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sujet; (Event 5 ; groupe #4) there's only power and those too weak to seek it

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Ils sont prompts à répondre, à choisir, à trancher. Elle laisse s'échapper un petit soupir d'entre ses lèvres, invisible et silencieux derrière son masque métallique. On craint pour la traîtrise, on a plus que ce mot sur les lèvres. Elle la première, soit. Jamais pourtant elle n'aurait proposé quelque chose pouvant leur porter préjudice. Elle n'avait fait qu'espérer que germe dans leur esprit suite à cette proposition la possibilité que cette défense laissée entre leurs mains puisse finalement faire tomber quelques masques, en plus bien évidemment de son côté pratique : elle était persuadée que l'opération dépasserait les deux heures de temps, et l'on aurait alors eu tôt fait de remarquer lesquels d'entre eux souffriraient de l'absence de leur recharge. Elle ne pouvait exposer de telles idées à voix haute, quand pesaient de si lourdes menaces, et il était plutôt clair que, bien qu'on l'ait utilisée pour ses capacités, elle n'était pas dans la confidence, elle ne gérait rien. Après tout, pourquoi cela l'inquiétait-elle ? Qu'en avait-elle à faire, des traîtres, des réussites et des échecs ? Qu'ils crèvent tous, pour ce que cela changeait pour elle. Sa propre mort ne l'effrayait pas : ce n'était qu'échanger un néant contre un autre.

Elle observe Aramis qui se détache, poursuit, intimant des ordres, des conseils. Elle le jauge de loin, avec un petit pincement au cœur, elle le regarde devenir un Lestrange à part entière, sans trop savoir qu'en penser. Pour elle, ce n'est qu'un enfant, sûrement le sera-t-il toujours. Elle a encore sur le cœur leurs facéties d'antan, leurs jeux innocents. Il a beau s'être armé d'un masque, elle perçoit encore sa fragilité subtile, vaporeuse. Elle se souvient de lui, il n'y a pas si longtemps que cela, plongeant dans la débâcle pour secourir sa sœur envers et contre tout. Les épaules pas assez larges pour un tel combat. Le cœur trop gros pour tant de pertes. La voie familiale... Que sera-t-il, s'il s'enfonce trop loin sur ce chemin-là ? Darja fait taire ses craintes, se referme. Il n'est plus temps de divaguer, les êtres qu'ils étaient jadis, il faut les enterrer : ils s'en sont bien trop éloignés pour pouvoir encore être considérés, se muant en fantômes sans identité. « Darja, tu vas avec Rabastan. » La blonde tique, malgré elle. Pas que ça la dérange, d'être avec Rabastan, mais va-t-on la déplacer toute la journée, comme un vulgaire pion inanimé ? « Les autres, débrouillez-vous. » Alors, seulement, elle comprend. La Langue-de-Plomb a tendance a rapidement oublier que son collègue du Ministère est père, le père d'Aramis qui plus est. Elle comprend sans comprendre. Pourquoi elle, pourquoi tant de confiance ? Leurs relations ne sont plus les mêmes depuis longtemps, et avant... Avant, ce n'était que fantaisies de gamins trop tendres. Pourtant, elle hoche la tête, solennellement, tout en essayant de se débattre en elle avec ce sentiment dérangeant, intrus, parasite, inconvenant. Tu n'es pas à ta place ici. Qu'une question de temps avant que son système ne le rejette définitivement.

Ça s'excite, ça vous couvre de beaux idéaux, ça frétille à l'énonciation de tortures, de crimes, de massacres. Darja prit le temps de s'attarder sur les autres – ceux qui ne faisaient pas partie du petit cercle très privé des Lestrange pour lequel elle venait apparemment de décrocher un ticket d'une durée limitée, hallelujah. Elle reconnut Underwood, membre du Magenmagot, qu'elle ne connaissait que de nom et de réputation – son sourire serait aussi faux que dérangeant -, Garden, son « ancienne » amie, camarade de dortoir, partenaire de classe (leur amitié, bien qu'elle n'ait connu aucun éclat, avait pourtant un goût de cendres entre ses lèvres), et était-ce... Briegen ? Elle fronça les sourcils. Si c'était le cas, pourquoi agissaient-ils comme de parfaits inconnus l'un envers l'autre ? Ils avaient fait toute leur scolarité ensemble, tous les trois... Elle devait se tromper. Elle ne voyait aucune autre explication. Elle se détourna, et offrit un léger coup de coude au père Lestrange. « On y va ? » C'était encore celui avec lequel elle se sentait le plus à l'aise, étonnamment, bien que sûrement pas celui duquel elle soit la plus proche. La passion du goulot, disons, détendait l'atmosphère. Ils étaient donc assignés à la place du village, donc. Le centre de tout, et par conséquent, selon elle, l'endroit où l'on était le plus vulnérable, en raison du manque de mobilité qu'il offrait. Il fallait s'activer, néanmoins, s'ils voulaient être en place avant d'être vus. C'était sûrement déjà trop tard pour ça...
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« Toute guerre est tromperie. »
- Sun Tzu


Les reformatés s'impatientaient. Vivant assez mal le fait d'attendre alors que tant de traîtres se terraient à seulement quelques pas de là où ils se tenaient.

Le servir était un devoir. Ils y mettaient toute leur âme noire. Et pourtant n'étaient que des seconds. Des sbires. Les molosses chargés de rabattre le gibier, d'affaiblir les proies de chasseurs encagoulés.
Broyle Lindowen aimait cette image. Elle sonnait vrai. Néanmoins, lui aussi sentait l'impatience le gagner. Il était juste plus doué pour la dissimuler. Le privilège des années, sans doute. Il n'était peut-être plus aussi fringant qu'à ses vingt ans, mais sa ruse et son expérience compensaient largement.

« Bien. Vous allez voir, c'est simple comme bonjour, et pour les plus joueurs d'entre vous, ça peut pratiquement être amusant. Comme vous l'avez compris, ce sont des pièges. »

À cette annonce, son attention s'était focalisée. Son esprit cherchait à tout enregistrer, tout assimiler du fonctionnement de ces étranges jouets. C'était une soirée importante, leur première sortie. Il ne faudrait pas merder.
Même s'il buvait les paroles de la sorcière masquée, il ne parvenait à se défaire d'une pensée. Un doute qui venait le tourmenter.

Le pauvre Broyle était affligé d'un grave problème d'identité. Il le savait et ne l'avait pourtant pas mentionné. C'était plus fort que lui, une part de son être refusait l'idée que Lindowen soit le nom sous lequel il était né. Plus le temps passait et plus il semblait perdre pied, redevenir celui qu'il était. Ou n'était pas ? C'était assez compliqué.

Un masque. Comme ceux que les mages noirs portaient, mais dissimulant qui il était. Il n'était qu'un rôle, un persona qu'on endossait puis jetait. Les souvenirs affluaient. Le véritable Broyle ligoté au fond d'une ruelle obscure, maintenu par quelque raclure, tandis qu'un autre lui dérobait son visage, son aspect, son identité. Un plan tordu. Des cartes à jouer enchantées. Toutes identiques. Instruments d'une sorte de blague cosmique. Et, au fond de son esprit, un coyote qui ricanait.

La traque devait commencer. Maintenant ou jamais. Son masque s'effritait, sa concentration sur son rôle retombait. Il n'avait jamais été occlumens, juste assez bon menteur pour se fourvoyer au point d'y croire le temps d'une soirée. Ou beaucoup moins, visiblement. Son jeu d'acteur n'était plus vraiment ce qu'il avait été.
Il donnerait le change. Feignant d'être humble ou intimidé, fixant le sol pour éviter de les croiser. Ces yeux scrutateurs que certains possédaient. Qui pouvaient fouiller en vous pour extirper le moindre de vos secrets. Ces maudites pupilles, ce qu'il les haïssait ! S'il l'avait pu, il les leur aurait arrachées.
Inspiration. Expiration. Se calmer. Ce serait bientôt terminé.

Ah ! Ils n'allaient plus tarder. Même les masqués commençaient enfin à remuer. Sa main libre tâta sa poche, elles étaient là, il n'avait rien oublié. Ce soir, les cartes qu'il jouerait seraient toutes marquées. Il n'avait que des as dans son jeu. Même si ceux-ci étaient plus grands, teintés d'écarlate et marqués du chiffre zéro. Ironie du sort, l'instrument de leur échec serait le Mat.

À chaque pot son couvercle. À chaque roi son fou.
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    Les rôles étaient distribués, ils n’avaient plus qu’à se disperser. D’un signe de la tête Garden intima à Adam de la suivre. Ils marchèrent en silence, sans se presser, tout en discrétion. L’ancienne Poufsouffle réfléchissait à toute vitesse contrastant avec sa démarche. Comment avait-elle pu se retrouver dans cette situation ? Elle le savait, elle avait accepté et elle s’était même portée volontaire pour cette mission alors qu’elle était encore sous l’emprise de sa potion. Elle pensa un instant que le fait qu’elle se trouve là pouvait être un atout. Elle pourrait aider des insurgés et des villageois sans histoire à échapper des griffes des mangemorts. Mais son premier plan était tombé à l’eau avec les déclarations d’Aramis. Comment les aider ? elle ne pouvait pas laisser tomber, laisser des gens mourir pour sa propre sécurité. Elle avait conscience qu’elle ne pourrait pas aider tout le monde. Elle n’était pas folle. Mais elle commençait à se demander si elle arriverait à sauver ne serait-ce qu’une vie.

    Une fois dissimulés des autres mangemorts, alors qu’ils pénétraient dans une ruelle, Garden regarda autour d’elle afin de s’assurer que personne ne les épiait et lorsqu’elle en fut sûre, elle fit volte face vers Adam et le plaqua brusquement contre un mur. Elle releva son masque, le gardant sur le haut de sa tête afin de le remettre rapidement et planta un regard grave dans les prunelles d’Adam. « Dis-moi que tu as un plan. » Elle cherchait dans ses yeux une réponse, mais si elle existait, elle se dissimulait aisément. Garden relâcha sa prise sur Adam. Elle le tenait comme s’il était son ennemi, avec force alors qu’il n’en était rien, elle voulait juste savoir ce qu’il avait en tête. Depuis toujours, Adam était celui qui avait le plus de matière grise dans leur groupe, celui qui montait les plans et qui désapprouvait ceux des autres lorsqu’il avait évalué les risques. Il était réfléchit et elle ne demandé qu’à entendre ce que son esprit avait trouvé. « Tu dois avoir une idée, c’est pour ça que tu m’as tendu la perche pour que je me retrouve avec toi, n’est-ce pas ? » Le silence d’Adam était pesant pour elle. Elle porta une main dans la poche de sa cape et serra une fiole qui s’y trouvé. Elle se mordit la lèvre et avoua : « J’ai amené la potion avec moi. Je ne savais pas ce qu’il allait se passer, si je devrais… enfin tu vois. » Elle n’avait pas besoin d’en dire plus pour qu’Adam la comprenne, du moins le pensait-elle.

    Cependant, la mission n’était pas la seule raison pour laquelle Garden avait confectionné cette potion et l’avait prise avec elle. Elle possédait une certaine forme d’addiction et la médicomage avait bien du mal à décrocher pour de bon. Elle n’en avait pas repris depuis sa nuit avec le mangemort, mais elle se sentait souvent tentée.

    Un bruit, pourtant discret, attira l’attention de Garden qui tourna vivement la tête vers le bout de la ruelle. Elle n’eu pas le loisir de voir ne serait-ce qu’une silhouette, juste le jet d’un sortilège qui allait les frapper de plein fouet. Instinctivement, la blonde se colla à Adam comme dans une étreinte amoureuse mais ce n’était que pour le protéger. La douleur lui arracha un cri. Elle avait l’impression que son dos était brûlait, sa chair meurtrie sous ses habits ou au travers. Malgré cela, elle leva les yeux vers Adam, le visage blême à cause de la douleur. « Tu n’as rien ? » Haleta-t-elle.

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Il avait laissé Darja expliciter le pourquoi du comment et l’utilisation de la caillasse et de la gomme, il fallait dire qu’il n’avait peut être pas brillé par sa clarté lors des explications et vu le niveau intellectuel de certaines recrues il valait mieux assurer les arrières et expliquer clairement comment fonctionnait l’arme du jour et la protection qui les empêcherait de tous crever comme des imbéciles. Après il y avait toujours une part de lui qui le poussait à hausser les épaules : que les cons crèvent, franchement il y avait bien à un moment où l’on devait procéder à une sélection… Rabastan était tout à fait pour le recrutement de masse mais ça pouvait avoir ses défauts, fut un temps où la Marque était un privilège bien plus sélectif. Enfin, il n’était pas là pour pleurnicher sur le passé (et pourtant Merlin savait qu’il y avait de quoi verser une larme ou deux). Il prêta une oreille plus ou moins attentive à ce qu’elle racontait : il était bien plus occupé à scruter les troupes, Rabastan n’était pas un homme qui recherchait particulièrement le pouvoir ou le commandement, mais il fallait avouer qu’il y avait quelque chose d’impressionnant à faire ainsi face à quelques dizaines de figures masquées, quelque chose de grisant de savoir qu’on allait lancer toutes ces silhouettes sombres sur les pauvres âmes de ce village, quelque chose d’immensémment jouissif de songer qu’un ordre suffirait à les arrêter… L’adrénaline retomba légèrement quand il se rappela que lui-même devait obéir à des ordres, qui venait directement du haut de la chaîne, et qu’il ne valait mieux pas se planter sur ce plan là. Malgré l’uniforme il eut soudain très froid : ne-te-plante-surtout-pas-cette-fois. Il y avait des limites à la « patience » du Maître, et il ne voulait pas être le premier à les franchir.

Après Darja, Aramis prit la parole. De suite, Rabastan reconcentra son attention sur ce qui se passait. Il pouvait être fier de son fils, il n’y allait pas par quatre chemins lui non plus : Rabastan ne pouvait pas faire confiance à grand monde mais il était satisfait de savoir qu’au moins il pouvait se reposer sur les membres de sa propre famille. Aramis expliquait avec un peu plus de détail le système des groupes qu’ils allaient mettre en place avant de préciser, comme sorti du néant : « Darja, tu vas avec Rabastan. » Pour une fois ce ne fut pas la énième utilisation de son prénom sans autres fioritures qui le fit tiquer mais bien le fait que son fils lui imposait sa partenaire. Il sentait, au fond de son être, il sentait que viendrait un jour où il serait blasé et où ce genre d’attitude le laisserait de marbre. Ça commençait déjà : il n’avait pas le temps d’éléver la voix, et surtout ce n’était sans doute pas le moment de contredire son fils… Surtout que Valkov n’était pas la pire partenaire qu’on pouvait avoir. Étrangement c’était même une des rares collègues que le Mangemort appréciait. Pour une fois donc, il tâcha de se taire. Et quand il vit son fils s’approcher de lui il n’imagina pas une seule seconde qu’il allait être encore plus surpris. Le murmure siffla à son oreille : « Jevaismemarier. Fais gaffe à toi. » Mmmh ? Le problème des masques c’était qu’ils étouffaient la voix. Parler clairement à voix haute était déjà quelque chose qui pouvait être difficile pour qui n’était pas habitué, alors murmurer… La dernière partie était arrivée clairement jusqu’à son oreille, il n’y avait pas de problème et d’ailleurs le temps que Rabastan se remette de cette attention à son égard, son fils s’était déjà écarté pour faire équipe avec Rodolphus. Et tandis que son aîné en rajoutait une couche histoire que tout le monde soit bien au courant qu’il ne s’agissait pas juste d’une sortie shopping et que la moindre erreur serait très vite payée, Rabastan tentait tant bien que mal de comprendre ce qu’Aramis lui avait dit.

Je l’ai mangé ? Mangé quoi ? Non, ce n’était probablement pas ça… Je vais te charier ? Ce n’était pas le style d’Aramis, et puis pourquoi lui aurait-il dit ça avant une mission ? Je vais me marrer ? Aramis n’était pas du style à rigoler… Mais ça n’avait aucun sens, pourquoi est-ce qu’il serait venu lui parler comme ça ? « On y va ? » Il sursauta, c’était Darja. Ils devaient aller jusqu’à la place du village. Il hocha la tête. Mais concentre-toi putain ! On s’en fiche de ce qu’il a pu te dire. C’est la vie que tu vas peut être jouer là… « Oui… allons-y. Mieux vaut faire vite, avant que tous les rats ne jugent bon de quitter le navire… » il parlait bas, et alors qu’il marchait à ses cotés, il tentait vainement de se contrentrer sur autre chose que les paroles de son fils. Putain. PUTAIN ! Je vais me marier. C’était ce qu’il lui avait dit. Mot pour mot. « Jevaismemarier. Fais gaffe à toi. » Je vais me marier. Je-vais-me-marier. JE VAIS ME MARIER. Mais par Merlin, les Furies des Enfers, Morgana, Circé, Médée et tous les putains de grands sorciers qui ont peuplé cette satané terre pourquoi n’était-il JAMAIS AU COURANT DE RIEN ? Il s’arrêta, attrapa le poignet de Darja pour l’arrêter. Il devait revenir en arrière. Il devait retourner le voir. « Attends… » murmura-t-il « Je dois… » Fais attention… Si tu renonces de nouveau pour tes enfants… « Je dois… » Il les tuera, pour être certain que ça ne se reproduira pas. Quel bien cela pourrait-il faire à Aramis qu’il parte le rejoindre maintenant ? C’était un grand garçon et il savait se débrouiller seul. Il était avec Rodolphus. Deux Lestrange. Rien ne pourraient leur arriver. Il ferma les yeux derrière son masque. Il ne voulait pas que son fils, ou que son frère meu… Secoue-toi ! Il ne fallait pas penser à ça. Il ne leur arriverait rien. « Non… rien. Juste une hésitation. » Il la lâcha rapidement. « Tu es prête ? » Comment ça Aramis allait se marier ? Mais avec qui ? Attendez… quand on se mariait (de nos jours, parce qu’à son époque c’était déjà une autre affaire) c’était qu’on était en couple ? Non ? A moins qu’il ne s’agisse évidemment d’un mariage arrangé. Mais arrangé par qui ? Par le père bien sûr. Mais par Merlin ! Tu es son père abruti ! Ça voulait dire qu’il était en couple ! Ça voulait dire qu’il était amoureux ! Ça voulait dire que son fils, son petit Aramis était… amoureux.

Alors que ses pensées dérivaient sur des questionnements métaphysiques à propos de la pureté de sang de l’élue (pureté qui se devait d’être sans le moindre reproche, évidemment) Rabastan et Darja était arrivé sur la place du village. Tout semblait calme, trop calme pour être bien honnête, ce n’était pas à un parano qu’on apprenait à se méfier : « Bien, je doute que ces imbéciles restent bien sagement posés quand nous commenceront à les asphyxier, ils tenteront de se défendre. Surtout avec des Insurgés parmi eux. Tu es prête Valkov ? » Il fit rouler une pierre entre ses doigts : pas qu’il était un monstre assoiffé de sang et de désolation, mais il avait hâte de passer à l’action. Il ne voulait pas avoir l’occasion de réfléchir aux paroles d’Aramis. Et dès qu’il pensait « je vais me marier », l’image peu agréable de sa propre épouse venait envahir son champ de vision. « Parce que je ne compte pas passez la fin de l’année ici… »


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and those too weak to seek it


Plusieurs minutes déjà qu’elle a pu prévenir l’autre groupe d’insurgés grâce aux miroirs. Plusieurs minutes que les filles tergiversent pour savoir quoi faire. Sansa espère qu’au moins les autres sont parvenus à prendre le chemin du retour sains et saufs - et surtout qu’ils ont pu prévenir des renforts. Mais elle préfère ne pas trop se raccrocher à cette idée ; elle est plutôt du genre à faire avec les moyens du bord. Et les moyens du bord, présentement, dans cette maudite maison à l’atmosphère confinée, c’est cette bonne femme qui refuse obstinément de dire ce qu’elle sait. En soi, elle a probablement ses raisons - tout le monde sait bien ce qu’il advient lorsque l’on prend le risque d’aider les insurgés. Mais Sansa est du genre tellement dévouée à sa cause qu’elle en oublie les positions des autres, tellement aveuglée par l’envie de faire bouger les choses qu’elle cède souvent à des méthodes très… propres aux Belliqueux. « Levicorpus. » Le ton est déterminée, la voix presque trop froide tandis que le corps de la maitresse de maison s’élève dans les airs. « Il nous faut un passage. » relance la blonde, la main crispée sur sa baguette, en prenant soin de bien détacher toutes les syllabes. (Il nous faut un échappatoire, pense t-elle, et c’est là qu’est la cruelle différence). « Sansa, arrête ! Ne les pousse pas à nous assimiler à ça. » Nous, les insurgés. Ca, la torture que la blonde mène si bien depuis qu’elle a mis les pieds dans la résistance (innocents, innocents ; des foutaises tout ça, tous les mains pleines de sang, elle la première). Mais elle réagi à la voix d’Emily et s’empêche de lancer un nouveau sortilège. Un peu pour ne pas décevoir son ancienne camarade, surtout parce qu’elle est parvenue à obtenir ce qu’elle voulait : d’un signe de la tête, on lui indique l’existence d’un chemin. Je savais bien que tu mentais, pense Rosier en entonnant un « Liberacorpus » morne tandis qu’Elli et Erin commencent à s’activer afin de pouvoir sortir sans encombres. « Allez, on se tire. » achève Sansa, l’air de se foutre du sort des habitants de Godric’s Hollow - avant de croiser le regard de la brunette, ses esquisses de cartes à la main. Alors la sang pur murmure, tout bas pour ne pas être entendue des autres : « On les sauvera pas, Emi. Il faut regarder la vérité en face. Si on reste, on va seulement crever avec eux. Et tu sais comment ça marche, faut penser en terme de nombre, sauver la majorité. Notre propre peau quand on peut rien faire de plus… » On les sauvera pas et crois-moi, je le montre pas mais ça me fait autant de mal qu'a toi.

La solution a beau être drastique et dégueulasse, il n’y a rien d’autre à se mettre sous la dent. Alors les quatre filles s’approchent du passage enfin découvert et d’un geste de la main, Fauve invite les autres à s’y engouffrer avant elle. Elle a beau ne pas s’être montrée sous son meilleur jour, reste qu’elle veut être la dernière à rester pour pouvoir encaisser si les mangemorts débarquent. (Elle ramène toujours ses partenaires à bon port, elle s’en fait la promesse). Elli, puis Erin sortent de la pièce. Ne reste qu’Emily - mais avant même d’avoir fait un pas, des pleurs d’enfant se font entendre dans la direction opposée. Oh non, foutre un semblant de plan en l’air pour sauver la peau d’un marmot, c’est tellement cliché… tout du moins, aux yeux d’une personne cynique comme Rosier, ce qui n’est bien heureusement pas le cas de tout le monde. (Il reste des gens biens ici, parait-il). En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, Emily a fait demi tour, et la voilà qui court vers la porte d’entrée pour venir en aide à celui qui en a besoin - un réflexe naturel, surement, mais qui leur coutera cher, à coup sur. (C’est peut-être bien meilleur pour la conscience que de fuir, cela dit). « Arrête, c’est qu’un gosse. » Mais malgré les paroles immorales qu’elle prononce, Sansa ne peut s’empêcher d’emboiter le pas à la brunette pour s’assurer qu’il ne lui arrive rien - après tout, n’est-elle pas là dans cet unique but, veiller sur Emily ? Elle prend ce rôle très à coeur - trop, peut-être, puisqu’elle en vient à accepter de… se retrouver presque au beau milieu de la place principale d’un village quasi cerné. (Oui, c’est ce qui arrive quand on essaye bêtement de rattraper une amie qui vient de filer par la porte d’entrée.) Intelligent, si intelligent… La Belliqueuse est bien tentée de facepalmer face à sa propre idiotie, mais elle se doute bien malheureusement qu’elle n’en aura pas le temps. Déjà elle aperçoit deux mangemorts - un homme et une tignasse blonde, voilà ce qu’elle aurait pu décrire s’ils n’avaient pas eu ces maudits masques. « Putain de… » Ce sont les seuls mots qui lui échappent ; elle est bien incapable de dire autre chose. Au moins, Erin et Elli sont à l’abri - c’est son seul lot de consolation. « Protego » a t-elle le temps de lancer afin de protéger la brunette sans baguette à ses côtés - ce qui ne suffira pas face à un sort trop puissant, elle le sait bien, mais tout de même mieux que rien.

Maintenant, c’est vraiment désespéré, pense t-elle alors, sans toutefois oser le dire à haute voix ; elle ne veut pas baisser encore plus le moral de son amie, même si elle se doute que ce dernier doit déjà raser les pâquerettes. Désespéré - le mot n’est plus d’actualité dès lors qu’elle entend une voie familière derrière elle. « Morgana ? » s’exclame t-elle, soudainement revigorée. Morgana, oui - fraichement arrivée avec un groupe d’insurgés, des renforts (quel joli mot, ça, des renforts).

Spoiler:
 
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HERO • we saved the world
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‹ inscription : 10/08/2015
‹ messages : 907
‹ crédits : mathy, et tumblr pour les gifs
‹ dialogues : #ff9966.


‹ âge : vingt-trois ans
‹ occupation : perdue sans but dans la vie.
‹ maison : Gryffondor
‹ scolarité : septembre 1992 et mai 1998.
‹ baguette : est celle de ma mère. Elle est en bois de bouleau, contient un crin de licorne et mesure 26,5 centimètres.
‹ gallions (ʛ) : 1806
‹ réputation : je suis une petite poupée abîmée, malmenée et détruite.
‹ faits : je suis d'origine irlandaise et de sang-mêlé. J'ai un tempérament de feu, suis énergique, loyale et parfois possessive.
J'ai fait partie de l'AD, ai combattu pendant la bataille de Poudlard, ai été rebut, ai participé à la reprise de Poudlard et à la bataille finale et suis maintenant un héros de guerre.
Je manie également parfaitement une dizaine d'armes blanches et maîtrise le combat rapproché.
‹ résidence : dans ma maison d'enfance mais y passe très peu de temps. Le plus souvent vous me trouverez dans des bars ou des boîtes de nuit à tenter d'oublier ce qu'est ma vie.
‹ patronus : un panda mais il m'est encore très difficile d'en produire un
‹ épouvantard : l'oubli. Visuellement cela se traduit par un voile noir qui l'enveloppe.
‹ risèd : ma famille réunie autour de moi pour fêter mon diplôme d'auror.
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Ses mains tremblent … Dire qu’elle n’avait pas peur, ça serait mentir. Mais Lowell lui avait appris à maîtriser cette peur, à la dompter, à la faire taire, à la dissimuler tout du moins. Elle ne devait pas se montrer faible face à ses assaillants et devait immédiatement prendre le dessus sur ses ennemis parce qu’elle savait que les doutes et la peur la mèneraient à sa perte. Son esprit s’était déconnecté de la réalité durant quelques secondes, peut-être même plusieurs minutes … Elle s’était concentrée sur ses sensations internes, elle calmait les battements de son cœur, ralentissait sa respiration, nourrissait ses cellules d’une force qu’elle puisait dans ses ressources les plus profondes … A cet instant, elle regrettait que la prise de sa dernière dose de potion de force date de plus d’un mois. Elle était dans une situation plus que catastrophique et pourtant, ses pensées n’arrivaient pas à se détourner de ce manque. Si seulement, elle était plus forte, elle pourrait se défendre ; si seulement, si elle était plus forte, elle n’aurait pas peur de s’opposer à ces monstres pour les empêcher de faire ce qu’ils étaient venus faire. Elle ne savait même pas ce qu’ils faisaient là, mais cela ne présageait rien de bon. A chaque fois qu’ils se déplaçaient en groupe, ils semaient la mort sur leur passage, ils détruisaient, faisaient du mal …

Lorsqu’elle reprit conscience, elle était toujours collée à côté de la fenêtre et ses yeux fixaient toujours Sansa d’un regard vide. Mais la scène avait changé, la blonde avait la baguette pointée sur l’habitante de la maison et la menaçait, tentant dans un dernier élan désespéré de la faire parler. Emily savait que la fin justifiait les moyens, c’est pour ça qu’elle laissait Sansa gérer la situation. Cependant, lorsque la blonde appliqua ses menaces en lançant un Levicorpus sur cette femme, Emily sentit ses entrailles se retourner à l’intérieur d’elle. Elle ne pouvait pas laisser cela se produire, elle savait que trop bien ce qu’était la torture, elle connaissait la douleur et le besoin que tout cela cesse. Elle voulait vraiment obtenir des informations pour se sortir de ce trou, mais pas comme ça, pas en entraînant derrière elle le poids de la culpabilité. Elle s’avança vers son amie et tira sur son bras. « Sansa, arrête ! Ne les pousse pas à nous assimiler à ça ! » Son ton était désespéré. Sansa était peut-être une Belliqueuse, elle avait peut-être moins de scrupules à faire souffrir pour obtenir ce qu’elle voulait ; mais Emily, elle, malgré son besoin de vengeance, avait encore cette force pacifiste et idéaliste qui balayait son antipathie et son arrivisme. Son passé la définissait, son éducation l’avait modelée et ses souffrances avaient accentué ses motivations, sans pour autant les changer …

Ces actes avaient beau être excessifs et violents, Sansa avait réussi à obtenir ce qu’elle voulait et le passage secret était à présent sous leurs yeux. Emily, ses esquisses de carte à la main, annotait rapidement l’existence de ce passage et commençait à se demander si la fuite était la meilleure solution. Sansa dut sentir cette hésitation car elle tenta de convaincre la brunette que ce plan était le meilleur au monde. « On les sauvera pas, Emi. Il faut regarder la vérité en face. Si on reste, on va seulement crever avec eux. Et tu sais comment ça marche, faut penser en terme de nombre, sauver la majorité. Notre propre peau quand on peut rien faire de plus… » Mais elle n’était pas d’accord, elle ne soutenait absolument pas les propos de son amie. Elle ne la contredit cependant pas. Ce n’était pas vraiment le bon endroit, ni le bon moment …

Emily avait pris soin de fermer les rideaux de la maison avant de se poster devant le passage souterrain que la propriétaire de la maison venait de leur ouvrir mais elle sentait, malgré tout, des mouvements à l’extérieur et restant à l’affût du moindre bruit suspect, elle ne put ignorer les cris alarmants d’un enfant et les sanglots qui s’en suivirent. Que se passait-il à l’extérieur pour qu’un enfant se mette à pleurer ? Mais surtout, que faisait un enfant dehors à cette heure-ci ? Les idées commençaient à se mélanger dans sa tête, et Emily ne savait plus vraiment comment réagir. Son instinct la poussait à sortir et aider cet enfant, mais il y avait aussi cette sensation, ce sentiment qui semblait lui souffler à l’oreille que tout cela n’était qu’un énorme piège pour faire sortir les insurgés de leur cachette. Emily n’était pas familière de ces missions ; ceci étant, elle savait être méfiante, et une situation telle que celle-ci ne pouvait qu’appeler à la méfiance. Elle hésita longuement, un pied sur la plus haute marche du passage souterrain, mais les pleurs s’intensifiaient et elle sentait son cœur se tordre dans sa poitrine. Elle n’y arriverait pas, elle n’arriverait pas à partir en laissant cet enfant sans défense. Elle aurait aimé que quelqu’un la protège lorsqu’elle se faisait torturer par les Carrow à Poudlard ou par la suite en tant que rebut, mais ce ne fut jamais le cas … Aujourd’hui, elle avait la chance de pouvoir utiliser ce qu’elle avait appris pour protéger quelqu’un, il fallait que ça serve. « Arrête, c’est qu’un gosse. » Mais elle s’élançait déjà vers la porte d’entrée et en un rien de temps, elle se retrouva sur la place publique du village, l’enfant à quelques mètres à sa droite et un duo masqué et encapuchonné s’avançant vers eux. Elle entendit Sansa jurer, et elle se dit que tout était de sa faute. Elle n’avait pas su refouler son empathie, Lowell serait déçu de voir qu’elle s’était laissé asservir par ses émotions. Elle voulait se gifler, mais à la place, elle serra les poings et regarda à droite l’enfant effondré à côté du corps inerte de sa mère. Les Mangemorts arrivaient, ils étaient tous perdus … Qu’elle se fasse passer ou non pour un habitant ou un voyageur de passage, elle se ferait asphyxiée comme l’avait été la mère du petit enfant. Il ne tarderait d’ailleurs pas à subir le même sort.

Au moment où elle se disait que tout était perdu, elle entendit son amie souffler le nom du leader d’un groupe de Belliqueux. Morgana. Elle se retourna légèrement et aperçut le groupe d’insurgés qui s’avançait dans leur direction pour les couvrir. Emily avait beau être assez provocatrice et désireuse de se battre, elle connaissait ses limites à ce moment même … Elle était désarmée, sans baguette, et ses couteaux étaient insuffisants face à la technologie dont les Mangemorts faisaient usage. Elle resta donc en retrait, et laissa les renforts prendre le devant. C’est à ce moment qu’elle se décida à agir, elle se tourna vers Sansa et lui souffla. « Il faut que j’aille le protéger. » Elle désignait l’enfant que la tête. « Il faut que je le mette en sécurité, que j’essaie de le faire passer par le passage secret. Il retrouvera peut-être Bludgers et Erin de l’autre côté … Il faut que j’essaie. » Sa voix était ferme et décidée. « Couvre-moi ! » Elle ne laissa pas le temps à Sansa de répondre, elle s’élança vers l’enfant et le prit dans ses bras. Elle guettait les actions des Mangemorts et tenta de les éviter au mieux. Elle emmena l’enfant jusqu’à une petite rue adjacente à la place et se cacha dans l’angle d’une habitation. Elle sortit alors sa carte et commença à regarder le meilleur itinéraire à suivre pour retrouver l’habitation de la vieille femme et son passage secret. Y arriverait-elle ? Les gémissements de l’enfant allaient les trahir. Elle sentit une présence, une ombre massive s’avancer vers eux. Sansa ? Où es-tu ?

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    These fleeting charms of earth. Farewell, your springs of joy are dry. My soul now seeks another home, a brighter world on high.
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« I wanted it to go smooth. Why don't it ever go smooth? »
- Malcolm Reynolds, Firefly


Ça y est. Ils sont lâchés. Dispersés dans les rues, approvisionnés en pierre toxique et gomme à mâcher, la baguette à la main, prêts à faire feu. Les points importants, les objectifs stratégiques, reviennent aux Mangemorts. Quant aux autres, de moindre importance, c'est à eux de s'en charger. Il y a bien une ou deux râlerie sur le fait de se taper le sale boulot pendant que ce sont toujours les mêmes qui s'amusent. Cependant, le fait qu'ils agissent pour la gloire du Magister suffit à les calmer et les recentrer sur leur objectif : personne ne doit en réchapper.

Prenant exemple sur ceux qui les menaient, ils se divisèrent en duos et prirent la direction des demeures plus isolées. Broyle, redevenu Alec en esprit et bientôt également en aspect - au vu des touffes de cheveux qui repoussaient -, suivit silencieusement son collègue vers la demeure qu'ils allaient enfumer. Il faisait de son mieux pour faire bonne figure, ne pas céder à la panique, venant tout juste de réaliser où il était et ce qu'il avait fait. Il s'était tenu, seul, sans aide et sans protection à un pas d'une meute de tueurs endurcis... Mais au nom de Merlin, qu'avait-il dans la tête pour se comporter ainsi ?! Il n'était pas un Gryffondor, pourtant. Son cœur cognait rapidement dans sa poitrine, gorgé d'adrénaline. Plus qu'une seule solution : se raccrocher aux lambeaux d'un plan qui semblait moins viable à mesure que les secondes s'écoulaient.

Ils firent le tour de la masure, histoire d'éviter les coups fourrés. L'autre lui tournait le dos et Alec saisit l'opportunité, lui infligeant un confundo informulé avant même qu'il n'ait pu le remarquer.
Puis, il déversa le venin de ses mensonges dans les oreilles de son compagnon. Bien tournés, ils sonnaient comme des vérités grâce à la confusion.

Étonnant que les Mangemorts n'aient pas plus loué le Magister dans leurs discours. Il en était même curieusement absent. Complotaient-ils contre lui ? Très certainement ! Leur devoir était donc de les arrêter, avant de reprendre la mission. Le Magister leur en serait reconnaissant.

Le reformaté s'en était allé prévenir ses semblables, emportant avec lui un paquet de cartes qu'Alec lui avait confié. Il devrait les distribuer à ceux qu'il convaincrait de se joindre à lui, en usant de l'imperium s'il le fallait, les cartes les protégeraient.

Mensonges que tout cela, les cartes n'étaient qu'à peine enchantées. Leur vocation première était de détruire la confiance que le ministère plaçait en ses reformatés. De nuire au projet en sapant sa validité. Et peut-être même de faire naître des tensions entre eux et les mages noirs. Toute la magie dont elles étaient dotées n'était qu'illusion. Elles étaient juste la marque de la trahison, l'insulte venant s'ajouter à la blessure.

Générer de la fausse fumée à l'aide d'illusions était l'enfance de l'art et celle que produisaient les pierres n'était pas bien difficile à imiter. L'esthétique de la fumée était un détail secondaire et il en profitait. Une maison faussement enfumée, une famille sauvée. Beaucoup plus auraient pu l'être, s'il n'avait péché par orgueil. Il avait voulu impressionner, s'attirer l'admiration des insurgés. S'il les avait contactés, avait tenté de collaborer, alors peut-être que tout Godric's Hollow aurait été épargné.

Secouant la tête, il chassa ces sombres pensées. Il y avait un temps pour agir et un temps pour se fustiger. Pour l'heure, l'essentiel de son plan avait volé en éclat et il en était réduit à improviser. Quitte à tenter de réparer, autant avancer et faire ce qu'il pouvait. Quelque peu rassuré, il reprit son cheminement, à l'abri des foyers, 'enfumant' ceux qu'il pouvait tout en restant discret. Les effets du polynectar étaient en train de complètement s'estomper. Rajustant la tenue, devenue trop large, comme il le pouvait et retrouvant avec bonheur ses mains d'inventeur déjanté  - les battoirs de Broyle n'étaient pas faits pour manipuler sa fine baguette de noyer -, il poursuivit sa quête désespérée.

Ce furent des gémissements étouffés qui l'attirèrent vers la ruelle. Ils n'étaient quand même pas en train de torturer un gosse ?! C'était bien leur genre, il fallait l'avouer. Baguette toujours en main, il s'avança, inconscient de cette ombre surdimensionnée qui le trahissait. Mais le spectacle qui s'étalait sous ses yeux, bien qu'un peu inattendu, eu tôt fait de le rassurer.

Un petit garçon était là, maintenu en place, la main d'une jeune femme à l'air paniquée placée sur sa bouche pour l'empêcher de hurler. La tension dans ses muscles diminua lentement et il abaissa sa baguette.

« Pas d'inquiétude, je suis de votre côté. »

Ce duo-là n'était clairement pas de ceux qui menaient l'assaut. Des habitants, probablement. Il eut un frisson. Contempler les victimes, les voir devant lui, rendait tout cela plus vrai. Trop vrai. Voulant se montrer rassurant, il compléta :

« C'est le Roi Rouge qui m'envoie. »

Il était beau, le chevalier du roi, flottant dans ses vêtements...
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Le mangemort n'aimait pas la tournure que prenait la mission. Des choix allaient devoir être faits, des choix qu'il renâclait d'avance à accepter, et pourtant il savait en son for intérieur qu'il n'existait qu'une seule alternative envisageable en pareille situation. L'heure du choix n'était cependant pas encore venue et, en attendant, il devait chercher à s'y préparer au mieux. Tout d'abord, mettre Garden en sécurité. La savoir en binôme avec lui le rassurait, il n'était pas certain de parvenir à la protéger contre la noirceur qui s'apprêtait à s'abattre sur Godric's Hollow, mais il ne pouvait décemment pas la laisser risquer sa vie en étant la cible d'un autre mangemort. Il ne pouvait pas exister de meilleur allié pour elle, tout comme il n'avait pas de meilleure alliée dans son propre camp. Il ne pouvait pas se voiler la face, car il n'agissait pas uniquement par bonté d'âme ou désir romantique et futile de protéger sa belle. Il cherchait avant tout à éloigner les regards analystes de certains et à échapper à leur surveillance nauséabonde. Quoi que leur réserve cette mission, il était plus agréable de la partager avec Garden, moins compliqué également, qu'importe le choix qu'il serait forcé de faire pour survivre. Et ce même s'il risquait de perdre l'ancienne poufsouffle en lui présentant ses plans.

Pénétrer dans le village fut d'une facilité désarmante. Ces gens ne méritaient-ils tout simplement pas de mourir s'ils laissaient entrer ainsi le loup dans la bergerie par leur négligence insolente ? Le mangemort analysa chaque angle de rue, chaque pavé sous ses pieds, ancra dans sa mémoire le chemin par lequel Garden et lui, à pas feutrés, s'insinuèrent jusqu'aux dédales des quartiers d'habitation. La surprise le saisit en même temps que sa partenaire, lorsqu'elle se tourna vers lui pour le plaquer fermement contre un mur. Il grimaça, agacé de s'être laissé surprendre, et constata que la situation globale, cette mission, le mettait cruellement sur les nerfs. Il n'aimait décidément pas ça. « Dis-moi que tu as un plan. » Il sentit son regard le scruter en profondeur, mais son visage demeurait fermé sous son masque. Ce dernier formait un admirable alibi, et il aurait fallu qu'un éclat brille largement dans ses prunelles pour que ses émotions transparaissent. « Tu dois avoir une idée, c’est pour ça que tu m’as tendu la perche pour que je me retrouve avec toi, n’est-ce pas ? » Le masque de Garden, en revanche, était relevé et laissait paraître son visage. Adam ne pouvait pas se tromper sur la tension qui se lisait sur ses traits. Et cela n'eut que le mérite de le crisper davantage. Garden savait également qu'un danger imminent les guettait. Il nota qu'elle se mordit la lèvre, signe évident s'il en était encore besoin qu'elle n'était pas à l'aise. « J’ai amené la potion avec moi. Je ne savais pas ce qu’il allait se passer, si je devrais… enfin tu vois. » Il ne fit pas un mouvement, et le son de sa voix était grave mais ténu lorsqu'il se contenta d'acquiesser : « Tu as bien fait. » Il avait beau ne pas aimer les effets de cette potion de son cru, Adam savait qu'il leur faudrait faire des concessions s'ils entendaient s'en sortir à minima indemnes ce soir. Et à ses yeux, mieux valait une Garden aux cheveux de feu et aux conceptions morales troubles plutôt qu'un cadavre plein de bonnes volontés.

Des mouvements se firent soudain entendre à l'angle de leur ruelle et de sa voisine. Adam eut à peine le temps de discerner le sortilège qui fusa sur eux. Garden se jeta contre lui et le plaqua fermement contre le mur. Le sort la frappa là où lui même s'était trouvé un instant plus tôt, et il se retrouva con, ses yeux écarquillés vinrent se figer dans ceux, alarmés, que la sorcière levait vers lui. « Tu n’as rien ? » Ses mots étaient saccadés, sa respiration battante. Adam ne prit pas la peine de répondre, le temps leur était compté tant qu'ils demeuraient dans le champs de vision des imbéciles qui venaient de signer leur arrêt de mort. Il attrapa directement Garden par la taille, hissant une partie de son corps sur son épaule pour l'aider à avancer, et la guida rapidement jusqu'au premier bâtiment désafecté qu'il trouva. Il s'agissait d'une échoppe de vêtements, encore en activité, mais fermé depuis de nombreuses heures. Il en déverrouilla l'accès d'un sortilège imprononcé après avoir tiré sa baguette de la poche intérieure de sa cape. Il n'explora pas la boutique, laissant Garden s'adosser au premier mur venu, à proximité immédiate de la porte qu'il verrouilla aussitôt. Le sort était venu de loin, qui que soit ou soient leur(s) agresseur(s), ils avaient tiré à vue et ne pouvait pas avoir distinguer l'endroit exact où ils s'étaient réfugiés. « Je t'ai choisi pour me couvrir en cas de pépin, mais pas de cette manière. » Il grimaça sous son masque avant de le relever sur le sommet de son crâne pour inspecter rapidement la blessure de Garden. Il releva d'un geste bref son vêtement contre son dos, tout en l'obligeant à se détacher légèrement du mur, contre lequel elle avait glissé pour s’asseoir. « Episkey. » Il avait visé la blessure de Garden de l’extrémité de sa baguette. « C'est superficiel, ta chair devrait cicatriser rapidement. » Il ne lui laissa pas plus de quelques minutes pour se remettre, puis replaça d'abord son propre masque sur son visage, avant de faire de même pour celui de la jeune femme. Puis il se baissa et l'aida à se redresser, ne lui offrant que quelques mots rapides de réconfort. « Si tu souffres, je ralentirais, mais on ne peut pas rester ici. On ferait des cibles trop faciles. » Il prit la main de Garden dans la sienne, et la lueur dans son regard ne put dissimuler totalement son inquiétude. Il l'accompagne jusqu'à la porte, qu'il déverrouilla à nouveau. Il glissa alors brièvement  quelques mots à l'oreille de sa partenaire, avant de déboucher sur la ruelle : « Ils savent que nous sommes là. Ne fais surtout pas preuve de clémence, ils n'en auront pas pour toi. »

A peine se retrouvèrent-il à nouveau dans la ruelle faiblement éclairée que Adam pressa Garden de le suivre. Au lieu de partir en sens inverse, il les emmena tout droit dans la direction d'où était venu le sortilège. Mais il n'y avait pas trace de citoyen ou d'insurgé là bas. Lorsqu'enfin, une présence humaine se fit sentir, Adam les fit stopper net. Des bruits leur parvenaient, mais il ne pouvait pas déterminer s'il s'agissait de combats. De la manière dont il avait enregistré leur itinéraire jusque là, les bruits semblaient provenir de la place. Rabastan et Darja se trouvaient là bas. Sans plus penser à ses congénères, Adam lâcha la main de Garden et progressa lentement. Il avait entendu des pas à proximité, et tenta de neutraliser au mieux le bruit des siens. Les pas avaient disparus et, bientôt, ce fut des gémissements qui lui chatouillèrent les oreilles. Il termina d'avancer jusqu'à l'angle d'une habitation, et pivota instantanément vers le petit rat qu'il venait de prendre au piège. Deux rats semblait-il. Un rire austère et sombre brisa le silence, tandis qu'il avait levé sa baguette vers l'insurgée qui n'eut d'autre choix que de relever le nez de sa carte. Il jaugea le gamin qu'elle avait pris sous son aile, puis son regard se porta sur l'homme à ses côtés. « Qui êtes-vous? »
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event #5
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La peur de le perdre reste liquide, indocile. Elle bruisse dans le fin fond du ventre. Elle s'agite, crépite. Un peu comme l'enfance qui s'avance, elle te devance. Elle te menace, rapace de sombres présages, t'ourlant de terribles orages, de douloureux naufrages. La lueur dans les yeux clairs est la même. Cette tendresse qui n'a pas de place sur les rivages d'une guérilla sans merci, qui avale tout avec appétit. Comme un enfant, tu l'aimes. Comme un enfant, tu mourrais pour un regard, un égard. Ici, il n'est pourtant pas question de famille. Tu n'es qu'une ombre soigneusement éduqué, privé de liberté, esclavagé par un maître cruel, dévorant les révolutions & les rébellions. Tu n'es plus vraiment son fils, le fils de Rabastan Lestrange. Et tu acceptes de le céder, de ne pas te rebiffer, t'indigner. Il est à toi. Plus personne ne te le volera.

C'est un peu pour ça que tu choisis Darja, non ? Tu a confiance en son intelligence, en sa diligence. Oui, tu as confiance. Tu dois avoir confiance. Tant pis, tu ne laisses pas de choix, pas d'espoirs, pas de déboires. Tu choisis. Tu t'interdis de trop t'inquiéter. Tu t'obliges à te priver. Il a promis, non ? Il reviendra, hein ? Les souvenirs reviennent, t'appartiennent, t'enlacent & te crevassent. Non, tu es toujours seul. Et d'une plume incisive, tu demandes au Sorcier Noël te t'apporter un Papa, ton papa. Il ne viendra jamais & les années continueront à s'écouler, à se déverser. Et il est revenu, il est là. Il survivra, il reviendra toujours. Promis ?

Rodolphus n'a cessé d'hocher vigoureusement, brutalement la tête. A s'en décrocher la mâchoire, son masque a tressauté de fierté & d'excitation. Un peu brutal, ton oncle s'est toujours avéré très particulier. Ses pupilles mordorés se sont toujours prises d'une excessive curiosité, d'une folie indéniable & de tous les diables. Azkaban n'a rien arrangé. Il n'en est ressorti que plus abîmé, usé. Il y avait au moins un avantage, il avait enfin cessé de te câliner pour un oui ou un non. « Aramis et moi allons aux boutiques. Consultez vous pour savoir où vous allez, qu’on ne se retrouve pas avec plusieurs équipes sur la même zone. », fort bien, vous allez faire une virée shopping pour rhabiller ses insurgés. D'un rouge sang habile, la baguette est finement sorti. Tu es reconnaissable, inoubliable rien qu'à ce petit morceau de bois. Tu croises les bras, laissant ton oncle finir. Même si sous le métal, l'impatience se forme, crispant, glaçant tes traits. Tu n'as pas de temps à perdre , surtout la veille de ton anniversaire, bordel.  « Un échec de votre part sera automatiquement considéré comme de la traîtrise. ». Le regard dévie, s'incruste dans celui de ton père. Qu'est-ce qu'il fout? « Rabastan et moi-même vous emmènerons pour un petit interrogatoire dont les Lestrange ont le secret, alors ne merdez pas. », les dents se serrent, les ongles s'enfoncent dans ta peau. Ton parrain est incontrôlable. Tu te prends déjà à regretter, à vouloir lui faire ravaler ses mots. Son impulsivité peut tous vous faire tuer & te faire tuer. Les yeux se rivent dans les prunelles de ton paternel. Tu ne peux pas échouer. Il ne peut pas non plus échouer. Sans le savoir, Rodolphus peut vous avoir condamner en cas de bavures. Tu attrapes le poignet de ton oncle dans un geste sec, sentant un frisson de dégoût se perdre sur ta peau, relever les poils, mordillant sans merci ton cœur abruti. « Nous nous sommes suffisamment attardés. Allons y.», la langue claqua. Les pas filèrent vers le village.

« Qu'est-ce qui vous a pris ? Ce ne sont sûrement pas les ordres du Magister. », les inclinaisons du Maître étaient souvent simples, sans futilité, ni formes. Il manquait de classe, certainement. L'acidité des mots tombent & retombent, la colère rugit, hurlant dans ton ventre, écrasant ton cœur dans un souffle. « Réfléchissez, par l'amour de Rowena, mon oncle. ». Tu sais très bien qu'il est limité, pas forcément très intéressé, souvent impulsif, trop vif. « Nous avons eu suffisamment de soucis pendant l'exécution. ». Tu as foiré, tu l'as forcés à foirer. Tout est de ta faute. Et si l'idée lui en prenait de se venger sur lui ou pire sur Gwen ? Ou encore sur ton oncle ? «  Ne laissez pas votre langue aller plus vite que votre pensée. », gourmandes-tu en douceur, en lenteur, cachant l'horrible peur d'une colère, d'une guerre qui t'a tant coûté, qui ne peut pas plus te coûter.

Et puis un sort te frôle & tu bondis en arrière, l'esquivant de peu, très peu. Tu as parlé trop fort, tu as encore tous les tords. « Vraiment? On s'est donnés le mot pour la veille de mon anniversaire ou quoi ? », la froideur se brise sous l'ironie, le déni. Tu as laissé Nyss seule ce soir. Et tu en as assez de te sacrifier pour des enfoirés qui ne savent ni se soumettre, ni s'incliner. « Une idée ? », les yeux s'incrustent comme un mot d'excuse.
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HERO • we saved the world
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‹ inscription : 10/08/2015
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‹ dialogues : #ff9966.


‹ âge : vingt-trois ans
‹ occupation : perdue sans but dans la vie.
‹ maison : Gryffondor
‹ scolarité : septembre 1992 et mai 1998.
‹ baguette : est celle de ma mère. Elle est en bois de bouleau, contient un crin de licorne et mesure 26,5 centimètres.
‹ gallions (ʛ) : 1806
‹ réputation : je suis une petite poupée abîmée, malmenée et détruite.
‹ faits : je suis d'origine irlandaise et de sang-mêlé. J'ai un tempérament de feu, suis énergique, loyale et parfois possessive.
J'ai fait partie de l'AD, ai combattu pendant la bataille de Poudlard, ai été rebut, ai participé à la reprise de Poudlard et à la bataille finale et suis maintenant un héros de guerre.
Je manie également parfaitement une dizaine d'armes blanches et maîtrise le combat rapproché.
‹ résidence : dans ma maison d'enfance mais y passe très peu de temps. Le plus souvent vous me trouverez dans des bars ou des boîtes de nuit à tenter d'oublier ce qu'est ma vie.
‹ patronus : un panda mais il m'est encore très difficile d'en produire un
‹ épouvantard : l'oubli. Visuellement cela se traduit par un voile noir qui l'enveloppe.
‹ risèd : ma famille réunie autour de moi pour fêter mon diplôme d'auror.
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Elle voulait le sauver, profondément, obstinément, indiciblement … Et pourtant, elle sentait que ses actions allaient tourner court. Ses désirs, son envie, tout ça n’était pas suffisant pour qu’elle arrive à son but. Sa quête était une peine perdue, elle avait mis cet enfant bien plus en danger en le prenant avec elle, en l’exposant à ces envahisseurs, grouillants, sans cœur. Elle était trop vulnérable sans sa baguette, et elle exposait cet enfant aux sévices de ces monstres. Quelle idée stupide avait-elle eu ? Comment avait-elle pu imaginer une seule seconde pouvoir emmener cet enfant jusqu’au passage secret et le mettre en sécurité ; elle n’avait jamais fait ça avant, elle n’avait jamais sauvé personne. Pendant la bataille de Poudlard, elle n’avait servi qu’à lancer des sortilèges par ci, par-là, à protéger sa propre personne plutôt que les autres, et même ça elle n’avait pas réussi à le faire correctement, c’est Aidan qui avait dû intervenir. Elle était inutile, incapable, voilà ce qu’elle était. Plus aucune estime d’elle-même, plus aucune confiance en elle … Les manipulations et le lavage de cerveau qu’elle avait subi entre Azkaban et sa captivité chez les Carrow lui avaient fait perdre tout assentiment positif envers la personne qu’elle était. Pourtant si les Carrow lui avaient appris quelque chose, c’était bien la sécurité, le combat au corps, le lancer de couteau … Elle avait les méthodes, elle devait seulement trouver la force, le courage … Ne pas se laisser submerger par la peur, la ressentir, mais jamais la laisser prendre le dessus. Elle pouvait couler dans ses veines, battre dans ses tempes, cependant, elle ne devait surtout pas s’exprimer dans ses actes et dans ses pensées. Ses gestes devaient être précis, ses motivations devaient être claires, rapides et calculées. Elle enleva sa main du visage du jeune garçon, froissa la carte dans sa poche après avoir murmuré le mot de passe de protection, passa ses doigts à l’intérieur de sa cape, au niveau de sa ceinture et attrapa le seul couteau qu’elle avait choisi de garder auprès d’elle pour se sécuriser. L’ombre avançait lentement, mais elle vit une baguette apparaître dans son champ de vision, ce qui provoqua chez elle une réaction en chaîne : faire le point pour viser juste, respirer lentement, se détendre, ne pas montrer à son adversaire ce qui l’attend, devancer ses mouvements et … « Pas d'inquiétude, je suis de votre côté. » Elle arrêta son geste et repoussa lentement le couteau dans son étui. Ne pas montrer à son adversaire ce qui l’attend. Elle s’interposa entre le nouveau venu et l’enfant. Protège-le comme on t’a appris à protéger Alecto. « C'est le Roi Rouge qui m'envoie. » Ron … Elle l’avait vu quelques heures avant de partir, il lui avait donné une baguette, mais elle avait préféré la laisser au camp, sachant pertinemment qu’elle ne saurait pas l’utiliser. Pour elle, ce n’était plus qu’un bout de bois sensé canaliser ses pouvoirs, mais les pouvoirs, elle avait l’impression de ne plus les avoir. « Je … Que faites-vous ? Il … Pourquoi ? Je ne vous connais pas, vous n’êtes pas un insurgé ! Comment le connaissez-vous ? » Elle était perturbée, son esprit avait du mal à se concentrer entre les gémissements du gamin, la peur et la voix de Lowell dans sa tête qui lui rappelait les recommandations d’un bon combat au corps à corps.

Et comme si cette rencontre inattendue ne suffisait pas, de nouveaux pas retentirent dans la ruelle. Elle serra les dents et se tourna vers l’homme qui disait travailler pour le jeune Weasley. Se frappant intérieurement pour ce qu’elle allait faire, elle finit par murmurer. « Si vous êtes ce que vous prétendez, couvrez-moi pour que je puisse aller mettre cet enfant en sécurité. » Faire confiance, aveuglément, ce qu’on lui avait toujours appris à ne pas faire. La confiance, elle se gagnait, et jusque cela n’arrive, elle devait se contenter de faire confiance à une seule personne : elle-même. Elle avait les capacités, elle avait les moyens … Elle sortit son couteau de son étui et le glissa dans sa manche droite. Attrapant la main de l’enfant, elle se mit à son niveau et tenta de le rassurer. « Ne t’inquiète pas, je suis là pour t’aider. Je m’appelle Dora, et toi ? » Le petit garçon la regardait de la tête au pied, la fixant, serrant les lèvres … Comprenant qu’il ne répondrait pas, elle se releva, le tira par le bras et se posta derrière l’homme. Elle ne connaissait le nom d’aucune des deux personnes qui l’accompagnaient, mais cela importait-il ? Après tout, elle était là pour agir et pas pour se faire des amis …

C’est à ce moment-là qu’un homme – un Mangemort en réalité – déboucha dans l’allée. Emily sentit la main du petit garçon se resserrer un peu plus sur la sienne. Et un murmure. Aidan. Elle baissa les yeux vers l’enfant. « Comment ? » Sa main droite commençait à trembler et elle dut serrer le poing pour se contrôler. « Aidan. » Il manquait plus que ça … Le garçon qu’elle voulait sauver avait le même prénom que son frère. Elle ferma les yeux, prit une profonde inspiration et se reconcentra, ils étaient en danger, elle n’avait pas le temps de perdre ses moyens, elle devait être en mesure de lancer le couteau caché dans sa manche, si le danger devenait trop grand. « Qui êtes-vous ? » Elle repoussa le jeune garçon derrière elle, près du mur. « Quel intérêt de savoir qui nous sommes ! » Une affirmation plus qu’une question … Elle ne laissa pas le temps au Mangemort de répondre, elle lança un couteau dans sa direction, manquant volontairement sa cible pour que la lame s’enfonce dans le mur derrière lui. Détourner l’attention … Juste assez pour fuir … Elle tira l’enfant en courant le plus vite possible. Ils tournèrent à plusieurs reprises sans vraiment savoir où ils allaient. Elle n’avait pas eu le temps de préciser un itinéraire sur sa carte, et l’adrénaline qui coulait dans ses veines l’empêchait de se concentrer sur les souvenirs qu’elle avait de ses plans. Inconsciente, irréfléchie, elle avançait à l’aveugle, et elle entendait que quelqu’un ou même plusieurs personnes étaient à ses trousses. Alors qu’elle tournait une énième fois, elle vit la maison qu’elle recherchait, mais Aidan lâcha sa main et tomba au sol. Non ! Ce n’est pas le moment ! « Aidan, il faut que tu te relèves, on y est presque, on y est presque. » Elle s’accroupit en face du garçon et voyait qu’il pleurait. En s’écrasant par terre, ses genoux avaient été râpés et une plaie ouverte ornait son front. « Il manquait plus que ça », soupira-t-elle. Elle n’avait même pas de baguette pour le soigner rapidement. Elle le prit dans ses bras et s’apprêtait à repartir en courant vers la maison, mais trop tard ; quelqu’un arrivait devant elle, et les pas, derrière elle, se renforçaient. Elle était perdue, ils étaient cernés … Elle aurait essayé … Au moins.

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    These fleeting charms of earth. Farewell, your springs of joy are dry. My soul now seeks another home, a brighter world on high.
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