il s’en moquait surement, et puis ils avaient vu pire. Attrapant un carnet usé jusqu’à la corne, oubliant que la reliure n’était plus de ce monde, elle bougea trop vite et une volée de feuilles se retrouva au sol. « By Merlin’s… » Siffla-t-elle, se reprenant avant d’ajouter « J’ai tellement perdu l’habitude que ce soit calme, ici, que je m’y perds. » un léger sursaut d'agacement perçant dans sa voix.

Elle passa une main dans ses cheveux, inspirant profondément et continuant à ranger, sentant ses dents claquer un peu. « Tu peux faire du feu ? » demanda-t-elle, sans doute trop brusquement, complétant presque immédiatement. « S’il te plait ? Pardon, je. Peu importe. » Et d’un revers de main, elle balaya la contrariété au loin, poussa les derniers feuilles occupant la maigre surface confortable et observa le jeune homme pour faire comprendre qu’il avait son attention. Toujours, même s’il devait parfois lui tirer le nez d’un bouquin, comme le souvenir immuable d’une époque révolue mais au combien plus simple.

Spoiler:
 

• • •

and Into the darkness they go, the wise and the lovely ;

take the ruthlessness, the desperation, some broken parts, a lonely heart and also take some weapons forged in the darkest, most violent gardens of hell. add sleepless nights and relentless fights, absolute chaos and the utmost desire to do more, to be more... that's what she had become : not a person but a collection of defining traits that didn't make much sense in the world she had so desperately fought for.

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Quand Hermione était jeune, elle avait trouvé refuge dans les livres. Harry avait trouvé son exutoire dans sa collection de pierres. Il était persuadé que les petites pierres dans ses mains représentaient les immenses étoiles dans le ciel. Il s’imaginait qu’elles l’écrasaient de leur grandeur, de leur splendeur. Dans sa minuscule chambre sous l’escalier, il avait collé plusieurs pierres au plafond en guise de ciel artificiel fait d’anthracite, s’imaginant dormir à la belle étoile, à l’orée de la liberté. S’imaginant aussi voyager d’étoile en étoile, rencontrant de nouvelles espèces, de nouveaux mondes emprisonnés dans les étoiles – c’était sa façon de garder les pieds sur Terre. De s’occuper l’esprit, d’éloigner la solitude, de chasser regret et déception. De penser aussi à ses parents. Un peu. D’esquisser leurs traits vieillis et leurs cœurs battants, de les imaginer sur une étoile, vivants.

Et puis un jour, Dudley avait tout jeté dans la mer.

Les pierres s’étaient éclatées sur le basalte informe et les petits morceaux sauvés avaient préféré rouler et se noyer dans le bleu. Mais le monstre avait oublié la plus précieuse, la pierre de cornaline, qu’Harry avait gardée dans la main, la sauvant des griffes du Troll. Il l’avait sauvée, nettoyée, soignée et rangée dans un recoin secret de la maison. Jusqu’à l’oublier, là, seule parmi les monstres vivant à l’intérieur de l’escalier. Il l’a oubliée durant de longues années. Avant de rencontrer Hermione et d’y voir un peu de cornaline dans ses yeux – Merlin, qu’elle est belle. Même ses cheveux ébouriffés, ennemis de la brosse, ne changeaient rien à la lueur dans ses yeux, cette même lueur qui l’hypnotisait, qui le poussait vers elle de plus en plus, faisant d’Hermione le pilier manquant de sa vie – une meilleure amie. Et il s’en est fait la promesse. Celle de lui offrir un pendentif en cornaline, quand il n’y aura plus de guerre, quand il n’y aura plus de calvaire. Une promesse gravée au fer rouge dans sa mémoire, dans une petite boîte écaillée contenant des « si on s’en sort demain, si on est toujours vivants ». Peut-être qu’il se trompe, peut-être qu’il se noie dans le faux, peut-être qu’il n’y a pas de lendemain. Peut-être qu’il n’y a que ce voile, fin, tissé de détermination et de lassitude mais qui s’effile au fil du temps. Bientôt, il n’y aura plus de voile. Bientôt, il n’y aura plus de détermination. Uniquement la lassitude et l’écœurement. Il passe inconsciemment un doigt sur son poignet et sent son pouls, stable, sans le tumulte que ses pensées de tonnerre provoquent. Ils sont vivants, ce soir, vivants mais amers, l’acidité du monde a causé sur leurs corps de nouvelles zones d’ombre. Et leur jeunesse, dans tout ça ? Oh, rien, la guerre est simplement venue avec ses godillots de pierre et leur a fracassé la gueule.

« Installe-toi, je… » Il hoche vaguement de la tête, laissant ses yeux voyager sur les affaires d’Hermione et ses colocataires. À chaque fois qu’il met les pieds dans ce sanctuaire de filles, il trouve quelque chose de nouveau qui attire toujours son attention. Cette fois-ci, c’est le désordre inattendu du couchage, causant l’embarras chez sa meilleure amie. Il arque inconsciemment un sourcil, prêt à faire une remarque pour la taquiner mais se retient de justesse ; il n’a pas envie de contrarier Hermione, surtout pas pour des futilités pareilles. Alors il arrange son visage et y accroche un petit sourire sincère qu’il lui offre lorsqu’elle pousse les affaires pour lui faire de la place. « J’ai tellement perdu l’habitude que ce soit calme, ici, que je m’y perds. » Il se sent coupable de la déranger dans sa soirée, de l’ennuyer alors qu’il n’a rien d’important ou d’intéressant à lui montrer, il a simplement eu envie de la voir. Et lui parler, de tout, de rien, retrouvant un peu du passé dans ce présent mal-formé. Ces discussions enflammées qu’ils avaient pour arme, cette légèreté qu’était leur étendard. Il reste planté au beau milieu de la tente, sans s’approcher du couchage, attendant qu’elle lui demande de partir et qu’ils se reverront demain. Mais Hermione ne le chasse pas. « Tu peux faire du feu ? » Et les coins de ses lèvres s’étirent un petit plus, rendant son éclat d’autrefois à son sourire devenu maladroit. « S’il te plait ? Pardon, je. Peu importe. » Il ricane légèrement, se dirigeant vers le tas de bois pour leur cheminée artificielle. « Oui, bien sûr. T'excuse pas. » Sur un support ovale, il y place quelques branches et sort sa baguette pour faire du feu et pour y créer l’espèce d’alcôve qui garde les flammes scellées sans qu’elles n’attaquent le tissus de la tente. Lorsque le feu envahit légèrement les fibres de son pull, il frotte ses mains l’une contre l’autre avant de se tourner vers Hermione et lui jeter un coup d’œil en biais. « Ça m’avait manqué… » En quelques pas, il arrive doucement près d’elle et prend place à ses côtés sur le couchage, reposant doucement sa tête sur l’épaule de sa meilleure amie. La cornaline est toujours là, au fond de ses yeux, au fond de son cœur mais elle est cornée de toutes parts, rêche et lasse, perdant peu à peu espoir.

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⊹ DANS LE BLEU DE L'ABSINTHE ⊹

S’arrêter et respirer semblait parfois vital, mais c’était un jeu dangereux parce que s’arrêter et respirer, c’était prendre le risque de se faire heurter de plein fouet par l’improbable folie, l’impossible violence, l’immuable chaos qui les entourait. Bien sûr, ils n’avançaient pas sans savoir les risques qu’ils courraient. Ils en avaient conscience, comment passer outre pareille évidence, comment faire fie d’une telle menace, constante, mais avec l’élan, avec le mouvement, la force de l’habitude, les responsabilités chaque jour nouvelles mais chaque jour présentes, il était presque aisé de continuer. Le moindre geste demandait un effort, oui, mais s’ils ne s’autorisaient aucun répit, ils avaient moins le temps de redouter la suite, de réfléchir aux issues possibles et de réaliser que leurs chances étaient mauvaises au mieux, suicidaires au pire. Audacieux, ils devaient l’être, drapés d’une sorte d’insolence face à la folie des hommes. Audacieux, ils se devaient de l’être, parce qu’il fallait continuer jour après jour. Dans le silence de la tente, pourtant, seulement brisé maintenant par les craquements du feu qu’Harry venait de conjurer, tandis qu’elle attendait que la chaleur se propage, elle était arrêtée. Immobile pendant un instant, un instant de trop peut-être, plantée là avant de se laisser tomber sur son couchage. Quelque part, ces pauses lui faisaient peur. Quelque part, elle regrettait presque les pleures du bébé et les plaintes de Parkinson parce que si elle avait attendu ce silence, ce calme, ce repos, elle réalisait à présent que le bruit l’avait empêché de trop réfléchir, d’être seule avec la réalité. Au fond, elle ne savait pas exactement ce qui était le pire. Les doutes et la peur n’étaient surement pas au sommet de la liste de ses préférences, cependant, mais comme souvent, elle ravala ça, enfermant sa rhétorique, sa logique, tous les outils qui avaient fait d’elle une élève brillante, toutes ces choses qui à présent lui hurlaient que c’était peine perdue. Devant Harry, ça n’avait pas sa place. Jamais. Il en avait assez à gérer pour ne pas avoir à la rassurer elle.

Oh, bien entendu, elle avait envie de se plaindre, envie de le secouer en lui demandant s’il pensait vraiment que ça en valait la peine, qu’ils avaient la moindre chance. Elle n’avait pas besoin de le faire cependant. S’il y avait une personne dans ce campement qui connaissait le poids de la cause et dont les épaules se faisaient labourer par la charge à porter, l’étendard à brandir, la flamme à entretenir, c’était Harry. Elle se doutait bien que d’une manière presque tacite, ils n’avaient pas besoin de mettre des mots sur tout ça, qu’un regard était assez, assez pour savoir qu’ils portaient la même croix ou, en tout cas, qu’elle essayait de l’aider à porter son fardeau. Les tourments étaient un peu devenus siens, au gré des sacrifices et des dangers, mais définitivement, elle n’avait pas à le pointer du doigt en le traitant d’inconscient, en demandant des comptes quant à cette entreprise dénuée de prudence. Il savait, elle savait, un poids de plus sur leur échines.

« Ça m’avait manqué… » souffla-t-il, s’approchant pour venir s’installer à côté d’elle. Bien vite, sans cérémonie, il vint poser sa tête sur son épaule et elle ne s’éloigna pas. Au contraire, à son tour elle alla appuyer sa tempe contre lui, fermant un instant les yeux et inspirant peut-être – sans doute même – un peu trop fort. Une pause. Une pause dangereuse qu’il fallait meubler pour ne pas que s’étiole l’illusion de contrôle qu’ils affichaient tous. Ce n’était pas qu’elle voulait lui mentir, non, c’était autre chose. C’était cette promesse qu’elle s’était faite des années plus tôt, celle de le soutenir, d’être là, de tenir bon, encore un peu. « A moi aussi » souffla-t-elle, sans réellement savoir ce qu’il voulait dire, sans savoir s’il parlait du calme, d’un tête à tête, de la simplicité de l’instant. Au fond, peu importait réellement puisqu’elle pouvait se retrouver dans tous les choix possibles. « Il nous manque un paquet de bonbons, Ron endormi après s’être empiffré et… well, les fauteuils de la salle commune étaient un peu plus confortables que ça, mais on n’en est pas si loin, n’est-ce pas ? » murmura-t-elle, se disant que tant qu’ils étaient ensemble, ils trouveraient toujours un gout d’avant, un gout d’habitude. Ils s’étaient constamment retrouvés face à des plans douteux et des menaces grandissantes. Il n’y avait rien de neuf ici, pas vrai ? Ce n’était pas pire que d’entrainer une armée d’adolescents, pas pire que d’entrer par effraction au Ministère ou à Gringotts alors qu’ils n’avaient été que des gamins. L’insurrection était dans leur sang depuis des années, c’était une suite logique. Des conspirations en pyjama au cœur de la salle commune des Gryffondors, ils étaient passés à une planque peu accueillante mais l’esprit était encore là. Sans bonbons, devoirs à rendre ou match à préparer. « Je me demande ce que fait Pattenrond… » souffla-t-elle, sans transition, fronçant un peu le nez face au questionnement incongru, étonnée d’y penser soudain. « Je ne suis pas certaine qu’il aurait apprécié Naga, ceci dit » ajouta-t-elle, avant de rire un peu, un sursaut court et fugace qui dû secouer un peu Harry dont la tête était toujours sur son épaule. « Pardon » ajouta Hermione alors que le rire s’étendait un peu « Je l’imagine en train d’essayer de le chasser comme un lézard, à déchiqueter les tentes et à faire sa loi dans le campement… Malheur… » et elle passa une main devant son visage pour cacher un peu son expression. Peut-être était-ce la fatigue, ou bien le fait qu’elle n’avait pas ri depuis longtemps, mais alors qu’elle se retenait de son mieux, la scène se peignait dans son esprit encore et encore, absolument absurde mais d’une légèreté salvatrice.

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