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sujet; DRASTORIA + we were scared as fuck and out of touch, still testing our luck

PRISONERS • bloodstains on the carpet
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‹ inscription : 13/09/2013
‹ messages : 8775
‹ crédits : faust.
‹ dialogues : seagreen.


‹ liens utiles : draco malfoy w/ lucky blue smith ; ginevra weasley w/ holland roden ; calixe davis w/ audreyana michelle ; uc w/ uc ; indiana alderton w/ nicola peltz ; heath ravka w/ im jaebum ; even li w/ jeon jungkook ; jelena kuodzevikiute w/ ariana grande.

‹ âge : 23 yo (05.06.80).
‹ occupation : ancien langue de plomb (spécialisé dans les expérimentations magiques) ; fugitif et informateur de la RDP entre le 26.05.03 et le 08.12.03 ; condamné à 22 ans à Azkaban pour terrorisme, au terme d'une assignation à résidence et d'un procès bâclé, tenu à huis-clos.
‹ maison : Slytherin — “ you need a little bit of insanity to do great things ”.
‹ scolarité : entre 1991 et 1997.
‹ baguette : un emprunt, depuis qu'il est en fuite. elle n'est que temporaire et il ne souhaite pas s'y intéresser ou s'y attacher, puisque la compatibilité est manquante.
‹ gallions (ʛ) : 11757
‹ réputation : sale mangemort, assassin méritant de croupir à vie en prison pour expier ses crimes et ceux de ses ancètres.
‹ particularité : il est occlumens depuis ses 16 ans.
‹ faits : Famille.
Narcissa (mère) en convalescence. sortie de son silence depuis peu pour réfuter l'annonce de son décès ; reconnue martyr. lutte pour que le jugement de son fils soit révisé.
Lucius (père) mort durant la tempête du 03.03.2004.
Spoiler:
 

‹ résidence : emprisonné à Azkaban depuis le 06.01.04. en fuite depuis le 08.05.04.
‹ patronus : inexistant.
‹ épouvantard : l'éxécution de juillet 02, ses proches en guise de victimes: leurs regards vidés par l'Imperium, la baguette de Draco dressée, les étincelles vertes des AK et leurs cadavres empilés comme de vulgaires déchets.
‹ risèd : un portrait de famille idéal, utopique.
Voir le profil de l'utilisateur http://www.smoking-ruins.com/t4710-draco-there-s-a-hole-in-my-so
And we all grew up,

shit got tough, shit just wasn't simple enough
25 OCTOBRE 2002 & DRASTORIA



 
 
 
« Non, non c’est une mauvaise idée. » C’est ce qu’il s’obstine à répéter, outré, buté, penché au-dessus de l’âtre de la cheminée tandis qu’en fond sonore, Briar braille sans discontinuer. Incrustée au creux de son poing crispé, une missive rageusement froissée signée de cette garce de Skeeter ; proposition d’« entretien » visant à laver sa réputation, comme elle aime à prétendre. Mais encore faudrait-il que Malfoy soit incroyablement crédule, pour ne pas discerner le piège à travers ses fausses expressions d’amitié. L’acharnement de cette infâme fureteuse à le ciseler jusqu’aux entrailles en quête d’une faille est manifeste ; et ostentatoire, son désir de le prendre en faute, de l’aspirer jusqu’à la moelle pour disséquer ses prétendus torts entre les lignes de l’un de ces torchons qu’elle qualifie d’articles.

Mais là n’est pas la question. Ça aussi, certes, c’est une ‘mauvaise idée’ – mais à un degré différent de la discussion qui se tient pour l’heure dans l’âtre de la cheminée, celle qui accapare les pensées de Draco.

C’est le visage d’Astoria qui se découpe dans les braises incandescentes qu’il affronte. Traits parés d’une moue insistante, taillés en une expression déterminée qui met les nerfs du blond à rude épreuve. Il n’est pas prêt à lui faire face, pas encore. Une impression de malaise lui pèse depuis plusieurs jours ; précisément, depuis l’attaque du musée. Bien sûr, Astoria ne le sait pas mêlé à l’affaire ; du moins, elle n’est pas supposée se douter d’une quelconque supercherie, à sa connaissance. Mais il ne peut nier la culpabilité qui lui mord l’âme lorsqu’il se remémore l’évènement chaotique. Il le ressent comme un coup au cœur lorsqu’il croise les visages semblables de Scropius et sa mère : il l’a laissée frôler la mort. Fait indéniable, fardeau pesant ; qu’il n’ait guère eu le choix suffit à peine à alléger la balance, le poids alourdissant malgré tout considérablement cette conscience qu’il travaille depuis des années à étouffer pour de bon. Comment donc croiser le regard d’Astoria, à présent, sans entendre résonner entre ses tempes meurtries les hurlements de douleur qui lui ont été arrachés ce jour-là ? Le croiser et pas que : également le soutenir, ferme et résolu, pour opposer un refus catégorique à sa requête du jour – que Draco consente à lui confier Scorpius. Elle parle de soulager Tipsy, offre sur un plateau d’argent argument sur argument, tandis que lui n’a bientôt plus que son entêtement sur lequel se reposer. Il faut dire qu’en arrière-plan, l’elfe piétine en s’efforçant sans succès d’apaiser une petite Parkinson vraisemblablement décidée à faire comprendre au monde entier que son séjour chez les Malfoy a bien assez duré. Qu’il est temps pour elle, à présent, de retrouver ses murs, sa mère, sa jumelle. Ce n’est pas que Draco soit contre ; il voudrait bien, lui aussi, les retrouver. Mais les recherches viennent tout juste de débuter, les appels à témoins peu probants et les pistes tièdes. Il s’efforce de garder la tête froide ; il a si peu foi en l’efficacité du département de la Justice Magique – pour ne pas dire nullement. La seule part du dossier qui ne sonne pas comme une vaste plaisanterie est le nom d’Aramis calligraphié parmi ceux des enquêteurs en fonction. Le blond a piétiné de longues heures en attendant que son cousin lui annonce en toute discrétion l’éveil de la jeune infirmière agressée le soir où Franck Hudson a fait irruption à l’hôpital. Soir même de la disparition de Pansy, mais évidemment, le protocole ne permettait pas de tirer de conclusion « hâtive » tant qu’elle ne serait pas arrachée à son coma et apte à témoigner. Ce sera peut-être pour aujourd’hui, lui a-t-on dit. Réveil annoncé, reste encore à savoir si la victime aura les idées suffisamment claires pour être légalement entendue. Peu importe son état en tout cas, Draco compte bien faire le pied de grue à proximité, pour saisir les informations au vol dès qu’elles fuseront. C’est pourquoi il n’a d’autre choix que de sortir, laissant derrière lui l’elfe dépassé par la crise qui n’en finit pas depuis la veille au soir, a duré la nuit entière presque sans discontinuer et semble vouloir se perpétuer pour la matinée.

Draco plisse les paupières, jette un coup d’œil agacé par-dessus son épaule. Il faut l’avouer, il a eu la peur de sa vie en voyant s’empourprer le visage de sa filleule, tandis qu’elle hurlait sa colère teintée de désespoir avec bien assez de hargne pour s’étouffer. Alors certes, il serait rassurant que Tipsy continue de se focalise exclusivement sur Rosie. Mais Astoria et Scorpius, seul à seule ? Il ne l’a pas permis depuis son retour en avril. Cela dit elle est, de toute façon, supposée voir leur garçon en fin de journée, à l’occasion d’une consultation chez la psychomage, visant à rétablir le lien complexe entre mère et fils… et déterminer ce qui tracasse ledit fils depuis quelques jours ; la raison de ses cauchemars plus virulents.

« Je ne te fais pas confiance », claque le blond sans tact ou ambages, ni pour la première ni pour la dernière fois. Puis d’ajouter : « Et je te l’ai dit, Scorpius ne mettra pas un pied sous le toit de ton père. C’est non négociable. » L’instinct protecteur et la rancœur violente se hérissent en lui tel un serpent aux aguets, prêt à user de venin. Wyatt a tenté de tuer leur enfant à peine né et, plus récemment encore, contribué à l’enlèvement de Narcissa ; crimes impardonnables qui ne seront jamais rayés du parchemin. Néanmoins, le capharnaüm qui règne de son côté de la cheminée le fait souffler de dépit. Et finalement… finalement abdiquer. Le temps passe, or il est attendu. Si la priorité est de se rendre à l’hôpital, il est aussi supposé procéder en début d’après-midi à la préinscription de Scorpius au centre éducatif pour jeunes sorciers prévu à Godric’s Hollow – à peine entamé et déjà extrêmement convoité. Les sponsors se réunissent à cette occasion, d'ailleurs, pour discuter du projet, et il n'a pas d'autre choix que d'y apparaître pour éviter que les rumeurs de la Gazette n'enflent encore.

Il dévisage son interlocutrice d’un œil frustré, torturé par ce dilemme qui ne lui laisse aucune option appréciable. « Si j’accepte », reprend-t-il lentement, déjà rongé par les regrets, « c’est à la condition que tu viennes à l’appartement », finit-il par lâcher, de mauvaise grâce. Sous la surveillance de l’elfe, il ne devrait rien arriver de trop compromettant. Il n’a le temps ni de retirer ni de préciser ses exigences : elle le connait suffisamment, sans doute, pour le savoir prompt à revenir sur ses propos. Et c’est sans attendre qu’elle emprunte le passage, profitant du fait qu’il ait étendu les protections à sa magie à elle, un instant plus tôt, pour lui faire transmettre les documents d’inscription à signer pour leur garçon. Draco n’a que le temps de reculer pour lui laisser l’espace, évitant de peu qu’elle n’atterrisse directement entre ses bras.

Et le voilà qui s’installe pesamment, le malaise. Astoria foule son tapis pour la première fois, découvre sa propriété. Astoria, ex-fiancée – celle qui aurait tout possédé au même titre que lui, dans une autre vie. Il est plus que conscient de la marque disgracieuse dont Briar a paré sa cape neuve en régurgitant son lait ; d’un mouvement qui se veut détaché, il dégrafe le vêtement pour s’en départir et le replie sur son coude. « Donne-toi la peine » offre-t-il, bon hôte, sa voix chargée de non-dits trahissant sa prétendue impassibilité.

Au milieu du salon, les coudes affalés sur la surface d’une table ronde, leur fils ronge le bout d’une plume en sucre en fixant avec insistance le parchemin sur lequel il griffonne une succession de lettres. Il prétend ne pas savoir que sa mère se tient à quelques pas de lui, mais ses pieds butent à intervalles réguliers contre les pieds du meuble. « Scorpius », interpelle Draco d’une voix n’acceptant aucune protestation ; « accueille correctement ta mère. » Il n’en fait pas plus. Ne lui réclame pas d’y mettre de l’enthousiasme – de ne pas trainer volontairement des pieds en s’exécutant. « La liste de ses devoirs se trouve ici », indique-t-il une fois la besogne faite. « Pas de grignotage avant le repas de midi, que Tipsy se chargera de préparer. » Coup d’œil circonspect à sa cadette – il espère qu’elle n’aura pas l’idée de faire brûler sa cuisine. « Au moins une heure de repos juste après. Il a un traitement à prendre avant son quatre heure, mais je devrais être rentré assez tôt pour m’en charger. » C’est la première fois qu’il lui parle du traitement. Habituellement, il ne lui accorde qu’une ou deux petites heures en compagnie de l’enfant et en sa présence à lui – la nécessité ne s’est donc pas présentée jusque-là.

Dire qu’il est nerveux à l’idée de lui passer la main serait un euphémisme considérable. Dire qu’il est indifférent serait presque une injure : bien au contraire, un amalgame d’émotions différentes de disputent la prévalence derrière sa fausse indifférence.  

• • •

I'M SORRY I'M SUCH AN ASSHOLE
I'll be good, i'll be good • I thought I saw the devil looking in the mirror. Drop of rum on my tongue with the warning to help me see myself clearer. My past has tasted bitter for years now, so I wield an iron fist. Grace is just weakness or so I've been told. I've been cold, I've been merciless. But the blood on my hands scares me to death, maybe I'm waking up... today.


Dernière édition par Draco Malfoy le Ven 20 Nov 2015 - 0:57, édité 1 fois
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WIZARD • always the first casuality
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‹ messages : 966
‹ crédits : whorecrux, tumblr, skam.
‹ dialogues : indianred.


‹ liens utiles :
rolf ft. ryan gosling, astoria ft. lily collins, theodore ft. dylan o'brien, édouard ft. bob morley, neville ft. daniel sharman, elijah ft. chris evans, ambroise ft. sen mitsuji, alexander ft. alfie enoch, olivia ft. emeraude toubia, brienne ft. natalia dyer, dean ft. john boyega, gregory ft. alden ehrenreich, priscilla ft. daria sidorchuk, charles ft. james norton, hwan ft. vernon choi, jay ft. gong yoo, hiram ft. abel tesfaye, adidja ft. reece king.


‹ âge : vingt-trois (03/07)
‹ occupation : volontaire à Saint-Mangouste (TIG) et créatrice de mode, co-fondatrice de la marque OXOX, premier et populaire prêt-à-porter sorcier.
‹ maison : serpentard
‹ scolarité : 1992 à avril 98.
‹ baguette : est neuve et capricieuse. Elle mesure vingt-trois centimètres virgule six, est faite de bois d'érable et continent un crin de licorne.
‹ gallions (ʛ) : 1447
‹ réputation : je suis une petite bitch écervelée qui ne mérite pas la miséricorde avec laquelle on la traite.
‹ particularité : soigneuse, capable de guérir (presque) tous les maux.
‹ faits : j'ai été enlevée par ma propre soeur et utilisée comme otage par les insurgés pendant quatre ans Je suis aussi la mère du petit Scorpius Malfoy. J'ai été en procès parce que j'ai été Adhérente pendant la Guerre, mais j'ai été innocentée ou du moins, condamnée à plusieurs mois de TIG notamment à Saint-Mangouste.
‹ résidence : dans un petit appartement du Chemin de Traverse avec ma mère et ma soeur, loué par les soins de ma tante.
‹ patronus : impossible pour moi à invoquer
‹ épouvantard : Frank Hudson, un ancien leader Belliqueux désormais mort, tenant la main de Daphne et m'observant d'un air cruel.
‹ risèd : Scorpius, heureux et épanoui.
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draco malfoy
sometimes i think of you and i feel giddy. memory makes me lightheaded, drunk on champagne. all the things we did. and if anyone has said this was the price i would have agreed to pay it. that surprises me; that with the hurt and the mess comes a shift of recognition. it was worth it. love is worth it.


« Non, non c’est une mauvaise idée. Draco, par Merlin! ” Le soupir vient du coeur. Elle ne l'a pas vu depuis plus d'une semaine qu'elle n'en peut déjà plus de cet homme. Il est trop... lui. Il a tellement changé pourtant; Astoria a récolté les nouvelles de ces dernières semaines, où il figurait et il a l'air si... si vieux, vraiment. Elle ne l'avait pas remarqué en le voyant, ces derniers mois. Si différent du jeune premier Draco qu'elle a vu pour la dernière fois, toutes ces années en arrière. Elle se demande s'il la voit de même; si lui aussi, il se rappelle de la gamine qu'elle a été, celle avec son sourire et ses cheveux trop bruns, avec les yeux brillants et la joie de vivre forcée incisée dans la peau. Elle se demande si il regrette cette Astoria. Elle, elle la regrette en tout cas. Elle regrette... elle regrette tout à propos de la personne qu'elle a été. Elle mérite, pense-t-elle, tellement plus. Tellement plus que ce qu'on lui a donné pour s'occuper avec sa vie; ne dit-on pas qu'une entité supérieure nous donne une main de cartes lorsque l'on vient au monde? et que c'est à nous d'en faire ce que l'on désire? Astoria ne savait pas trop quoi penser de cette théorie; tout ce qu'elle savait, c'était qu'au poker sorcier elle avait toujours eu l'habitude de tricher et qu'elle ne savait pas jouer autrement.

Draco a l'air particulièrement fatigué. Elles se demandent quand ils ont cessé d'être des enfants. En tout cas, elle, elle ne se sent pas comme une enfant en cet instant précis; argument sur argument, elle supporte sa thèse comme quoi elle doit voir Scorpius cet après-midi, avant le séance chez le psychomage que monsieur Malfoy leur imposent; elle doit le faire; elle est sa mère après tout et vraiment, Draco, je le fais pour toi, tu as une mine affreuse et j'ai entendu les nouvelles pour Pansy, je le fais pour toi, crois-moi et pendant un instant, elle a presque l'air sincère. Il lui faut quelque chose pour s'occuper les mains et l'esprit aujourd'hui; son employeur n'a pas besoin d'elle aujourd'hui, elle a déjà fini tout le travail qu'elle a ramené chez elle pour aujourd'hui et elle tourne en rond depuis des semaines dans le manoir, repensant aux évènements du musée, repensant à Hudson, Hudson, Hudson qui de plus en plus peuple et hante ses rêves. Elle se réveille, depuis quelques jours, avec une boule dans la gorge et un cri au bord des lèvres, se redressant d'un coup dans son lit, prête à se battre pour sa vie; elle n'est même pas soulagée en reconnaissant la chambre de son enfance. Par Merlin, elle a juste envie de s'évader de cet endroit, il lui rappelle trop sa grossesse. Or, quand Astoria veut quelque chose, elle fait tout pour l'avoir. Et elle voit bien qu'au fur et à mesure que l'argumentation s'éternise, il cède, petit à petit, son doute devenant inquiétude et son inquiétude devenant lentement résignation, en même temps que le sourire sur les lèvres de la jeune femme s'agrandit.

« Je ne te fais pas confiance » Elle fronce vaguement les sourcils, et arrive à dompter la colère qui nait en son sein. Qu'a-t-elle fait pour qu'il doute ainsi d'elle? Rien. Rien, justement, car elle n'a jamais eu le temps ni l'occasion de faire ses preuves. Elle se demande pourquoi, encore aujourd'hui, l'opinion que Draco a d'elle est si importante à ses yeux. Et puis elle repousse la question; elle n'a pas envie de chercher à savoir. « Et je te l’ai dit, Scorpius ne mettra pas un pied sous le toit de ton père. C’est non négociable. Je comprends que tu ne lui fasses pas confiance, Draco. Mais moi? Je te croyais moins buté. ” Et moins stupide, a-t-elle envie de rajouter, mais n'ose pas et se tait, circonspecte.  « Si j’accepte c’est à la condition que tu viennes à l’appartement » Aussitôt, on dirait qu'il vient de lui annoncer la plus belle nouvelle de tous les temps; son visage s'éclaire, elle sourit, découvre les dents. Elle n'a plus beaucoup de temps maintenant; elle sait qu'il peut changer d'avis comme une girouette; elle se glisse dans la cheminée en s'excusant vaguement auprès de Daphne et en marmonnant distinctivement l'adresse du jeune homme et un instant plus tard, elle est là, il est là et c'est très étrange.

Elle observe d'un air curieux l'endroit, où elle n'a jamais mis les pieds avant, et décide que l'appartemment lui plait. (Astoria ignore le petit pincement au coeur qui vient avec le désir et la jalousie maladie de voir tout ce que Draco possède, tout ce qu'elle pourrait posséder si seulement- -) Elle vrille ses yeux ambre dans ceux, d'un froid glacial, de son ancien amant et du père de son enfant; il a l'air d'autant plus ereinté du près et a collectionne plus de cernes que la dernière fois où elle l'a vu. Il y a Scorpius dans un coin, qui l'ignore royalement; et puis... il a un autre enfant? Il a un autre enfant? La pensée répand une rougeur maladroite et jalouse sur les joues d'Astoria, et elle se mordille machinalement l'intérieur de la lèvre en faisant de son mieux pour ne fixer que le jeune homme. « Donne-toi la peine » lui dit-il, et elle baisse les yeux sur sa robe d'intérieur dont elle a oublié de revêtir la cape avant de se glisser dans la cheminée. Elle n'en dit rien, dodeline de la tête, et brandit finalement les papiers qu'il lui a fait signé quelques minutes plus tôt. “ C'est une admirable idée, cette école. Je suis contente que tu aies inscrit Scorpius là-bas, ” dit-elle d'une voix claire en lui donnant les papiers, un léger sourire courtois dansant sur ses lèvres alors que le malaise s'installe, lui rappelle que Scorpius l'ignore et que le deuxième gamin de Draco continue de brailler à n'en plus finir.

Elle sait qu'au fond, il s'en fiche qu'elle soit contente ou non. Qu'elle adhère ou non à ses idées. Mais... mais elle a vraiment envie de montrer que ça l'intéresse. Qu'elle veut le mieux pour Scorpius, même si ça veut dire l'envoyer à Godric's Hollow pour étudier, avec des professeurs inconnus et un système jamais vu auparavant; par Merlin, tout d'un coup, l'histoire l'inquiète terriblement mais elle reste calme et souriante en se tournant vers leur fils quand Draco l'appelle. Et quand il l'enjoint de l'accueillir correctement, le petit enfant retombe dans leur rituel habituel: “ Bonjour, Asstoria.Bonjour, Scorpius! Comment ça va?Bien. ” et c'est toujours aussi horrible. Elle essaie de ne pas avoir l'air trop perturbée en dardant de nouveau Scorpius — mais elle semble tout de même embêtée, ses sourcils froncés, son front plissé. « La liste de ses devoirs se trouve ici. Pas de grignotage avant le repas de midi, que Tipsy se chargera de préparer. Au moins une heure de repos juste après. Il a un traitement à prendre avant son quatre heure, mais je devrais être rentré assez tôt pour m’en charger. » elle digère silencieusement toutes les informations, hochant distraitement la tête alors que son regard n'a de cesse de se tourner vers son fils son fils son fils. Elle aurait mieux préféré être seule avec lui — sans l'elfe, sans l'autre gamin — mais... mais c'est mieux que rien. Au moins il n'y aura pas Draco pour surveiller le moindre de ses gestes et renifler à ses tentatives vaines d'instaurer une relation avec leur fils. Elle n'a pas hâte, en revanche, de voir le psychomage. Merlin, elle déteste les psychomages. Tout le monde n'a que ce mot à la bouche.

Son.. traitement? ” finit-elle par demander, plantant enfin pour de vrai son regard dans celui de Malfoy. “ Quel traitement? Pourquoi tu ne m'en as pas parlé avant? ” Elle fronce les sourcils et si la soudaine colère maternelle qu'elle estime légitime lui broie le coeur, elle n'en montre rien. “ Tu ne peux pas me garder comme ça de la vie de Scorpius, Draco. Tu ne peux pas. ” Elle aimerait dire qu'elle en a marre de se battre pour faire partie de la vie de son fils, pour aimer son fils, pour connaitre son fils; mais il réutiliserait les mots contre elle, elle le sait. “ Je- - ” Mais elle s'interrompt, soupire, l'air las. “ Whatever. Je prendrais soin de lui, ne t'en fais pas. Et puis, il y a toujours... l'elfe, crache-t-elle avec une expression de vague dégoût, pour le sauver au cas où je révèle être un si piètre être humain incapable de m'occuper de mon propre fils de quatre ans. ” Son expression est toujours figée d'une grimace alors qu'elle s'approche de Scorpius, se défaisant lentement, pièce par pièce, de son rictus amer en faisant mine d'ignorer la nervosité du gamin.

Il est trop blond. Il lui fait trop penser à Draco, à bien des égards. Il est déjà en train d'écrire, plutôt maladroitement d'ailleurs, des lettres à n'en plus finir. Astoria fait mine de se pencher par-dessus son épaule pour voir plus précisément son oeuvre. “ Qu'est-ce que c'est? ” demande-t-elle, voulant bien montrer à cet impossible Draco qu'elle peut très bien communiquer avec son fils et s'en occuper, merci beaucoup. Mais Scorpius lève vers elle un regard entre l'inquiétude et l'incompréhension, la détaillant comme si elle était complètement stupide. Ce n'est pas la première fois ni la dernière; il ne semble pas être lui non plus habitué à l'idée que sa mère soit quelqu'un de capable et de vaguement intelligent. “ C'est l'aphalbet. Alphabet. Whatever, ” dit-il en imitant — plutôt pauvrement — sa voix. Astoria jette un regard scandalisé à Draco. Mais elle serre les dents; grince; ne dit rien; et puis guindée comme toujours, s'enveloppant dans son orgueil, elle s'approche de nouveau du père de son enfant. “ Et l'autre? Il y a une option sourdine ou tu l'emmènes avec toi? ” Ses yeux crient presque s'il te plaît. Elle se sent déjà lasse mais... mais elle n'a pas le droit d'être lasse. Elle aime Scorpius, vraiment. C'est juste que c'est tellement compliqué, qu'elle a tellement de choses à faire à gérer à comprendre à guérir. Elle a son propre bagage émotionnel, elle n'est pas prête pour celui de quiconque d'autre — encore moins celui d'un gamin de quatre ans. Et pourtant elle est là, car elle sait que c'est le moment ou jamais, et qu'elle ne peut plus se permettre de se tenir en dehors de la vie de son fils.

Alors Astoria articule un petit sourire vaguement distrait, regardant Draco avec une confiance feinte et de l'amusement dans le regard. “ Je rigole. Mais ne t'attarde pas, tu vas être en retard. La maison est sauve. Il a le droit au café? ” Et puis, sous le regard un peu atterré de Malfoy: “ même pas le déca? ” Elle peut continuer des heures: elle a fait le plein de blagues foireuses destinées à rompre la glace.

• • •

I had forgotten that it is impossible to lose someone, since all humans are alone. Another place in the universe we’re together in infinite time, remember that.
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PRISONERS • bloodstains on the carpet
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‹ âge : 23 yo (05.06.80).
‹ occupation : ancien langue de plomb (spécialisé dans les expérimentations magiques) ; fugitif et informateur de la RDP entre le 26.05.03 et le 08.12.03 ; condamné à 22 ans à Azkaban pour terrorisme, au terme d'une assignation à résidence et d'un procès bâclé, tenu à huis-clos.
‹ maison : Slytherin — “ you need a little bit of insanity to do great things ”.
‹ scolarité : entre 1991 et 1997.
‹ baguette : un emprunt, depuis qu'il est en fuite. elle n'est que temporaire et il ne souhaite pas s'y intéresser ou s'y attacher, puisque la compatibilité est manquante.
‹ gallions (ʛ) : 11757
‹ réputation : sale mangemort, assassin méritant de croupir à vie en prison pour expier ses crimes et ceux de ses ancètres.
‹ particularité : il est occlumens depuis ses 16 ans.
‹ faits : Famille.
Narcissa (mère) en convalescence. sortie de son silence depuis peu pour réfuter l'annonce de son décès ; reconnue martyr. lutte pour que le jugement de son fils soit révisé.
Lucius (père) mort durant la tempête du 03.03.2004.
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‹ résidence : emprisonné à Azkaban depuis le 06.01.04. en fuite depuis le 08.05.04.
‹ patronus : inexistant.
‹ épouvantard : l'éxécution de juillet 02, ses proches en guise de victimes: leurs regards vidés par l'Imperium, la baguette de Draco dressée, les étincelles vertes des AK et leurs cadavres empilés comme de vulgaires déchets.
‹ risèd : un portrait de famille idéal, utopique.
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25 OCTOBRE 2002 & DRASTORIA



 
 
 
Bras croisés sur son torse, il est consciemment fermé et sur ses gardes. Astoria rayonne à son arrivée, satisfaction victorieuse que ne tarde de gommer l’accueil peu chaleureux et tout jute protocolaire que lui réserve Draco. C’est sa façon de lui faire savoir qu’elle a beau obtenir ce qu’elle veut, il ne lui facilitera pas la tâche pour autant – entre eux tout est toujours ainsi, cédé à force d’insistance mais constamment teinté de mauvaise volonté. C’est leur façon de se déchirer – ou sa façon à lui de la tenir à distance. Ne pas lui faire confiance, c’est un mécanisme de défense. Il y a bien eu une époque où il s’y est essayé, mais la connivence s’est avérée brève, fragile comme un éphémère. Les lettres de ce temps-là sont tombées dans l’oubli depuis ; les parchemins jaunis échangés en secret ne sont plus mentionnés et les promesses d'avenir échangées sont enterrées avec eux, appartenant à un et si qu’il lui reproche silencieusement d’avoir trahi en choisissant de demeurer sous le joug de son père.

Il y a une satisfaction malsaine tapie au creux de son être à chaque fois qu’il la regarde se dépêtrer avec la mauvaise volonté de son fils, une créature possessive qui rugit d’aise et se repait des réticences de Scorpius. Il nourrit… cette crainte indicible de devoir partager son fils, le considérer comme leur après avoir été le centre de son monde près de quatre années durant. Paradoxalement, il a une conscience aiguë du manque violent dont l’enfant a souffert tout ce temps ; d'autant plus que Draco s’est refusé à user de subterfuges pour pallier la carence, n’a pas consenti un seul instant à inspirer un transfert d’affection sur les quelques femmes ayant évolué dans la sphère très restreinte du gamin. Il sait combien la persistance de Scorpius à rejeter Astoria mutile ses propres sentiments. C’est une phase de test, il le devine sans éprouver le désir de le révéler à la concernée… de la rassurer. Au lieu de quoi, il jouit de sa position confortable comme d’une revanche. Revanche puérile sur la défection de ses seize ans – il sait combien le destin la lui a déjà fait payer mais ne trouve pas en lui une once de clémence pour autant. Il y a une lueur de défi dans le regard qu’il lui adresse ; son sourcil dessine un arc mi-désapprobateur mi-dubitatif. Il ne l’aide pas, c'est un fait. Insatisfait lorsqu’elle tente et plus encore lorsqu’elle n’essaye pas. Il sait pertinemment qu’il la bringuebale dans une avalanche de contradictions, en exigeant tacitement, tout à la fois, qu’elle soit présente et s’efface…

Elle a changé. Le constat n’est pas neuf, il date au moins de ce soir où il l’a arrachée à l’antre des insurgés – nuit d’avril, à croire que ce mois est un chaînon récurrent et significatif de leur histoire. Mais il est toujours frappé par cette réalité lorsqu’ils se retrouvent face à face, dans un décor tissé de luxe plutôt que de flammes et de destruction : elle n’a pas tout à fait repris la place à laquelle on l’a arrachée autrefois, réendossé son rôle à l’identique. Non, elle est différente et tente de se réapproprier son univers en l’adaptant à sa métamorphose. Toute pétrie de contradictions – sourire femme-enfant, lumineuse et pleine de vie au premier abord, comme si rien n’avait changé. Mais sous sa paupière persiste un zeste de gravité laissant à deviner qu’elle ne sera plus jamais aussi innocente qu’à ses 16 ans. Innocente… innocence. N’est-il pas le premier à blâmer de l’en avoir privée ? Il croise dans son dos ces mains qu’il se souvient trop bien avoir laissé courir le long de ses mèches brunes et jusqu’au creux de ses reins, incapable comme à chaque fois de déterminer s’il est soulagé ou déçu de la voir porter une coupe plus stricte. Il est étrange de s’apercevoir qu’elle n’a réellement plus grand-chose de l’adolescente qu’il a déflorée dans l’intimité de la salle de bains des préfets, alors qu'il ne l'a pas vue grandir, passer le cap des vingt ans. « C'est une admirable idée, cette école. Je suis contente que tu aies inscrit Scorpius là-bas », offre-t-elle en l’arrachant aux réminiscences pour le ramener quatre ans plus loin : à l’instant présent. « Peu importe », réplique-t-il en haussant les épaules, avant de se mordre la lippe. Regrettant presque d’avoir laissé échapper ces mots qui signifient clairement qu’il n’a que faire de son avis sur la question, habitué qu’il l’est à prendre les décisions seul. C’est tout un exercice, ça aussi – apprendre à déléguer de l’autorité. « Mais je suppose que ce n’est pas plus mal que tu ne sois… pas contre », se force-t-il à ajouter, incertain. Il sait être père célibataire et solitaire ; c’est le rôle de parents en binôme bien que séparés, qui lui est encore inconnu. Il y a beaucoup à dire en réalité, mais il ne sait comment.

Elle se détourne pour interagir maladroitement avec Scorpius, et Draco se détourne pour réprimer un sourire moqueur. Il ne veut pas laisser penser à son fils qu’il l’encourage, même si…
La brève liste de recommandations l’aide efficacement à retrouver son sérieux. « Son.. traitement ? » Il y a de l’urgence dans sa voix. « Quel traitement? Pourquoi tu ne m'en as pas parlé avant ? » De l’exaspération ? Difficile à dire : elle est pressante mais trop calme pour qu’il lui renvoie légitimement ses reproches. « Tu ne peux pas me garder comme ça de la vie de Scorpius, Draco. Tu ne peux pas. » Yeah ? Watch me, est-il tenté de répliquer, et sa lèvre supérieure se plisse en un rictus annonçant déjà la rebuffade. Mais son regard glisse brièvement vers l’objet de la discussion, qui les observe à la dérobée, et il se raisonne. Prend sur lui. « Et bien je te le dis maintenant. Qu’est-ce que tu veux, des pense-bêtes couvrant quatre années d’informations ? » qu’il persiffle avec brusquerie, à mi-voix ; et elle a soudain l’air si las, qu’il se sent minable de se montrer perfide sur des sujets aussi capitaux que la santé de leur enfant. Leur enfant. Il fronce les sourcils. Détourne le regard. Passe une main nerveuse à travers ses mèches blondes. « Je- - Whatever. Je prendrais soin de lui, ne t'en fais pas. Et puis, il y a toujours... l'elfe », lâche-t-elle avec un mécontentement manifeste, remarque assortie d’un commentaire qui laisse percevoir ce que lui inspirent ses échecs répétés avec leur fils. « Ne dis pas ça », soupire-t-il, avant d’hésiter – les mots sont à la coupe de ses lèvres, les je connais cette incertitude, les j’ai été dépassé, plus d’une fois et je le suis encore, souvent… mais il est si foutrement réticent à mettre à jour ses failles qu’il s’en tient à ça, étouffe la compréhension et n’offre tout compte fait qu’un haussement d’épaules. Elle se détourne, de toute façon, pour faire une autre tentative maladroite auprès de Scorpius, sous l’œil constamment scrutateur du blond.

Scorpius, qui la dédaigne. Draco ne peut lui offrir qu’un nouveau haussement d’épaules lorsqu’elle cherche son soutient de son regard offusqué. Débrouille-toi ; toujours la même rengaine, la même absence de compassion. « Et l'autre? Il y a une option sourdine ou tu l'emmènes avec toi? » Cette fois, il la lorgne curieusement. « Déjà à bout ? » Le mal de tête qui éclate entre les parois de son propre crâne, qui le martèle depuis des heures, lui souffle que ce n’est que justice qu’elle pâtisse à son tour. « Rose reste. Vois-y une rétribution pour toutes les nuits sans sommeil que j’ai assumées pour deux », rétorque-t-il, polaire. « Je rigole. » Elle a le mérite, il doit le reconnaître, de ne pas se laisser démonter lorsqu’il se montre virulent. Ça l’agaçait tant du temps de Poudlard – cette manie d’agir comme si son acidité glissait sur sa carapace sans l’altérer. « Mais ne t'attarde pas, tu vas être en retard. La maison est sauve. Il a le droit au café? Même pas le déca? » Et le voilà atterré. « Tu n’es pas sérieuse ? » s’exclame-t-il, loin de goûter la plaisanterie. « Je vais prétendre n’avoir rien entendu. » Mais son attention inquiète passe du fils à la mère et de la mère au fils et encore et encore et il est cloué au sol, incapable de franchir la porte de sortie. « Ne lui donne rien à manger », précise-t-il tout de même, craignant le pire. Et d’ajouter d’une voix terne : « Ne me fais pas regretter. » Un pli soucieux lui creuse le front lorsqu’il rejoint sa chambre à reculons, troque sa cape souillée contre une propre, et retourne au salon tout en l’enfilant. Il s’accroupit face à son fils pour lui souffler ses dernières recommandations, puis disparaît dans l’âtre de la cheminée sans que ne se résorbe la boule d’angoisse qui lui alourdit la cage thoracique.   

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I'M SORRY I'M SUCH AN ASSHOLE
I'll be good, i'll be good • I thought I saw the devil looking in the mirror. Drop of rum on my tongue with the warning to help me see myself clearer. My past has tasted bitter for years now, so I wield an iron fist. Grace is just weakness or so I've been told. I've been cold, I've been merciless. But the blood on my hands scares me to death, maybe I'm waking up... today.
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WIZARD • always the first casuality
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‹ âge : vingt-trois (03/07)
‹ occupation : volontaire à Saint-Mangouste (TIG) et créatrice de mode, co-fondatrice de la marque OXOX, premier et populaire prêt-à-porter sorcier.
‹ maison : serpentard
‹ scolarité : 1992 à avril 98.
‹ baguette : est neuve et capricieuse. Elle mesure vingt-trois centimètres virgule six, est faite de bois d'érable et continent un crin de licorne.
‹ gallions (ʛ) : 1447
‹ réputation : je suis une petite bitch écervelée qui ne mérite pas la miséricorde avec laquelle on la traite.
‹ particularité : soigneuse, capable de guérir (presque) tous les maux.
‹ faits : j'ai été enlevée par ma propre soeur et utilisée comme otage par les insurgés pendant quatre ans Je suis aussi la mère du petit Scorpius Malfoy. J'ai été en procès parce que j'ai été Adhérente pendant la Guerre, mais j'ai été innocentée ou du moins, condamnée à plusieurs mois de TIG notamment à Saint-Mangouste.
‹ résidence : dans un petit appartement du Chemin de Traverse avec ma mère et ma soeur, loué par les soins de ma tante.
‹ patronus : impossible pour moi à invoquer
‹ épouvantard : Frank Hudson, un ancien leader Belliqueux désormais mort, tenant la main de Daphne et m'observant d'un air cruel.
‹ risèd : Scorpius, heureux et épanoui.
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draco malfoy
sometimes i think of you and i feel giddy. memory makes me lightheaded, drunk on champagne. all the things we did. and if anyone has said this was the price i would have agreed to pay it. that surprises me; that with the hurt and the mess comes a shift of recognition. it was worth it. love is worth it.


« Peu importe » Astoria ne sait pas trop comment, mais elle parvient à rester fière. Elle garde le menton légèrement relevé, alors qu'elle sourit lentement, toujours toujours toujours. Elle est courtoise, dit-on, charmante en toutes circonstances (elle ne sait pas trop comment faire autrement. Elle a l'impression, parfois, d'être née avec ce sourire taillé au couteau sur la lippe) et rien rien rien ne peut l'atteindre. Pas même Draco. Draco. Le nom à l'origine de son sauvetage, de sa survie; elle se souvient vaguement des longues nuits d'angoisse et de terreur, parmi les Insurgés, à s'accrocher religieusement à ce nom: Draco Malfoy, Draco Malfoy, Draco Malfoy. Et puis les rêves de princes et de châteaux et d'heureux pour toujours s'étaient envolés en fumée quand, après trois ans d'horreur, le prince n'était jamais venu libérer la princesse de son donjon maudit.

Alors, tout ce qu'il peut bien lui dire, ne la touche plus. Elle se fiche comme d'une guigne de son jugement (essaie-t-elle de se convaincre): tout ce qu'elle veut, c'est Scorpius. Leur fils, qu'il le veuille ou non. (La soudaine réalisation qu'il ne veut pas, qu'il n'est plus son Draco mais celui d'une autre (et qu'elle n'est plus son Astoria mais celle de personne) lui laisse un goût amer dans la bouche. Elle ravale.) Néanmoins, elle ne peut pas ignorer que sa pique lui fait mal et, même si elle sourit, le petit pli au coin de sa lippe indique bien en un mot comme en cent que ça l'atteint. « Mais je suppose que ce n’est pas plus mal que tu ne sois… pas contre. » Elle ne l'écoute qu'à moitié, maintenant, levant une épaule et baissant l'autre, l'air de dire pas la peine de te forcer. Ça blesse un peu, de se dire qu'elle connait si bien Draco, et que pourtant, il demeure un inconnu à ses yeux. Le père de son enfant — et c'est tout? Elle les imaginait mieux, à vingt-deux ans, déjà parents de deux enfants. Avoir une maison. Une situation plus que correcte. Beaucoup d'affection l'un pour l'autre (peut-être de l'amour?). Donner les meilleures fêtes de la société de Londres. Et se réveiller tous les matins dans les bras de l'autre malgré le monde, malgré tout.

And I thought I had killed my dreams.

« Et bien je te le dis maintenant. Qu’est-ce que tu veux, des pense-bêtes couvrant quatre années d’informations ? » Et là, encore une fois: le noeud dans son estomac. Son coeur qui s'accélère, son regard qui devient furieux furibond rageur pendant un instant; ses jolies prunelles ambrées se parant des nuages de l'orage pour le darder durant une seconde, ou deux, pas plus. Mais très vite, la fatigue revient; la lassitude aussi, et elle détourne son regard un instant pour recomposer les traits de son visage; un deux trois quatre cinq six sept huit neuf dix; Astoria se sent juste fatiguée. Ne comprennent-ils pas, tous? Pourquoi la blâment-ils à ce point? Et elle pensait que Draco, mieux que personne, pourrait essayer de la comprendre. La déception est réelle, la vexation encore plus; alors elle baisse le regard, se contente d'écarter ses remarques précédentes — et la sienne — d'un minuscule mouvement de main. Elle sait que pendant quatre ans, elle n'a pas été là pour Scorpius. Aujourd'hui, bien plus que lors de sa captivité, elle ressent cette douleur ce manque cette terreur profondément à l'intérieur de son ventre. Pensent-ils qu'elle est si bête, si incohérente, si immature qu'elle ne sait pas qu'elle a perdu les plus précieuses années de son fils? Pensent-ils qu'elle ne regrette pas?

« Rose reste. Vois-y une rétribution pour toutes les nuits sans sommeil que j’ai assumées pour deux »bang bang. Il ne semble pas vouloir s'arrêter avec son côté passif-aggressif qui ne la surprend même plus. Mais Astoria n'est pas du genre à se laisser démonter ( “ Je rigole. ” ) ou du moins, elle est du genre à ne pas le montrer. Alors à la place, elle encaisse; elle emmagasine; elle garde précieusement, pour mieux faire ressortir toutes ces remarques acides aux moments les plus sombres, quand sa haine contre le monde et le temps se retourne contre elle-même; là, toutes ces longues nuits de cauchemars passées à sangloter douloureusement sur le sol de sa chambre; ici, ces longues après-midi obsessionnelles à ranger, défaire, détruire, réparer, ranger chaque livre de sa bibliothèque; ou même là, quand elle enfonce discrètement le bout acéré de ses ongles dans la peau délicate de sa paume. Il y a comme un soupir de soulagement — étrangement mêlé à la douleur — qui s'échappe d'entre ses lèvres, en même temps qu'elle sourit en lui adressant une éternelle petite plaisanterie; juste de quoi les détendre, tous les deux, juste de quoi oublier le mal de tête qui déjà vient agripper son esprit de ses longs doigts cruels. « Tu n’es pas sérieuse ? » Elle arque un sourcil, et sa lippe toujours tordue d'un sourire s'entr'ouvre pour lui dire que bien évidemment que je vais nourrir notre enfant de caféine jusqu'à ce que mort s'ensuive, je suis bête à ce point, Draco! mais il est plus prompt à continuer: « Je vais prétendre n’avoir rien entendu. » Et Astoria lève les yeux au ciel.

Ugh.

« Ne me fais pas regretter. »

Si seulement tu en avais fait de même.

Non, c'est une pensée à ne pas avoir. Ils n'ont rien à regretter l'un de l'autre, pour l'instant, n'est-ce pas? Machinalement, alors que le père quitte la pièce, Astoria regarde Scorpius qui fait toujours mine d'être absorbé par ses travaux. L'elfe, quant à lui — ou elle? Astoria ne sait plus, et s'en fiche cordialement —, a l'air de faire une prise d'art martial avec l'autre gamin pour l'empêcher de s'étouffer avec un des jouets trop colorés qu'il secoue depuis tout à l'heure en hurlant. Astoria ne sait plus trop quoi faire, fait un pas en direction de son fils avant d'en faire deux en arrière (comme toujours), ses doigts jouant nerveusement avec un pli de sa robe, tournant, tournicotant, nouant, dénouant le tissu. Et quand elle ouvre la bouche pour enfin s'aventurer à dire quelque chose, Draco réapparaît (elle se redresse machinalement, esquisse un sourire; mémoire musculaire). Il embrasse Scorpius, ignore la maladresse de sa mère (“ Je contrôle, Draco, pas besoin de t'inquiéter! ”) et puis disparaît dans l'âtre de la cheminée après un dernier regard sombre; pouf!

Elle est seule.

__

Tu n'as pas... besoin d'aide, Scorpius?Nan. ” Elle n'a pas la force de le corriger. Doit-elle le corriger? Ou le laisser faire ce qu'il désire? Ce n'est qu'un mot, pense-t-elle, pas la peine d'en faire tout un fromage. Pourtant, elle hésite quand même auprès de lui; regarde par-dessus son épaule ce qu'il est en train de faire; depuis cinq minutes, il fait la boucle de ses f à l'envers et il a l'air de s'énerver lui-même sur sa feuille. “ Scorpius... J'ai pas besoin de ton aide! ” Elle retourne, vaguement déçue, sur le canapé où elle continue le livre qu'elle a emprunté à la bibliothèque de Draco. Parfait.

__

Tu sais que ce n'est pas parce que ton père est absent que tu peux faire n'importe quoi, Scorpius, n'est-ce pas? ” Elle se demande, machinalement, si la manière avec laquelle elle prononce son nom le dérange. Elle, ça la dérange. On ne dirait pas... on ne dirait pas son prénom. On dirait un mot étranger, exotique sur sa langue, quelque chose qu'elle n'assimile pas à ce visage poupon, à ces boucles blondes, à ces grands yeux trop clairs. “ Mais j'ai faim. Tu mangeras à midi. Ton père m'a dit de ne pas te laisser grignoter avant le déjeuner.Oui, mais j'ai faim, Asstoria! Cesse de m'appeler Asstoria, par Merlin! C'est Asto-ria, pas Asssss-tori-a! ” Il a un air vaguement vexé. Elle se rend compte qu'elle a trop levé la voix, et se radoucit (elle sent, brûlant, le regard de l'elfe de maison sur sa nuque. Elle l'ignore, comme tout le reste). Tu peux m'appeler maman, a-t-elle envie de lui dire. Mais elle n'est pas sa maman; juste sa mère. “ S'il te plaît, Scorpius. Dans une demi-heure, ce sera le repas. En attendant, tu dois faire tes devoirs. Tu veux de l'aide? Nan.

__

Tu n'as pas besoin d'aide? ” Scorpius soupire. Soupire. Ce gamin est insupportable. “ Je sais manger seul, ” grince-t-il simplement, apparemment agacé de l'engouement de sa mère à l'aider, alors Astoria se tait et continue de le regarder manger. Elle-même a plutôt faim, mais n'a pas osé demander à l'elfe une assiette pour elle. Celle-ci — c'est bien une femelle — la regarde depuis l'autre bout de la table, tout en nourissant l'autre bambin qui s'est enfin tu, la bouche pleine et sale. La viande précoupée et la purée à la couleur très suspectement orange qu'est en train de manger son fils avec plus ou moins d'entrain n'est vraiment pas ce qu'elle préfère sur cette terre mais... quand même. Son estomac gargouille discrètement, mais elle se contente du verre d'eau qu'elle s'est tentativement servie dans l'évier. “ Tu devrais finir ton assiette.Je n'ai plus faim. Tu sais que c'est impoli de ne pas finir ton assiette? Je n'ai plus faim. ” Il repousse son assiette. L'elfe abandonne une seconde l'autre gamin pour la débarasser, après un regard appuyé à Astoria. Celle-ci lui offre un petit sourire. “ Attends. Scorpius, attends, reprend-t-elle quand il s'éloigne déjà. T'as un truc là. ” Elle enlève, au coin de sa lèvre, une lichette de purée. Scorpius la darde avec un regard sombre où se mêle un sentiment qu'elle ne comprend pas, puis se détourne et sort de la cuisine.

__

C'est bon. ” À son appel, Astoria se glisse dans la chambre. Elle est plus petite qu'elle ne l'avait imaginée, et plus jolie aussi. Il y a des photos de Quidditch et de dragons sur les murs. Elle voit, dans une cage dans un coin, le dragon miniature qu'elle lui a offert quelques semaines plus tôt — elle aurait pensé que Draco lui aurait confisqué — qui tourne en rond en voletant. Suivant son regard, Scorpius regarde lui aussi le dragon et finit par lâcher: “ il s'appelle Hydra. C'est un joli nom. ” Il ne répond pas. Il est allongé dans son lit et il a l'air vaguement embêté qu'elle soit là, à hésiter dans l'encadrement de sa porte, ne sachant pas trop s'il veut un baiser ou une histoire ou qu'elle parte. Astoria est à peu près persuadée qu'il souhaite qu'elle parte. “ J'ai vu que tu avais presque fini tes devoirs. Oui. C'est plutôt simple. ” Il crâne un peu mais ce n'est pas grave. Il fait toujours ses f à l'envers et ça angoisse un peu Astoria cette histoire. “ Tu te débrouilles très bien. ” Peut-être que la flatterie la mènera dans son coeur? Scorpius, dans tous les cas, ne répond pas et la darde de ces yeux si clairs, si semblables à ceux de son père. “ Eh bien.... dors bien, Scorpius. Hm. ” Il se retourne sous sa couette, et Astoria quitte la pièce en emportant toute la lumière avec elle.

__

Ça ne lui fera pas de mal.
Allez, juste une dose.

__

Une main froide sur son genou nu la réveille.
Asstoria? As-to-ria?
Elle cligne des yeux, grimace, regarde son fils, qui a des grands yeux bleus comme son père et des cheveux trop blonds comme son père. Son coeur dans sa poitrine bat trop vite, elle sent ses tempes battre sous sa peau, elle a un peu mal aux bras, elle a envie de courir de gémir de mourir. “ Tu marmonnes dans ton sommeil, ” dit-il, mais sa voix l'atteint comme à travers un voile. Elle se redresse légèrement sur le canapé sur lequel elle s'est assoupie — la pièce tangue un peu avec elle — avant de balayer l'endroit du regard. Le joli soleil de début d'après-midi a succédé aux lampes artificielles et à l'obscurité du début de la nuit. L'horloge indique quatre heures. Draco est en retard. “ Tout va bien?Oui. Je... J'ai oublié de faire ma sieste. Du coup je me rattrapais. C'est important pour tout le monde, tu sais? C'est très important de faire la sieste. C'est même fondamental pour le bon fonctionnement de l'organisme. Tu sais pourquoi ton père est en retard? Non... ” Le gamin a l'air un peu troublé en se reculant. Il la dévisage et elle rigole devant son air interrogateur. “ Et bien quoi? Quelque chose ne va pas? Quelque chose ne te plait pas, chez moi? Dis moi, Scorpius, ton problème avec moi. Je- je n'ai pas de problème avec toi... ” Il a l'air hésitant, et recule toujours. Astoria se lève, aplatit sa robe sur ses jambes. “ Tant mieux. Je suis ta mère, malgré tout, malgré le temps, ne l'oublie pas. Je tuerai pour un biscuit, je dois te l'avouer. T'as fini tes devoirs? C'est important, de faire ses devoirs. ” Elle sait qu'elle parle pour ne rien dire, tout comme elle sait que ses yeux sont trop grands et ses pupilles trop dilatées. Elle sait que ça va mal, que son coeur bat trop fort et que ce sentiment qui monte et qui monte et qui monte et qui s'aggripe dans sa poitrine est malsain. Mais, comme toujours, Astoria l'embrasse. Au moins, elle se sent mieux. “ Montre moi ce que tu as fait. ” Il doit y avoir quelque chose, dans son ton inflexible, qui incite Scorpius à la mener jusqu'à la table en silence pour lui montrer ses devoirs.

Tu fais tes f à l'envers, Scorpius, par Merlin. Ton père ne t'a jamais appris à faire les f? Regarde. ” Elle s'empare de la plume et trace une belle lettre sur le papier, sans respecter la casse, sans respecter les lignes. “ Là. F comme father ou f comme fu- - (elle a la bonne conscience de s'interrompre.) Quand t'es-tu réveillé? Il y a... une heure. C'est bien. Tu es grand et responsable. C'est très bien, même. ” Elle sent son malaise sans le voir. Elle est assise sur la chaise et lui debout à côté d'elle, alors qu'elle écrit des f et des f sur la feuille. “ Il est quatre heures. Tu sais lire les horloges? Bien. Très bien, même. Évidemment que je sais lire les horloges. ” Silence. Une autre ligne de f. “ C'est juste que... je dois prendre mon traitement. Ton traitement?Oui... Quel traitement? Ah oui. Pourquoi tu as besoin d'un traitement?Papa dit que c'est parce que j'ai des poumons un peu faibles. Tsk. Il n'y a rien de faible à propos de toi. Tu es Scorpius Malfoy, tu te souviens? ” Machinalement, elle lui ébouriffe les cheveux et il la regarde d'un air vaguement horrifié en les plaquant à nouveau sur son crâne. “ Bon. Très bien. Tu sais où il est, ce traitement? Parce que moi je l'ignore complètement et ton père n'est pas là, alors il ne peut pas me le dire. Où est l'elfe? Tipsy veille sur Rose. Elle a du mal à dormir. Alors c'est ça qui crie depuis tout à l'heure? On ne peut pas lui dire de se taire, pour une fois?C'est un bébé.Right.

Astoria se lève et machinalement, tend la main à Scorpius qui la regarde comme si elle venait de débarquer d'une autre planète. “ Conduis moi. ” Et là, il a une réaction si semblable à son père qu'Astoria sent sa respiration se coincer dans sa gorge un moment et pendant un instant, c'est comme si elle était dépouillée de tout orviétan, comme si la redescente intervenait trop tôt: elle se sent perdue et mal et en pleine douleur et avec l'envie de s'arracher les veines une par une. Scorpius, pourtant, ne fait que soupirer, que prendre sa main avec résignation et humeur; ses doigts sont un peu moites et maladroits autour des siens. Il la conduit à travers l'appartemment jusqu'à la salle de bains. “ D'accord. Ok. Parfait. ” Elle n'a aucune idée d'où pourraient se trouver les médicaments ou... ou les potions ou n'importe quoi. “ T'es une sorcière, non? Bien sûr que je suis une sorcière. Contrairement à ce qu'a pu te dire ton père, je suis même une excellente sorcière, si tu veux tout- - T'as juste à utiliser un axio, l'interrompt Scorpius en levant les yeux au ciel. Levant les yeux au ciel.Accio, Scorpius. Ah! je t'ai eu! Non, ce n'était pas pour t'attirer vers moi mais pour corriger ta prononciation. Accio. Comme si il y avait deux k. Tu sais écrire les k? Oui. Bien. Très bien, même. Bon. Accio traitement de Scorpius à prendre à quatre heures. ” Le cabinet à pharmacie s'ouvre brusquement et vole vers elle... Merlin. Il y a trop de boites. Trop d'informations à lire. Trop de trucs à ne pas foirer.

Ne peut-elle pas simplement toucher ses poumons pour qu'ils se réparent d'eux-mêmes?
(Mais à quel prix?)
(Astoria n'y pense pas.)

Ok Scorpius. Tu me fais confiance? (elle n'attend pas sa réponse, de peur qu'il lui brise le coeur.) Retire ta chemise. Pardon? Il faut qu'il arrête de ressembler à son père. Il joue avec ses nerfs. — Retire ta chemise! J'ai vu que tu t'étais changé seul après ta sieste. C'est très bien. Mais il faut que tu l'enlèves, je connais moi-même un petit traitement- - Papa a dit- - Maman te dit de retirer ta chemise alors tu retires ta chemise. S'il te plaît. ” Il la regarde d'un air choqué pendant cinq longues secondes et puis, bougonne sous sa respiration en levant les mains pour jouer avec les boutons de sa petite chemise trop mignonne: “ t'es pas ma maman ” mais Astoria débarasse cette remarque d'un petit mouvement de la main, l'air de dire: whatever. “ Ok. Ok. Bouge pas. ” Elle pose les mains sur son torse nu, à peu près là où doivent se trouver les poumons. “ Bouge pas, j'ai dit. J'ai pas bougé! Je t'ai senti bouger, Scorpius. Ah non. C'était ton coeur. Ok. Tout va bien. ” Elle ferme les yeux.

Au même instant, la porte s'ouvre. Draco.

Elle rouvre les yeux pour le regarder. Il ressemble à une version plus âgée de Scorpius. Non. Scorpius ressemble à une version plus jeune de Draco.

Son coeur bat trop vite. Il y a trop de salive dans sa bouche. Sa peau se hérisse de frisson et elle n'a qu'une envie: rire et rire et parler et rire et parler.

Alors elle rit, comme toujours.

Oh, Draco! On s'occupait justement du traitement.

• • •

I had forgotten that it is impossible to lose someone, since all humans are alone. Another place in the universe we’re together in infinite time, remember that.
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PRISONERS • bloodstains on the carpet
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‹ âge : 23 yo (05.06.80).
‹ occupation : ancien langue de plomb (spécialisé dans les expérimentations magiques) ; fugitif et informateur de la RDP entre le 26.05.03 et le 08.12.03 ; condamné à 22 ans à Azkaban pour terrorisme, au terme d'une assignation à résidence et d'un procès bâclé, tenu à huis-clos.
‹ maison : Slytherin — “ you need a little bit of insanity to do great things ”.
‹ scolarité : entre 1991 et 1997.
‹ baguette : un emprunt, depuis qu'il est en fuite. elle n'est que temporaire et il ne souhaite pas s'y intéresser ou s'y attacher, puisque la compatibilité est manquante.
‹ gallions (ʛ) : 11757
‹ réputation : sale mangemort, assassin méritant de croupir à vie en prison pour expier ses crimes et ceux de ses ancètres.
‹ particularité : il est occlumens depuis ses 16 ans.
‹ faits : Famille.
Narcissa (mère) en convalescence. sortie de son silence depuis peu pour réfuter l'annonce de son décès ; reconnue martyr. lutte pour que le jugement de son fils soit révisé.
Lucius (père) mort durant la tempête du 03.03.2004.
Spoiler:
 

‹ résidence : emprisonné à Azkaban depuis le 06.01.04. en fuite depuis le 08.05.04.
‹ patronus : inexistant.
‹ épouvantard : l'éxécution de juillet 02, ses proches en guise de victimes: leurs regards vidés par l'Imperium, la baguette de Draco dressée, les étincelles vertes des AK et leurs cadavres empilés comme de vulgaires déchets.
‹ risèd : un portrait de famille idéal, utopique.
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And we all grew up,

shit got tough, shit just wasn't simple enough
25 OCTOBRE 2002 & DRASTORIA



 
 
 
Ça le préoccupe tout au long de son périple – il a l’impression d’avoir commis une énorme erreur, à l’instant même où il a foulé les cendres de la cheminée de l’hôpital. Néanmoins, il ne peut pas nier le soulagement qu’il ressent d’avoir eu droit à cet échappatoire inespéré qui lui permet de se consacrer à d’autres priorités ; soulagement qui dénoue quelque peu la boule d’angoisse qui lui obstrue la gorge, au moment où un membre de la Brigade le réceptionne en lui annonçant, suivant les ordres d’Aramis, que l’infirmière s’est réveillée. Son palpitant s’agite au creux de sa cage thoracique, sous l’effet d’une poussée d’adrénaline aussi subite que violente à lui en donner le tournis, et il talonne le messager sans lui laisser une once d’avance. « L’interrogatoire est en cours, il faudra patienter ici. » C’est la phrase fatidique, celle qu’il redoute, celle qu’il exècre ; celle qui le freine à l’orée du couloir, à quelques pas de la chambre renfermant tous ses espoirs. Mais s’il s’apprête à protester, il s’arrête en entendant qu’Aramis se charge dudit interrogatoire. Pas de doute, son cousin le tiendra au courant de tout détail pertinent, et il s’oblige à se tranquilliser, malgré le besoin qui lui fourmille au bout des doigts – l’envie de secouer ce type et lui hurler que non, il ne veut pas patienter. « Très bien, mais si d’ici une demi-heure vous ne me donnez pas un semblant de nouvelles, je fais irruption dans cette chambre pour y glaner moi-même les informations qui m’intéressent. » Sa voix claque, glaciale. Ses nerfs sont mis à trop rude épreuve pour qu’il s’engage à se tenir tranquille. Le type s’éclipse, clairement mécontent – ils n’ont rien de personnel l’un contre l’autre, mais le dédain de Draco pour la brigade est perceptible à l’ensemble de son attitude, de sa mimique à son port de tête supérieur. Et puis il y a cette rivalité qui coule tacitement entre eux et les divise, propre à leurs départements ; qui les pousse à se juger mutuellement.

La porte se ferme derrière lui, et alors débute l’attente, terrible et éprouvante. Les secondes se trainent comme des heures, le temps semble figé, comme pour le narguer. Il multiplie les tempus, trépignant intérieurement alors qu’autour de lui, les employés de Sainte-Mangouste circulent à un rythme effréné, courant d’une urgence à l’autre. Ça le dépasse, que pas un seul d’entre eux n’ait été présent le soir de la disparition de Pansy, que pas un d’entre eux n’ait foulé le sol du même étage alors qu’ils se bousculent quotidiennement aux quatre coins de la bâtisse. 30 minutes. Réglé comme une horloge ou simplement conscient du fait que la menace de Malfoy était plus que sérieuse, le brigadier le rejoint. « C’est confirmé, miss Parkinson était bel et bien présente lors de l’attaque perpétrée par le criminel Hudson. Mais selon notre témoin, elle a volontairement suivi l’Indésirable numéro 1 au moment où il a transplané hors de l’hôpital. » « Et vous croyez ces inepties ? » ne peut-il s’empêcher de s’offusquer, hérissé à la mention du départ volontaire. « C’est du grand n’importe quoi, Pansy Parkinson ne suivrait jamais ce bouseux de son plein gré. » « Je ne dis que ce que j’ai entendu ! Les informations restent à confirmer, mais il faudra attendre que la victime soit moins confuse. » C’est affreusement frustrant, mais il n’a guère d’autre choix qu’attendre… encore. « Soit. » Le mot est gorgé de mauvaise foi et d’agacement, cependant il ne fait pas d’histoires ; il ne lâche pas le dossier d’une semelle, de toute façon, et compte bien rester à l’affut des moindres nouveautés. Il s’attarde à peine, seulement le temps d’attendre Aramis et de s’entretenir brièvement avec lui avant de retourner à l’accueil. Cette fois, pour un « détail » qu’il s’est bien gardé de mentionner devant Scorpius, ou à Astoria. Un rendez-vous avec Rigel Werner, cette fois dans le but de faire le point au sujet de sa santé défaillante.
__________________________

Il savait pertinemment que se confronter à l’élite dans les circonstances actuelles ne seraient pas une sinécure. Par chance, les automatismes lui reviennent, acquis depuis l’enfance et trop profondément ancrés pour lui faire défaut, même au terme de presque un mois de quasi isolement ; entre sourires faux et pics acérés, il rabat quelques claquets et sous-entendus offensants sans se départir de son air indifférent, passablement ennuyé. A l’intérieur, cependant, l’agacement est à son comble, et il lui tarde de pouvoir s’éclipser. Il n’a cependant aucune chance d’y parvenir : l’ouverture des premières inscriptions, en plus d’impliquer un afflux de parents pressés de montrer leur implication dans les nouvelles dispositions offertes par le gouvernement, s’accompagne d’une réunion avec les parents et sponsors, visant à évaluer et à discuter des propositions concernant le projet de Center éducatif. Il ne peut qu’espérer que le tout ne prenne pas une éternité, bien qu’il sache le souhait vain. Ses pensées reviennent sans cesse à son fils, à son ex ; à l’appartement qu’il craint de retrouver sens dessus dessous à son retour. Sa participation aux débats est irréprochable, plus encore lorsqu’il aperçoit les journalistes présents dans la salle, mais son regard ne cesse de glisser jusqu’à la montre à gousset. 16h. S’il demeure apparemment stoïque, c’est l’inquiétude qui prime cette fois. Il se retient à grand peine de lancer discrètement un maléfice cuisant à un père particulièrement pointilleux, qui relance la discussion alors même qu’elle semblait sur le point de s’achever.

Ce n’est qu’un bon quart d’heure plus tard qu’il obtient enfin satisfaction, mais pas libération – sans surprise, des journalistes le happent, avides d’informations concernant les procès à venir, sa position, son opinion quant à la situation des Greengrass. Lorsque les vautours le relâchent enfin, il ne s’attarde pas et transplane directement à proximité de la Tour, terriblement conscient de son retard. C’est dans ce genre de moments qu’il ne peut que maudire les protections – quitter l’endroit par voie de cheminée est possible, passer d’un appartement à l’autre par la même voie également, mais les protections bloquent les arrivées dont le point de départ est une cheminée extérieure. Quant au transplanage directement entre les murs, il n’en est bien sûr pas question.

Draco engloutit en quelques pas les mètres qui le séparent encore de la Bran et appelle avec insistance l’un des ascenseurs, impatient au possible. L’appareil atteint le rez-de chaussée et les portes s’ouvrent dans un fracas de métal ; il ne lui faut pas une seconde pour y grimper et indiquer le dernier étage.

Il règne à l’intérieur un calme douteux, qui le retient d’annoncer son retour à voix haute. Aussi discrètement que possible, il se dirige d’abord vers la chambre aménagée pour Briar-Rose, ne manque pas d’y trouver une Tipsy visiblement épuisée, occupée à balancer doucement le berceau flottant de Rosie. Loin de vouloir troubler cette paix durement acquise, le jeune homme referme la porte et y place un sort de silence, avant de partir en quête des deux autres occupants de l’appartement. Rien dans la chambre de Scorpius ; des voix l’attirent cependant jusqu’à la cuisine, où l’attend un spectacle pour le moins perturbant. « Tu peux m’expliquer à quoi tu joues ? » Perplexe, outré, contrarié. « Scorpius, rhabille-toi et vas m’attendre dans le salon. » Son ton est sans appel et son regard vrille la brune, accusateur. « Mais je – »« T’ai-je demandé des explications ou donné la parole ? » Il secoue la tête. Draco note, en un coup d’œil, que son teint pâle a viré au gris et qu’il fait de son mieux pour masquer une respiration difficile, sifflante. Intérieurement, il se morigène de n’être pas rentré à temps, rongé par la frustration. « Alors pourquoi es-tu encore là, à protester, alors que je t’ai donné ordre clair ? » L’enfant s’éclipse en se tortillant les doigts, comme il le fait systématiquement en cas de réprimandes, tandis que le jeune père s’empresse de remettre de l’ordre dans les fioles et boîtes visiblement mises en vrac par un accio. Pendant un instant, sa baguette bouge rapidement d’un élément à l’autre, ordonnant le tout de façon méthodique, presque maniaque, tout en récupérant les doses nécessaires à la prise de l’après-midi. Le tout sans qu’il n’accorde un mot ou un regard à Astoria. Furieux contre elle et ses idées loufoques, incompréhensibles. Furieux contre lui-même. Furieux contre Tipsy qui, quitte à être hideux de nature, aurait tout aussi bien pu avoir le bon goût de se faire pousser une deuxième paire de bras afin de doubler son efficacité. Mais vraiment, définitivement, furieux contre lui par-dessus tout. « Tu le fais exprès ? » finit-il par demander, d’une aussi voix basse que cassante, hachée par l’énervement, rompant le silence pesant qui règne entre eux. « J’ai l’impression que tu fais tout – » il s’interrompt brièvement alors qu’il vient de placer un petit chaudron d’eau sur le feu, pause les paumes à plat sur le marbre glacé du comptoir dans l’espoir de se calmer – « tout pour me compliquer la tâche et me mettre hors de moi. Pourquoi faut-il toujours que tu te comportes comme une idiote ? Tu peux me dire à quoi rimait cette scène ? Tu espérais peut-être qu’une simple imposition des mains suffirait à le soigner ? Pourquoi n’as-tu pas simplement lu les étiquettes ? » Plus il va, moins il parvient à s’empêcher de hausser le ton. « Notre fils s’étouffe sous tes yeux et toi tu te contentes de – » Nouvelle interruption, et tout à coup, toute l’anxiété accumulée est évacuée sous la forme d’un coup de pied asséné au placard situé juste devant lui. « Tu sais quoi ? Laisse tomber. C’est stupide de ma part de persister à penser que tu seras un jour capable de faire quelque chose d’utile. » D’un mouvement de poignet, il fait léviter le fatras de comprimés, de verres d’eau dont le contenu se teinte lentement sous l’effet des doses de potions qu’il y a versées avec soin, ainsi qu’un étrange tube encombrant au bout duquel trône un petit compartiment qu’il a rempli d’une poudre nacrée. Le tout est emporté jusqu’au salon, où il trouve un Scorpius prostré, semblant encore plus mal qu’auparavant. Il s’assure de tout lui faire avaler, avant de placer l’extrémité ouverte du tube entre ses lèvres et de lui fait effectuer les lentes inhalations requises. D’une main, il lui masse le dos, espérant l’aider à se calmer. C’est horrible, cette impression… d’impuissance qui le tiraille, le ronge à chaque fois qu’il voit son gamin dans cet état. L’impression d’échouer quelque part, de ne rien pouvoir faire pour le soulager durablement. Cependant, l’apaisement progressif de Scorpius le calme également, peu à peu. « Continue, je reviens », indique-t-il, avant de retourner à la cuisine. Une partie de l’eau s’est évaporée, mais il en avait mis trop de toute façon.

Astoria est toujours là, et il ne parvient pas à se décider à la regarder.

Il est conscient d’avoir d’y être allé fort, plus que nécessaire. D’avoir refusé de tout lui dire, de s’être acharnée à ne compter que sur lui-même, de l’avoir blâmée pour des torts partagés. Elle a été un bouc-émissaire, au final, mais ce mécanisme n’a rien de… sain pour la dynamique qu’ils tentent d’instaurer. Le duo de parents qu’ils essayent, à grand-peine, d’être pour Scorpius. Mais il est difficile, si difficile d’apprendre à faire confiance, que la moindre brise se transforme en bourrasque et que la moindre erreur nourrit une tempête. Peut-être n’essaie-t-il pas assez ? Draco récupère dans le placard du haut un mortier et un pilon, se consacre à son mélange, de mémoire, le temps de se calmer tout à fait. Faites bouillir la racine d’aunée une dizaine de minute. Ecrasez quatre crochets de serpent jusqu’à obtenir une poudre fine. « Je ne te pense pas inutile », s’oblige-t-il à lâcher, sans pouvoir s’empêcher d’ajouter – « Pas complètement. Pas tout le temps. » Sa voix est morne, trahissant son malaise. Il essaie, mais c’est… contre-nature. « Preuve en est le fils que tu m’as donné. Il est… il est ce que j’ai de plus précieux. » Ce ne sont pas des mots qu’il a coutume de prononcer, et pourtant, Merlin sait à quel point ils sont vrais. « Mais la plupart du temps je ne te comprends pas. Je n’y arrive pas, tu es… tu fais toujours ces choses qui m’obligent à me demander dans quel monde tu vis. » Versez deux mesures de poudre et deux écailles de serpencendre dans le chaudron. Mélangez cinq fois dans le sens des aiguilles d’une montre. Filtrez 1 c. de feuilles séchées de Molène. Laissez chauffer le tout deux minutes, à feu doux. « Pour être tout à fait honnête, je me demande toujours si tu es sincère », s’oblige-t-il à ajouter, « ou si tu fais seulement mine de t’impliquer pour satisfaire une nouvelle ruse de ton père visant à faire passer les Greengrass pour une famille idéale. » Cette fois l’amertume est audible. « Je m’attends constamment à ce que tu te lasses et choisisses de nouveau de sortir de la vie de – Astoria ? » Il s’est retourné en parlant, et l’image qu’il capte tout à coup n’a rien de rassurant. Elle est couverte de frissons, le teint cireux et le front tapissé de sueur ; Draco a le réflexe de figer la préparation d’un sort avant de la rejoindre rapidement, les sourcils plissés par les questions qui se bousculent. De l’index et du pouce, il lui relève le menton pour la forcer à croiser son regard, et les pupilles dilatées qui rencontrent les siennes lui glacent le sang. Il la lâche comme s’il s’était brûlé. Il ne connait que trop bien ces symptômes : elle est high. Quelle ironie, qu’elle soit trop perchée pour réellement l’entendre, pour une fois qu’il prend sur lui pour communiquer. D'un côté, il est exaspéré d'avoir parlé dans le vent, de l'autre il ne peut s'empêcher d'être soulagé et de pouvoir barricader de nouveau ses ressentis. Par contre, il est définitivement furieux de la retrouver dans un tel état alors qu'elle est en charge de Scorpius. « Ne me dis pas que tu as fais ce à quoi je pense. » Le calme qu’il maintient n’est que façade et son ton à tout de la menace annonçant l’explosion.

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I'M SORRY I'M SUCH AN ASSHOLE
I'll be good, i'll be good • I thought I saw the devil looking in the mirror. Drop of rum on my tongue with the warning to help me see myself clearer. My past has tasted bitter for years now, so I wield an iron fist. Grace is just weakness or so I've been told. I've been cold, I've been merciless. But the blood on my hands scares me to death, maybe I'm waking up... today.
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WIZARD • always the first casuality
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‹ âge : vingt-trois (03/07)
‹ occupation : volontaire à Saint-Mangouste (TIG) et créatrice de mode, co-fondatrice de la marque OXOX, premier et populaire prêt-à-porter sorcier.
‹ maison : serpentard
‹ scolarité : 1992 à avril 98.
‹ baguette : est neuve et capricieuse. Elle mesure vingt-trois centimètres virgule six, est faite de bois d'érable et continent un crin de licorne.
‹ gallions (ʛ) : 1447
‹ réputation : je suis une petite bitch écervelée qui ne mérite pas la miséricorde avec laquelle on la traite.
‹ particularité : soigneuse, capable de guérir (presque) tous les maux.
‹ faits : j'ai été enlevée par ma propre soeur et utilisée comme otage par les insurgés pendant quatre ans Je suis aussi la mère du petit Scorpius Malfoy. J'ai été en procès parce que j'ai été Adhérente pendant la Guerre, mais j'ai été innocentée ou du moins, condamnée à plusieurs mois de TIG notamment à Saint-Mangouste.
‹ résidence : dans un petit appartement du Chemin de Traverse avec ma mère et ma soeur, loué par les soins de ma tante.
‹ patronus : impossible pour moi à invoquer
‹ épouvantard : Frank Hudson, un ancien leader Belliqueux désormais mort, tenant la main de Daphne et m'observant d'un air cruel.
‹ risèd : Scorpius, heureux et épanoui.
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draco malfoy
sometimes i think of you and i feel giddy. memory makes me lightheaded, drunk on champagne. all the things we did. and if anyone has said this was the price i would have agreed to pay it. that surprises me; that with the hurt and the mess comes a shift of recognition. it was worth it. love is worth it.


« Tu peux m’expliquer à quoi tu joues ? » Le sourire vacille un instant sur ses lèvres, mis à mal par le ton incisif et vaguement agressif de Draco: elle le regarde avec des grands yeux, l'air perdu, sa bouche entr'ouverte dans une expression dubitative, comme si elle-même ne savait pas trop à quoi elle jouait. À quoi elle joue? À quoi elle joue? Scorpius s'échappe du contact de ses paumes nerveusement et emporte toute la chaleur avec lui; elle se retrouve à se redresser lentement, très lentement, en observant Draco. Ses ongles s'enfoncent dans la chair tendre et déjà vaguement malmenée de ses paumes, mais comme toutes les plaies s'apaisent et se résorbent. Il n'y a rien à faire: ses cicatrices ne seront jamais à exhiber devant les autres. Sans vraiment y croire, la bouche cousue tant de peur que de déception envers et contre elle-même, elle regarde la tempête qu'est devenu Draco arranger, défaire, ranger les éléments du traitement qu'elle a maladroitement attiré à elle; elle observe le ballet gracieux des flacons et éprouvettes, subjuguée par l'adresse délicate avec laquelle Draco a toujours utilisé sa magie. Oh, comme elle a eu le temps de l'admirer, le jalouser, l'aimer pour cette magie! D'un coup de baguette, il avait su la séduire, jeune prince talentueux. Et maintenant, qui est-il? Un prince toujours? Ou un roi du contrôle, avec sa grande silhouette et ses grands yeux acier et la déception avec laquelle il la regarde, la rage furieuse qu'elle entend dans les accents ténus de sa voix — ça la frappe, tout d'un coup, qu'elle le connait à moitié tant qu'il la connait. Elle le connait peu, mal, mais elle reconnait aussi sûrement que si ça avait été celle de son père la rage froide, glacée, glaçante.

Quand il parle, son échine s'hérisse à nouveau de frissons et en plus de ses ongles cruellement enfoncés dans sa paume, ses dents viennent malmener sa lèvre inférieure sans pitié ni retenu: « Tu le fais exprès ? » Le fait-elle exprès? Elle n'est pas sûre de sa réponse. « J’ai l’impression que tu fais tout – » Il s'interrompt, sa colère doit l'étouffer. Astoria la voit déborder de ses yeux trop grands, de son coeur trop sec; elle la sent, palpable dans l'air, à couper au couteau. On pourrait éteindre des feux avec cette colère. Elle a cessé de se mordiller la lèvre et l'observe d'un air à la fois bête et vaguement indifférent, comme si tout ce qui pouvait lui dire lui passait dessus sans faire d'effet. Comme un rocher implacable et indifférent aux assauts des vague. (Mais petit à petit, siècle après siècle, le rocher devient toujours sable et s'incline toujours devant l'Eau). « tout pour me compliquer la tâche et me mettre hors de moi. Pourquoi faut-il toujours que tu te comportes comme une idiote ? Tu peux me dire à quoi rimait cette scène ? Tu espérais peut-être qu’une simple imposition des mains suffirait à le soigner ? Pourquoi n’as-tu pas simplement lu les étiquettes ? » Elle ne sait pas. Elle fait de son mieux, tu sais? Mais même Astoria sait que son mieux n'est pas suffisant. « Notre fils s’étouffe sous tes yeux et toi tu te contentes de – » Elle tressaille comme une folle quand son pied vole dans la porte du placard; mémoire musculaire. Mais c'est terrible, la terreur qui se distille dans ses yeux, comment elle serre brusquement ses bras qu'elle croise autour de son corps, comment elle recule d'un pas; elle ferme les yeux, le temps d'une seconde, et à l'image de Draco se superpose celle de son père. Son père et ses colères distantes froides glacées d'un bout et rageuse colérique rageuse furieuse terrible brûlante terrifiante de l'autre; son père et ses mains trop rapides, trop fortes; son père son père son père. La violence si simple rappelle chez elle les pires souvenirs et, blême, elle n'arrive plus à parler; sa colère fonctionne comme le meilleur des bloclangue.

« Tu sais quoi ? Laisse tomber. C’est stupide de ma part de persister à penser que tu seras un jour capable de faire quelque chose d’utile. »

Il l'abandonne comme ça (comme toujours) en laissant derrière lui les miettes d'un coeur brisé (comme toujours) (pour toujours).

Elle essaie de se souvenir de la dernière fois qu'il l'a fait pleurer. Sa raison lui crie que c'est quand elle a reçu son courrier lui indiquant le nom de Scorpius; sa raison lui rappelle son impuissance sa haine sa rage son amour sa tendresse son trouble son horreur en apprenant que son cher Hyacinthe était devenu l'inconnu Scorpius Hyperion Malfoy. Mais aussi vite que la réalisation réaliste et cartésienne s'est imposée à elle, elle se rappelle de toutes les fois où elle a pleuré son nom, dans le secret de la couchette où elle dormait parmi les Insurgés; toutes les fois où elle a prié supplié désiré son retour aussi ardemment qu'elle a désiré tenir Scorpius dans ses bras au moins une fois. Toutes les fois où elle l'imaginait venir à sa rescousse, baguette à la main, grand sourire sur la lippe, et quand sa bouche s'ouvrait enfin, et qu'il lui tendait la main en lui disant: c'est terminé, Astoria. C'est terminé, on rentre à la maison et je t'aime. Je t'aime.. Elle a tant pleuré sur ces mots, sur ces promesses; elle a tant désiré son amour, elle a tant espéré qu'en revenant rien n'aurait changé. Elle imaginait déjà Lucius et Wyatt redevenus amis, Malfoy et Greengrass alliés pour et contre tout; elle voyait leurs nouvelles fiançailles, la nouvelle formulation des voeux, l'expédition de la cérémonie. Astoria imaginait sans mal tous les détails. Elle se voyait revenir, changée mais toujours la même au fond d'elle, et elle voyait parfaitement Draco la tenir dans ses bras la nuit quand les cauchemars venaient la tourmenter; elle pouvait presque sentir ses bras autour de son corps trop frêle. Elle le voyait l'aider à se reconstruire, redevenir humaine, redevenir l'Astoria qu'il avait aimée.

Elle ne peut pas s'empêcher de rire.

Astoria glousse dans la cuisine de Draco, incapable de se retenir ou de se contrôler, et parmi les ridules qui se creusent autour de ses yeux et sur ses joues, se glissent des larmes discrètes et légères, presque invisibles.

Il ne l'a jamais aimée.

« Je ne te pense pas inutile »

Pourquoi son coeur bat si fort et si vite? Elle ne sait pas quand elle s'est arrêtée de rire — ou même si elle a vraiment ri —, elle sait juste que Draco est de retour et s'affaire à faire elle ne sait quoi en l'ignorant ostensiblement. Maintenant, elle est appuyée contre un plan de travail de l'autre côté de la pièce, et les murs de celle-ci tanguent vulgairement. Le reste de ce qu'il lui dit lui parvient comme à travers un voile. Non, pour être sincère, les mots font sens à l'instant où il les prononce et parviennent à Astoria; mais aussi vite qu'ils font naître en son sein un sentiment étrange entre amertume et affection, ils perdent effet et sont dissipés par des brumes sur lesquelles Draco n'a aucun pouvoir. Elle le regarde sans mot dire, toujours appuyée contre le plan de travail, ses doigts tapotant distraitement dans un rythme malsain le rebord auquel elle est agrippée. Quand il se rapproche, elle se raidit, frémit, gémit presque intelligiblement; il va la frapper il va la frapper il va la frapper. Mais c'est presque pire; sa colère la frappe comme un mur de béton, l'écrase, la réduise à une gamine qui a peur du noir et ne sait pas vers qui se tourner pour se faire réconforter. Impuissante. Elle est juste impuissante face à lui, surtout quand il est si proche qu'elle peut si bien voir détailler examiner les rides d'inquiétude qui ravinent un peu son visage, faisant oublier le gamin qu'il a été; ou le pailleté de ses yeux, le grain blafard de sa peau de blond, ce cou qu'elle aimerait bien embrasser. Quand il la touche, elle sursaute brusquement comme ramenée brutalement sur terre, et ses yeux se plantent de défi dans les siens sans comprendre ce qu'il attend d'elle; mais, alors qu'elle s'apprête à se pencher vers lui et son contact, il se dérobe si brutalement que la respiration d'Astoria se coupe désagréablement. « Ne me dis pas que tu as fais ce à quoi je pense. » Il est si calme et pourtant, sa voix claque comme un fouet cruel, c'est une piqûre de rappel, un rappel à l'ordre, un ordre un ordre et oh par Merlin, non non non elle n'a pas fait cela, quand même? Mais sur sa langue, malgré le thé qu'elle s'est empressée d'avaler avec, elle a encore le goût de l'orviétan (ou une impression fantôme, peut-être); sa bouche se tord entre rictus mal à l'aise et sourires déments; et son corps recouvert d'une fine pellicule de sueur tremble tremble tremble. En perte de mots, elle le regarde; et ça vaut sans doute toutes les confessions.

Elle a envie de se défendre: non non non, évidemment que non! Je ne suis pas idiote Draco et j'aime notre fils, je l'adore je l'aime notre pauvre Hyacinthe j'aurais tant aimé être là pour lui tout le temps à chaque étape à chaque nuit blanche à chaque crise de nerfs, j'aurais tant aimé le tenir dans mes bras et lui apprendre la tendresse et l'amour et le respect avec toi, j'aurais tant aimé posséder cet appartement et le partager avec toi et lui et j'aurais tellement aimé être différente, si tu savais, j'aurais tant aimé être capable de tout faire correctement, de ne pas être inutile, mais je le suis je le suis je suis désolée.

Le fil décousu de l'Excess aurait pu lui faire dire ça, et tellement de choses encore. (L'amour qu'elle a eu pour lui, l'amour qu'elle a nourri pour lui, l'amour qu'elle ressent, là, quelque part dans l'un des trous de son coeur, qui bat bat bat trop fort à ses oreilles; elle parvient à se persuader que ce n'est qu'une amertume sourde qu'il ne soit jamais venue la chercher.) Mais à la place, ce ne sont que ses lèvres qui s'ouvrent et non les valves de son myocardes; et ce ne sont que ses lèvres qui articulent, difficilement: “ je crois que je ferais mieux de partir.

Elle le regarde longuement et le silence est comme une chape de plomb qui s'abat sur eux. Il y a un air de défi dans son regard, à moins que ce ne soit que de la peur. Sa phrase en est même insolente, de paire avec ce regard et ce menton légèrement relevé, moins par dédain que par désir de retrouver une contenance depuis longtemps perdue. “ Je suis- - ” Le mot fait bloclangue dans son cerveau, sur sa bouche. Astoria le regarde, au désespoir, une suppliciée attendant la clémence de son seigneur pour l'abattre et la faire taire à jamais; après tout, il n'y a plus rien à sauver chez elle, elle le sait. Il n'y a plus rien à sauver, elle se sent comme une coquille vide, un sorcier sans baguette, un homme sans âme; quelque chose qui, en plus d'être cassé, est fondamentalement inutile. Ses yeux noisette se brouillent de larmes et le talon de ses paumes s'écrasent brutalement sur ses oribtes en réponse, frottent frottent frottent, et seule la magie de son maquillage l'empêche de se répandre sur son visage trop blême; quand elle se redresse et le contemple, lui, toujours égal à lui-même, elle se sent trop différente de l'Astoria qu'il a emmené au lit pour ne pas avoir envie de tomber à genoux et s'abandonner au sort qu'il voudrait bien lui réserver.

Spoiler:
 

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I had forgotten that it is impossible to lose someone, since all humans are alone. Another place in the universe we’re together in infinite time, remember that.
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PRISONERS • bloodstains on the carpet
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‹ crédits : faust.
‹ dialogues : seagreen.


‹ liens utiles : draco malfoy w/ lucky blue smith ; ginevra weasley w/ holland roden ; calixe davis w/ audreyana michelle ; uc w/ uc ; indiana alderton w/ nicola peltz ; heath ravka w/ im jaebum ; even li w/ jeon jungkook ; jelena kuodzevikiute w/ ariana grande.

‹ âge : 23 yo (05.06.80).
‹ occupation : ancien langue de plomb (spécialisé dans les expérimentations magiques) ; fugitif et informateur de la RDP entre le 26.05.03 et le 08.12.03 ; condamné à 22 ans à Azkaban pour terrorisme, au terme d'une assignation à résidence et d'un procès bâclé, tenu à huis-clos.
‹ maison : Slytherin — “ you need a little bit of insanity to do great things ”.
‹ scolarité : entre 1991 et 1997.
‹ baguette : un emprunt, depuis qu'il est en fuite. elle n'est que temporaire et il ne souhaite pas s'y intéresser ou s'y attacher, puisque la compatibilité est manquante.
‹ gallions (ʛ) : 11757
‹ réputation : sale mangemort, assassin méritant de croupir à vie en prison pour expier ses crimes et ceux de ses ancètres.
‹ particularité : il est occlumens depuis ses 16 ans.
‹ faits : Famille.
Narcissa (mère) en convalescence. sortie de son silence depuis peu pour réfuter l'annonce de son décès ; reconnue martyr. lutte pour que le jugement de son fils soit révisé.
Lucius (père) mort durant la tempête du 03.03.2004.
Spoiler:
 

‹ résidence : emprisonné à Azkaban depuis le 06.01.04. en fuite depuis le 08.05.04.
‹ patronus : inexistant.
‹ épouvantard : l'éxécution de juillet 02, ses proches en guise de victimes: leurs regards vidés par l'Imperium, la baguette de Draco dressée, les étincelles vertes des AK et leurs cadavres empilés comme de vulgaires déchets.
‹ risèd : un portrait de famille idéal, utopique.
Voir le profil de l'utilisateur http://www.smoking-ruins.com/t4710-draco-there-s-a-hole-in-my-so
And we all grew up,

shit got tough, shit just wasn't simple enough
25 OCTOBRE 2002 & DRASTORIA



 
 
 
Stupide, stupide, stupide. De lui faire confiance, de lui laisser la responsabilité de ce(lui) qu’il a de plus précieux. Stupide, de la mettre à l’épreuve et de la démolir, bourreau, de briser sa confiance au risque qu’elle cesse un jour d’oser ne serait-ce qu’essayer. Bon débarras, persiffle pourtant une voix en lui, à cette idée. La part égoïste qui ne raisonne qu’à coups de qu’elle nous laisse, mon fils et moi possessifs et égoïstes, alors que la facette rationnelle de son esprit reste trop consciente, elle, du fait que les intérêts de Scorpius sont le contrairement même de ce raisonnement. Alors il se force – il s’excuse, essaye de. Puis esquisse une approche, s’inquiète de sa passivité, se brûle.

Elle l’a déçu. Encore. Elle le déçoit toujours, et Draco peine, rechigne tant à accorder son pardon que chaque nouvelle fois est une encoche de plus soigneusement ajoutée au tableau des fautes d’Astoria. Faussement oubliées lorsqu’il se fait grand seigneur, par nécessité plutôt que par envie, mais ranimées de plein fouet lorsqu’elle pèche de nouveau et que la colère terrasse les intentions louables de Draco. Elle a osé, elle s’est réfugiée dans l’Orviétan alors qu’elle a demandé, insisté pour qu’il lui accorde une chance, et les traits du jeune homme se figent en un rictus écœuré. « D’accord, je retire tout ce que j’ai bien pu ajouter à l’instant. D’accord, tu as gagné, tu as encore montré royalement à quel point tu es indigne de confiance. » Et ses mots s’accompagnent d’applaudissements lents, lourds de sarcarsme et de l’aigreur qui fait battre le sang à ses tempes. Il lui en veut et sa voix s’élève, oublie les portes ouvertes, oublie Scorpius qui les entend sûrement. « Tout ce que tu avais à faire était de te retenir quelques heures pour le bien de ton fils, mais si tu n’es même pas capable de te contrôler comment veux-tu que je te le confie ? » Il est outré et elle le fixe, le fixe de ses prunelles dilatées, et c’est comme une insulte, une injure, parce qu’il ne lui accorde aucune marge d’erreur, considère qu’elle en a déjà suffisamment commis. « Tu m’uses, tu comprends ? J’ai déjà suffisamment à faire pour devoir en plus te materner, alors que tu es supposée me soutenir! Est-ce qu’il aurait été si dur, pour une fois, de penser à quelqu’un d’autre qu’à toi en premier, de résister pour le bien de Scorpius ? » Et le rouge qui lui dévore peu à peu la nuque, le cou, les joues, c’est de l’énergie furieuse, et il attend qu’elle clame sa défense, qu’elle se réveille, il espère quelque chose, un déclic, de vraies résolutions, mais ce n’est pas ce qu’elle lui oppose. « Je crois que je ferais mieux de partir. » « Fuir, c’est bien ce que tu fais de mieux ! », qu’il s’emporte en retour.

Entre pièce de vie et cuisine, la silhouette de l’objet même de leur dispute les observe, les yeux écarquillés et le tube plaqué autour de sa bouche et de son nez d’une part, serré entre ses paumes crispées par la nervosité d’autre part. Mais Draco est trop en colère pour le voir, trop en colère pour se détourner des iris bruns qui l’affrontent, le confrontent, et le silence est lourd entre eux, le silence consume tout semblant de complicité tissé des années plutôt, puis après le retour de la jeune femme. Mais elle redresse le menton, comme si elle se pensait dans son bon droit alors qu’elle vient juste de baisser les bras, encore. Il est juste écœuré, partagé comme toujours en âcre déception et volonté de faire remarquer sournoisement qu’il le savait, qu’il était certain qu’elle baisserait les bras, qu’il n’a jamais douté qu’elle abdiquerait peu après son prétendu retour.

Parce qu’elle peut clamer, la jeune mère désemparée, avoir été arrachée à la chair de sa chair par des criminels, avoir souffert loin du fruit de ventre, s’être languis de lui chaque jour qu’a duré son absence. Elle peut l’affirmer à ses proches, aux médias, se mentir à elle-même, mais face aux prunelles dures de Malfoy qui la jugent sans pitié, elle ne peut pas prétendre avoir oublié qu’elle était déjà partie, avant même d’être enlevée. Et il lui en veut pour ça. Il la déteste pour ça. Il la blâme et la fustige et ne lui pardonnera jamais tout à fait, oublieux d’avoir été le premier à vouloir fuir – le premier à rejeter cette grossesse en bloc lorsqu’il en a eu vent avant de se rétracter. « Je suis- - » Elle entame, s’interrompt, s’effrite juste là, sous ses yeux. Mais il est tellement en colère, par Merlin, on la lui avait promise épouse parfaite, mais c’est une jeune femme brisée qu’on lui rend, et il n’a ni la force ni le temps ni le tact ni l’affection réconfortante ni l’altruisme nécessaires, il n’a aucune arme pour affronter cette hémorragie lacrymale. « Epargne-moi ton numéro de larmes, Astoria », trouve-t-il seulement le cran de claquer sèchement, mal à l’aise tandis qu’elle se décompose d’avoir été trop malmenée par ses insécurités, ses failles, et par lui. « Tu es désolée ? Perdue ? Quoi d’autre ? Dis-moi quelque chose que je ne sais pas. » La fin de sa phrase est gorgée d’une ironie mauvaise, et il se détourne, lui donne le dos le temps de baisser le feu sous le chaudron de remède préparé pour Scorpius. Il ne sait pas ce qu’elle veut. Il ne sait pas ce qu’elle attend de lui, debout là telle une victime condamnée à la pendaison, asphyxiée vivante par son incapacité à se reprendre en main. Draco récupère une fiole d’une main et puise une louche de l’autre, remplit le récipient machinalement, pour s’occuper, se calmer. Mais tous ses sens sont tendus vers elle, et il attend un acte d’elle. Mais elle est tendue vers lui, attend un acte de lui. Et Scorpius, entre les deux, balloté, incertain, prisonnier de la bulle d’insécurité qu’ils consolident autour de lui, laisse couler des larmes silencieuses, à son tour. Et ça l’angoisse, ça l’agace, qu’elle lui laisse toujours le mauvais rôle. Celui de la chasser ou de la retenir, de la forcer à partir, de la forcer à rester. Poupée ballotée par le vent et le tumultes des humeurs des hommes exigeant qui interviennent dans son existence.

De sa paume nerveuse il fait claquer la louche contre la table, geste colérique qui rompt le silence anxieux, son métallique et dur à l’image de ses traits, de ses épaules rigides, de sa nuque crispée. Si elle avait vraiment voulu partir, il suppose qu’elle l’aurait déjà fait. Choisis pour toi-même, qu’il voudrait lui dire. Mais quelque chose lui souffle que c’est incongrus – n’a-t-il pas été élevé pour ça ? Pour imposer ? Ne l’a-t-il pas forcée à une étrange soumission effarée par son attitude dure et ses reproches incessants ? Comme son père. Comme Lucius à qui il s’était pourtant juré de ne jamais ressembler.

Trop tard pour faire marche-arrière peut-être. Ou pas – il n’en sait rien. Sa montre à gousset, en tout cas, indique que l’heure est au rendez-vous qui a amené Astoria ici, et quitte à être allés si loin, ne devraient-ils pas l’honorer ? « Je vous accompagne chez la psychomage », pas pour rester non, il n’estime pas avoir de problèmes à régler lui, il a tout sous contrôle lui (fait taire la voix moqueuse et incendiaire de sa conscience). « Ensuite tu feras ce que bon te semble. Reste ou pars, réapparais à l’occasion ou ne reviens jamais, le choix est tien et je ne te faciliterai pas la tâche en décidant à ta place. » Ah, c’est ça. Ce n’est pas le malaise dû au fait de devoir imposer des décisions – c’est le refus de l’arracher à son impasse. Il la regarde se noyer, prétend tendre une main mais est trop revanchard pour ne pas être tenté de la laisser couler.

Et il ne sait pas tout à fait d’où vient l’intensité de cette haine qui brûle en lui et le rend imperméable à sa touchante fragilité. Il ne sait pas si c’est cette arcade sourcilière qui lui fait se remémorer l’arrogance infecte de Wyatt et les injures et les drames imputables aux Greengrass, ou la moue de ces lèvres douces qui lui fait songer à l’hypocrisie d’Hortense, ou simplement la chevelure brune qu’elle a hachée en emportant les bribes de souvenirs de leurs seuls moments de proximité. Ou tout, ou rien, le ras-le-bol et les nerfs à vif et l’inquiétude pour Pansy, nuage toxique qui le ronge et dont elle écope pour avoir commis le crime d’être là au mauvais moment. Il essuie ses mains sur son pantalon – geste symbolique, elles sont propres – et se recompose. « Allons-y. » C’est sobre et ça ne laisse pas place à la discussion, il est las d’argumenter.

Spoiler:
 
 

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I'M SORRY I'M SUCH AN ASSHOLE
I'll be good, i'll be good • I thought I saw the devil looking in the mirror. Drop of rum on my tongue with the warning to help me see myself clearer. My past has tasted bitter for years now, so I wield an iron fist. Grace is just weakness or so I've been told. I've been cold, I've been merciless. But the blood on my hands scares me to death, maybe I'm waking up... today.
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WIZARD • always the first casuality
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‹ inscription : 29/10/2015
‹ messages : 966
‹ crédits : whorecrux, tumblr, skam.
‹ dialogues : indianred.


‹ liens utiles :
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‹ âge : vingt-trois (03/07)
‹ occupation : volontaire à Saint-Mangouste (TIG) et créatrice de mode, co-fondatrice de la marque OXOX, premier et populaire prêt-à-porter sorcier.
‹ maison : serpentard
‹ scolarité : 1992 à avril 98.
‹ baguette : est neuve et capricieuse. Elle mesure vingt-trois centimètres virgule six, est faite de bois d'érable et continent un crin de licorne.
‹ gallions (ʛ) : 1447
‹ réputation : je suis une petite bitch écervelée qui ne mérite pas la miséricorde avec laquelle on la traite.
‹ particularité : soigneuse, capable de guérir (presque) tous les maux.
‹ faits : j'ai été enlevée par ma propre soeur et utilisée comme otage par les insurgés pendant quatre ans Je suis aussi la mère du petit Scorpius Malfoy. J'ai été en procès parce que j'ai été Adhérente pendant la Guerre, mais j'ai été innocentée ou du moins, condamnée à plusieurs mois de TIG notamment à Saint-Mangouste.
‹ résidence : dans un petit appartement du Chemin de Traverse avec ma mère et ma soeur, loué par les soins de ma tante.
‹ patronus : impossible pour moi à invoquer
‹ épouvantard : Frank Hudson, un ancien leader Belliqueux désormais mort, tenant la main de Daphne et m'observant d'un air cruel.
‹ risèd : Scorpius, heureux et épanoui.
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draco malfoy
sometimes i think of you and i feel giddy. memory makes me lightheaded, drunk on champagne. all the things we did. and if anyone has said this was the price i would have agreed to pay it. that surprises me; that with the hurt and the mess comes a shift of recognition. it was worth it. love is worth it.


Elle ne se rappelle même pas de ce qu'elle a fait sous l'effet de l'Excess. Elle n'a même pas envie de savoir. Coupable, la fiole vide dans la poche de sa robe lui brûle la cuisse; elle n'arrête pas d'y penser, la fiole, la fiole, la fiole. Elle aimerait vomir, là, même aux pieds de Draco, pour dégurgiter la drogue, pour dégurgiter son coeur qui bat trop fort, trop vite, trop bruyamment dans sa poitrine. Astoria aimerait aussi avoir la force de soutenir son regard mais elle ne peut pas. Elle ne peut plus. Même sans le voir, elle sait qu'il la vrille sur place, la mortifie et la cloue. C'est toutes les terreurs nocturnes d'Astra, petite Astra, qui redoute son père et les hommes, qui les observe avec tant de prudence que de peur. Elle a fait une faute, elle le sait; elle n'attend que la sentence, qui n'est jamais longue à tomber. Chacun de ses mots fait mouche, hérisse sur la peau de la jeune femme un frisson désagréablement douloureux, fait vibrer son échine, creuse des creux dans sa poitrine. Elle a envie de s'énerver. Elle a envie de lui dire qu'elle essaie, qu'elle fait de son mieux — mais que son mieux n'est pas suffisant. On le lui a répété pendant des années et s'en rendre compte, comme ça, maintenant... ça fait mal et elle aimerait bien que quelqu'un la berce, la prenne dans ses bras, l'aide. Que quelqu'un lui dise que tout va bien aller parce qu'ils vont s'en charger. Astoria veut juste fermer les yeux et se laisser guider. Ils voient bien qu'elle est une incapable, n'est-ce pas? Ils le savent, ils le lui répètent dès qu'ils le peuvent. Alors pourquoi s'étonnent-ils à chaque fois qu'elle fuck up? Pourquoi lui reprochent-ils d'être si nulle?
Et elle sait, rationnellement, que ce n'est pas une réflexion à avoir. Elle ne devrait pas se réfugier derrière tout le monde toute sa vie: elle rêve d'indépendance mais elle est incapable de faire des erreurs sans blâmer autrui, sans ravaler son orgueil et se dire que c'est la faute de tout le monde sinon qu'elle; le sentiment d'injustice a infesté son coeur, ses entrailles et ses veines, c'est même la dernière émotion qui la maintient en vie et la fait se lever le matin. C'est injuste qu'elle soit tombée amoureuse, injuste qu'elle soit tombée enceinte, injuste qu'on l'ait séparée de Scorpius, injuste qu'on la blâme pour les méfaits de son père, injuste que les Insurgés l'aient kidnappée et maintenue en captivité, injuste qu'on la blâme pour ça, injuste qu'on lui reproche toutes les nuits sans sommeil et les caprices du bambin, injuste aussi qu'on lui rappelle, toujours, cruellement, quelle mauvaise mère elle fait, d'avoir abandonné son enfant.
On me l'a arraché.
Injuste.

Mais ses lèvres restent résolument closes. Ne laissent échapper qu'un mince filet de paroles, qui n'est pas suivi de gestes. Elle ne sait pas transplaner mais elle pourrait s'enfuir en courant. Elle pourrait s'excuser. Elle pourrait pleurer. Non. Elle- elle ne lui donnera pas ce plaisir. « Fuir, c’est bien ce que tu fais de mieux ! » Injuste. Un tic sur sa lippe, un oeil qui se plisse, son masque qui s'effondre et pendant une seconde, elle est rageuse. C'est injuste. Elle se fait soudainement Discorde, prête à répandre pomme d'or et raisins de la colère, prête à tout lui lancer à la gueule: son incapacité à regarder son père dans les yeux, son incapacité à savoir comment réagir avec Scorpius, son incapacité à lui parler, à lui, son incapacité à s'habituer, vraiment à la vie à laquelle elle a toujours été destinée, son incapacité à garder les yeux ouverts, son incapacité à arrêter d'y repenser, la torture et la douleur et l'horreur et la peur, son incapacité à arrêter d'y repenser, son enfance souillée, sa jeunesse volée, ses jeunes années envolées, son incapacité. Ses traits se troublent, une peinture de colère et d'exaspération, et c'est au prix d'un effort formidable qu'elle parvient à baisser les yeux, parce que ceux de Draco l'enflamment horriblement.
Les mots s'entrechoquent dans sa bouche. Elle ne finit pas sa phrase et, ses yeux baissés sur linoléum, elle referme les lèvres avant d'achever la fin fatidique d'une phrase qui, elle le sait, énervera plus Draco qu'autre chose. Et bientôt, ce sont des larmes qui brouillent sa vision, faible injuste incapable, et elle doit étouffer dans le creux de sa gorge un sanglot, par péché d'orgueil ou bien par réflexe elle ne sait pas trop. « Epargne-moi ton numéro de larmes, Astoria. » Numéro. C'est un putain de numéro à ses yeux. « Tu es désolée ? Perdue ? Quoi d’autre ? Dis-moi quelque chose que je ne sais pas. » Elle l'entend se retourner. Les sanglots sont impossible à s'arrêter maintenant que son regard ne la fige plus; elle lui tourne à son tour le dos, peut-être inutilement, les deux mains volant sur son visage pour effacer les larmes aussitôt qu'elles se glissent sur ses pommettes. Sa poitrine se soulève difficilement, douloureusement, des bruits de gorge humides à peine assourdis par la préparation de Draco qui ne souffre ni de retard ni d'inattention. Au moins il s'occupe bien de leur fils, pense amèrement une Astoria défaite et mélancolique.
Et puis finalement, clac. Bruit assourdissant qui la ramène à ses sens; avec empressement, Astoria comprend que Draco a fini son affaire et elle essuie ses yeux humides toujours dans le talon de ses mains, renifle un bon coup, s'éclaircit la gorge et fait volte-face. Elle n'a rien à lui dire — elle a peur de ne plus avoir de voix, maintenant, ou de sortir un gargouillis incompréhensible pathétique — mais elle l'affronte avec une nouvelle distance, une sorte de prudence digne d'une proie maltraitée. « Je vous accompagne chez la psychomage, » dit-il brusquement et les yeux d'Astoria s'agrandissent de stupeur avant de devenir presque suppliants. Elle avait complètement oublié. Elle ne peut décemment pas- - « Ensuite tu feras ce que bon te semble. Reste ou pars, réapparais à l’occasion ou ne reviens jamais, le choix est tien et je ne te faciliterai pas la tâche en décidant à ta place. » Ce serait si simple. Ne plus jamais revenir. Tout abandonner derrière elle. Se défaire du fantôme de Draco entre ses reins, de l'impression fantômatique de Scorpius dans ses entrailles, se défaire de son coeur éclaté en trois mille morceaux. Si simple.
Mais même si c'est ce qu'elle fait de mieux, elle ne fuira pas. Pas cette fois.
(C'est le coeur de la petite Slytherin qui parle, miantenant. Celle trop orgueilleuse, trop ambitieuse, trop impatiente, qui voulait tout, qui voulait les étoiles et le soleil, qui voulait tracer ses propres constellations et prendre ce qui était sien. Petite Slytherin au coeur explosé et aux ailes brisées). « Allons-y. »

Inévitablement, ils finissent toujours par lui donner des ordres. Ça la ferait sourire si les larmes qu'elle a versé quelque instants plus tôt ne lui piquait pas encore cruellement les yeux. Le masque distant qu'elle revêt alors, celui de la gamine prête à se battre et à se défendre, trop fière peut-être pour s'avouer vaincue (il faut bien, pourtant, de temps en temps; mais on connait d'Astoria son côté capricieux et opiniâtre) serait presque parfait si ce n'est pour l'eau dans ses yeux, son nez rouge et sa lippe humide, tremblante. Elle se détourne, incapable de le regarder une seconde de plus, l'homme qu'elle a aimé, l'homme qu'elle aime (malgré tout, contre tout, envers tout; the heart wants what it wants même si elle le déteste doublement plus qu'elle l'aimera jamais, surtout en cet instant précis), prête à s'effacer dans la salle de bains pour oublier son instant de faiblesse et en retirer toutes les traces sur sa plastique parfaite. “ Parf- - ” Mais il y a Scorpius dans l'encadrement de la porte. Scorpius qui les regarde, se crispe et fait un mouvement comme pour s'enfuir; mais trop tard, les quatre yeux de ses parents sont vissés sur lui et Astoria se demande depuis quand il se tient là, silencieux, à les écouter, à les observer se déchirer. Elle ouvre la bouche pour dire quelque chose, sachant pertinemment que Draco va lui ordonner de déguerpir et elle ne le supportera pas; mais c'est le gamin qui est le plus vif des trois. “ Pourquoi tu fais pleurer Astoria? ” dit-il à son père. (Le prénom lui brise le coeur. Maman.) Il est tout pâle, Scorpius, plus vraiment souffrant mais un peu mal à l'aise, gigotant, changeant de pied d'équilibre; toutefois, ses yeux la fouettent quand ils se tournent vers elle, inquisiteurs et sérieux — trop sérieux pour un gamin de son âge. “ Ce n'est pas ton père, Scorpius. C'est- c'est les nerfs, ” dit-elle doucement, d'une voix étrangement calme. “ Tu ne devrais pas écouter aux portes. C'est très malpoli. ” Astoria se sent lasse. Quand l'enfant ouvre la bouche pour rétorquer, elle lève la main pour l'interrompre, tourne le visage vers Draco. “ Permets-moi d'utiliser ta salle de bains. Je ne serai pas longue, ” lâche-t-elle entre deux mâchoires serrées, la douceur un instant ayant envahi ses traits se brisant pour une froideur royale. Elle laisse le père et le fils seuls, ignore même royalement Scorpius en le contournant soigneusement, parce qu'elle sent déjà les larmes se construire derrière ses yeux et elle ne supportera pas de pleurer (à nouveau) devant son propre fils. Elle va directement dans la salle de bains après avoir tentativement ouvert deux portes — l'une verrouillée, l'autre la chambre de Draco dans laquelle elle jette un regard mi-curieux mi-dégoûté — et verrouile la porte derrière elle.

Elle est blême. Son nez est rouge. Ses yeux embués. Sa lippe toujours tremblante. Ses joues colorées d'un rose honteux. Ses cheveux défaits (qu'a-t-elle fait, bon sang, dans sa semi-conscience d'Orviétan?). Elle est moche.
Sa baguette tremble dans sa main alors qu'elle l'agite silencieusement, replace soigneusement des boucles brunes derrière ses oreilles, en lisse certaines. Elle rectifie son maquillage, d'un mouvement, efface les traces de sa faiblesse et tout cela, sans croiser une seule fois le regard de son reflet.

On frappe à la porte. “ J'arrive, ” grince-t-elle, avant d'ouvrir brusquement la porte pour faire face à Draco. Juste un instant, ses yeux se battent en duel avec les siens, puis elle le contourne en prenant bien garde à ne pas le toucher. Elle retourne dans le salon, fatiguée — effets secondes de l'Excess, qui s'est trop répandu maintenant dans ses veines; elle a envie de dormir ou bien de refaire le monde, ell ene sait pas trop —, prête à prendre la cheminée. Elle n'a que sa robe et ses talons — elle a laissé sac et cape chez elle, et est mal à l'aise sans sa tenue complète, mais n'en montre rien. Elle observe Scorpius, puis Draco qui les rejoint dans le salon. “ Alors? ” siffle-t-elle, agacée, mettant un point d'honneur à ne pas regarder ni l'un ni l'autre dans les yeux.

• • •

I had forgotten that it is impossible to lose someone, since all humans are alone. Another place in the universe we’re together in infinite time, remember that.
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PRISONERS • bloodstains on the carpet
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‹ liens utiles : draco malfoy w/ lucky blue smith ; ginevra weasley w/ holland roden ; calixe davis w/ audreyana michelle ; uc w/ uc ; indiana alderton w/ nicola peltz ; heath ravka w/ im jaebum ; even li w/ jeon jungkook ; jelena kuodzevikiute w/ ariana grande.

‹ âge : 23 yo (05.06.80).
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‹ scolarité : entre 1991 et 1997.
‹ baguette : un emprunt, depuis qu'il est en fuite. elle n'est que temporaire et il ne souhaite pas s'y intéresser ou s'y attacher, puisque la compatibilité est manquante.
‹ gallions (ʛ) : 11757
‹ réputation : sale mangemort, assassin méritant de croupir à vie en prison pour expier ses crimes et ceux de ses ancètres.
‹ particularité : il est occlumens depuis ses 16 ans.
‹ faits : Famille.
Narcissa (mère) en convalescence. sortie de son silence depuis peu pour réfuter l'annonce de son décès ; reconnue martyr. lutte pour que le jugement de son fils soit révisé.
Lucius (père) mort durant la tempête du 03.03.2004.
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‹ résidence : emprisonné à Azkaban depuis le 06.01.04. en fuite depuis le 08.05.04.
‹ patronus : inexistant.
‹ épouvantard : l'éxécution de juillet 02, ses proches en guise de victimes: leurs regards vidés par l'Imperium, la baguette de Draco dressée, les étincelles vertes des AK et leurs cadavres empilés comme de vulgaires déchets.
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25 OCTOBRE 2002 & DRASTORIA



 
 
 
« Pourquoi tu fais pleurer Astoria? » à cette intervention, Draco se raidit. Pris de cours. Ce n’est pas moi, souhaiterait-il s’impatienter, s’emporter. C’est sa propre stupidité qu’elle déplore, souhaiterait-il cracher, sur la défensive. Parce que ce n’est pas de sa faute n’est-ce pas ? Pas de sa faute s’ils en sont là. C’est l’œuvre de cette jeune mère trop fragile qui s’échine à assembler des châteaux de cartes explosives puis à les souffler pour qu’elles leur fassent cramer les sourcils. Il songe très fort à se dédouaner mais n’en a pas le temps, parce qu’elle prend la parole avant lui. « Ce n'est pas ton père, Scorpius. C'est- c'est les nerfs. Tu ne devrais pas écouter aux portes. C'est très malpoli. » Et il est surpris – c’est le moins qu’on puisse dire. Pris de cours par une telle absence d’opportunisme, il lève les yeux vers elle, trouve dans son profil déterminé malgré la détresse quelque chose qui lui fait songer à la façade irréprochable d’Hortense. « Permets-moi d'utiliser ta salle de bains. Je ne serai pas longue. » A cet instant où elle ravale l’avalanche d’émotions par laquelle elle s’est laissée submerger un instant plus tôt, à cet instant, elle lui apparait comme ce qu’elle aurait pu et dû être – la digne épouse à l’ascendance pure, rodée à l’art d’emprisonner entre les murailles de ses pensées les cadavres occupant les placards de sa riche demeure.

Tout ça le rend amer. Amer et aigri et colérique et impatient, parce qu’il ne veut pas penser à ce qui aurait pu être et regretter le passé ou le présent, non, il ne veut ni nostalgie ni détresse ni remords quant à ce qui ne sera plus jamais, et ses relations avec les Greengrass font partie intégrante des vestiges du passé qui exigent d’être enterrés. Alors il refoule, refoule, range dans les cases qui divisent son esprit, ferme scrupuleusement les tiroirs, refoule encore, jusqu’à retrouver contenance, la mine dure et le regard distant. « Je l’aime pas beaucoup Asstoria », lâche Scorpius de façon un peu defensive, comme s’il ne pouvait avouer ou laisser croire à un quelconque intérêt. « Mais j’aime pas quand elle pleure. » Plus doucement, regard qui se détourne, malaise, phalange qui se tortillent d’inconfort. Et tout à coup il se secoue, le rouge aux joues. « Parce qu’elle est pas belle quand elle pleure ! » Digne fils de son père, assurément. Des excuses, toujours plus d’excuses pour tenter de masquer la vérité honteuse : ils ressentent. Draco acquiesce. « Ce n’est pas spécialement charmant, en effet, une femme qui pleure », reconnait-il d’une voie lasse. Ses souvenirs le portent à une autre époque, auprès d’une autre femme, et il se souvient des rares moments durant lesquels il a haï son père – lorsque Narcissa pleurait en silence et que Lucius s’enfermait dans son bureau, se prétendant indifférent. Plus tard, bien sûr, les choses ont été différentes ; ils ont semblé plus forts, invulnérables, inébranlables, et Draco lui-même s’est raccroché à son père avec l’adulation de l’apprenti face au mentor. S’il arrivait encore à sa mère de laisser percevoir la moindre vulnérabilité, la moindre once de souffrance, c’était elle qu’il blâmait désormais, lui reprochant d’être trop faible – de ne pas être à la hauteur du grand homme qu’était son père. Draco déglutit difficilement. Son égo lui obstrue la gorge et le ravaler le temps de s’avouer qu’il ne veut pas reproduire ce schéma s’avère terriblement désagréable. C’est vrai, pourtant. Il ne veut pas pousser Scorpius à choisir entre Astoria et lui. Il ne veut pas l’habituer à taire son ressentiment lorsqu’il les voit se déchirer. Stigmatiser l’un des deux puis s’en mordre les doigts si par malheur la guerre l’en prive ensuite. « On pourrait peut-être… essayer d’éviter de provoquer ce genre de scènes à l’avenir. » Père et fils se fixent, grimacent à la perspective des efforts que requerrait un tel pacte. « Mais moi j’ai rien fait ! » – Draco arque un sourcil moqueur et Scorpius se renfrogne, ajoute en marmonnant dans son absence de barbe – « … Cette fois. » Malfoy père ricane, le dépasse en lui tapotant l’épaule. « Enfile ta cape et attends-nous au salon. »

Les mots sont une chose, les gestes en sont une autre. Et l’agacement de Draco est toujours intact quand il repense aux dernières minutes écoulées – il n’a pas décoléré, pas vraiment, tout juste été refroidi dans sa hargne par la présence de leur fils. N’empêche, s’entête-t-il en se convainquant d’être dans son bon droit, il entamera les efforts demain. Pour l’heure, c’est la lèvre supérieure plissée par le mécontentement qu’il frappe deux coups à la porte de la salle de bains. Une remarque impatiente lui ronge le bout de la langue mais il n’a pas le temps de la formuler que le panneau de bois s’écarte déjà sur Astoria. « Enfin présentable », qu’il lâche de sa voix trainante, oubliant déjà ses bonnes résolutions. Mais elle n’attrape pas cette perche tendue pour un nouveau dérapage et se contente de le contourner dédaigneusement, lui arrachant au passage un nouveau rictus insatisfait.
« Alors ? » s’impatiente-t-elle tandis qu’il les rejoint près de la cheminée, un Scorpius dansant d’un pied à l’autre entre eux deux – mal à l’aise. Draco récupère la bourse de Poudre étincelante qui trône sur la cheminée, en jette une poignée puis lui tend le sac. « J’emmène Scorpius. » Il n’a pas assez confiance pour le lui confier et ne fait rien pour le cacher – attrape plutôt la main de son fils et l’entraîne dans l’âtre dont les brasier a viré à l’émeraude. « Carkitt Market ! » La destination formulée, le réseau les aspire dans un tourbillon de flammes et de magie pour les mener à bon port, et ils ne traînent pas dans l’âtre afin de ne pas encombrer le passage. Draco époussette les résidus de suie accrochés aux épaules de Scorpius et à son propre pantalon en attendant l’arrivée d’Astoria – qui tarde. Elle n’en aurait tout de même pas profiter pour filer ? Lorsqu’elle arrive enfin, il lui sert un coup d’œil méfiant, persuadé qu’elle a ne serait-ce qu’envisagé de ne pas venir, mais se passe de commentaire. La cheminée faisant office de relai du réseau pour cette ruelle est celle de Shutterbutton's Photography Studio et tandis qu’ils s’extirpent de la boutique, des portraits de familles heureuses accrochés aux murs ne cessent de leur adresser des signes de main. Draco presse le pas pour échapper à cet étalage de sentimentalisme et de bonheur feint.

Carkitt Markett est moins encombrée que la rue principale – Diagon Alley ; les distractions sont donc moindres, ce qui n’est pas du luxe en présence d’un enfant (gâté) en bas-âge, et ils n’essuient donc qu’une seule tentative de caprice sur le trajet (« On peut aller à l’emplacement d’Elfe ? » « L’agence de placement d’Elfes de Maison, tu veux dire ? Pour quelle raison ? » « J’en veux un à moi ! » « Tu monopolises déjà Tipsy, qu’est-ce qu’une demi-portion de 4 ans pourrait faire de deux elfes ? » « Je ne suis pas une demi-portion et j’ai bientôt 5 ans ! ») en direction de la Clinique Médicomagique de Londres. Ils sont un peu en avance ; la cloche de la porte entrée teinte à leur arrivée et une sorcière d’accueil leur adresse un sourire poli, de derrière son comptoir. « Nous avons un double rendez-vous avec la psychomage Dolly Anguish, aux noms d’Astoria Greengrass et Scorpius Malfoy. » « Veuillez patienter dans la salle d’attente du Niveau 2. Les escaliers sont sur votre gauche, le docteur Anguish vous recevra dans un instant. »

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I'M SORRY I'M SUCH AN ASSHOLE
I'll be good, i'll be good • I thought I saw the devil looking in the mirror. Drop of rum on my tongue with the warning to help me see myself clearer. My past has tasted bitter for years now, so I wield an iron fist. Grace is just weakness or so I've been told. I've been cold, I've been merciless. But the blood on my hands scares me to death, maybe I'm waking up... today.
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WIZARD • always the first casuality
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‹ âge : vingt-trois (03/07)
‹ occupation : volontaire à Saint-Mangouste (TIG) et créatrice de mode, co-fondatrice de la marque OXOX, premier et populaire prêt-à-porter sorcier.
‹ maison : serpentard
‹ scolarité : 1992 à avril 98.
‹ baguette : est neuve et capricieuse. Elle mesure vingt-trois centimètres virgule six, est faite de bois d'érable et continent un crin de licorne.
‹ gallions (ʛ) : 1447
‹ réputation : je suis une petite bitch écervelée qui ne mérite pas la miséricorde avec laquelle on la traite.
‹ particularité : soigneuse, capable de guérir (presque) tous les maux.
‹ faits : j'ai été enlevée par ma propre soeur et utilisée comme otage par les insurgés pendant quatre ans Je suis aussi la mère du petit Scorpius Malfoy. J'ai été en procès parce que j'ai été Adhérente pendant la Guerre, mais j'ai été innocentée ou du moins, condamnée à plusieurs mois de TIG notamment à Saint-Mangouste.
‹ résidence : dans un petit appartement du Chemin de Traverse avec ma mère et ma soeur, loué par les soins de ma tante.
‹ patronus : impossible pour moi à invoquer
‹ épouvantard : Frank Hudson, un ancien leader Belliqueux désormais mort, tenant la main de Daphne et m'observant d'un air cruel.
‹ risèd : Scorpius, heureux et épanoui.
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draco malfoy
sometimes i think of you and i feel giddy. memory makes me lightheaded, drunk on champagne. all the things we did. and if anyone has said this was the price i would have agreed to pay it. that surprises me; that with the hurt and the mess comes a shift of recognition. it was worth it. love is worth it.


Compartimentaliser. Trier. Ranger. Oublier. Astoria a refusé de voir un psychomage — et de toutes manières, Wyatt a été prompt à dire qu'elle n'en avait pas besoin. Vous comprenez, sa fille était forte. Déterminée. Elle n'avait besoin de personne pour aller mieux — et puis, pourquoi aurait-elle besoin d'aller mieux? Regardez-la! Elle sourit et elle rit et elle danse. Elle n'a besoin de rien, de personne. Les blessures (plutôt rares, rétrospectivement) des Insurgés se sont toujours résorbées sur sa peau de soigneuse, les cicatrices n'ont jamais fait long feu, et tout le mal, tout le mal est invisible, impalpable, intérieur.
Alors Astoria a trouvé ses propres méthodes pour quand ses doigts se mettent à trembler, pour quand le monde devient trop rapide, trop violent. Parfois, elle entend quelqu'un crier dans la rue et elle ne peut s'empêcher de se figer douloureusement; quand son père passe sa main dans son cou, enserre sa nuque comme pour l'étrangler à l'envers, ses ongles viennent enfoncer ses paumes; quand sa respiration se fait heurtée, impossible à maîtriser, et que les images de ces années d'horreur se précipitent à la lisière de ses yeux vitreux, alors, elle se met à compter par exemple. Elle se met à compter le nombre de dalles parterre, de fenêtres ouvertes à cet immeuble, de personnes portant des écharpes aujourd'hui. Elle se met à compter les secondes, à détailler la géométrie complexe de cette architecture, à analyser mentalement en combien de pas elle pourra couvrir telle ou telle distance. Il y a les nombres — ses alliés, ses amis, ses protecteurs — et puis il y a les petites boîtes mentales. Il y en a plein. À NE JAMAIS OUVRIR est le plus grande, la plus dangereuse aussi. À CHÉRIR est la plus petite, mais la plus fréquentée. Ces boîtes — PENSÉES INUTILES, DÉTOURNE-TOI, OUBLIE, ARRÊTE, POURQUOI TU TE FAIS ÇA, TU ES BÊTE, INUTILE, entre autres — lui permettent de trier, de réfléchir, de repousser. Alors, de la même manière avec laquelle Astoria rangerait un souvenir déplaisant dans une petite boîte, elle y range aussi quelques émotions; hop, on remet le couvercle et on en parle plus. On ravale les larmes, l'exaspération, la colère, la faiblesse, le dégoût de soi et on recommence avec un sourire maladroit.
« Enfin présentable. » Ah. Draco a toujours été bon pour abattre ses murs, ouvrir toutes les boîtes et mettre parterre toutes ces émotions, tous ces sentiments, tous ces souvenirs. Ils s'entremêlent et hurlent, tous ensemble, pour qu'elle y jette un regard et qu'elle s'enfonce dans cette spirale infernale; mais Astoria se contente de se détourner du père de son enfant, presque hautaine, pour ne pas être tentée de répondre. Elle sera une bonne mère. Elle peut le lui prouver. Il suffit juste — il suffit juste d'être comme Hortense, d'être comme Narcissa, d'être comme toutes ces femmes. Froide, hautaine, digne, réfléchie, un rien distante, un rien arrogante, soumise aussi. Elle peut donner le change quelques temps. Elle doit bien ça à Scorpius.

Celui-ci a l'air franchement mal à l'aise et elle se rappelle d'elle quand elle était jeune, six ou sept ans, assistant aux disputes entre ses parents. Elle repousse aussitôt ces idées. Même si ils ne s'aiment plus (se sont-ils jamais aimés?), Wyatt et Hortense sont mariés; de facto, leur relation est incomparable à celle qui la relie à Draco.  « J’emmène Scorpius. » Sourire un rien acide sur les lèvres d'Astoria, qui hausse une épaule, baisse l'autre. Elle se doute bien qu'il ne va pas l'inviter à prendre la cheminée avec eux ou pis! l'inviter à emmener Scorpius d'elle-même. « Carkitt Market ! » Et ils disparaissent dans une gerbe de flammes vertes.
Évidemment. Évidemment qu'Astoria songe à ne pas les suivre. Elle ignore ce qu'elle a fait pendant que Scorpius dormait et qu'elle flottait sur son petit nuage d'Excess (Tipsy aura sans doutes quelques fraques hyperactives à raconter à Draco, mais elle repousse ces pensées) mais elle sait que maintenant elle va être inconstante, instable, morose. Les effets secondaires sont les pires, surtout en mauvaise compagnie. Elle pourrait juste lui envoyer un hibou express, s'excuser, embrasser Scorpius; et on n'en parle plus. Reste ou pars, réapparais à l’occasion ou ne reviens jamais, le choix est tien et je ne te faciliterai pas la tâche en décidant à ta place, les mots sont inscrits au fer rouge dans son esprit. Ce serait si simple. Une césure pure et nette, un schisme oublié, une séparation bien propre.
Elle repense au visage de Scorpius.
Carkitt Market, ” laisse-t-elle tomber comme une promesse, après avoir jeté la poudre de Cheminette dans l'âtre.

Elle sent le regard inquisiteur de Draco. L'ignore. Ne regarde que Scorpius, juste un instant, et le gamin détourne le regard avant de prendre la main de son père (pincement au coeur, face à ce spectacle, pour Astoria). Elle retire conscienscieusement quelques cendres de ses cheveux bruns — les reflets roux sont de retour, maintenant, mais tirent vers le blond châtain avec la fin de l'adolescence —, époussette ses épaules et fait mine d'être parfaitement à l'aise en emboîtant le pas à Malfoy père et Malfoy fils.
Il attire les regards, ce petit couple. Elle est juchée sur des talons élégants, lui est aussi gracieux que d'habitude, le gamin entre eux éveillé et adorable. Et personne n'ignore le visage de Draco Malfoy, Astoria ne peut s'empêcher de s'imaginer, ni le sien après réflexion. C'est avec un rien d'arrogance qu'elle lève le menton, carre les épaules, se tient droite, ignorant quelques regards (famille réunie? crient déjà quelques oeillades surprises) en écoutant d'une oreille discrète la brève conversation entre père et fils (qui lui arrache un sourire qu'elle ravale bientôt, mimant à la place un désintérêt parfait). Elle ne peut même pas se résoudre à participer au court échange. Elle ne sait pas quoi dire et a peur d'ouvrir la bouche.
Et puis finalement, ils sont arrivés. La Clinique Médicomagique de Londres. Si elle devait choisir un endroit au monde qu'elle détestait le plus, c'était bel et bien les hôpitaux et autres cliniques aseptisées; tout lui faisait peur, des murs blancs aux médicomages empressés à l'odeur de désinfectant acide qui piquait le nez. Cela lui rappelait son accouchement. Cela lui rappelait Scorpius — et le sortilège de son père, foudroyant, qui- - elle repousse ces pensées. Astoria est très douée pour ça, repousser ce qui la dérange, "oublier" ce qui mérite de l'être. Compartimentaliser. Trier. Ranger. Oublier. « Nous avons un double rendez-vous avec la psychomage Dolly Anguish, aux noms d’Astoria Greengrass et Scorpius Malfoy. » Elle se souvient parfaitement du deal mais, tout d'un coup, a la gorge sèche. Elle n'a littéralement aucune envie d'être ici. Surtout pour être seule avec Scorpius et cette inconnue... tout de même, elle est plutôt contente de s'être débrouillée pour ne pas être en tête-à-tête avec la psychomage. Si ce n'était à la presse, Astoria ne voulait pas parler de ce qui s'était passé, de ce qui se passait encore bien malgré elle en son sein. Elle ne voulait pas parler du tout, à vrai dire, et encore moins à quelque Anguish sortie de nulle part. « Veuillez patienter dans la salle d’attente du Niveau 2. Les escaliers sont sur votre gauche, le docteur Anguish vous recevra dans un instant. »

C'est la Greengrass qui prend les devants, maintenant, monte les escaliers, trouve la salle, pousse la porte et la tient pour y introduire les deux Malfoy sur ses talons. Pièce carrée, vide si ce n'est qu'eux: une demi-dizaine de chaises, des jouets dans un coin pour les enfants, une pile de magazines sur une table basse, une plante verte et des tableaux moches accrochés sur le mur au papier peint de velours bleu. Une autre porte dans la pièce, qui semble mener au cabinet du docteur Anguish. Une discussions de l'autre côté, dont les mots et le volume ont été atténués et rendus impossibles à détailler par un sortilège. Ew. Astoria décrète mentalement qu'elle déteste vraiment cet endroit.
Elle referme la porte, va s'asseoir sur une chaise proche de celle que Draco a choisi (elle en laisse une entre eux deux), croise les jambes, s'empare d'un magazine en tendant le bras. À côté, Scorpius s'est dirigé vers les jeux d'un air prudent, en leur jetant un regard comme pour demander la permission; Astoria laisse à Draco cette opportunité. Elle se contente de faire tourner le magazine entre ses doigts jusqu'à trouver le mots croisés de la semaine dernière; et puis de froncer les sourcils en essayant de se concentrer, rechignant à demander une plume ou de la graphite à Draco, essayant de se focaliser sur quelque chose pour ne pas laisser l'angoisse la prendre à la gorge. (Même si, malgré elle et ses jambes dument croisées elle fait tressauter son genou droit, son talon allant parfois venir claquer le sol, troubler le silence pesant de la pièce.) “ Astoria? Oui, Scorpius? ” Impatiente, presque. “ Est-ce que tu peux... arrêter? ” Elle reste coite un instant, avant de comprendre qu'il parle de sa jambe qui n'arrête pas de tressaillir, de haut en bas, tapant la mesure sur le sol à la moquette qui n'assourdit presque rien. Elle ne peut s'empêcher de rosir, embarassée et prise au dépourvu, mais la porte du cabinet qui s'ouvre à la volée l'empêche de répondre. “ Bonne journée et prenez soin de vous, ” dit une femme à l'allure austère, celle qui vient d'ouvrir la porte, en serrant la main d'abord à un homme imposant à la musculature trop développée pour être naturelle, et une petite femme replète au visage contorsionné de... douleur? Non. De colère. Derrière eux, un petit garçon qui doit à peine être plus âgé que Scorpius, cheveux bruns bouclés en désordre au sommet du crâne, qui tient la main de celle qui semble être sa mère avec un air nerveux. La petite famille répond entre des dents serrées quelques politesses, et vont pour sortir de la salle d'attente. “ Mademoiselle... Greengrass? Accompagnée de Scorpius Malfoy, demande celle qui ne peut qu'être Dolly Anguish. Astoria hoche lentement la tête. Un instant, je vous prie. ” Et puis de refermer la porte derrière elle pour s'y enfermer quelques instants.
En attendant, le couple et leur fils sortent de la salle d'attente et c'est dans le couloir qu'ils se mettent à hurler, la femme sur l'homme, semblant lui reprocher les maux de la Terre entière alors que le fils et son père restent silencieux. Astoria est mal à l'aise et Scorpius ouvre des grands yeux. Ma foi, ne peut s'empêcher de penser la jeune femme, ces séances ont l'air tout à fait thérapeutiques. Elle jette un coup d'oeil dans la direction de Draco, qui semble déjà prêt à se lever et à partir pour les laisser aux mains de docteur Anguish.

Finalement, la porte s'ouvre à nouveau et le visage aux traits acérés de Dolly Anguish leur adresse un sourire maladroit, presque crispé. Elle ignore royalement la scène de ménage qui a lieu de l'autre côté de la porte et ne regarde qu'Astoria, une main sur la poignée, l'autre tendue vers elle; aussitôt, Greengrass se lève et vient la serrer anxieusement. “ Mademoiselle Greengrass, bonjour. Comment allez-vous? Tr-très bien. ” Hochement de tête appréciateur de la part d'Anguish. Elle tourne son nez d'aigle vers Scorpius, qui s'est un peu approché sous l'impulsion du père. “ Et tu dois être Scorpius?Scorpius Malfoy, rétorque le gamin en tendant lui aussi la main. Enchanté. ” Si son comportement amuse le docteur, elle n'en montre rien quand elle lui serre respectueusement la main. Elle fait signe à Astoria d'avancer, Astoria fait signe à Scorpius d'avancer et très vite, mère et fils pénètrent dans le bureau (spacieux, l'air plus d'un petit salon agréable que d'un bureau aseptisé. Tapis somptueux, murs en bois, causette, trois fauteuils et quelques jouets bien rangés dans un bac. Astoria voit même un service à thé traîner quelques parts, avec une théière prête à siffler sur un réchaud magique. Service de qualité, donc; Draco ne s'est pas fichu d'elle). Elle s'attend à ce qu'Anguish referme la porte derrière elle pour les torturer pendant une petite heure mais, à la grande surprise d'Astoria, elle hèle Malfoy senior qui s'apprête à quitter la pièce. “ Vous ne vous joignez pas à nous, monsieur Malfoy? ” Et Astoria voit déjà les ennuis se profiler à l'horizon.
Le profil imposant d'Anguish fait l'aller-retour entre la mine stupéfaite de Draco et celle encore plus choquée d'Astoria. Elle a l'ébauche d'un sourire affable sur sa lippe pincée, un rien de blague au fond des yeux. Elle a quoi? trente? trente-cinq ans? Elle n'est pas très vieille mais elle dégage quelque chose de rassurant et d'assuré. Elle sait ce qu'elle fait, et elle sait qu'ils savent qu'elle sait ce qu'elle fait, et elle n'a rien à justifier à personne — pas même ces deux endimanchés de l'Élite qui la dardent avec un regard tant incendiaire qu'incertain. “ Même si je ne suis pas admiratrice des ragots et des articles au caractère parfois diffamants que colportent les magazines qui peuplent ma salle d'attente, personne n'ignore les... conflits qui peuplent votre relation, et celle entre vos deux familles, dit-elle d'un ton factuel qui fait se serrer les poings d'Astoria. Je pense que, pour le bien de Scorpius, votre présence est ici requise, monsieur Malfoy. Pour cette première séance, au moins. ” Astoria remarque qu'elle rajoute cette phrase au dernier moment, comme un compromis. Cette fois, le docteur Anguish est tout à fait focalisée sur Draco et Astoria sent qu'elle n'a pas envie d'entendre la suite alors, du mieux qu'elle peut, elle attire l'attention de Scorpius. “ Viens. Mais- - Scorpius, viens, ” fait-elle, sans appel, avant de faucher sa main au vol pour le tirer à sa suite afin d'entrer tout à fait dans le bureau du docteur Anguish. Celle-ci ferme la porte derrière eux. Astoria se demande si Draco va beaucoup résister et elle se demande aussi ce qu'elle pense réellement de sa présence. “ Papa va venir?Je ne sais pas, Scorpius. Peut-être. Tu veux voir les jouets? J'ai bientôt cinq ans, j'm'en fiche des jouets. ” Elle grimace. “ Je t'ai vu jouer il y a moins de cinq minutes, Scorpius. Dis pas n'importe quoi. ” Son ton un peu acide semble surprendre le gamin, qui fronce les sourcils, et elle fait de son mieux se modérer. L'Excess va la rendre amère, sèche, morose, silencieuse, elle le sait; et elle doit la combattre. Pour son bien.
Un peu tristement, elle se rend compte que c'est peut-être le dernier moment qu'elle passera jamais en tête-à-tête avec son fils. “ Pardon, je suis un peu sur les nerfs, finit-elle par dire, débordante de vérité, de la manière avec laquelle elle se serait adressée à une personne de son âge. Les excuses semblent radoucir Scorpius, rien qu'un instant, mais il se détourne rapidement pour aller vers le bac de jouets. — Tu n'arrêtes pas de parler des nerfs. C'est ça qui te fait pleurer? Euh- oui. Oui, on peut dire ça. Elle le rejoint. Il observe sans toucher, l'air de se décider sur lequel des jouets aura l'honneur d'être tripoté par ses petits doigts. — Tu crois que Papa va venir? Je ne sais pas, Scorpius, je te l'ai dit. Tu crois qu'il veut venir? Je ne pense pas. Pourquoi? Il s'en fiche? Non, ce n'est pas ça. C'est un homme très occupé, ton père. Peut-être qu'il a autre chose à faire. Oui. Je sais. Il pince des lèvres. C'est un homme important, même. ” Sa fierté fait sourire Astoria. Elle redevient sérieuse quand il se tourne vers elle, les sourcils froncés. “ Tu veux qu'il vienne? ” Non. Oui. Je sais pas. “ Toi, tu veux qu'il vienne? ” Il détourne le regard. “ J'm'en fiche. Puis, après un instant, dans un souffle qui n'est pas vraiment destiné à elle: oui. Moi aussi. ” Les mots deviennent sincères au moment où elle les prononce, et l'embarassent un peu. Il replonge son regard dans le sien. Elle essaie de sourire difficilement, puis s'empare d'un jouet pour le présenter; elle est à deux doigts de lui demander ce qu'il en pense quand la porte du bureau s'ouvre à nouveau et elle se redresse, le jouet dans la main. Le docteur Anguish a un sourire triomphal en entrant dans la pièce, suivie de près par un Draco à l'air tant exaspéré que défaitiste — comme Astoria l'aime, pense-t-elle avec un rien d'amertume. “ Bien. Nous allons donc pouvoir commencer, ” fait le docteur Anguish, en refermant la porte derrière lui et allant s'installer à son bureau.

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I had forgotten that it is impossible to lose someone, since all humans are alone. Another place in the universe we’re together in infinite time, remember that.
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