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sujet; Let in the light (Juneo)
MessageSujet: Let in the light (Juneo)   Jeu 29 Oct 2015 - 13:36

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‹ inscription : 04/10/2015
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‹ crédits : odistole.
‹ dialogues : #749585


‹ liens utiles :
‹ âge : trente
‹ occupation : tisseur de mots, journaliste, coureur de monde. à la dérive.
‹ maison : Gryffondor
‹ scolarité : 1984 et 1991.
‹ baguette : était en bois d'érable, relativement flexible, mesurait 26,8 cm et contenait un coeur de phoenix.Désormais brisée, j'ai hérité d'une baguette récupérée sur le cadavre d'un mangemort: bois de noyer noir, 32 cm, coeur inconnu, et absolument pas faite pour moi.
‹ gallions (ʛ) : 1651
‹ réputation : j'ai l'air de regretter la fin de cette guerre, que ce qui secoue ce monde nouveau paraît me révolter bien plus que les atrocités commises par le précédent gouvernement, que je suis un piètre journaliste et écrivain qui tente de percer dans un milieu qui n'a jamais voulu de lui.
‹ particularité : en plein flou.
‹ faits : j'ai soutenu la rébellion, bien que je n'ai quitté ma vie que sur le tard pour aller les retrouver, au détour de la création de la Renaissance du Phoenix ; que beaucoup n'ont pas cru à mon implication, du fait de ma naissance surtout ; que j'ai une tendance fâcheuse à commencer des choses et à ne pas les terminer ; que ma plus grande ambition est d'enfin publier un livre ; que ma fiancée est en fuite et que je n'ai aucune idée de si je la reverrai morte ou vive, offerte aux bons soins des Détraqueurs ; que la nouvelle société me répugne presque autant que la précédente, voir plus ; que je ferai sûrement tout pour ma soeur.
‹ résidence : dans le loft de la Bran Tower ou Eirene et moi vivions avant que tout ne vole en éclat. J'ai réussi à garder l'appartement par je ne sais pas quel miracle, il sert aujourd'hui à ma soeur et à mon beau-frère, Elias, parfois. En vérité je n'y suis pas souvent, je fuis l'endroit.
‹ patronus : une méduse géante
‹ épouvantard : un grand feu, l'anéantissement total de ma famille, rester seul au milieu des cendres
‹ risèd : Eirene se tenant à mes côtés, aussi heureuse qu'elle l'était à nos débuts, lorsque nous étions encore pleins de promesses et de projets fabuleux avant que tout ne soit jeté aux flammes.
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La plume grattait la surface du support dans un frottement régulier et rassurant. Ce n'était pas ce qu'il voulait. D'un geste leste et précis, il ratura la phrase qu'il venait de rédiger et avisa le parchemin qui contenait plus de griffonnages noircis que d'écrits sensés. Soupir. Il aurait voulu retrouver l'inspiration, sentir affluer librement les mots, qu'ils se lient et se délient avec la fluidité qu'il avait su trouver lors de ses voyages. Voyages qui, aujourd'hui, étaient loin derrière lui. Il avait définitivement fait une croix dessus en décidant de prendre parti pour les Insurgés ; il avait fait un choix, et il allait s'y tenir. Ça n'empêchait pas le manque de se faire sentir. Manque cruel et chaque jour un peu plus présent. Il jeta la plume sur la table bancale posée devant lui, jeta à sa suite le parchemin sans avenir. Il avait cru que de se retrouver dans le camp lui ouvrirait les vannes de l'écriture, qu'il aurait quelque chose de bien à coucher sur parchemin. Peine perdue. Il s'adossa à son siège, leva les yeux sur les quelques personnes qui l'entouraient, tous mués dans un silence religieux. Quelques uns communiquaient entre eux par signes, et s'il pouvait les comprendre, il n'essaya pas « d'écouter » leur conversation. Son regard tomba alors sur une tête rousse qui n'était ni une Weasley ni une Greegrass. Ce n'était nulle autre que June, June à qui il n'avait pas adressé la parole depuis si longtemps ; leurs chemins avaient dévié, pris des directions si différentes qu'ils n'avaient plus été amenés à se croiser jusqu'à aujourd'hui. L'histoire de la jeune femme ne lui était pas inconnue. Dans leur jeunesse ils avaient partagé cette bonne entente et cette passion pour le Quidditch, qui les avait indéniablement rapprochés. Elle était devenu Aurore, lui s'était retrouvé piégé dans le département des Sports sans que son poste ne le fasse vibrer plus que ça. Après, il était parti, et le destin de June était parti en vrille. Rebut, et maintenant fugitive... ce qui le gênait le plus dans tout ça n'était pas qu'ils se soient perdu de vue tout ce temps ; ni qu'elle ait subi un sort aussi funeste, non. Ce qui le mettait si mal à l'aise, c'était qu'il avait fallu que sa cadette meure pour qu'il s'intéresse un temps soit peu aux sort de tous les opprimés de ce gouvernement cruel et manipulateur. Encore aujourd'hui, il lui arrivait de douter du bien fondé de sa présence parmi les Rebelles. Après tout, qu'avait-il de concret à leur apporter ? Pour quoi était-il là, si ce n'était pour la vengeance ? Tant qu'il n'avait pas été touché personnellement par la fatalité du destin, il s'était bien foutu de ce qui arrivait à ces reniés de la société. Il n'avait pas songé un seul instant à les aider, ni même à soutenir leur cause qu'il considérait comme perdue, vaine, impossible.

June vaquait à ses occupations, assise à même le sol, une mèche de cheveux barrant son front. Il fut tenté d'aller la voir, eut un moment d'hésitation avant de céder. Matteo attrapa la baguette posée sur la table et la fourra dans sa manche, avant de se diriger vers elle. Le cœur battant, la culpabilité au bord des lèvres. A vrai dire il ne se sentait pas légitime de lui parler, ni même de faire mine de s'intéresser à elle alors que des années durant, il avait fait l'autruche, s'était efforcé de ne rien voir pour ne pas en souffrir quand des gens se battaient quotidiennement et dans un danger permanent pour changer les choses. Pourtant, il avait tant de choses à lui demander. Il savait qu'elle avait été dans le labyrinthe avec Teresa. Elle en avait réchappé, à l'inverse de sa petite sœur. Dans le fond, il ne demandait que ça ; des détails, des précisions sur les circonstances de sa mort. Dire qu'ils n'avaient rien eu à enterrer... une simple pierre tombale posée sur un caveau vide. Et de simples souvenirs à pleurer. Il avait abordé le sujet avec Marie, plusieurs fois, sans parvenir à continuer. À exprimer l'ampleur de sa détresse, de sa culpabilité. Elle l'avait soutenu en silence et jusqu'ici, cela lui avait suffi. Il voulait plus désormais. Il voulait comprendre.

Il s'assit au sol, à côté d'elle, attendit qu'elle lève les yeux vers lui pour lui adresser un sourire à demi gêné. C'était, étrange, dérangeant. Son visage arborait une expression indéchiffrable au moment ou elle réalisa qui venait l'importuner. Elle avait changé, c'était indéniable. La Gryffondor souriante et vive qu'il avait connue semblait s'être évanouie derrière un masque de fatigue constant. « Salut, Red. » fit-il tout bas, soucieux de ne pas troubler le silence qui les entourait. La discrétion était de mise, à chaque instant. « Merci d'être allée à Daeva retrouver ma sœur, la dernière fois, avec Panda, c'est... gentil à toi. » commença-t-il. Il ne demanderait pas comment ça s'était passé. Il ne demanderait pas de nouvelles d'Anna. Il gardait ces questions là pour Marie. Non, les questions qui se pressaient à la lisière de son esprit étaient toutes autres, et il espérait vraiment que June aurait des réponses à lui apporter.

• • •


Que naissent, du tissu de notre rêve, des splendeurs énigmatiques et des ombres conquérantes, qu'un incendie total engloutisse ce monde et que ses flammes provoquent des voluptés crépusculaires, aussi compliquées que la mort et fascinantes comme le néant.
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MessageSujet: Re: Let in the light (Juneo)   Dim 6 Déc 2015 - 9:13

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‹ âge : trente ans. (01/06/1974)
‹ occupation : à la renaissance du phénix, je n'ai pas de métier (la faute au gouvernement qui estime que les loups-garous sont trop dangereux pour avoir un métier).
‹ maison : gryffondor
‹ scolarité : septembre 1984 et juin 1991.
‹ baguette : Elle est en bois d'ébène avec une plume de phénix à l'intérieur et mesurant vingt-quatre centimètres.
‹ gallions (ʛ) : 5208
‹ réputation : À Poudlard et jusqu'à sa morsure, on la connaissait parce qu'elle ne ressentait pas la douleur et qu'elle passait plus de temps à l'infirmerie pour vérifier qu'elle ne s'était pas fait mal qu'en cours. Elle a été joueuse de Quidditch aussi et pas une mauvaise. C'est un sport qu'elle a toujours adoré et qu'elle aurait bien continué par la suite. Puis après sa morsure, sa maladie s'est guérie grâce (ou à cause du) au gène loup-garou et on a fini par l'oublier. Puis après elle a été recherchée parce qu'elle a fait partie de l'Ordre du Phénix puis des insurgés. On l'a connu comme étant le rebut de Severus Snape. Puis de nouveau une insurgée. Puis héros de guerre, mais un héros qu'on remercie par un simple sourire et une petite somme d'argent, pas un héros qui mérite l'Ordre de Merlin. Vous comprenez, elle n'est pas normale. L'Ordre de Merlin, June s'en moque, mais elle ne supporte pas le snobisme de ce gouvernement qui se veut tolérant. Depuis la fin de la guerre, June se renfonce dans l'anonymat et ça lui va très bien.
‹ particularité : Loup-garou. Totalement. Elle a été mordue par Claevis, un membre de la meute de Thurisaz en 1995. La cicatrice est toujours visible et bien brillante sur son flanc gauche. Le gène lui a permis de guérir de sa maladie d'insensibilité congénitale à la douleur, mais il lui a fait perdre son boulot d'Auror aussi.
‹ faits : uc
‹ résidence : à storm's end.
‹ patronus : un renard roux
‹ épouvantard : le feu.
‹ risèd : Teddy avec Dora et Remus. Et puis elle avec Elijah et leurs enfants. Des enfants qui ne souffrent pas du gène du loup-garou.
Voir le profil de l'utilisateur http://www.smoking-ruins.com/t6908-june-shadow-of-the-colossus
Elle allait mieux. Elle se sentait mieux. Finley lui avait assuré qu’elle n’avait plus rien à craindre à ce niveau-là si ce n’est les jours de pluie. La douleur serait là. June regrettait le temps où elle n’avait pas à se soucier de ça. Elle avait remercié longuement le médicomage avant de finalement réellement partir de la tente de soin. Elle avait la sienne qu’elle avait installée non loin de celle des Weasley. Buckley était venue la voir pour se mettre d’accord sur les journées d’entraînement et comme d’habitude elle avait été incapable de formuler une phrase convenable, répondant par monosyllabe. Dès qu’elle croisait son regard c’était la même chose et ça l’agaçait. June posa un bras devant ses yeux avant de se décider à se lever. Il était inutile qu’elle reste allongée toute la journée, elle allait devenir dingue. Le froid commençait à doucement s’installer sur toute l’Angleterre rendant la vie difficile aux insurgés. Elle avait oublié ce que ça faisait de vivre à la dure alors qu’elle, elle avait été logée pendant longtemps dans une maison avec un toit et une cheminée pour les journées de grand froid. Elle avait pensé que ça aurait pu lui manquer, mais ce n’était pas le cas. Au moins sous cette tente, elle savait qu’elle servirait à quelque chose à un moment donné au lieu de répondre à des ordres bien souvent aboyés par son ancien maître. Frénétiquement, elle glissa sa main sur sa nuque, à l’endroit du tatouage des rebuts et elle eut un frisson de dégoût en songeant à ce qu’il signifiait. D’un geste brusque elle se redressa. Il fallait qu’elle arrête de s’apitoyer sur son sort. Elle devait se bouger, être de nouveau utile pour eux et prendre les entraînements magiques un peu plus au sérieux. Elle s’assit sur le bord du lit, fixant le bout de bois posé sur une caisse. Ce n’était pas sa baguette, mais c’était celle qui lui servirait dorénavant. Elle se leva et attrapa une grosse veste qu’on lui avait prêtée en attendant qu’elle trouve la sienne pendant une mission. June sortit de sa tente et fut frappée par l’activité du camp. Machinalement, elle se dirigea vers les personnes responsables du repas et se proposa pour éplucher des pommes de terre. Elle attrapa la bassine qu’on lui confia ainsi qu’une autre totalement vide qui allait accueillir le légume épluché.

June s’amusait de cette tâche qui lui rappelait les moments chez Snape où elle devait préparer les repas. Là où les autres auraient usé de la magie, elle, elle s’était habituée à faire sans. Elle sentit une présence et elle releva la tête avant de se figer. Matteo. Matteo Grimaldi. Il lui adressa un sourire gêné auquel elle répondit de la même manière. Le destin avait décidé de mettre sur sa route tous les Grimaldi histoire de lui rappeler qu’elle avait été incapable de sauver Teresa ? Depuis combien de temps n’avait-elle pas croisé son frère ? « Salut, Red. » Elle avait oublié l’intonation de sa voix et se retrouva projetée des années en arrière à Poudlard puis au Ministère. Cette guerre devenait tellement longue qu’ils en arrivaient à des stades où ils oubliaient le visage de l’un, la voix de l’autre et des souvenirs entiers. « Salut Terry. » Répondit-elle sur un ton aussi bas que le sien. Ils en étaient là aussi : s’appeler par des surnoms qu’ils avaient eux-mêmes choisis. « Merci d'être allée à Daeva retrouver ma sœur, la dernière fois, avec Panda, c'est... gentil à toi. » June suspendit son geste. Elle posa la pomme de terre qu’elle était en train d’éplucher et redressa la tête. « Je… » Commença-t-elle. Ses lèvres se pincèrent. « Ne me remercie pas, c’est normal, Terry. » Elle avait pu sortir, faire la connaissance d’une autre Grimaldi et se jurer que celle-ci ne tomberait pas avant d’avoir envie de la secouer pour qu’elle se rende compte que d’osciller entre les deux camps ne lui servirait à rien. Elle avait une dette tellement grande envers eux qu’elle ne savait pas encore comment elle pouvait la payer. Elle n’avait pas pensé à Matteo. Elle ne s’était pas dit qu’elle allait devoir lui en parler à lui aussi. June posa le couteau à côté dans la bassine pour éviter que le Grimaldi ne remarque ses mains qui avaient commencé à trembler. « Il fallait… je devais me rendre utile. » Elle ramena ses bras autour d’elle et continua de fixer l’homme en face d’elle. « Comment… comment vas-tu depuis le temps ? » Tenta-t-elle en esquissant un mince sourire.

• • •

she wolf but i can't compete with the she-wolf, who has brought me to my knees. what do you see in those yellow eyes? 'cause i'm falling to pieces.
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MessageSujet: Re: Let in the light (Juneo)   Jeu 14 Jan 2016 - 22:17

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‹ faits : j'ai soutenu la rébellion, bien que je n'ai quitté ma vie que sur le tard pour aller les retrouver, au détour de la création de la Renaissance du Phoenix ; que beaucoup n'ont pas cru à mon implication, du fait de ma naissance surtout ; que j'ai une tendance fâcheuse à commencer des choses et à ne pas les terminer ; que ma plus grande ambition est d'enfin publier un livre ; que ma fiancée est en fuite et que je n'ai aucune idée de si je la reverrai morte ou vive, offerte aux bons soins des Détraqueurs ; que la nouvelle société me répugne presque autant que la précédente, voir plus ; que je ferai sûrement tout pour ma soeur.
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Matteo suivit du regard les mains de June, éplucher les pommes de terre à la manière moldue. Il l’interrompait dans une occupation destinée à la communauté, quand lui-même osait se plaindre de son manque d’inventivité en ce qui concernait ses projets « littéraires ». Une vague de culpabilité s’empara de lui. Décidément, outre ses vêtements et son allure soignés, Matteo était encore bien loin de s’intégrer à la vie des Insurgés. Il avait beau y passer déjà bien trop de temps aux yeux d’Eirene (qui d’ailleurs, ne comprenait toujours pas où il disparaissait si souvent, plusieurs fois par mois, sans explication), la vie quotidienne des rebelles était encore aux antipodes de son propre mode de vie. Les tâches communes telles que la préparation des repas lui passaient au dessus. Il avait presque honte de penser aux repas servis par les elfes, à tout ce que eux, feignants sorciers de l’Elite, s’arrangeaient pour ne pas faire par simple mesure de confort. Par dépit, il murmura un « Accio couteau » et réceptionna la lame qui était rangée quelques secondes plus tôt dans un bac à couverts. Il entreprit d’imiter June, posant sa baguette à côté de lui. Encore heureux qu’il sache au moins éplucher de vulgaires patates sans l’aide de la magie, songea-t-il avec ironie. « Salut Terry » répondit-elle, usant du surnom dont l’avait affublé Marie quelques temps auparavant. Elle semblait aussi gênée que lui et cela ne fit que surajouter au malaise ambiant. Ce n’était pas comme ça qu’il s’était imaginé des retrouvailles avec une ancienne camarade de promo. Pour pallier au silence qui s’installait, Matteo entama doucement la conversation en parlant d’Anna. June parut agacée, ou tout du moins eut-elle l’air de regretter qu’il parle de ça. « Je… ne me remercie pas, c’est normal, Terry. » Elle posa le couteau, lui-même suspendit son geste, une épluchure pendouillant de son légume terreux à moitié écorché. « Il fallait… je devais me rendre utile. » Sur ça au moins, il comprenait son désir de servir à quelque chose. Lui-même se cherchait encore une utilité dans ce monde après avoir appris que sa cadette avait trouvé sa place bien avant lui. Matteo accueillit ses paroles d’un hochement de tête compréhensif. Les bras croisés sur sa poitrine, June s’enquit de sa santé avec un maigre sourire auquel il répondit avec sincérité. La glace était épaisse et difficile à briser, mais il comptait bien faire des efforts pour amener de la chaleur à cette rencontre. Matteo était sincèrement content de la revoir après tout ce temps, lorsqu’il mettait de côté cette horrible culpabilité qui le prenait à la gorge à la manière d’un animal enragé. Il aurait juste aimé que ça se passe en d’autres circonstances, en d’autres temps, pourquoi pas sur un terrain de Quidditch, pourquoi pas, oui… Ceci dit, compte tenu de la guerre, de toutes les atrocités auxquelles le monde sorcier devait faire face en ces temps sombres, ils ne s’en sortaient pas trop mal. Ils devaient revoir leurs ambitions à la baisse avec les temps qui courraient. Oui, ça aurait pu être pire, songeait-il en reprenant l’épluchure de sa patate. Il la laissa retomber dans la bassine prévue à cet effet. « Oh, tu sais… je fais aller, comme tout le monde. » La réponse était vague et éludait le véritable fond du problème. En vérité, lui parler de ses derniers voyages, de sa frustration à l’idée de ne plus pouvoir repartir, ses ennuis avec sa fiancée et ses récentes prises de tête avec son père aurait été tout à fait déplacé et hors de propos. Il prit une deuxième pomme de terre, qu’il regarda comme si elle était en mesure de l’aider dans sa quête, hésitant sur la manière de lui retourner la question. « J’ai eu vent de ce que tu as traversé », souffla-t-il, presque désolé de lui dire ces mots, pas certain que Red ait besoin de sa pitié ou de sa considération. « Je suis sincèrement désolé, et vraiment content que tu en aies réchappé, que toutes ces horreurs soient terminées… » sa voix devint un vague chuchotement. Il était incapable de lui dire à quel point il était véritablement désolé mais June n’avait pas besoin de le savoir. Peut-être se faisait-elle déjà sa propre idée sur lui, peut-être, comme beaucoup d’autres Insurgés, pensait-elle que sa présence parmi eux était une farce, une vaste comédie pour se donner bonne conscience. Ses mains s’immobilisèrent. Il reprit, après un bref silence contemplatif. « La vie n’est plus ce qu’elle était, Poudlard me manque parfois. » remarqua-t-il avec un sourire. « En fait, je voulais te poser une question. Je me demandais si tu te souvenais d’une Insurgée qui était chez vous, il y a encore un an… Je ne connais pas le nom qu’elle se donnait ici - » cette réalité le frappa au moment où les mots franchirent ses lèvres. « - mais je suppose que prononcer son vrai nom n’a plus tellement d’importance maintenant puisqu’elle est morte. Elle s’appelait Teresa… » Il baissa les yeux. Parler d’elle était plus difficile qu’il ne l’aurait cru. Il n’avait pas abordé ce sujet sensible depuis sa mort, se renfermant comme ne huitre dès qu’il était question d’elle. Anna et lui avaient vu leurs routes dévier et il n’avait quasiment plus de contact avec sa sœur. « C’était ma sœur. » Quelqu’un passa derrière eux et il se tut un bref moment. « Tu comprends, elle est… morte dans ce labyrinthe. Je sais que tu y as survécu, j’ai… je voulais… savoir si tu savais ce qui s’était passé pour elle ce jour là. » Devant l’expression de June, Matteo regretta aussitôt ses paroles et enchaîna, avançant une main (occupée par une patate) dans sa direction. « Mais peut-être que tu ne la connaissais pas. Pardon d’avoir parlé de tout ça. » Dans les grandes lignes, les journaux s’étaient abreuvés de ce jour funeste d’Halloween. Matteo n’était même pas encore revenu lorsque c’était arrivé, et n’y avait d’ailleurs porté aucun intérêt. Mais c’était le besoin dévorant de savoir avec précision comment sa sœur lui avait été enlevée qui éclipsait sa bienséance et sa prévenance. Il lui jeta un regard désolé.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Let in the light (Juneo)   Jeu 21 Jan 2016 - 15:59

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‹ réputation : À Poudlard et jusqu'à sa morsure, on la connaissait parce qu'elle ne ressentait pas la douleur et qu'elle passait plus de temps à l'infirmerie pour vérifier qu'elle ne s'était pas fait mal qu'en cours. Elle a été joueuse de Quidditch aussi et pas une mauvaise. C'est un sport qu'elle a toujours adoré et qu'elle aurait bien continué par la suite. Puis après sa morsure, sa maladie s'est guérie grâce (ou à cause du) au gène loup-garou et on a fini par l'oublier. Puis après elle a été recherchée parce qu'elle a fait partie de l'Ordre du Phénix puis des insurgés. On l'a connu comme étant le rebut de Severus Snape. Puis de nouveau une insurgée. Puis héros de guerre, mais un héros qu'on remercie par un simple sourire et une petite somme d'argent, pas un héros qui mérite l'Ordre de Merlin. Vous comprenez, elle n'est pas normale. L'Ordre de Merlin, June s'en moque, mais elle ne supporte pas le snobisme de ce gouvernement qui se veut tolérant. Depuis la fin de la guerre, June se renfonce dans l'anonymat et ça lui va très bien.
‹ particularité : Loup-garou. Totalement. Elle a été mordue par Claevis, un membre de la meute de Thurisaz en 1995. La cicatrice est toujours visible et bien brillante sur son flanc gauche. Le gène lui a permis de guérir de sa maladie d'insensibilité congénitale à la douleur, mais il lui a fait perdre son boulot d'Auror aussi.
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La culpabilité comprimait sa poitrine, l’oppressant de toute sa splendeur. June s’en voulait tellement de ne pas avoir pu sauver cette vie-ci aussi. Sa mère. Le jeune loup. Teresa. La liste alourdissait ses épaules la faisant ployer. Ce n’est pas ta faute qu’on lui avait souvent glissé, mais ça n’empêchait pas à la jeune femme de les revoir dans ses cauchemars. Cette culpabilité l’empêchait de se réjouir de retrouver Matteo. Ça la rendait nerveuse de le voir ici. Elle avait rencontré l’autre sœur Grimaldi quelques jours plus tôt et voilà que maintenant on lui remettait un autre Grimaldi sur le chemin. Elle prenait tout ceci comme un signe du destin. « Oh, tu sais… je fais aller, comme tout le monde. » Évidemment. Faire aller, c’était le leitmotiv de bien des sorciers. June hocha la tête. Elle comprenait. Ils faisaient tous aller. Matt l’avait rejoint dans sa corvée de pomme de terre et il déposa la première avec les autres. Il se saisit d’une seconde et June se décida à reprendre ce qu’elle faisait également. Inutile qu’elle lambine, elle pouvait toujours prétexter le froid pour justifier le tremblement de ses mains et non l’angoisse, la culpabilité. « J’ai eu vent de ce que tu as traversé » Elle s’arrêta de nouveau dans son geste et jeta un regard à Matteo. Ce que tu as traversé. Elle esquissa un sourire maladroit. « Je suis sincèrement désolé, et vraiment content que tu en aies réchappé, que toutes ces horreurs soient terminées… » Sans trop comprendre pourquoi les mots de son camarade d’école la touchèrent. Elle savait que ce n’était pas de Matteo dont elle voulait des excuses – et il n’avait pas à s’excuser pour toutes ces horreurs, il n’en était pas l’auteur – mais ça lui faisait beaucoup de bien d’entendre ce mot. « La vie n’est plus ce qu’elle était, Poudlard me manque parfois. » Ce qu’il pouvait avoir raison. Poudlard lui semblait tellement lointain, comme si cette période n’avait été qu’un doux rêve. Poudlard où elle n’était pas encore un loup-garou et où elle pouvait espérer embrasser une carrière de joueuse de Quidditch. Ils étaient à des années lumières de tout ça et ça usait. Aspirer à une vie heureuse et normale lui semblait tellement impossible désormais. « En fait, je voulais te poser une question. Je me demandais si tu te souvenais d’une Insurgée qui était chez vous, il y a encore un an… Je ne connais pas le nom qu’elle se donnait ici - mais je suppose que prononcer son vrai nom n’a plus tellement d’importance maintenant puisqu’elle est morte. Elle s’appelait Teresa… » June se sentit pâlir. Teresa. Forcément, elle savait qu’elle allait devoir lui dire la vérité, voir le visage de Matteo se transformer remplaçant cette douceur par une profonde colère. Elle ne voulait pas qu’il la déteste, elle s’en voulait suffisamment pour la mort de la jeune femme. « C’était ma sœur. » La rouquine ferma les yeux douloureusement. Il lui semblait entendre les cris de douleur de Teresa dans le labyrinthe alors que les flammes lui ôtaient la vie. Elle eut un frisson d’horreur et sentit de nouveau l’angoisse du feu l’envahir. Elle serrait le couteau dans sa main un peu trop fort faisant blanchir ses phalanges. « Tu comprends, elle est… morte dans ce labyrinthe. Je sais que tu y as survécu, j’ai… je voulais… savoir si tu savais ce qui s’était passé pour elle ce jour là. Mais peut-être que tu ne la connaissais pas. Pardon d’avoir parlé de tout ça. »

June mit quelques secondes pour se reprendre et apaiser les battements affolés de son cœur. Elle avait posé sa pomme de terre à moitié épluchée près des autres et son couteau qu’elle avait fini par lâcher. Le tenir aussi fermement avait commencé à lui faire mal. « Poudlard me manque à moi aussi. Et ne t’excuse pas pour les autres s’il te plaît, tu n’y es pour rien. » Souffla-t-elle pour s’assurer que sa voix ne tremblait pas trop. Elle finit par redresser la tête et planter son regard dans le sien. Il était temps qu’elle évacue, qu’elle raconte ce qu’il s’était passé dans le labyrinthe en omettant les cris, l’odeur et la douleur des flammes. Elle lui devait la vérité. Teresa était sa sœur. Une jeune femme pleine de vie et pleine de courage qui n’avait pas mérité ce sort funeste. Elle pinça les lèvres et se lança finalement, pourquoi mentir à Matteo ? « Je me souviens de Teresa. » Finit-elle par dire. « Pas du temps où j’étais chez les insurgés, mais après… quand j’étais chez Snape en tant que rebut. » Elle baissa la voix pour éviter les oreilles indiscrètes. « Elle m’a… elle a essayé de me sortir de là deux fois. Je ne la connaissais pas auparavant, mais les faits sont là : je lui dois la vie. Si… » Elle hésita un instant. « Si… Teresa n’avait pas été là, je pense que tu parlerais à une place vide aujourd’hui. » Elle avait l’impression de sentir la chaleur de cette nuit-là. Elle sentait des picotements dans ses orteils comme si des flammes léchaient ses pieds amenant avec elles une odeur de chair cramée. June ferma les yeux un instant avant de les rouvrir. « Ta sœur était une héroïne, Matt. Ce qu’il s’est passé dans le labyrinthe était une erreur… j’étais… j’étais là lorsque le feu l’a emporté. Je ne me souviens plus vraiment des événements exacts, mais il y a eu un feudeymon incontrôlable. Je… je ne sais plus si c’est un mangemort ou l’insurgé qui était avec nous qui l’a lancé, mais ça a été instantané. » Si Malfoy n’avait pas été là à ce moment-là, probablement qu’elle serait morte aussi. « J’ai été secourue avant que ça ne vienne jusqu’à moi, mais je n’ai rien pu faire pour sauver Teresa. » Termina-t-elle le souffle court. Elle avait posé ses mains sur ses genoux et les serraient très forts pour éviter de fondre en larmes. C’était des souvenirs extrêmement douloureux. La guerre lui avait fait voir bien trop d’atrocités, mais la mort de Teresa et Henry était une chose qu’elle n’était pas prête d’oublier.

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MessageSujet: Re: Let in the light (Juneo)   Mer 24 Fév 2016 - 18:35

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‹ occupation : tisseur de mots, journaliste, coureur de monde. à la dérive.
‹ maison : Gryffondor
‹ scolarité : 1984 et 1991.
‹ baguette : était en bois d'érable, relativement flexible, mesurait 26,8 cm et contenait un coeur de phoenix.Désormais brisée, j'ai hérité d'une baguette récupérée sur le cadavre d'un mangemort: bois de noyer noir, 32 cm, coeur inconnu, et absolument pas faite pour moi.
‹ gallions (ʛ) : 1651
‹ réputation : j'ai l'air de regretter la fin de cette guerre, que ce qui secoue ce monde nouveau paraît me révolter bien plus que les atrocités commises par le précédent gouvernement, que je suis un piètre journaliste et écrivain qui tente de percer dans un milieu qui n'a jamais voulu de lui.
‹ particularité : en plein flou.
‹ faits : j'ai soutenu la rébellion, bien que je n'ai quitté ma vie que sur le tard pour aller les retrouver, au détour de la création de la Renaissance du Phoenix ; que beaucoup n'ont pas cru à mon implication, du fait de ma naissance surtout ; que j'ai une tendance fâcheuse à commencer des choses et à ne pas les terminer ; que ma plus grande ambition est d'enfin publier un livre ; que ma fiancée est en fuite et que je n'ai aucune idée de si je la reverrai morte ou vive, offerte aux bons soins des Détraqueurs ; que la nouvelle société me répugne presque autant que la précédente, voir plus ; que je ferai sûrement tout pour ma soeur.
‹ résidence : dans le loft de la Bran Tower ou Eirene et moi vivions avant que tout ne vole en éclat. J'ai réussi à garder l'appartement par je ne sais pas quel miracle, il sert aujourd'hui à ma soeur et à mon beau-frère, Elias, parfois. En vérité je n'y suis pas souvent, je fuis l'endroit.
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‹ épouvantard : un grand feu, l'anéantissement total de ma famille, rester seul au milieu des cendres
‹ risèd : Eirene se tenant à mes côtés, aussi heureuse qu'elle l'était à nos débuts, lorsque nous étions encore pleins de promesses et de projets fabuleux avant que tout ne soit jeté aux flammes.
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« Poudlard me manque à moi aussi. Et ne t’excuse pas pour les autres s’il te plaît, tu n’y es pour rien. »  Il est pris de court par le regard qu'elle lui jette. Ses yeux fermement plantés dans les siens, dans cette attitude qui précède les accès de courage, ou les révélations téméraires. Un pressentiment douceâtre s'empare de lui, comme s'il touchait du bout des doigts la vérité qu'il attend. Comme s'il sentait que June savait, qu'elle allait lui laisser entrevoir ce qu'il souhaite tant. « Je me souviens de Teresa. » son regard accroche celui de la rousse, avide d'entendre la suite. Le voilà pendu à ses lèvres. Alors, il avait raison. June est sur le point d'éventer ce brouillard qui entourait la disparition de sa sœur. « Pas du temps où j’étais chez les insurgés, mais après… quand j’étais chez Snape en tant que rebut. » Rebut. Ce mot lui fait reprendre une expression plus mesurée, plus acceptable. Comme c'est facile pour lui, d'oublier ce qu'elle a subi quand pour elle, chaque jour de sa vie garderait cette ombre, cette tâche sur son existence qui l'empêcherait de passer outre. « Elle m’a… elle a essayé de me sortir de là deux fois. Je ne la connaissais pas auparavant, mais les faits sont là : je lui dois la vie. Si… » Le poids de ses mots le heurte de plein fouet. Lui fait l'effet d'une claque monumentale, qui le sort d'une torpeur d'un millénaire. Je lui dois la vie. « Si… Teresa n’avait pas été là, je pense que tu parlerais à une place vide aujourd’hui. » Ils échangent un regard silencieux et Matteo sait qu'ils essayent tous les deux d'imaginer la situation sous un autre jour : si  June n'avait pas été là. Puis elle ferme les yeux, comme pour échapper à cette vision, à cette réalité parallèle qui l'excluait totalement de l'équation. La chance qu'elle a eue, celle que Teresa a manquée. Malgré lui, il se demande ce qui serait arrivé si Teresa avait encore été en vie. Si ça avait été elle à la place de June, en face de lui, à éplucher des pommes de terre pour le reste du groupe, à échanger des banalités sur leurs quotidiens respectifs. Peut-être qu'il aurait essayé de la ramener à la raison, peut-être aurait-il décidé de la suivre elle. La culpabilité le ronge aussitôt, et il chasse cette possibilité de sa tête. Les choses sont telles qu'elles sont, il ne sert à rien de retourner les multiples scénarios qui auraient pu se produire par le passé. Ça ne sert à rien, hormis à se faire du mal. « Ta sœur était une héroïne, Matt. Ce qu’il s’est passé dans le labyrinthe était une erreur… j’étais… j’étais là lorsque le feu l’a emporté. Je ne me souviens plus vraiment des événements exacts, mais il y a eu un feudeymon incontrôlable. Je… je ne sais plus si c’est un mangemort ou l’insurgé qui était avec nous qui l’a lancé, mais ça a été instantané. » Une héroïne. Un goût de bile emplit sa bouche. Il a devant les yeux un spectacle de flammes et d'ombres, emportant avec lui toute âme qui se trouve sur son chemin. Matteo fut tenté, un bref instant, de chercher à connaître l'identité de cet imbécile, mais l'entreprise est vaine, vaine, vaine. Il pose couteau et pomme de terre, frotte ses mains entres elles pour les débarrasser de saletés imaginaires. Son regard fuit celui de June. « J’ai été secourue avant que ça ne vienne jusqu’à moi, mais je n’ai rien pu faire pour sauver Teresa. » conclut-elle, et il inspire profondément, espérant ainsi chasser la vieille colère qui remonte à la surface dès qu'il évoque sa sœur.

Il plonge le visage dans ses mains, furieux de ce ressentiment qui lui colle à la peau et qui lui file la nausée. C'est idiot, il lui en veut. June n'y est pour rien, il le sait bien. Mais elle a vécu, elle s'en est sortie. Elle est encore de ce monde pour exprimer des regrets infondés (qu'aurait-elle pu faire ?). le chaos qui a du régner dans ce stupide labyrinthe est inimaginable. June, comme tous les autres, a d'abord pensé à sauver sa peau. Cette part de lui, raisonnable et moralisatrice, évince la colère. Il hoche lentement la tête, le regard dans le vide, fixant le bois abimé de la table. À peine conscient de sa soudaine distance, tandis que des souvenirs factices défilent devant ses yeux.

Le silence s'éternise. « Pardon. J'ai cru que connaître la vérité allait me soulager. » est tout ce qu'il trouve à dire, à mi voix. Avec ces pépites de honte qui perlent à chaque mot. June doit se demander pourquoi il s'excuse, à elle, quand elle-même semble à deux doigts de prendre pour elle la responsabilité de la mort de Tessa. Ça a été instantané. Instantané. Définitif, brusque, imprévu. La gorge se serre, il pince les lèvres. Sa voix est rauque quand il reprend la parole, avec difficulté. Elle lui manque. « J'ai failli t'en vouloir, c'est insensé, pardonne moi. » Il secoue la tête de droite à gauche. L'inspiration est difficile mais chasse les relents amers de la déception. Les yeux plantés dans les siens, il lui assure dans ce regard que ce n'est pas le cas, que les reproches lui sont adressés à lui, et non à elle. « Je suis heureux que tu sois là » Maigre sourire. « Quand elle est... morte... ça faisait des mois que je n'avais pas eu le moindre contact avec elle. » Commence-t-il, hésitant. Peut-être même une, voir deux années entières. Il était parti si longtemps ! « A chaque fois je me demande ce qui se serait passé si j'avais été plus présent. C'est dans ses notes que j'ai trouvé le contact d'un des Insurgés, tu sais. C'est grâce à elle que je suis là. » Que j'ai ouvert les yeux. « Comment était-elle ? » demande-t-il, honteux d'admettre que sa sœur est devenue une étrangère, qu'il ne garde d'elle que de radieux souvenirs de leur enfance et quelques notes lues à la sauvette lorsqu'il se rendait dans sa chambre, à la manière d'un fantôme rôdant autour d'une rédemption tant attendue. Il ne sait rien de la vaillante Insurgée qu'elle a été. Rien.

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Que naissent, du tissu de notre rêve, des splendeurs énigmatiques et des ombres conquérantes, qu'un incendie total engloutisse ce monde et que ses flammes provoquent des voluptés crépusculaires, aussi compliquées que la mort et fascinantes comme le néant.
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MessageSujet: Re: Let in the light (Juneo)   Mar 30 Aoû 2016 - 17:36

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‹ réputation : À Poudlard et jusqu'à sa morsure, on la connaissait parce qu'elle ne ressentait pas la douleur et qu'elle passait plus de temps à l'infirmerie pour vérifier qu'elle ne s'était pas fait mal qu'en cours. Elle a été joueuse de Quidditch aussi et pas une mauvaise. C'est un sport qu'elle a toujours adoré et qu'elle aurait bien continué par la suite. Puis après sa morsure, sa maladie s'est guérie grâce (ou à cause du) au gène loup-garou et on a fini par l'oublier. Puis après elle a été recherchée parce qu'elle a fait partie de l'Ordre du Phénix puis des insurgés. On l'a connu comme étant le rebut de Severus Snape. Puis de nouveau une insurgée. Puis héros de guerre, mais un héros qu'on remercie par un simple sourire et une petite somme d'argent, pas un héros qui mérite l'Ordre de Merlin. Vous comprenez, elle n'est pas normale. L'Ordre de Merlin, June s'en moque, mais elle ne supporte pas le snobisme de ce gouvernement qui se veut tolérant. Depuis la fin de la guerre, June se renfonce dans l'anonymat et ça lui va très bien.
‹ particularité : Loup-garou. Totalement. Elle a été mordue par Claevis, un membre de la meute de Thurisaz en 1995. La cicatrice est toujours visible et bien brillante sur son flanc gauche. Le gène lui a permis de guérir de sa maladie d'insensibilité congénitale à la douleur, mais il lui a fait perdre son boulot d'Auror aussi.
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Matteo avait posé son couteau et sa pomme de terre. Il l’avait écouté parler sans broncher, sans intervenir et maintenant qu’elle s’était arrêtée après avoir vidé son sac, il ne réagissait toujours pas. Le silence qui s’installa alors oppressa encore plus June. Elle pouvait sentir qu’il était en plein conflit intérieur. Elle le vit inspirer longuement et prendre sa tête entre ses mains. Elle hésita un long moment à esquisser un geste dans sa direction ou à prendre la parole de nouveau parce qu’elle ne supportait pas ce silence et tout ce qu’il pouvait signifier. Mais pourtant elle n’osait pas. Elle ne savait pas vraiment de quoi elle avait peur, mais elle ne bougea pas, laissant Matteo à ses réflexions et attendant qu’il réagisse. Il finit par bouger, redressa la tête sans pour autant poser son regard sur elle. June se mordit l’intérieur de la joue. « Pardon. J'ai cru que connaître la vérité allait me soulager. » Elle hocha simplement la tête. De son côté et en comparaison, elle pouvait comprendre, elle ne savait toujours pas qui étaient les mangemorts qui avaient ôté la vie à ses deux meilleurs amis et elle-même n’était pas sûre du réconfort que pourrait avoir sur elle ce genre d’information. « J'ai failli t'en vouloir, c'est insensé, pardonne moi. » Elle sentit son estomac se tordre. Les mots de Matteo. Le regard de Matteo. Tout la bouleversait en cet instant. J’ai failli t’en vouloir. Il pouvait lui en vouloir, c’était un processus normal, non ? On en voulait toujours à quelqu’un  à la mort d’une personne chère et elle ne pouvait pas lui en vouloir en retour. « Je suis heureux que tu sois là. Quand elle est... morte... ça faisait des mois que je n'avais pas eu le moindre contact avec elle. A chaque fois je me demande ce qui se serait passé si j'avais été plus présent. C'est dans ses notes que j'ai trouvé le contact d'un des Insurgés, tu sais. C'est grâce à elle que je suis là. Comment était-elle ? » Elle n’osait pas imaginer la détresse qu’avait dû ressentir sa famille lorsqu’ils n’avaient plus eu de nouvelles de la part de Teresa du jour au lendemain.

« Je… » Commença-t-elle avant de se racler la gorge, se rendant compte que sa voix était beaucoup plus aigüe que d’ordinaire. « La première fois que je l’ai vue, elle était sous polynectar et j’ai failli l’assommer avec une lampe. » Tenta-t-elle dans un demi-sourire. « C’était… une mission générale des insurgés, leur première grosse, je crois : ils ont tenté de libérer des rebuts sans savoir pour… les tatouages. » Quand elle repensait à la douleur après coup, elle ne pouvait pas s’empêcher d’avoir un frisson et avoir l’impression qu’elle sentait encore les picotements dans sa nuque. « Elle s’est présentée à moi, toujours sous sa fausse forme et je l’ai suivie parce qu’elle dégageait quelque chose de rassurant. » Même si se souvenir de tout ça n’était pas une partie de plaisir, June devait ça à Matteo. Les insurgés étaient les dernières personnes à avoir côtoyé Teresa et elle était la dernière à l’avoir vu en vie. « C’était assez court, mais la seconde fois… » Elle s’interrompit, elle avait toujours l’impression d’entendre les cris d’agonie. « La seconde fois, on y a cru. On allait y arriver. Ce labyrinthe me foutait la trouille, mais pas à elle. Non, elle était diablement courageuse alors que c’était le chaos là-dedans. Je sais pas ce que ça vaut pour toi ce que je viens de te raconter, mais… je l’ai connu que comme ça. Courageuse et rassurante. » Elle ne pouvait pas lui en dire plus, elle ne connaissait pas vraiment Teresa, c’était simplement la fille qui lui sauvait la vie à chaque fois. « Aucun autre insurgé n’a pu te parler d’elle ? » Finit-elle. June regrettait vraiment de ne pas avoir pu la connaître avant. Probablement qu’elles se seraient bien entendues. Ça devenait épuisant cette longue liste de noms qui ne finissait jamais de s’allonger. La guerre devenait épuisante et ça se voyait sur le visage des insurgés. « Et encore une fois, Matt, ne t’excuse pas. Tu… tu aurais toutes les raisons du monde de m’en vouloir. » Fit-elle avec un léger sourire, elle avait aussi posé sa main sur la sienne en signe de réconfort. Elle avait hésité avant de faire ce geste parce qu’elle n’était pas sûre de comment ça allait être reçu. June fit une légère pression avant de retirer sa main. Elle aurait voulu lui dire à quel point elle était désolée d’avoir survécu et pas Teresa. Désolée, Matt, je suis tellement désolée. Mais les mots restaient coincés dans sa gorge.

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