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sujet; 31/10/1981 [Raben #2]
MessageSujet: 31/10/1981 [Raben #2]   Lun 9 Nov 2015 - 22:19

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« Où est-ce que tu crois aller ? » Il soupire, la main sur la poignée de la porte : lui qui pensait avoir été discret… Par Merlin, cette femme était plus à l’affût qu’une harpie affamée ! Il pourrait ignorer la question, ouvrir cette putain de porte et la claquer dans son dos. Sortir sans un mot. Mais elle était capable de le poursuivre sur le pallier, il suffisait qu’elle soit d’humeur hargneuse, et l’expérience lui avait mille fois prouvé qu’elle était plus souvent hargneuse que douce. Ses dents sont serrées et sa mâchoire contracté dans un sourire on ne peut plus faux lorsqu’il se retourne vers elle pour lui répondre : « Je sors voir un ami, nous allons boire un verre. » « C’est un code pour "torturer, tuer et massacrer" ? » Merlin c’est qu’elle faisait de l’humour en plus ! « C’est un code pour "je ne veux pas passer ma journée avec toi, laisse-moi sortir un peu sale harpie". » « C’est ça, insulte moi devant les enfants ! » Et le petit geste emphatique en direction du salon où Cedrella, dans son parc grignotait avec une joie conséquente des petites peluches ensorcelées qui courraient partout autour d’elle, où Aramis s’entraînait à on-ne-sait quelle cascade périlleuse sur le canapé, où Arsenius se tenait assis sur le tapis, ses yeux rivés sur eux. Lui il les écoute. Cette pimbêche ne se lassera jamais de jeter les trois bambins au beau milieu de leurs disputes, elle savait certainement que c’était son seul moyen de s’en sortir. Rabastan poussa un long soupir, plus menaçant qu’autre chose. Sa voix baissa, toujours ce faux et douloureux sourire aux lèvres il s’approcha d’elle. Juchée sur talons d’intérieur, Elena le regardait venir, les bras croisés contre sa poitrine, les yeux chargés d’une inimitié profonde que l’on ne peut rencontrer que chez les couples. Arrivée près d’elle, il se pencha. Même dans des mules qui la grandissent de huit bons centimètres elle restait petite par rapport à lui : « Je continuerais à t’appeler sale petite harpie tant que tu continueras de me traiter d’assassin devant mes enfants. » Arsenius est bien trop loin pour entendre le murmure qu’il lui glisse à l’oreille. Pour donner le change il embrasse la joue blanche de son épouse. Il la sent frissonner et se raidir. « Je ne reviens pas tard chérie, je serais à l’heure pour voir nos petits monstres se déguiser. » Ce soir c’est Halloween et ils auront le droit à une petite Cedrella-fantôme, un Aramis-squelette et un Arsenius-vampire. « On va te manger papa ! » lui assure avec joie son aîné qui parait se rassurer en entendant cette dernière phrase. Rabastan lui sourit, cette fois sans difficulté. « Faudra d’abord m’attraper, petit monstre. Allez viens faire un bisou. » Il s’agenouille pour le prendre dans ses bras quand le petit vient jusqu’à lui pour l’embrasser sur la joue. « Papa rentre dans pas longtemps, tu vas être bien sage en attendant, n’est-ce pas ? » Le petit hoche la tête, Rabastan le lâche et se redresse : « Bisous Aramis, bisous Cedrella, à tout de suite ! » « Giwouuu. » marmonne la petite sans retirer de sa bouche la pauvre peluche à demi-mâchonner, « Bizou papa ! » répond Aramis à son tour, interrompant ses pirouettes un instant pour souffler un bisou volant à son père qui fait mine de l’attraper avant de retourner vers la porte. Il l’ouvre, sort et la claque dans son dos, sans se retourner. Il n’avait pas besoin de regarder derrière lui pour imaginer l’air furibond de Madame Lestrange. De toute manière qu’il sorte ou non n’aurait pas changé grand-chose : depuis un certain temps il n’y avait plus de répit entre le mari et la femme, ils se disputaient s’ils restaient dans la même pièce trop longtemps, ils se disputaient s’il tentait de l’éviter au sein même de la maison, ils se disputaient quand il tentait de sortir, ils se disputaient dès qu’ils essayaient de parler, quel que soit le sujet de conversation (les plus houleux restaient cependant ceux qui concernaient les enfants ou les activités de Rabastan). Tout le temps, tours les jours. Et toujours s’arranger pour donner le change face aux enfants pour ne pas les inquiéter… Rabastan savait que ça ne pourrait pas durer indéfiniment mais il était prêt à tous les faux sourires du monde si ça permettait à ses trois trésors de grandir dans un semblant de famille unie.

Il marcha plutôt que de transplaner, pour s’aérer l’esprit. Cette femme avait le don, le putain de don, de l’agacer. Il aurait du continuer l’Étude des Runes pour ne pas avoir à se la coltiner, sincèrement est-ce que son père aurait pu choisir pire ? Une MacMillan… Son beau-frère avait eu un enfant, du même âge que Cedrella. Ernie qu’ils l’avaient appelé. Ernie MacMillan. Et dire qu’il était le fier oncle de Ernie MacMillan. Son père avait du pourtant remarquer que ce mariage puait la mésalliance. Mais bon, que son père ait voulu l’humilier à demi en le mariant avec une femme issue d’une famille de niais (sang pur, certes, mais niais tout de même) n’était pas une idée à rejeter. Ernie MacMillan ! Merlin merci il n’était pas le parrain. Tout en songeant à son bambin de neveu qui illustrerait très certainement avec un nom pareil dans les années futures le terme « médiocrité » dans les encyclopédies, Rabastan arriva au Chaudron Baveur qu’il traversa sans prêter attention aux quelques personnes qui suivaient son passage d’un regard lourd. Personne ne disait jamais rien et personne ne savait réellement quelque chose mais tout le monde se doutait plus ou moins de qui pouvait se cacher sous les masques sombres qui faisait trembler l’Angleterre depuis un certain temps. Si les gens auraient eu à parier, nul doute que le nom de Lestrange figurerait assez haut sur les listes. Rodolphus plus que Rabastan toutefois. Le cadet donnait bien le change dans la société, être père aidait à se construire une image de bienveillance et plusieurs personnes n’arrivaient pas à imaginer que derrière le coté pile et paternel de la pièce existait bel et bien le coté face et bien moins agréable. Arrivé devant le mur de pierres nues il sortit sa baguette et d’un geste nonchalant guidé par l’habitude en fit glisser la pointe sur certaines, dans un ordre bien défini. Devant lui le mur s’ouvrit : le Chemin de Traverse était assez peuplé ce jour-là mais ce n’était pas vers la large route claire qu’il se dirigea, il se détourna assez vite de la foule pour se glisser dans une ruelle un peu à l’écart et qui menait vers un lieu qui était bien moins fréquenté que le célèbre Chemin. Un regard vers sa montre lui indiqua qu’il avait un peu de retard sur l’horaire prévu, il aurait peut être du transplaner… Cette vieille harpie…

Crochet à gauche et détour à droite, assez vite il arriva devant un établissement qu’il avait l’habitude de fréquenter ; l’Allée des Embrumes était un lieu où les gens comme lui, avec son nom et la réputation qui allait avec attiraient moins les regards. Il poussa la porte et entra, il n’y avait pas une foule monumentale mais quand ce genre de bar comptait plus d’une dizaine de clients à un même moment cela pouvait être considéré comme un évènement. Certains visiteurs avaient l’air franchement malsain, d’autres semblaient un peu plus dans la norme, quoiqu’il en soit aucun n’était bien terrifiant (mais quand on vivait avec Elena Lestrange, la notion de terrifiant devenait toute relative) et Rabastan s’avança entre les tables, saluant vaguement du regard un tel ou un tel. Du regard il cherchait celui qu’il était venu retrouver. Il ne lui fallut guère longtemps pour reconnaître la silhouette de son camarade, de dos. Il s’avança vers lui et posa sa main sur son épaule : « Owen Avery, lorsqu’il s’agit de travailler toujours le dernier à se pointer, mais dès qu’il s’agit de boire on ne trouve pas ton égal, n’est-ce pas ? », il tira une chaise pour s’asseoir à coté de son ami en lui donnant au passage une petite tape dans le dos, sa manière de lui dire bonjour. Il leva sa main, pour appeler un serveur ou une serveuse, constatant qu’Owen avait déjà un verre devant lui, certainement pour patienter avant son arrivée : « Désolé du retard mon vieux, mais tu connais Elena… » grimace suggestive « Je dois presque faire signer une autorisation par le Ministère en trois exemplaires si je veux pouvoir avoir l’insigne honneur d’accéder à son accord pour quitter la baraque. » Haussement de sourcils et râle agacé pour souligner sa lassitude : « Enfin je suis sorti vivant et je n’ai que… » regard vers sa montre « quinze minutes de retard. Tu as cru que je ne viendrais pas, hein ? Que je te laisserais tout seul pour me venger du coup que tu m’as fait il y a deux mois ? »    
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MessageSujet: Re: 31/10/1981 [Raben #2]   Mer 11 Nov 2015 - 19:15

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‹ inscription : 21/07/2015
‹ messages : 1765
‹ crédits : whorecrux <3.
‹ dialogues : #006666 (owen) #A0A0A0 (selma)


‹ âge : 43
‹ occupation : dans l'ombre du Magister.
‹ maison : serpentard
‹ scolarité : 1971 et 1978
‹ baguette : est en bois d'acacia rigide, possède un cœur en ventricule de dragon et mesure vingt-neuf centimètres.
‹ gallions (ʛ) : 3133
‹ réputation : la magie noire a rongé mon âme, dilué toute conscience, accru ma folie.
‹ particularité : fou.
‹ faits : ma soeur jumelle vit dans mon esprit dérangé, secret dont seuls quelques chanceux ont connaissance, que je suis aussi dérangé que peut l'être un sbire de Voldemort, que je n'hésite jamais à user de violences quand bien même elles ne seraient pas nécessaires, car la souffrance et les hurlements me font vibrer comme aucune autre drogue au monde. Mais qu'elles me sont infligées souvent par la main du Magister elle-même, car dieu sait combien de fois je l'ai déçu au cours de mes années de bons et loyaux (haha) services.
‹ résidence : Herpo Creek, dans la maison de mes parents, vide et délabrée; ruines.
‹ patronus : irréalisable, autrefois une hyène bien qu'elle ne soit apparue qu'une seule et unique fois sous forme reconnaissable.
‹ épouvantard : le baiser du détraqueur.
‹ risèd : la fin de cette insurrection qui amène autant de satisfaction que de souffrance.
Voir le profil de l'utilisateur http://www.smoking-ruins.com/t2376-it-s-just-the-night-in-my-vei
And if we should die tonight
Then we should all die together
Raise a glass of wine for the last time

« Que désirez-vous monsieur ? » Un tas de chose ma petite si tu savais. « Amenez-moi un whisky pur feu. Et vite, mon ami se fait attendre et j'ai le palais un peu sec je dois dire. » La serveuse le toisa d'un air peu amène auquel il répondit d'un sourire en coin, pas peu satisfait de la voir lui tourner le dos pour exécuter ce qu'il prenait pour des ordres. Certes c'était son boulot de se plier en quatre pour les clients, le client est roi dit-on, n'empêche qu'il ne comptait pas être aimable pour demander quoi que ce soit. C'était beaucoup plus amusant d'écoper de moues dédaigneuses plutôt que d'avoir un joli sourire et un « tout de suite à votre service » (même s'il estimait qu'elle aurait au moins du se fendre de ça, c'était le minimum syndical). Il faisait tourner un Gallion entre ses doigts, la pièce d'or taclant le bois de la table à chaque fois qu'elle retombait. Le son répétitif parut agacer son voisin le plus proche, qui souffla comme un bœuf en le matant comme s'il était prêt à le tuer. Il jubila d'autant plus, le nargua sans cesser son petit manège jusqu'à ce que la serveuse ne revienne -enfin, il était temps, il commençait à avoir soif. Elle posa le verre sans un mot puis repartit dans l'autre direction, où il la vit glisser un mot à sa collègue, sûrement pour se plaindre de ces clients qui se croyaient tout permis et ne disaient jamais merci. Rien de surprenant quand on regardait un peu autour de soi : en dehors de lui, quelques sorciers aux mines ravagées, aucune classe vraiment, c'était désolant. Il comptait bien être le pire de tous en attendant Lestrange, les pieds sur la chaise bancale face à lui comme l'affreux sans gêne qu'il ne se donnait aucun mal à être. Ce n'était pas la première fois que Rabastan et lui se donnaient rendez-vous ici. En dehors du fait que leurs rôles dans la plupart des tueries (ou autres joyeusetés du même acabit) commanditées par le Lord n'était plus vraiment un secret, et qu'il était largement préférable de se trouver là plutôt que dans un endroit bien fréquenté comme le Chaudron Baveur, il appréciait plutôt l'ambiance glauque qui seyait si bien à son humeur décadente. Ce n'était pas pour rien qu'ils avaient prévu ce rencard amical (non pas qu'ils aient besoin d'une bonne raison en temps normal pour se la coller après une mission cela dit). De une, ils avaient eu vent tous les deux des informations données par Pettigrew à leur Maître et ce dernier était certainement en train de mener à bien la mission qui l'obsédait depuis quelques temps maintenant. Nul doute que tout le monde allait profiter un minimum de sa satisfaction, une fois n'était pas coutume. De deux, la mort d'Evan à peine vingt jours auparavant avait mis un sacré coup au moral du Mangemort qui faisait de son mieux pour y survivre. Faire son deuil n'était pas chose facile et tirer un trait sur une amitié qui lui tenait tant à cœur était plus difficile encore, pour quelqu'un qui se fichait tant des autres en temps normal. C'était tellement plus simple. Et de trois, dernier point et pas le plus négligeable, ils étaient à la veille de fêter le vingt et unième anniversaire de Rabastan et pour l'occasion, Owen n'était pas venu les mains vides. Pour tout dire il avait prévu de se pointer sans prévenir dans la jolie demeure de l'heureux couple que formaient Rabastan et Elena mais il doutait de l'accueil qu'il était susceptible de recevoir. Essuyer le courroux d'Elena ne l'ennuyait pas plus que ça (il concevait qu'elle puisse encore lui en vouloir pour cette maudite farce qu'il lui avait faite un peu malgré lui bien des années auparavant) (ou pour ces remarques désobligeantes balancées au détour d'un couloir quand il était certain que son ami n'était pas dans le coin). La voir s'acharner sur Rabastan en revanche ne l’enchantait pas plus que ça (il risquait de lui jeter malencontreusement une Furonculose bien méritée). « Booooon qu'est-ce qu'il fait, je m'ennuie. » Lui ne s'ennuyait pas le moins du monde. Il avait déjà presque sifflé sa consommation quand une main se posa brusquement sur son épaule. « Owen Avery, lorsqu’il s’agit de travailler toujours le dernier à se pointer, mais dès qu’il s’agit de boire on ne trouve pas ton égal, n’est-ce pas ? » L'intéressé se retourna, arborant un sourire en coin en accueillant le blondin. « Arrêtes un peu. J'ai toujours été le sorcier le plus assidu que le monde ait connu. » railla-t-il en terminant cul sec sa boisson. « Je t'ai connu plus ponctuel. » fit-il remarquer. « Désolé du retard mon vieux, mais tu connais Elena… Je dois presque faire signer une autorisation par le Ministère en trois exemplaires si je veux pouvoir avoir l’insigne honneur d’accéder à son accord pour quitter la baraque. » Owen ricana. « Je suis bien content que mon père n'ait pas vécu assez longtemps pour me coller une grognasse dans le genre de celle que tu te payes pour le restant de mes jours. C'est vraiment pas de bol. » Il rigola encore, cruellement honnête. Non seulement son père n'était plus de ce monde et ça ne l'avait pas touché plus que ça, mais en plus il avait la liberté d'agir à sa guise et de fréquenter qui il voulait sans que personne n'ait son mot à dire. Un visage resta ancré un instant dans ses pensées mais hors de question qu'il en parle devant Rabastan. Il voulait bien partager un million de choses avec son ami, mais ce secret là resterait tu le plus longtemps possible. Lestrange ne trouverait pas ça amusant du tout et jeter un froid sur leur relation était bien la dernière chose qu'il voulait. « Enfin je suis sorti vivant et je n’ai que… quinze minutes de retard. Tu as cru que je ne viendrais pas, hein ? Que je te laisserais tout seul pour me venger du coup que tu m’as fait il y a deux mois ?» Sourire goguenard. Merlin, il n'était pas peu fier de sa petite farce de la dernière fois. Lors de la dernière mission, il l'avait piégé dans un moment de creux de la soirée, et le Mangemort s'était retrouvé tête en bas à battre des bras dans une attitude ridicule. Il en riait encore et il se voyait déjà repartir pour ce genre de quête périlleuse avec son binôme. Inutile de préciser qu'à eux deux ils fonctionnaient à merveille et que pour l'heure ils n'avaient pas subi d'échec trop cuisant. Quelques bourdes, rien de bien méchant. « Admets-le, ça t'as fait les pieds cette histoire. HEP ! » Il héla la serveuse qui fit un large détour, prenant délibérément son temps avant d'arriver à leur hauteur. Il attendit que Rabastan passe sa commande avant de redemander la même chose. « Et dépêchez-vous un peu ma petite, on a des choses à fêter. C'est fou ce qu'elle peut être grincheuse, vraiment, on dirait que je viens de lui arracher les molaires. » ajouta-t-il à l'intention de son voisin, d'une mauvaise foi à toute épreuve. Il se redressa sur son siège, remit les pieds au sol et fit claquer la langue sur son palais. « Alors elle est toujours aussi désagréable ? Et tu n'as toujours pas réussi à lui clouer le bec ? Tu me déçois Lestrange. Si j'étais toi je serai allé voir ailleurs depuis longtemps tiens, Merlin merci elles ne doivent pas toutes être aussi affreuses. » Owen détestait Elena et ce n'était pas tellement un secret pour Rabastan, il ne s'en était jamais caché. En vérité, il savait qu'Elena se servait de leurs enfants pour asseoir sa position dans le couple, et si ça le désolait, il était bien le dernier à pouvoir lui donner le moindre conseil en matière de relation amoureuse. La seule suggestion qu'il s'imaginait lui faire, c'était de prendre la fuite, de noyer cette folle et on en parlait plus. Maquiller un meurtre n'avait rien de si difficile. Il se souvenait encore de leur mariage, des sourires factices qui avaient fleuri sur les visages de l'assistance, sur ceux des jeunes mariés. Dire que quelques temps plus tard, Elena attendait déjà son premier bébé... Rabastan n'avait vraiment pas perdu de temps. « Et les mioches, ils survivent à leur démone de mère ? » Question sincère, sans le moindre sous entendu. Avant que son camarade ne puisse répondre, la serveuse revint et posa leurs consommations devant eux. « Il était temps. »[/color] Pas de pourboire pour toi, impotente. Si elle savait à qui elle avait affaire, elle n'avait pas l'air de les prendre au sérieux et c'était bien dommage pour elle. « A ta santé, à tes derniers instants de jeunesse, à Evan... » silence hésitant, le prénom émis sans qu'il ne l'ait voulu. « ...et au Maître, qui accomplit notre destinée à tous ce soir. » Tintement de verres qui s'entrechoquent.

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    Le cynisme de l'extrême solitude est un calvaire qu'atténue l'insolence.
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MessageSujet: Re: 31/10/1981 [Raben #2]   Mar 24 Nov 2015 - 18:33

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« Admets-le, ça t’as fait les pieds cette histoire. » Rabastan ne put retenir un sourire en regardant Owen appeler une des serveuses (qui n’avait pas l’air d’ailleurs particulièrement pressée de se retrouver près d’eux, pourtant Rabastan était plutôt du genre à bien se tenir, éducation Lestrange oblige) il ne perdait rien pour attendre cet imbécile heureux. Rabastan était plutôt du type sérieux lorsqu’il était en mission, mais pour voir Owen ravaler son sourire satisfait il était prêt à laisser le professionnalisme de coté. Rira bien qui rira le dernier comme on disait. À la prochaine, il se promettait de lui en faire voir de toutes les couleurs. Un plongeon tout habillé dans un lac lui semblait être une assez bonne option en cet instant précis. « Whisky je te prie. » commanda Rabastan au petit brin de nana qui avait fini par arriver jusqu’ici, vu le comportement de son ami il comprenait pourquoi elle ne voulait pas se dépêcher. En toute objectivité Avery était un petit saligaud, Sang Pur peut être mais il n’avait clairement pas eu l’éducation qui allait avec, rien que d’écouter la manière dont il parlait d’Elena suffisait à le comprendre. Grognasse le sourire du Mangemort s’agrandit : ce genre de chose il le pensait très souvent mais se contentait d’un harpie à haute voix, Owen lui ne s’encombrait pas d’une vieille bienséance… C’était sans doute pour ça qu’il n’avait pas de femme d’ailleurs. « … on dirait que je viens de lui arracher les molaires. » « Je suis certain qu’elle préférerait encore ça ; tu ne sais pas te tenir Owen… » Oui, il plaignait très sincèrement la pauvre créature qui aurait le courage et la bonté de se le coltiner, si Owen était un bon ami, il serait un époux déplorable. L’imaginer au bras d’une femme, mieux encore le voir avec un bébé dans les bras… machinalement il passa sa main sur son visage, comme pour dissimuler un rire silencieux. Pauvre future femme, pauvre pauvre futur enfant. « Alors elle est toujours aussi désagréable ? Et tu n'as toujours pas réussi à lui clouer le bec ? Tu me déçois Lestrange. Si j'étais toi je serai allé voir ailleurs depuis longtemps tiens, Merlin merci elles ne doivent pas toutes être aussi affreuses. » Lui clouer le bec ? Rabastan connaissait plusieurs moyens qui pourraient lui assurer le silence et la paix au foyer mais il se souvenait encore de la fois où une dispute avait dégénéré et où il avait à-demi défiguré Elena avec un sort lancé dans un mouvement de colère. C’était certainement difficile pour quelqu’un comme Avery de comprendre mais il doutait fortement qu’agresser physiquement ou mentalement sa femme jusqu’à ce qu’elle le craigne assez pour se taire soit un bon exemple à donner à ses enfants. Quant à aller voir ailleurs, comme il lui proposait si bien… Il ne doutait pas qu’il devait y avoir des femmes bien moins agaçante qu’Elena mais Rabastan laissait de bon cœur toutes ces éventuelles conquêtes à son ami : une ne lui suffisait que trop. Il soupira en s’adossant un peu plus contre le dossier de sa chaise : « Ben tu la connais hein ? Égale à elle-même. Nos deux pères ensemble seraient de meilleurs compagnie. Mais bon, les enfants ont besoin d’elle aussi. » Ils avaient d’ailleurs espéré à chaque grossesse que l’enfant à venir aiderait leur couple, mais ce ne fut jamais le cas. « Et les mioches, ils survivent à leur démone de mère ? »Même s’ils ne l’avaient jamais formulé, les deux époux l’avaient déjà pensé : un jour sans doute les enfants devraient avoir à choisir entre le père et la mère… Ni Rabastan ni Elena ne voulaient être le parent haï, avec les trois petits Elena était une vraie charmeuse. Tout comme lui d’ailleurs. Il n’eut pas le temps de répondre, la serveuse revenait vers eux et leur posa leurs commandes sur la table, il la remercia d’un geste de la tête alors qu’Owen avait vraiment décidé d’être infect. Alors que son camarade envoyait la petite femme sur les roses, il leva les yeux au ciel avec un petit sourire. Il attrapa son verre et, imitant Owen, le leva. « A ta santé, à tes derniers instants de jeunesse. » Par Merlin, il avait l’impression qu’il allait fêter ses quarante ans le lendemain. Vingt-trois ans, ce n’était pas encore la grande vieillesse tout de même ! Mais Owen avait deux ans de moins que lui et Rabastan ne doutait pas la moindre seconde que ce crétin profiterait de chacun de ses anniversaires pour le lui rappeler. Il n’osait imaginer pour ses trente ans… Oh Merlin ! Arsenius aurait onze ans ! Onze ans ! L’âge d’aller à Poudlard, il l’accompagnerait acheter sa baguette, sur le quai… Il tenta d’imaginer son petit bout de chou de quatre ans avec un visage de jeune pré-adolescent mais n’y parvint pas, la bouille ronde d’Arsenius était bien trop présente pour qu’il s’en départisse. Et puis il aurait tout le temps de le voir grandir. « à Evan... » Le sourire de Rabastan disparut soudain, comme gelée par ce prénom. Le bref silence qui suivit cette parole fut néanmoins très vite rompu : « ...et au Maître, qui accomplit notre destinée à tous ce soir. » Amen il fit clinquer son verre contre celui d’Owen avec une gravité presqu’exagérée. Mais si l’âge de Rabastan pouvait être un sujet léger, la mort d’un ami et l’évocation seule du Maître suffisait à alourdir légèrement l’ambiance. « Au Maître. » répéta Rabastan qui presque par instinct baissa légèrement les yeux vers le bois de la table en prononçant ces deux syllabes. « Et à Evan. » il porta le verre à ses lèvres, but une gorgée. « Mieux vaut mourir que de se faire prendre. » C’était ce qu’ils pensaient tous. « En espérant qu’il a eu la satisfaction d’entendre Fol-Œil hurler avant d’être abattu. » En reposant son verre il scrutait le visage d’Avery. Owen avait été plus proche de Rosier que lui ne l’avait été, il espérait ne pas être trop brutal en parlant ainsi d’un camarade tout juste décédé. Et plus que le deuil, il y avait la crainte également. Eux qui tuaient aussi facilement qu’ils commandaient un café, ils devaient voir un des leurs périr pour comprendre à quel point la vie pouvait être fragile, même pour des gens comme eux. Des Mangemorts. Il posa sa main sur l’avant bras gauche de son ami, prenant soin d’éviter l’endroit où, sous le tissu, la Marque se trouvait gravée dans leur peau : « Hey, il n’y a aucune raison que ça nous arrive. Evan était avec en mission avec Wilkes, et c’est un incapable. Il n’aurait jamais pu s’en sortir face à Fol-Œil et ses Aurors sans un partenaire un tant soit peu compétent. Il a fait ce qu’il a pu. » Il avait baissé la voix, servait à Owen un triste sourire qui se voulait rassurant, comme lorsqu’il l’avait connu à onze ans et qu’il le rassurait parfois la nuit après des cauchemars. « Et il a bien fait, mort en héros. » En héros pour eux, peut être mais pas pour les autres. Rabastan s’en moquait, c’était leur vision qui comptait. « Et tu sais, je préfère le savoir mort plutôt que de l’imaginer pris vivant. » Il ressera un peu plus la pression de ses doigts autour du bras d’Owen. « Et il nous a bien défiguré ce salaud de Fol-Œil en cadeau. » Son sourire s’agrandit un petit peu, ses yeux se plissent légèrement dans léger tic moqueur : « Mais ni toi ni moi n’équivalons Wilkes dans la médiocrité, Merlin merci. Si nous nous retrouvons un jour cerné par des Aurors, je n’ai aucun doute qu’à deux nous nous en sortiront haut la main. » De l’autre main il reprend son verre et en boit de nouveau une gorgée. « Tu peux compter sur moi là-dessus Owen, tu le sais. Je ne te laisserai pas tomber. Et je sais que toi non plus. »
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MessageSujet: Re: 31/10/1981 [Raben #2]   Mar 1 Déc 2015 - 14:09

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Non, Owen Avery ne savait pas se tenir. Non, ce n'était pas un jeune sang-pur bien élevé comme pouvaient l'être ses amis. Ce n'était pas non plus quelqu'un de bienveillant, d'attentionné, encore moins un gentleman (encore que, il savait faire des efforts, parfois). Et si son père avait encore été de ce monde, il aurait eu bien du mal à lui trouver quelqu'un à épouser, parce que personne n'aurait voulu d'un goujat pareil pour sa fille. Et ça lui allait très bien comme ça. N'en déplaise à Rabastan, qui lui, vivait un cauchemar chaque jour un peu plus aux côtés de sa femme. Dans le fond, Avery était convaincu que son ami méritait mieux que ça, que cette harpie comme il l'appelait si bien. Il ne se privait jamais de montrer son antipathie pour elle, glissant des propos insultants et dégradants à son encontre, que Rabastan se donnait rarement la peine de démentir. Ça voulait tout dire. «Ben tu la connais hein ? Égale à elle-même. Nos deux pères ensemble seraient de meilleurs compagnie. Mais bon, les enfants ont besoin d’elle aussi. » Owen haussa un sourcil approbateur. Leurs pères n'étaient déjà pas des modèles... mais Elena battait toute concurrence. Il s'abstint de tout commentaire concernant ses enfants. Pour être honnête, la présence de leur mère était plus toxique que bénéfique, il suffisait de voir à quel point elle manipulait son mari en leur présence ; il n'en avait jamais été témoin mais entendait suffisamment d'histoires de la bouche de son ami pour s'être fait une idée précise de la question. S'il se débarrassait d'elle, ses gosses seraient sans doute un peu tristes au début, mais se passeraient finalement très bien de leur dingue de génitrice. Il leur suffirait amplement, et il serait un excellent père, seul ou pas. Personne ne pouvait douter de l'amour que Lestrange portait envers ses enfants ; Owen se souvenait encore de cette fois où il avait appris sa paternité toute proche, la panique qui distendait ses traits, agitait ses mains de mouvements saccadés. Holy Shit avait été tout ce qu'il avait pu dire en entendant la nouvelle. Il s'était abstint de rire, avait accusé le coup en même temps que son ami, l'avait soutenu (dans la mesure de ses capacités, toutes relatives) jusqu'à ce que l'idée fasse son chemin et que Rabastan l'accepte définitivement. Il ne faillirait jamais à son statut de père, de ça, Avery en était certain. S'il y avait bien un homme au monde capable de compenser les erreurs de son propre paternel, c'était lui. Ses pensées n'en dépassèrent jamais le stade cependant, il n'était pas encore assez cuit pour ça.

Ils levèrent leurs verres à la santé de Rabastan, du Maître, et d'Evan. Son sourire s'affaissa à la mention de leur ancien camarade. L'autre s'en aperçut ; «Mieux vaut mourir que de se faire prendre. » Avec ça au moins il était bien d'accord. Il hocha la tête, les yeux fixés sur la table, pris en traître par sa propre douleur à l'évocation de Rosier. Plutôt mourir. Il s'était juré maintes fois de ne jamais se faire avoir par les autorités. Il ne se laisserai pas enfermer. D'autant que pour les crimes qu'ils commettaient, s'ils venaient à se savoir, ils ne risquaient pas simplement quelques mois à Azkaban. Ils y passeraient le restant de leurs jours et cette idée lui était proprement insupportable. Rien que l'évocation des Gardiens de la prison sorcière suffisait à le rendre nerveux. Subir leur baiser était à ses yeux un sort bien pire que tout autre. Il était hors de question d'en passer par là. « Je ne nous laisserai jamais enfermer. » Oh, il en était certain. Enfermée dans sa propre tête, Selma lui causerait un enfer s'il se laissait en plus cloîtrer entre quatre murs, sous surveillance permanente des Détraqueurs. Leur présence infligeait à quiconque de vivre leurs pires cauchemars en permanence, évinçant les bons sans aucune aménité. Qu'y aurait-il à emporter comme joie, pour eux ? Pas grand chose, songea-t-il avec amertume. Mais c'était faux, bien des visages disparaîtraient, bien des souvenirs, ceux qui faisaient écran contre les mauvaises choses par lesquelles ils étaient passés. « En espérant qu’il a eu la satisfaction d’entendre Fol-Œil hurler avant d’être abattu. » Comme un chien. Un vulgaire pantin, rayé de ce monde en un clin d'oeil. Owen avait été proche de Rosier, leurs années communes à Poudlard auraient du se poursuivre bien au delà, et Fol-Oeil aurait mérité bien plus que la perte de son nez pour ce crime. Une haine viscérale grondait en arrière plan. L'Ordre était une vaste blague, une colonie d'insectes qu'il se voyait bien piétiner en riant. Selma abreuvait son désir de vengeance, distillait en lui des images de mort et de violence auxquelles il résistait difficilement. « Ouais. » bougonna-t-il. « Hey, il n’y a aucune raison que ça nous arrive. Evan était en mission avec Wilkes, et c’est un incapable. Il n’aurait jamais pu s’en sortir face à Fol-Œil et ses Aurors sans un partenaire un tant soit peu compétent. Il a fait ce qu’il a pu. » Mort en héros, oui. « C'est ce bon à rien qui aurait du mourir à sa place, pas Evan. Si seulement... » Oui, si seulement il avait pu faire équipe avec quelqu'un d'autre, si seulement Fol-Oeil n'avait pas été aussi chanceux ce jour là, et si et si. « Mais ni toi ni moi n’équivalons Wilkes dans la médiocrité, Merlin merci. Si nous nous retrouvons un jour cerné par des Aurors, je n’ai aucun doute qu’à deux nous nous en sortiront haut la main. » Owen émit un rire bref et releva les yeux vers Rabastan. Rien ne leur résistait. Ils étaient les petits rois de ce monde perfide, évoluant selon leurs règles, enchaînant les succès lors de leurs missions. Le Maître n'aurait pu avoir de meilleure idée que celle-ci, les placer ensemble. Il s'étonnait lui-même de cette entente parfaite qui les accordait, les guidait, sans qu'ils aient besoin de se parler pour réussir. Ils n'étaient plus seulement amis, ils étaient un tandem qui fonctionnait à merveille. Et cela suffit à lui rendre un semblant de sourire. « Tu peux compter sur moi là-dessus Owen, tu le sais. Je ne te laisserai pas tomber. Et je sais que toi non plus. » La confiance perlait aux bout des mots comme de petites enluminures délicates en fin de page. Serti du même sentiment de sécurité, il hocha la tête. « Tu le sais bien. » Il appuya ses propos d'un regard empli de certitude.

Confiance aveugle, trop plein d'assurance, celle que rien d'affreux ne leur arriverait jamais.
Ignorance accrue des côtés les moins avouables de sa propre personnalité.
Douce insouciance.
Que les derniers instants de paix galvanisent leur soirée.

« Ces maudits Aurors finiront par tous disparaître, un jour. On terminera le travail qu'il a commencé, un jour ou l'autre. » Ils payeront pour la mort de leurs compagnons, et la vengeance du Lord pour avoir réduit ses effectifs de fidèles serait amère et indigeste pour ces raclures. Oh que oui. « Mais bon. Je n'étais pas venu pour pleurer qui que ce soit, à la base. » Il chassa d'une pichenette mentale les mauvais souvenirs, descendit une gorgée de pur feu, se retourna à demi vers Rabastan, avec le regard allumé de celui qui prépare une (mauvaise) surprise, soudain beaucoup plus joyeux. Il lui devait bien ça. « Ne crois pas que j'ai oublié de faire les cadeaux qui s'imposent. » railla-t-il, certain que Rabastan allait se méfier d'une telle annonce. Il savait pertinemment que les anniversaires n'étaient pas les journées préférées de Lestrange. Tant pis. Il ferait avec. Du fond de sa poche extensible, Avery sortit une première enveloppe, un sourire en coin. Ça ne disait rien qui vaille, cette mine de chat sur le point de bouffer la souris, mais réellement, il espérait que la photo arracherait au moins un sourire à Rabastan. Après un regard un poil méfiant du camarade, celui-ci ouvrit l'enveloppe et en sortir la photo sorcière d'une femme dévêtue. A la tronche que tira Rabastan, Owen ne put se retenir de rire franchement. « C'est pour les moments où tu auras besoin de réconfort, si tu vois ce que je veux dire. Elle au moins saura quoi faire quand Elena sera trop insupportable. » fit-il tandis que la sorcière nue adressait un clin d'oeil coquin au nouveau propriétaire de son portrait. Nouveau rire. « C'est vraiment indécent. Je ne comprendrai jamais votre humour. » grogna Selma, tout en ne parvenant pas à détacher son regard du cliché. La main plongea de nouveau dans la poche et en sortit cette fois un paquet plus imposant, plus lourd, au contenu moins aguicheur mais plus précieux, à ses yeux. Il s'agissait d'un livre de Magie Noire, subtilisé au paternel des années auparavant. L'ouvrage lui avait appris bien des choses, bien des astuces, regorgeait de sortilèges qui auraient fait frémir la plupart des sorciers conventionnels, ceux qui mettaient des œillères, en déni face aux possibilités qu'offrait le côté le plus obscur de la magie. Le livre était certainement marqué par les nombreuses soirées où il l'avait parcouru la nuit, en secret, et n'avait rien de neuf. Il lui avait appris tout ce qu'il avait à lui apprendre. En somme, il contenait en guise de marque-page un second cliché, celui de Rabastan et Arsenius, encore bébé, la première fois où il l'avait vu. Le visage de Rabastan respirait la santé et le bonheur, le marmot pleurait à chaudes larmes et lui-même, à côté, grimaçait un sourire sceptique à la vue du petit. Mais son regard ne mentait pas, il était heureux pour lui. La photo avait été prise par Adele, à Pré-au-Lard, et Avery espérait qu'il s'en souviendrait. Owen tendit le cadeau, une seconde fois, un peu nerveux. Les cadeaux et les effusions de sentiments n'étaient clairement pas son fort. « Joyeux anniversaire. » glissa-t-il avant de terminer son verre (pourquoi fallait-il toujours qu'ils soient si petits, ces verres?)

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    Le cynisme de l'extrême solitude est un calvaire qu'atténue l'insolence.
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MessageSujet: Re: 31/10/1981 [Raben #2]   Dim 6 Déc 2015 - 14:31

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« Tu le sais bien. » Eh bien trinquons à ça ! Rabastan était heureux de voir le visage de son camarade reprendre son air plus serein. Évidemment ce genre de conversation apportait rarement liesse et réjouissance et le Mangemort n’aimait pas voir disparaître la légère lueur espiègle qui voilait les iris sombres d’Owen. C’était étrange… de deux ans son cadet, c’était peu. Et l’écart irait toujours en s’amenuisant au fur et à mesure qu’ils vieilliraient, jusqu’à peut-être un jour paraître insignifiant (même si Owen le lui rappellerait certainement tous les damnés 31 octobre ou 1er novembre). Et une seule année année scolaire de différence. Il se souvenait de l’entrée en première année d’Avery. Il ne l’avait pas tout de suite repéré dans la masse de nouveaux qui envahissaient les couloirs avec leurs questions, leur curiosité et leurs gaffes. Au sein même de leur maison il se mêlait avec tout un groupe de petits serpentards zélés. Il n’y avait à priori rien de vraiment remarquable chez lui et Rabastan ne se serait certainement pas autant intéressé à lui s’il ne l’avait pas vu dans ses yeux. Le regard qu’il connaissait pour l’avoir trop souvent observé quand il croisait un miroir. Le regard du garçon qui avait fait trop de cauchemars. Le regard du garçon qui n’avait jamais connu ce que c’était qu’une maison, un vrai foyer auparavant. Rabastan  n’aimait pas voir cette hantise là dans les regards. Il s’était approché d’Owen, lui avait parlé, l’avait consolé et s’était attaché. Encore maintenant, dix ans après il ressentait ce besoin de le réconforter. Était-ce parce qu’il était l’aîné et qu’il tentait d’agir avec Owen comme il aurait aimé que Rodolphus agisse avec lui ? (Il ne pouvait pas lancer la pierre à Rodolphus, son frère avait plus que le nécessaire pour lui) Ou bien était-ce juste une sympathie ou une solidatrité naturelle d’un enfant perdu à un autre ? . « Mais bon. Je n'étais pas venu pour pleurer qui que ce soit, à la base. » La mélancolie s’apaise et le sourire revient : une gorgée de Whisky et Evan fait parti du passé, d’un passé glorieux auquel ils se réfèreront avec déférence et affection. Fol-Œil lui est relégué dans les replis de la conscience qui s’agite toujours : la vicieuse conscience qui lui répète que ceux qui vivent comme lui ne meurent pas tranquillement dans leur lit. Les tueurs sont tués. Et Rabastan sait qu’il y a beaucoup de chance qu’il périsse de la main d’un Auror ou d’une de ses cibles, un jour où la déveine aura décider de s’attacher à ses pas. Peu de chance qu’il ait le droit à une mort paisible et naturelle. Mais à à peine 23 ans, on ne pouvait s’empêcher d’espérer. Il sait très bien qu’Owen, à une heure ou l’autre de la journée, pense la même chose que lui. C’est le lot des hommes qui frayent trop souvent avec la Mort ; c’est une compagne d’aventure obsédante. Une gorgée et la conscience tourne à vide. On était pas là pour réfléchir. On était là pour rire. Au moins se détendre… . « Ne crois pas que j'ai oublié de faire les cadeaux qui s'imposent. » Haussement et froncement de sourcils en simultané ; un combo que Rabastan avait appris à maîtriser au contact d’Owen. Ce genre d’introduction n’annonçait rien de bien intelligent… Il connaissait le compère et lorsque celui-ci lui tendit une enveloppe Rabastan crut que le contenu allait lui exploser à la figure ce fut donc avec grande prudence qu’il décolla le rabat et qu’il sortit la surprise. « Putain Avery… » marmonna-t-il derrière un sourire à demi désespéré « T’es vraiment con. » Owen riait alors qu’il poussait un très long soupir en observant le cliché de la jeune femme nue qui s’occupait à passer ses doigts sur ses lèvres de manière plutôt expressive. Il y avait certainement des hommes qui aimaient ce genre de nana… Owen peut-être. Il savait que certains sorciers avaient tendance à aller voir ailleurs que dans le lit de leur femme, Rabastan ne comprenait pas pourquoi ils s’infligeaient une telle peine. Sincèrement Elena était une corvée suffisante, il préférait pas imaginer le boxon, la fatigue et la lassitude qu’une deuxième femme devait apporter dans la vie d’un homme. « C'est pour les moments où tu auras besoin de réconfort, si tu vois ce que je veux dire. Elle au moins saura quoi faire quand Elena sera trop insupportable. » « J’aimerai bien voir sa tronche tiens si un jour elle tombe dessus. Vieux si tu retrouves mon cadavre une jour sur le Chemin de Traverse, ne croit pas la lettre de suicide qu’elle aura posé à coté… » Il exagérait, il avait toujours aimé faire ça : accentuer le portrait d’Elena, la diaboliser un peu. Il en avait besoin. Il se demandait comment elle pourrait réagir s’il avait une amante… Pour sa part s’il venait à apprendre qu’Elena le trompait il enverrait certainement des roses au malheureux élu. Nouvelle gorgée d’alcool. Il range la photo dans la poche intérieur de sa cape : pas son style mais il allait la garder. Parce que ça le ferait sourire. Et parce que c’était Owen. Encore une fois son ami sortit un nouveau paquet de sa poche, un vrai paquet : « Non mais Owen, t’es con… Fallait pas !... » commença-t-il à protester alors qu’Avery lui tendait le cadeau : « Joyeux anniversaire. » Il le lui prend doucement des mains en hochant la tête : « Non mais… vraiment. T’avais pas à te casser la tête à ce point… » il donne une tape sur son épaule. Sa main droite passe sur le papier qui recouvre le cadeau, il soupèse et par mû par un réflexe de gamin il tente de deviner : « C’est un livre je dirais… À moins que tu n’ai fait un album plein de photo de jeunes femmes pas farouches. » Il étudie le visage de son ami alors qu’il tente cette supposition : là Elena le tuerait s’il se ramenait avec une telle chose à la maison. Et elle s’arrangerait pour éliminer toute trace de son passage sur Terre. Fallait pas tenter le diable. Mais cette fois-ci ça semble sérieux et les lèvres d’Avery semblent étirer dans un sourire à demi nerveux. Rabastan détache précautionneusement le papier et finit par le retirer complètement. Un livre. Rabastan sourit. Puis il le reconnaît. « C’est ton livre ? »  Entendez par là, le livre qu’Owen se trimballait parfois dans le dortoir un peu comme certains pouvaient se trimballer leur balai. Un livre que Rabastan n’aurait pas trouvé dans la bibliothèque de l’école, pas même dans la Réserve ; trop de magie noire et sans doute trop d’esprit pratique pour l’esprit général de Poudlard. Il fait glisser un doigt appréciateur sur la tranche de l’ouvrage. Il a vécu, ça se sent. Rabastan aime sentir l’odeur des vieilles couverture et la texture des anciennes pages. « Putain, ton livre… Je peux pas accepter. » Même s’il a très envie de l’avoir, très envie de le lire. Au-delà de l’aspect purement pratique il était souvent impressionné de voir jusqu’où la magie pouvait aller. La plupart des personnes tâchaient de l’ignorer, mais ils avaient tort. C’était beau et c’était puissant. Rabastan était attiré par cette forme de magie là. « T’es franchement certain que tu veuilles t’en séparer ? » Il ouvrait le livre en posant cette question et le lourd volume s’ouvrit presque de lui-même à la page 394. Rien de bien spécifique à cette page hormis une deuxième photo, moins tendancieuse cette fois. C’était il y avait trois ans environ. À Pré-au-Lard. Deux hommes et un bout de chou. Un Arsenius en larme dans les bras de son père, un Avery dubitatif à ses cotés. Ça paraissait remonter à une éternité. Et derrière l’objectif Rabastan se rappelait qu’il y avait Adele. Son sourire plissait ses yeux, il prit le cliché entre ses doigts et le porta un peu plus près de lui : « J’avais oublié cette photo. Elle est super… » sa voix est joyeuse, peut-être légèrement émue « Merci mon vieux. » Qu’est-ce qu’il pouvait dire d’autre ? « Ça me fait penser… Je l’avais pris pour t’en montrer certaines… » C’est à lui de mettre la main dans les larges poches de sa cape et d’en sortir un petit mais épais album. Il le pose sur la table mais avant de l’ouvrir lève la main et claque des doigts pour attirer l’attention de la serveuse qui roule des yeux quand elle constate qu’ils ont déjà besoin d’elle de nouveau : « Hep ! Miss, tu nous remets la même chose… en double. Histoire que ça tienne un peu plus longtemps. » Il donne un petit coup sur le bras d’Owen : « Vu ta descente tu n’es pas encore prêt de t’arrêter hein ? Je vais juste veiller à ne pas être trop torché, j’ai promis aux enfants que je les déguiserais en rentrant. » il finit complètement son verre et le pousse sur le bord : « En parlant de déguisement, c’était ça que je voulais te montrer. » Il ouvre l’album dans les premières pages, deux clichés par feuille. Sur la première, en haut on voyait Rabastan et Adele danser dans la salle commune, prise le 31 octobre 1977 : il y avait pile quatre ans. La photo était prise par Avery, comme l’indiquait en bas la légende que Rabastan avait écrite de son écriture penchée. En dessous une photo d’Adele avec un chapeau tordue de sorcière sur la tête et les cheveux grisé par un sort ramené en chignon derrière sa tête. Les garçons lui avaient mis des lunettes rectangulaires sur le nez et elle avait enfilé une sorte de robe faite dans un tartan écossais. Elle n’était pas le portrait craché de McGonagall mais on saisissait l’idée. C’était la première fois qu’Adele se déguisait, Rabastan n’avait pas pu résister à la tentation. Sur le cliché la petite de onze ans souriait de toutes ses quenottes. Sur la page d’à coté, une photo de groupe, prise par Rabastan : Snape, Rosier, Mulciber et évidemment Avery. Les quatre souriaient même si Severus avait l’air plus préoccupé. Mulciber et Owen se tenaient par les épaules. Une brochette de crétins indiquait la légende. Celle du dessous était presque semblable sauf qu’Adele s’était rajoutée au milieu du groupe, avec un petit air déterminé qui fronçait son nez. Owen levait les yeux au ciel. Rabastan tourne la feuille et la double page suivante contient juste deux photos des deux garçons. Assis sur les fauteuils de la salle commune, Avery à demi caché derrière un livre et Rabastan à agiter sa baguette devant lui. Fin de la dernière soirée d’octobre. « Et il y en a d’autres après. On sent que je venais de m’acheter un appareil photo. » Il tourne les pages jusqu’au milieu de l’album ou il s’apprête à glisser le cliché qu’Owen vient de lui offrir dans un espace vide, juste à coté des photos de mariage. Il se ravise au dernier moment. « Tu sais quoi, je peux te le laisser… Si certaines t’intéressent. Je ne pense pas à celles là (il pointe du doigt les photos où on le voit passer l’alliance au doigt d’Elena) mais il y en a qui sont biens. Avec Mulciber, Snape… Adele. Plusieurs que je n’ai jamais eu l’occasion de te montrer. Bref. Prend-le, et reproduit celles qui te plaisent. Tu me le rendras plus tard. » La serveuse revient et pose quatre verres devant eux. Ils auraient de quoi tenir dix petites minutes avec ça peut-être.
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MessageSujet: Re: 31/10/1981 [Raben #2]   Dim 8 Mai 2016 - 3:49

HUNTED • running man
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‹ âge : 43
‹ occupation : dans l'ombre du Magister.
‹ maison : serpentard
‹ scolarité : 1971 et 1978
‹ baguette : est en bois d'acacia rigide, possède un cœur en ventricule de dragon et mesure vingt-neuf centimètres.
‹ gallions (ʛ) : 3133
‹ réputation : la magie noire a rongé mon âme, dilué toute conscience, accru ma folie.
‹ particularité : fou.
‹ faits : ma soeur jumelle vit dans mon esprit dérangé, secret dont seuls quelques chanceux ont connaissance, que je suis aussi dérangé que peut l'être un sbire de Voldemort, que je n'hésite jamais à user de violences quand bien même elles ne seraient pas nécessaires, car la souffrance et les hurlements me font vibrer comme aucune autre drogue au monde. Mais qu'elles me sont infligées souvent par la main du Magister elle-même, car dieu sait combien de fois je l'ai déçu au cours de mes années de bons et loyaux (haha) services.
‹ résidence : Herpo Creek, dans la maison de mes parents, vide et délabrée; ruines.
‹ patronus : irréalisable, autrefois une hyène bien qu'elle ne soit apparue qu'une seule et unique fois sous forme reconnaissable.
‹ épouvantard : le baiser du détraqueur.
‹ risèd : la fin de cette insurrection qui amène autant de satisfaction que de souffrance.
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 « C’est un livre je dirais… À moins que tu n’ai fait un album plein de photo de jeunes femmes pas farouches. » Un bref éclat de rire accueillit la supposition. « C'est une idée pour l'année prochaine. » Il observait Rabastan défaire le papier cadeau adroitement exécuté par Donkey, l'elfe de maison, légèrement nerveux. Ce n'était pas tant le fait d'offrir un cadeau à Rabastan qui le rendait aussi fébrile. C'était d'offrir un cadeau aussi personnel à un ami à qui il n'avait jamais rien offert d'autre que des bêtises, des allusions à des farces communes et comprises d'eux seuls. Rabastan était en mesure de comprendre la valeur de ce qu'il lui offrait ce soir. Outre son prix outrancier – il n'y avait pas à en douter compte tenu de la difficulté de se procurer de tels ouvrages de nos jours, c'était la charge sentimentale qu'il véhiculait. Owen l'avait volé dans le bureau de son père, plus par défiance et par fierté d'avoir su pénétrer dans le lieu le mieux gardé du Manoir que par réelle ambition d'y trouver quoi que ce soit d'intéressant. Il s'était trompé. Il s'était fait happer tout entier, fasciné par ce qu'il y avait découvert. Le livre recelait des sorts de magie noire si terrifiants que sa mère avait piqué une crise inoubliable en le découvrant un soir en train de tourner ces pages à la lueur d'une lampe. Elisheva l'avait récupéré bien sûr, mais il ne lui avait pas fallu longtemps pour remettre la main dessus et se garder de le lire devant elle. A Poudlard, il n'avait laissé personne le lui emprunter, et il n'avait répondu que vaguement aux questions curieuses qu'on lui avait posées. Il s'était nourri de tout ce savoir interdit, avait montré un zèle excessif à l'apprentissage rigoureux de ces maléfices et autres enchantements suspects, zèle dont il n'avait pas fait preuve par ailleurs lorsqu'il l'avait fallu, lorsqu'on le lui avait demandé.

« C’est ton livre ? » Owen eut un rire franchement amusé. L'étonnement qui s'inscrivait sur les traits de Lestrange valait bien tous les cadeaux du monde. « Merde, je crois bien ouais. » « Putain, ton livre… Je peux pas accepter. » « Arrêtes un peu. Tu peux, et tu vas. » « T’es franchement certain que tu veuilles t’en séparer ? » Avery lui jeta un regard chargé de sous entendus et fit un geste de la main qui signifiait qu'il s'en fichait. « Je le connais par cœur maintenant. Je l'ai lu tellement de fois que je peux te dire précisément à quelle page se trouve le maléfice qui sert à détacher la peau du corps de quelqu'un. Comme une mue. » fit-il d'un ton volontairement aguicheur, certain de l'effet de ses paroles sur Rabastan. Il était comme lui : fasciné par les magies occultes, par ce qu'elles avaient à leur proposer. Et il était grand temps qu'il partage ses découvertes, et pas à n'importe qui. Malgré tout l'attachement qu'il leur porte, Owen n'aurait pas laissé son bien le plus précieux ni à Rosier, ni à Mulciber. Quand la photo glissa des pages et se déposa entre les mains de son nouveau propriétaire, Avery savoura le plaisir simple de voir ce qui ressemblait bien à de l'émotion colorer les joues de Rabastan. Il ne manquerait pas de se moquer de lui plus tard, il irait même jusqu'à insinuer avoir vu une petite larme perler au coin d'un œil, et il en rirait bien. Plus tard. « J’avais oublié cette photo. Elle est super… » Avery acquiesça sans un mot. « Merci mon vieux. Ça me fait penser… Je l’avais pris pour t’en montrer certaines… » Voir Rabastan plonger les mains dans ses poches ne le rassura pas et attisa en même temps sa curiosité. Il fronça durement les sourcils, et laissa échapper un sifflement appréciateur en voyant l'album déposé sur la table, devant lui. « Merde, je sais pas si je suis prêt à voir ça. » asséna-t-il en faisant tourner son verre vide entre ses mains. Pour toute réponse, Lestrange héla la serveuse, qui sembla vouloir prendre plusieurs détours avant d'arriver jusqu'à eux. Son regard se porta attentivement sur Rabastan, alors qu'elle mettait un point d'honneur à ignorer ce malotru qui lui avait si mal parlé un peu plus tôt – lui-même. « Hep ! Miss, tu nous remets la même chose… en double. Histoire que ça tienne un peu plus longtemps. » « Bonne initiative. » Un coup porté sur son bras le fit détourner les yeux de la sorcière. « Quoi ? » « Vu ta descente tu n’es pas encore prêt de t’arrêter hein ? Je vais juste veiller à ne pas être trop torché, j’ai promis aux enfants que je les déguiserais en rentrant. » Avery se retint de lever les yeux au ciel, tout juste s'il manifesta son amusement par un léger rictus en coin. Il avait une idée très précise de la façon dont devait se terminer cette soirée, mais il savait aussi pertinemment que si Rabastan avait décidé d'être présent pour la soirée d'Halloween de ses enfants, rien ni personne ne l'en détournerait. Il avait encore quelques heures pour le faire changer d'avis, cela dit. « Comme tu voudras. Je ne fais pas de promesse en dehors de celle de fêter dignement ton grand âge. » railla-t-il. La vanne tomba à l'eau, l'autre étant déjà les mains sur l'album. « En parlant de déguisement, c’était ça que je voulais te montrer. » Les doigts du jeune Mangemort ouvrirent l'album avec précaution. Avery se pencha dessus et observa avec délice les clichés dévoilés : les souvenirs lui arrachèrent un sourire. Les visages de Bones, Rosier et Mulciber mêlés à bien d'autres lui procuraient une joie amère. «Et il y en a d’autres après. On sent que je venais de m’acheter un appareil photo. » « Tu m'étonnes, pourquoi tu as pris celle-ci ? » demanda-t-il en riant, pointant du doigt la photo d'une bouteille d'encre vide. « Tu sais quoi, je peux te le laisser… Si certaines t’intéressent. Je ne pense pas à celles là (Rabastan passant l'alliance au doigt de sa femme – non définitivement rien qui l'intéresse là dedans) mais il y en a qui sont biens. Avec Mulciber, Snape… Adele. Plusieurs que je n’ai jamais eu l’occasion de te montrer. Bref. Prend-le, et reproduit celles qui te plaisent. Tu me le rendras plus tard. » Il tournait les pages sans rien dire, revivant en silence les moments passés à Poudlard et en dehors – là, le jardin des Rosier qui les avait accueilli a plusieurs reprises durant les étés ; ici une maison abandonné qui leur avait servi de QG avant que des moldus ne les y trouve un soir en train de jouer au Poker Sorcier. Il se souvenait du bordel que ça avait été quand Amycus avait levé sa baguette et avait ratatiné l'intrus. Il avait fallu étouffer l'affaire, mais pour sa part, il en riait encore. Ça lui manquait, leurs idioties adolescentes. Parfois il se demandait s'ils n'étaient pas en train de grandir trop vite, si on ne leur arrachait pas les quelques années d’insouciance qui leur restait. Mais quelle insouciance y avait-il pour des gens comme eux, quelle innocence ? Avaient-ils déjà été liés à ces qualificatifs une fois dans leurs vies ? Selma renifla dédaigneusement, mais s'abstint de faire savoir son opinion : mieux valait avoir le pouvoir entre les mains pour avilir les faibles, les innocents, les insouciants. Là était le fond de sa pensée, et quelque part, Owen était assez d'accord avec ça. « J'aurais du te prendre en photo à la dernière mission. Tu étais beau à voir ; » le ton était rêveur, moqueur. Avery se renversa contre le dossier de sa chaise inconfortable, une photo d'Adele et Rabastan entre les doigts. Le charme de la vélane transparaissait même à travers le papier – Merlin que c'était énervant.

La photo retomba sur l'album, qu'il referma consciencieusement quand les verres arrivèrent à leur table, soucieux de les protéger. Une main dessus, il sortit une cigarette sorcière de l'autre et sa baguette, au bout de laquelle il alluma une petite flammèche. La cigarette s'embrasa dans un grésillement prometteur et Owen tira longuement dessus – « Vous n'êtes pas autorisé à fumer à l'intérieur Monsieur, vous... » Un mouvement du bras gauche fit taire la serveuse en un rien de temps. Dévoilant pudiquement sa marque, juste assez pour écarquiller les yeux de la jeune sorcière, Avery s'assura qu'on ne l’ennuierait plus au sujet de ce qu'il avait le droit ou non de faire dans ce maudit pub. Que ce soit clair, il n'en avait rien à faire. Il établissait les règles qui lui convenaient et les autres s'adaptaient, pas le contraire. D'autant qu'il avait vu d'autres clients fumer ici, alors où était son putain de problème. La serveuse déguerpit en leur glissant qu'elle allait revenir avec une bouteille offerte par la maison et Avery poussa un soupir, puis haussa crânement les sourcils en regardant Rabastan. « C'est dingue de se faire dicter les règles comme ça, non ? En tout cas je veux bien t'en piquer quelques unes, pourquoi pas. » Pourquoi pas ? Il en crevait d'envie, oui. C'était tout ce qui resterait de leurs carcasses – des images, des visages animés mais silencieux, que l'on regarderait d'un air détaché dans quelques années. Et elles n'avaient de sens que pour les concernés, c'était sans doute le plus triste. « Elles sont vraiment réussies. Et certaines sont... elles valent de l'or. Je te les rendrai dans la semaine, promis. Ta femme pourra récupérer les beaux souvenirs de votre mariage. Cheers ! » Il leva son verre et tinta contre celui de son camarade, sirota le liquide ambré avec délectation et exhala une bouffée de tabac devant lui. Après avoir empoché l'album, il fit flamber d'un air distrait le papier qui avait enveloppé le bouquin. Les flammes léchèrent le vide alors que la boulette de papier lévitait entre eux. Il poussa le paquet de cigarettes vers Lestrange, même si ce dernier ne fumait pas. Lui-même s'y adonnait assez rarement en vérité. « Merci pour les photos, vraiment. Et un conseil, ne laisse pas traîner ce bouquin n'importe où... ce serait dommage que tes enfants tombent dessus. » Dommage... enfin tout était relatif. Après une seconde gorgée, il laissa la liesse et l'euphorie libérer certains secrets qui, jusqu'ici, avaient été jalousement gardés. Pour des raisons assez évidentes, il avait toujours été hors de question de parler de ces choses là. Aujourd'hui, tout ça lui semblait futile – que n'avait pas vu Rabastan de sa vie... « Tu sais, quand j'ai récupéré le manoir il y a deux ans... j'ai enfin eu accès à toutes les pièces que mon père nous cachait. Je n'ai rien dit à Byron, même si je devrais, il serait vert de jalousie ce crétin. » Rire bref, presque joyeux. « J'ai trouvé des horreurs pires encore que celles que je viens de te donner. Des registres entiers d'enchantements écrits en runes, aussi. Mais je manque d'entraînement, je n'ai saisi que l'essentiel. » Il secoua la tête : « Bref. C'est pas le mieux dans l'histoire. Tu te souviens quand je te disais que ma mère délirait totalement ? Ces histoires d'avortement, de meurtres. Devine : elle avait raison. Les tiroirs de mon père étaient remplis de potions abortives. Ne me demande pas comment il se débrouillait pour les lui donner, mais ma mère avait raison. » Avery tira longuement sur sa cigarette, finit par rire à la simple évocation de cette révélation qui s'était imposée à lui deux ans auparavant. « Ma pauvre mère que j'ai envoyé croupir à Sainte-Mangouste, sans aucune raison. Byron me supplie encore de l'en sortir. » Son ton était parfaitement dénué de la moindre émotion. « J'espère qu'on ne deviendra jamais comme nos pères. » fit-il finalement remarquer.

Comme s'il avait le moindre pouvoir sur les lois de la génétique et de l'éducation. Ils étaient déjà condamnés à suivre leurs pas, depuis le début.

Dans un sursaut de conscience qui n'avait rien à voir avec la conversation en cours, Avery se tourna avec un sourire qui en disait long au coin de la lippe : « Tu ne vas pas sérieusement rentrer pour déguiser tes gamins, Rabastan ? Regarde ce qui arrive spécialement pour toi – » – la serveuse munie d'une bouteille de Firewhiksy. Merveilleux. « J'inventerai tout ce qui te plaira pour éloigner ta femme de l'équation, et tes gosses ne se souviendront de rien d'ici quelques mois. Come on, Lestrange. Ne te laisse pas avoir par la harpie, profite de la soirée. Avec moi. »

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MessageSujet: Re: 31/10/1981 [Raben #2]   Mer 11 Mai 2016 - 2:21

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Qu’est-ce qu’il avait pu mitrailler à une période… Il était toujours un peu comme ça d’ailleurs. Rabastan adorait prendre des photos, le concept même des photos l’avait toujours émerveillé, pouvoir revoir à l’infini un bref moment du temps était pour lui une forme de magie. Quand il était petit il avait passé de nombreuses heures à feuilleter les albums de la famille. Voir son père jeune lui avait toujours fichu un coup. Voir son père sourire encore plus. Sa mère avait toujours été belle, il la voyait rire en regardant l’objectif. Sa mère ne riait plus beaucoup non plus. Plus jeune il croyait que les adultes ne pouvaient tout simplement plus rire. Maintenant il savait que c’était tout simplement parce que son père avait eu le don de casser la joie de quiconque se trouvait dans un rayon de dix mètres de lui. Et alors qu’Owen tournait les pages et arrêtait son regard sur certains clichés Rabastan jetait quelques coups d’œil aussi en direction des photos, même s’il les connaissait toutes. Il avait vraiment eu besoin de tout référencer, de tout garder. Son frère s’était déjà moqué de lui pour ça. « Toutes tes photos ne servent à rien, t’as qu’à te servir de ta mémoire. » Certes… mais qui savait ce qui pouvait arriver et ce qu’il pouvait oublier. Il préférait tout garder. Ce n’était pas véritablement de l’angoisse que Rabastan pouvait ressentir en songeant au temps qui passait, mais cela pouvait s’en approcher. Il ne savait pas mais il avait l’impression que tout allait parfois trop vite. Alors il se raccrochait aux images du passé, pas très lointain parce que c’était le plus heureux, pour atténuer cette sensation. On ne pouvait pas lui voler ses souvenirs, on ne pourrait jamais lui retirer tous ces moments qu’il l’ont fait sourire mais les voir, les tenir lui paraissait tellement plus tangible. Ça le rassurait. Mais pour le moment il pouvait bien se séparer de son précieux album pour un ou deux jours. Et puis avec Owen il était en sécurité, il ne se faisait pas trop de soucis. L’homme était un goujat de premier ordre mais Rabastan lui faisait confiance pour ne jamais rien faire qui pourrait l’énerver ou le blesser. « J'aurais du te prendre en photo à la dernière mission. Tu étais beau à voir. » Ah mais c’est qu’il insistait, ce crevard : « Tu cherches les embrouilles Avery ? » lui répliqua-t-il machinalement d’un ton amusé. C’était toujours ainsi de toute manière avec eux. Et puis dans le fond Rabastan ne pouvait pas lui en vouloir, même si ce n’était pas forcément en son honneur une photo prise durant la dernière mission aurait pu être une bonne idée. De toute manière, se dit-il s’étendant confortablement sur sa chaise, il aurait assez vite sa revanche contre Owen. Il regardait son camarade avec un sourire semi-amusé semi-affectueux alors qu’Owen admirait une des photos en particulier, une où Rabastan était seul avec Adele. La petite Bones. Plus si petite que ça… Seize ans la bougresse. Rabastan se souvenait encore de son arrivée à Poudlard, une vraie sauvageonne à l’époque. A l’époque… Voilà qu’il parlait comme un vieux. Rien n’avait changé pourtant. Rien du tout. Adele était toujours une sauvageonne, Owen était toujours un adorable crétin et il était toujours un affreux sentimental. Rien n’avait changé. Ils étaient toujours les rois du monde. Finalement Owen lâcha la photo et la rangea avec les autres avant de refermer l’album puis de s’allumer une cigarette. Rabastan ne fumait pas mais ça ne le dérangeait pas outre mesure, et il était persuadé qu’Owen faisait ça avant tout pour se donner un style. Comme le disait Rabastan, lui n’avait pas besoin de se coincer une cigarette entre les lèvres pour avoir l’air cool. Allez savoir pourquoi cette remarque faisait toujours beaucoup rire ses camarades. Les Mangemorts ont le sens de l’humour contrairement à ce qu’on pourrait tenter de vous faire croire. À la vue de la cigarette la serveuse rappliqua immédiatement pour s’empresser de faire remarquer à son client que non non il n’avait pas le droit de faire ça. Le cadet Lestrange n’avait pas besoin d’un tableau pour savoir ce qui allait se passer, Owen n’aimait pas vraiment qu’on lui impose des règles. Sans un mot son compagnon montra disctinctement dans un geste faussement nonchalant la Marque qui lui noircissait le bras, Rabastan eut un léger frisson et détourna un instant le regard, comme pour surveiller les alentours. En tout cas la manœuvre eut l’effet escompté, ce qui n’était pas bien étonnant et la petite femme tourna les talons, très pressée de s’éloigner et de ne pas plus agacé l’angoissant client. « C'est dingue de se faire dicter les règles comme ça, non ? En tout cas je veux bien t'en piquer quelques unes, pourquoi pas. » Pourquoi pas. Quel gueux, songea Rabastan, malgré son air détaché il arrivait à percevoir qu’Avery avait vraiment envie de récupérer certains clichés. Legilimancie ou simple connaissance de son ami ? Il ne savait pas lui-même. « Ne te gêne surtout pas. Par contre tu devrais faire un peu plus gaffe à la M… » il ne dit pas le mot en entier puis finit par hausser les épaules. Il avait toujours été plus précautionneux que les autres, peut être parce qu’il avait une famille. Mais il ne voulait pas emmerder Owen avec ça. « Non laisse tomber, j’ai rien dit. T’as bien raison, on emmerde les règles. » Même si elles étaient aussi insignifiantes que celle qui stipulait que fumer à l’intérieur était interdit. Entre deux missions où il s’agissait de tuer, torturer et terroriser il fallait bien que les deux compères fassent leurs rebelles d’une autre manière moins spectaculaire. « Je te les rendrai dans la semaine, promis. Ta femme pourra récupérer les beaux souvenirs de votre mariage. Cheers ! » Elena avait son propre album de mariage, qui était une chose qui méritait d’être découverte. Cela consistait en réalité à toute une série de photo qui la représentait elle, elle et sa mère, elle et son père, elle et son frère, elle et son autre frère, elle et les autres membres de sa famille dont très sincèrement Rabastan n’avait rien à foutre, elle et le sorcier qui les avait marié, elle le père de Rabastan, elle et la mère de Rabastan, elle et le frère de Rabastan, elle et la belle sœur de Rabastan… Bref des photos d’elle avec absolument tous les invités du mariage (il y en avait même une d’elle avec Owen, c’est dire) mais aucune d’entre elle ne montrait Rabastan lui-même. Il avait vite compris le message. Et avait malencontreusement renversé de l’encre magique indélébile sur la robe de mariée d’Elena qui avait auparavant appartenu à sa mère et à sa grand-mère etc. « Tu avais trop grossi pour rentrer dedans de nouveau chéri de toute manière. » lui avait-il dit en guise de consolation. Là aussi il aurait du prendre une photo. La tête de sa femme avait été véritablement hilarante. Enfin, tout à ce gai souvenir Rabastan trinqua et avala une gorgée avant de reposer son verre. Owen poussa le paquet de cigarette vers lui, par habitude. Au cas ou… « Non merci mec, ça ira. » Mais il déclinait toujours. Owen lui conseilla de faire attention à ne pas laisser le livre traîner n’importe où, conseil inutile, Rabastan l’aurait fait dans tous les cas : « Si je ne veux pas qu’elle le trouve surtout, elle le brûlerait aussitôt. Elle n’aime pas tous ces trucs là. » Elle détestait ça même. Alors si un des enfants le trouvait elle ferait une crise telle qu’elle en frôlerait certainement l’arrêt cardiaque. Ah tiens… c’était une idée. Il allait proposer ce moyen subtil de meurtre à Owen mais ce dernier avec le regard dans le vide : « Tu sais, quand j'ai récupéré le manoir il y a deux ans... j'ai enfin eu accès à toutes les pièces que mon père nous cachait. » Ouh… c’était le ton de la confidence et l’expérience avait appris à Rabastan que lorsqu’Owen devait se confier ce n’était jamais pour avouer une petite bêtise comme avoir grignoté tous les cookies pour ensuite accusé l’elfe de maison. Dans sa famille les confidences prenaient toujours des proportions incroyables. « Tu te souviens quand je te disais que ma mère délirait totalement ? Ces histoires d'avortement, de meurtres. Devine : elle avait raison. Les tiroirs de mon père étaient remplis de potions abortives. Ne me demande pas comment il se débrouillait pour les lui donner, mais ma mère avait raison. » Putain… c’était glauque, en tout cas aussi glauque qu’il avait été en mesure de l’espérer venant de la famille Avery. « Ton père était un grand malade. » Sur le coup c’était la seule remarque qu’il pouvait décemment faire. « Ma pauvre mère que j'ai envoyé croupir à Sainte-Mangouste, sans aucune raison. Byron me supplie encore de l'en sortir. » Il ne fit aucune remarque là-dessus, Owen n’avait pas du tout le même rapport que Rabastan par rapport à sa mère. Au moins le jeune Lestrange pouvait se réjouir d’avoir une une figure parentale honnête dans son enfance. Même si sa mère était loin d’être parfaite, elle avait très clairement réussi à maintenir la barre et le cap face à un homme comme Aldebaran. Rien que pour ça il était en devoir de la respecter. De toute manière Rabastan n’avait pas à se justifier, il aimait sa mère. Lui ne pourrait jamais l’envoyer à St Mangouste sans un regret. Owen était différent. Il se devait de respecter ça. Il n’aurait pas plus voulu de l’enfance d’Owen que ce dernier aurait voulu de la sienne. Autant pour les Sangs Purs pourris gâtés des légendes. Les gens ne savent pas de quoi ils parlents. « J'espère qu'on ne deviendra jamais comme nos pères. » Rabastan leva son verre une nouvelle fois dans un simulacre de toast : « Amen ! Ton père était un grand malade et le mien était un connard. Je ne suis pas pressé de crever pour les retrouver. » Mais soudain le regard d’Avery se fit un peu plus clair, comme s’il était soudain sorti de sa transe mémorielle, un air de fourbe patenté sur le visage : « Tu ne vas pas sérieusement rentrer pour déguiser tes gamins, Rabastan ? Regarde ce qui arrive spécialement pour toi. J'inventerai tout ce qui te plaira pour éloigner ta femme de l'équation, et tes gosses ne se souviendront de rien d'ici quelques mois. Come on, Lestrange. Ne te laisse pas avoir par la harpie, profite de la soirée. Avec moi. » La serveuse leur apportait une bouteille de Firewhisky… Merlin, Avery avait du lui mettre vraiment un coup de pression avec sa Marque tout à l’heure. « Écoute buddy… je sais pas trop. C’est pas que je ne fais pas confiance à tes talents de maniganceur mais franchement… L’éloigner de l’équation serait encore plus difficile que de tenter de mentir au Maître » Elena avait ce don qu’avait également son père, celui de savoir renifler un mensonge sans utiliser de magie. Cette femme avait un putain d’instinct. Elle devait être à demi harpie. Y avait que ça pour expliquer. Et Owen était visiblement d’accord avec lui pour le qualificatif. « Et puis Arsenius… Je lui ai promis, non mais pour dire ça c’est que tu ne les as jamais vu déguisé. Ils sont tellement content. Ce sera le premier de Cedrella en plus, l’année dernière elle était trop petite. Ah ! Je me souviens elle avait… Merlin je te fais chier pas vrai ? » On va dire qu’il avait perçu la pointe d’ennui chez son ami. Avec un sourire il but un nouveau verre de whisky. Après tout… dans un sens Owen n’avait pas tout à fait tord. Ça ferait moins de photos peut être mais Arsenius, Aramis et Cedrella vivront plein d’autres Halloween, pendant lesquels il pourra les déguiser de manière toujours plus fantaisistes. Une année de raté… ce n’était pas bien grave, surtout que oui ils étaient jeunes. Cedrella ne s’en souviendrait même pas. Aramis non plus. Et Arsenius… non plus certainement. J’espère qu’on ne deviendra jamais comme nos pères. Est-ce que son père aurait fait ce qu’il envisageait en ce moment ? Non son père n’aurait plutôt jamais envisager une seule seconde de s’occuper de Rabastan lorsqu’il avait été un petit garçon… La question ne se posait même pas. Bien sûr qu’il était un meilleur père. Mais pour une fois il pouvait profiter un peu. Loin d’Elena. Loin des responsabilités. Pour toutes les fois où il avait tout endossé. Il se servit un nouveau verre : « La chaire est triste, comme qui dirait. Allez je te suis. Mais j’ai intérêt à passer une nuit inoubliable » Rabastan ne le savait pas encore mais en effet il allait passer une nuit inoubliable. Un nuit pour laquelle il n’aura jamais au grand jamais besoin de photo pour s’aider à se souvenir de ce qui s’est passé.

♦ ♦ ♦


« Qu’est-ce que tu veux hein ? Qu’est-ce que tu veux connard ? Quoi t’es jaloux ? T’es jaloux parce que mon pote t’as pris tout ton fric à ce stupide jeu de carte ? C’est pas de notre faute si t’es un looser hein ! » Rabastan avait la langue bien déliée, un bon couple d’heures plus tard alors qu’il se penchait au dessus d’une table pour pouvoir mieux crier aux oreilles d’un autre client. Avery était à coté de lui, une pile de gallions sous les yeux, un jeu de cartes étalé sur la table. Trois bouteilles de whisky traînaient également sur cette même table. Deux vides, une seulement au trois quart. Rabastan s’en saisit et en but une gorgée au goulot tandis que le malheureux adversaire aux cartes qui venaient de perdre littéralement un mois de salaire se redressait, un peu menaçant. Rabastan ne se laissa pas vraiment impressionné. « Qu’est-ce que tu vas faire hein ? Tu crois que tu me fais peur ? Tu crois que tu NOUS fais peur ? Hahaha… Tu devrais nous remercier d’avoir accepté de prendre ton argent de prolétaire. » La serveuse n’était plus la même que tout à l’heure, elle avait été relevée à vingt heures et remplacée par un autre bout tout aussi jeune et tout aussi impressionnable. Elle n’osait visiblement pas intervenir et le patron de l’endroit n’avait pas non plus très envie d’interrompre des types comme Avery et Lestrange, même s’ils menaçaient le fragile équilibre de son établissement.
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MessageSujet: Re: 31/10/1981 [Raben #2]   Jeu 12 Mai 2016 - 15:46

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‹ inscription : 21/07/2015
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‹ crédits : whorecrux <3.
‹ dialogues : #006666 (owen) #A0A0A0 (selma)


‹ âge : 43
‹ occupation : dans l'ombre du Magister.
‹ maison : serpentard
‹ scolarité : 1971 et 1978
‹ baguette : est en bois d'acacia rigide, possède un cœur en ventricule de dragon et mesure vingt-neuf centimètres.
‹ gallions (ʛ) : 3133
‹ réputation : la magie noire a rongé mon âme, dilué toute conscience, accru ma folie.
‹ particularité : fou.
‹ faits : ma soeur jumelle vit dans mon esprit dérangé, secret dont seuls quelques chanceux ont connaissance, que je suis aussi dérangé que peut l'être un sbire de Voldemort, que je n'hésite jamais à user de violences quand bien même elles ne seraient pas nécessaires, car la souffrance et les hurlements me font vibrer comme aucune autre drogue au monde. Mais qu'elles me sont infligées souvent par la main du Magister elle-même, car dieu sait combien de fois je l'ai déçu au cours de mes années de bons et loyaux (haha) services.
‹ résidence : Herpo Creek, dans la maison de mes parents, vide et délabrée; ruines.
‹ patronus : irréalisable, autrefois une hyène bien qu'elle ne soit apparue qu'une seule et unique fois sous forme reconnaissable.
‹ épouvantard : le baiser du détraqueur.
‹ risèd : la fin de cette insurrection qui amène autant de satisfaction que de souffrance.
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Il n'y avait que Rabastan Lestrange pour accueillir de tels propos avec autant de détachement. On eut dit une conversation tout ce qu'il y avait de plus normal, de plus sain. La folie patentée de sa famille n'était plus un mystère pour son camarade et rien ou presque de prenait de dimensions choquantes à ses yeux, ce qui revêtait une valeur singulière aux yeux d'Avery. Il y avait bien longtemps maintenant qu'il savait pouvoir compter que sur lui, pour tous les aspects problématiques – ou non – de sa vie. Lestrange était un soutien et une écoute inestimable. Et bien que de telles paroles n'aient jamais été échangées entre eux, il le considérait bel et bien comme le seul pilier fiable dans sa petite existence haute en couleurs. « Amen ! Ton père était un grand malade et le mien était un connard. Je ne suis pas pressé de crever pour les retrouver. »  conclut-il, ce qui provoqua un grand éclat de rire chez son vis à vis. Tout est dit. « Ah ça. Moi non plus. » Il y avait tout à parier pourtant qu'ils étaient somme toute assez proches de leurs paternels. Les chemins empruntés étaient bien similaires à ceux de leurs paternels, et au fond de lui, Owen se savait dangereusement proche de Marcus sous bien des aspects auxquels il préférait ne pas penser dans l'immédiat. Il dévia la conversation sur la soirée à venir, buté et fermement déterminé à ce que Rabastan passe la soirée avec lui et non avec sa petite famille – il aurait bien le temps pour ça plus tard, il estimait qu'Elena et les enfants lui volaient suffisamment de temps comme ça. Il ne le voyait plus qu'en mission ou pour des occasions spéciales comme celles-ci, ce n'était pas normal. « Écoute buddy… je sais pas trop. C’est pas que je ne fais pas confiance à tes talents de maniganceur mais franchement… L’éloigner de l’équation serait encore plus difficile que de tenter de mentir au Maître » L'hésitation de Rabastan était flagrante, tout comme son envie de céder à ses injonctions et à rester un peu plus longtemps. Avery haussa un sourcil dubitatif : « Et alors quoi, qu'est-ce qu'elle va te faire ? Ne me dis pas que tu as peur de ce qu'elle peut bien penser de tout ça, bordel. » Avery appartenait à cette catégorie d'ami qui vous détournait du droit chemin sans aucun scrupule et arrivait à vous faire culpabiliser de choisir la voie de la raison, comme il l'appelait. Cette voie même qu'il ignorait toujours, n'en faisant qu'à sa tête. Avery prenait sa liberté d'action à pleines mains au détriment des convenances et des exigences sociales et morales, quand Rabastan se pliait aux règles et aux obligations familiales avec autant de plaisir (lorsqu'il s'agissait de ses enfants) que de résignation (pour tout le reste). Bien sûr, tout ça perdait de son sens une fois qu'Owen se retrouvait devant le Seigneur des Ténèbres. « Qu'elle aille au diable ! » « Et puis Arsenius… Je lui ai promis, non mais pour dire ça c’est que tu ne les as jamais vu déguisé. Ils sont tellement content. Ce sera le premier de Cedrella en plus, l’année dernière elle était trop petite. Ah ! Je me souviens elle avait… Merlin je te fais chier pas vrai ? » Avery venait de bailler théâtralement et ricana quand Rabastan s'en aperçut. « Franchement, j'admire tes qualités de père aimant et tout le reste, je t'assure. Mais il y a des fois où je me dis que tu perds le sens des priorités mon vieux. C'est ton anniversaire ! Ta famille te prend déjà bien assez de temps comme ça, détends toi un peu, ok ? » fit-il remarquer en s'emparant de la bouteille – il n'avait même pas remercié la pauvre serveuse, repartie en vitesse le plus loin possible d'eux deux – pour la faire tourner ostensiblement entre ses mains (il ne se lasserait jamais des avantages que conférait le port de la Marque). Il aurait été légitime que Rabastan lui fasse remarquer qu'Avery avait tout le loisir de profiter, que c'était facile lorsque l'on n'était ni marié ni père ; tout à fait légitime même, mais aucun reproche ou remarque de ce type ne franchit ses lèvres : « La chaire est triste, comme qui dirait. Allez je te suis. Mais j’ai intérêt à passer une nuit inoubliable » Avery tapa du poing sur la table en poussant une exclamation victorieuse qui fit tourner quelques têtes dans leur direction. « Adjugé, aucune catin du monde ne saurait te faire vivre une nuit plus extraordinaire que celle que je vais te faire passer, Lestrange. »



L'éclairage fade donnait au pub des allures de fin du monde. La plupart des clients étaient partis, fuite sûrement imputable au bordel qui régnait au centre de la pièce depuis quelques heures maintenant. Deux tables avaient été redisposées pour permettre à cinq joueurs de s'y asseoir, et des petits monticules de gallions se mêlaient aux verres et aux bouteilles. Les dernières qui restaient étaient vides pour deux d'entre elle, et la survivante était fermement empoignée par Rabastan, qui mugissait des injures à la face d'un de leurs adversaires – un foutu perdant, une loque, un ramassis de crotte de souris qui voyait visiblement rouge après la défaite cuisante qu'Owen venait de lui infliger. « Qu’est-ce que tu veux hein ? Qu’est-ce que tu veux connard ? Quoi t’es jaloux ? T’es jaloux parce que mon pote t’as pris tout ton fric à ce stupide jeu de carte ? C’est pas de notre faute si t’es un looser hein ! » Et Owen de rire à côté. Les formes et les lignes se confondaient de plus en plus, son champ de vision se rétrécissait à vue d'oeil. La chaleur diffuse qu'il ressentait était due tout autant à l'alcool qu'à l'euphorie partagée avec son ami. Rabastan but une gorgée au goulot de la bouteille et Owen estima qu'il était – déjà – temps de refaire le plein avant d'être à sec – inimaginable. Il siffla entre ses dents à l'intention de la serveuse et claqua des doigts. Habitude prise en appelant l'elfe de maison et qui, apparemment, était aussi destinée aux esclaves de cet établissement. La jeune femme lui adressa un regard circonspect et ne prit même pas la peine de venir prendre sa commande : elle s'empara directement d'une bouteille sous le comptoir et s'avança avec. Elle la posa brusquement devant lui avant de repartir aussi sec, sous le regard sombre du patron du bar. « Qu’est-ce que tu vas faire hein ? Tu crois que tu me fais peur ? Tu crois que tu NOUS fais peur ? Hahaha… Tu devrais nous remercier d’avoir accepté de prendre ton argent de prolétaire. » railla Lestrange à sa gauche. « Plus d'argent qu'il n'en aura jamais dans toute sa vie. » Avery se redressa en se servant un verre, en surveillant attentivement l'attitude du joueur en face qui ne cachait ni sa colère ni son offense. « Allez vous faire foutre ! Pour qui vous vous prenez, vous n'êtes que des gamins ! » De la main il balaya la table et envoya le jeu et les gallions au sol. Les pièces d'or se dispersèrent autour d'eux dans un tintement métallique. La frénésie dans laquelle il était plongé jusqu'aux yeux l'aveuglait et lui faisait oublier toute prudence. La baguette sortit de sa poche en un rien de temps, arme qu'il brandit sous le nez du sorcier – qui avait effectivement deux fois leur age et sûrement plus de discernement qu'ils n'en possédaient à eux deux – en se redressant d'un bon. La chaise recula dans un raclement de bois sonore. « Fais attention à ce que tu dis, tu ne sais pas à qui tu t'adresses papi. » « Je m'adresse à deux petits imbéciles sans cervelle ! L'alcool vous fait oublier toute contenance mais enfants, et toi là, – il désigna Rabastan d'un geste du doigt qui déplut singulièrement à Owen – si j'étais toi je me calmerai un peu sur le whisky. Quand on ne tient pas la boisson on s'en tient loin et on s'en va réviser ses leçons de politesse chez papa et maman. » Mauvaise réponse. Lestrange se leva à son tour et l'expression d'Avery se tordit de colère. L'éclair rouge frappa le sorcier de plein fouet ; la serveuse poussa une exclamation terrorisée et le patron du bar accourut, les mains brandies comme si elles avaient le pouvoir d'empêcher la castagne qui se profilait à l'horizon – il leur enjoignit de se calmer, ce qu'Owen n'entendit pas, concentré sur la carcasse du sorcier qui gisait au sol en remuant faiblement. Il n'était plus l'heure de jouer et Avery avait le sang échauffé par les insultes proférées à leur encontre. Les deux autres joueurs sortirent leurs baguettes à leurs tours, l’œil méfiant, un brin hésitants. « Une belle brochette de prolos désœuvrés que voilà, Rabastan ! Je pense qu'ils n'ont pas vraiment compris qui on était et qu'une petite leçon de vie s'impose. » « Je vous défends d'intervenir messieurs ! Rangez vos baguettes immédiatement ou j'appelle la brigade de police magique ! » Le patron agita sa baguette et renvoya verres et bouteilles sur le comptoir, à l'abri des deux Mangemorts et de leurs adversaires. Avery ricana en jetant un regard amusé à Rabastan.

L'enthousiasme qu'il ressentait était tout à fait déplacé. Il devait bien admettre que ces baguettes brandies dans leur direction lui donnait de sérieuses envie de se battre et de leur infliger une correction digne de ce nom. Il se savait tout puissant aux côtés de Rabastan. Rien ni personne ne leur résistait, et si ces deux anchois ne savaient effectivement pas qui ils étaient et ce qu'ils étaient capables de faire, ils allaient bientôt le découvrir. A grands frais.

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MessageSujet: Re: 31/10/1981 [Raben #2]   Ven 13 Mai 2016 - 23:17

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S’il y avait une leçon que Rabastan avait appris auprès d’Owen en six ans de camaraderie à Poudlard et près de trois ans de travail en équipe à la sortie c’était que même s’il ne payait pas toujours de mine c’était une grave erreur de sousestimer Owen Avery. Quand il promettait quelque chose, Enfer ou Paradis (et c’était le plus souvent l’Enfer) il vous le donnait, servi sur un plateau d’argent avec les gants blancs et la redingote queue de pie. Alors quand son compagnon d’aventure manqua de péter la table en deux d’un coup de poing en agrémentant sa joie d’un : « Adjugé, aucune catin du monde ne saurait te faire vivre une nuit plus extraordinaire que celle que je vais te faire passer, Lestrange. » Rabastan savait qu’il pouvait lui faire confiance. De toute manière… il se demandait comment une prostitué pouvait rendre une nuit vraiment intéressante, mais il saisissait le sens général de l’image. Et dans quelques heures… il aurait vingt-trois ans.




C’était amusant de voir comment l’ambiance pouvait tourner du tout au tout en quelques secondes et paroles malheureuses. Rabastan était de bonne humeur, cette sorte de bonne humeur qui était agréable pour soi mais désagréable pour les autres. Il avait certainement trop bu mais il savait qu’il n’était pas torché au-delà de toute mesure. Il était tout simplement suffisamment alcoolisé pour oublier bon nombre de problèmes et pour se laisser tout à fait aller. Se laisser aller à complètement ruiner des plébéens dégueulasses qui venaient dépenser leurs petites noises de gueux dans ce genre de bar. Il ne savait pas ce que ce type avait espérer en acceptant de jouer avec eux (peut être avait-il cru qu’il arriverait sans trop de problème à rouler dans la farine et plumer deux jeunes aristocrates ?) mais cela s’était mal, très mal passé pour lui. Et alors qu’il se raillait avec une satisfaction un peu trop enthousiaste du visage défait de leur adversaire Avery se fit un plaisir d’enfoncer le clou : « Plus d'argent qu'il n'en aura jamais dans toute sa vie. ». Rabastan eut un rire qui se transforma en touX alors qu’il avalait de travers la gorgée qu’il venait de boire. Le rapport à l’argent était quelque chose d’assez flou pour des gens comme eux, Lestrange pouvait très certainement acheter tous les établissements de l’Allée avec la moitié de ce qu’il y avait dans le coffre familial. Et comme il n’y avait pour le moment rien de plus drôle que de se moquer des pauvres, il décida de faire glisser sur gros sel sur les plaies : « Putain j’espère, héhé, que tu vas pouvoir te payer une chambre quelque part. » il eut un petit instant de réflexion, le regard perdu dans le vide un moment avant de vite reprendre, en riant : « En fait non, tu peux dormir dehors, je m’en fous. » En face, leur interlocuteur venait de perdre les dernières gouttes de sang froid qui auraient pu lui rester et bazarda d’un revers de la main tout ce qu’il y avait sur la table. Heureusement Rabastan tenait la bouteille bien serrée et elle n’eut as à subir ce funeste sort. « Allez vous faire foutre ! Pour qui vous vous prenez, vous n'êtes que des gamins ! » Avery réagit plus rapidement que lui, peut être que ses réflexes étaient un petit peu émoussés ?... Owen s’était donc relevé et tenait maintenant le mauvais joueur en joue avec sa baguette ; il était plus énervé que ne l’était Rabastan, qui ne prenait pas trop mal le fait qu’on l’ai appelé un gamin. Il aimait bien, ça le rajeunissait… Fichtre vingt-trois ans ? Encore ce regard un peu perdu et pour se donner une contenance il rebut un coup. « Fais attention à ce que tu dis, tu ne sais pas à qui tu t'adresses papi. » Il le sentait dans le ton d’Owen que celui-ci n’était plus en train de rire, que s’il n’intervenait pas Avery pourrait très bien juste clouer ce pauvre type contre un mur et le faire se vider de son sang. Dit comme ça c’était alléchant mais dans un coin encore lucide de son cerveau Lestrange comprenait qu’il ne fallait pas le laisser faire. Il voulut tendre le bras vers son collègue pour apaiser un peu le jeu mais le vieux s’enfonça un peu plus en continuant de parler. « Je m'adresse à deux petits imbéciles sans cervelle ! L'alcool vous fait oublier toute contenance mes enfants, et toi là » Qui toi là ? Qui moi ? Qui nous ? Qui sont-ils ? Mais où sommes-nous ? Qui est vraiment Rabastan Lestrange ? Mmh… profondes questions. Il avait soif. « si j'étais toi je me calmerai un peu sur le whisky. Quand on ne tient pas la boisson on s'en tient loin et on s'en va réviser ses leçons de politesse chez papa et maman. » Il s’étrangla, cette fois non pas de rire mais de surprise et avant de s’en être rendu compte il était lui aussi en position d’attaque. Est-ce que ce vieux mec venait de lui parler de putain de leçons de politesse ? Est-ce que ce vieux débris venait d’oser parler de son père et de sa mère ? Est-ce que ?... La brusque colère est un très bon moyen pour remettre les idées en place et même s’il avait chaud (et soif), un peu mal à la tête (et soif) qu’il voyait très légèrement flou (et qu’il avait soif) il était suffisamment dégrisé pour lui arracher les dents une par une de ses gencives pour s’en faire un collier (l’idée n’était pas terrible mais sur le moment Rabastan la trouvait particulièrement séduisante. Et il avait soif.) Mais déjà Owen s’était chargé du gros du travail et avait proprement assommé l’imbécile qui avait mal causé de sa famille (Owen c’était un frère. Il pouvait compter sur lui. Il avait soif.) Mais il y avait encore les deux autres abrutis qui étaient avec le mauvais joueurs, et eux aussi avaient sorti leurs baguettes. Oh très bien. Très bien. Franchement, il ne demandait que ça. « Une belle brochette de prolos désœuvrés que voilà, Rabastan ! Je pense qu'ils n'ont pas vraiment compris qui on était et qu'une petite leçon de vie s'impose. » « Toujours partant, histoire de leur montrer ce que c’est qu’une leçon de politesse dans nos familles. » Merlin ce qu’il l’avait mal pris. Faut dire qu’il avait ses raison. « Ils ne comprennent juste pas que c’est à eux de bien nous parler et pas l’inverse. » Sales pauvres… (il avait soif.) « Je vous défends d'intervenir messieurs ! Rangez vos baguettes immédiatement ou j'appelle la brigade de police magique ! » Et voilà que le patron intervenait, enfin intervenait… In tenta vainement de menacer d’appeler les autorités tout en rangeant précipitamment tout ce qui pouvait casser. Sincèrement ? La BPM ? Owen et Rabastan s’en foutaient comme de leur premier Impardonnable. La BPM ils la flouaient depuis quelques années déjà et s’amusaient de les voir toujours arriver trop tard sur les lieux de leurs méfaits, ramasser les corps et jeter des sorts d’Amnésie à qui en aurait besoin. La BPM ? Les Aurors du pauvre. (Sales pauvres.) Ils ne leur faisaient pas peur. « Appelez les ! » le provoqua Rabastan avec un haussement d’épaule et un large rictus. Tout en parlant il se décala légèrement de la table pour avoir une plus grande liberté de mouvement. Il regardait les deux types l’un après l’autre, en passant sa langue sur ses lèvres, faisant mine de s’approcher brusquement pour leur faire croire qu’il allait attaquer. C’était tellement drôle de les voir sursauter. « Non mais allez-y ! Appelez-les. Mais si vous faites ça on sera obligé de buter absolument tout le monde. » Évidemment. Et encore une fois la BPM arrivera trop tard et ne sera là que pour décompter les cadavres tandis que trois rues plus loin lui et Owen seront en train de trinquer en se marrant comme des hyènes. « La deuxième solution c’est que vous allez rester bien sagement là où vous êtes avec votre jolie serveuse. Et vous allez nous regarder. Et quand je vous demanderai d’applaudir, vous applaudirez, d’accord ? » Le patron et la serveuse le regardait comme s’il débarquait d’une autre planète. Mais ils ne répondaient pas. Rabastan n’aimait pas qu’on l’ignore. « D’accord ? » répéta-t-il plus fort avec un ton encore plus menaçant. La serveuse s’assit sur la première chaise qu’elle trouva en tremblant et le patron fit de même en balbutiant une vague réponse pour contenter le Mangemort : « Euh je… j- oui… Mons… Oui. » Parfait Il se tourna vers Owen et sourit : « Il va falloir s’appliquer, on a du public. » C’était trop pour les deux guignols, l’un d’entre eux brisa l’étrange attente qui pesait depuis que leur buddy avait été mis KO par le buddy de Rabastan en criant presque : « Mais vous êtes juste des gros malades ! » Lestrange n’avait attendu que ça pour réagir, l’éclair fusa hors de sa baguette pour venir frapper le fautif à l’épaule. L’homme s’écroula par terre en hurlant. L’autre voulut intervenir mais un sort d’Entrave l’empêcha de bouger pendant un moment. L’autre par terre continuait de gueuler. Merde… « Ah mais merde ! C’était pas un sort de stupéfixion du tout ça… » Par habitude il venait de lancer un Doloris. Bon ma foi il allait pas en crever non plus. Il leva le sort et l’autre cessa de se tordre par terre. Rabastan se tourna vers son public : « Maintenant vous, applaudissez. » Ils ne se le firent pas dire deux fois. Quelques maigres claquements de mains, terrifiés.

D’où ces gens se permettaient de parler de respect et de politesse alors que clairement ils n’avaient aucune idée de ce dont ils parlaient ? Leur papa ne les avait pas assez frappés. Apparemment.


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31/10/1981 [Raben #2]

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