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HERO • we saved the world
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‹ inscription : 31/05/2015
‹ messages : 5660
‹ crédits : LUX AETERNA (avatar), TUMBLR + MATHY LA BEST (gifs), KAZUO ISHIGURO (quote).
‹ dialogues : bleu (luna - #669999) ; rosé (marie - #cc6666).


‹ âge : (depuis le 13/02/04) 23
‹ occupation : aventurière dans l'âme, souvent bénévole, étudiante par correspondance et mère à plein temps.
‹ maison : Serdaigle
‹ scolarité : septembre 1992 et décembre 1997.
‹ baguette : mesure 25, 8 centimètres, a été taillée dans du bois de sorbier et son cœur recèle un ventricule de dragon.
‹ gallions (ʛ) : 7895
‹ réputation : je suis différente ; même je ne suis plus aussi loony qu'auparavant.
‹ particularité : douée d'un sixième sens tel qu'on me soupçonne d'avoir le troisième œil.
‹ faits : Marie n'est plus ; que je me réhabitue à mon nom, mon visage et ma vie d'autrefois, tant bien que mal ; que les conséquences d'une année et demie volée sont rudes ; que je crois en Harry Potter depuis toujours ; que je suis une héroïne de guerre ; qu'il me manque du bon sens et une part d'humanité ; que je ne pourrais pas survivre sans ma fille, Lesath, ni son père, Rolf Scamander, à mes côtés ; que notre famille détonne ; que je suis l'une des sacrifiés scolaires de la guerre ; que Lesath est atteinte du syndrome Rosier.
‹ résidence : dans cette drôle de demeure du Devon, en forme de tour d'échecs, avec Rolf et notre fille, Lesath. Autrefois musée du gouvernement, aujourd'hui réhabilitée, elle s'élève toujours aux abords de Loutry-Ste-Chapsoule.
‹ patronus : un sombral, après de nombreuses métamorphoses (le lièvre et le panda ont été les plus marquantes).
‹ épouvantard : une forme prostrée dans un sous-sol tantôt calciné, tantôt humide (représentation d'un retour en arrière inéluctable, sans Lesath, sans Rolf, sans ceux qui comptent pour moi).
‹ risèd : une longue chaine dorée, sertie de six pendentifs très particuliers.
Voir le profil de l'utilisateur http://www.smoking-ruins.com/t4738-lovegood-a-circle-has-no-begi

whoever fights monsters should see to it that
in the process he does not become a monster too.
and if you gaze long enough into an abyss,
the abyss will gaze back at you.



Depuis sa fugue inopinée deux mois plus tôt, Marie Talesco avait uniquement traîné sa carcasse au sein des sortilèges protecteurs du camp des Audacieux, perché tout en haut de la boutique de Madame Giupure. Elle était restée dans un mutisme total, communiquant à peine avec les autres insurgés et n'utilisait qu'en cas d'extrême nécessité les signes qu'on lui avait appris à son arrivée chez les Silencieux. Les rares fois où ses lèvres daignaient émettre le moindre son, c'était pour répondre aux interrogations d'Hermione Granger : la sorcière la plus douée de son âge était bien la seule à pouvoir insuffler un regain de vie à la journaliste française. Personne ne l'avait vu une seule fois s'éclipser pour utiliser son miroir à double sens ni même accepter une quelconque mission en dehors du Chemin de Traverse. Talesco ne sociabilisait plus avec personne et les quelques insurgés qui avaient pour habitude de discuter avec elle semblaient étonnés de ce revirement de situation. Hermione, pour justifier l'attitude nouvelle de la blonde, les informait juste qu'elles avaient accéléré leur rythme de travail concernant la traduction des textes de Runes anciennes, textes trop longtemps relégués au second plan depuis l'unification des Nocturnes aux deux autres groupes d'Audacieux. Un mensonge de plus. Parfois, la jeune femme se demandait si Hermione se rendait vraiment compte de toute l'énergie qu'elle dépensait pour la protéger, elle, du monde extérieur... Néanmoins, Marie continuait de participer aux efforts de la résistance et aidait activement pour tout ce qui touchait, de près ou de loin, à l'intendance de leur camp. Les journées étaient dédiées à la gérance de leur lieu de survie et les nuits, aux insomnies. Marie Talesco était complètement vide.

Et puis, sans crier gare, l'onde magique des festivités du Beltane avait balayé le Royaume-Uni tout entier, d'un souffle puissant et détonnant. Marie était postée à l'entrée du camp lorsque c'était arrivé, attendant patiemment le retour des nombreux insurgés partis à Pré-au-Lard pour l'occasion, dont Hermione Granger. Son humeur ne lui avait pas donné l'envie d'y accompagner Hermione, alors partie en quête des nouvelles rations de Polynectar qui s'amenuisaient de jour en jour. Le soubresaut magique l'avait traversé de part-en-part, ne lui donnant dés lors plus l'occasion de réfléchir logiquement comme la Gryffondor le lui avait patiemment apprit. Elle avait passé ce qui lui restait d'heures de garde à observer l'autre insurgé posté à l'entrée du campement, essayant de comprendre la plénitude qui l'avait indubitablement touché, lui aussi. Doux, calme, sérénité, folie, amitié, sentiments, confiance, lointain, passionnant. Des émotions foisonnantes et incompréhensibles.

Overwhelming.

Dés lors, Luna Lovegood avait reprit ses droits sur Marie. Son ancien tempérament volubile s'était de nouveau immiscé dans la moindre cellule de son corps. Le moindre de ses pores transpirait  enfin son impétueuse clairvoyance qui s'était brusquement volatilisée les semaines auparavant. Pendant plusieurs jours, le sommeil alors retrouvé, Marie Talesco avait rêvé de choses dont elle appréhendait à peine le sens. Hermione n'avait d'ailleurs pas tardé à lui demander si elle ne perdait pas le fil de sa vie, l'insanité mentale détruisant finalement tout le self-control dans lequel elle s'était emmurée depuis son évasion du manoir Malfoy.

Marie se remettait à sourire. A parler aux tentures colorées des tentes agrandies au moyen de sorts d'extensions indétectables, regrettant amèrement le fait qu'elles ne soient pas des arbres ou, à la rigueur, des fleurs ! Ce campement, situé au cœur du Chemin de Traverse, manquait cruellement de végétation. Tout était trop… matérialiste, froid, silencieux, étriqué, sommaire ! Marie Talesco développa dés lors un nouveau mal : celui de l'enfermement, une claustrophobie inexplicable par ses compagnons de fortune. Mais Luna savait parfaitement ce qui commençait à lui nuire férocement : les attitudes nouvelles des personnes qui l'entouraient, provoquées par le Beltane. Les insurgés, les sorciers, étouffaient chaque nouvelle heure et chaque nouveau jour sa vie au camp. Lovegood réussissait à peine à définir ses propres existences passées dans un tel capharnaüm, tonitruant et assourdissant…

« HALTE ! », Marie stoppa net sa marche et prit enfin connaissance de son nouvel environnement. Ce qui était sûr, c'était qu'elle n'était plus au campement. Ce qui l'était moins, c'était qu'elle ne reconnaissait pas la rue dans laquelle elle se trouvait présentement. Était-elle seulement encore dans les quartiers du Chemin de Traverse ? How convenient. Une formation de Râfleurs était quelques mètres derrière elle, dirigeant d'un seul mouvement leurs baguettes magiques dans sa direction. « Veuillez nous décliner votre identité. », demanda la voix bourrue d'un second sorcier. Marie, tout en se félicitant d'avoir ingurgité une ration de Polynectar et camouflé son visage sous le capuchon d'une cape sombre, ne put s'empêcher de rire. La situation était particulièrement cocasse : cette absence de lucidité ne lui était pas arrivé depuis qu'elle avait quitté les murs de Poudlard. « Je répète : déclinez votre identité, sur le champ ! ». Trois, ils étaient trois, nota-t-elle tout en se retournant vers la source sonore et, subtilement, elle sortit sa baguette en bois de sorbier des pans de ses robes sorcières.  Les trois sorciers n'entendirent pas le murmure de Marie mais son « Aura Terram » les surprit aussitôt que le sortilège atteignit les pavés qui étaient sous leurs pieds, les faisant s'effondrer sur un rayon de plusieurs mètres. Cet instant de flottement temporel, d'hésitation de la part de ses futurs poursuiveurs, lui permit d'entamer sa course vers la direction opposée.

Quelle belle journée, Ô Merlin quelle belle journée, pour échapper à la milice du Magister.




Combien de temps s'était écoulé depuis sa dernière pensée cohérente -consciente-, elle ne le savait  pas et décréta aussitôt qu'elle n'en avait cure. Elle se préoccuperait de ce genre de détails plus tard. Luna se contenta de soupirer allègrement lorsque ses paumes frôlèrent la parure de draps soyeux qui s'étendaient tout autour d'elle. Les couvertures des lits à baldaquins de Serdaigle elles-mêmes n'avaient jamais été aussi douce que celles dans lesquelles elle était à présent allongée. Hum. Ce n'était pas comme si elle se souvenait du confort passé, de toute manière… A l'instar du tactile, son olfaction remarqua une particularité. Celle d'une odeur musquée, presque boisée, qui était subtilement imprégnée dans les draps. L'odeur de l'eau de Cologne recelait une effluve qui indiquait clairement l'opulence de son propriétaire.

Depuis toujours, Luna Lovegood reconnaissait le moindre individu de son entourage à l'aide de traits spécifiques, propres au moindre d'entre eux. Elle repérait Harry Potter au beau milieu d'une foule grâce à ses cheveux indomptables et Ginny, par la forme particulière de ses tâche de rousseur plutôt que de par la nature flamboyante de sa chevelure. Non ! Cet attrait là, il était tout particulièrement réservé à Ronald : les autres Weasley n'étant pas assez roux, d'après elle. Les yeux noisettes et sages d'Hermione la rassurait instantanément lorsqu'elle la cherchait du regard. Et étrangement, et ce depuis l'époque de Poudlard, Luna savait que Draco Mafloy se trouvait dans les parages au moment même où sa fragrance atteignait les narines de la Serdaigle, quoiqu'il fasse et où qu'il aille. Drôle de phénomène perceptif. Pourtant, la dernière fois qu'elle s'était entêtée à vérifier, le sang lycan ne coulait pas plus dans ses veines que dans celles d'un Détraqueur ! Tiens, en parlant de ça, un Détraqueur possédait-il un cœur malgré son aura macabre et éteinte ? Focus, Luna, focus !

Son bras engourdi commençait à la meurtrir bien plus que les différentes blessures qui lui parcouraient les chairs et, tant bien que mal, elle se mouva dans le lit afin de trouver une position plus confortable. Au lieu du soulagement tant espéré, cette nouvelle posture l'informa qu'elle était de nouveau sous les effets du Polynectar mais aucunement sous les traits de ceux de Talesco. La poitrine de son nouveau physique la fit grimacer d'effroi. Marie n'étant pas plus gâtée par la nature que ne l'était Luna, les vêtements de la sorcière comprimait de façon tout à fait incommodante le généreux buste dont elle était à présent affublée. Par Morgane ! Ces choses étaient-elles seulement réelles ? A ajouter à la 'To do – to know list' : Malfoy n'avait-il vraiment aucune pitié pour ses partenaires sentimentales ? 'Non, Luna, pas de conclusions hâtives. Jamais hâtives !', lui souffla alors intérieurement la voix d'Hermione.

Finalement, un dernier détail repoussa définitivement le brouillard qui l'avait bercé jusqu'à présent. Il y avait quelqu'un d'autre dans la pièce et son regard, insistant, suivait le moindre de ses mouvements - tel un prédateur prêt à bondir sur sa proie. Lovegood réussit à soulever ses muscles endoloris et s'adossa contre la tête de lit. « Bonjour », hasarda-t-elle avant de reconnaître la silhouette enfantine du garçon qu'elle avait tant de fois aperçu à Herpo Creek. Aucune réponse. Peut-être que sa voix râpeuse, tout aussi affaiblie qu'elle même ne se sentait, n'inspirait aucune confiance au petit Scorpius Malfoy. A défaut de pouvoir se présenter (Luna ne reconnaissait pas sa nouvelle apparence), elle joua la carte de la réminiscence attentionnée. « Cela fait très longtemps que je ne t'avais vu, jeune Scorpius ! ». Face au manque de réaction dont faisait toujours preuve l'enfant, Luna décréta que cette voix ne lui était d'aucune utilité et changea complètement de tactique. « Tu veux voir quelque chose de magnifique ? », demanda-t-elle tout en commençant à mouvoir ses mains l'une autour de l'autre.

Les baguettes magiques n'étaient que des catalyseurs de puissance, se rappela-t-elle, dans le seul but de focaliser son attention sur l'invocation silencieuse qu'elle entamait, progressivement. Avec de l'entraînement, tout bon sorcier qui se respectait pouvait parfaitement invoquer sa magie d'un simple geste. Et cela faisait des années que Luna pratiquait cet enchantement particulier, sous toutes ses coutures, sous toutes ses formes. C'était sa distinction magique particulière, l'une de ses forces et elle en était extrêmement fière : quoi de mieux que cette dernière pour sortir un enfant de sa méfiance indéfectible ?

Quelques petites étincelles bleues jaillirent alors de ses paumes et se mirent à former une minuscule sphère lumineuse. Luna sourit rêveusement : son sommeil l'avait définitivement aidé à récupérer un peu de force. Penser à des choses agréables, des souvenirs joyeux. Scorpius se rapprochait du lit à mesure que la sphère s'affinait et, ne détachant pas une seule seconde son regard, écouta attentivement les paroles de la drôle de femme blessée qui y était installée. « Tu aimes les phénix ? Les souris, peut-être ? ». La boule bleutée ne prit pas plus d'ampleur mais se modifiait au gré des propositions de Luna. « Les lapins ? Une chouette plutôt ! ». Scorpius ne pipait toujours rien mais se trouvait désormais à moins d'un mètre du lit, le visage rongé par la curiosité et uniquement illuminé par les drôles d'animaux bleus que lui présentait successivement Luna. « Oh non, je sais ! ». Lovegood rapprocha ses mains de son visage et souffla paisiblement contre celles-ci. Le petit Patronus s'envola alors dans les airs, virevoltant aux quatre coins de la chambre sous sa forme définitive. Le rire de Luna alimentait la vitesse de l'animal azuré, obligeant le jeune Malfoy à recalculer sa trajectoire frénétique et imprévisible toutes les deux secondes. Luna fut rassurée de voir le regard pétillant de Scorpius : au moins, il ne la considérerait plus uniquement comme une menace, pure et simple, qu'il fallait isoler à tout prix. Elle n'aimait plus être mise de côté par la seule force du destin, comme lors de son adolescence. Comme avant. Comme Nona.

Brusquement, Luna Lovegood sortit de sa rêverie lorsque le Patronus envahit l'espace personnel d'un nouvel arrivant, fermement posté au seuil de la luxueuse chambre. Sans la moindre gêne, elle se mit à rire de plus belle en constatant que le minuscule furet établissait une orbite parfaite tout autour de la tête du père de Scorpius. L'expression stoïque de ce dernier lui fit cependant perdre le contrôle de son Patronus, qui se volatilisa lorsque la lumière inonda totalement la pièce. Accommodant tant bien que mal sa vue à ce changement d'atmosphère, Luna détourna son regard de Draco pour le reporter de nouveau vers le  jeune Scorpius. « Ton Papa aime beaucoup les furets, tu sais ? ». Le ton jovial de Luna, complètement dénué de sarcasme, indiquait clairement que le concept de l'ancien quolibet du Serpentard la dépassait au-delà de l'entendement.  « Personnellement, je préfère les pandas ! ».

Oh Merlin. L'âme de Luna Lovegood reprenait définitivement ses droits : elle remarquait à peine la tempête, non l'ouragan, qui allait la percuter de plein fouet, porté par la seule colère de nul autre que Draco Lucius Malfoy.

• • •

AND SO WE STOOD TOGETHER JUST LIKE THAT, AT THE TOP OF THAT FIELD FOR WHAT SEEMED LIKE AGES, NOT SAYING ANYTHING, JUST HOLDING EACH OTHER; WHILE THE WIND KEPT BLOWING AND BLOWING AT US, TUGGING OUR CLOTHES, AND FOR A MOMENT, IT SEEMED LIKE WE WERE HOLDING ONTO EACH OTHER BECAUSE THAT WAS THE ONLY WAY TO STOP US FROM BEING SWEPT AWAY INTO THE NIGHT.




Dernière édition par Luna Lovegood le Lun 6 Juil 2015 - 20:49, édité 3 fois
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PRISONERS • bloodstains on the carpet
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‹ crédits : faust.
‹ dialogues : seagreen.


‹ liens utiles : draco malfoy w/ lucky blue smith ; ginevra weasley w/ holland roden ; calixe davis w/ audreyana michelle ; uc w/ uc ; indiana alderton w/ nicola peltz ; heath ravka w/ im jaebum ; even li w/ jeon jungkook ; jelena kuodzevikiute w/ ariana grande.

‹ âge : 23 yo (05.06.80).
‹ occupation : ancien langue de plomb (spécialisé dans les expérimentations magiques) ; fugitif et informateur de la RDP entre le 26.05.03 et le 08.12.03 ; condamné à 22 ans à Azkaban pour terrorisme, au terme d'une assignation à résidence et d'un procès bâclé, tenu à huis-clos.
‹ maison : Slytherin — “ you need a little bit of insanity to do great things ”.
‹ scolarité : entre 1991 et 1997.
‹ baguette : un emprunt, depuis qu'il est en fuite. elle n'est que temporaire et il ne souhaite pas s'y intéresser ou s'y attacher, puisque la compatibilité est manquante.
‹ gallions (ʛ) : 11757
‹ réputation : sale mangemort, assassin méritant de croupir à vie en prison pour expier ses crimes et ceux de ses ancètres.
‹ particularité : il est occlumens depuis ses 16 ans.
‹ faits : Famille.
Narcissa (mère) en convalescence. sortie de son silence depuis peu pour réfuter l'annonce de son décès ; reconnue martyr. lutte pour que le jugement de son fils soit révisé.
Lucius (père) mort durant la tempête du 03.03.2004.
Spoiler:
 

‹ résidence : emprisonné à Azkaban depuis le 06.01.04. en fuite depuis le 08.05.04.
‹ patronus : inexistant.
‹ épouvantard : l'éxécution de juillet 02, ses proches en guise de victimes: leurs regards vidés par l'Imperium, la baguette de Draco dressée, les étincelles vertes des AK et leurs cadavres empilés comme de vulgaires déchets.
‹ risèd : un portrait de famille idéal, utopique.
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are her strongest ties
30 juin 2002 & DRUNA (#1)


Il était en retard.

L’idée lui hérissait le poil – il était en retard. Ça ne lui était jamais, ô grand jamais arrivé, depuis son passage du rang de simple Apprenti à celui Langue de Plomb. Et pourtant les aiguilles de sa montre à gousset le narguaient irrémédiablement. Il aurait dû être à son poste depuis une éternité, comment, par Salazar, expliquerait-il cette bévue indécente, peu acceptée dans un milieu tel que le département des Mystères ? Oh il n’en était pas encore là. Il en était même loin, occupé à vaciller pour maintenir son équilibre précaire. Membres gourds. Bouche pâteuse. Et. Ce. Mal. De. Tête. Infernal.

Le réveil avait été étrange : déphasé, il s’était lourdement extirpé des draps froissés, le palpitant battant à une allure aussi profonde que démesurément lente, l’âme en dérive. Il se sentait désagréable vide, gouffre sans fond, sans horizon, sans but. Comme s'il se noyait dans un vide total, un désert brûlant d'où perçaient des bribes de réminiscences aussi troublantes que les flashs provoqués par les effets persistants de Beltane. Et puis son regard anthracite un peu fou, injecté de sang et de manque de sommeil, avait coulé des couvertures à un dos nu, peau de miel surmontée d'une longue tignasse brune ondulant en bataille jusqu'aux reins délicatement creusés, qu’il avait mis une éternité à resituer. Il l’avait observée d’un œil vide, hébété, trop occupé à se demander quiilétaitoùilétaitquétaittoutecettelumièrequilaveuglait pour se questionner efficacement sur son identité à elle… et alors tout lui était revenu d’un coup, déferlante violente : Centuries, FW (oui, le Firewhisky et lui en étaient à un degré d’intimité suffisant pour s’offrir des surnoms à présent ; pour l’occasion, Draco méritait bien celui de Shithead), danseuses & shows, FW, musique, FW, musique, cocktails, Orviétan, cocktails... That's it, je décolle pour de bon cette fois. — Hm. Ok, dix minutes de plus. Mais pas plus, n’essaye même pas. Ses protestations molles adressées à Simon lui revenaient en pensée, par vagues, et Salazar que c’était risible. Qu'il était peu crédible forcément, à affirmer sa volonté de partir alors qu'il demeurait cloué au fond de son siège trop confortable, une danseuse brune aux formes généreuses sur le genou (Joy, qui tendait de plus en plus souvent à lui suggérer d’attendre qu’elle finisse son chiffre afin qu’ils finissent la nuit ensemble), une main à sa taille et l’autre fermement ancrée sur une bouteille... Et la suite ? Elle était floue, égarée dans le marasme de ses neurones torturés. Il était beau l’héritier Malfoy, en ce lendemain de fête, à présent qu’il ressassait sa nuit et les zones d’ombres qui la parsemaient en se demandant à quel point il avait joué de ses propres limites, bafoué ses propres principes, pour seulement quelques heures de délivrance… Instant dédié à ce qui ressemblait douloureusement à une prise de consciente — hier il avait la compagnie, aujourd’hui seule lui restait la gueule de bois qui lui susurrait à l’oreille : « Bravo, tu as tout gagné n’est-ce pas ? Tu te sens mieux maintenant, hm ? Regarde bien à quoi rime ta vie à présent. Après toutes ces batailles tu trébuches sur une bouteille, tu t’y accroches comme à une ancre et tu sombres, sombres, sombres. Où échoueras-tu demain ? » Peut-être qu’il buvait trop ? Dans le silence de la chambre, son regard délavé s’était ancré sur un tableau dont les couleurs vives lui avaient fait fermer les paupières, à l’agonie, sourcils froncés. Peut-être buvait-il vraiment trop ? Mais non, non. On le lui aurait dit, sans doute si c’était le cas. On — quelqu’un… Sa mère (mais elle n’était plus là), Sue (mais elle n’était plus là), Lucrezia peut-être (mais elle n’était plus là), Blaise (mais il n’était plus là), Pansy (elle avait ses propres tourments), Nyss (depuis combien de temps avait-il négligé de lui rendre visite ? Too busy slowly killing himself). Il avait chaud, il étouffait, son corps était un carcan fiévreux et inconfortable et l’angoisse qui lui montait à la gorge lui donnait envie de s’arracher la peau avec les ongles, et la bile menaçait de le noyer de l’intérieur, et… en quelques secondes il s’était retrouvé à tanguer tel un bateau ivre jusqu’à une cuvette sur laquelle il s’était courbé pour régurgiter le contenu de son estomac et plus encore (toutes ses entrailles peut-être, il ne pouvait rien rester après tout ça, non ?). L’odeur âcre avait manqué le faire replonger et il avait dû faire rapidement disparaître toutes traces de sa déchéance avant que son organisme ne la lui fasse payer une fois de plus. Peut-être qu’il avait vraiment trop bu et qu’il avait tout bêtement l’alcool dépressif. Transition abrupte, instant dédié au déni à présent : c’était seulement un dérapage, ça arrivait au meilleur des hommes non ? (Inspire, expire). Pas de raison de paniquer, tout était sous contrôle.

Mal. De. Tête. Les bruits étaient infernaux, infernaux, et par pitié que quelqu’un éteigne ce soleil !

Potions… il avait quelque chose, quelque part… Ah, banco. Retour à sa chambre. La danseuse, encore là. Ses vêtements épars, au sol et sur les meubles. Désordre. Draco haïssait le désordre. De quelques coups de baguette, il avait réorganisé la pièce, envoyé valser sur elle tous ses effets pour la tirer des limbes. Elle avait papillonné des cils, s’était étirée comme un chat, féline et langoureuse, et il avait froncé les sourcils, encore. Il fallait changer les draps. « Tu vas partir oui ? Je dois aller bosser. » Il n'aimait pas spécialement se montrer insultant avec les femmes, ne l'était presque jamais avec elle. Ça ne lui titillait pas beaucoup la conscience, mais il s'en passait bien quand ce n'était pas nécessaire (pour les hommes par contre c'était gratuit toute l'année, sans restriction). En l'occurrence, il était simplement trop à l'ouest pour se soucier d'être agréable. C’était sorti tout seul et il s’était décomposé en même temps qu’elle, mais pour une raison différente : quelle heure était-il ?

Et c’était ce qui lui avait fait prendre conscience de son fabuleux retard.

Ce qui l’avait poussé à se préparer au pas de course (Joy avait claqué la porte en partant, aïe), à emprunter la cheminée pour se rendre au Manoir plutôt qu’à y transplaner comme seuls les Malfoy étaient aptes à le faire, à presser un Scorpius qui n’arrangeait rien à son retard (et qui ne s’était guère gêné pour lui faire savoir qu’il avait une haleine de nundu. Merlin merci, ce petit était franc : aller au travail dans cet état aurait été dramatique), et à céder sans réfléchir à la requête de venir le chercher à l’instant même où il quitterait le travail pour l’emmener à l’appartement (damn, quel profiteur) (mais pour l’heure, tout était bon pour le faire taire) tandis qu’il l’aidait à préparer ses affaires pour l’emmener chez sa marraine. Il avait laissé le soin à Tispy de conduire l’enfant à Lake District, cela dit, et l’elfe était parti avec le gamin au bout d’un bras, l’autre ayant été chargé par les soins de Draco d’un charmant bouquet de pivoines emprisonné sous une cloche en verre hermétique qu’il avait accompagnée d’un mot inscrit à la va vite :

Merci d’avoir accepté de le garder aujourd’hui. Père a obtenu l’autorisation de quitter l’Angleterre en juillet pour emmener Mère consulter des experts. Pourrai-je compter sur ton aide, pour Scorpius ?
++ Réserve-moi une de tes soirées, un de ces quatre.
Draco

L’esprit plus tranquille, la gueule-de-bois relativement apaisée par les potions, l’allure améliorée par d’astucieux Glamours, il se présenta au Ministère et plus précisément au bureau de Rookwood, dont il attendit l'autorisation pour entrer. « J’espère pour toi que tu as une excellente explication », assena son supérieur sans quitter sa paperasse des yeux, alors que la porte se refermait derrière lui.


« Ce projet est trop sérieux pour que tu te montres si insouciant. », persifla Darja Valkov. Draco lança à sa partenaire un regard irrité – elle n’avait eu de cesse de multiplier les remarques depuis qu’il était arrivé (tellement, tellement en retard). « C’est le genre de situations avec lesquelles ont doit parfois dealer quand on a une vie. » Il n’avait jamais rien eu contre son caractère d’automate tant qu’elle ne l’avait pas tourné contre lui. Le silence se fit pesant alors qu’ils se concentraient pour extraire les composants magiques d’une fiole de sang et isoler les particules. Ce fut au moment crucial où il s’apprêtait à entamer la dernière étape qu’il sentit chauffer dans sa poche le miroir à double sens confié par Luna, et il n’eut que le temps de se mettre à tousser frénétiquement pour couvrir la voix de la jeune femme avant que sa partenaire ne l’entende. « Je reviens. » Clairement exaspérée, Darja ne le gratifia pas d’une réponse et il s’empressa de s’isoler pour sortir l’objet répréhensible, irrité au possible. Tout allait vraiment de travers aujourd’hui. « Quoi ? » fut sa réponse aboyée ; mais de la voix rêveuse et du visage éthéré, souriant, qu’il s’attendait à trouver à travers la glace, il n’y avait nulle trace. La phrase difficilement formulée qui lui parvint se perdait dans des tons rauques, et elle fut avortée par une toux sèche à en cracher ses poumons, qui éclaboussa la surface de gouttelettes de sang dont Malfoy était incapable de déterminer l’origine. « Marie, qu’est-ce qui se passe ? » User du prénom d’emprunt de Loony Lovegood était l’option la moins compromettante. « Je ne comprends pas un traitre mot de ce que tu racontes », s’impatienta-t-il. Un sentiment bataillait pour se substituer à son agacement — l’inquiétude. L’information finit par lui parvenir : elle était en mauvaise posture, lui demandait de l'en sortir, et il jura dans sa barbe en jetant un coup d’œil embêté par-dessus son épaule, le cerveau fonctionnant à allure aussi vive que possible (ce qui était beaucoup dire étant donnée sa migraine). « Tu ne pouvais pas tomber plus mal. Je vais voir ce que je peux faire, mais ça va prendre… quelques heures. Interdiction de bouger, débrouille-toi pour te faire discrète. » Le problème était que Rookwood ne lui accorderait jamais de partir plus tôt. Peut-être s’il affirmait que Scorpius était malade… et s’il proposait de rattraper les heures perdues, voire plus, durant le weekend… Well, c’était vraiment le pire timing possible : il avait été assigné à peine quelques jours plus tôt à un projet d’expérimentation complexe et s’il n’était pas à la hauteur, c’était le Magister qui le lui ferait payer.

Mais tout de même, Lovegood était affalée dans une ruelle sordide du Chemin de Traverse, difficilement masquée derrière il ne savait quelles immondices de peur d’alerter les passants, et visiblement en piteux état. L’anxiété lui nouant désagréablement les muscles des épaules, Draco tenta de la chasser temporairement de ses pensées pour se reconcentrer sur ses expériences. Succès fort mitigé.


Pourquoi avait-il fallu qu’il promette à son fils de le récupérer ? « Scorpius, laisse la dame se reposer veux-tu ? » répéta-t-il avec humeur pour ce qui lui semblait être la millième fois en moins d’un quart d’heure. La petite tête blonde, curieuse, ne cessait de revenir roder auprès du lit alors que Draco, armé de linges propres, d’une bassine, de potions et de sa baguette, tentait de soigner l’endormie (le Polynectar n’avait nullement transformé ses multiples blessures, mais les avait simplement appliquées au corps emprunté ; Malfoy avait par contre usé de quelques sorts de nettoyage et de stase, puis ajouté quelques Glamours pour épargner à son fils la vue du sang et des plaies ouvertes). Il se doutait que Scorp cherchait à reconnaître des traits familiers derrière le rideau de mèches brunes, et comme de fait : « Sue ? C’est toi ? » chuchota le petit garçon (mais comme il ne savait pas chuchoter, Draco n’eut pas le moindre mal à l’entendre), excité comme rarement. « Non Scorpius, ce n’est pas elle. Maintenant j’aimerais que tu ailles t’entraîner à manipuler ton balai miniature sur le balcon, tu me montreras tes atterrissages quand j’aurai fini ici. » (L’enveloppe d’Eris Burke répondant à sa question concernant la façon d’agir lorsque son fils évoquait son ex était encore fermée sur le bureau, il se promit de prendre le temps de la lire lorsque cette pénible journée arriverait à son terme).

Draco attendit que la porte se soit fermée pour lever les différents sorts et s’atteler à aider la jeune femme de son mieux. Les manches retroussées, il commença par humidifier avec une potion désinfectante un carré de tissu blanc, pour éponger l’hémoglobine qui suintait de toutes les coupures, bougeant lentement sa baguette au-dessus de chacune d’elles pour les refermer à l’aide d’une litanie de Vulnera Sanentur. Et maintenant ? Il n’était pas médicomage pour un sou, ne connaissait que les sorts de secours immédiats permettant de stabiliser l’état d’une victime en attendant l’arrivée des secours, et avait donc préféré s’armer d’un ouvrage sur la question avant de se pencher sur le cas de Lovegood (il serait réellement dommage qu’il l’éborgne en tentant de soigner la méchante brûlure qui lui scillait le sourcil droit et bordait dangereusement sa paupière…). « Pire qu’une enfant », râla-t-il, « on tourne les yeux une seconde et regarde l’état dans lequel tu réussis à te mettre. Et où est passée miss Hermione « Perfection » Granger ? Toujours là pour distribuer des leçons de morales, mais aux abonnés absents lorsque la situation dégénère right ? » Qu’est-ce qui lui avait pris, de s’impliquer avec ce duo d’attrape-galères ? Si ça s’apprenait, il était mort. Heureusement pour lui, son colocataire ne devait normalement pas rentrer de si tôt ; mais au cas où, il avait tout de même pris soin de faire ingurgiter à l’insurgée une dose de polynectar, en récupérant l’un des cheveux laissés dans sa brosse par sa compagne de ce matin-même.

Ce fut pourtant d’un mouvement délicat qu’il lui souleva la nuque pour accéder à l’arrière de sa tête, et sa main fut aussitôt couverte d’un gant de sang, au même titre que l’oreiller – un sort avait manqué de peu de la scalper juste là, en partant de l’arrière de l’oreille, mais elle avait visiblement réussi à limiter l’impact au maximum. Quelques soins finaux et gouttes de potion (régénération sanguine, solution de Force et Essence de Murlap) plus tard, il choisit de s’interrompre, préférant laisser à Luna, lorsqu’elle se réveillerait, le soin de se charger des potentiels soins que son état pourrait requérir de plus : il avait beau connaître un peu trop bien son corps d’emprunt, l’idée de la dévêtir n’en était pas moins… awkward. Et il était à peu près certain que Granger l’étriperait si elle en avait vent.


Main gauche posée sur sa tasse où refroidissait un thé sans sucre rehaussé par quelques potions, une cigarette allumée coincée entre l’index et le majeur, droite tenant une liasse de paperasse (cryptée à coups de sorts visant à repousser les non-initiés) qu’il avait dû ramener du bureau lorsqu’il avait pris son après-midi, jambes étendues sur la table basse qui ornait un côté du balcon magiquement rendu spacieux, Draco interrompit sa lecture et tourna son attention en direction de la porte en entendant s’élever une voix quelque part à l’intérieur de l’appartement. Ce ne fut qu’à ce moment qu’il s’aperçut que Scorpius avait abandonné son balai au sol et profité de sa concentration pour filer — et où ? Dans la chambre évidemment. Le gamin avait été de sale humeur depuis qu’il s’était mis en tête que papa voulait remplacer Sue par la fille qui ne savait rien faire d'autre que dormir et il était certain qu’il s’en plaindrait dès que possible auprès de quelqu’un (sa marraine, probablement). Such a cry-baby. Il avait dû escompter faire part à la concerné de sa façon de penser tandis que son père était absorbé par son travail, mais connaissant son fils Draco se doutait qu’il était finalement resté muet comme un fangieux, à froncer furieusement les sourcils en direction de Loufoca-Joy comme si elle percevrait par télépathie ses ondes négatives.

Ceci dit, connaissant l’énergumène, il était possible qu’elle les perçoive en effet.

Le mal de tête s’était atténué mais ne disparaissait pas. Sentant son tempérament basculer de nouveau vers le mécontentement, Draco quitta le balcon avec un soupir impatient pour rejoindre la pièce où retentissait à présent un… bref éclat de rire arraché à Scorpius ? Ça c’était inquiétant. Le spectacle qui l’attendait à l’intérieur de la chambre, plongée dans le noir, était stupéfiant : son fils courait les yeux rivés sur une boule de lumière bondissante, sautait sur place pour réussir (sans succès) à lui mettre la main dessus, et finit par se précipiter sans s’en apercevoir droit dans les jambes de Draco auxquelles il se heurta de plein fouet avant de tomber sur les fesses. La création bleutée (un patronus… miniature ?) sautillait en cercle autour de sa tête et il finit par s’apercevoir qu’il s’agissait d’un furet. Un furet. Elle avait osé. La mâchoire du blond se contracta mais il s’obligea à rester muet, et se contenta d’allumer abruptement les bougies en vrillant l’alitée d’un regard assassin… auquel elle sembla imperméable. Ou presque : le patronus se volatilisa (comment par Merlin avait-elle réussi cette incantation alors qu’elle n’avait visiblement pas encore localisé sa baguette, posée sur la tête de lit ?).

« Ton Papa aime beaucoup les furets, tu sais ? » Le ton jovial et innocent de Loufoca était pleinement de retour et il ne put s’empêcher de grincer des dents. N’apprenait-elle donc rien ? « Personnellement, je préfère les pandas ! ». Scorpius, lui, s’était calmement relevé pour se réfugier dans un coin de la pièce où il jouait en silence avec deux de ses miniatures de dragons : il avait dû voir s’amonceler la tempête. Le jeune père l’isola de la discussion en créant une bulle silencieuse autour de lui et attaqua aussitôt. « Tu comptes continuer de faire ça toute ta vie ? » Questionna-t-il sèchement en toisant Luna avec tout ce qu’il avait de mépris. « Te comporter comme une enfant et prétendre que tu ne viens pas de frôler la mort ? Il me semblait qu’on avait une entente ! » Ulcéré, il appuya ses mains sur le pied du lit qu’il frappait du bout de l’index pour marteler ses mots. « Tu es sensée te montrer discrète, certainement pas te promener sur le Chemin de Traverse en solitaire alors que l’une de tes identités est recherchée et l’autre, supposément morte. » C’était un terrain sensible qu’il abordait là en lui rappelant que Luna Lovegood était aux yeux du monde sorcier une rebut abattue comme un rien par son maître ; il songea très brièvement à ravaler ses mots avant qu’ils ne la renvoient au souvenir de Lucius, mais envoya valser l’idée avec humeur. « Qu’est-ce que tu veux enfin, ajouter Marie Talesco à la liste des victimes des Rafleurs ? Au cours d’une traque tu auras du mal à mettre au point un stratagème pour survivre miraculeusement une seconde fois. » Il était beaucoup trop compliqué de dire et de songer qu’il s’en faisait pour elle ; beaucoup plus aisé de lui cracher son venin au visage alors qu’elle était encore étendue dans des robes sorcières gorgées de sang séché. Et puis… « Tu es consciente que ton manque de discrétion pourrait m’être fatal et, par le fait même, condamner mon fils ? Et comme si tes frasques du jour ne suffisaient pas, tu trouves approprié de gaspiller en sorts futiles le peu d’énergie que ton corps a pu emmagasiner grâce aux potions de soins ! » Sous l’impulsion de sa baguette, la porte de l’armoire qui trônait le long de tout un pan de mur coulissa et Draco usa d’un Accio pour attirer jusqu’à lui une chemise aux manches courtes, un short de pyjama souple qui s’adapterait automatiquement à son tour de taille — et, au cas où, un caleçon propre, en étouffant définitivement la myriade de awkward, awkward, awkward. as. fuck. qui tournaient sans discontinuer dans ses pensées. Le tout, soigneusement plié, se posa entre eux deux sur le lit. « Puisque tu te sens suffisamment en forme pour pratiquer la magie, je suggère que tu fasses quelque chose d’utile de ce surplus de bonne volonté et que tu ailles prendre un bain. Histoire de cesser de te vautrer dans ton propre sang. » Pourquoi ne prenait-elle jamais conscience de la gravité des choses ? C’était une manie exaspérante. Ou stupéfiante — allez savoir ; en tout cas, dans ces circonstances, l’exaspération primait largement. Il savait pertinemment que ses jambes peineraient à la porter ne serait-ce que sur quelques mètres : il était à peu près certain que c’était en grande partie à cause d’un des maléfices bien (ou mal, selon le point de vue) placés dont il avait atténué les effets qu’elle s’était retrouvée immobilisée, piégée dans l’allée où il l’avait récupérée. Il espérait justement que le constat lui servirait d’électrochoc.  

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I'M SORRY I'M SUCH AN ASSHOLE
I'll be good, i'll be good • I thought I saw the devil looking in the mirror. Drop of rum on my tongue with the warning to help me see myself clearer. My past has tasted bitter for years now, so I wield an iron fist. Grace is just weakness or so I've been told. I've been cold, I've been merciless. But the blood on my hands scares me to death, maybe I'm waking up... today.


Dernière édition par Draco Malfoy le Lun 15 Fév 2016 - 5:17, édité 3 fois
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HERO • we saved the world
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‹ crédits : LUX AETERNA (avatar), TUMBLR + MATHY LA BEST (gifs), KAZUO ISHIGURO (quote).
‹ dialogues : bleu (luna - #669999) ; rosé (marie - #cc6666).


‹ âge : (depuis le 13/02/04) 23
‹ occupation : aventurière dans l'âme, souvent bénévole, étudiante par correspondance et mère à plein temps.
‹ maison : Serdaigle
‹ scolarité : septembre 1992 et décembre 1997.
‹ baguette : mesure 25, 8 centimètres, a été taillée dans du bois de sorbier et son cœur recèle un ventricule de dragon.
‹ gallions (ʛ) : 7895
‹ réputation : je suis différente ; même je ne suis plus aussi loony qu'auparavant.
‹ particularité : douée d'un sixième sens tel qu'on me soupçonne d'avoir le troisième œil.
‹ faits : Marie n'est plus ; que je me réhabitue à mon nom, mon visage et ma vie d'autrefois, tant bien que mal ; que les conséquences d'une année et demie volée sont rudes ; que je crois en Harry Potter depuis toujours ; que je suis une héroïne de guerre ; qu'il me manque du bon sens et une part d'humanité ; que je ne pourrais pas survivre sans ma fille, Lesath, ni son père, Rolf Scamander, à mes côtés ; que notre famille détonne ; que je suis l'une des sacrifiés scolaires de la guerre ; que Lesath est atteinte du syndrome Rosier.
‹ résidence : dans cette drôle de demeure du Devon, en forme de tour d'échecs, avec Rolf et notre fille, Lesath. Autrefois musée du gouvernement, aujourd'hui réhabilitée, elle s'élève toujours aux abords de Loutry-Ste-Chapsoule.
‹ patronus : un sombral, après de nombreuses métamorphoses (le lièvre et le panda ont été les plus marquantes).
‹ épouvantard : une forme prostrée dans un sous-sol tantôt calciné, tantôt humide (représentation d'un retour en arrière inéluctable, sans Lesath, sans Rolf, sans ceux qui comptent pour moi).
‹ risèd : une longue chaine dorée, sertie de six pendentifs très particuliers.
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whoever fights monsters should see to it that
in the process he does not become a monster too.
and if you gaze long enough into an abyss,
the abyss will gaze back at you.


Lorsque Scorpius retourna s'installer dans le coin de la chambre qu'il occupait quelques minutes plus tôt, la jeune femme ne put s'empêcher de froncer des sourcils. Clairement, il devait avoir une vision, posséder des dons de voyance que Draco n'avait pas encore détecté… ou savoir quelque chose que l'ancienne Serdaigle ne réussissait pas à déchiffrer. La douleur lancinante qui martelait son crâne depuis la disparition du petit furet bleu l'empêchait d'élaborer toutes les possibilités inimaginables, les hypothétiques scénarios à venir. « Tu comptes continuer de faire ça toute ta vie ? ». Ah ! La voilà, la raison du repli soudain du garçonnet. Le manque de réaction de Scorpius indiquait clairement à Luna que Draco avait insonorisé l'espace tout autour de son fils, le protégeant ainsi du ton qu'il allait employer, de la précision exacerbée avec laquelle il allait exprimer sa façon de pensée à l'ancienne Serdaigle – 'haute en couleurs', lui souffla une voix en guise d'avertissement. Great guy ! « Te comporter comme une enfant et prétendre que tu ne viens pas de frôler la mort ? Il me semblait qu’on avait une entente ! ». Pas si fantastique que ça, finalement. Le regard de Luna se modifiait au gré des paroles de son ami. Non, elle n'avait pas frôlé la mort… elle l'aurait senti, autrement, right ? « Tu es sensée te montrer discrète, certainement pas te promener sur le Chemin de Traverse en solitaire alors que l’une de tes identités est recherchée et l’autre, supposément morte. ». En un battement de cils, les yeux de Luna se posèrent de nouveau sur les traits obscurcis de Malfoy. Il avait raison, Luna Lovegood était morte. Morte sous les sorts de Luci… Le corps emprunté de la sorcière se mit à réagir instinctivement à son changement d'humeur, la renfermant physiquement sur elle-même. Gênée par la fureur de Draco et sentant brûler les prunelles de ses yeux, Luna baissa honteusement la tête. Elle préférait concentrer son attention sur ces mains étrangères qu'elle portait à bout de bras, les jointures de ces doigts inconnus se blanchir en serrant les draps de soie, plutôt que de subir une seconde de plus le regard critique et le visage déformé par l'exaspération de Malfoy. Tout plutôt que de visualiser mentalement le visage de son ancien maître ; elle le voyait déjà bien assez au beau milieu de la nuit, au sein même de ses rêves.

Le souvenir de son maître était à l'origine de ses premiers cauchemars.  

« Tu es consciente que ton manque de discrétion pourrait m’être fatal et, par le fait même, condamner mon fils ? ». Luna perdit le fil à ce moment-là. Oui, elle était peut-être inconsciente. Oui, elle n'aurait peut-être pas du prendre la poudre d'escampette et quitter le camp des Silencieux sans en avertir le moindre de ses camarades, sans prévenir Hermione. Oui, elle aurait sans doute du attendre une accalmie pour déchiffrer les nombreux souvenirs qui l'assaillaient de part en part depuis Beltane. Mais insinuer qu'elle voulait du mal à Scorpius (elle qui avait caché son existence si précieuse aux Insurgés pendant des mois), qu'elle voulait voir Draco mourir pour acte de trahison – 'haute trahison', toujours cette même voix glaciale – (elle qui se souvenait à peine de la forme de son véritable corps), c'en était trop. D'un geste irrité, Luna repoussa les draps sous lesquels elle reposait et prévoyait de renvoyer à Draco Malfoy une réplique bien cinglante – de cette même franchise percutante qui avait plus d'une fois recadré Hermione ou Harry dans l'espace et le temps – mais les vêtements qu'il lui déposait au beau milieu du lit tout en continuant son acerbe litanie stoppèrent l'amertume qui lui était monté à la gorge. Ses muscles se décrispèrent et ses lèvres s'étirèrent en un sourire compréhensif lorsqu'il lui suggéra de prendre un bain. « I knew it ! ». La voix de Luna-Joy était sereine, mystérieuse, percevant une vérité que Malfoy lui-même ne pourrait pas décrypter, même si toutes les clefs de l'univers lui étaient données pour pouvoir en traduire la signification. « Je n'aurais pas trouvé ça hors caractère si tu m'avais juste dit 'j'ai eu peur pour toi', tu sais ? ». L'offre alléchante de pouvoir prendre un bain éveilla ses fonctions motrices (depuis quand n'avait-elle pas barboter dans une eau chaude contenant une myriade de bulles colorées?) et après avoir repéré sa baguette magique (posée sur l'autre oreiller du lit et indubitablement rempli de plumes délicates), Luna entreprit de nouer sa nouvelle chevelure en un chignon distingué à l'aide de sa fidèle arme en bois de sorbier (la lourde masse bouclée et le tiraillement douloureux à l'arrière de sa nuque rendirent le résultat plus anarchique que distingué).

« Pour tout te dire... », commença-t-elle tout en extirpant ses jambes engourdies des draps et testant avec insistance la plante de ses pieds nus contre la descente de lit de son ami, « J'essayais de me souvenir de toi, enfin non, pas de toi 'Toi-Draco-Malfoy' mais du toi 'Toi-d'Autrefois' ! ». Luna se releva de sa position assise et réussit à se maintenir  fièrement debout (le monde paraissait infiniment grand lorsque vous faisiez une taille avoisinant le mètre quatre-vingt  plutôt que votre mètre soixante naturel), tendant les deux bras de la même façon qu'un équilibriste marchant sur un fil, « Je n'arrivais pas à me décider en fait ! ». Avec fluidité, ou du moins essayant de mouvoir ses membres sans paraître trop handicapée par son statut de convalescente, Luna attrapa les habits de Draco et les déplia d'un geste ample, les calant sans le moindre soin par dessus ses deux épaules. « Je nous voyais au beau milieu d'une forêt, à Londres, aux thermes... ». Ne quittant pas le visage de son ami des yeux, elle entama une marche tremblotante dans la direction générale que lui avait indiqué Draco d'un mouvement de tête. L'état poisseux de son visage ne l'empêcha pas de s'illuminer en constatant qu'elle réussissait à marcher sans aide (d'une démarche vacillante provoquée par l'annulation progressive des effets du Locomotor Wibbly et non pas par le déséquilibre provoqué par les formes de son corps d'emprunt, comme le croyait) et cette assurance nouvelle lui fit accéléré le pas. « Ou j'étais avec Hermione peut-être, les hommes et les femmes n'étaient pas autorisés à se baigner ensemble, il me semble... ». La seconde suivante, Scorpius reposa nerveusement ses jouets au sol et après être sorti de sa sphère d'Impassibilité, il tenta de rattraper la sorcière par le pan de ses robes. « Par Merlin, j'étais peut-être un homme ! ». La constatation la choqua tellement qu'elle détourna son attention d'un Malfoy dubitatif (pourquoi la regardait-il avec des yeux de Boursouflet?) pour se confronter frontalement à...une porte. Le bruit sourd que produisit le choc de la sorcière contre l'entrée fermée de la salle de bain fit s'évanouir la multitude d'images qu'elle visualisait intérieurement en un instant. « Ouille ! ». Scorpius se tenait à présent à ses côtés et l'aida à s'agenouiller sur le sol lorsque la main gauche de la dame au chignon prit appui contre son épaule, totalement déséquilibrée par l'odieux obstacle en bois. « Tu n'avais pas vu la porte ? », questionna-t-il sur un ton qui aurait pu faire pâlir de jalousie son paternel lui-même. « Non ! Je pensais qu'elle était ouverte... », répondit faiblement Luna-Joy, tout en massant son front douloureux. « Je vais bien ! », lança-t-elle à la volée, rassurant niaisement le Mangemort, tout en secouant ses bras en l'air. Elle devait sûrement se croire invisible depuis sa nouvelle position au sol. D'un geste de l'index, elle indiqua la porte à Scorpius.« Je veux bien ton aide par contre. Tu pourrais me faire couler un bain ? ». Scorpius passa devant Luna et lui ouvrit la porte, l'observant pénétrer dans la pièce d'eau à quatre pattes. Après un rapide coup d’œil vers la baignoire, il lui lança : « Papa l'a déjà préparé mais je peux ajouter des bulles, si tu veux. Marraine dit que ça peut aider à mieux se concentrer… et toi, comme tu ne fais pas attention à grand-chose... ». La sorcière, qui se relevait une nouvelle fois en tenant fermement la luxueuse faïence du double-lavabo, approuva l'initiative du garçon d'un mouvement frénétique de la tête. « J'adorerais ça ! ».

Après avoir remercié l'enfant, Luna fit face au miroir placé juste en face d'elle. L'étonnement peignait clairement son visage mais une fois la surprise passée, Luna s'approcha un peu plus près de la glace avec la ferme intention de découvrir les moindres détails de cette nouvelle identité (traits et blessures incluses). Des prunelles ambrées, une peau couleur de miel, une masse de cheveux qui rendrait sûrement Hermione à court de potions capillaires en un rien de temps. Puis son attention fut happée par les différentes marques que les sortilèges de Glamour rendaient informes. L'arcade sourcilière, la lèvre, la pommette, le cou… « Tu peux laisser la porte entrouverte ? J'ai l'habitude de jouer à 'Devines la forme' lorsque je suis entourée de bulles. Tu devines ! », déclara-t-elle sur un ton ferme et définitif. « Pourquoi moi ? », lança-t-il sur un ton plaintif, n'admettant pas d'être le joueur aveugle de la partie. Luna-Joy abandonna son reflet pour lancer un regard plein de défi à Scorpius. « Parce que je dois prendre mon bain et pas toi. Aurais-tu peur de perdre ? ». Scorpius tiqua face à la boutade de la dame qui semblait toujours vouloir dormir, même lorsqu'elle était éveillée. « Moi ? Perdre ? Les Malfoys ne perdent jamais ! ». Acceptant le défi comme pour défendre l'honneur de la famille Malfoy toute entière, Scorpius se dirigea d'un pas décidé hors de la salle de bain et s'installa près de la porte, lançant un 'humpf' à la volée lorsqu'il se laissa glisser contre le mur. Un maigre sourire répondit silencieusement à la fierté induite de Scorpius. Luna-Joy déposa les vêtements propres contre le lavabo et, tout en prenant soin de ne pas frôler les nombreux hématomes qui lui parcouraient la peau, elle entreprit de se déshabiller. Débarrassée de ses vêtements souillé de sang, déchirés ou brûlés par les nombreux sorts que les Râfleurs lui avaient lancé (Merlin, dans quel état Malfoy avait-il bien pu la trouver ?, se demandait-elle tout en laissant l'horreur déformer ses traits dans l'intimité de la salle de bain), Luna-Joy ôta sa baguette magique de ses cheveux et les laissa s'éparpiller tout autour d'elle. Elle entra dans le bain lentement, ne souhaitant pas se fracasser le crane stupidement après avoir échappé une fois encore à la mort. Et puis, comment Draco expliquerait-il le cadavre d'une insurgée chez lui ?  

La chaleur de l'eau la détendit instantanément. 'Sans Lui, tu serais morte plus de fois encore que tes morts passées !'. « La ferme... », grogna-t-elle dans un souffle, trompant son irritation en calant sa baguette magique derrière son oreille droite. L'appartement de Malfoy devait certainement être infesté de Joncheruines vu la cacophonie que produisait la voix de l'Autre en elle, sans discontinuer, critiquant sporadiquement la moindre de ses pensées, le moindre de ses gestes. « Tu as le droit de te faire aider par ton père, si tu veux ! », éleva-t-elle la voix, se faisant ainsi entendre des deux Malfoy présents dans la pièce adjacente. « Le premier est facile, ils sont avec toi dans la pièce ! ».  Les mains de Joy attrapèrent un peu de mousse et, avec une volonté qui se voulait de fer, elle tailla la forme d'un dragon. Du moins, ce qu'elle pensait être un dragon. La masse aérienne présente entre ses paumes ressemblait plus à une pyramide qu'aux animaux faits d'écailles et de feu. L'humeur de la jeune femme s'améliorait à défaut de son état physique général. L'eau maintenue à bonne température magiquement anesthésiait la sensation de lourdeur que lui imposaient ses courbatures et le dégoût provoqué par la vue des nombreuses blessures qui  lui jalonnaient les bras, les genoux, la poitrine (le moindre morceau de peau reprenait son état initial, les Glamours disparaissant un à un au contact de l'eau).

Draco se mit à parler mais Luna n'entendit absolument rien, trop occupée à provoquer des clapotis dans l'eau de l'immense baignoire, à savourer le luxe d'un bain après tant d'années de cavale, plutôt que de l'écouter sérieusement. A côté de la plaque, vous dîtes ? Pas plus que d'habitude. Du moins, c'était ce qu'elle pensait. La fuite, les blessures et les nombreux soins prodigués par Malfoy lui avaient juste rendu son tempérament d'antan, bannissant temporairement l'attention et le sérieux de Marie… Ce constat la fit éclater de rire. Elle, se souvenir des paroles que Draco lui avait asséné quelques minutes auparavant ? Quelle idée saugrenue que voilà ! Elle ne se souvenait déjà plus qu'elle avait entamé l'explication de sa glorieuse épopée contre la Mort, alors...

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AND SO WE STOOD TOGETHER JUST LIKE THAT, AT THE TOP OF THAT FIELD FOR WHAT SEEMED LIKE AGES, NOT SAYING ANYTHING, JUST HOLDING EACH OTHER; WHILE THE WIND KEPT BLOWING AND BLOWING AT US, TUGGING OUR CLOTHES, AND FOR A MOMENT, IT SEEMED LIKE WE WERE HOLDING ONTO EACH OTHER BECAUSE THAT WAS THE ONLY WAY TO STOP US FROM BEING SWEPT AWAY INTO THE NIGHT.


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PRISONERS • bloodstains on the carpet
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‹ crédits : faust.
‹ dialogues : seagreen.


‹ liens utiles : draco malfoy w/ lucky blue smith ; ginevra weasley w/ holland roden ; calixe davis w/ audreyana michelle ; uc w/ uc ; indiana alderton w/ nicola peltz ; heath ravka w/ im jaebum ; even li w/ jeon jungkook ; jelena kuodzevikiute w/ ariana grande.

‹ âge : 23 yo (05.06.80).
‹ occupation : ancien langue de plomb (spécialisé dans les expérimentations magiques) ; fugitif et informateur de la RDP entre le 26.05.03 et le 08.12.03 ; condamné à 22 ans à Azkaban pour terrorisme, au terme d'une assignation à résidence et d'un procès bâclé, tenu à huis-clos.
‹ maison : Slytherin — “ you need a little bit of insanity to do great things ”.
‹ scolarité : entre 1991 et 1997.
‹ baguette : un emprunt, depuis qu'il est en fuite. elle n'est que temporaire et il ne souhaite pas s'y intéresser ou s'y attacher, puisque la compatibilité est manquante.
‹ gallions (ʛ) : 11757
‹ réputation : sale mangemort, assassin méritant de croupir à vie en prison pour expier ses crimes et ceux de ses ancètres.
‹ particularité : il est occlumens depuis ses 16 ans.
‹ faits : Famille.
Narcissa (mère) en convalescence. sortie de son silence depuis peu pour réfuter l'annonce de son décès ; reconnue martyr. lutte pour que le jugement de son fils soit révisé.
Lucius (père) mort durant la tempête du 03.03.2004.
Spoiler:
 

‹ résidence : emprisonné à Azkaban depuis le 06.01.04. en fuite depuis le 08.05.04.
‹ patronus : inexistant.
‹ épouvantard : l'éxécution de juillet 02, ses proches en guise de victimes: leurs regards vidés par l'Imperium, la baguette de Draco dressée, les étincelles vertes des AK et leurs cadavres empilés comme de vulgaires déchets.
‹ risèd : un portrait de famille idéal, utopique.
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are her strongest ties
30 juin 2002 & DRUNA (#1)


A quel point lui faudrait-il la heurter pour que ses mots n’entrent pas par une oreille seulement pour de ressortir par la seconde un instant plus tard ? Mystère. Luna Lovegood était un phénomène qu’il ne comprenait pas – et qu’il ne comprendrait sans doute jamais. Comment pouvait-elle demeurer si… éperdument innocente après tout ce qu’elle avait traversé ? Après avoir connu la torture et vu la mort, ni plus ni moins. Les expériences ne lui faisaient pas gagner un sou de sens commun ; elle demeurait elle-même, encore et toujours extravagante et perdue dans une "Luna-attitude" (faute de meilleur terme) qui le… scandalisait ? Non, ce n’était pas le bon terme. Une part de lui était consciente que si, de tous, Loufoca perdait foi en l’être humain et en l’avenir, alors le monde n’aurait plus qu’à s’effondrer sur ses propres bases, puisque l’espoir même serait mort. Malgré tout, elle poussait. C’était exaspérant, effrayant que de devoir la retrouver au bord du précipice, l’arracher aux bras décharnés du néant. Et pourquoi était-il touché ? Pourquoi n’était-il pas absolument indifférent à son sort ? Il aurait pu prétendre ne pas entendre son appel. Elle aurait expiré sur le pavé sans que quiconque ne puisse le lui reprocher : il n’était pas celui qui l’avait blessée. Les termes du contrat n’auraient pas été rompus. Quand était-elle devenue plus qu’un devoir, une simple corvée ? Son souffle s’accéléra imperceptiblement et il rassembla ses efforts pour n’en rien laisser paraître. Quelque chose lui admonesta que la question n’avait pas été correctement formulée, cette fois encore : quand n’avait-elle réellement été qu’un devoir ? Contrat, entente, paperasse, signature… belle excuse. Ne l’avait-il pas aidée avant même l’intervention de Granger ? N’avait-il pas simplement trouvé là l’opportunité de faire taire son devoir de mangemort soumis et obéissant pour se livrer à… autre chose ? Se complaire dans un rôle… dont il n’avait jamais entièrement pris conscience de l’ampleur, jusqu’alors. Accepte ces offrandes et entends ma prière, Ô Nona, fille de Jupiter. Prends en affection le fil de ma vie. « I knew it » » L’explosion rassurée et sereine de Luna rompit le fil des réminiscences qui avaient été à deux doigts de l’engloutir et il cligna des paupières, perplexe. N’était-elle pas censée être blessée ? En colère ? Ou alors, assaillie par la culpabilité ? « Je n'aurais pas trouvé ça hors caractère si tu m'avais juste dit 'j'ai eu peur pour toi', tu sais ? » Draco émit un son étranglé et offusqué en la dévisageant avec aigreur. Peur pour elle ? Il avait joyeusement contribué à la persécuter à Poudlard, gaminerie frôlant la cruauté de par leur acharnement. La suite... peut importait la suite. Peur pour elle, quelle idée ! « Ne me fais pas rire », grinça-t-il, son rictus déplaisant laissant transparaître l’animosité et le sarcasme de ses mots. « J’espère que tu ne comptes pas encore interpréter mon intervention comme une preuve de notre pseudo-amitié ! » Il en avait bien usé quelques jours avant l'attaque de la planque des Nocturnes, et voilà qu'il se rétractait en repartant sur la base d'un déni qu'il estimait véridique. Elle ne l’écoutait même plus, occupée à relever en une sorte de chignon psychédélique la longue tignasse brune qui, lorsque libres, frôlait jusqu’aux cuisses de Joy ; elle débordait d’une joie enfantine qui le déstabilisait complètement. Did I miss something ? Il lui semblait presque qu’elle fredonnait inconsciemment un air léger, dans sa satisfaction.

Ah. Serait-ce l’idée du bain ? Il en oubliait presque qu’étant insurgée, hors-la-loi, traquée, elle devait voir dans cette proposition (qui était à la base principalement formulée pour lui faire prendre conscience du sale état dans lequel elle se trouvait) une offre débordante de générosité, un luxe n’ayant pas de prix. Il eut presque envie de se frapper le front du plat de la main. Autant pour la réprimande… l’esprit rocambolesque et sélectif de Loufoca n’en extrayait que ce que bon lui semblait. Merlin, que c’était horripilant. « Pour tout te dire… » Il l’écoutait à moitié, conscient que ce qu’elle dirait l’agacerait à coup sûr et occupé à détailler ses gestes d’un œil critique alors qu’elle se redressait d’un pas vacillant mais étrangement émerveillé. Il n’était toujours pas prêt à faire un pas pour l’aider (and they say Chivalry is dead…), mais il n’en était pas moins attentif, n’attendant que le faux pas pour lui servir un coup d’œil victorieux et ponctuer son équilibre précaire d’un irritant Je te l’avais bien dit (ou autre remarque s’en approchant). « J'essayais de me souvenir de toi, enfin non, pas de toi 'Toi-Draco-Malfoy' mais du toi 'Toi-d'Autrefois' ! » Le commentaire lui fit brusquement relever la tête et quitter des yeux les jambes (longues jambes, familières d’une façon quelque peu dérangeante compte tenu de l’identité de celle qui les arborait à l’heure actuelle) de Luna-Joy. Lui d’Autrefois ? « Je n'arrivais pas à me décider en fait ! Je nous voyais au beau milieu d'une forêt, à Londres, aux thermes... » Aux bonnes grâces de Decima je te conjure de me remettre.  « Je ne vois pas où tu veux en venir », trancha-t-il, catégorique et de mauvaise foi – d’une voix un peu forte, pour couvrir les souvenirs qui affluaient peu à peu.

Encore quelques mois plus tôt, le phénomène l’aurait laissé perplexe et inquiet. Mais à présent, il était coutumier des caprices des vies antérieures. Ce n’était pas la première fois que des phrases et autres flashs étranges s’imposaient à son esprit lorsqu’il pensait ou voyait Lovegood, mais il s’était toujours refusé à y regarder de trop près. Et puis quoi encore, un pacte avec Loufoca ? Pfff. Il préférait prétendre ne rien voir, de peur d’être insatisfait en (re)découvrant ce qu’ils avaient pu partager dans le passé.

Soit elle ne le crut pas, soit elle n’estima pas utile de relever son commentaire ; au lieu de quoi, elle continua son périple comme si de rien n’était, concentrée comme si mettre un pied devant l’autre était l’exercice le plus complexe du monde. « Ou j'étais avec Hermione peut-être, les hommes et les femmes n'étaient pas autorisés à se baigner ensemble, il me semble... » L’image le prit de cours – embrun sur peau de pêche, ventre satiné contracté par l’effleurement d’une paume masculine – et Draco ouvrit grand les yeux en reculant de deux pas, mortifié. Qu’est-ce que c’était que ça ? Incapable de resituer le souvenir, il n’envisagea pas une seconde de questionner Lovegood (bien qu’une petit voix lui souffla qu’elle saurait certainement l’éclairer), de nouveau paniqué à l’idée d’écoper d’une réponse inacceptable. « Tu comptes atteindre la salle de bains avant demain ? » éructa-t-il en se réfugiant dans l’agressivité pour compenser son malaise. Scorpius étouffa l’effet en venant empêcher la jeune femme de rentrer de plein fouet dans la porte ; where was the fun in that ? Draco croisa les bras sur son torse, maugréant dans son coin.

« Par Merlin, j'étais peut-être un homme ! » Elle écopa d’un regard consterné et peu convaincu, mais le blond se ressaisit rapidement et s’empressa de saisir cette perche. « Un homme, oui, certainement. » Si elle était persuadé d’en avoir été un, il pouvait enterrer profondément le relent du passé qui venait de le terrifier et prétendre qu’il n’existait pas. Il remarqua un peu tard qu’il venait de démentir sa déclaration d’un peu plus tôt – comme quoi il ne se souvenait pas du tout d’une vie précédente avec elle. Il avait à peine ouvert la bouche pour ajouter quelque chose qu’elle rentra en collision avec la porte : il semblait que Scorpius ait échoué la mission qu’il s’était fixée. (Mission échouée… ? Des impitoyables lames de Morta, tiens-moi éloigné. Retarde mon heure, Ô Fata.) « Je vais bien ! » L’exclamation le fit redescendre sur terre et, désagréable, il marmonna : « Ah ouais ? En tout cas tu as une sale mine. » Thanks captain obvious. Le réconfort n’était pas son fort. Draco ôta les draps de quelques coups de baguette, s’assura que le sang dont ils avaient été gorgés avait bien été retenu par ses sorts et n’avait, ainsi, pas souillé le matelas, puis en étendit d’autres à la place. Ceci fait, il s’assit au pied du lit tandis que Scorpius venait au secours de la maladroite, compensant pour les manquements de son géniteur, et il attendit que la porte soit (presque) close pour se laisser tomber en arrière. « Il y a des potions apaisantes dans le bain », indiqua-t-il avec réticente juste avant que la silhouette féminine ne disparaisse derrière le battant. Le contact de l’eau savonneuse sur ses blessures n’aurait guère été agréable sans cette précaution... mais il n'avait pas envie qu'elle aille croire qu'il s'en souciait. Il aimait simplement le travail bien fait.

Soupir. Dans quelle galère s’était-il fourré ? Son fils, quant à lui, s’attelait à défendre l’honneur des Malfoy au cours d’un jeu. Le jeune père sentait d’ici venir le moment où il tenterait de tricher pour ne pas perdre. « Tu as le droit de te faire aider par ton père, si tu veux ! » Le concerné leva les yeux au ciel. « Je ne participe pas », prévint-il de sa voix trainante, pour éteindre l’excitation qui s’était soudain mise à briller dans l’œil de son fils. « Mais – » « Non. » Il ferma résolument les yeux pour accentuer son refus.

La voix de la fauteuse de trouble s’éleva de la salle de bains et Scorpius cessa brièvement de bouder pour se concentrer. « Ils sont avec toi dans la pièce ! ». Draco ne put s’empêcher de rouvrir discrètement une paupière pour scanner les environs, curieux de savoir ce à quoi elle pouvait faire référence. « Les oreillers ? » hasarda le plus jeune avant d’enchaîner sur une avalanche d’autres suggestions plus ou moins plausibles (il mentionna notamment son livre de contes sorciers, ce à quoi l’aîné fit sèchement remarquer que « Joy » avait parlé au pluriel). Etonné que l’enfant ne se précipite pas pour lui demander de lui souffler la réponse (qu’il n’était pas certain d’avoir par ailleurs, mais les jouets du petit étaient à peu près tout ce qui n’avait pas encore été cité ; la question était : Loufoca ne faisait-elle pas référence aux créatures imaginaires qui lui peuplaient l’esprit et qu’elle croyait voir partout autour d’elle ? hm.), il tourna son attention vers le second occupant de la pièce… pour le voir occupé à se faufiler en direction de l’entrebâillement de la porte, sans doute pour voir la forme que leur invitée avait créée à l’aide des bulles. « Marche arrière, jeune homme », cingla-t-il (d’une voix suffisamment basse pour qu’elle ne surprenne tout de même pas l’ordre), et la moue penaude de Scorpius le fit craquer. Il désigna les miniatures d’un mouvement de menton. Merlin le préserve de prononcer un jour le nom des Nargruines et autres… Jonch-something qui obsédaient la weirdo. « Les dragons ! »

Tout cela était fatalement contre-productif. Au final, Lovegood était installée dans sa baignoire et semblait prévoir d’y rester longtemps, sans tirer la moindre leçon des épreuves par lesquelles elle était passée l’après-midi même. Et Draco n’avait même pas pu la questionner pour s’assurer de ce qui avait pu attirer l’attention des Rafleurs qui l’avaient amochée. Avait-elle était pistée ? S’étaient-ils retrouvés sur ses traces par pur hasard ou en cherchant Mary, spécifiquement ? Pire : se pouvait-ils qu’ils aient le moindre soupçon concernant Luna ? Il avait besoin de l’entendre le nier de vive voix. L’incertitude le rongeait. « Il est temps pour toi d’aller voir ta marraine. » Les protestations furent immédiates. « Mais on vient tout juste de commencer ! » La ‘victoire’ lui avait visiblement donné goût à l’exercice. Draco arqua un sourcil dubitatif. « Il ne te reste déjà plus qu’une heure à passer avec elle avant de devoir rentrer au Manoir. Si tu ne te dépêches pas, tu ne pourras reprocher qu’à toi-même la brièveté de ta visite d’aujourd’hui. » Le dilemme lui fit se mordre la lèvre inférieure puis quémander : « Une seule question de plus alors… ? » Draco lui adressa un geste évasif. Fais donc. Comptez sur Luna Lovegood pour lui donner l’impression d’avoir affaire à deux enfants plutôt que d’être en compagnie de son fils et d’une adulte. Il laissa le soin à Scorp d’expliquer à sa camarade de jeu qu’il ne lui restait que peu de temps, et migra pour sa part dans la cuisine pour y dénicher de quoi nourrir l’insurgée maigrichonne qu’il avait visiblement recueillie pour la soirée.

L’étape nourriture était devenue complexe depuis qu’il s’était installé à l’appartement. Son elfe restait au Manoir, sa principale tâche étant de tenir compagnie à Scorpius en dépit de la présence de Lucius quelque part dans l’immense demeure. Et Nott n’en avait pas non plus ramené avec lui, si bien qu’ils devaient s’organiser eux-mêmes. Le premier jour, Draco avait été pris de cours en ne voyant pas apparaître sur la table les sept services quotidiens qu’il était habitué à voir s’enchaîner, depuis l’enfance. Nott et lui avaient partagé un regard inexpressif avant que le blond ne jure en s’apercevant qu’en effet, il leur faudrait s’en sortir seuls sur ce coup. Leurs stocks n’étaient pas encore spécialement organisés – ils ne manquaient pas de bièraubeurre, de FW et d’Orviétan, mais tout autre denrée comestible était relativement rare. Bien sûr ils s’étaient organisés depuis. Draco était même parvenu (plus ou moins) à maîtriser quelques recettes simples, mais la fierté de les réaliser seul ne supplantait pas ses exigences outrageusement élevées et au final, il commandait souvent. Presque tout le temps. C’était à peine s’il n’avait pas son service de livraison attitré au restaurant des d’Anjou. Quelques coups de baguette plus tard, d’ailleurs, une commande fut lancée pour deux, et il entama de rassembler tout ce que son fils avait semé à travers l’appartement. Le concerné émergea de la chambre plusieurs minutes plus tard. « Tu t’es amusé ? » Le ton laconique de Draco pouvait laisser penser à un manque d’intérêt, mais ce n’était pas vraiment le problème : il était plutôt… incapable de discerner ce qu’il ressentait quant au fait que Loufoca ait su gagner l’intérêt de l’enfant (pourtant difficile et méfiant) en si peu de temps. La demi-portion le dévisagea d’un air pincé, avant d’hésiter et de finalement lâcher sans ambages : « Tu vas te marier avec elle ? » Draco manqua de s’étouffer. « Bien sûr que non ! » Scorpius hocha sombrement la tête, la baissa pour fixer son regard limpide (celui de sa mère) sur ses mains, puis ajouta avec une grimace : « Elle est pas – » « Elle n’est pas. » « Elle n’est pas trop mal. Je l’ai laissée me coiffer. » « Hm. » Que pouvait-il répondre à cela ? Il ne voyait même pas quelle drôle de lubie pouvait avoir poussé Luna à vouloir peigner l’enfant entre deux devinettes. Avait-elle voulu chasser un quelconque nid qu’elle avait cru lui voir pousser entre les oreilles ? « J’aimerais bien la revoir. » Le front juvénile se fronça sous le poids de la réflexion. « Si tu te… ne te maries pas avec elle. » Et puis ce fut autour du sempiternel : « Sue revient quand ? », plein d’espoir, de ressurgir. « Bientôt. Peut-être. Va harceler quelqu’un d’autre veux-tu ? » grimaça Malfoy en lui mettant son sac sur le dos (tâche compliquée par les dragons miniatures qu’il avait plein les bras et qu’il refusait de lâcher). Et Scorpius de bouder, vexé par la rebuffade. « Tu dis aussi que je reverrai grand-mère bientôt. Alors je ne les reverrai jamais ? » Enième soupir. « Tu as bien revu ta mère, non ? » Encore une avec laquelle les retrouvailles avaient été repoussées à « bientôt » des années durant. Difficile de fixer des dates dans les circonstances qui étaient les leurs ; mais Astoria était de retour à présent, grâce à quoi « bientôt » ne sonnait plus comme une fuite mais pour une promesse exhortant à la patience. « Tu es sûr de n’avoir rien oublié ? Où est ton balai ? » Sur le balcon, bien sûr. Ils parvinrent finalement à tout récupérer, puis Draco le fit entrer dans la Cheminée et prononça distinctement le nom de la résidence de Lake District, avant d’entrevoir le sourire et le signe de main de Scorpius à travers un nuage de fumée verte.

Bien. Ne restait plus qu’à dealer avec Lovegood à présent. Le jeune père s’épousseta les genoux en se relevant, rejoignit la chambre – close – et toqua à la porte. En l’absence de réponse il insista, insista encore, puis entrouvrit le panneau de bois. « Looony ? » Pas de réponse. « J’entre. » L’annonce n’entraina aucun avertissement laissant entendre qu’elle n’était pas présentable ; aussi s’exécuta-t-il… pour se retrouver nez à nez avec la silhouette miniature qu’il venait tout juste d’expédier chez Nyssandra. « Damn », lâcha-t-il sous le coup de la surprise en dévisageant celle qu’il devinait n’être autre que Lovegood. Sous l'apparence de son fils. Il était tenté de taper la tête contre un mur, là, maintenant. Diablement tenté, même.

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I'M SORRY I'M SUCH AN ASSHOLE
I'll be good, i'll be good • I thought I saw the devil looking in the mirror. Drop of rum on my tongue with the warning to help me see myself clearer. My past has tasted bitter for years now, so I wield an iron fist. Grace is just weakness or so I've been told. I've been cold, I've been merciless. But the blood on my hands scares me to death, maybe I'm waking up... today.


Dernière édition par Draco Malfoy le Jeu 8 Oct 2015 - 16:46, édité 3 fois
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HERO • we saved the world
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‹ baguette : mesure 25, 8 centimètres, a été taillée dans du bois de sorbier et son cœur recèle un ventricule de dragon.
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‹ réputation : je suis différente ; même je ne suis plus aussi loony qu'auparavant.
‹ particularité : douée d'un sixième sens tel qu'on me soupçonne d'avoir le troisième œil.
‹ faits : Marie n'est plus ; que je me réhabitue à mon nom, mon visage et ma vie d'autrefois, tant bien que mal ; que les conséquences d'une année et demie volée sont rudes ; que je crois en Harry Potter depuis toujours ; que je suis une héroïne de guerre ; qu'il me manque du bon sens et une part d'humanité ; que je ne pourrais pas survivre sans ma fille, Lesath, ni son père, Rolf Scamander, à mes côtés ; que notre famille détonne ; que je suis l'une des sacrifiés scolaires de la guerre ; que Lesath est atteinte du syndrome Rosier.
‹ résidence : dans cette drôle de demeure du Devon, en forme de tour d'échecs, avec Rolf et notre fille, Lesath. Autrefois musée du gouvernement, aujourd'hui réhabilitée, elle s'élève toujours aux abords de Loutry-Ste-Chapsoule.
‹ patronus : un sombral, après de nombreuses métamorphoses (le lièvre et le panda ont été les plus marquantes).
‹ épouvantard : une forme prostrée dans un sous-sol tantôt calciné, tantôt humide (représentation d'un retour en arrière inéluctable, sans Lesath, sans Rolf, sans ceux qui comptent pour moi).
‹ risèd : une longue chaine dorée, sertie de six pendentifs très particuliers.
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whoever fights monsters should see to it that
in the process he does not become a monster too.
and if you gaze long enough into an abyss,
the abyss will gaze back at you.

« Les dragons ! ». Le visage de la sorcière s'illumina lorsque Scorpius lui donna finalement la bonne réponse, après de nombreuses tentatives infructueuses, qu'elle n'avait pas manqué de ponctuer d'un 'raté' rassurant ou d'un 'try again' (motivant) à chaque nouvelle erreur. « Well done ! », lui lança-t-elle, plongeant les deux mains à l'intérieur de l'eau pour faire s'effondrer le simulacre de dragon qu'elle tenait entres les paumes. Si la voix mielleuse de son corps d'emprunt lui avait paru étrange dans la chambre de Malfoy, la suavité qui se réverbérait contre les murs de la salle de bain faisait tiquer Luna à chaque nouvelle syllabe prononcée. La faïence de la baignoire et du double-évier lui renvoyait un écho désagréable, noyant ses paroles aux autres sons qui se déversaient en pagaille à travers le rideau de cette lourde et épaisse chevelure. 'Et si on jouait à un jeu ?'. Luna se mit à frotter, laver, les parcelles de ce corps meurtris, à effacer les traces de suie et de terre que Malfoy n'avait pas découvert dans un élan de pudeur troublée. Non, elle ne pouvait pas avoir été un homme, elle ne les comprenait pas, jamais, eux et leurs regards troublés, la nocivité de leurs attitudes paradoxales. Mais Daddy lui avait dit que les femelles Ronflaks n'étaient pas très tendres non plus : sur qui pouvait-elle réellement compter, au final ?  

De ces doigts longs et fins, Luna ne remarquait que la longueur des ongles et la forme saillante des poignets de l'inconnue. Attendant patiemment que Scorpius ne lui réclame -ne la rappelle à l'ordre- la seconde énigme, Luna décida de tuer le temps : elle attrapa au hasard l'un des bocaux remplis de sels de bain qui était tout près d'elle, sur le rebord de la baignoire, et l'ouvrit dans un élan de curiosité. 'Non. Tu as toujours triché à ce jeu-là. Tu as triché la dernière fois, Décima, tu as tué mon humain alors qu'il n'avait pas même commencé à accomplir sa destinée. Tu l'as remis à Morta en lui jetant une pierre. Une vulgaire pierre !'. L'odeur qui se dégagea du contenu du récipient en verre lui fit retrousser le nez, l'expression de dégoût marquant son visage fut à peine dissimulée par le tissu cicatriciel qui lui barrait alors le sourcil. Une des lotions apaisantes que lui avait mentionné Draco un peu plus tôt, sans aucun doute. Du moins, elle l'espérait : il aurait très mauvais goût s'il utilisait cette abomination pour se laver… 'Tu as mon honneur, Petite Sœur. Ce sera une partie loyale, cette fois. Je te jure de ne pas te doubler ! - Nous savons toutes les deux que c'est faux… - Pour te le prouver, cette promesse sera à jamais gravée contre mon Cœur'. Reposant délicatement l'amphore à sa place, la douleur lui martelant toujours ses tempes, Luna se décida finalement à basculer la tête en arrière pour apaiser les plaies de son visage. Dans un vague bruit sourd, le corps troublant disparut sous le linceul de bulles et de mousse flottant à la surface de l'eau. 'Si tu mens, tu me promets de réparer ta faute? - Tout dépend, Nona. Tu sais qu'il y a toujours des limites à ne pas franchir, je ne peux pas tout… - Tu promets?'. Ce ne fut pas le manque d'air, ni la restriction douloureuse de ses poumons, qui persuada Luna de sortir la tête de l'eau mais bel et bien une ombre dansante, malicieusement imprimée derrière ses paupières. Une respiration. L'eau perlait sur son visage et plaquait impitoyablement la chevelure sauvage contre son crâne, ses joues, ses épaules, sa poitrine et son dos. 'Tu as ma parole. - Parfait ! Je choisis ce fil-ci.'. « Joy ? Hé, Joy ! ». Luna se tourna vers la porte entrouverte, derrière laquelle semblait s'époumoner le jeune Malfoy. Joy. Avec un nom pareil, cette femme aux allures de tigresse, charnelle, ne devait certainement pas avoir fait partie de la chorale sorcière de Pré-au-Lard. « Oui, je suis toujours là Scorpius… », « Je dois bientôt partir. Papa me laisse le temps d'une devinette ! ». Le regard ambré de Luna-Joy se posa alors sur le reflet d'un flacon longiligne que lui renvoyait le miroir placé au-dessus du double-évier. La teinte lui était familière, peut-être un peu trop même, pour que Luna ne reconnaisse pas la potion de Polynectar pure qui se trouvait à l'intérieur. 'Et comment s'appellera ton nouveau champion?'. Deux respirations. Luna ne connaissait pas cette Joy. Elle ne connaissait pas non plus le rythme de vie et les potentielles visites de Draco Malfoy. Elle avait plus de chance de commettre une nouvelle erreur, un nouveau faux pas, avec ce corps trop grand, trop pulpeux, trop blessé que si elle empruntait une apparence plus familière, avec laquelle elle serait à l'aise, et qui serait plus petite, moins féminine et plus facile à soigner. Trois respirations.

« Scorpius ? », commença-t-elle tout en récupérant sa baguette magique (qu'elle avait posé contre le rebord de la baignoire avant son immersion subite) pour se jeter quelques Glamours au visage et sur les parties de peau visibles (heurtées, déchirées, brûlées) qui continuaient, lentement, de guérir : « Ton père n'est plus là, pas vrai ? » ; « Non » ; « Viens, tu auras moins de mal à trouver ce que j'ai en tête si tu vois la mousse en même temps! ». Une hésitation (Scorpius vérifiait certainement que les Nargoles n'avaient pas finalement décidé de quitter leurs nids de gui au profit des oreillers emplumés de Malfoy (que son père ne le prendrait pas en flagrant-délit de tricherie était une explication plus logique)) puis, il entra finalement dans la salle de bain. « Petit bout par petit bout, alors. Ce serait de la triche, sinon ! ». Luna-Joy éclata de rire face au commentaire du blondinet tout en ensorcelant une bulle de savon. Cette dernière s'envola vers Scorpius tout en formant élégamment les prémisses d'une Mandragore. 'Ambrosius, il s'appellera Ambrosius'. Le sourire de Luna-Joy ne faisait qu'envenimé la situation dans laquelle le jeune Malfoy et elle se trouvait (l'irritabilité de Scorpius était adorable ; mauvais perdant, comme son père, ce petit) mais son regard, ces yeux songeurs, cachait une nouvelle lubie qui risquerait de ne pas plaire au paternel de son jeune ami.

Seule. Après avoir fait promettre à Scorpius de bien se nettoyer les oreilles (« on n'est jamais trop prudents avec les Joncheruines » ; « Les quoi ? » ; « Nevermind »), remit de l'ordre dans le désordre qu'avait provoqué l'explosion de la bulle de savon dans les cheveux du garçon (« Aie ! Tu m'as fait mal » ; « sorry, Scorpius ! J'ai crû qu'un Horglup s'était accroché à tes cheveux... ») et lui avoir fait à son tour une promesse de son propre cru (« Tu as triché » ; « Oui, j'ai du pensé à autre chose au dernier moment, c'est vrai. Je me concentrerai plus la prochaine fois, juré ! »), elle était de nouveau seule dans la chambre aux teintes sombres de Draco. Enfin libre de pouvoir mettre son plan 'mission protection Malfoy' en marche ! Aussi rapidement que sa condition le lui permettait, Luna-Joy s'extirpa de la baignoire et, en reconnaissant l'écusson Malfoy, elle enfila le peignoir de bain de Draco qu'elle noua à la va-vite autour de la taille. L'image de l'écusson qui se trouvait sur son propre corps était suffisante pour qu'elle ne s'aperçoive pas de l'imitation du Petit Poucet que ses cheveux humides réalisaient au sol, les gouttes d'eau semées contre le carrelage ayant remplacés parfaitement les pierres blanches originelles. Vite, vite, vite. Si elle avait prit le plus grand soin pour ne pas faire de bruit en refermant la porte de la chambre ('Si tu te… ne te maries pas avec elle…' – what? Il allait se marier et il ne l'avait même pas prévenu?), ce fut une toute autre histoire lorsqu'elle se mit à manipuler les fioles : le tintement du verre résonna de telle sorte qu'elle avait bien crû ameuter toute la Bran Tower ici, chez Malfoy. 'Pas certaine qu'il ait de quoi accueillir tout ce monde...'. Au fait, pourquoi se dépêchait-elle ainsi ? Oh, oui, c'est vrai ! Focus, Luna, focus. Cheveux, mélange, ingurgite. Le temps écoulé entre sa sortie de l'eau et le moment où elle prit finalement place sur le bureau de Draco aurait pu rendre vert de jalousie le plus rapide des attrapeurs de Quidditch. En se mettant inéluctablement à rapetisser, elle s'aperçut d'une chose : en fermant le peignoir, elle avait rouvert l'une de ses plaies. Parfois, le destin se retournait vraiment d'un seul bloc contre elle. Plus rarement encore, elle se demandait  pourquoi ce genre de péripéties rocambolesques lui arrivait, à elle. Dans un soupir, elle détourna le regard sur le bureau en bois noble de Draco et aperçut la couleur d'une enveloppe détonante dans l'ambiance obscure et… well, disons-le franchement... très Serpentarde de la pièce. Sa main, sa petite main, entreprit d'ouvrir cette curieuse trouvaille d'un geste volubile. 'Cher lecteur en quête de solutions, …'. Oh, oh, oh, Happy Christmas Luna !

« Damn ». Luna-Scorpius releva les yeux lorsque la voix de Draco résonna injurieusement dans la pièce. Si elle avait bel et bien le parchemin de Miss Burke entres les mains, ce fut pour une toute autre raison que Luna décréta qu'il était temps de s'éclipser. « Oh… Désolée Draco, j'ai oublié de m'habiller ! ». Sautant du bureau (les jambes de Scorpius étaient infiniment plus courtes que celle de Joy-la-Féline), Elle-Il attrapa les pans de la robe de bain dans l'optique de ne pas trébucher en marchant. Non, l'idée qu'un petit garçon n'était habituellement pas autant maniéré qu'une petite fille ne lui effleura pas un seul instant l'esprit. Ni même que la consternation de Draco n'était pas due au fait qu'elle n'avait pas jugé utile de s'habiller mais plutôt parce qu'elle avait volé l'apparence de la chair de sa chair. Les Sangs-Purs étaient de véritables drama-queen, parfois. Néanmoins, elle jugea bon d'essuyer l'eau éparpillée sur le sol en patinant jusqu'à la salle de bain : cette robe de bain était aussi efficace qu'un Recurvite ! Ce n'est qu'en fermant la porte de la salle de bain derrière elle que Luna-Scorpius se mit à grimacer : Draco n'allait certainement pas lui pardonner de sitôt après un tel affront. Le furet ? Passait encore. Se balader sous les traits de son fils, Lovegood était un peu moins sûre de la réaction qu'aurait son ami une fois qu'elle serait sortie de la pièce d'eau. 'Cette fois-ci, Luna, tu as fait très fort !'. La vue de sa baguette magique lui fit oublié le commentaire ironique de la Voix : le meilleur moyen d'éviter l'attaque était de battre son ennemi à son propre jeu, pas vrai ? Mission défense Malfoy terminée. Elle passerait donc à l'offensive.

Peut-être que si elle lui disait d'emblée ce qu'il voulait entendre, il la laisserait tranquille. « Un ami m'a aidé... », commença Luna-Scorpius de sa voix juvénile en sortant de la salle de bain (après avoir lancé à la chaîne de faibles Vulnéra Sanentur), flanqué des vêtements ensorcelés que Malfoy lui avait confié plus tôt (dire que le petit garçon flottait malgré tout dans le tee-shirt de son 'père' était l'euphémisme de l'année). « … il a détourné l'attention des Râfleurs pendant que j'essayais d'aller... », dans les égouts – 'c'est ton ami mais il est Mangemort, tu ne peux pas tout lui dire' résonna alors la voix d'Hermione en son for intérieur, « … me cacher. J'ai attendu le plus possible avant de t'appeler, Draco ». Luna commençait à voir trouble à ce moment-là : continuer de limiter l'étendue de ses blessures auraient été un véritable massacre, une automutilation pure et simple ! « Tu comptais vraiment lui jeter un Oubliette ? », debout devant Draco, la tête relevée, Luna-Scorpius fronça des sourcils dans un air désapprobateur. Comment pouvait-il seulement avoir osé penser à ça alors que lui-même, tout comme elle, était à un tournant de sa vie où des dizaines d'existences passées tentaient de refaire surface, se battant à contre-courant contre les effets de l'Oubli ? Préférant le laisser méditer là-dessus, Luna-Scorpius sautilla en dehors de la chambre et suivit le couloir sombre de l'appartement pour se diriger vers ce qu'elle espérait être la pièce à vivre de l'appartement : la cuisine (s'il y avait bien une chose sur laquelle elle s'accordait pleinement avec les Weasley, c'était bien sur la définition chaleureuse et vivante que devait arborer toute cuisine qui se respectait). Le petit garçon passa devant le salon (immense, luxueux et terne salon - tiens, elle possédait une copie de ce tableau-là, chez elle, à l'époque) avant de se confronter à la cuisine de l'appartement. Son cœur se serra en voyant le marbre dur et froid qui recouvrait le moindre plan de travail de la pièce. Réussissait-il seulement à préparer des repas convenables à Scorpius dans cet environnement stérile ? « Oh, au fait ! Aurais-tu du Dictame, par hasard ? ». Draco était encore quelque part dans l'appartement -ailleurs, très loin d'elle (hésitant certainement à l'étrangler de ses propres mains – depuis quelques minutes, Luna ressentait d'étranges vibrations émanées de lui)- et ne voyant personne d'autre lors de sa visite sautillante, elle n'avait pas hésité à hausser le ton pour se faire entendre. L'écho que lui renvoyait la voix de Scorpius lui plaisait infiniment plus que celle de Joy ! « Mes Vulnéra Sanentur ne sont pas aussi efficaces que d'habitude, j'aimerais éviter d'avoir… hum… des cicatrices... ». N'y pense plus, n'y pense plus.... Pour tuer d'emblée la remontée de ces mauvais souvenirs, de ses mauvais souvenirs à elle, Luna-Scorpius entreprit d'ouvrir les portes des quelques placards qui étaient à sa taille. Quelle ne fut pas sa surprise en découvrant l'alignement d'une bonne dizaine de bouteilles de Fire Whisky (ah… C'était peut-être à cause de ça, qu'il avait plus l'air d'un Inferi qu'à l'accoutumée) et d'un bocal rempli à ras-bord de Chocogrenouille, posé près de la gazinière sorcière (that's my boy !). Lorsque les pas de Draco se firent finalement entendre, le garçonnet jugea préférable de refermer l'odieux placard qui recelait le stock d'alcool à usage domestique le plus impressionnant qu'elle n'ait jamais eu l'occasion d'observer. Il valait mieux se concentrer sur une tâche bien plus utile que de juger Malfoy : incarner à la perfection Scorpius était donc, désormais, sa priorité numéro une.

« C'était qui ? », lança-t-Il-Elle lorsque Malfoy pénétra à son tour dans la cuisine. La mine sérieuse, les petites lèvres pâles pincées l'une contre l'autre, Luna-Scorpius tira l'un des hauts tabourets rangés sous le plan de plan de travail suspendu et entreprit la tâche ardue de se hisser dessus. Plus difficile qu'elle ne le pensait, ainsi affublée de la taille enfantine du fils de Draco. Après la troisième tentative, Luna-Scorpius laissa s'échapper un souffle indigné et porta ses deux petit poings contre ses hanches : cette chaise la narguait de sa haute stature, indubitablement ! « Quel était son nom, déjà ? Joy, c'est ça ? ». D'un geste irrité, il retira la baguette en bois de sorbier de derrière son oreille et ensorcela le tabouret pour l'adapter à sa hauteur et, une fois confortablement assis, lui faire reprendre sa taille initiale. « Je n'aime pas du tout cette fille ! », déclara la voix enfantine sur un ton ferme. « Elle m'a beaucoup fait penser à Pansy. Humpf. Une des Pansy, anyway ! ». Luna-Scorpius hocha solennellement de la tête : si ces dernières semaines n'avaient pas été propices à l'organisation calme et sereine de ses nombreux souvenirs, l'appartement de Malfoy semblait agir comme un entonnoir, au siphon tumultueux et implacable, dont la seule issue possible se dessinait au-travers de l'élaboration d'un consortium 'Draco Malfoy'. Luna ne réussissait pas encore à se l'expliquer mais elle avait l'intime conviction que la Vie de Draco était bien plus importante que la sienne, à cet instant, depuis toujours. « Et je n'aimais pas du tout cette Pansy-là. ». Du bout de sa baguette, elle tapota trois fois consécutives contre le marbre noir de la table et jeta un regard sévère vers le blond platine. Les yeux de Scorpius Malfoy s'animaient d'une sagesse dérangeante, occulte, sous l'égide de Luna Lovegood.  Les secondes qui s'en suivirent semblaient être taillées dans du plomb. Nouveau soupir de la part de Luna-Scorpius qui haussa allègrement des épaules pour finalement retrouver son tempérament lunatique et étrangement taquin. « Je ne savais pas que tu écrivais à Miss Burke ! ». Comptez toujours sur elle pour passer d'un sujet sensible à une frivolité nébuleuse en un dixième de seconde. Malheureusement, Draco ne desserrait pas pour autant les dents, tel un chien de garde prêt à bondir sur le premier intrus qui serait à sa portée. « Désolée de parler autant ! Je suis certaine que les Vampires des Carpates m'ont  jeté une malédiction. Ça faisait des mois que je n'avais pas prononcé un mot, pourtant ! », son babillage s'accéléra, escomptant certainement ne pas laisser assez de temps à Draco pour  qu'il puisse l'interrompre. « Et là, pouf ! Je me remets à parler ! La Bran Tower doit être protégée contre eux, à coup sûr... ». L'air d'hippogriffe effarouché qu’arborait alors l'ancien Serpentard insuffla soudainement un brin de décence à l'ancienne Serdaigle. « Je suis désolée. Pour… tu sais… pour tout à l'heure », la situation désastreuse dans laquelle les Râfleurs l'avaient forcé, « … et aussi pour ça ! », d'un geste évasé, elle lui indiqua le corps de Scorpius qu'elle arborait en lieu et place de celui de Joy. « J'ai pensé que ce serait moins suspicieux de trouver Scorpius chez toi plutôt qu'une parfaite étrangère... », la voix de l'enfant s'amenuisa à mesure que Luna prenait conscience d'un tout autre fait délictueux : si Malfoy senior venait ici, c'en était fini d'elle et de ses idées loufoques. « Désolée. », ajouta-t-elle une dernière fois, jetant un dernier regard peiné en direction de Malfoy. Quelle piètre amie elle faisait, vraiment !

Son estomac trouva judicieux de se manifester à cet instant précis. Le gargouillis peu distingué  qui s'échappa du ventre de Luna-Scorpius lui fit immédiatement tourner la tête vers le bocal qui recelait, jalousement, la réserve personnelle de Chocogrenouilles des Malfoys. Vraiment sans-gêne, dîtes vous ? No, not at all.

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AND SO WE STOOD TOGETHER JUST LIKE THAT, AT THE TOP OF THAT FIELD FOR WHAT SEEMED LIKE AGES, NOT SAYING ANYTHING, JUST HOLDING EACH OTHER; WHILE THE WIND KEPT BLOWING AND BLOWING AT US, TUGGING OUR CLOTHES, AND FOR A MOMENT, IT SEEMED LIKE WE WERE HOLDING ONTO EACH OTHER BECAUSE THAT WAS THE ONLY WAY TO STOP US FROM BEING SWEPT AWAY INTO THE NIGHT.


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PRISONERS • bloodstains on the carpet
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‹ inscription : 13/09/2013
‹ messages : 8775
‹ crédits : faust.
‹ dialogues : seagreen.


‹ liens utiles : draco malfoy w/ lucky blue smith ; ginevra weasley w/ holland roden ; calixe davis w/ audreyana michelle ; uc w/ uc ; indiana alderton w/ nicola peltz ; heath ravka w/ im jaebum ; even li w/ jeon jungkook ; jelena kuodzevikiute w/ ariana grande.

‹ âge : 23 yo (05.06.80).
‹ occupation : ancien langue de plomb (spécialisé dans les expérimentations magiques) ; fugitif et informateur de la RDP entre le 26.05.03 et le 08.12.03 ; condamné à 22 ans à Azkaban pour terrorisme, au terme d'une assignation à résidence et d'un procès bâclé, tenu à huis-clos.
‹ maison : Slytherin — “ you need a little bit of insanity to do great things ”.
‹ scolarité : entre 1991 et 1997.
‹ baguette : un emprunt, depuis qu'il est en fuite. elle n'est que temporaire et il ne souhaite pas s'y intéresser ou s'y attacher, puisque la compatibilité est manquante.
‹ gallions (ʛ) : 11757
‹ réputation : sale mangemort, assassin méritant de croupir à vie en prison pour expier ses crimes et ceux de ses ancètres.
‹ particularité : il est occlumens depuis ses 16 ans.
‹ faits : Famille.
Narcissa (mère) en convalescence. sortie de son silence depuis peu pour réfuter l'annonce de son décès ; reconnue martyr. lutte pour que le jugement de son fils soit révisé.
Lucius (père) mort durant la tempête du 03.03.2004.
Spoiler:
 

‹ résidence : emprisonné à Azkaban depuis le 06.01.04. en fuite depuis le 08.05.04.
‹ patronus : inexistant.
‹ épouvantard : l'éxécution de juillet 02, ses proches en guise de victimes: leurs regards vidés par l'Imperium, la baguette de Draco dressée, les étincelles vertes des AK et leurs cadavres empilés comme de vulgaires déchets.
‹ risèd : un portrait de famille idéal, utopique.
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are her strongest ties
30 juin 2002 & DRUNA (#1)


Il n’en revenait pas – elle avait osé ! Et non contente d’avoir profité d’un instant d’inattention de sa part, elle avait en main une enveloppe personnelle : la réponse d’Eris Burke à sa quête de réponses concernant la situation inextricable qui les liait, Scorpius et lui, à Susanna. « Accio lettre ! » scanda-t-il durement, pour que l’enveloppe échappent à la curieuse et atterrisse au creux de sa main libre. « Espèce de sale petite… petit… Luna Lovegood, j’exige des explications. » Si l’insulte avortée avait été persiflée avec hargne, la suite avait été formulée sur un ton qu’il frissonna de découvrir paternaliste, mais les faits étaient là : elle le perturbait, en le fixant de ce regard trop familier (celui que partageaient Astoria et Scorpius) et par Merlin, voir son fils maculé des blessures de guerre encore ouverte de Loony était déstabilisant ! « Oh… Désolée Draco, j'ai oublié de m'habiller ! » Et la voilà qui tentait de s’éclipser en faisant des manières, tenant comme une princesse les pans du peignoir de Draco – vraiment, cette fille était une incorrigible sans-gêne – dont elle usa au passage pour une ébauche de ménage. Salazar, elle était hallucinante.

Comment s’était-il empêtré dans cette situation pour le moins rocambolesque et, autant le dire, parfaitement dénuée de sens ? La porte de la pièce attenance claqua et Draco se laissa tomber sur le matelas, étouffant entre ses paumes une flopée de jurons colorés. Etre père l’avait soumis à bien des occasion à la sensation d’être complètement dépassé, mais être lié contre son gré au phénomène qu’était Lovegood était pire. Cent fois pire. (Le fantôme d’un éclat de rire ravi sembla résonner dans ses pensées, présent sans l’être, et Draco se figea, inquiété par ces voix qui se répercutaient aléatoirement dans son esprit depuis Beltane). Il fallait qu’il reprenne le contrôle de la situation. Ce n’était pas gagné : il n’avait jamais été capable de prédire les prochains coups de Lovegood, la concernée tendant à défier tout sens logique et à ne jamais fonctionner comme le commun des mortels. Elle… il ? choisit d’ailleurs cet instant pour sortir et fut confrontée au regard dur de Draco, mais se lança dans un discours que le jeune père eut bien du mal à resituer en premier lieu. « … il a détourné l'attention des Râfleurs pendant que j'essayais d'aller... » Oh. Elle daignait donc enfin apporter une réponse satisfaisante aux interrogations de Draco – celles, du moins, qui avaient ponctué le tout début de leurs échanges. Bien qu’agacé de la voir manier à sa guise les rênes de la conversation, il ne manqua pas le temps d’hésitation. « … me cacher. J'ai attendu le plus possible avant de t'appeler, Draco ? » « Et pourquoi ne t’es-tu pas simplement rendue à ta destination ? C’était sans doute la solution la plus simple une fois débarrassée des Rafleurs. » Peut-être décrocherait-il des détails utiles s’il parvenait à la faire parler inconsidérément des obstacles l’en ayant empêchée, mais – « Tu comptais vraiment lui jeter un Oubliette ? » – elle ne l’entendait visiblement pas de cette oreille. Le changement de sujet lui inspira l’envie de se frapper la tête contre un mur (ou mieux : celle de Lovegood, jusqu’à y faire entrer un soupçon de sens commun), mais ce fut l’agacement qui l’emporta. « Tu commences à t’accorder beaucoup de liberté Lovegood, mais lire mon courrier t’est – vas-tu ? » Sourde à son ton menaçant, elle filait déjà hors de la chambre et Malfoy bondit sur ses pieds, baguette en main, bien décidé à la ligoter dans un coin pour la faire tenir en place. « Aurais-tu du Dictame, par hasard ? » résonna la voix quelque part dans l’appartement. Comment se faisait-il qu’elle soit si rapide, avec un corps d’accueil doté de si petites jambes ? A croire que quelle que soit sa forme ou sa taille, elle avait tout bonne été créée pour (préserver notre âme) attenter à sa santé mentale ! « Mes Vulnéra Sanentur ne sont pas aussi efficaces que d'habitude, j'aimerais éviter d'avoir… hum… des cicatrices... » « Quelques-unes de plus ou de moins… », lâcha-t-il tout haut avec une insensibilité détestable, les lèvres plissées par la frustration. Il hésitait entre profiter de la distance qui les séparait pour mettre à l’abris tout ce qu’elle ne devait pas voir ou se précipiter pour la rejoindre et l’empêcher de commettre plus de dégâts, mais trancha en entendant claquer les portes des placards. « Ne m’oblige pas à sectionner une fois pour toutes tes mains de fouineuses », ragea-t-il, au bord de la crise de nerfs, en déboulant dans la cuisine, baguette en main pour lui faire regretter une énième ingérence dans sa vie personnelle. Le regard anthracite se plissa, suspicieux, en la trouvant immobile au milieu de la pièce, l’air bien trop innocent pour être honnête. « Je ne sais pas ce que tu manigance, mais si tu me sers cette comédie à des fins d’espionnage je te le ferai regretter », l’informa-t-il sombrement, avec un calme faisant résonner la déclaration comme une promesse. On pouvait bien le traiter de parano, mais les soupçons venaient de s’imposer à son esprit : et si cette sale sang-de-bourbe de Granger était l’instigatrice de l’intrusion de sa fêlée de comparse ? « C'était qui ? » La question, comme toujours sortie de nulle part, l’arracha à ses pensées et à nouveau, la voir manipuler le corps de son fils le perturba. Draco détourna le regard, lèvres pincées, pour ne se laisser aller à la moindre familiarité induite par le coup-bas de l’ancienne Serdaigle. « Quel était son nom, déjà ? Joy, c'est ça ? » Ah. Malfoy reporta son attention sur Lovegood juste à temps pour la voir mettre au point un stratagème astucieux qui, fort heureusement, la détacha de l’image du véritable Scorpius : le gamin était encore incapable de faire de la magie, si l’on occultait les quelques manifestations étant naturellement survenues durant sa première année. Comme tout bébé ayant été touché par la magie, il avait parfois lévité dans son sommeil, mais il était impossible d’attribuer ces occurrences à sa propre magie ou aux résidus de celle condensée dans le chaudron qui lui avait permis de se développer à la suite de sa naissance prématurée. « Si je te le dis », susurra Malfoy en se penchant par-dessus le bar auquel Luna s’était attablée, « il faudra que le secret reste entre nous. » « Elle m'a beaucoup fait penser à Pansy. Humpf. Une des Pansy, anyway ! Et je n'aimais pas du tout cette Pansy-. » Accoudé face à l’image perturbante de son gamin trop « adulte », il dressa un sourcil agacé. « Je ne vois pas de quoi tu parles, aux dernières nouvelles il n’existe qu’une Pansy. Et Joy et elle n’ont rien en commun, pour la simple et bonne raison que ma compagne d’hier soir est – » Il s’arrêta juste une seconde, le temps de glisser un sourire en coin : « une prostituée. » Il était presque angoissant de lâcher une telle déclaration avec le visage juvénile – et chéri – pour interlocuteur, mais la réaction mi-choquée mi-renfrognée de Loufoca en valait la chandelle. Malheureusement, elle ne ferma son clapet que l’espace de quelques secondes, et Draco se prit la tête entre les mains lorsqu’elle retrouva son intarissable verve. « Je ne savais pas que tu écrivais à Miss Burke ! » L’instant d’après, elle se retrouvait avec une baguette pointée contre la jugulaire, le sang battant dangereusement à la tempe de Draco. « Lovegood. » Retour de la voix trainante, chargée d’avertissements. « Ne crois pas que te cacher derrière les traits de mon fils t’épargnera bien longtemps de te manger un mauvais sort. Si tu persistes à fourrer ton nez dans mes affaires, tu passeras le reste de l’heure suspendue au plafond par un pied et je te jetterai dehors aussitôt les effets du polynectar dissipés. » Il n’obtint pas le silence espéré, mais elle eut le bon goût de s’excuser, déblatérant encore et encore sans discontinuer. Ce qu’elle mit sur le compte des longs mois de silence forcé. Cette fois, quelque chose s’enclencha en lui : une once de… culpabilité qui le fit déglutir difficilement alors que s’imposait à ses pensées l’image du corps sans vie de Lovegood. Soumis aux effets de la Goutte du Mort-Vivant, défiguré par les sorts de Lucius et jeté sans façon dans une fosse, parmi un amoncellement d’autres corps anonymes à différents stades de putréfaction. Ça, ça il le regrettait quelque peu ; pourtant, la part logique de son esprit lui soufflait qu’il n’avait pas eu d’autre choix pour l’arracher à son statut de rebut suivant l’exigence et le contrat de Granger. Il se raccrocha à l’idée qu’il lui avait sauvé la vie et qu’elle devait lui être reconnaissante pour cela, bien que ses motivations aient été parfaitement égoïstes. Sur un coup de tête, le jeune homme contourna le bar et la fit tourner sur son tabouret jusqu’à ce qu’elle-il lui fasse face. A gestes secs et maîtrisés, il mit à jour la cicatrice infâme de l’ancien tatouage de la rebut, remarquant au passage les blessures plus fraîches qui avaient résisté à l’effet des soins et du bain – sans doute parce qu’elle était incapable de tenir en place. Il tenta de l’apaiser de quelques sorts, bien qu’elle resta boursoufflée et à vif, contrecoup de toute blessure portant les traces de la Magie Noire. « Je t’ai connu moins bavarde, mais tu as toujours été envahissante. » Du temps de sa captivité elle se contentait de quelques phrase dérangeantes les fois où il faiblissait et lui faisait parvenir un croûton de pain et quelques sorts de soin. Perdu dans ses pensées, il avait cependant laissé la phrase lui échapper sans se douter de sa véritable signification, de son implication concernant non pas cette vie mais une bien plus ancienne ; le flot de réminiscences qu’elle entraîna le fit alors presque vaciller (Accorde-moi ta clémence, Ô Fata. Mon regard s’est posé sur ta prêtresse et mon âme pécheresse ne peut s’en détourner…). Son regard ahuri disparut derrière ses paupières closes alors qu’il s’enterrait dans son déni. Il ne pouvait pas être intrinsèquement lié à Loufoca. L’être dans cette vie était déjà bien assez – découvrir une attache par-delà les siècles serait trop, vraiment trop. Son estomac choisit cet instant pour se faire entendre et Draco ne s’en plaignit pas, au contraire. « Tiens-toi tranquille », admonesta-t-il d’un ton las en la maintenant, perturbé par la ressemblance frappante entre elle et l’original lorsque le regard enfantin qu’elle avait adopté se posa, plein d’espoir, sur les friandises variées qui n’attendaient que d’être dépaquetées. D’un coup de baguette, il fit flotter le bocal jusqu’à eux, mais prévint – « Tu es consciente, j’espère, du fait que Scorpius t’appréciera nettement moins lorsqu’il verra que tu as pioché dans la réserve ? », alors même qu’il y piochait une Patacitrouille. La gourmandise était le péché partagé du père comme du fils et Draco, qui restreignait son marmot autant que son rôle l’exigeait, ne se gênerait pas le moins du monde pour mettre entièrement sur le compte de Loufoca-Joy la diminution assurée de la collection commune si rigoureusement régentée. Il profita du fait qu’elle concentre son attention sur le bocal sans fond pour reprendre sa tâche où il l’avait laissée, retraçant de la pointe de sa baguette les plaies encore fraîches. « Si tu arrives encore à en rouvrir, tant pis pour toi », s’agaça-t-il. « Il n’y a pas ‘infirmier’ gravé sur mon putain de front. » Il était plus blasé qu’énervé, mais n’en pensait pas moins : quitte à tant s’agiter, elle n’aurait qu’à se contorsionner pour se soigner elle-même. Il abdiqua face à une plaie qu’il n’avait pu que désinfecter et atténuer, mais qui résistait aux sorts qu’il connaissait ; son acharnement était-il imputable au fait de voir les stigmates s’étaler sur le pseudo-corps de son propre enfant ? Probablement. En partie. Shit. « Je vais te bander l’épaule, il faudra miser sur une guérison lente. » Il tourna les talons, marmonnant dans sa barbe : « A moins que la Mud-bitch soit aussi capable de maîtriser des sorts de soins avancés. » Le seul fait de penser à elle suffisait à l’agacer depuis Beltane, à croire qu’au lieu de l’apaiser la célébration avait accentué la rancœur qu’elle lui inspirait.

Spoiler:
 

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I'M SORRY I'M SUCH AN ASSHOLE
I'll be good, i'll be good • I thought I saw the devil looking in the mirror. Drop of rum on my tongue with the warning to help me see myself clearer. My past has tasted bitter for years now, so I wield an iron fist. Grace is just weakness or so I've been told. I've been cold, I've been merciless. But the blood on my hands scares me to death, maybe I'm waking up... today.
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HERO • we saved the world
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‹ dialogues : bleu (luna - #669999) ; rosé (marie - #cc6666).


‹ âge : (depuis le 13/02/04) 23
‹ occupation : aventurière dans l'âme, souvent bénévole, étudiante par correspondance et mère à plein temps.
‹ maison : Serdaigle
‹ scolarité : septembre 1992 et décembre 1997.
‹ baguette : mesure 25, 8 centimètres, a été taillée dans du bois de sorbier et son cœur recèle un ventricule de dragon.
‹ gallions (ʛ) : 7895
‹ réputation : je suis différente ; même je ne suis plus aussi loony qu'auparavant.
‹ particularité : douée d'un sixième sens tel qu'on me soupçonne d'avoir le troisième œil.
‹ faits : Marie n'est plus ; que je me réhabitue à mon nom, mon visage et ma vie d'autrefois, tant bien que mal ; que les conséquences d'une année et demie volée sont rudes ; que je crois en Harry Potter depuis toujours ; que je suis une héroïne de guerre ; qu'il me manque du bon sens et une part d'humanité ; que je ne pourrais pas survivre sans ma fille, Lesath, ni son père, Rolf Scamander, à mes côtés ; que notre famille détonne ; que je suis l'une des sacrifiés scolaires de la guerre ; que Lesath est atteinte du syndrome Rosier.
‹ résidence : dans cette drôle de demeure du Devon, en forme de tour d'échecs, avec Rolf et notre fille, Lesath. Autrefois musée du gouvernement, aujourd'hui réhabilitée, elle s'élève toujours aux abords de Loutry-Ste-Chapsoule.
‹ patronus : un sombral, après de nombreuses métamorphoses (le lièvre et le panda ont été les plus marquantes).
‹ épouvantard : une forme prostrée dans un sous-sol tantôt calciné, tantôt humide (représentation d'un retour en arrière inéluctable, sans Lesath, sans Rolf, sans ceux qui comptent pour moi).
‹ risèd : une longue chaine dorée, sertie de six pendentifs très particuliers.
Voir le profil de l'utilisateur http://www.smoking-ruins.com/t4738-lovegood-a-circle-has-no-begi

whoever fights monsters should see to it that
in the process he does not become a monster too.
and if you gaze long enough into an abyss,
the abyss will gaze back at you.

Dès l'instant où le bocal de friandises se posa sur le comptoir, Luna oublia tout : les relations peu conventionnelles que le blond entretenait avec Joy, les hypothétiques conséquences que pouvait ou ne pouvait pas provoquer le naturel curieux qu'elle possédait, les sortilèges de soins dorénavant dirigés vers son bras gauche – elle se fichait bien que Draco voit la cicatrice, il l'avait déjà vue, il en connaissait les moindres formes depuis des années (à quel âge avait-il compris que cet écusson représentait sa famille, elle se le demandait bien) – et l'imperceptible pression exercée sur son poignet après lui avoir fait remarquer qu'elle l'envahissait depuis toujours… Bon d'accord, elle oublia presque tout. Les lèvres de Scorpius s'étirèrent en un étrange rictus lorsque Malfoy précipita  sa main dans le bocal. « Tu es consciente, j'espère, du fait que Scorpius t’appréciera nettement moins lorsqu'il verra que tu as pioché dans la réserve ? » Nona s'en ficherait royalement, elle, et de ça elle en était certaine. « Ça ne me dérange pas, Draco. » Les petites épaules se haussèrent puis se rabaissèrent dramatiquement, la fatalité de cette prophétie là étant tout aussi inévitable qu'une autre, beaucoup plus sombre et létale. « Mais tu sais, même si j'ai tout autant envie que toi de le revoir un jour... », le regard du petit garçon s'illumina autant pour les différentes couleurs de Patacitrouilles qu'en interpêtant les paroles sincères (ironiques) de son ami, « … je pense qu'il vaut mieux pour lui qu'il ne recroise plus jamais mon chemin. » Le choix fut rapide : elle opta pour la même friandise que Draco. Il reprit son travail de guérisseur fortuit tandis qu'elle savourait, pour la première fois depuis des années, la douceur sucrée qu'elle venait de piocher. « Enfin… pas dans ces conditions », ajouta-t-elle d'une voix lancinante et attristée. Pas tant que cette guerre que le commun des sorciers se refusaient de voir continuait. Pas tant que les rebuts existaient. Pas tant qu'elle serait une menace pour la sécurité du fils de son ami. Pas tant que Luna Lovegood se trouvait être l'épée de Damoclès et non pas le bouclier qui pouvait amortir les chocs portés à l'encontre de Draco Malfoy. Drôle de bouclier, pensa-t-elle ironiquement tout en l'observant persister sur la plus récalcitrante de ses blessures. S'évertuant à la soigner, elle. « Si tu arrives encore à en rouvrir, tant pis pour toi. Il n'y a pas écrit 'infirmier' sur mon putain de front. » Bien que la tournure de l'avertissement ne lui plût absolument pas (language, Malfoy), Luna-Scorpius hocha pourtant vivement de la tête, lui montrant ainsi qu'elle avait bien compris la requête. Plus de réouverture, plus de sang, plus rien. De plus anciennes promesses se formaient toujours dans son esprit mais elles étaient bien trop lointaines pour qu'elle puisse les discerner complètement. Alors Luna pouvait au moins respecter celle-ci : 'ne pas l'empêcher de reconstruire des murs, même s'ils s'effritaient continuellement' hurlaient les incantations silencieuses qu'il continuer de jeter, les unes après les autres. Hurlait son regard acier derrière le sempiternel voile troublé. L'ancienne Serdaigle se demandait si lui aussi jonglait encore avec ses souvenirs, provoqués par le Beltane. Sa vie actuelle n'en serait que plus aisée, pensait-elle, ainsi libérée des Joncheruines qui lui parasitaient indubitablement l'esprit. Luna avait au moins la décence de ne rien ajouter en entendant son timbre exténué – elle mentirait si elle affirmait qu'il n'avait jamais montré une once de vulnérabilité.

Les petits doigts attrapèrent une seconde douceur. Que le sucre de sa première patacitrouille continuait de fondre sur ses papilles, elle n'y prêta pas plus d'attention que les fois où elle s'était mise à la recherche de ses affaires, mystérieusement dispersées dans tout Poudlard. Luna n'avait jamais particulièrement apprécié le goût des friandises sorcières mais la privation forcée imposée par la guerre les présentait aujourd'hui sous un tout nouveau jour, leur conférait une toute nouvelle saveur. Luna Lovegood se surprenait elle-même, encore une fois. « Je vais te bander l'épaule... ». Le regard de Scorpius s'écarquilla et battit rapidement des paupières. La jeune femme étant parfaitement obnubilée par son nouvel amour pour les Patacitrouilles qu'elle en avait parfaitement occulté la présence de Malfoy dans la pièce, supprimé les sensations désagréables des sortilèges et la paume de Draco qui continuait de la maintenir face à lui. « … il faudra miser sur une guérison lente. » Du coin de l’œil, elle jaugea elle-même l'état de sa blessure : définitivement réfractaire aux soins magique. Elle se promit de ne pas oublier cette information, le jour où son chemin recroiserait celui de la Milice. Pas si mais bel et bien lorsque : Lovegood n'était pas assez naïve pour croire que jamais plus elle n'aurait à faire avec les Râfleurs, elle qui ne supportait plus de rester haut perchées sur les toits du Chemin de Traverse. 'Ne pas laisser le flanc gauche à découvert' : le résultat n'était que peu ragoûtant malgré les nombreuses – et vaines – tentatives de Draco. Luna-Scorpius mâchouillait encore la moitié de sa Patacitrouille lorsque son ami la libéra enfin de son emprise pour se détourner d'elle. Draco Malfoy avait beau se plaindre en permanence, être régulièrement de mauvaise foi, Luna ne pouvait s'empêcher de sourire mystérieusement lorsqu'elle le voyait agir : ses actions étaient souvent en inadéquation avec ses dires. Conscient ou non, toutes ces petites contradictions le rendait foncièrement bon, quoiqu'il en dise, derrière le masque rusé et malicieux des Serpentards, prêt à vendre son âme pour que tout se déroule selon ses plans. Quoique Hermione puisse dire, derrière le masque passionné et buté des Gryffondors, lorsqu'elle lui répétait avec plus ou moins de véhémence que Malfoy n'était pas digne de confiance. Luna savait. C'était amplement suffisant pour qu'elle continue de placer toute sa foi en lui. Et puis, sans crier gare, un couperet s'abattit soudainement dans la pièce, figeant l'expression joviale de Scorpius comme si on venait de lui jetait un seau d'eau glacée en pleine figure.

Mud-bitch.

Le murmure balancé avant que le blond ne dépasse la porte avait été assez clinquant pour qu'il n'échappe pas à l'ouïe de Luna, aiguisée par des années de moqueries à Poudlard, par des années de fuite à éviter la Milice du Magister au beau milieu d'environnements improbables. Si être la cible des moqueries était une chose qu'elle avait apprit à reléguer au dernier plan de son existence depuis bien longtemps, entendre ses amis se faire insulter en était une autre. Le sucré devint amer contre ses papilles et la bonne foi se transforma en colère sourde, une rage impétueuse qu'elle savait ne pas être totalement la sienne, qu'elle n'avait jamais expérimenté par le passé. Non pas que les insultes de Malfoy à l'encontre d'Hermione lui soient inconnues, non : Luna les avaient maintes fois entendues dans les couloirs de l'école sorcière ou en compagnie des deux principaux concernés, lors des balbutiements de leur étrange et secrète coalition. Elle se souvenait avoir été un peu trop faible, un peu trop lointaine, pour nébuleusement rappeler Draco à l'ordre et lui faire comprendre que de telles choses ne se disaient pas à voix haute. Qu'importe qu'il les pense : ce qui se passait dans l'intimité de nos pensées, nos avis, nos opinions, restait tel quel, inaudible (ou presque) pour le reste du monde. L'Autre considéra que maintenant était le bon moment pour finalement se manifester à elle. Il ne te fait pas penser à quelqu'un ? Les sourcils se fronçaient à mesure que le sourire figé et glacé disparaissait du minois enfantin. Désormais seule dans la pièce, Luna avait beau parfaitement distinguer les lignes froides de la cuisine et écouter le silence omniprésent, tout ce qu'elle réussissait à voir prenait la forme de courbes odieuses, tout ce qu'elle réussissait à entendre était le timbre de la principale Voix qui régentait le moindre de ses souvenirs. Toutes deux enfantées par le dégoût et la haine, la malignité et l'omniscience. Lettres autrefois écarlates que le temps avait rendues plus pâles encore que le support sur lequel elles avaient été gravées à jamais. Syllabes murmurées dans un esprit divisé, coincé entre le présent et ses différents passés. La petite main attrapa la baguette en bois de sorbier. Mudblood venait défiguré l'avant-bras de son amie. Mudblood, concept grotesque, hautement raciste, qui avait détruit bien plus que la vie de centaines de sorciers durant des générations entières. Mudblood, cette insulte suprême avait meurtri au plus profond de sa chair la sorcière qu'elle considérait bien plus que la plus douée de son âge, bien plus qu'une simple amie. Hermione ne méritait que du respect, peu importait si vous la portiez ou non dans votre cœur. Il a l'air d'avoir oublié, lui. Rappelle-lui donc que tu ne fais pas juste partie du décor, Luna.

Le sortilège qu'elle murmura ouvrit d'abord le battant du meuble dans lequel se trouvaient alignées les bouteilles de Firewhisky emmagasinées par Malfoy. Luna se souvenait très clairement du jour où Hermione avait rabaissé Malfoy lors de ses longues semaines de convalescence. Lorsqu'elle lui avait fait savoir qu'elle avait besoin d'une nouvelle identité pour lui éviter des ennuis. Les mots de Granger étaient aussi clairs que s'ils avaient été prononcés la veille. Il n'est pas digne de confiance. Il est capable du pire. Il ne vaut pas le sacrifice que tu t'apprêtes à faire. Il ne mérite rien de ta part. C'est un monstre. Le poignet se mit en mouvement et une à une, les six bouteilles s'élevèrent dans les airs pour aller flotter juste au-dessus de l'évier. La Voix se racla la gorge, moqueuse, comme si ce genre de punition était à la hauteur de ce qu'elle avait véritablement en tête – cette représailles-là était suffisante pour elle. Luna avait défendu Malfoy devant Hermione, elle lui avait sombrement rappelé que, même si elle avait entraperçu le genre de tortures qui avaient lieues dans le manoir Malfoy, elle n'y avait pas passé plus de vingt-quatre heures. Elle n'avait résidé des mois durant dans les cachots, à attendre la seule chose dans ce fichu manoir qui avait le pouvoir de la garder aussi saine d'esprit que possible : les visites du soi-disant monstre. Draco Malfoy n'était pas un monstre, non. Il est différent. Il n'était pas un monstre : il respirait leur air, mangeait à leur table, avait été éduqué par eux, vivait à leurs côtés. Là résidait son unique faute, son seul péché, mais cela ne faisait pas de lui un monstre. Oui, Luna avait défendu Draco face à Hermione pour la simple et bonne raison qu'il était son ami. Et Luna chérissait l'amitié aussi tendrement que les souvenirs de la mère. Luna défendait l'amitié aussi farouchement qu'une mère défendait ses enfants. Les bouchons se dévissèrent et d'un nouveau tour de poignet, les bouteilles de Firewhisky s'inclinèrent d'abord lentement puis, de plus en plus rapidement, sous la seule force de sa volonté. L'odeur de l'alcool attaqua violemment ses sens mais Lovegood se consola en voyant le liquide ambré se déverser dans la tuyauterie : c'était toujours ça qui ne finirait pas les veines de Malfoy. Oui, Luna avait défendu Draco Malfoy face à la logique implacable de son amie.

Quoi de plus normal que de défendre l'honneur d'Hermione alors qu'il venait tout juste de reproduire le schéma de la discorde, juste sous son nez.

Un hoquet de surprise, qui n'était ni le sien ni celui la Voix, la détourna du meuble devant lequel la forme de Scorpius s'était postée, hypnotisée par les étranges fils dorés qui s'écoulaient des bouteilles cristallines. Draco se tenait sous le seuil de la porte, les mains occupées par tout ce qu'il avait jugé utile de rapporter pour réaliser un pansement express, une nouvelle expression indescriptible lui grimant le visage. Le corps et l'esprit coincé entre le passé, le présent et l'avenir, voilà où se trouvait Luna Lovegood désormais. « Je ne lui permets pas de t'insulter devant moi, Draco. Fais-en de même avec elle. » Les paroles paraissaient ridicules, ainsi prononcées par la voix juvénile de Scorpius. Ridicules, risibles, inconcevables dans un tel contexte : après tout, elle s'était invitée chez lui pour ne pas mourir au beau milieu d'une ruelle. Son regard, en revanche, brillait d'une lueur qui ne souffrait ni de la candeur de Scorpius ni de sa bienveillance naturelle. Il était lourd de sens et d'avertissements, appesanti par une sagesse que seuls les anciens proclamaient, entaché par les centaines et les centaines de vies qui avaient un jour frôlés le bout de ses doigts. Un regard qui n'avait que pour objectif de lui rappeler qu'un minimum de bonne volonté entres les trois partis était nécessaire pour que tout ce qu'ils faisaient depuis des mois n'enflamme pas instantanément la traînée de poudre répandue dans leur sillage. Se postant fermement devant le père tandis que le Wingardium redéposait les bouteilles vides sur le plan de travail, elle lui tendit son bras gauche, attendant la fin d'un traitement qui ne viendrait probablement plus maintenant. Sa baguette magique ne regagna jamais l'arrière de son oreille et resta fermement flanquée dans sa main droite. L'insurgée avait beau être transportée par les prémices colériques de la Voix, elle n'en était pas pour autant inconsciente. Il était foncièrement bon mais ce fait-là n'empêchait l'autre versant de sa personnalité, de notoriété publique celui-là, d'être : il était rancunier et une véritable teigne, quand il le voulait. Luna baissa finalement son bras en remarquant que le regard de Malfoy ne se dévissait pas des bouteilles vides alignées contre le mur carrelé de la cuisine. Luna-Scorpius ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel, étonnamment irritée, avant de croiser capricieusement les bras contre son buste. « Je n'ai pas fait tout ce chemin pour laisser du Firewhisky venir à bout de toi. » Qu'importe qu'il comprenne ou non l'insinuation que la Voix l'avait forcée à dire, l'ancienne Serdaigle était entièrement d'accord avec elle.

Spoiler:
 

• • •

AND SO WE STOOD TOGETHER JUST LIKE THAT, AT THE TOP OF THAT FIELD FOR WHAT SEEMED LIKE AGES, NOT SAYING ANYTHING, JUST HOLDING EACH OTHER; WHILE THE WIND KEPT BLOWING AND BLOWING AT US, TUGGING OUR CLOTHES, AND FOR A MOMENT, IT SEEMED LIKE WE WERE HOLDING ONTO EACH OTHER BECAUSE THAT WAS THE ONLY WAY TO STOP US FROM BEING SWEPT AWAY INTO THE NIGHT.


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