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sujet; Les illusions (Rolfen)
MessageSujet: Les illusions (Rolfen)   Mar 3 Nov 2015 - 17:05

HUNTED • running man
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‹ inscription : 21/07/2015
‹ messages : 1765
‹ crédits : whorecrux <3.
‹ dialogues : #006666 (owen) #A0A0A0 (selma)


‹ âge : 43
‹ occupation : dans l'ombre du Magister.
‹ maison : serpentard
‹ scolarité : 1971 et 1978
‹ baguette : est en bois d'acacia rigide, possède un cœur en ventricule de dragon et mesure vingt-neuf centimètres.
‹ gallions (ʛ) : 3169
‹ réputation : la magie noire a rongé mon âme, dilué toute conscience, accru ma folie.
‹ particularité : fou.
‹ faits : ma soeur jumelle vit dans mon esprit dérangé, secret dont seuls quelques chanceux ont connaissance, que je suis aussi dérangé que peut l'être un sbire de Voldemort, que je n'hésite jamais à user de violences quand bien même elles ne seraient pas nécessaires, car la souffrance et les hurlements me font vibrer comme aucune autre drogue au monde. Mais qu'elles me sont infligées souvent par la main du Magister elle-même, car dieu sait combien de fois je l'ai déçu au cours de mes années de bons et loyaux (haha) services.
‹ résidence : Herpo Creek, dans la maison de mes parents, vide et délabrée; ruines.
‹ patronus : irréalisable, autrefois une hyène bien qu'elle ne soit apparue qu'une seule et unique fois sous forme reconnaissable.
‹ épouvantard : le baiser du détraqueur.
‹ risèd : la fin de cette insurrection qui amène autant de satisfaction que de souffrance.
Voir le profil de l'utilisateur http://www.smoking-ruins.com/t2376-it-s-just-the-night-in-my-vei

aout 2002
“Et avec quelle quantité d'illusions ai-je dû naître
pour pouvoir en perdre une chaque jour !”



Nouvel accès de rage. Crise nébuleuse qui le maintenait au plus bas de l'humeur, déjà massacrante d'ordinaire. Le Ministère, depuis quelques jours, voyait sa carcasse se traîner dans les dédales de couloirs régulièrement, ces derniers jours. Nombreuses étaient les fois où l'on le voyait converser avec lui-même, quand tout le monde s'abstenait de lui adresser la moindre parole, le regard sombre et le visage constamment renfrognée rebutant ceux qui auraient eu une bonne raison de lui parler ; et ils n'étaient pas nombreux, ceux-là. Avery n'avait rien à faire au Ministère, officiellement. Ses missions pour le compte du Lord l'amenait rarement à y être mais, on se demandait bien, dans son dos, pourquoi on le voyait si souvent ces derniers temps. On murmurait qu'il se rendait souvent au neuvième niveau, qu'il y passait des heures, ou parfois quelques minutes sans plus. Mais personne ne savait ce qu'il pouvait bien y faire. Depuis son entrevue avec Moltchaline, Owen hantait les parages en y revenant aussi souvent qu'un bambin nécessitait des jupes de sa mère pour se réconforter. Malheureusement pour lui Kirill était la plupart du temps fort occupé et depuis la dernière fois, les raisons de l'ennuyer n'avaient pas trouvé assez d'importance à ses yeux pour qu'il concède à mettre en hiatus ses occupations primaires. Soit ; il reviendrait plus tard. En attendant, il se devait de faire avec. Avec Selma, hurlante et hargneuse, ou Selma, absente et silencieuse. Dans les deux cas, son mal être était constant, permanent, et les issues peu nombreuses. Il déboula de l’ascenseur en manquant de renverser un carton plein de dossiers que tenait un employé du Ministère, ignora les imprécations courroucés de celui qu'il venait de bousculer dévia de sa trajectoire en apercevant Lestrange au loin. Il était la dernière personne qu'il avait envie de voir aujourd'hui. Prenant la direction du Hall, il dépassa deux sorciers en discussion intense. « ...Scamander a été vu il y a... » Les mots glissés entre collègues lui parvinrent aux oreilles dans un murmure appétissant. Scamander. Scamander. Aussitôt, ses idées noires lui donnèrent congé, laissant la place à une cogitation forcée qui amorça lentement un raisonnement des plus réjouissants. S'il pouvait seulement l'avoir, ce salaud.

À l'annonce de la fuite pure et simple de son ancien apprenti il y avait de cela un mois maintenant, Avery avait senti une déception sans nom grandir en lui. Il lui avait donné de son temps, de sa personne, lui avait livré des secrets et appris des maléfices dont peu se targuaient d'en connaître l'existence ; un des rares cadeaux de son paternel qu'il avait daigné lui apprendre à son tour, voyant en lui un disciple prometteur et digne d'intérêt. Fait assez rare pour être souligné, Owen lui avait porté une espèce de respect, certes du à son nom mais aussi à sa personnalité scabreuse et renfermée. Et voilà qu'il fuyait, refusant de se lier à ses camarades pour ce maudit lavage de cerveau qui en soit n'en demandait pas temps, pensait-il, niant les difficultés à supporter un tel don lorsque lui-même se débattait avec une jumelle inconnue du reste du monde et qui le faisait passer pour un fou. Mais Moltchaline l'avait souligné, sûr de lui, rassurant : non, il n'était pas fou. Il les emmerdait tous, et particulièrement Scamander, qui avait tourné le dos à un prestige certain et à une brillante position parmi les Mangemorts. Nom d'un chien. Si la lâcheté était un trait de caractère qu'il se refusait à considérer comme une tare lorsqu'il s'agissait de lui-même, quand cela touchait aux autres, il trouvait cela répugnant. Et pourquoi Rolf aurait-il fui si ce n'était pas lâcheté ? L'idée qu'il n'avait simplement pas voulu se mêler à cette mascarade ne lui était pas venu à l'esprit et quand bien même... « Où a-t-il été vu, si je peux me permettre ? » demanda-t-il avec toute la grâce qui le caractérisait, interrompant les deux sorciers qui levèrent les yeux vers lui. Leurs traits se tordirent en une expression indéchiffrable. Il voulut y voir de la crainte mais il ne s'agissait certainement que d'un vague sentiment de répulsion qui se manifestait souvent en sa présence. Ils se regardèrent, se concertèrent du regard avant de répondre. « Euh... » Il planta son regard dont l'iris droit était tâché de bleu. Bichromie handicapante qui instilla un sentiment de malaise chez ses interlocuteurs. Alors ! Ce n'était quand même pas compliqué de répondre ! Pourquoi hésitaient-ils de la sorte ? « Quelqu'un est déjà sur le coup, monsieur Avery, il est parti il y a moins d'un quart d'heure et... » « Je me fiche bien de savoir ça ce n'est pas ce que j'ai demandé. Où a été vu Scamander ? » Les deux coqs semblaient estimer qu'après tout ça ne le concernait absolument pas, qu'Avery n'appartenait pas au Département, qu'il n'était qu'un sbire à la botte du Magister et rien de plus, et puis, qu'est-ce que ça pouvait bien lui faire de savoir une telle chose ? La résonance macabre qui allait de pair avec son nom sembla toutefois les faire hésiter un instant de plus, avant que l'un d'eux se décide enfin à délier sa langue, sous le regard indécis de son collègue. « Dans le sud du pays, monsieur. Mais comme nous le disions, un de nos collègue s'y rend déjà... » « Plus exactement ? » « ...pas loin de la frontière, dans la campagne de la région de Rochester. » La frontière sud... Essayait-il, malgré les barrières magiques, de trouver un moyen de quitter le pays et de se rendre il ne savait où hors de portée des autorités ? On pouvait lui reconnaître ça : à la différence d'un nombre incalculable d'imbéciles en fuite qui grouillaient tout autour de la capitale, Scamander essayait au moins de rejoindre des contrées moins hostiles à sa situation. Enfin, si c'était réellement ce qu'il tentait de faire. Après tout il pouvait aussi bien être simplement en promenade de santé, pour ce qu'il en savait. Peu importait. Avery tourna le dos aux deux sorciers, le son de ses pas se mêlant à la multitude d'autres qui emplissaient les locaux du Ministère. Il traversa le hall, se jeta presque dans une cheminée grillant la priorité à une sorcière minuscule qui poussa un petit cri surpris, repoussée sur le côté.

Quelques minutes plus tard, il transplana de chez lui après avoir récupéré une cape de voyage -malgré la chaleur- et des gants en peau de dragon rapés. Ses mains avaient déjà failli être dévorées par les flammes après la fuite des Insurgés et des Rebuts, hors de question de les exposer sans raisons. Il atterrit dans une lande verdoyante et peuplée de quelques rares maisonnettes en pierre. La nuit commençait à tomber, trahie par les trajectoires des étoiles que l'on peinaient encore à voir distinctement dans le ciel dégagé mais qui les observaient déjà de leur perchoir. Avery se foutait bien des étoiles ou de la lune ou du temps qu'il pouvait faire. Il se préoccupait plutôt de savoir dans quelle direction aller, en sachant que d'une, la frontière était vaste malgré les vagues précisions des sorciers du Ministère, de deux, il allait bientôt ne plus y voir grand chose sans allumer sa baguette, et que pour finir il s'était jeté à corps perdu dans cette traque sans demander plus d'information. Il soupçonnait ces maudits employés d'avoir été sciemment et délibérément peu avares en précisions. Il poussa un soupir et se mit à marcher pendant ce qui lui sembla des heures avant d'arriver à un patelin miteux et désertique. Il resta en lisière, balayant son regard sur les alentours. La nuit commençait à tomber et en dehors d'un chien qui se mit à brailler à son arrivée, il n'y avait pas un rat. Il fut tenté de le liquider -ce qu'il pouvait haïr les animaux, vraiment- mais se contenta de lui lancer un sort de mutisme qui ravit ses oreilles. Deux personnes sortirent du bâtiment le plus proche, et il s'approcha silencieusement, planqué dans l'ombre. La déception fut vive, ce n'étaient que de vulgaires moldus qui rentraient chez eux ou s'occuper à leurs affaires de moldus. Rien d'intéressant. Rien qui ressemblait de près ou de loin à un sorcier en cavale, même si ce dernier ne portait certainement pas un serre-tête lumineux sur le front pour se faire repérer.

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    Le cynisme de l'extrême solitude est un calvaire qu'atténue l'insolence.
    us and them ~
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MessageSujet: Re: Les illusions (Rolfen)   Ven 15 Jan 2016 - 20:03

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‹ âge : il a l'air d'avoir environ trente-cinq ans mais en a en réalité vingt-huit.
‹ occupation : employé à mi-temps dans un élevage indépendant de licheurs.
‹ maison : serpentard.
‹ scolarité : 1987 et 1994.
‹ baguette : est rigide, sculptée d'une salamandre à sa base, longue de trente-quatre centimètres, est faite de bois de sureau et contient un crin de Kelpie.
‹ gallions (ʛ) : 1793
‹ réputation : je suis quelqu'un qu'il est difficile d'approcher.
‹ particularité : empathe. J'entends et ressens les émotions d'autrui.
‹ faits : je suis empathe et après avoir abusé de l'usage d'un Retourneur de Temps, mon corps est toujours désynchronisé et je parais avoir six ans de plus par rapport à l'âge que j'ai réellement. J'ai fait cavalier seul pendant des mois jusqu'à finalement rejoindre Poudlard mi-juillet 2003, où j'ai rejoint la Renaissance du Phénix. Mon surnom parmi les Insurgés était Oz.

Je vis avec Luna depuis la fin de la Guerre, et avec notre fille née à la fin de la Bataille, Lesath — jusqu'à ce qu'elle ait contracté le syndrome de Rosier et soit en convalescence à Saint-Mangouste.
‹ résidence : dans la maison Lovegood.
‹ patronus : un loup
‹ épouvantard : moi-même, fou à lier, écumant, incapable de sauver la silhouette indistincte d'une femme qui se tord de douleur devant moi.
‹ risèd : rien de particulier. j'ai tout ce que j'ai jamais désiré.
Voir le profil de l'utilisateur http://www.smoking-ruins.com/t2982-rolf-too-weird-to-live-too-yo
owen avery
THEY TELL ME, SHAKING THEIR HEADS: ‘YOU SHOULD BE KINDER. YOU ARE SOMEHOW FURIOUS.’ I USED TO BE KIND. IT DIDN’T LAST LONG.


C'est un petit pub sympathique de la campagne de Rochester, où les pilliers de comptoir passent la journée à regarder le football en riant et en s'échangeant des ragots marmonnés entre deux gorgées d'une bière amère et presque fade. Dans cet endroit, il y a une sorte de... camaraderie forcée. Une petite communauté qui se retrouve souvent ici, et qui se connait sur le bout des doigts. Quand il est entré dans le bar, on lui a tout d'abord adressé des regards peu amènes voire carrément hostiles; et quand il s'est assis au comptoir pour commander un chocolat chaud, on a souri et on s'est détendu.
Il faut avouer que cet étranger n'a pas grand-chose d'impressionnant ou de menaçant; c'est même bien le contraire. On dirait un romantique perdu, qui s'aventure en dehors des sentiers battus et qui s'est retrouvé ici entre deux randonnées, quelques heures avant le coucher du soleil. Il a des vêtements un peu sales mais une barbe bien taillée; des cheveux qui ont été coupés récemment, inégalement, et une chemise vieille comme le monde en flanelle sous son épais pull en laine. Alors qu'il fait pensivement tourner le lait dans sa tasse à l'aide de sa cuillère, l'étranger tire de son sac un livre vers lequel les ragoteurs éternels du bar se penchent pour mieux en lire le titre; mais il semble être écrit dans une langue étrangère, dans un autre alphabet. Alors on fronce les sourcils, et on fait la tête quand l'étranger sourit; il y a quelque chose dans ce sourire. Quelque chose d'étrange et de pas vraiment rassurant (trouble, crache le vieux Jim derrière sa pinte. This guy's trouble.)
Pourtant il ne fait rien, et ne dit rien. Il lit, simplement, avec tout le poids du monde sur les épaules et toute la fatigue de l'univers dans les yeux; il tourne délicatement chaque page, après avoir touché sa langue du bout du doigt, en buvant de temps à autre une gorgée de chocolat. Si ce n'est que sa gorge qui déguste et ses doigts qui s'agitent pour tourner les pages, il ne bouge pas: un géant perché sur son tabouret de comptoir, sentencieux et silencieux, imperméable aux bruits extérieurs. On sert une nouvelle tournée de bières, un nouveau match de football commence, les bandes vont et viennent et on finit par l'oublier, ce grand blond à son comptoir avec son livre et son chocolat.

Z'en voulez un autre? ” Comme tiré d'un songe, l'interpellé tourne les yeux vers la jolie serveuse qui, derrière son comptoir, semble l'égale de Pandore à la boîte scellée. On la regarde avec déférence et envie, on la regarde avec impatience et agacement; lui, quand il lève les yeux vers elle, il la regarde avec quelque chose comme un mépris irisé d'incompréhension. Elle lui désigne d'un coup de menton la tasse de chocolat vide, où les restants d'un cacao depuis longtemps versé se solidifient silencieusement. “ S'il vous plaît, ” répond l'étranger avec une indolence rare, faisant glisser la tasse vers elle. Il a un accent qu'elle n'arrive pas très bien à déterminer. En tout cas, ce n'est pas un accent d'ici et les gens qui ne viennent pas d'ici ne sont pas très bien accuellis dans la campagne de Rochester.
Mais la serveuse n'en dit rien, prend la tasse, la lave et refait un chocolat chaud qu'elle pose devant lui. Il la remercie mais elle ne bouge pas, planté face à lui de l'autre côté du comptoir.
Il lève à nouveau les yeux vers elle. “ Ça fera trois livres, ” dit-elle. “ Le dernier coûtait une livre cinquante.Et ce n'est plus l'happy hour, darling. Trois livres. ” L'étranger reste immobile, un long moment, et la serveuse voit dans ses yeux se peser le pour et le contre. Sa main, autour de la anse de la tasse, s'est crispée légèrement: il a des longs doigts fins rainurés de cicatrices, aux phalanges blanches. “ Allons, mate, paie ton dû. ” L'étranger se tourne vers l'importun.
L'importun qui a rapporté ses amis et qui cherche une bonne raison d'utiliser à bon escient tout l'alcool qu'il a ingurgité ces dernières heures.

Rolf est jeté du pub quelques dizaines de minutes plus tard, le nez en sang et le visage couvert d'hématomes.
Il a mal partout. Si on oublie la fatigue, si on oublie la lassitude, si on oublie le morceau de verre brisé enfoncé dans son bras, ça va. Mais toutes ces petites additions font de son état quelque chose de terrible et de douloureux et bientôt, il est en manque de souffle: à quatre pattes parterre, il crache ses poumons alors que ses doigts se crispent, que tout son corps s'arc-boute, se paralyse de douloureux spasmes. Le dernier coup de pied envoie son maigre corps voler un mètre plus loin, avant qu'on lui lance son lourd sac dessus, lui coupant le souffle. Impossible à ouvrir pour quiconque d'autre que lui, trop lourd pour être honnête, les moldus ont préféré l'épargner. Tant mieux. “ ENFOIRÉ NE REVIENS JAMAIS! ” lui hurle-t-on et Rolf serre les bras autour du sac en le tenant contre lui, désespéré, fermant les yeux en l'attente d'un dernier coup qui ne vient pas.
Une fois les battements erratiques de son corps calmés, il se relève lentement, étape par étape, met le sac sur son épaule et se détourne en allumant une cigarette.
Au moins, pense-t-il, j'ai économisé trois quids.

Il n'avait pas remarqué à quoi point ses poumons et ses côtes le faisaient souffrir jusqu'à voir cette silhouette sombre, un peu plus loin sur la rue principale. Peut-être les renforts de ses amis du bar? Rolf préfère repousser cette pensée. Non, la silhouette est seule. Et menaçante, avec cette démarche un peu chaloupée, cette démarche un peu trop confiante; Rolf la regarde avec suspicion tout d'abord, puis ses épaules se détendent à mesure qu'il s'approche. Il est grand temps qu'il trouve un abri pour la nuit et qu'il reprenne la route. Demain, il pourra peut-être passer jusqu'en France... ah, la matière des rêves! Il rêve d'une existence paisible. Que fera-t-il, là-bas? Il essayera peut-être d'aller en Allemagne, dans la famille inconnue de sa mère... oui, c'est une bonne idée.
Tout perdu à ses fantasmes, Rolf ne voit qu'au dernier moment la baguette au poing de la silhouette.
Il faut un oeil aguerri pour cela. Des semaines à chercher les Rafleurs parmi la foule; des semaines à guetter, se cacher, douter, courir. Il voit la baguette, qui disparait aussi vite qu'il l'a vue, et Rolf sait aussitôt que ce n'est lui, le trouble dans ce petit village de la campagne de Rochester. Trop tard pour faire demi-tour, ce serait suspicieux. Il doit... il doit se cacher. D'un geste naturel, sa cigarette éclairant à moitié son visage quand il inspire, il rabat la capuche de son gilet sur son crâne. Il va devoir dépasser le sorcier sans prendre la peine de regarder son visage. Il ne peut pas... il ne peut pas se permettre de se battre. Pas maintenant. Il est bien trop faible pour ça.
Le Bruit de la personne lui parvient.
Un Bruit avec une texture puante et collante. Un Bruit malsain, qu'il connait bien.
Owen Avery n'abandonnera pas avant de l'avoir trouvé, Rolf le sait. Il ne peut pas lui laisser la main. Il doit- il doit agir. Maintenant. Le prendre au dépourvu et prendre la fuite. Il est trop faible pour transplaner... il va devoir courir.
Les muscles serrés d'angoisse et de quelque chose comme une impatience méfiante, dans un autre geste plus tout aussi naturel que le premier, Rolf fait glisser sa baguette le long de sa manche, jusqu'à ce que le bout de l'artefact de sureau soit à hauteur de ses doigts, pour ne pas attirer l'attention.

La lumière baisse à vue d'oeil. Le soleil se pare des couleurs de la nuit, les étoiles se réveillent et observent, indolentes et silencieuses, ce petit village de la campagne de Rochester. Dans un pub sympathique, on rit et on crie en pensant à ce pauvre étranger qu'ils ont rousté quelques minutes plus tôt. Sa tête quand le premier coup est parti! Son désespoir et surtout, oh surtout, sa rage au bout d'un moment, sa rage quand il a compris qu'il était seul contre le monde! Ce n'est pas la première fois qu'un couillon de ce genre cherche les emmerdes et certainement pas la dernière. Les habitants du petit village s'endormiront avec une nouvelle histoire ce soir, et une sensation un peu étrange de mal-être profond.
Le premier sortilège est rapide, et éclatant. Il aveugle même Rolf qui, pourtant, s'était préparé à l'affrontement. La lumière projette des ombres étranges sur le visage d'Avery, lissant son visage jusqu'à le rendre méconnaissable, et Rolf voit la surprise s'incrire sur ses traits. Ils sont à quelques mètres l'un de l'autre maintenant, et Rolf sait qu'il n'a pas beaucoup de temps.
Le second sortilège n'a pas de pitié. Le feu sorcier saute sur le corps d'Owen — un feu sale, collant, à la couleur noire comme la mort, créé plus pour impressionner et effrayer que blesser — alors que Rolf tourne les talons et se met à courir avec tout le maigre soufle qui lui reste, son coeur battant à mille à l'heure.

Spoiler:
 

• • •

You're asking me to define an abstract concept that no one has managed to explain since time began. You sort of sprang it on me. Why do we breathe air? Because we love air? Because we don't want to suffocate. Why do we eat? Because we don't want to starve. How do I know I love her? Because I can sleep after I talk to her. Why?
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Les illusions (Rolfen)

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